04 février 2011

Droit des Armes et Contrat Social

Toute discussion adulte sur les armes à feu est difficile. Sont-elles le ver dans le fruit de la civilisation, ou au contraire à la base d'une société libre et responsable? Le sujet déchaîne les passions.

Faisant partie de ceux qui pensent que l'accès aux armes est un droit essentiel du citoyen, je vais essayer d'expliquer comment je suis parvenu à cette conclusion.


Les adversaires des armes réclament leur interdiction au nom de leur dangerosité, citant en exemple chaque fait divers où elles sont impliquées. Pistolets et fusils ne sont pas les seuls moyens d'agression, loin s'en faut, mais lorsqu'on leur fait remarquer qu'un simple couteau de cuisine peut être fatal, ils répondent habituellement que les armes, à la différence des couteaux, "sont conçues uniquement pour tuer."

A les entendre, hors de toute perception rationnelle du danger, les armes à feu seraient à bannir à cause des intentions de ceux qui les ont inventées!

Depuis l'époque du premier mousquet, les hommes ont trouvé des utilisations pacifiques aux armes à feu. A dire vrai, mécaniquement, elles ne sont pas conçues dans le but de tuer, mais dans celui de tirer. Le fusil d'assaut le plus redoutable est parfaitement inoffensif dans le cadre d'un stand de tir. Le tir sportif est même une discipline olympique, difficile de faire plus respectable... Par extension, elles peuvent aussi menacer ou dissuader. Le pistolet que les policiers portent à la ceinture fait partie intégrante de leur intimidante panoplie, sans que la plupart d'entre eux n'aient à le dégainer une seule fois de leur carrière.

Cela ne fait pas d'une arme à feu un objet anodin, bien entendu. Une balle peut tuer. Mais cette caractéristique en a plutôt fait un outil au service de la paix. Ce paradoxe est élégamment résumé par une formule américaine: "Dieu a créé les hommes mais Samuel Colt les a rendu égaux."

Avec une arme à feu, même la plus humble grand-mère devient une menace létale contre un voyou baraqué, expert en arts martiaux. Si vous vous mettez dans la peau de l'agresseur, qui s'est entraîné toute sa vie afin de brutaliser ceux qu'il rencontre, c'est très embêtant. Si vous vous imaginez à la place de la grand-mère, qui veut juste qu'on lui fiche la paix, c'est un sacré avantage.

swiss2.jpgDès que le pistolet a été inventé, les malfrats se sont précipité dessus. C'était prévisible. Evidemment, aucune loi ne les désarmera jamais. Malgré tout, la prolifération des armes à feu chez leurs victimes leur complique la tâche. Comment piller une banque si les vigiles sont armés? Comment cambrioler une maison si le propriétaire a un fusil sous son lit? Là où les armes sont légales, la criminalité s'avère périlleuse. Les voleurs craignent plus une victime armée qui se rebiffe que le verdict d'un juge, parce qu'il faut être en vie pour profiter de son butin... Les malfaiteurs, comme tout le monde, cherchent à minimiser les risques. Si les victimes ne sont pas armées, chacun retrouve son rôle. Le vol redevient une activité lucrative et relativement sans danger.

Les criminels soutiennent de tout coeur les lois sur le contrôle des armes.

Pour qu'une société soit rendue plus sûre, nul besoin que tout le monde se promène un pistolet en poche. La dissuasion s'installe dès qu'un malfaiteur a un risque significatif de tomber sur os au cours de sa carrière. Tant que la réglementation n'est pas trop contraignante envers le citoyen, le hors-la-loi doute. Quel cambrioleur surpris prendra le risque de vérifier que l'arme pointée sur lui est seulement chargée à blanc?

Et ça marche. La Suisse est l'exemple même d'un pays avec un taux de criminalité faible et une grande quantité d'armes à feu légalement en circulation, un paraxode insoluble aux yeux de ceux qui ne font pas de distinction entre l'arme de l'individu honnête et celle du bandit!

Toutefois, cette utilité ne justifie pas la nécessité d'un droit absolu du citoyen à posséder une arme. Une société démocratique peut très bien décider que les inconvénients réels liés à des armes à feu légalement en circulation - accidents domestiques, pistolets égarés dans la nature, pulsions d'un déséquilibré - l'emportent sur les avantages. La tentation est d'autant plus grande s'ils ne font pas le lien avec la criminalité. Pourtant, il y a d'autres raisons, plus fondamentales, de laisser ce droit aux citoyens.

Afin de les comprendre, revenons en arrière de quelques dizaines d'années, jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale.

Un petit opus instructif, La Suisse Encerclée, décrit les heures sombres que traversa la modeste Suisse pendant que le monde se déchirait. Traduction d'un ouvrage destiné à l'origine au public américain, il met l'accent sur certains aspects du conflit largement oubliés de ce côté de l'Atlantique, qui trouvent un écho particulier dans un débat sur le droit des armes.

