30 mars 2015

Andreas Lubitz, pilote suicidaire... Et islamiste?

Lorsque la tragédie de l'A320 de Germanwings s'est imposée dans l'actualité, la perspective d'une attaque terroriste était parmi les explications possibles. La disparition subite de 149 innocents dans le ciel européen correspondait à trop au mode d'action de groupes islamiques pour ne pas être relevée, ni par les autorités, ni par le grand public.

lubitz_amok.jpgSi la découverte de la boîte noire du cockpit permit d'écarter l'hypothèse d'une panne mécanique ou d'une décompression fatale aux passagers et membres d'équipage à bord, elle renvoya le facteur humain à la puissance dix. Tout le monde sait désormais que le responsable de ce carnage semble être Andreas Lubitz, un copilote de 28 ans employé de Germanwings depuis 2013 et promis à une célébrité aussi posthume que planétaire. Selon un mode opératoire glaçant le sang, il attendit que le commandant de bord Patrick Sondenheimer aille satisfaire un besoin naturel pour verrouiller la porte blindée isolant le cockpit du reste de l'appareil puis assigna une nouvelle altitude au pilote automatique et resta ensuite calmement à attendre que l'avion percute la montagne, restant sourd à toute sollicitation tant des alarmes de bord que du contrôle aérien et bien sûr que du reste de l'avion.

Terrifiants instants vécus par les victimes alors que l'équipage luttait pour tenter d'interrompre la manœuvre fatale, hurlant, suppliant, attaquant la porte à la hache.

Chaque jour apporte son lot de révélations. L'homme aurait eu un burn-out de part le passé. Il souffrait d'une diminution de l'acuité visuelle qui aurait pu mettre un terme à sa carrière. Il avait eu des problèmes sentimentaux. Il aurait dû être en arrêt maladie le jour du drame. Prenant somnifères et médicaments prescrits aux maniaco-dépressifs, il aurait consulté pour des tendances au suicide...

Comme souvent à posteriori, le faisceau de d'indice semble proprement ahurissant. Mais une interrogation demeure: Andreas Lubitz était-il islamiste?

L'hypothèse cadre trop avec le mode opératoire terroriste: la disparition soudaine et aveugle d'un avion de ligne entier avec à bord des dizaines d'innocents, le tout fomenté avec des moyens dérisoires (un seul individu aux tendances suicidaires) et laissant flotter l'inquiétude sur le monde entier. Même pas besoin de revendiquer quoi que ce soit, tout le monde y a pensé.

L'hypothèse fut formulée noir sur blanc par Geoffrey Grider dès le 26 mars, tout en précisant que c'était juste une "possibilité". Un autre article avec nettement moins de conditionnel fut publié par Michael Mannheimer sur le site PI-News (PI pour Politiquement Incorrect...) et n'y alla pas avec le dos de la cuiller:

Toutes les preuves indiquent que le copilote de l’avion Airbus, au cours de sa période d’interruption de six mois, pendant sa formation de pilote pour Germanwings, s’est converti à l’Islam, à la suite de quoi, soit obéissant aux ordres de radicaux ou Musulmans fervents, soit interprétant de son propre chef, l’ordre en le tirant du livre de la terreur, le Coran, aurait décidé de perpétrer un massacre.


Et le bloggueur de faire le lien avec la mosquée radicale de Brême, fermée en décembre 2014 comme foyer d'extrémisme religieux. La thèse fut reprise, amplifiée, déformée, l'indicatif remplaçant assez vite le conditionnel.

Tout ceci cadre parfaitement avec le récit de la catastrophe... Si ce n'est qu'il n'y a pas la moindre preuve.

Compte tenu de la pléthore d'enquêteurs sur l'affaire, des cris de Allahou akbar scandés dans le cockpit de l'A320 au dernier moment auraient eu peu de chance de ne pas filtrer des écoutes de la boîte noire. On aurait probablement retrouvé aussi des consultations de sites islamistes sur l'ordinateur du copilote, et certainement bien d'autres traces de sa radicalisation lors de la perquisition de son domicile, plutôt qu'un formulaire d'arrêt maladie froissé sur une table basse et des boîtes d'antidépresseurs.

Mais l'hypothèse d'une attaque terroriste cadrait si bien avec l'air du temps que les preuves furent rapidement fabriquées. Une blogueuse américaine, Pamela Geller, eut ainsi la "fierté" d'avoir fait, avant sa suppression, une photo d'écran d'une page facebook célébrant la mort en martyr d'Andreas Lubitz. Le fait qu'il ne s'agisse pas de sa page personnelle et que ladite page ait été crée à posteriori n'entra même pas en ligne de compte. Des variantes plus ou moins farfelues apparurent rapidement sur Internet, y compris en Français, célébrant le "héro (sic) de l'état islamique" mort en martyr, rassemblant des fans à mi-chemin entre un second degré douteux et une haine anti-occidentale tout à fait sincère les amenant à célébrer l'assassinat de sang-froid de 149 personnes.

