21 septembre 2010

Lausanne inaugure sa première zone de non-droit

Cela commence juste comme un accident sordide:

Un jeune homme a fait une chute de 12 mètres hier à 5 h du matin à Lausanne. Le jeune homme de 21 ans se trouvait sur la terrasse extérieure du Loft, place Bel-Air. Pour une raison encore inconnue, il est monté sur un meuble séparant cet espace réservé aux fumeurs de l’entrée principale. Il a alors perdu l’équilibre et a chuté au pied des escaliers de Bel-Air, sur la rue de Genève, 12 mètres en contrebas.

 

876380P_escalier.jpgSelon Fredo, un autre fêtard présent ce soir-là, le malheureux avait passé sa soirée au bar puis, pressé, a grimpé sur un meuble pour quitter la terrasse de la boîte par un raccourci. "C'est là qu'il a glissé", explique Fredo. La sécurité de l'établissement appelle immédiatement les services d'urgences, lesquels interviennent immédiatement. Mais la zone de Bel-Air à Lausanne est un quartier chaud du centre-ville, plus encore la nuit:

Pour les besoins de l’enquête et pour protéger les intervenants, un important dispositif policier a été requis. Une foule hostile a dû être maintenue à distance pour protéger les secouristes victimes de jets d’objets. La police a dû faire usage de spray au poivre. Il s’agit visiblement d’opposition à l’autorité, a expliqué Tony Croisier, de la police lausannoise. Celle-ci n’a procédé à aucune interpellation, mais s’est contentée de disperser les 200 personnes présentes à la fermeture de la discothèque.

 

Voilà. Un type éméché s'ouvre la tête sur un trottoir, les secours arrivent et ils sont pris à partie par les "clubbers" qui les insultent et leurs jettent des canettes de bière et tout ce qui leur passe sous la main. La police intervient et n'arrête personne. A votre avis, le comportement anti-flic, anti-secouristes (et pour ainsi dire anti-tout) de la faune nocturne du quartier va-t-il être affaibli ou renforcé après cette nuit?

Certes, agir avec fermeté aurait impliqué une toute autre attitude et d'autres moyens: déployer des policiers en nombre et convenablement équipés (pas une simple patrouille de deux gars en costume de toile dans leur Opel de service, armés de sprays au poivre!), avoir un panier à salade pour coffrer les meneurs, et derrière une justice qui suive, donnant à des gens qui agressent des secouristes et des policiers des peines concrètes et dissuasives à hauteur du préjudice subi. Mais malheureusement, Lausanne a une police de beau temps totalement incapable de faire face à ces émeutes nocturnes. Et je ne parle même pas de la justice vaudoise, dont la pusillanimité est bien connue des milieux concernés. Mais il est vrai que la municipalité de Lausanne préfère concentrer son attention sur des problèmes autrement plus urgents.

C'est ainsi que peu à peu les zones de non-droit s'installent en Suisse - des quartiers où les dealers et les petites frappes peuvent se livrer à leur traffic en toute tranquillité.

Bravo Lausanne, toujours à la pointe du canton!

Commentaires

Quelle est la composition de la faune qui crée cette zone de non-droit ? Qui sont ces gens ?

Écrit par : Robert Marchenoir | 23 septembre 2010

La place Bel-Air est un endroit réputé pour ses traffics en tout genre. Le périmètre n'est pas grand mais dans cet enchevêtrement de rues, d'escaliers et de passages on trouve une foison de trafiquants en tous genre (essentiellement des "requérants d'asile" Nigérians) à toute heure de la journée. C'est un endroit qui "craint" encore plus que le reste du centre-ville de Lausanne. Les jeunes le savent et s'y déplacent en groupe, surtout les femmes.

Ceci dit, les trafiquants sont rarement ouvertement hostiles: ils sont là pour faire du business, pas pour rameuter la police (ce qui ne les empêche pas de voir une zone de non-droit d'un très bon oeil.) Les troubles viennent plutôt de leurs clients, de fêtards éméchés et de jeunes avec la "haine". En plus, d'après les témoignages l'hostilité venait de clients de la discothèque. Je pencherais donc plutôt pour des petites frappes de la banlieue lausannoise.

Mais comme la police n'a appréhendé personne, au bout du compte, il est difficile de se forger une opinion. Malheureusement, la répétition d'événements de ce genre nous permettra sans doute d'y voir plus clair.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 septembre 2010

Charmant. Merci.

Écrit par : Robert Marchenoir | 23 septembre 2010

Sa première zone de non-droit ? Oh que non ! Il en est une bien plus ancienne : le soir venu, rendez-vous sur l'esplanade face au bâtiment admninistratif de Chauderon (pl. Chauderon 9), puis traversez le passage piéton souterrain en direction du nord de la place. Ressortez à l'air libre par l'escalier, puis remontez la rue du Petit-Rocher.
Ce bref périple en Afrique noire vous aura permis de croiser au minimum trente dealers, vaquant ouvertement et en toute tranquillité à leurs affaires.

Écrit par : Matts | 25 septembre 2010

Lausannois continuez de voter à gauche!

Écrit par : Tell quel | 04 octobre 2010

Houlala, en effet, c'est horribe tout ces gens qui n'ont ni chemise brune ni cravate !! Mais que fait la gestapo ?

Écrit par : Fufus | 04 octobre 2010

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