19 septembre 2020

La Juge Ruth Bader Ginsburg de la Cour Suprême est décédée

La Cour Suprême américaine a annoncé ce vendredi le décès de la juge Ruth Bader Ginsburg, des "complications métastatiques d'un cancer du pancréas", à 87 ans.

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Ruth Bader Ginsburg en 2012.

L'heure est aux politesses et aux hommages, donc et y compris par Donald Trump. On célèbre la fille d'immigrants juifs de Brooklyn, parvenue petit à petit à accéder au sommet du pouvoir judiciaire... Mais au-delà de l'éloge panégyrique de circonstance, les médias encensent surtout la juge la plus "progressiste" de la cour.

Il faut comprendre ce que cela veut dire. Ruth Bader Ginsburg ("RBG" selon son acronyme) a été nommée par Bill Clinton en 1993. Loin de la "modérée" sous l'étiquette de laquelle elle fut présentée, elle s'est avérée en pratique une des plus gauchistes et des plus engagées politiquement de tous les juges de la Cour Suprême américaine, partageant ce triste honneur avec Sonia Sotomayor nommée par Obama en 2009.

En d'autres termes, RGB n'a eu de cesse que de fouler aux pieds son rôle d'interprétation de la Constitution des États-Unis. À la place, elle a toujours statué avec comme seul objectif de pousser tous les sujets qui lui tenaient à cœur politiquement ou sociologiquement. Permettant à l'occasion à la Cour suprême de basculer en sa faveur, elle fut en faveur de:

  • toutes les initiatives de vote par correspondance (qui ne cesse de créer la polémique aujourd'hui) ;
  • l'immigration par tous les moyens ;
  • le rejet de toute tentative de renvoi de quelque immigré que ce soit, quelles que soit les raisons (même les pires criminels de sang) ;
  • l'avortement et l'infanticide (avortement jusqu'au terme de la grossesse, y compris pendant l'accouchement) ;
  • le mariage homosexuel ;
  • l'abaissement de l'âge du "consentement raisonné" aux relations sexuelles à douze ans ;
  • la validation constitutionnelle de l'Obamacare ;
  • l'approche raciste de la discrimination positive.

La liste n'est pas exhaustive. On comprend le désarroi des gauchistes radicaux américains sur Twitter.

La juge était malade depuis plusieurs années. Elle avait néanmoins refusé de démissionner sous la Présidence Obama, estimant préférable de céder sa place sous l'Administration (Hillary) Clinton qui devait lui succéder en 2016. Les citoyens américains lui jouèrent un bien mauvais tour en élisant à sa place Donald Trump. Dès lors, plus question de démissionner et de laisser à Trump le choix de son successeur!

RBG choisit donc de se maintenir à son siège coûte que coûte, malgré son grand âge et une santé déclinante, s'absentant souvent et pour de longues périodes alors qu'elle subissait des interventions médicales et des thérapies liées au cancer qui la rongeait. Il  arriva plusieurs fois à la vieille dame de s'évanouir en public. À plusieurs reprises, la Cour suprême dut siéger à huit au lieu de neuf, ce qui entraîna des troubles de son fonctionnement et supprima temporairement son rôle d'établissement de la jurisprudence.

Malheureusement pour elle, son heure arriva trop tôt. Trump est toujours Président, et il est en mesure de décider de son successeur. Le fera-t-il pendant le mois qui nous sépare de l'élection? C'est possible - après tout il est parfaitement en droit de le faire. Trump a toujours mis la nomination des juges au cœur de son mandat (c'est un aspect de sa Présidence bien peu couvert par les médias) et les Républicains contrôlent toujours le Sénat avec 53 sièges. Mieux encore, face aux critiques de la gauche, Trump a établi depuis longtemps une liste officielle des personnalités qu'il envisageait pour une future nomination à la Cour Suprême. Autant dire que tout est prêt. Mais Trump pourrait aussi sportivement choisir d'attendre les élections de novembre, galvanisant les deux parties en montant les enchères de l'élection.

L'équilibre de la Cour Suprême est fragile. Les juges Clarence Tomas et Samuel Alito sont les plus conservateurs dans le respect de la Constitution. Neil Gorsuch et Brett Kavanaugh (pourtant tous deux nommés par Trump) ainsi que John G. Roberts Jr., le juge en Chef, sont souples dans leur interprétation ; Stephen Breyer, Elena Kagan et Sonia Sotomayor la négligent clairement pour laisser libre court à leurs convictions de gauche, et viennent de perdre Ruth Bader Ginsburg dans leur camp.

La place est donc libre pour que la nomination d'un futur juge réellement constitutionnaliste ramène enfin l'équilibre dans une institution qui a beaucoup perdu en crédibilité dans l'histoire récente à force de se rallier à l'opinion politico-médiatique du moment, plutôt qu'à la Constitution américaine. Et ce choix pourrait influer sur le comportement de la Cour pendant plusieurs décennies.

14 septembre 2020

Le retour des avions de combat

Les avions de combat ne volent pas beaucoup en Suisse, mais ils font parler.

Ce 27 septembre sera l'occasion de voter une nouvelle fois sur un projet d'acquisition d'avions de combat pour l'armée helvétique. Cette fois-ci, le peuple est amené à se prononcer sur le projet, et non le modèle d'avion. C'est une évolution par rapport à la votation précédente, en 2012, qui avait vu le peuple refuser le Gripen suédois à la suite de houleuses discussions.

Ce blog existait déjà. J'avais pris position sur le sujet à l'époque et évoqué le point le plus crucial du débat: la Suisse n'a plus d'armée de l'air depuis plus de vingt ans. Elle est incapable de mener une guerre aérienne, quelle qu'elle soit. Sa flotte vieillissante est trop petite. Même si ce budget était approuvé par le peuple, cela n'y changerait rien. Il concerne trop peu de nouveaux appareils.

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Les antimilitaristes de tout poil peuvent aller se recoucher. La question de doter l'armée helvétique d'une composante aérienne performante n'est plus à l'ordre du jour. La question s'est posée il y a plusieurs décennies. La réponse est Non.

Nous discutons ici d'une éventuelle police de l'air.

Une police de l'air est capable de mener, ponctuellement, des opérations de police, c'est-à-dire des missions d'ampleur très limitée et en temps de paix. Escorter un appareil en perdition. Aller à la rencontre d'une menace non identifiée pour rendre compte. Participer à des exercices d'alerte avec nos voisins. Assurer une couverture aérienne lorsque des VIP du monde entier s'invitent à Davos.

Que le Oui ou le Non l'emporte ne m'empêchera pas de dormir - bien moins que la dissolution du peuple suisse, elle aussi en votation le même jour - mais, pour des questions de cohérence, on peut s'interroger.