Vraiment, il semble que beaucoup de monde aurait aimé que M. Lubitz eut été musulman. Mais pourquoi prendre des copies d'écrans de groupes ridicules lorsqu'on peut remonter à la source? Hélas pour les adeptes de l'attentat islamiste la page facebook originale du pilote montre des centre d'intérêt tout ce qu'il y a de plus banals:

lubitz_facebook.jpg
(cliquez pour agrandir)

A moins de considérer la musique de David Guetta comme un signe avancé de radicalisation, il y aura encore pas mal d'efforts à fournir avant de faire passer Andreas Lubitz pour un barbu un peu dingue. Certains s'y emploient malgré tout, au mépris de la vérité.

Cette volonté de faire rentrer - à coups de marteau - les événements dramatiques dans une grille de lecture simpliste de l'actualité est assez caractéristique de notre époque. Le plus fascinant est sans doute de constater que l'islamisme supposé d'Andreas Lubitz semble espéré des deux côtés de la barrière: non seulement de tous ceux qui pensent que le musulman est par définition un ennemi (alors même que des centaines de pilotes musulmans volent quotidiennement aux commandes de longs courriers...) mais également tous les sympathisants islamistes installés en Occident et qui auraient vu dans le geste de folie de ce copilote mal dans sa peau un aller simple vers le paradis du jihad.

La radicalisation supposée de l'employé de Germanwings aurait eu un deuxième avantage, dédouaner la compagnie de toute responsabilité. Selon la fable connue du loup solitaire, ses actes auraient été impossibles à déceler ni à arrêter. L'enquête montre pourtant tout autre chose et révèle d'écrasants manquements dans la surveillance psychologique des pilotes, les règles de sécurité face à un coup de folie, et le revers de la médaille d'un secret médical érigé au rang de sacré.

Qu'on s'en réjouisse ou qu'on s'en effraie, il est encore possible en 2015 que surviennent sur sol européen des drames sans aucun rapport avec l'islam.

24 mars 2015

Succès du FN et mensonge médiatique de base

Ce début de semaine voit fleurir diverses analyses sur le premier tour des élections départementales françaises - pêchant par un évident manque de diversité:

Le PS « trébuche », l’UMP « l’emporte », le FN « s’installe. »


Les éléments de langage sont en place et ils seront abondamment répétés. Il faut que le message rentre, même s'il ne correspond pas à la réalité. En effet, le Front National est bel et bien resté le premier parti de France, comme en témoignent les chiffres du Ministère de l'Intérieur. 5'142'177 voix pour le FN (25% des suffrages), la deuxième formation étant l'Union de la Droite avec 4'254 '078 voix (21% des suffrages). Le PS ferme le podium avec 2'708'592 voix (13% des suffrages). Pas vraiment de quoi s'allumer un cigare.

Pourquoi ce gouffre entre les résultats les plus officiels qui soient et la couverture médiatique du premier tour des élections départementales? Sous une forme graphique où le FN est affublé d'une jolie couleur marron (comprenne qui veut) on devine un début d'explication:

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(cliquez pour agrandir)

De nombreux partis et coalitions ont été représentées pour ces élections, sans vraiment être reconnus par les médias comme des entités politiques indépendantes. Le rassemblement forcé de la gauche autour du PS d'un côté et de la droite autour de l'UMP de l'autre permet de cacher l'émiettement de ces partis respectifs et de présenter un podium plus conforme à l'image attendue.

Combien de journalistes se sont penchés sur le fait que les écologistes réunissaient autour de 2% des suffrages nationaux alors qu'ils bénéficient d'une couverture médiatique absolument démesurée? Combien de journalistes pour relever le score absolument pitoyable réalisé par l'UMP en son nom propre, 1'339'579 voix (6% des suffrages), soit encore moins que les "Divers Gauche"?

Cela n'empêche pas certains titres "amis" comme Le Figaro de titrer, toute honte bue, que l'UMP de Nicolas Sarkozy remporte la victoire...

Non, le Front National a remporté le premier tour de ces élections départementales, et de loin. Il a progressé tant en pourcentage qu'en nombre de suffrages. Alors qu'il ne bénéficiait pas de la prime de notoriété des sortants, il a réussi à s'implanter dans des lieux où il n'avait aucune présence historique, et ses plus beaux résultats ont été obtenus dans les zones où il disposait déjà d'élus municipaux. Comme quoi les électeurs ne semblent pas déçus de "l'expérience FN", ou en tout cas pas encore.