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Tout le monde connaît dans les grandes lignes l'histoire de la Suisse pendant la Seconde Guerre Mondiale. La haine d'Hitler envers le peuple suisse n'avait d'égal que son horreur de son système capitaliste libéral, qu'il associait au judaïsme. La Suisse figurait au menu de l'ogre allemand, mais l'ouverture d'autres fronts et l'effort de guerre immense exigé par l'état-major du Führer pour soumettre le pays et son armée de milice amena les plans d'invasion successifs à être repoussés, puis abandonnés.

En augmentant le coût humain et matériel d'une invasion, les citoyens-soldats contribuèrent, par leur pouvoir de dissuasion, à préserver l'indépendance du pays.

Il ne s'agit pas de ressasser l'histoire de la Suisse pendant le conflit, d'autant plus que, dans la tradition actuelle consistant à instrumentaliser l'histoire pour assouvir des objectifs politiques, certains préfèreront polémiquer en régurgitant les affabulations romanesques d'un Jean Ziegler plutôt que de se reposer sur des archives documentées.

Attardons-nous au contraire sur le sort d'autres pays d'Europe.

Avant la guerre, en Tchécoslovaquie, l'annexion des Sudètes et en fait de la partie Tchèque du pays ne fut possible qu'à cause de la faiblesse du Président Beneš face à l'agressivité diplomatique des nazis. Elle mena droit aux tristement célèbres Accords de Munich. Or, moins de gens savent que la Tchécoslovaquie était abritée de l'Allemagne par un bassin montagneux remarquable, impraticable pour les chars, un rempart naturel encore renforcé par des fortifications. Wilhelm Keitel, chef du haut commandement allemand, en témoigna à Nuremberg:

"Nos moyens pour attaquer les fortifications frontalières de la Tchécoslovaquie étaient insuffisants. D'un point de vue strictement militaire, nous n'avions tout simplement pas les moyens d'une attaque."

 

Si la Tchécoslovaquie avait tenu tête à Hitler, la bataille des Sudètes aurait été un enfer pour la Wermarcht.

Le cas de la Belgique est encore plus évocateur. Léopold III choisit la reddition en dépit de l'opposition de ses conseillers militaires et du gouvernement, alors même que la modeste armée belge mettait à mal la réputation de l'armée allemande. A Bodange, il fallut huit heures de combat à trois mille soldats allemands appuyés par un groupe d'artillerie pour l'emporter contre seulement cinquante soldats ardennais retranchés dans un village, sans artillerie ni armes antichars. Mais Léopold III se fatiguait à l'idée de lutter, à devoir s'exiler. Il préféra renoncer, au grand dam des alliés de la Belgique et au mépris de sa constitution.

Les même anecdotes pourraient être répétées au sujet de bien des pays. Partout, des élites furent subjuguées par une puissance nazie pas toujours vérifiée sur le terrain et choisirent de se rendre.

La Suisse fut une exception, le gouvernement ayant affiché pour l'essentiel une ferme volonté d'indépendance tout au long de la guerre.

Pourquoi mentionner ces faits historiques? Afin de souligner un point important: face à un adversaire résolu, la veulerie des élites l'a souvent disputé à la lâcheté. L'histoire de la Tchécoslovaquie, de la Belgique et d'autres pays d'Europe jette une lumière crue sur la capacité d'un pays à préserver son indépendance lorsque les moyens de se défendre sont sous clé à l'arsenal, et que ces clés sont entre les mains des politiciens.

C'est vrai, la situation actuelle n'est plus comparable à celle de la Seconde Guerre Mondiale. Les nazis ont été défaits et leur idéologie a été balayée - même si des militants de gauche dénoncent la réapparition du nazisme deux à trois fois par semaine, en y associant, dans leurs manifestations, des portraits de George W. Bush ou d'Ariel Sharon. L'empire soviétique s'est effondré. La Chine paraît trop loin. Malgré tout, il serait naïf de penser que ce continent ne connaîtra jamais plus la guerre.

En réalité, que ce soit en ex-Yougoslavie ou à Chypre, l'Europe a enduré sa morsure jusque dans une époque récente.

La Seconde Guerre Mondiale a été vécue par des gens qui, vingt ans plus tôt, revenaient des tranchées en jurant que c'était la "Der des Der". Ils en ont été pour leurs frais. Si l'armée de milice est dissoute, va-t-on redistribuer les armes enfermées à l'arsenal et créer une nouvelle milice dans dix ou vingt ans, lorsqu'une nouvelle menace émergera? Bien sûr que non. Former une armée demande au moins une génération. Une culture plusieurs fois centenaire comme celle de l'armée de milice ne sera pas restaurée par simple décret, à supposer que les politiciens du futur aient le courage d'une telle décision.