Quelle image la Suisse donnera-t-elle d'elle-même à ses voisins, si elle leur délègue l'entièreté de sa souveraineté aérienne par le biais d'accords d'entraide? Ceux-ci ne pourraient-il pas relever un certain manque de réciprocité? Quelles cocardes arboreront les chasseurs survolant Davos la prochaine fois que la kermesse mondialiste aura lieu? Ce sont des questions que même les écologistes les plus arc-boutés dans leur mépris de l'uniforme devraient se poser.

En guise de réflexion, nous avons l'intervention de M. Daniel Brélaz au Conseil national. Bien que celle-ci fasse rire au-delà de nos frontières, j'ai eu la surprise de retrouver les mots de l'ancien Syndic écolo de Lausanne dans de nombreuses bouches lors des moindres discussions sur le sujet. Pour mémoire, la vidéo se retrouve sur Facebook avec les trois arguments du politicien:

  1. On traverse la Suisse en 8 minutes pour un jet, des avions n'auraient pas le temps d'intervenir;
  2. La Suisse n'est entourée que de pays amis;
  3. Si des avions ennemis venaient de plus loin (Russie, Chine) et parvenaient jusqu'à nous, cela voudrait dire que l'OTAN aurait "perdu" et ce ne serait pas la Suisse avec ses quinze avions qui changerait quelque chose.

Le point 3 a déjà été évoqué ci-dessus et je rejoins parfaitement M. Brélaz. La votation ne concerne pas l'équipement d'une armée de l'air viable.

Le point 2 est très discutable - surtout si on considère que les avions de chasse durent une trentaine d'année au moins. Il faut l'assurance d'un écologiste capable de prédire le climat en 2100 pour affirmer qu'aucun danger ne pointe à l'horizon à trente ans. Les homo sapiens de base n'ont pas ces capacités.

Mais le point 1 - le plus cité - est le plus dangereusement faux. Non seulement des intercepteurs en état d'alerte sont parfaitement capables d'atteindre des avions en altitude de croisière (à 10 kilomètres d'altitude) en moins de huit minutes depuis le sol, n'en déplaise à M. Brélaz, mais penser que les avions nationaux réagissent au moment où la menace franchit la frontière est une absurdité à la limite de l'insulte. Et le fait que ces fadaises tournent en boucle dans les débats autour du sujet en dit long sur les capacités de réflexion de ceux qui les ânonnent.

Non, les radars helvétiques (ou de n'importe quel pays d'ailleurs) ne s'arrêtent pas aux frontières. La coordination aérienne internationale permet tout à fait d'intercepter un appareil au moment où il atteindrait le territoire national suisse. Parce qu'il aurait été détecté bien avant.

Si on suit le raisonnement de M. Brélaz, aucun pays de taille similaire à la Suisse ne devrait disposer d'avions de combat. L'Autriche en dispose pourtant (15 Eurofighters), la Belgique (59 F-16), les Pays-Bas (61 F-16) ou tout autre pays que je me suis donné la peine de consulter - avec souvent une flotte en meilleur état que celle de la Suisse. Même la Roumanie dispose de 12 F-16 et 35 MIG-21! La Roumanie!

Alors, sur le thème du budget pour l'achat des avions de combat, votez bien comme vous voulez, mais, de grâce, ne répétez pas les fadaises débitées par le premier politicien anti-armée qui passe à la télé.

07 septembre 2020

Quand la Suisse vote sa disparition

Le 27 septembre, le peuple suisse aura l'insigne honneur d'approuver sa dissolution.

Reconnaissons l'inventivité helvétique, matérialisée dans les votations (pour le peuple) ou dans l'association Exit (pour les individus): le libre choix donné à chacun de se supprimer.

Arguties juridiques

L'initiative pour modérer l'immigration proposée le 27 septembre est une absurdité. Le peuple a déjà voté le 9 février 2014 contre l'immigration de masse. Le Oui l'a emporté, mais les électeurs n'ont pas compris la question, a-t-on dit ; et puis la mise en œuvre de l'initiative aurait posé problème, a-t-on ajouté, et enfin, à l'instar de tant d'autres textes, on a fait fi de toute application constitutionnelle, une façon pratique de jeter à la poubelle le choix des citoyens.

Un article aussi simple que "La Suisse gère de manière autonome l’immigration des étrangers" est devenu une phrase alambiquée et incompréhensible pour la classe politique à Berne, et donc inapplicable. Voilà ce qui se passe quand on élit des avocats!

"Si voter changeait quelque chose, il y a longtemps que ça serait interdit!" disait Coluche. La variante suisse est plus subtile: si une votation est gênante, on revote. Les Suisses se sont volontiers gaussés des pays vivant sous le joug de Bruxelles et votant et revotant sur les Accords de Maastricht ou le Traité de Lisbonne, mais à domicile ils ne font pas mieux. Le Renvoi des Criminels étrangers est un bon exemple. On l'approuve, mais ensuite les pouvoirs publics en trahissent autant la lettre que l'esprit. Un second texte tente alors de resserrer les boulons, mais cette fois-ci il échoue. Super! Continuons à garder chez nous les violeurs, les fraudeurs et les escrocs à l'aide sociale! Faites-vous plaisir les gars!

Alors, le 27 septembre 2020, on vote pour confirmer ou infirmer le vote du 9 février 2014. Par une loi non-écrite, mais de portée supérieure à la Constitution, toute initiative déplaisant aux autorités doit être approuvée au moins deux fois. Et ça marche. La manœuvre a fonctionné avec le Renvoi des Criminels étrangers, et tout porte à croire qu'il en sera de même avec l'Immigration de masse.

Pourquoi les citoyens votent-ils différemment à quelques années d'écart? C'est comme si, effrayé de sa propre audace d'avoir osé prendre une décision contraire dans le secret des urnes, le citoyen suisse se rabattait honteusement vers la Bonne Opinion dès que l'occasion se présentait. Vous savez, la Bonne Opinion! Celle martelée par les médias, tous, absolument, du matin au soir, citant pour l'occasion d'innombrables "associations émanant de la société civile" dont on apprend l'existence deux mois avant la votation, et qui disparaissent une semaine après. Vous ne trouverez jamais un journaliste s'enquérir du nombre de leurs membres cotisants, et pour cause...

Selon moi, cette transformation de l'opinion publique entre une première votation et une deuxième - quelques pourcents suffisent à faire basculer la majorité - vient d'un travail de fond des médias. À bon chat, bon rat. Les médias suisses sont peut-être parmi les meilleurs du monde lorsqu'il s'agit de modeler l'opinion de la population. Ils apprennent de leurs erreurs et ajustent le tir, sans relâche, lorsqu'il s'agit de faire passer les messages qu'il faut.