Mais pourquoi cet émiettage des partis? La responsabilité en incombe vraisemblablement au Ministère de l'Intérieur:

Dans ce scrutin d'un genre nouveau ne pouvaient se présenter que des binômes constitués d'un homme et d'une femme, qui n'étaient pas obligatoirement issus du même parti politique. A charge pour le ministère et les préfectures de déterminer les binômes socialistes (PS), Union pour un mouvement populaire (UMP), écologistes (EELV), Front national (FN), et surtout les cas, plus complexes, d'unions : « union de la gauche », « union de la droite », « divers gauche », etc.

Interrogé par Le Monde avant le premier tour, le ministère de l'intérieur expliquait s'être fondé, pour établir ses grilles, sur « les clivages politiques issus des scrutins passés et de l'actualité politique ». Celles-ci précisaient par exemple que les binômes intitulés « union de la gauche » devaient avoir été investis par deux partis de gauche, dont le PS, quand ceux d'« union de la droite » devaient avoir reçu l'investiture à la fois de l'UMP et de l'UDI. Subtilité supplémentaire : le ministère distinguait les listes estampillées « union de la gauche » des listes « divers gauche » où aucun des deux candidats n'a été investi par le PS.


Divers gauche tout de même comptabilisés dans le résultat final du "PS" tel que présenté dimanche soir! Si vous avez l'impression d'une manipulation, vous ne seriez peut-être pas loin de la vérité:

[Pour le seul département de l'Ain] quatre cas litigieux ont été recensés. En se basant sur le Répertoire national des élus (RNE), qui recense tous les élus de France, on pouvait trouver, sous l'étiquette « union de la gauche » un binôme radical de gauche-divers gauche (sans le PS) ; deux binômes Parti socialiste-divers gauche (sans la présence d'un deuxième parti de gauche) et même un binôme divers gauche et… divers droite (dans le 20e canton).

En s'affranchissant de leur propre grille, les services du ministère de l'intérieur ont-ils dans ces cas précis choisi de favoriser l'exposition de binômes PS-union de la gauche ? Contacté, le ministère botte en touche : « La corrélation entre le RNE et les nuances individuelles des candidats n'est pas automatique. La nuance attribuée à un scrutin peut refléter l'évolution politique du candidat (…) à partir de l'ensemble des éléments connus de celui-ci... »


Pratique, en effet. A gauche, la manœuvre profita essentiellement au PS. Un binôme PS-Écologiste comptait par exemple comme "Union de la Gauche" et se vit finalement intégrer au score des socialistes ; dans les quelques cantons où ils se présentèrent sous leurs propres couleurs les candidats écologistes purent réunir autour de 10% des voix.

A droite, sans surprise, la manœuvre profita à l'UMP, puisqu'une liste estampillée "Union de la Droite" devait avoir reçu l'investiture à la fois de l'UMP et de l'UDI, tout en étant uniquement comptée dans le giron de la première le dimanche soir. Il est clair que les deux formations politiques ne sont pas de la même force (l'UDI en nom propre ne réunit que 1% des voix) mais le parti centriste avait une vocation naturelle à chercher des alliances... Lesquelles furent, du coup, entièrement phagocytées par son partenaire.

Alors, comme on le voit, le premier tour de ces élections départementales donna lieu à un sacré mensonge médiatique (jusque sur la RTS). Mais dans quel but? Certains diront, et c'est vraisemblable, que l'objectif était de présenter un résultat honorable pour tout le monde. Le PS sauve les meubles, l'UMP revient mais pas trop fort, le FN a de quoi être fier... Mais je crois pour ma part qu'il s'agissait d'autre chose: préparer l'opinion aux résultats finaux.

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La magie du découpage électoral

Si le premier tour d'une élection ouverte est représentatif des citoyens se donnant la peine d'aller voter, le second n'a aucune qualité de cette sorte. Entre les reports de voix, les consignes de vote et les listes éliminées car n'ayant pas atteint un score arbitraire, on se doute bien que la carte de France n'aura pas grand-chose à voir d'un dimanche à l'autre. Si les journalistes avaient fait correctement leur travail en présentant la réalité la pilule aurait été d'autant plus difficile à avaler pour le bon peuple: comment accepter que le FN soit à la fois si présent et réduit à rien? Mais ici nous jouons sur du velours. L'UMP est en tête, le PS bien placé et le FN troisième et réduit, déjà, à la portion congrue.

Les médias nous ont simplement livré, un peu en avance pour préparer l'opinion, les résultats du second tour.

20 mars 2015

Florissant: un revers pour le bétonnage massif

La nouvelle a été envoyée aujourd'hui à tous les conseillers communaux de Renens et aux médias: le "Projet Florissant" est abandonné.

Florissant? Un quartier de Renens composé de huit barres de logement de dix étages et construit dans les années soixante (dans "l'essor lausannois de l'Expo 64", ajoute avec lyrisme Le Temps). Le genre même de paysage urbain qu'on imagine à chaque fois qu'on évoque les banlieues... Mais toutes les banlieues ne sont pas à problèmes.

