26 mai 2010

Virée à dix balles à Martigny

Martigny, cité valaisanne paisible au charme incontournable. Martigny, sa place centrale, son soleil, ses gangs en goguette, ses affrontements à l'arme à feu...

L'image de carte postale de la jolie bourgade de Martigny s'est sérieusement écornée ce dimanche, lorsque deux bandes se sont affrontées en plein centre-ville dans une rixe mortelle.

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Bien qu'une bonne partie de la scène ait été filmée par des caméras de surveillance d'une agence UBS toute proche et que les badauds aient été nombreux, difficile de savoir exactement ce qui s'est passé.

A 19h05, les deux groupes, une dizaine de personnes d’ex-Yougoslavie et quatre ou cinq Cap­verdiens, se sont croisés «par hasard» aux abords de la place Centrale, lieu très fréquenté à Martigny, explique la police. «Ils se sont insultés puis la situation a rapidement dégénéré en bagarre.» Chaque camp disposait d’une arme à feu: un pistolet de 9 mm équipé d’un silencieux d’un côté, un pistolet de calibre 38 spécial de l’autre.

Plusieurs coups de feu sont tirés. Touché à la poitrine, un Serbe meurt après son transport à l'hôpital. Un autre Serbe âgé de 29 ans et un Capverdien de 27 ans sont aussi blessés, mais leur vie n'est pas en danger.

 

On notera, comme d'habitude, la tournure passive propre à la fatalité des événements. C'est le destin: des gens se croisent, sortent des armes, se tirent dessus, au beau milieu des passants, des badauds, des poussettes. Personne n'y peut rien. Ca ne vous est encore jamais arrivé à vous?

Bizarrement, plus personne ne parle de ce fameux "sentiment" d'insécurité, dont l'exploitation faisait les choux gras de l'UDC. Il est vrai qu'à partir du moment où les balles fusent quand deux bandes étrangères antagonistes se croisent - apparemment par hasard - l'insécurité devient quelque chose de beaucoup plus concret. Il suffit de se promener sur la place centrale de Martigny, de contempler les impacts de balles dans les vitrines des commerces du coin ou sur les arcades de la place. De jeter un oeil sur les traces de sang séchées laissées par les blessés - et le mort.

Les politiciens sont invités sur les plateaux télé, bien entendu. Christophe Darbellay, président du PDC tout-puissant en Valais, admet à demi-mot que le nouveau Code Pénal entré en vigueur en 2007 n'est pas dissuasif. Il omet de préciser que ledit Code Pénal et ses peines de jour-amende ridicules ont été approuvés par ses amis socialistes et lui, et que l'UDC s'y est toujours opposée. Des voix se font entendre réclamant que "la justice fasse son travail" et prétendant que, selon la législation en vigueur, les fauteurs de troubles soient expulsés... Mais ils ne peuvent l'être:

Jacques De Lavallaz, l’homme qui a le pouvoir de retirer les permis de séjour en Valais depuis que le nouveau code pénal de 2007 a dépouillé les juges d’instructions de cette faculté, avoue une certaine impuissance en l’espèce.

«Les personnes dont il est question n’ont soit pas été jugées sur territoire valaisan, soit ne remplissaient pas les critères fixés par la jurisprudence pour un non-renouvellement ou une révocation de leur permis (ndlr: des peines d’emprisonnement cumulées de 20 mois)», détaille le chef du Service de la population et des migrations.

 

Des peines insuffisantes! Les protagonistes n'ont donc pas commis assez de crimes et de délits, malgré des casiers judiciaires longs comme le bras:

La victime est un Serbe de 36 ans. Il était au bénéfice d’un permis B depuis 2006, apparemment employé dans une menuiserie de la région et connu de la police valaisanne uniquement pour quelques tracasseries administratives. Il aurait en revanche des antécédents dans le canton de Zoug.

Un de ses compatriotes, blessé dans l’altercation et désormais sous les verrous, est détenteur d’un permis C, qu’il agrémente d’un pedigree de parfait petit délinquant. Il a déjà été interpellé pour violences domestiques, dommages à la propriété, agression, injures, menaces et voies de fait.

A l’autre bout du pistolet: celui qui tient le rôle du meurtrier est un Portugais du Cap-Vert, 27 ans, détenteur d’un permis L avec échéance au mois de juillet. Lui aussi serait occupé comme manœuvre par une entreprise de la région et a déjà été arrêté pour brigandage, infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants, et dommages à la propriété notamment.

Un autre Capverdien, impliqué dans la rixe mortelle, est un récidiviste, condamné à 80 heures de travail d’intérêt général pour avoir frappé un fonctionnaire de police en 2009.

 

Il aura fallu attendre un meurtre pour avoir un motif suffisant pour justifier une expulsion?

La rixe de Martigny ramène sous les feux de l'actualité l'éléphant que personne ne veut voir au milieu du salon: La criminalité étrangère.

Devant ce sujet politiquement incorrect, la justice suisse et les institutions politiques helvétiques font preuve d'un aveuglement empoisonné. Ils refusent d'admettre la présence en Suisse de gens dangereux, introduits dans le pays pour des motifs opportunistes, et sans la moindre envie de s'intégrer ou de respecter le droit helvétique.

Le Code Pénal 2007, célèbre pour sa pusillanimité, doit évidemment être repensé. Il faut mettre un terme à l'angélisme qui a donné lieu à sa révision. Cela contribuera certainement à redonner un peu de vigueur à une justice qui se fait surtout remarquer par le ridicule des peines qu'elle inflige (à moins que vous ne soyez un automobiliste.)

Mais il est probable que la renonciation aux jours-amendes ne serait pas suffisante. Quand des individus sont remplis de haine aveugle au point de tirer à vue sur des rivaux supposés en pleine rue et en pleine journée, il y a peu de chances qu'une éventuelle sévérité des peines les amène à renoncer.

Face à des trublions dangereux et visiblement irrécupérables (comme leur casier judiciaire en atteste) il n'y a qu'une seule solution: l'expulsion, dans l'intérêt de la paix civile en Suisse. Les trafiquants, des criminels et autres hommes de main au service de réseaux mafieux n'ont rien à faire dans ce pays.

Dimanche en fin d'après-midi, alors qu'ils abandonnaient dans les cris et la panique leurs terrasses ensoleillées pour se mettre à l'abri des balles fusant de toute part, les habitants de Martigny ont probablement compris quelque chose: l'insécurité n'est pas un "sentiment" et la violence des bandes étrangères est une réalité. Espérons que le reste de la Suisse romande ouvrira également les yeux, sans attendre que des balles perdues ne trouvent leur chemin vers des victimes innocentes.

Commentaires

J'ai l'impression de lire mon quotidien "Aujourd'hui en France"...Mais non, les faits se déroulent bien en Suisse.
Amnesty international ne les évoquent pas dans son rapport?

Écrit par : Malko Linge | 27 mai 2010

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