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La relation entre le grand public suisse et ses médias (vue d'artiste)

Le Principe de Réalisme

Avouons-le, la campagne sur l'initiative pour modérer l'immigration est consternante. Du côté de des (dérisoires) partisans et de leurs affiches déchirées par principe, on enfonce les portes ouvertes: la Suisse se bétonne à tour de bras, les transports sont bondés, les mécanismes d'aide sociale s'effondrent, et les Suisses qui ont eu le plaisir de goûter au chômage réalisent que la sous-enchère salariale n'est pas une vue de l'esprit.

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Qui ignore encore tout cela? Personne. Qui souhaite une Suisse contenant 10 millions d'habitants? Personne. Pas même les adversaires de l'initiative!

Mais peu importe, finalement. Le piège se referme grâce au judicieux Principe de Réalisme, une menace cynique qui explique grosso-modo qu'il vaut mieux choisir une mort lente à une mort rapide. La mort rapide, c'est la fâcherie avec Bruxelles, les droits de douane à l'exportation, l'effondrement des accords bilatéraux, la faillite, la famine, l'apocalypse!

La mort lente, eh bien, comment dire, c'est ce que vit la Suisse depuis son passage de l'ombre à la lumière avec l'adoption de la libre-circulation il y a un peu moins de vingt ans. Toujours plus de gens, de criminalité, d'assistance de toute sorte et d'avantages au bénéfice exclusif des étrangers, toujours moins d'argent et d'espaces verts pour tout le monde, une transformation massive de la population-type du pays, jusqu'à ce que vienne votre tour d'en crever.

Cela ne vous fait pas rêver?

L'offensive médiatique contre l'initiative se résume donc à susciter la terreur du plus grand nombre. Les visions de cauchemar délivrées par des "experts" succèdent aux doctes graphiques d'import-export avec l'UE, comme si l'Europe allait se refermer comme une huître si la Suisse avait l'audace de choisir qui vient s'installer chez elle. Le 27 septembre, on ne vote pas pour une initiative. On vote pour la fin du monde, ni plus ni moins.

Qui oserait voter pour la fin du monde?

Nostalgie d'un monde perdu

La déliquescence de la Suisse est avancée. En tant que Français d'origine immigré en Suisse depuis plus de vingt ans, je peux contempler la lente descente aux enfers d'un pays qui fut autrefois souverain, respecté, et prospère.

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Une des affiches mensongères du Comité inter-partis opposé à l'initiative

Certains des plus jeunes qui voteront le 27 septembre n'auront connu au cours de leur adolescence qu'une Suisse ouverte aux quatre vents de la libre-circulation. Ils se préparent à un avenir difficile avec de sombres perspectives d'emploi et de carrière, écrasés par le loyer et les primes d'assurances, sans réaliser qu'il n'en a pas toujours été ainsi.

La libre-circulation a tellement eu le temps de s'installer que ceux qui se rappellent de la Suisse d'avant semblent parler d'une époque surannée. Je suis pourtant arrivé en Suisse à la grande époque des permis de travail, des quotas, des frontières gardées et d'une criminalité pour ainsi dire anecdotique. De vieux immigrés italiens installés à Renens depuis un demi-siècle pourraient vous en conter davantage ; mais tous ces gens sont bien parvenus à s'installer dans le pays sous ce régime, dont ils se souviennent d'ailleurs avec beaucoup de nostalgie.

Les adversaires du texte font comme si toute immigration allait cesser du jour au lendemain avec la fin de la libre-circulation. C'est absurde.

À l'époque des quotas, les autorités politiques travaillaient main dans la main avec les représentants de l'économie pour définir la quantité de main-d’œuvre autorisée à venir en Suisse annuellement dans chaque branche - donc, un arbitrage de ce que la Suisse était en mesure d'absorber, selon de multiples aspects. Jamais les services de santé n'auraient manqué d'aide-soignantes à cause des quotas, par exemple ; c'est ce qui rend l'affiche ci-dessus particulièrement mensongère.

Cette approche âprement négociée avait l'immense avantage de freiner les apôtres de la sous-enchère salariale. On ne pouvait pas faire venir n'importe qui de n'importe où pour faire n'importe quel travail moins cher, comme aujourd'hui. (Et je ne parle même pas de tous les étrangers qui viennent s'installer sans travailler du tout.)

Il fallait trouver certains spécialistes à l'extérieur, certes, une contrainte qui permettait aux jeunes diplômés suisses d'avoir d'excellentes perspectives de carrière, même sans expérience. Les Suisses moins bien formés avaient quant à eux des opportunités d'emploi et de formation, parce qu'on ne pouvait pas se contenter d'aller chercher dans le bassin de l'Union Européenne le moindre serveur, le moindre manutentionnaire, le moindre boutiquier, au moindre prix.

Cela permettait à l'époque des opportunités devenues quasiment impensables aujourd'hui. Former un employé ayant fait ses preuves pour qu'il assume de plus hautes responsabilités. Prendre un jeune prometteur à l'essai dans un poste pour lequel il apprendrait sur le tas. Proposer un emploi à un candidat de cinquante ans et plus.

Aujourd'hui, les employeurs ne se posent plus ces questions. Ils piochent l'individu le plus adapté dans toute l'Europe et les autochtones peuvent aller se faire voir. Les plateformes de petites annonces d'emploi en ligne sont prises d'assaut par 500 millions d'Européens qui savent qu'ils peuvent venir s'installer ici du jour au lendemain, les autorités y pourvoiront. Et si leur salaire n'est pas suffisant pour couvrir leur mode de vie, les mécanismes d'aide sociale financés par les contribuables prendront le relais.

Devant ces rivières d'argent de redistribution, les contribuables qui travaillent encore s'étonnent de voir année après année une pluie ininterrompue de nouvelles taxes...

La trahison de la gauche

L'ancien monde était tiraillé entre le patronat sauce libérale-radicale visant à diminuer le coût de la main-d’œuvre, et la gauche syndicaliste visant à préserver l'emploi et le haut niveau de salaire de ses membres. La droite agrarienne était quant à elle peu concernée par ces débats, tant qu'elle pouvait bénéficier de main d’œuvre saisonnière.

La bascule eut lieu en Suisse comme dans d'autres pays européens lorsque les édiles de la gauche décidèrent d'abandonner les travailleurs modestes au profit des immigrés, perçus comme un profil politiquement plus porteur.

