12 novembre 2019

De l'inquiétante pédophilie des élites

Le suicide apparent du milliardaire pédophile dans la cellule d'une prison de New-York convainc de moins en moins. Jeffrey Epstein avait été retiré sans raison d'une cellule anti-suicide et transféré dans une cellule normale, où il résidait seul, pour des raisons encore non éclaircies. Alors que son moral était "bon", il y mourut officiellement en se pendant avec sa literie.

Epstein n'en finit pas de mourir...

Les caméras de surveillance opportunément en pannes, les hurlements rapportés par les locataires des cellules voisines la nuit de l'apparent suicide, les gardiens de prison censés faire des rondes toutes les demi-heures mais endormis pendant trois heures fatidiques et falsifiant des rapports tout en se montrant peu coopératifs avec les chargés de l'enquête, ne sont que de malheureuses coïncidences. Tiens, comme la photo du syndicat des gardiens posant avec Hillary Clinton.

L'examen du cadavre de M. Epstein par la médecin légiste Barbara Sampson révéla une brisure de l’os hyoïde (sous l’attache de la langue, seul os sans articulation avec un autre), typique d'une strangulation et non d'une pendaison - mais elle conclut à un suicide malgré tout. La légiste fut désavouée en direct à la télévision par une "légende" de la médecine légale, le Dr. Michael Baden, ancien légiste du centre médical de New York. L'expert de 85 ans qui examina pas moins de 20'000 cadavres lors de ses cinquante ans de carrière arriva à des conclusions opposées, notant, outre les fractures de cartilage de part et d'autre du larynx, d'autres détails comme ses yeux exorbités et injectés de sang. Ces éléments liés à la pression exercée sur le cou de la victime correspondent bien plus à un étranglement effectué par un tiers.

Le frère d'Epstein s'interrogea quant à lui sur la présence de marques sur ses bras, témoignage probable d'une lutte. Barbara Sampson rétorqua que c'était bien un suicide parce que... Parce qu'il le fallait bien, comprenez-vous.

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Le mème "Epstein didn't kill himself" se répand comme une traînée de poudre.
Ici, à la fin d'un concert à Orlando.

...Et Hillary Clinton plaisante (mais ne devrait pas)

Nous ne saurons probablement jamais la vérité ; mais ne pas croire au suicide de Jeffrey Epstein revient à être un nazi, minimum, puisque seul un nazi refuserait de croire en la Vérité Officielle.

Bien qu'elle n'emploie pas ces termes-là, c'est à peu près la ligne de défense d'Hillary Clinton lorsqu'un journaliste de divertissement, Trevor Noah, lui demanda de but en blanc "Comment avez-vous tué Jeffrey Epstein?" dans son émission.

Trevor Noah - Je dois vous poser une question qui me taraude depuis un moment: Comment avez-vous tué Jeffrey Epstein? (rires dans le public. Noah continue) Parce que vous n'êtes pas au pouvoir, mais vous avez tous les pouvoirs. J'ai vraiment besoin de comprendre comment vous parvenez à faire ce que vous faites, parce que vous semblez être derrière tout ce qui est néfaste, et cependant vous n'utilisez pas ce don pour devenir Présidente. (Après un silence) Franchement, qu'est-ce que ça fait d'être le croquemitaine de la droite?

Hillary Clinton - Cela me surprend constamment. Parce que les choses qu'ils disent, et maintenant que ça se retrouve en ligne c'est encore pire, sont tellement ridicules qu'elles sont au-delà de ce que je parviens à imaginer. Et malgré tout ils persistent tant à lancer ces idées et ces théories complètement dingues... Honnêtement, je ne sais pas ce que j'ai jamais fait qui puisse les irriter autant.


C'est bien enlevé. Hillary Clinton récite avec une belle assurance un script écrit de concert avec le commentateur (en fait le sujet aurait été abordé à la demande d'Hillary Clinton elle-même). Mais derrière le rideau de fumée cette séquence sous-entend malgré tout que Mme Clinton aurait des raisons personnelles de chercher à faire disparaître Jeffrey Epstein, et il y en a.

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Un des rares clichés de Jeffrey Epstein et Bill Clinton, malgré une amitié vieille de vingt-cinq ans.

Rappelons brièvement que selon les carnets de vol du Lolita Express, selon le surnom du Boeing privé du milliardaire qui servait de maison close volante avec son lit double et ses jeunes filles à disposition des invités, Bill Clinton fut à bord pas moins de 26 fois. Hillary Clinton fut aussi à bord au moins six fois. En 2008, une des accusatrices d'Epstein affirma avoir été utilisée comme esclave sexuelle sur l'île de Petit Saint-James des années plus tôt et d'avoir vu Bill Clinton là-bas, encore Président, lors d’une fête donnée en son honneur avant son départ de la Maison-Blanche.

Bill Clinton avait une relation si amicale avec le pédophile que celui-ci lui dédia un tableau bizarre, rappel de l'affaire Lewinski. Si le tableau ne fut pas créé sur demande par Epstein, il était bel et bien accroché dans l'entrée de sa propriété new-yorkaise, tirant sourires et remarques sarcastiques des nombreux invités du milliardaire.

Rappelons également qu'en 2013 Hillary Clinton fit clore une enquête sur la pédophilie au sein du Département d'État qu'elle dirigeait alors.

Les curieuses priorités rédactionnelles d'ABC News

Pourquoi ne parle-t-on d'Epstein que maintenant? À cause de sa nouvelle arrestation, puis de son suicide, bien entendu. Mais la vérité a déjà tenté de sortir.

Une vidéo explosive sur ABC News dévoilée par Project Veritas révèle que le grand média d'information américain disposait d'informations sur le réseau pédophile de Jeffrey Epstein depuis 2016, dont et y compris ses relations avec des grands noms de la bonne société.

(Project Veritas est un groupe d'activistes dévoilant à travers des confessions de lanceurs d'alertes et des caméras cachées le biais idéologique des médias et des réseaux sociaux. Autant dire qu'ils sont donc catalogués "nazis" par ces derniers, au minimum.)

Une ex-employée d'ABC News, Amy Robach, co-présentatrice du show Good Morning America et du journal, se confia "en off" à un réalisateur qui transmis la vidéo à Project Veritas. Dans ce monologue elle ressasse comment un témoin vint à elle des années plus tôt avec des informations liées à Epstein, mais que le réseau ABC News, entre les mains de Disney, refusa de diffuser le moindre matériau sur cette affaire pendant des années.

Robach exprime sa frustration à la façon dont ABC a tué cette affaire dans l’œuf:

"J'ai eu cette interview avec Virginia Roberts (maintenant Virginia Guiffre, une victime supposée d'Epstein). On ne va pas la diffuser. D'abord, en premier, on m'a répondu - Qui est ce Jeffrey Epstein. Personne ne sait qui c'est. C'est une histoire stupide. [Et ensuite] Le Palais [de Buckingham !] a su que nous avions ses allégations au sujet du Prince Andrew [un autre "bon ami" d'Epstein] et nous a menacé d'un million de façons différentes."


La victime s'était cachée pendant douze ans. "Elle avait des photos. Elle avait toutes les preuves." "C'était incroyable... Nous avions (Bill) Clinton, nous avions tout..." "Et maintenant les informations sortent... Alors que j'avais tout entre les mains."

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Amy Robach brise l'Omertà.

On peut comprendre la frustration de la journaliste à n'avoir pu dévoiler ce qui aurait été le plus grand succès de sa carrière.