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Parfaitement intégré à la ville et proche de toutes les commodités, à deux pas de la patinoire de Malley et bordé de plusieurs lignes de transports en commun, Florissant est un quartier ouvert et apprécié de ses habitants, dont 20% ont plus de 65 ans. Bien que d'aspect massif, les immeubles ont été intelligemment placés sur la parcelle avec de grands espaces verts pour les séparer. Malgré les ombres portées, tous les logements disposent de la lumière naturelle, même au rez-de-chaussée. Et il y a de la place pour se garer.

Le confort du quartier aurait toutefois connu une fin abrupte avec un projet municipal de "densification" de l'endroit. Avide de bétonner tout ce qui peut l'être dans une course hystérique à la croissance démographique, la Municipalité envisageait de construire pas moins de cinq immeubles de 4 à 8 étages intercalés entre les bâtiments existants. Des tours au milieu des tours! Adieu parkings, espaces verts, lumière naturelle et calme! Mais une juteuse opération immobilière pour le propriétaire du terrain Swiss Life, sortant de terre autant d'immeubles de rendement pour des centaines de nouveaux locataires au prix du marché, comme on dit...

La démocratie participative est à la démocratie ce que la musique militaire est à la musique, et à Renens, on connaît la musique.

Entre une syndique communiste empressée d'importer de nouveaux électeurs et une municipale verte offrant un mandat d'étude à cent mille francs à son ancien professeur, tout était parti pour que l'affaire soit rondement menée "à la renanaise":

  • dossier monté de toutes pièces sur de prétendus problèmes à Florissant justifiant une intervention de la Municipalité ;
  • maquette d'architecture suffisamment outrancière pour réserver de quoi faire une petite marche arrière comme preuve de bonne foi ;
  • réunions de quartiers hâtives permettant de prétendre que la "démocratie participative" avait joué à plein et que bien entendu tout le monde se satisfaisait du projet final concocté par la Municipalité.

Ne restait plus qu'à convoquer les journalistes pour la pose de la première pierre, sous les flashes des photographes!

La mécanique bien huilée trouva son grain de sable à travers quelques habitants vigilants qui décidèrent de s'opposer à ce qu'il faut bien appeler la destruction de leur cadre de vie. Fondant l'association GIF (Groupement d'Intérêt de Florissant) ils s'opposèrent férocement au Monopoly communal, rejetèrent les compte-rendus dithyrambiques et mensongers des rencontres avec la population, rassemblèrent et informèrent les habitants sur ce qui les attendaient - à Florissant d'abord, dans d'autres quartiers ensuite!

Face à une opposition aussi résolue qu'inattendue, la volonté municipale commença lentement mais sûrement à se fissurer. Un immeuble en projet, puis deux autres, furent retirés. On discuta de divers "aménagements" pour faire passer la pilule. Las! Alors qu'il s'étiolait le projet de plan de quartier perdait peu à peu de son intérêt, mais sans jamais vraiment mourir.

De pétitions en menaces de référendum, le danger politique se précisa. Il amena assez vite une partie de la gauche à jeter l'éponge, avec rupture de collégialité à la clef. Mais c'était encore trop peu: l'extrême-gauche et les Verts (oui, les Verts!) restaient alliés au centre-droit PLR jamais à court de compromis au nom de l'obsédante "croissance"...

Le revirement final des deux municipaux de centre-droit acheva de faire basculer la majorité municipale alors même qu'au Conseil Communal du 12 mars il était encore question de choisir entre "geler" et "abandonner" le projet et qu'une décision n'était pas attendue avant mi-avril.

Cinq ans d'efforts

Il aura fallu cinq ans d'efforts, de vigilance et d'opiniâtreté de l'équipe du GIF (notamment Willy Grandjean et Jean-Marc Reymond) pour combattre et finalement vaincre la soif de bétonnage de la Ville.

Les lauriers de la victoire leur appartiennent et à eux seuls. Ils commencèrent leur combat alors que l'UDC n'était même pas présente au Conseil Communal. Depuis, nous prîmes connaissance de la situation et assez vite il apparut que nos objectifs étaient convergents: l'UDC se bat pour un maintien de la qualité de vie urbaine et celle-ci ne permet certainement pas une densification à n'importe quel prix. Quant à la croissance, elle n'est pas un but en soi et doit être maîtrisée (comme les Suisses eux-mêmes le reconnurent en acceptant l'initiative contre l'immigration de masse le 9 février dernier). Nous nous serions tenus prêts aux côtés du GIF en cas de référendum ; heureusement le projet n'arriva pas jusque là.