En guise de Damné de la Terre, l'immigré est un meilleur poulain que le travailleur modeste parce que par définition il n'a même pas d'emploi en arrivant. Disponible en quantité illimitée, l'immigré a des besoins encore plus gros (nourriture, logement, vêtements, soins, éducation, formation) et donc d'une bureaucratie bien plus conséquente pour administrer toute cette aide dont il a si cruellement besoin. L'approche matérielle permit aussi à la gauche de vendre plus aisément le paradigme aux barons de l'économie semi-privée, en charge de pourvoir à ce nouveau marché juteux.

La libre-circulation serait l'arme de choix pour mettre en place ce nouvel équilibre. La classe moyenne serait quant à elle le dindon de la farce, obligée de financer par l'impôt sa propre disparition, vilipendée par les médias pour sa mal-pensance, martyrisée au quotidien par des doses de plus en plus fortes de vivre-ensemble...

Honnêtement, la transformation du pays est déjà très avancée. Sur le plan de la pure observation sociologique, il suffit de prendre le train ou le bus aux heures de pointes ; d'écouter les langues parlées autour de soi dans la rue ou au sortir des écoles ; d'égrener la longue litanie des revendications communautaristes ; de contempler les statistiques des prisons ; de contempler les mosquées qui se remplissent et les églises qui se vident - en attendant qu'elles brûlent, comme en France. Certes, ce phénomène concerne bien plus les villes que les campagnes, mais les campagnes ne resteront pas éternellement à l'abri. Elles subiront le même sort que le reste, avec juste un peu de retard.

Le vote du 27 septembre 2020 est un baroud d'honneur, pour ceux qui en ont encore. Il est peu probable d'ailleurs qu'il change quoi que ce soit, même si l'initiative pour modérer l'immigration est acceptée. La classe politique suisse a refusé le vote du 9 février 2014 et les citoyens ne lui en ont pas tenu rigueur ; il est donc tout à fait improbable que le traité de libre-circulation avec l'Union Européenne soit dénoncé, même si le Oui l'emporte.

04 août 2020

Quand les médias romands nous parlent de Q

Fin juillet, le grand public romand a découvert l'existence de Q par un barrage médiatique tout azimut. La plupart des rédactions se contentèrent de recopier un article directement fourni par l'AFP, mais d'autres ajoutèrent leur grain de sel.

Sur l'intervalle de quelques jours, tous les médias romands (20 minutes, Le Matin, la Tribune de Genève, 24 heures, la RTS...) ont évoqué Q et le mouvement QAnon. La concentration des médias dans des groupes favorise ce genre de pratique ; pourtant, certains articles sont signés, prouvant l'implication des rédactions dans le traitement du sujet, et on comptera dans le lot l'information officielle issue des médias payés par la redevance obligatoire.

Comme d'habitude, nos médias romands ont une guerre de retard. Il est trop tard pour stopper le mouvement QAnon. Vous savez qu'un mouvement est devenu mainstream quand on peut trouver des t-shirt à son effigie jusque sur Amazon.

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Un Breadcrumb de Q.

Néanmoins, cette synchronisation est étonnante. Rien ne la justifie dans l'actualité. La seule évocation précédente de Q sous nos latitudes est liée à la volonté de Twitter de bannir des milliers de comptes associés à la mouvance quelques jours plus tôt - mais il s'agit d'un non-événement pour le grand public.

Tous ces articles, enfin, on la même construction: le mouvement QAnon est une théorie du complot d'extrême-droite, pro-Trump, et il ne faut absolument pas croire ce qui s'y raconte. La politique américaine et internationale est-elle dominée par une super-classe mondialiste et probablement pédophile? Non, puisqu'on vous le dit. Plus important encore, il est essentiel ne pas chercher à en savoir plus...

...Et ce sera de toute façon difficile.

Que sont Q et QAnon?

Pour l'acte d'accusation, on pourra aisément se reporter à l'un des liens fournis plus haut dans cet article, qui disent tous peu ou prou la même chose. Mais pour l'internaute décidé à se faire sa propre idée, il sera difficile d'en savoir plus.

En effet, toutes les recherches sur Google visant à trouver des informations de première main sur QAnon, comme les fameux "fragments" publiés par Q, ne renvoient qu'à des articles d'opinion ou des coupures de presse dénonçant le mouvement. Il est tout simplement impossible d'accéder aux informations fournies par QAnon à travers Google.

Quand Google trafique ses résultats pour vous empêcher d'accéder à l'information, vous pouvez être sûr de tenir un vrai sujet.

Heureusement, pour l'instant encore, d'autres moteurs existent et permettent d'accéder à des informations non tronquées. Revenons-en donc à notre mouvement Q... Pour une approche plus factuelle du sujet, on peut se tourner vers le blog American Thinker qui publia en début d'année une présentation claire du phénomène.

Q apparut la première fois en Octobre 2017 sur un forum anonyme appelé 4chan, postant des messages impliquant un accès à des informations secrètes quant à des événements à venir. Plus de 3'000 messages plus tard, Q a brossé un portrait dérangeant et aux multiples facettes d'un syndicat du crime global qui opère en toute impunité. Les suiveurs de Q au sein de la communauté QAnon analysent soigneusement les moindres détails de chaque message, qui sont consultables ici et ici.

Les médias mainstream ont publié des centaines d'articles attaquant Q et le dénonçant comme une théorie du complot d'extrême-droite, en particulier dès lors que le Président Trump sembla donner des indices d'une connivence avec lui. Lors d'un rallye en Caroline du Nord en 2019, Trump prit soin d'attirer l'attention du public vers un bébé dont la grenouillère arborait un Q majuscule.

Dans les dernières semaines, le tempo de mise en avant de Q par Trump s'est accéléré, le Président allant jusqu'à retweeter des followers de Q jusqu'à vingt fois en une journée. Trump a mis en avant des adeptes de Q dans ses publicités et a employé une des phrases signatures de Q ("Ces gens sont dingues") dans l'un de ses meetings.

Q a fait remarquer que les médias n'ont jamais pris la peine de poser à Trump la question évidente: "Que pensez-vous de Q?" Pour les partisans de Q, la raison pour laquelle cette question n'est jamais posée est évidente. Ils ont peur de la réponse.

Dans l'intervalle, l'influence de Q continue de s'étendre. Des manifestants à Hong-Kong, en Iran, en France, ont arboré des symboles Q et scandé des citations de Q. Les révélations de Q unifient les gens qui veulent la liberté partout dans le monde.