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Le Prince Andrew, la victime Virginia Guiffre, 17 ans au moment des faits, et une des proxénètes d'Epstein, Ghislaine Maxwell, en fuite aujourd'hui

Pourquoi ABC News refusa de diffuser le dossier explosif dont disposait sa journaliste vedette? Face au incroyables révélations opérées par Project Veritas, la chaîne se fendit d'une rapide réponse taillée en langue de bois expliquant qu'à l'époque ce dossier "n'atteignait pas les standards de qualité que la chaîne attendait."

La même chaîne ABC qui diffusa en boucle les allégations grotesques de Christine Blasey-Ford accusant sans la moindre preuve le candidat à la cour suprême Brett Kavanaugh d'avoir été un violeur en série alors qu'il était encore mineur? La même chaîne qui détourna récemment la vidéo d'une explosion dans un stand de tir du Kentucky pour le faire passer pour un bombardement en Syrie ? Et ces gens osent parler de "standards de qualité" ?

Une histoire qui remonte à trois ans n'a rien d'anodin. Rappelons le timing: en 2016, les Américains étaient en pleine campagne présidentielle entre Hillary Clinton et Donald Trump. Faire éclater un nouveau scandale sexuel sur Bill Clinton à ce stade aurait immanquablement coulé la candidature d'Hillary. On peut donc justifier la décision de la rédaction d'ABC News par la volonté de protéger la candidate démocrate.

Mais il y n'y a pas que cela. ABC est possédée par Disney, vous vous rappelez ? La compagnie qui fait tant pour les enfants, et qui s'est elle-même retrouvée impliquée dans des scandales de pédophilie... Une "culture d'entreprise" atteignant jusqu'au sommet de l'édifice, si je puis dire. La volonté de la rédaction de ne pas diffuser la moindre information compromettante sur Epstein et donc Clinton aurait pu être motivée par autre chose que des intérêts politiques - des intérêts liés à la pédophilie elle-même.

Parmi ses bonnes relations, Jeffrey Epstein avait beaucoup de journalistes de renom.

Des pédophiles partout

Plus on cherche, plus on en trouve.

Il y a le réseau d'Epstein. Il y a le réseau de John Podesta, cheville du Parti Démocrate américain et ancien conseiller de Barack Obama. Il y a Cohn-Bendit ou des membres de la famille royale anglaise en Europe. Il y a ce politicien démocrate Joe Morrissey, pédophile condamné, sorti de prison en 2015 pour avoir couché avec sa secrétaire mineure, qui vient d'être élu Sénateur de Virginie avec 64% des votes. Comme quoi en Amérique on peut être pédophile et populaire! C'est le Rêve Américain!

Mais il y a aussi, et surtout, Hillary Clinton, on en revient toujours à elle.

En 2016, au cours d'une perquisition pour une affaire de mœurs, le département de police de New York (NYPD) s'empara d'un ordinateur portable appartement à Anthony Weiner, un politicien démocrate à tendances pédophiles et accessoirement mari de Huma Abedin, proche collaboratrice d'Hillary Clinton depuis vingt ans. Sur cet ordinateurs, les enquêteurs découvrirent plus de 500'000 e-mails appartenant à Hillary Clinton, Huma Abedin et d'autres proches de son mandat comme Secrétaire d'État. Le contenu de ces courriels incita le FBI à rouvrir son enquête.

Les enquêteurs trouvèrent bien pire que de simples secrets d'État.

Le 2 novembre, un article hallucinant fit son apparition sur True Pundit et d'autres sites d'information alternatifs. Le titre?

"Flash explosif: le NYPD lance l'alerte sur les nouveaux e-mails d'Hillary: Blanchiment d'argent, Crimes sexuels avec des enfants, Exploitation de mineurs, Corruption, Parjure".

L'article donnait la parole à des sources policières anonymes expliquant ce qu'ils avaient trouvé dans les e-mails stockés sur l'ordinateur d'Anthony Weiner:

Des détectives et des procureurs du Département de Police de New York qui ont travaillé sur une affaire présumée de "sexting de mineur" contre l'ancien député Anthony Weiner ont remis au FBI un ordinateur portable récemment retrouvé qu'il avait partagé avec sa femme Huma Abedin sur lequel se trouvaient assez de preuves pour "mettre Hillary et son équipe en prison à vie", ont déclaré des sources du département à True Pundit.

Les sources de NYPD ont indiqué que "l'équipe" en question incluait également plusieurs membres du Congrès sans préciser leur nom, en plus de ses assistant et autres initiés. (...)

Mais les nouvelles révélations sur le contenu de ce portable, selon des sources parmi les représentants de la loi, impliquent la candidate présidentielle démocrate, ses subordonnés, et même des élus dans des crimes bien plus graves que la mauvaise gestion de courriels classés top-secret. Les sources du NYPD indiquèrent que ces nouveaux courriels incluent des preuves liant Clinton elle-même et ses associés à divers crimes:

  • Blanchiment d'argent
  • Exploitation d'enfants
  • Crimes sexuels avec mineurs
  • Parjure
  • Corruption à travers la Fondation Clinton
  • Entrave à la justice


L'article expliquait que l'indignation était telle dans les rangs de la police que celle-ci mit en demeure le FBI de rouvrir son enquête, faute de quoi certains se débrouilleraient pour rendre ces messages publics. Voilà pourquoi le FBI a relancé en catastrophe l'enquête sur le serveur mail d'Hillary en 2016.

"Ce qui se trouve dans ces courriers électroniques est stupéfiant et en tant que père, cela m'a retourné l'estomac," expliqua un haut responsable du NYPD. "Il n'y aura pas d'évasion à la Houdini de ce que nous avons trouvé. Nous avons des copies de tout. Nous les expédierons à Wikileaks ou je tiendrai personnellement ma propre conférence de presse s'il le faut."

Les informations du True Pundit furent corroborées le 4 novembre par le site d'information conservateur Breitbart. Il mit en ligne l'interview d'Erik Prince, fondateur de Blackwater et ancien Navy SEAL. Selon ses "sources bien placées" au Département de la Police de New York, "le NYPD voulait faire une conférence de presse annonçant les mandats et les arrestations supplémentaires dans le cadre l'enquête sur Anthony Weiner" mais reçut "un énorme coup de frein" de la part du Ministère de la Justice.

Il n'y eut aucune conférence de presse. D'une façon ou d'une autre, l'explosion à venir fut contenue. Était-ce pour ne pas perturber la campagne en cours pour l'élection présidentielle? La réponse d'Erik Prince est admirable de simplicité:

"Sûr, c'est le bon argument pour ça", admit Prince. "Mais le fait est que, vous savez, si la gauche avait des e-mails montrant que Trump se soit rendu à de nombreuses reprises sur une île avec des esclaves sexuels mineurs, vous savez qu'ils en parleraient. Ils le hurleraient sur tous les toits."


Je dois faire ici mon mea culpa. J'avais connaissance de cet article de True Pundit en 2016. À l'époque, je n'en avais pas parlé. J'avais eu trop de peine à y croire - tout cela semblait énorme, démentiel. Il paraissait tout aussi impensable que le FBI dirigé par James Comey passe l'éponge sur des crimes aussi graves.

Aujourd'hui, au contraire, au vu de ce qui s'est passé depuis, tout semble parfaitement vraisemblable.

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En attendant les inculpations

Pour l'instant, les réseaux ne tombent pas.