Cinq ans d'efforts de la part de citoyens renanais avec une vie à vivre et prenant sur leur temps libre et leurs week-ends pour s'opposer à une Municipalité entourée de professionnels et jouant avec l'argent des contribuables. Quelle lutte inégale! Mais comme dans les légendes David l'emporte contre Goliath.

Depuis la Syndique Marianne Huguenin se découvre un talent pour l'écoute et affirme avec une sagesse toute rétrospective qu'on ne "densifie pas un quartier contre ses habitants". Dans la bouche d'une politicienne aussi expérimentée la formule suscite un sourire amer. Non seulement elle refusa mordicus d'écouter lesdits habitants toutes les fois où elle les rencontra - d'où son surnom de "rouleau-compresseur" dans certains cercles - mais elle défendit elle-même son projet jusqu'à la dernière extrémité, obligée d'y renoncer non pas parce "qu'on ne densifie pas un quartier contre ses habitants" mais bien parce qu'elle finit par être lâchée même par le reste de l'équipe municipale.

Le Projet Florissant était un train fou qui avait déraillé depuis longtemps mais il fallut cinq ans avant que l'information ne parvienne au chef de convoi. Espérons que la leçon sera comprise - si ce n'est de Mme Huguenin, au moins de ses collègues - et que les futurs projets de densification de Renens se feront davantage avec les habitants plutôt que dans leur dos en connivence avec des promoteurs. C'est en tout cas le souhait de l'UDC Renens.

18 mars 2015

La dernière initiative

C'est avec une immense tristesse que j'ai découvert dans les médias le lancement de la dernière initiative de l'UDC "pour la primauté du droit suisse" - la dernière du premier parti de Suisse, et peut-être la dernière tout court.

On le savait, le projet couvait depuis quelques temps déjà, alors que Christoph Blocher avait annoncé son retrait du Parlement pour s'adresser directement au peuple souverain, l'organe suprême de la démocratie helvétique. Mais tout semble s'accélérer, en particulier les circonstances qui rendent soudainement ce texte terriblement nécessaire.

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Beaucoup, à commencer par moi, auraient aimé que ce texte ne voie pas le jour, non pas à cause d'un désaccord avec son contenu mais au contraire parce qu'il égrène des évidences. Dans une situation normale, il est difficile de démontrer des évidences. Allez non pas expliquer mais démontrer au sens mathématique la commutativité de l'addition à un jeune enfant! Pas simple.

La Constitution helvétique est issue du peuple suisse. La chose est acquise dès son préambule. Tous les autres organes de l'Etat émanent de cette Constitution et sont donc subordonnés à la collectivité des citoyens qui lui a donné naissance. Viennent donc dans l'ordre de priorité des institutions fédérales le Peuple Suisse, puis le Parlement, puis le Conseil Fédéral - chacun étant aux ordres du précédent.

À Berne, la chose a été oubliée depuis longtemps. Le divorce entre le peuple et les partis politiques remonte sans doute à ce "jour noir" de 1992 où la Suisse refusa les fiançailles avec l'Union Européenne, infligeant un affront cinglant à ses élites. Convaincue de dominer un troupeau d'ânes incapables de comprendre le grand ordre des choses, la classe politique œuvre depuis à contourner, museler et finalement se passer de ces citoyens revêches.

Pendant très longtemps la transformation du régime se fit par petites touches, en toute discrétion: une adhésion par la bande à une organisation supranationale présentée comme de peu de conséquences ; la ratification d'un traité tellement flou qu'on le dote d'une cour de "justice" chargée de définir son contenu, lui garantissant une extension à peu près infinie, peu importe l'éloignement du texte initial ; l'abandon de la convertibilité-or du Franc Suisse, préalable à l'adhésion à l'euro ; des jugements de la Cour Européenne des Droits de l'Homme niant sans contestation les dispositions constitutionnelles fédérales ; la disparition des frontières pour que le territoire suisse ne fasse enfin plus qu'un avec celui de ses nouveaux maîtres.

Longtemps le peuple helvétique fit preuve d'une bienveillance coupable, berné et bercé dans l'idée que ses représentants - jamais mot ne fut plus mal choisi - œuvraient dans le sens de l'intérêt commun. Il y avait bien quelques cahots mineurs lors d'un référendum, mais dans l'ensemble rien de bien grave.

Les choses s'accélérèrent de façon notable au tournant des années 2000 puis ensuite lors de la crise de la dette publique de 2008. Désormais, les avancées se font carrément au grand jour, qu'il s'agisse de l'adhésion de la Suisse à la zone euro à travers les manipulations de la BNS ou de la soumission voulue et assumée de la législation du pays à Bruxelles à travers "l'accord institutionnel" concocté par M. Burkhalter, totalement incompatible avec la démocratie directe - et il le sait très bien!