Si vous n'êtes pas familier de Q ou que vous ne le connaissez qu'à travers les attaques perpétrées contre lui dans les médias, j'aimerais fournir une brève introduction à ce phénomène extraordinaire. J'ai suivi Q depuis son premier message, et j'ai été de plus en plus impressionné par la précision, l'ampleur et la profondeur de ses communications. Les sympathisants de Q ont découvert longtemps avant les autres la détente avec la Corée du Nord, le dégonflement des mollahs d'Iran, et l'implication de l'Ukraine comme foyer de corruption pour la classe politique américaine. Ils en savaient beaucoup sur les activités de Jeffrey Epstein avant que celles-ci ne soient connues du grand public et prévoient des révélations encore plus choquantes. Comme Q se plaît à l'affirmer, "Le futur prouve le passé". Alors que les prédictions de Q se vérifient, elles donnent rétroactivement une crédibilité à l'entier de l'édifice.

Les partisans de Q pensent que Q est une opération de renseignement militaire, la première de son espèce, dont le but est de fournir au public des informations secrètes. Beaucoup pensent que l'équipe Q a été fondée par l'Amiral Michael Rogers, précédent directeur de la NSA et ancien commandant de l'unité de Cyber-Commandement des États-Unis. Certains soupçonnent Dan Scavino, Directeur des Médias Sociaux de la Maison-Blanche, de faire partie de l'opération, la grande tenue des écrits de Q reflétant une expertise en communication.

Q est une nouvelle arme dans la guerre de l'information, contournant les médias hostiles et le gouvernement corrompu pour communiquer directement avec le public. Q est en quelque sorte le pendant du flux Twitter de Trump. Alors que Trump communique brusquement et directement, Q est cryptique, détourné et subtil, n'offrant que quelques indices qui réclament une recherche et une mise en perspective.

Voilà comment les choses fonctionnent. Q publie des messages (également connus sous le nom de "largage" ("drop") ou de "miette" ("crumb")) sur un forum anonyme en ligne, messages qui sont ensuite discutés, analysés et critiqués par les habitués du forum. (Le forum en question a changé plusieurs fois au cours du temps à cause d'attaques massives). Des centaines de comptes des médias sociaux diffusent ensuite les derniers posts de Q à un public intéressé qui partage ensuite ses recherches, analyses, et interprétations quant à ces nouvelles informations. (...)


Q est donc la source des messages - reconnaissable parce que, même anonymes, certains forums identifient les messages postés d'une même origine avec une clef unique. QAnon est le nom donné à la communauté d'individus qui prêtent attention à ces messages.

Les deux doivent être distingués. Q est un individu (ou un petit groupe d'individus) parfaitement anonyme et lâchant des informations cryptiques sur Internet, que chacun peut décider de croire ou de ne pas croire. QAnon est une masse immense d'individus, chacun avec ses croyances, ses opinions et ses préjugés, interprétant les énigmatiques messages de bien des manières.

La distinction permet de comprendre la facilité avec laquelle les médias défaussent Q pour mieux se concentrer sur QAnon et tenter ainsi de les couler tous les deux. Avec assez d'opiniâtreté, on pourra trouver dans n'importe quelle communauté humaine assez vaste un ramassis de bêtises, d'exagérations, de déclarations à l'emporte-pièce, d'antisémitisme ou de folie. Les journalistes n'hésitent donc pas à mettre en exergue les croyances les plus délirantes de certains membres de QAnon pour en faire des symboles de l'absurdité, et de l'extrémisme, et discréditer ainsi le mouvement Q dans son ensemble.

Cette technique du grand-n'importe-quoi étendu à une communauté est aussi pratiquée par certains auteurs prétendant écrire sur le phénomène Q. Qu'il s'agisse de leurs propres délires ou d'une volonté de ridiculiser le tout, ils saupoudrent allègrement leurs analyses d'influence extraterrestre et de clonage humain... Ce qui est tout de même un comble pour un processus visant à faire réfléchir l'auditeur par lui-même.

En effet, Q est délibérément cryptique et anonyme. Il n'a aucune posture d'autorité, ne peut se prévaloir d'aucun titre, n'a aucune existence officielle. Q n'existe que par ses messages. Et la seule façon de comprendre quoi que ce soit est de les mettre en perspective et de procéder à ses propres recherches.

Beaucoup de gens détestent Q, y compris des partisans de Trump, mais il faut reconnaître que ses méthodes visent plutôt à élever le débat dans un univers médiatique où le prêt-à-penser est devenu la seule norme.

L'État profond et la pédophilie institutionnelle

Q étant humain, il n'est ni omniscient, ni infaillible.

Et Q n'est même pas pro-Trump.

Q affirme que nous sommes dans une configuration extraordinaire, permise par l'élection (et peut-être la réélection) de Trump. Un accident qui rend certaines choses possibles - notamment le déracinement de l'État profond.

Malgré son nom, l'État profond n'a rien d'abyssal. Il s'agit du petit nombre de gens à la tête des organisations qui financent les carrières des politiciens et des officiels de haut niveau. Ceux qui en Suisse emploient des lobbyistes, par exemple. De la sélection des "meilleurs" candidats à leur éventuelle nomination, puis à la canalisation que permettra ces gens lorsqu'ils en nommeront à leur tour d'autres à d'autres postes dans d'autres organisations, ils peuvent influer sur la société à une échelle démesurée, pendant des décennies.

Comme ils sont souvent à la tête de grands groupes internationaux (qu'ils soient économiques, politiques ou prétendument philanthropiques) ou de grandes fortunes, les membres de l'État profond n'ont souvent qu'un intérêt mineur pour les affaires locales. Ils font la promotion de politiques globales dépassant, ou effaçant au besoin, les concepts éculés à leurs yeux de nations et de peuples.

Une partie de cette élite est pédophile - la perversion suprême de ceux qui affichent ainsi qu'ils peuvent tout se permettre.

Donald Trump n'est pas pédophile.

Là se situe, pour eux, le danger.

Il y a plus d'un an, j'avais évoqué le sujet de l'inquiétante pédophilie des élites. L'affaire Epstein avait révélé les liens entre un milliardaire pédophile condamné et toute une frange de la jet-set avide de plaisirs interdits sur une île privée - incluant des personnalités de premier plan.

On aurait pu croire, faussement, que l'affaire Epstein était américano-américaine - ou au moins, limitée au monde anglophone. C'est oublier un peu vite que Ghislaine Maxwell, la maquerelle d'Epstein, est d'origine française, de culture française, et de nationalité française.

Pour aborder le volet français (voire européen) du sujet, un article fascinant de France-Culture, "Quand des intellectuels français défendaient la pédophilie", permet de faire le point.