Les optimistes pensent que les dossiers se construisent dans l'ombre et que des vagues d'inculpation stupéfiantes vont déferler par surprise au moment opportun. Il sera alors difficile pour les accusés de plaider des "manœuvres politiciennes" lorsque surgiront des vidéos de leurs ébats avec des enfants ou pire encore.

Les pessimistes pensent que les pédophiles étant également infiltrés au sein des échelons supérieurs de la justice et de la police, les uns et les autres se protègent et rien n'arrivera.

Le fait est que la pédophilie est répandue au sein des élites. De la même façon que les homosexuels sont surreprésentés au sein de l'Église catholique, les pédophiles semblent comme des poissons dans l'eau dans certains cercles, malgré le dégoût qu'ils suscitent au sein des gens normaux.

Je ne pense pas que Trump soit pédophile ; je pense que s'il y avait la moindre possibilité à ce sujet elle aurait été exploitée depuis longtemps. Je pense qu'Hillary Clinton est pédophile et son époux aussi, et qu'ils côtoient de nombreuses autres personnalités du show-business, de l'économie et de la politique avec les mêmes perversions.

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Le dernier venu dans la course politique côté démocrate, Michael Bloomberg, posant à côté de la proxénète d'Epstein, Ghislaine Maxwell (la même que dans la photo un peu plus haut)

Je pense que s'il y a une seule chance de pouvoir commencer à nettoyer les écuries d'Augias de la pédophilie, c'est maintenant que Trump est au pouvoir ; je pense que beaucoup de pédophile sont du même avis et trouvent ainsi une énergie insoupçonnée pour lutter contre Trump et essayer de lui barrer la route.

Nous verrons comment tout cela évolue. Mais de moins en moins de gens peuvent décemment prétendre qu'ils ne savaient pas.

06 novembre 2019

Ne dites plus "salauds de pauvres", dites "circulation différenciée"

Genève étant à l'avant-garde de la vague saumâtre qui balaie la Suisse, son gouvernement a décidé d'interdire le centre-ville aux véhicules "très polluants".

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Embouteillage près de l'aéroport (image Wikipédia)

Comme l'explique La Julie, "le Conseil d’État genevois passe à l’action". Et quelle action! L'adoption, aujourd'hui, d'un "dispositif de restriction de la circulation à l’intérieur du périmètre de la moyenne ceinture en cas de pic de pollution atmosphérique." Poursuivons:

La mesure phare de ce dispositif se présente sous la forme d’une vignette qui devra être apposée sur le véhicule. Il y en aura six différentes, qui seront fonction de la «performance environnementale» dudit véhicule. Elles sont identiques aux vignettes, appelées CritAIR, que de nombreuses villes françaises ont adoptées, à l’exemple d’Annecy et, bientôt, d’Annemasse. Ce n’est pas anodin car les voitures immatriculées à l’étranger seront soumises aux mêmes mesures.

Ces macarons, valides durant toute la durée de vie du véhicule, donneront évidemment accès ou non à la zone urbaine selon le degré d’alerte pollution. Pour la catégorie des véhicules les plus polluants, ce sera simple: en cas d’alerte smog, quel que soit le niveau, ils ne pourront pas circuler à l’intérieur de la moyenne ceinture.


Bon prince, le Conseil d'État laissera aux automobilistes jusqu'au 31 mars 2020 avant de commencer à distribuer les amendes, on parle tout de même de 500 francs par infraction. Les professionnels, eux, auront même droit à deux ans pour changer leurs camions...

Alors, heureux?

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La petite zone soumise à réglementation... (cliquez pour agrandir)

La stupidité de la mesure laisse pantois, sans compter que Genève n'a même pas le privilège de faire dans la nouveauté.

Pour commencer, la mesure n'a aucun effet sur la pollution. Aucun. Parce que la pollution de l'air en hiver, liée aux conditions météorologiques (absence de vent et de pluie), vient essentiellement de l'industrie et du chauffage domestique, pour grosso-modo un tiers chacun. La part liée au transport tourne autour de 20% selon les études. De combien de pourcents descendra cette pollution lorsque la circulation au centre-ville sera frappée d'interdiction sélective? Le lien de cause à effet ne sera même pas mesurable - bien moins qu'une différence de température de 1° sur le chauffage domestique.

antonio_hodgers.jpgLa circulation différenciée risque même d'être négative pour la pollution, les automobilistes traversant habituellement le centre-ville décidant de faire des trajets plus longs pour contourner la zone interdite en provoquant au passage de nouveaux embouteillages... En revanche, pour les finances publiques, miam miam!

Mais surtout, la gestion de la circulation différenciée va rapidement virer au cauchemar pour tout un chacun.

Non seulement chaque automobiliste devra avoir son petit macaron officiel sur le pare-brise, mais il faudra en plus consulter chaque matin la météo pour se tenir au courant et savoir si le centre-ville est ouvert au trafic. Vous avez oublié d'allumer votre radio? Paf, 500 francs d'amende, ça vous apprendra à ne pas écouter les directives quotidiennes du Ministère de la Mobilité Heureuse.

Les touristes de passage seront-ils exemptés? L'aspect pratique devrait dire non, l'égalité devant la loi devrait dire oui (Juste pour rire, qu'en sera-t-il des voitures diplomatiques?) Dans les deux cas, d'innombrables problèmes pointent le bout de leur nez. L'exemption des touristes amènera immanquablement un tel lot de fausses déclarations que pratiquement tout le monde passera entre les mailles du filet, à moins d'un flicage encore plus poussé de l'utilisation de chaque véhicule.

L'égalité devant la loi obligera chaque véhicule à être soumis aux mêmes règles, mais ce n'est pas une mince affaire. Va-t-on réintroduire des douanes cantonales pour s'assurer que tout ce petit monde a bien sa vignette? Même ainsi, aucun maillage ne saurait être parfait. Les diverses déconvenues de pauvres hères venus de loin et matraqués d'amendes à leur grande surprise feront autant d'anecdotes dénonçant l'écofascisme et la bureaucratie genevoises - l'idéal pour finir de donner à cette ville la réputation qu'elle mérite.

Mais il y a plus ennuyeux que de savoir si une mauvaise loi s'applique à tous ou seulement à quelques-uns, c'est de savoir si on va y survivre.

Le calcul de la pollution des véhicules est très simple: les voitures plus récentes polluent moins que leurs homologues plus anciennes. N'oubliez pas: la couleur de la vignette évoluera avec les années... Autrement dit, les gens riches avec des voitures modernes auront les moyens d'éviter interdictions et amendes, qui frapperont de plein fouet les working poors avec leurs bagnoles d'occasion. C'est donc une mesure particulièrement anti-sociale. Elle l'est d'autant plus que les pauvres ont tendance à vivre en périphérie dans des zones où les logements sont moins chers, mais aussi plus mal desservies par les transports publics.

Pour ces gens, le message du Conseil d'État genevois est très clair: tant pis pour vous.

Sur le 20 minutes, dans un article encore ouvert aux commentaires, les réactions sont plutôt négatives, pour rester poli. Les gens semblent bien avoir compris à quelle sauce ils seront mangés. Florilège:

Greta mouvance
Bienvenue à l'écolodictature, Hodgers on votera certainement pas pour toi.

vivement la fin...
4 ans ce n'est pas long, mais avec la gauche verdoyante se sera pire que léternité... 10 centimes sur la carburant, 5 balles par ci, 40 balles par là et encore des taxes pour compléter les taxes on n'as pas fini de rire. Le plus comique dans ce foutage de gueule, c'est que pour couronner le tout, on nous servira de beaux discours sur la cherté et que l'on ne gagne pas assez pour vivre décemment dans ce pays.