Par ailleurs et en parallèle le gouvernement n'a jamais été aussi sourd aux cris du peuple qui s'incarnent dans un nombre inégalé d'initiatives acceptées: contre les pédophiles, pour le renvoi des criminels étrangers, contre l'immigration de masse... Mais ces initiatives sont ignorées, perverties, détournées autant que le permet la loi et même au-delà. Il ne s'agit pas d'une évolution progressive face à des opinions qui auraient pu changer depuis le précédent scrutin sur le sujet il y a quinze ou vingt ans. L'objectif avoué est d'ignorer les décisions populaires lorsqu'elles contreviennent à la doxa collectiviste et internationaliste des élites.

Parmi tous les pays du monde, il n'y a probablement qu'en Suisse où le respect du moindre traité international suscite une piété quasiment religieuse. Les autres n'hésitent pas à les dénoncer, à les renégocier, ou à rejeter leur ratification. Même dans les rares cas où l'adhésion à un traité supérieur est établie et attestée, comme dans le cas des États-Membres de l'Union Européenne, cette situation est source d'innombrables débats sur les manœuvres possibles au sein du collège. Chaque pays de l'UE n'hésitera pas et n'hésite d'ailleurs pas à tirer la couverture à lui autant que le permettent les textes ; les autres discutent carrément de leur retrait éventuel de l'Union... C'est, tout simplement, le monde réel.

Rien de tel en Suisse où un respect aveugle, soumis et unilatéral aux traités internationaux semble l'incarnation d'une curieuse naïveté alliée à une bêtise stupéfiante. En fait l'attitude obéit à un objectif intérieur assumé: la soumission à l'international est aussi le meilleur moyen de museler la démocratie directe en réduisant progressivement son champ d'application jusqu'à ce qu'il n'en reste rien.

Minée sans relâche depuis vingt ans, la démocratie directe est si vermoulue qu'elle est à deux doigts de l'effondrement. L'initiative pour la primauté du droit suisse vise à restaurer la charpente. La démarche est louable mais s'apparente aussi à un quitte ou double.

Si le texte est rejeté, alors, il en sera officiellement fini de la démocratie directe. C'est une possibilité bien triste mais tout à fait légale ; la démocratie est ainsi faite qu'elle a le droit de voter son suicide. On continuera à voter certes mais sur des choses triviales, la couleur des volets, les dates des vacances scolaires ; le reste sera décidé à Berne (et Bruxelles, et Strasbourg) sans que personne ne puisse y redire quoi que ce soit. La "démocratie directe" sera réduite à un simulacre plus ou moins folklorique.

Mais si le texte est accepté? Les élites, les médias, le Parlement et le Gouvernement accepteront-ils alors de résilier les traités en conflit avec la Constitution suite à diverses votations passées et futures? Vous avez le droit de le penser ; pour ma part je n'y crois pas une seconde. On expliquera que cela nous mettrait en porte-à-faux avec nos partenaires internationaux et puis que tout cela est bien compliqué, et ensuite on ne fera rien.

L'initiative de l'UDC "pour la primauté du droit suisse" est la dernière initiative pour laquelle voter ait encore un sens - à condition que son adoption soit suivie d'effets. Malheureusement, il est sans doute déjà trop tard. Son refus enterrera pour de bon la démocratie directe, mais son acceptation ne fera probablement rien d'autre que révéler à tous que le coup d’état institutionnel a déjà eu lieu.

Le combat pour la restauration de la démocratie directe ne fait que commencer. Il sera long, incertain et difficile, et demandera bien plus qu'une initiative.

08 mars 2015

Résultats du 8 mars

Un double Non particulièrement cinglant vient de frapper les deux objets fédéraux soumis au vote ce week-end. La participation était plutôt faible à 42%. J'eus pour ma part le plaisir de procéder au dépouillement dans ma ville de Renens où les résultats furent assez conformes aux chiffres du canton.

Défiscalisation des allocations familiales (discutée ici): Avec plus de 75% de Non, l'initiative a fait chou blanc dans les grandes largeurs. L'initiative aurait modifié la structure de l'impôt en empêchant l’État de se servir à hauteur de 20% sur les allocations familiales versées aux familles par les entreprises. La classe moyenne y aurait largement trouvé son compte: une famille bernoise de deux enfants et un modeste revenu de 50'000 CHF annuels aurait ainsi économisé 1313 francs par an ; la même famille dans le canton de Vaud aurait vu ses impôts allégés de 1059 francs.

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La classe moyenne veut continuer à payer des impôts sur ses allocations familiales.

Peut-être le grand public fut-il sensible à l'astuce - toujours efficace apparemment - de l'odieux "cadeau fait aux riches" dénoncé par la gauche? À moins que certains ne se soient réellement effrayés d'une diminution d'un milliard des rentrées de l’État? Le fait est qu'avec un rejet des trois-quarts de la population, nombre des familles qui auraient directement bénéficié de l'initiative ont semble-t-il choisi de la rejeter.