Jean-Paul Sartre, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Gilles et Fanny Deleuze, Francis Ponge, Philippe Sollers, Jack Lang, Bernard Kouchner, Louis Aragon, André Glucksmann, François Châtelet et bien d'autres encore, de Félix Guattari à Patrice Chéreau ou Daniel Guérin ; tous font partie des 69 intellectuels français qui, aux côtés de l'écrivain Gabriel Matzneff et du romancier, journaliste à Libération et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem ont signé une tribune publiée le 26 janvier 1977. D'abord dans Le Monde puis dans Libération pour défendre trois hommes incarcérés depuis plus de trois ans pour avoir abusé sexuellement de mineurs de moins de 15 ans. (...)

Le 23 mai 1977, dans les pages "Opinions" du Monde, 80 intellectuels français parmi lesquels Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Roland Barthes, Simone de Beauvoir, Alain Robbe-Grillet, Jacques Derrida, Philippe Sollers et même Françoise Dolto, signent un autre texte pour demander que la loi décriminalise les rapports sexuels entre les adultes et les enfants de moins de 15 ans.
De nombreux journaux se font l'écho de ce mouvement pro pédophile, qui aux Pays-Bas est devenu un mouvement politique. Libération en tête, avec même des petites-annonces sans ambiguïté, (...) mais aussi Le Monde ou encore France Culture. Le 4 avril 1978, l'émission "Dialogues" (enregistrée en 1977) invite Michel Foucault, le romancier et membre fondateur du Front homosexuel d'action révolutionnaire (FHAR) Guy Hocquenghem et le juriste Jean Danet, tous trois signataires de la pétition qui demande la décriminalisation de la pédophilie. Durant une heure et quart, en public dans le studio 107, ces intellectuels vont défendre l'idée que des pédophiles sont incarcérés à tort parce que les enfants qu'ils ont abusés étaient consentants. (...)

Des publications comme Gai Pied, journal radical pro homosexuel dans lequel écrivent Jean-Paul Aron, Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault, aux côtés de l'écrivain Tony Duvert - pédophile revendiqué - et de Renaud Camus, deviennent ainsi des tribunes pour les pédophiles (la revue sera finalement suspendue en 1992).

Figure de mai 1968, Daniel Cohn Bendit raconte alors ses gestes sexuels sur des enfants. Dans le livre Le Grand bazar (publié en 1975 chez Belfond), où il évoque son activité d'éducateur dans un jardin d'enfants "alternatif" à Francfort. Puis en avril 1982, sur le plateau d'Apostrophes, où il déclare notamment : "La sexualité d'un gosse, c'est absolument fantastique, faut être honnête. J'ai travaillé auparavant avec des gosses qui avaient entre 4 et 6 ans. Quand une petite fille de 5 ans commence à vous déshabiller, c'est fantastique, c'est un jeu érotico-maniaque..."


Mais voilà, la société civile ne suit pas. L'intellectuel, les intellectuels, ne parviennent pas à guider le peuple. Tant pis! Il faudra attendre, dans l'ombre.

Une question: combien de ces individus ont vu leurs carrières brisées, leurs statues déboulonnées, leurs hommages retirés, leurs chaires de complaisance dissoutes?

S'il y a un aspect encore plus fascinant que la façon dont tout une coterie "d'intellectuels de gauche" français a pu déballer ouvertement ses penchants pédophiles pendant des années en toute impunité, c'est la façon dont ces gens se sont fait tout au long de leur vie servir la soupe par les médias et les autorités politiques, littéraires, universitaires... Et même la magistrature, qui jamais ne vit là-dedans matière à enquêter.

Ces gens n'ont jamais été inquiété durant toute leur carrière. Ils ont pu continuer à nuire, et nuisent encore aujourd'hui.

Le défi de notre temps

Même si certains dignitaires de haut rang doivent mal dormir ces jours en attendant que Ghislaine Maxwell soit à son tour éliminée, la pédophilie ne s'est jamais aussi bien portée dans certains cercles. Rappelons-nous encore de l'époque très récente où quiconque voulant s'en prendre à Polanski était un "extrémiste", coupable d'une "cabale", d'un "acharnement judiciaire", contre un individu qui a drogué, violé et sodomisé une fille de treize ans alors qu'il en avait quarante-trois...

Le revirement de l'opinion publique est très récent, suscité par de sordides exemples, comme l'affaire d'Outreau en France, l'enlèvement de Maddie ou les viols collectifs de Telford en Angleterre, ou l'affaire Epstein aux États-Unis.

Q et QAnon ont le mérite de transmettre des informations dérangeantes sur certaines pratiques d'une élite dégénérée, comme par exemple la chambre d'hôtel la plus chère du monde, et de les diffuser au sein du grand public.

C'est une contre-offensive à celle opérée par ces élites pour tenter de normaliser la pédophilie, comme elles n'ont jamais cessé de vouloir le faire depuis quarante ans. Qu'on se rappelle en Suisse qu'il a fallu voter, tant la résistance institutionnelle était forte, pour faire appliquer quelque chose d'aussi évident que d'empêcher des pédophiles condamnés de pouvoir continuer à travailler avec des enfants! Une initiative qui ne réunit qu'un maigre 63% des votes des citoyens en 2014, montrant l'efficacité de l'abrutissement du grand public.

J'en arrive même à me demander si toute la sympathie étrange et pour tout dire apparemment incompréhensible des décideurs de hauts rangs en faveur de l'islam et de l'immigration musulmane de masse, ne pourrait s'expliquer simplement par la tolérance, voire l'incitation à la pédophilie dans l'islam. Pourquoi s'embêter à convaincre des populations revêches à la pédophilie lorsqu'on peut simplement les substituer par une autre qui n'a pas ces interdits moraux?

Une façon comme une autre de déplacer la fameuse Fenêtre d'Overton...

Comme on peut s'en rendre compte, la pédophilie des élites, la lutte contre cette pédophilie, et les éventuelles poursuites judiciaire qui arriveront peut-être, ou jamais, est un sujet quasiment inépuisable.

Je pense que parmi les défis de ce XXIe siècle la bataille contre la pédophilie figurera en bonne place.

Et la partie est loin d'être gagnée.

La façon dont les médias officiels présentent Q et la communauté QAnon nous donne un bon aperçu du camp dont ils défendent les couleurs.

18 juillet 2020

Des Millionnaires pour l'Humanité

"Taxez-nous davantage!"

C'est en ces termes que l'on pourrait résumer la profession de foi d'un groupe de 87 signataires s'auto-proclamant les Millionnaires pour l'Humanité.

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Pareille initiative fut bue comme du petit lait par les médias, cela va sans dire. Des riches qui demandent à être taxés davantage! Quelle aubaine!