Décompensation verte
La mise en œuvre sera plus polluante que la mesure elle même! Ils sont tombés sur la tête juste pour avoir bonne conscience !

immonde
C'est dégueulasse les jours de smog seuls les riches pourront rouler en faite.

Bien fait
Et voilà. Maintenant vous allez perdre lentement mais sûrement votre liberté. D'abord un macaron. Puis des normes qui vont devenir tellement sévère que seuls les véhicules électriques pourront rouler. La pollution baisse régulièrement depuis plus de cinquante ans mais ils changent les normes au fur et à mesure pour vous le cacher. Vous êtes pris. Maintenant ils sont au pouvoir et vous allez payer et régresser.


On se réjouit de voir l'application de cette nouvelle Genevoiserie... En attendant que le reste de la Suisse s'empresse de lui emboîter le pas, bien entendu. Le peuple suisse a voté pour "l'écologie", la voilà qui arrive.

03 novembre 2019

Oubliez le Brexit, c'est l'Europe qu'ils veulent sauver

Le 31 Octobre 2019 devait être une date très particulière: le jour où le Royaume-Uni aurait - enfin! - quitté l'Union Européenne.

Des engagements forts avaient été pris ; c'était le principal objectif du gouvernement anglais, tel que rappelé par la Reine elle-même dans son discours de réouverture de la session parlementaire. Le Trésor anglais avait même commencé à battre quelques milliers de pièces de 50 pence commémoratives. Il faut désormais les détruire en les fondant à nouveau - en attendant la nouvelle date, je suppose. Heureusement pour lui, le métal n'a pas de mémoire. Les gens, si.

Il y a anguille sous roche.

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Boris Johnson a été porté au poste de Premier Ministre par un plébiscite de la base du parti, comme une sorte de Winkelried du Brexit. Il réussirait là où Theresa May avait plus qu'échoué. Il serait la volonté qui toujours trouve un chemin.

Reconnaissons-lui plusieurs succès: le plan de relation entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne, "impossible à renégocier" depuis deux ans selon Mme May et M. Junker, fut finalement remis sur la table. Le fameux "backstop" irlandais, caillou dans la chaussure du Brexit, vilipendé par les autorités anglaises, trouva une solution. Mieux, le Parlement britannique alla même jusqu'à accepter ce nouvel accord négocié avec l'UE!

Dans ces circonstances, le report du Brexit jusqu'au 31 janvier semble inconcevable. Mais l'énigme n'en est une que pour ceux qui n'ont pas compris la nature profonde du Brexit - non pour les Anglais, mais pour l'Union Européenne.

Le front anglais et le recul de Boris

Comme expliqué dans ces pages le mois dernier, Boris Johnson subit depuis sa prise de fonction une véritable guérilla de la part du Palais de Westminster. Les Parlementaires lui infligent camouflet sur camouflet. Ils n'osent le démettre mais font tout ce qu'ils peuvent pour lui couper les ailes, miner ses capacités de négociation et plus généralement saboter les efforts de son gouvernement pour accomplir le Brexit.

Plus intéressant encore, et ne comptez pas sur le moindre média pour le rappeler, les parlementaires actuellement élus ne représentent plus guère qu'eux-mêmes ; ils sont particulièrement peu représentatifs du peuple, tellement lassé des tergiversations depuis trois ans qu'il aurait volontiers accepté un Brexit sans accord.

Les élus en question le savent tant et si bien qu'ils ont toujours refusé à Boris Johnson de convoquer des élections, de peur que l'agitation de la campagne électorale et les échéances du calendrier ne précipitent un Brexit sans accord.

La classe politique anglaise ne veut pas d'un Brexit sans accord. À aucun prix. Jamais.

Boris Johnson, et croyez ma tristesse sincère en l'écrivant, fait aussi partie de la classe politique anglaise. Alors qu'il déclarait crânement deux mois plus tôt qu'il préfèrerait être "mort au fond d'un fossé" plutôt que de repousser le Brexit, il se dégonfla comme une baudruche en demandant un report à l'UE.

En cela, il se plia à une décision illégale du Parlement, puisque celui-ci outrepassa ses prérogatives en la formulant. Il aurait pu choisir de désobéir. Rien de plus simple: il n'aurait eu qu'à faire la sourde oreille pendant quelques jours. Il aurait même pu porter l'affaire devant les tribunaux, le deuxième meilleur moyen de dépasser des délais après l'envoi en commission parlementaire. Il aurait ainsi risqué au pire quelques jours de prison - selon des modalités encore à éclaircir, le cas étant inédit - mais peu de choses en sommes. Emporté par la bonhomie de son Premier Ministre, le Royaume-Uni serait alors sorti de l'UE sans accord le 31 octobre. Boris Johnson aurait ainsi laissé son nom dans l'Histoire tout en devenant, en ayant respecté ses promesses, le plus populaire de tous les hommes politiques britanniques.

Pourquoi Boris Johnson s'est-il ainsi couché? Sa force de caractère est sans doute bien plus faible que ce que beaucoup espéraient de lui. Il y a eu des signes avant-coureurs, comme le fait qu'au pied du mur et par solidarité gouvernementale il ait lui-même voté en son temps en faveur de l'accord de Brexit concocté par Theresa May (avec le Backstop irlandais et tout le tremblement). Chacun a toujours tendance à ignorer les faits contraires aux espoirs qu'il nourrit.

D'accord. Boris Johnson a obtenu des victoires tactiques, mais s'est montré étonnamment faible au moment crucial en transmettant une demande de report du Brexit à Bruxelles. Dont acte. Mais il reste un mystère, et un mystère plutôt important. Pourquoi l'Union Européenne a-t-elle accepté de repousser le Brexit de plusieurs mois? À partir du moment où elle était satisfaite du nouveau Brexit (et tout semble montrer qu'elle l'est) il n'y avait aucune raison de repousser le Brexit, et encore moins d'autant.

Ce "petit mystère" est une entourloupe de première pour faire échouer le Brexit et maintenir le Royaume-Uni dans l'Union Européenne. Et les risques de retourner le vote de juin 2016 n'ont jamais été aussi grands.

Explications.

Garçon, l'addition

La grande force des médias présentant le Brexit a été de le montrer comme un débat interne à l'Angleterre. Face à des autorités européennes forcément intelligentes et responsables, les Anglais s'étripaient comme de beaux diables sans parvenir à s'entendre. Ni à jamais présenter des solutions dignes des autorités européennes, pour ainsi dire.

C'est beau, et très faux.

Si je devais résumer en quelques phrases toute la fausseté de ce point de vue sur le Brexit, les voici:

  • Le Royaume-Uni est la cinquième économie mondiale.
  • Le Royaume-Uni est la deuxième économie de l'Union Européenne, derrière l'Allemagne et devant la France.
  • Le Royaume-Uni est aussi riche et puissant que les dix-neuf économies les plus faibles de l'Union Européenne, réunies.

Sur le plan économique européen, le départ du Royaume-Uni de l'Union Européenne est aussi énorme que si celle-ci passait de 27 membres à 8 membres. Et ce n'est même pas exact parce que c'est le deuxième membre le plus riche qui s'en va, et non la famille des cousins pauvres qui se remettent péniblement de leur demi-siècle de joug soviétique, alliée aux forçats obligés de se soumettre à l'euromark allemand.

L'Union Européenne ne veut pas que les Anglais s'en aillent. Point.

Ils contribuent bien trop au budget de l'Union.