Le texte était soutenu par le PDC et une partie de l'UDC. A moins d'un an des élections fédérales c'est un très mauvais signe pour le parti de centre-gauche qui s'évertue à se présenter comme le "faiseur de consensus" et "toujours du côté des vainqueurs". Ce qui est vrai dans les joutes politiciennes mouchetées de la Berne fédérale ne se répète visiblement pas directement face au peuple. Le verdict sans appel remet sans ambages le PDC face à son déclin électoral.

Pour une Taxe sur l'Energie à la place de la TVA (discutée ici): l'initiative des Verts Libéraux se prend une déculottée d'une ampleur historique avec 92% de Non. Les journalistes furent obligé de chercher dans les archives des échecs électoraux d'une ampleur identique et durent remonter jusqu'à 1929 pour trouver quelque chose d'équivalent... Je vous épargne donc une nouvelle carte de Suisse totalement écarlate.

Visiblement, remplacer la TVA par une taxe modulable sur l'énergie ne fut pas du goût des citoyens. Pas tant qu'ils soient "attachés" à la TVA (l'excuse immédiatement formulée par les journalistes!) mais bien qu'un projet mal ficelé, mal chiffré et pour tout dire totalement flou n'avait pas de grandes chances de séduire.

Sur le plan politique, l'échec est grand pour les deux partis soutenant le texte, les Verts Libéraux et les Verts d'extrême-gauche, puisque la somme des suffrages en faveur du texte est très inférieure au poids électoral de ces deux partis aux élections fédérales de 2011. Autrement dit, soit le texte n'a pas séduit jusque dans les propres rangs de ces formations, soit leur force électorale sera sérieusement revue à la baisse dans les élections de fin d'année.

Votations cantonales

Si les votations fédérales réservèrent assez peu de surprise, les votations cantonales furent quant à elles plus disputées. Voici une petite sélection des objets soumis au vote:

Le Canton de Genève vit ainsi l'approbation d'une réforme de la police approuvée par un écart de... 42 voix. Une nouvelle qui mettra certainement du plomb dans la tête de tous les citoyens paresseux qui renoncèrent à exercer leurs droits démocratiques! La réforme de la police, qui la réorganisera de fond en comble, était combattue par les syndicats policiers, le MCG et l'UDC mais aussi l'extrême-gauche. La coalition disparate subit donc une défaite face à Pierre Maudet, l'ambitieux élu PLR qui avait fait du scrutin un enjeu personnel, mais qui put difficilement parler de triomphe avec une marge de réussite aussi modeste.

A Gland dans le canton de Vaud, la population refusa clairement la construction d'une piscine municipale, un de ces investissements dispendieux dont des élus avides de travaux publics sont si friands. Dans le même registre, les habitants de Bienne dans le canton de Berne refusèrent un projet de nouvelle gare à 18 millions qui aurait interdit la circulation aux voitures.

Dans le canton de Nidwald, les citoyens repoussèrent à près de 62% une initiative pour limiter l'enseignement à une seule langue étrangère à l'école primaire, ce qui aurait repoussé à plus tard l'apprentissage du français face au bon allemand. L'initiative était poussée par l'UDC et soutenue par le gouvernement du canton, et résonne comme une victoire pour tous ceux qui pensent que l'apprentissage des autres langues nationales est indispensable à la cohésion nationale.

Enfin, la population du jura bernois accepta à 60% l'idée d'un parc éolien à Tramelan, mais limité à sept turbines.

05 mars 2015

Défiscaliser les allocations familiales, du simple bon sens?

prise de position,votation du 8 mars 2015,famille,initiativePremier des deux objets fédéraux proposés au peuple le 8 mars 2015, l'initiative "Aider les familles! Pour des allocations exonérées de l'impôt" est promise à un destin incertain. Les premiers sondages lui donnaient un capital de sympathie conséquent mais celui-ci s'est érodé avec le temps alors que la date fatidique approchait, selon une trajectoire assez classique.

En Suisse, les allocations familiales sont actuellement fiscalisées, c'est-à-dire qu'elles s'ajoutent aux revenus et sont donc soumises à l'impôt. Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas l’État qui reprend d'une main ce qu'il donne de l'autre puisque les allocations familiales sont financées par les entreprises. En revanche, l'emprise de l’État sur le système est bien réelle puisqu'il récupère 20% de cette manne.

L'initiative peut être abordée sur plus d'un plan - fiscal, éthique, politique - et différents thèmes se mélangent selon le point de vue adopté. Les lignes sont moins claires qu'on pourrait le croire. L'initiative est soutenue par le PDC, à l'origine du texte, et par une UDC dont on saluera l'absence de sectarisme. Tous les autres partis sont contre ; la gauche, sans surprise, mais aussi le PLR. La droite avance donc en ordre dispersé. De plus, même au sein de l'Union Démocratique du Centre le soutien est moins solide qu'il n'y paraît puisque le groupe des élus UDC au Conseil National avait commencé par rejeter le texte. La décision fut renversée par la base du parti réunie en congrès.