"Alors que le Covid-19 frappe le monde, les millionnaire comme nous avons un rôle essentiel à jouer pour guérir le monde. Nous ne sommes pas ceux qui soignent les malades dans les unités de soins intensifs. Nous ne conduisons pas les ambulances qui amènent les malades à l'hôpital. Nous ne sommes pas ceux qui regarnissent les rayons des épiceries ou qui délivrent de la nourriture de porte à porte. Mais nous avons de l'argent, beaucoup. De l'argent dont on a absolument besoin maintenant et dont on continuera à avoir besoin dans les années à venir, alors que notre monde se remet de cette crise."

"Nous, les millionnaires soussignés, appelons les gouvernements à augmenter les taxes de gens comme nous. Immédiatement, substantiellement et de manière permanente".

"L'impact de la crise actuelle s'étendra sur des décennies (...) Les problèmes causés et révélés par le Covid-19 ne peuvent être résolus par la charité, aussi généreuse soit-elle. Les chefs de gouvernement doivent prendre la responsabilité de lever les fonds dont nous avons besoin et les dépenser équitablement. Nous pouvons nous assurer de financer de façon adéquate nos systèmes de santé, nos écoles et notre sécurité via une augmentation permanente des taxes sur les gens les plus fortunés de la planète, des gens comme nous." (...)


L'appel se termine solennellement:

"Donc, s'il vous plaît. Taxez-nous. Taxez-nous. Taxez-nous. C'est le bon choix. C'est le seul choix. L'Humanité est plus importante que notre argent."


Difficile pour un journaliste de rester de marbre face à un tel appel au collectivisme. Du coup, rare sont les articles mentionnant cette initiative et faisant preuve du moindre esprit critique. Les médias gobent avec empressement en se contentant d'applaudir cette prise de position, opportunément publiée juste avant la réunion des ministres des Finances du G20 et le sommet européen extraordinaire sur la relance de l'UE.

Naïveté quand tu nous tiens

Heureusement, les internautes sont un peu moins naïfs (dans l'ensemble) que les journalistes qui prétendent les informer, et cela se voit dans les commentaires des articles sur le sujet.

Le côté publicitaire de l'opération saute aux yeux: les millionnaires, par appât du gain ou peur de la foule, espèrent toujours se faire bien voir des masses vindicatives. Rien de mieux que de demander à payer plus d'impôts pour y parvenir. C'est la version financière du green washing ou d'un selfie avec Greta. Mais la démarche soulève tout de même quelques questions.

D'abord, et c'est l'évidence même, personne n'est obligé de payer le minimum d'impôt. C'est l'argument-massue à rétorquer à tous les adeptes de la redistribution, qu'ils soient milliardaires ou militants socialistes de base. Si on prend au mot les martingales à base de "multiplicateur de prospérité" et autres formules imprégnées du mythique "intérêt général", qu'est-ce qui empêche qui que ce soit de faire un don à l'État, ou à n'importe quel État, du montant de son choix?

Donnez à l'État et il vous le rendra au centuple? Eh bien, qu'attendez-vous?

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Les Millionnaires pour l'Humanité seraient un tout petit peu plus crédibles s'ils joignaient le chèque à la parole afin de donner corps à leur appel à la générosité. Ils s'en gardent bien!

Ensuite, si la redistribution via l'impôt créait la moindre prospérité, cela se saurait. Depuis le temps que toutes les variantes du socialo-communisme n'ont de cesse d'emprunter ce chemin (en se servant grassement au passage), cela n'a donné que corruption, pauvreté généralisée et effondrement économique dans tous les pays qui ont eu le bonheur d'essayer.

L'explication est fort simple: le transfert forcé d'argent d'un individu à un autre n'augmente pas la satisfaction générale, à l'opposé d'un transfert volontaire et librement consenti, comme un achat par exemple. Le transfert forcé est même destructeur de prospérité puisqu'il punit celui qui réussit à gagner de l'argent en le donnant à celui qui n'a rien fait pour le mériter. Mais il a l'avantage de permettre à toute une classe de parasites institutionnels de vivre en prélevant leur écot sur ces échanges, tout en se drapant de morale.

Le piège de la générosité

Imaginons que des politiciens appâtés par cette douce musique fiscale décident de voter demain un super-impôt pour les super-riches. Disons, par exemple, un taux spécial supplémentaire de 20% sur les revenus de plus d'un million de francs, en sus de tous les impôts actuels.

Les partisans de cet impôt déchanteront rapidement, parce qu'il rapportera bien moins que prévu. Ceux qui sont très au-dessus du seuil trouveront des moyens d'y échapper avec des montages fiscaux permettant d'apparaître comme des travailleurs employés par une filiale étrangère, ou déménageront et travailleront à distance depuis un autre pays, etc. Ceux qui sont un tout petit peu au-dessus du seuil baisseront leur salaire pour l'éviter, en se faisant payer en stock-options ou autres avantages.

Mais surtout, il y aura des gens pour porter plainte devant telle ou telle cour suprême contre ce seuil de super-impôt pour les super-riches, et ils gagneront, car les seuils marqués sont à éviter en matière d'imposition et les politiciens le savent bien.

Si bien que lorsque vous entendez des riches appeler à "plus d'impôts pour les riches" ils appellent en réalité à une augmentation générale des impôts.

Il n'est juste pas possible d'augmenter massivement les impôts d'une seule tranche de revenus. Lorsque pareille fiscalité est souhaitée ("Taxons les riches!") et mise en place, elle se décline en fait en une augmentation de toutes les tranches d'impôt, de la plus haute à la plus basse. Si bien que, ne disposant pas des "capacités d'évitement" des super-riches, la classe moyenne subit les nouveaux taux de plein fouet.

Comment fonctionne le monde

Il n'y a pas plus hypocrite, et franchement méprisant, qu'un appel des super-riches à être taxés davantage. Et ils le savent parfaitement.

Il y a quelques années le magnat de la finance Warren Buffett se plaignait mollement de payer moins d'impôts que sa secrétaire. Parce que les impôts sont essentiellement des impôts sur le revenu. Les gens vraiment riches se débrouillent pour obtenir de l'argent par d'autres moyens.

Warren Buffet, par exemple, dispose d'une fortune grâce à sa société Berkshire Hathaway. Jeff Bezos d'Amazon reçoit un salaire de misère. Jack Dorsey, le PDG de Twitter, a touché un salaire d'un dollar et 40 cents en 2018. Quel taux d'imposition serait approprié sur un salaire pareil?

Toute la fiscalité d'aujourd'hui est focalisée sur les salaires. Qu'on tente une autre approche de la fiscalité et certains super-riches y réfléchiront à deux fois avant de lancer un appel à payer plus d'impôts... Mais en fait ils n'ont pas tellement à craindre.