Toutes les tractations depuis le lendemain du vote sur le Brexit, jusqu'à la durée interminable de ces tractations elles-mêmes, ne servent qu'à perpétuer les contributions anglaises au budget de l'UE. C'est aussi simple que ça!

Par conséquent, tout Brexit sans accord doit être rendu absolument, rigoureusement impossible. Tout Brexit "ordonné" doit faire en sorte de perpétuer les contributions anglaises au budget de l'UE pour les siècles des siècles, fut-ce au prix de discussions perpétuelles. Les détails finaux ne seront jamais réglés, comme un divorce traîné devant les tribunaux et qui en fin de compte ne se conclurait pas, malgré des années de procédure.

Voilà la vérité.

Risque maximum

Le Brexit est plus en danger aujourd'hui qu'il ne l'a jamais été depuis trois ans. Et paradoxalement, l'apparente raideur de Boris Johnson sur le sujet en est la cause.

Les Libéraux-Démocrates anglais, le DUP, les Travaillistes, sont complices de Bruxelles, et je ne serais pas surpris que de l'argent change discrètement de main pour expliquer cet amour inconditionnel. Ils veulent tous que le Royaume-Uni reste dans l'UE. Les Travaillistes par exemple préconisent un deuxième référendum entre "rester" et "rester" - rester formellement dans l'UE et donc renier le vote de 2016, ou approuver une "relation future" avec l'UE tellement proche des obligations d'un membre de plein droit que cela ne fera aucune différence, en particulier au niveau des contributions budgétaires. Pour les Libéraux-Démocrates, c'est encore plus simple: ils demandent à ce qu'on annule le Brexit, ni plus ni moins. Que le référendum aille au diable!

Les Conservateurs menés par Boris Johnson donnent l'impression de vouloir partir de l'UE, mais comme le montre l'exemple récent donné par le Premier Ministre, leur résolution s'écroule devant l'obstacle. Boris Johnson a fait de gros efforts pour nettoyer les écuries d'Augias de leurs éléments les plus europhiles, mais la tâche est trop herculéenne. Les électeurs ne seront pas plus omniscients pour faire le tri. Après les nouvelles élections de Décembre, il y a de fortes chances pour qu'un bonne minorité des nouveaux élus des Conservateurs soit encore composée de vendus à Bruxelles, simplement parce qu'ils sont enkystés dans la structure du parti.

Le Parti du Brexit de Nigel Farage est le seul qui soit crédible sur la question du Brexit et sur la concrétisation du vote anglais de 2016. Et récemment, il a commencé à sérieusement tailler des croupières aux autres partis, en particulier les Conservateurs.

Visant avant tout à sauver sa paroisse, Boris Johnson explique donc que pour que le Brexit se concrétise enfin il faut "voter Conservateur". En les plaçant en tête des intentions de vote des électeurs, les sondages montrent que ceux-ci sont prêts à le croire. Nigel Farage le croit-il?

La dispute ou l'accord entre le Parti du Brexit et les Conservateurs est une des clés du scrutin. Si les deux partis parviennent à se partager les circonscriptions (ce qui revient au Parti du Brexit à avaler son chapeau) et à éviter les duels fratricides au sein du camp du Brexit dans les circonscriptions stratégiques, alors le futur parlement pourrait être à majorité pro-Brexit et les deux mouvements, travaillant main dans la main, pourraient parvenir enfin à le délivrer.

Ça fait beaucoup de si.

Le plus plausible est que le Nigel Farage et Boris Johnson ne parviennent pas à un accord, ou que celui-ci s'effondre avant le dépôt des listes. Conservateurs et Parti du Brexit s'affronteront dans une série de duels fratricides qui pourraient voir triompher le camp adverse, laissant le Parlement entre les mains de partis totalement opposés au Brexit.

Ils auront alors tout loisir de dénaturer encore plus l'accord de Brexit en faveur de Bruxelles à coup d'amendements, et resteront en poste pour assurer une "transition post-Brexit" qui ne se terminera jamais. Jeremy Corbyn pourrait même finir Premier Ministre à la faveur de la confusion et mettre en branle son agenda politique marxiste, incluant nationalisations massives et plans quinquennaux... Que du bonheur pour nos amis anglais.

Peu importe: à Bruxelles, on a retrouvé le sourire.

28 octobre 2019

Le chef de l'État Islamique est mort comme un chien, tant mieux

"[Abou Bakr al-Baghdadi] est mort comme un chien, il est mort comme un lâche, il gémissait, criait et pleurait."

Voilà comment Donald Trump a annoncé le succès de la mission commando visant à éliminer le chef de l'État Islamique au Moyen-Orient, en fuite depuis des années.

"La nuit dernière, les Etats-Unis ont traduit en justice le leader terroriste numéro un dans le monde", a déclaré Trump dans une allocution prononcée devant la Maison Blanche. "Abu Bakr al-Baghdadi est mort."

"La disparition de Baghdadi montre la poursuite implacable des États-Unis contre les dirigeants terroristes et notre engagement en faveur de la défaite totale et durable de l'Etat islamique et d'autres organisations terroristes", a ajouté M. Trump.

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Le repaire d'al-Baghdadi, détruit après le raid (capture de vidéo)

Depuis l'annonce de dimanche nous en savons plus sur l'opération qui eut lieu en Syrie.

L'opération commando

Baghdadi avait longtemps échappé à des attaques contre lui, au point d'avoir été annoncé mort plusieurs fois de façon prématurée. Les Américains avaient lancé des offensives jusque pendant ces dernières semaines. Mais la CIA commença à recevoir des informations "surprenantes" sur la localisation générale de Baghdadi au cours de l'été. Selon ces informations, il se cachait dans un village situé au cœur de la partie du nord-ouest de la Syrie contrôlée par des groupes fondamentalistes rivaux. Selon le NYT, les Kurdes syriens et irakiens auraient été extrêmement utiles pour fournir ces informations. Le dernier indice qui a contribua à permettre le raid vint après l'arrestation et l'interrogatoire de l'une des épouses de Baghdadi et d'un courrier, rapporta le quotidien américain.

Selon un ingénieur syrien qui se serait entretenu avec des villageois vivant à proximité du lieu du raid, Baghdadi aurait cherché refuge chez Abou Mohammed Salama, commandant d'un autre groupe extrémiste, Hurras al-Din. Le destin de Salama n'est pas encore clair.

Alors que les forces américaines se préparaient au raid, Trump arriva à la Maison-Blanche samedi vers 16 heures, en cortège motorisé. Il se précipita dans la salle des opérations, accompagné du vice-président Mike Pence, du conseiller à la sécurité nationale Robert O'Brien, du secrétaire à la Défense Mark Esper et de dirigeants militaires. Ils assistèrent à l'opération, lancée à 0h40 heure locale et qui dura deux heures, alors que des hélicoptères de la société turque Incirlik atterrissaient et que les forces spéciales américaines assaillaient le complexe. Les Russes furent consultés pour laisser passer les appareils. Un soldat arabophone demanda aux civils d'évacuer la zone avant l'assaut. 3 hommes, 3 femmes et un enfant périrent dans celui-ci. Les commandos pourchassant Baghdadi le poursuivirent jusque dans un tunnel sans issue où il "mourut comme un chien", selon la déclaration du Président Trump, en actionnant vraisemblablement un gilet explosif.  Un chien des commandos fut blessé.

Baghdadi fut démembré dans l'explosion mais sa tête fut en suffisamment bon état pour permettre une identification biométrique. Les commandos auraient aussi disposé d'un échantillon d'ADN de sa propre fille pour faciliter son identification.