Comme souvent, l'argent est le nerf de la guerre. Défiscaliser les allocations familiales reviendrait à priver l'Etat d'environ un milliard de recettes fiscales. La somme paraît énorme mais donne aussi une idée de la façon dont l'administration ponctionne sans vergogne une aide sensée parvenir aux familles. Ramenée aux différentes strates étatiques, la pilule semble également bien plus facile à avaler. La Confédération récolterait 250 millions de moins sur un budget de 67 milliards, donc pas vraiment de quoi crier misère. Les cantons devraient quant à eux faire une croix sur 25 millions chacun en moyenne. Chacun décidera en son âme et conscience si les sommes en jeu mettent en danger la survie de l'administration...

Du point de vue des familles, en revanche, l'effet n'est pas du tout le même. Pour des foyers modestes une amélioration du revenu disponible d'une centaine de francs par mois peut faire une réelle différence. Par une ironie malsaine, les allocations familiales fiscalisées privent les familles de certains subsides par effet de seuil. En touchant des allocations familiales, certaines familles modestes deviennent soudainement "trop riches"! Elles ne bénéficient alors plus de certains mécanismes sociaux ou alors seulement de façon affaiblie, comme les tarifs préférentiels pour les crèches.

Sachant que les fonctionnaires représentent l'essentiel de sa clientèle électorale, le PS était déjà contre l'initiative du fait de son effet potentiel sur le budget de l’État. L'idée que des familles riches s'en sortent mieux est un deuxième chiffon rouge pour le parti de gauche, à la limite de la provocation. L'argumentaire s'en ressent:

Au niveau cantonal, les familles riches pourraient facilement s'offrir une semaine de vacances grâce au cadeau fiscal tandis qu'une famille moyenne devrait se contenter d'une visite au zoo.


prise de position,votation du 8 mars 2015,famille,initiativeNotons comme d'habitude le champ sémantique gauchiste dans lequel tout ce que l’État ne vous prend pas est un "cadeau" qu'il vous laisse, magnanime. Malheureusement ce n'est pas aussi simple. Toute famille soumise à l'impôt - cantonal ou fédéral - verrait ses impôts allégés ; soit les familles avec enfant, disposant d'un revenu annuel inférieur à 100'000 francs suisses, au nombre d'1 million sur un total de 1.15 million selon les chiffres du PDC. Parmi ces bénéficiaires certaines familles aisées y gagneraient effectivement un peu plus, mais dans la mesure du montants des allocations familiales, donc pas vraiment des sommes folles en premier lieu. Les socialistes ont le bon goût de ne pas préciser le genre d'hôtel que les "veinards" pourraient se payer...

Le PS n'hésite pas à jouer la carte de la jalousie et tend toujours le même piège à la classe moyenne: devrait-elle renoncer à des baisses d'impôts au prétexte que d'autres en profiteraient davantage? Si la réponse est oui, alors aucune baisse d'impôt n'est possible, jamais. La jalousie a un prix.

Au milieu de ces batailles de chiffres l'argumentation du PLR laisse carrément à désirer: "aujourd'hui il y a assez d'instruments, de moyens et de possibilités pour soutenir les familles" et puis basta! (Il y en a en fait un peu plus naturellement mais par charité j'éviterai de reprendre des arguments que les dirigeants du PLR semblent avoir cru bon de piocher directement dans les prises de position de la gauche.)

Le parti libéral-radical a sans doute en tête ses propres projets d'introduction d'une imposition individuelle mais évite d'entrer dans un débat de fond qui aurait pourtant eu un sens. La simple notion de diminution du poids de l’État dans la société civile aurait déjà dû susciter un soutien dans les rangs de la formation. Las! Pas même une seule section cantonale pour sauver l'honneur.

En tant que libéral, la notion de subvention interpelle ; inscrite dans une loi, elle s'oppose ontologiquement à la solidarité authentique, qui ne saurait être que personnelle et individuelle. Ceci étant dit, les allocations familiales sont peut-être les "moins injustifiables" de toutes puisqu'elles visent spécifiquement à perpétuer la population sur laquelle elles s'appliquent. Leur uniformité et leur séparation d'avec la fiscalité habituelle les rapproche du "revenu vital minimum" défendu par certains libéraux.

Rien n'est parfait évidemment, mais de toute façon l'initiative du PDC ne vise pas à altérer le principe des allocations familiales, seulement sa fiscalisation. Si l'initiative passe, la classe moyenne y gagnera et l’État reculera - bien que fort modestement.

Il me semble que ces deux effets sont positifs et suffisent à soutenir cette initiative.