Savez-vous pourquoi?

Parce que les politiciens ne le feront jamais.

Il faut révéler le pot-aux-roses de la fiscalité, et de ces inexplicables "niches" et autres "paradis fiscaux", qui fleurissent encore et toujours malgré toutes les tentatives politiques pour soi-disant y mettre fin: il est infiniment plus facile, et moins coûteux, pour les super-riches, de faire capoter un projet de loi ou de s'aménager des portes de sortie dans une réforme fiscale, plutôt que de s'acquitter des nouveaux impôts.

C'est un terme poli pour "corruption" - et une bataille que la fiscalité ne remportera jamais.

Tout cela n'implique pas forcément des sommes d'argent qui changent de main. Les super-riches sont d'autant plus aidés dans leurs démarches que la classe politique est elle-même richissime - en particulier les politiciens de gauche. Nancy Pelosi pèse 120 millions de dollars. Le couple Clinton a engrangé 240 millions de dollars entre 2001 et 2016. Plus près de chez nous, le révolutionnaire d'opérette Jean-Luc Mélenchon fait partie des 1% les plus riches.

Et en Suisse? Simonetta Sommaruga et son mari (écrivain subventionné) se payent une maison de trois appartements. Moritz Leuenberger fut nommé au Conseil d'Administration d'Implenia. Même à Renens, la verte Tinetta Maystre se retrouve au Conseil d'Administration de Migros Vaud.

Comment penser une seconde que ces gens tordront le cou à la poule aux œufs d'or?

"Les médias nous bassinent depuis des années avec la feuille d'impôt de Donald Trump, mais je suis moins intéressé par la déclaration fiscale d'un milliardaire devenu politicien que par celle d'un politicien devenu milliardaire." -- Un internaute fâché par la richesse de ses élus


Indépendamment de toute discussion morale sur la taxation, les super-riches n'ont pas de mauvais sang à se faire. Peu importe ce que croient ou espèrent les militants de gauche, les politiciens qui les représentent n'ont aucune envie de nuire au club dont ils rêvent de faire partie, quand ils n'ont pas déjà réussi à y entrer au gré de leur "carrière politique". Il n'y a pas de meilleure entente entre le monde politique et les gens les plus prospère de la planète qu'au milieu des petits fours du Forum de Davos. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que la plupart des membres de cette super-classe s'affiche politiquement à gauche.

Voilà pourquoi certains membres du club des millionnaires peuvent pousser le vice jusqu'à se qualifier de "Millionnaires pour l'Humanité". Parés de leur nouvelle vertu, ils aguichent la plèbe en implorant publiquement à payer plus de taxes, et, une flûte de champagne à la main, contemplent les fourmis s'agiter.

12 juillet 2020

Trump et l'aigle nazi

Trump a cette fois commis l'irréparable: il a commercialisé un T-shirt.

Le T-shirt en question est disponible dans le magasin du site de campagne de Donald Trump, porté comme on peut le voir par un beau spécimen de suprémaciste blanc:

Screenshot_2020-07-12 e5c70cbf190c1b6067a22d38401ba9b34c0e1f61 webp (Image WEBP, 600 × 900 pixels).png

Mais le problème n'est pas là - le problème est dans le dessin affiché sur le T-shirt, qui montre un aigle. Un aigle... Qui n'a pas vu ce symbole ailleurs? Qui d'autre utilisait un aigle? Les nazis, bien sûr!

Trump ⇒ aigle et nazis ⇒ aigle, donc Trump = nazi. CQFD.

Et voilà certains des plus acharnés de la gauchosphère partir en croisade pour montrer que ce T-shirt est la preuve définitive du nazisme de Trump (m'est avis qu'après trois ans et demi de présidence ils auraient mieux fait de pointer du doigt le bilan du Président plutôt qu'un imprimé sur coton, mais après tout, chacun cherche les preuves là où il peut.)

Tout cela n'aurait pu être qu'une de ces tempêtes dans un verre d'eau dont Internet est coutumier si "l'affaire" n'avait été reprise par les médias, au premier rang desquels USA Today dont le service de "fack-cheking"... Confirme bien que Trump a utilisé un symbole nazi.

Screenshot_2020-07-12 USA TODAY sur Twitter The claim Trump campaign shirts feature imperial eagle, a Nazi symbol Our rulin[...].png
Les experts ont parlé et leur sentence est irrévocable.

Hélas pour le quotidien publié depuis 1982, la conclusion du panel d'experts (essentiellement engagés, cela va sans dire) n'a pas provoqué l'assentiment général, mais plutôt un tollé, dont USA Today fait les frais en termes de crédibilité. Il est vrai que le symbole de l'aigle fait partie de l'iconographie américaine traditionnelle depuis plus d'un siècle, avant et après l'époque nazie et la Seconde Guerre Mondiale.

La publication a donc depuis profondément remanié son article pour expliquer que oui c'est vrai l'aigle, c'est-à-dire ici le Pygargue à tête blanche, fait partie des symboles américains... Mais sans changer la conclusion. C'est-à-dire que lorsque Trump utilise une image d'aigle, cela prouve sans ambiguïté ses liens avec le nazisme. Alors que lorsque d'autres l'utilisent, eh bien, bon, c'est juste un aigle.

Pour les besoins de la démonstration, on oubliera que le gendre du Président est juif.

Évidemment, certains ne se sont pas gênés pour relever l'absurdité de la situation, en pointant quelques contre-exemples, qu'il s'agisse du site de Nancy Pelosi, des billets de banque, du corps des marines, de la masse de la Chambre des Représentants... Voire les pièces de monnaie. Et là c'est encore plus fort:

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"Avez-vous déjà vu le côté pile d'une pièce de 25 cents?" demande un Internaute... Et Twitter cache l'image parce qu'elle pourrait être choquante. Respirons profondément et vérifions:

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Voilà. Nous en sommes arrivés à un point où montrer l'aigle frappé sur une pièce de monnaie américaine authentique est jugé par Twitter comme quelque chose de potentiellement choquant - là encore parce que l'aigle est un symbole nazi, vous comprenez.

L'analyse d'USA Today n'est pas un accident.

Ces gens-là sont complètement fous.

L'hystérie anti-Trump (baptisée Trump Derangement Syndrome ou TDS par ceux qui en observent quotidiennement les effets dans les médias) n'est pas un vain mot.

Toutes les marques, équipes, clubs et drapeaux arborant un aigle (jusqu'aux armoiries de Genève) feraient bien de les changer avant la convocation au prochain procès de Nuremberg.