Malgré l'apparente précision des paragraphes précédents un certain flou subsiste sur les détails, notamment le nombre de victimes - selon certains, Baghdadi aurait été en compagnie de trois de ses enfants lorsqu'il se serait donné la mort - ou sur les méthodes d'identification du cadavre. Nous en saurons plus les prochains jours.

"L'austère savant en religion", "L'amateur de football" et autres regrets

La présentation par les médias de la mort de l'ennemi public numéro 1 fut pour le moins... surprenante, comme ce titre du Washington Post:

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"Abu Bakr al-Baghdadi, austère savant en religion à la tête de l'État Islamique, meurt à 48 ans"

Ou encore celui de Bloomberg News:

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"Le chef de l'État Islamique Abu Bakr al-Baghdadi se transforma, d'un enseignant en récitation coranique peu connu, en dirigeant autoproclamé d'une entité couvrant de vastes zones de Syrie et d'Irak"

Le traitement de l'information était tellement décalé qu'il donna lieu à des parodies ; "Mao Zedong, austère révolutionnaire culturel et avocat de la rééducation des adultes, meurt à 83 ans" ou "Adolf Hitler, aspirant-artiste à la tête du mouvement de réunification allemande, meurt à 56 ans".

Mais l'affaire ne concerne pas que les titres. Pour la presse romande, Le Matin, 20 Minutes ou le 24 Heures livrèrent chacun lundi le même bouillon à base de " Baghdadi, un passionné de football au destin d'avocat ou de militaire contrarié par des résultats scolaires insuffisants et une mauvaise vue..." avant de les changer plus tard dans la journée.

Oubliées, les exactions de l'État Islamique, la violence inouïe de ses sbires, ses viols, ses tortures systématiques, ses exactions sanglantes sur femmes, enfants et prisonniers... Il brûla un prisonnier enfermé dans une cage et diffusa la vidéo sur Internet, se livra à des décapitations de masse en les diffusant tout autant, et la liste serait longue.

Si un Chrétien se livrait à un centième des inimaginables exactions de Baghdadi, combien de médias se contenteraient de le qualifier "d'austère savant en religion"?

À défaut d'avoir quelque chose à répondre, on minimise

trump-smile.jpgIl y a évidemment de l'anti-Trumpisme primaire dans la réaction des médias. Il ne faut pas accorder une victoire au Président en exercice, même si on avait en son temps tressé des lauriers à Obama lorsque, dans des circonstances équivalentes, un autre commando avait éliminé Oussama Ben Laden.

Le décès d'Abou Bakr al-Baghdadi est un cauchemar pour nos médias. Trump remporte une victoire symbolique importante alors que tous les éditorialistes et les incontournables "experts" n'en finissaient pas de critiquer le "retrait" américain de Syrie. Ils en arrivent à minimiser les exactions de l'État Islamique et les responsabilités de son chef. N'en déplaise à ses contempteurs, Trump a réussi en trois ans à démanteler l'EI alors que sous Obama il est né et n'a fait que croître.

Des enquêtes finiront sans doute par révéler officiellement la porosité de l'idéologie et de l'armement (fourni par la CIA sous Obama) entre les "rebelles démocratiques syriens" et les "extrémistes de l'État Islamique", ce que tout le monde sait déjà. On attend juste que l'information parvienne enfin au grand public.

D'autres commentateurs regrettent l'emploi des termes de "lâcheté" et de "chien" contre Baghdadi car ces termes seraient particulièrement insultants pour les musulmans. Et alors? Puisque l'islam-ce-n'est-pas-ça, il n'y a aucune réserve à les employer contre une ordure du calibre d'al-Baghdadi.

20 octobre 2019

Élections fédérales 2019, la vie en vert

Il y a quatre ans, en 2015, l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) n'était pas encore entrée au Bundestag. Les Anglais n'avaient pas voté le Brexit. Donald Trump n'avait pas été élu Président. Un ministre français à peine connu, Emmanuel Macron, lançait un mouvement qui l'amènerait à la présidence deux ans plus tard. Beaucoup de chose survinrent qui firent bouger les lignes, bousculèrent l'ordre établi. Pour le meilleur ou pour le pire, tout dépend de votre point de vue.

La vague du changement pourrait-elle atteindre la paisible Suisse? Et quelle forme prendrait-elle?

Nous avons désormais la réponse.

Le visage du nouveau parlement: la gauche en force

Selon un décompte encore provisoire, le Conseil national de la législature 2019-2023 devrait avoir cette allure:

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Infographie 24Heures

La poussée verte tant attendue - espérée, même, par tous les médias officiels - a bien eu lieu. Les grands frères socialistes perdent des plumes mais celles-ci sont plus que récupérées par le reste de la gauche plurielle, les Verts augmentant leur députation de 150% (passant de 11 à 28 sièges) alors que les Verts Libéraux n'augmentent la leur "que" de 130% (de 7 à 16 sièges).

Au centre-gauche, contre toute attente, le PDC résiste plutôt bien en ne perdant que deux sièges. Le PLR se voit lui aussi diminué en perdant le double, alors que les sondages d'opinion et l'atmosphère politique générale lui présageaient un retour en grâce l'an dernier encore. La seule chose qui rassurera ces messieurs est la déconfiture de l'UDC avec une perte de 11 sièges (-16% de sa représentation).

La vague verte est stupéfiante en Romandie. À Genève les Verts deviennent la première force politique du Canton avec 24% des suffrages. Dans le Canton de Vaud, ils deviennent la troisième force politique, passant devant l'UDC avec 18,8% (+7.6) contre 17,4% (-5.2). À Neuchâtel, ils doublent carrément leur score avec 20% (+10.7) et deviennent la deuxième force politique derrière le PLR. L'UDC locale boit la tasse, reléguée en cinquième position. Les Verts doublent aussi leur score dans le Jura et dans le Valais.

Les caractéristiques de la politique suisse

La vague verte déferle aussi en Suisse alémanique mais elle y est plus modeste. Les Verts augmentent leurs scores dans de nombreux Cantons, mais ne prennent pas la première place. À Zurich par exemple Verts et Verts Libéraux sont tous deux au coude-à-coude à 14%, derrière le PS (17.3%) et l'UDC (26.7%). À Soleure, ils ne sont que le cinquième parti, comme à Fribourg.

Selon moi, cette différence s'explique simplement par le traitement médiatique du sujet. Dire que les Verts ont bénéficié d'une propagande gratuite et permanente de la RTS et des journaux serait bien en-deçà de la vérité. Mais ce matraquage n'a visiblement pas eu lieu de la même façon en Suisse alémanique, et les résultats des Verts s'en ressentent.

Comme je le dis toujours en ne plaisantant qu'à moitié, les deux caractéristiques principales de la politique suisse sont l'apathie et l'habitude. L'apathie parce que plus de la moitié des citoyens ne prennent même pas la peine de voter, ce qui fait de chaque élu du pays un des moins représentatifs qui soit. L'habitude, parce que la conscience politique d'un Suisse typique se cristallise quelque part autour de vingt ans et se calcifie ensuite.

Clarifions: cette fidélité forcenée n'empêche pas la critique, loin s'en faut. Le Suisse déteste souvent le mouvement politique qu'il s'est choisi. Il n'hésite pas à démolir les candidats que celui-ci présente, la façon dont la campagne politique est menée, la pauvreté des débats, les initiatives et le programme de son parti de prédilection. Il le voue grosso modo aux gémonies. Mais ces démonstrations d'humeur n'ont pas d'importance. Le jour J, il est au rendez-vous pour mettre le bulletin habituel dans l'urne, fidèlement.

Seule une toute petite frange des Suisses change réellement d'opinion politique au cours du temps ; et c'est pour cela qu'une variation de 1.5% des scrutins un jour d'élection fédérale suffit à susciter de hauts cris dans les rédactions. (Avec ce qui vient de se produire aujourd'hui, les journalistes travaillent d'arrache-pied à trouver de nouveaux superlatifs.)

Venons-nous d'assister à une révolution? Je ne pense pas. Je pense que les médias ont fait depuis des mois un travail de propagande, un travail de fond mené de façon remarquable. Disons-le franchement, depuis des mois si ce n'est des années il n'y a pas un soir où la RTS romande ne serve au public un sujet sur la fonte des glaciers / les réfugiés climatiques / les microplastiques / Greta Thunberg / Extinction Rébellion / la pollution / la température dans un siècle. Le thème est inépuisable, l'actualité tout autant. La propagande fut - fortement - dosée pour susciter l'adhésion des apathiques sans irriter les éveillés plus qu'il ne fallait.

Les élections d'aujourd'hui font déjà bruisser tous les instituts de sondages et les chercheurs d'opinion, et je pense qu'ils confirmeront mes analyses: selon moi, la plus grande partie des nouveaux électeurs écologistes de ce scrutin seront des gens qui ne votaient pas d'habitude, et non des convertis venus d'autres partis. Il y aura une proportion non nulle de Suisses qui n'ont pas voté comme d'habitude - un écart de conduite, en quelque sorte, vis-à-vis du parti dont ils se sont fait tatouer les initiales sur l'épaule - mais cette proportion restera petite.

Cependant, la vague verte est bien plus que cela. D'où vient le reste?

Selon moi, il vient de nulle part. Ce n'est pas une vague verte, c'est une absence.

Je pense simplement que les électeurs traditionnels ont été plus démobilisés que d'habitude. Mobilisation exceptionnelle des écologistes + écart de conduite (notamment des socialistes) + démobilisation particulière des partis traditionnels = vague verte.

Prenons l'exemple de Genève, ville engloutie sous la vague verte s'il en est. Peut-on croire que les Verts ont soudainement conquis un quart de l'électorat?

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Infographie 24Heures

Bien sûr que non. De nouveaux électeurs Verts sont arrivés sur le marché, ainsi que des transfuges socialistes, alors que l'UDC restait chez elle - trop diabolisée peut-être - et que les PLR et les PDC restaient eux aussi chez eux, dégoûtés de l'affaire Maudet / Dal Busco.

Voilà l'explication posée. Mais que va-t-il se passer ensuite?

La Suisse sous un régime de centre-gauche

Ce 20 octobre 2019 n'est pas que le passage de la vague verte ; c'est aussi la première fois depuis la fondation de la Suisse moderne que la gauche est en mesure d'imposer un gouvernement de centre-gauche.

Je pense qu'elle ne va pas s'en priver.

Pour la gauche le programme, les valeurs affichées, les objectifs annoncés ne sont que des moyens. Le pouvoir est le but. Pendant la campagne les affiches genevoises du PS invitaient les électeurs à se mobiliser pour "renverser la majorité": c'est désormais chose faite.

Suisse_Verte.png

La formule magique et ce genre de traditions sont des pis-aller désuets que la gauche consent à suivre seulement quand elle ne peut faire autrement. Arithmétiquement, le futur gouvernement devrait être de deux UDC, deux PLR, deux PS et un Vert en remplacement du PDC ; mais les bulletins étaient à peine dépouillés que la présidente des Verts Regula Rytz s'exprimait sur la SRF en revendiquant déjà le siège du PLR. "Le Conseil fédéral, dans sa composition actuelle, ne correspond plus aux majorités actuelles". CQFD.

Quel que soit le nouveau Conseil fédéral, il aura au moins quatre sièges à gauche. Il n'est pas impossible non plus que les ambitieux fassent preuve d'appétit et proposent un vrai gouvernement d'union de gauche avec deux socialistes, deux Verts, deux PDC et un Vert-Libéral, reléguant PLR et UDC dans l'opposition. Il suffira aux journalistes de justifier "l'urgence climatique" en boucle et les benêts applaudiront à tout rompre.

Les jours qui s'annoncent vont être sombres pour la Suisse. Les Verts ne sont pas des écologistes sympas mais des extrémistes aussi à gauche que les communistes. Les taxes, les amendes, le flicage des poubelles et les interdictions vont pleuvoir. Les automobilistes vont souffrir, l'énergie va être rendue hors de prix, ce qui provoquera récession économique et appauvrissement généralisé.

La classe moyenne helvétique va rapidement découvrir ce qu'il en coûte de choisir d'aller se promener le dimanche en laissant d'autres choisir à sa place.

Ce soir, pour l'avenir de ce pays, je souhaite me tromper. Je souhaite que mon pessimisme soit excessif. Je crains qu'il ne le soit pas.

17 octobre 2019

Pour désinformer, il faut commencer tôt

D'innombrables études le prouvent, l'équilibre droite-gauche au sein d'une population dépend énormément de la classe d'âge. L'opinion politique des gens va vers la droite en vieillissant. Les jeunes sont plus gauchistes que leurs aînés et changent en prenant de la bouteille, comme le résume la célèbre formule: "à vingt ans, celui qui n'est pas de gauche n'a pas de cœur ; à trente, celui qui n'est pas de droite n'a pas de cervelle."

Sachant cela, les tentatives permanentes d'un bord de l'échiquier politique pour accorder le droit de vote à 16 ans s'expliquent aisément. Le but est clair, il faut contrer les vieux. À défaut d'emporter l'adhésion, on se contente de modifier la composition du corps électoral. Ce n'est qu'une des nombreuses façons d'atteindre l'objectif, plusieurs étant tentées simultanément.

Mais pourquoi les jeunes sont-ils plus à gauche que le reste de la population?

La jeunesse a ses propres faiblesses vis-à-vis de la politique ; elle se passionne facilement, manque de recul, croit aux discours de fin du monde, et pense que la responsabilité du futur lui incombe à elle seule. Mais à ces traits de caractère somme toutes véniels s'en rajoute un autre: la vulnérabilité à la propagande.

Rentrons dans le détail avec un exemple, ta_ta_ki.

Ta_ta_ki, kesako?

Vous n'en aviez jamais entendu parler avant, et c'est bien normal si vous avez plus de vingt-cinq ans.

Ta_ta_ki est un canal disponible sur Instagram, qui traite de sujets à destination des 15-25 ans. Il a une certaine popularité avec plus de 26'000 abonnés - pas mal sur ce créneau dans la petite Romandie. L'information est fréquemment renouvelée, colorée, courte, drôle si possible, mais surtout, très engagée. Aux antipodes d'une production naïve "par des jeunes pour des jeunes", on a affaire à des professionnels qui maîtrisent leur sujet et visent leur cœur de cible avec la subtilité d'un pitbull.

L'existence de Ta_ta_ki ne doit rien au hasard. "Découverte, décryptage, lifestyle et relations sociales, tels sont les angles exploités par la nouvelle entité pure player du Service public romand" nous dit-on avec le charabia marketing de circonstance. Autrement dit, Ta_ta_ki est une antenne de la RTS. La chaîne est pilotée par Manon B., une jeune femme de 31 ans qui a fait des études de sciences politiques à l'UNIL et un master de journalisme et communication à l'UNIGE - le cursus idéal pour bien manipuler informer le public. Papa est président d'une association qui, hormis son activisme écolo-conscient, travaille conjointement avec des entreprises pour promouvoir l'Accueil des Migrants Mineurs non Accompagnés, l'Égalité des Femmes et le Développement durable. Maman travaille dans l'association NELA, dont la mission est de développer "une structure de soutien à la transition des jeunes migrants, par parrainage socioéducatif". Certes, les opinions politiques des parents ne présagent pas à 100% de celle de leurs enfants, mais la pomme tombe rarement loin de l'arbre, comme on dit.

Rien de mieux qu'une petite visite sur Ta_ta_ki pour en avoir le cœur net...

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Quelques-unes des dernières contributions de la chaîne avant les élections fédérales 2019.

Au milieu de quelques vignettes humoristiques ou motivantes (montrant je suppose des Suisses typiques de 2019), l'initiative It's a match? vise à "aider les jeunes à choisir" de quel candidat ils se sentent le plus proche. Une campagne qui mérite le détour.

Opération Manipulation

À première vue, rien de bien extraordinaire: cinq interviews de cinq candidats des plus grands partis de Suisse ("5 représentant-e-s des sections jeunes des principaux partis politiques" explique Ta_ta_ki, l'écriture inclusive faisant partie du package).

À gauche des femmes sont interviewées, à droite des hommes. Hasard également, la candidate souriante des Jeunes PS est une femme de couleur - on sera bien en peine de trouver l'équivalent parmi les élus actuels du PS. Cela ne risque pas de changer avec les prochaines élections non plus, parce qu'il n'y a pas un seul candidat de ce type sur les listes officielles du parti. Ceux-là sont relégués sur des listes exotiques ou jeunes, des porteurs d'eau pour la liste principale.

Mais revenons à ces interviews. Courtes et rythmées, elles balancent à l'écran des thèmes auxquels l'interviewé répond simplement "pour" ou "contre", le plus vite possible avec un mouvement de balayage. L'exercice permet de piéger facilement les interviewés. Je préviens d'avance mes lecteurs: ces vidéos sont un supplice à regarder. Pour les courageux, voici les liens: UDC, PLR, PDC, Socialiste, Vert.

Concentrons-nous sur deux d'entre elles: l'UDC et le PS.

greta_ttk.jpgL'UDC est représentée par Oliver Rumo des Jeunes UDC fribourgeois. Le candidat de 21 ans se prête aux deux minutes et demie du jeu selon les instructions reçues: il lance les images d'un bord à l'autre de l'écran le plus vite possible. Les sujets défilent: "Suicide assisté? Pour. Mariage pour tous? Pour. Taxes sur les billets d'avion? Non, déjà trop cher maintenant..." chacune de ces questions mériterait une soirée de débat à elle seule, et ne font même pas consensus au sein de l'UDC.

Les images s'enchaînent par dizaine, parfois sans le moindre rapport avec les sujets politique actuels. Le porno? L'écriture inclusive? L'aigle de Shakiri? Le revenu universel, bien qu'il ait été balayé dans les urnes il y a trois ans par 76,9 % des votants?.. La vitesse ralentit un peu seulement pour se moquer, comme lorsqu'on pose la question de l'hymne national que le malheureux est évidemment invité à chantonner. Une limite d'âge maximale pour voter? Contre, mais peu importe: on voit que chez certains l'idée est dans les cartons, il s'agit donc de l'implanter dans l'opinion. Le Véganisme? "Pour, ça fait plus de viande pour moi". Après de nombreuses images la séquence se clôt sur la question du fromage vegan ("Non parce que c'est pas du fromage") et Beyoncé ("Non mais pas parce qu'elle est noire.")

port_du_voile.jpgLe PS est représenté par une autre fribourgeoise, Immaculée Mosoba de la liste de la Jeunesse socialiste, 25 ans. La séquence est entièrement différente. Le rythme est plus lent. La jeune femme a parfois droit à plusieurs phrases d'explication sur certaines images (montées pour garder le côté rythmé), ce qui lui donne l'air beaucoup plus intelligente et réfléchie, et tant pis si elle traite moins de sujets. Mais ce qui interpelle immédiatement, c'est que certaines questions sont différentes. Uber? Contre. Le Vote à 16 ans? Pour. Le port du voile à l'école? Pour.

On ne verra pas de questions sur l'accord-cadre avec l'Union Européenne, pourtant décisif pour l'avenir de la Démocratie directe ; on ne remettra pas en cause l'assurance-maladie qui étouffe la classe moyenne ; on ne parlera pas de l'initiative contre l'Immigration de Masse qui fut tout simplement ignorée par les élus à Berne, ni du Renvoi des Criminels Étrangers qui fut édulcoré par les mêmes. En fait il n'y a pas une seule question sur les migrants, les frontières, la criminalité ou l'effondrement en cours des assurances sociales.

Il est clair que ni Oliver Rumo ni Immaculée Mosoba n'ont choisi leurs questions - on les a choisies pour eux, à dessein. La manipulation la plus éhontée est dans la séquence de Mosoba. Le port du voile à l'école n'est qu'un apéritif ; un peu plus loin on lui pose une suite de questions sur le Burkini ("Pour, si elles se sentent mieux en burkini qu'en maillot de bain"), le menu hallal à l'école ("Pour") et les chemises à manches courtes ("Pour, pourquoi pas?" répond-t-elle en riant).

Pourquoi demander à une candidate à une élection au Conseil National ce qu'elle pense des chemises à manches courtes? À priori, cela ne semble avoir aucun sens. Il n'est pas question de discuter à Berne du port des chemises à manches courtes. Mais du foulard islamique ou du burkini, oui. Il faut se donner la peine d'y réfléchir cinq minutes pour comprendre. La juxtaposition des questions est conçue pour donner l'impression que le burkini est équivalent au port de chemises à manches courtes. Cette séquence de questions est donc construite pour amener le spectateur à couper le lien entre le burkini et le prosélytisme musulman. Je-m'habille-comme-je-veux, tiens, aujourd'hui je porte un burkini. Et demain une chemise à manches courtes. Ce ne sont que des vêtements.

Il faut une belle connaissance des ressorts de la manipulation pour mettre en place ce genre de désinformation quasi subconsciente. Goebbels serait fier d'une telle séquence.

Entendons-nous bien: Oliver Rumo pas plus qu'Immaculée Mosoba ne seront élus dimanche au Conseil National. Sur des listes "alternatives" des grands partis, ils n'ont aucune chance. L'un comme l'autre ne sont que des outils à travers lesquels Ta_ta_ki imprègne le public-cible de son message, et donne une image de leurs partis respectifs.

L'objectif est pleinement atteint: vue plus de 136'000 fois, la vidéo d'Oliver Rumo est assortie d'une avalanche de près de 3'000 commentaires dont les quatre-cinquièmes oscillent entre le négatif et le franchement haineux.

Les jeunes ont un intérêt pour l'UDC, le nombre de vues de sa vidéo le prouve. Mais ensuite, grâce à Ta_ta_ki, le plus grand parti de Suisse se voit présenté d'une façon simpliste et repoussante, afin de susciter l'hostilité et le dégoût. Plus d'une centaine de milliers de jeunes Romands ont été imprégnés de ce message avant même d'avoir l'âge de voter. L'objectif est donc pleinement atteint, ce qui interpelle certains.

Merci la RTS et son antenne "jeune".