Mais là encore, un adversaire obstiné des armes et du concept de citoyen-soldat pourra prétendre qu'une armée professionnelle suffirait à défendre le pays, que ses élites ne le laisseront pas tomber, ou qu'il n'existera plus jamais, ô grand jamais, de menace crédible à l'horizon. Ces gens sont décidément pleins de certitudes... A ceux-là, il faut encore livrer un dernier argument en faveur du droit des armes, lui aussi issu de la Seconde Guerre Mondiale.

Les cours d'histoire décrivent fréquemment l'enfer de l'Occupation allemande, la soumission, les rafles. Il oublient souvent d'en mentionner un détail important. Dans toutes les zones qu'ils occupèrent, les nazis interdirent immédiatement la possession d'armes. En France, dès la signature de l'armistice et le début de l'occupation, des affiches apparurent partout ordonnant que les armes à feu soient livrées aux autorités allemandes les plus proches, sous peine de mort. Des règlements similaires furent édictés dans toutes les zones sous contrôle nazi.

Il n'y eut pas de plus fervents adeptes du contrôle des armes que les nazis.

Qui oserait clamer qu'ils souhaitaient prévenir des accidents domestiques ou empêcher des suicides? Tout le monde connaît la sinistre vérité. En désarmant les peuples, les nazis savaient qu'ils neutralisaient par avance toute opposition à leur plans futurs, quels qu'ils soient. Les populations seraient à leur merci. Ils pourraient en faire ce qu'ils voudraient.

Les exterminer, par exemple.

Il n'était pas nécessaire à Hitler et ses sbires de planifier la Solution Finale pour avoir envie d'ôter leurs armes aux citoyens allemands (et juifs.) Leur obsession du contrôle suffisait. La Solution Finale pourrait arriver ensuite, plus tard, à n'importe quel moment. Tout était prêt pour sa mise en place.

Là où d'autres gouvernements l'avaient fait avant eux, les nazis n'avaient même plus besoin de désarmer les gens. Leurs prédécesseurs n'avaient pas agi dans ce but, bien sûr, mais le résultat était le même.

Je fais partie de ceux qui pensent que si les six millions de victimes de la Shoah avaient eu un revolver quelque part dans leur maison en 1939, la Shoah n'aurait pas eu lieu. Même un gouvernement totalitaire n'aurait pu tolérer les pertes effroyables subies par ses propres forces en essayant d'emmener des millions et des millions de personnes à l'abattoir, si ces gens avaient eu un moyen de résister.

Peut-être ont-ils été désarmés progressivement? C'est possible pour certains, mais pas pour la population entière. Un revolver est facile à cacher. Je pense simplement que la plupart des juifs allemands n'avaient pas d'armes et n'en voulaient pas.

Les juifs allemands étaient des gens instruits, civilisés, respectueux des lois. Ils vivaient dans un pays européen cultivé, éduqué, développé, célébrant l'opéra et la littérature. La vie n'était certes pas de tout repos sous la République de Weimar, mais peu d'entre eux auraient jamais imaginé que l'Etat puisse tomber entre les mains de personnes si maléfiques qu'elles planifient leur propre extermination. Ils croyaient sans doute que le mal appartenait au passé, que leur pays avait atteint un niveau de civilisation qui les protégerait à jamais de la barbarie.

L'erreur fut fatale.

Par an, combien de gens meurent dans un pays donné dans des accidents dûs à des armes légales? Dix, trente, cent, mille? Quel que soit leur nombre, et quel que soit la proportion de ces morts qui auraient pu être évitées en ôtant toute arme aux citoyens honnêtes (et sans compter la recrudescence de la criminalité), cela reste un chiffre bien maigre comparé aux 6'000'000 d'innocents mis à mort dans les camps de concentration nazis en seulement quelques années.

Je viens de France, un pays où, culturellement, l'Etat se méfie de ses citoyens et leur interdit de se défendre. La France a aussi le triste privilège du premier génocide de l'histoire. Ce n'est peut-être pas un hasard.

Le génocide de Srebrenica n'est vieux que de quinze ans et il a eu lieu sur le sol européen. Les victimes comptaient sur l'ONU pour les défendre.

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un charnier de Srebrenica

Toute mort accidentelle due à une arme à feu légale est une tragédie. Mais aussi dramatique soit-elle, c'est peut-être un faible prix à payer pour la sauvegarde de la liberté, d'une société où le pouvoir réside entre les mains de citoyens responsables, pouvoir incarné par les droit et les devoirs associés à la possession d'une arme à feu.

Lorsqu'un Etat commence à vouloir se protéger de son propre peuple, lorsque le citoyen armé devient source de méfiance, la démocratie prend un mauvais virage. La relation entre l'Etat et les citoyens se déteriore. Le peuple cesse d'être souverain. Il devient suspect. Il s'en faut de peu qu'il ne devienne coupable.

Voilà comment j'en suis arrivé à cette implacable conclusion: le droit à posséder une arme est un fondement du contrat social liant les citoyens d'une société saine. Ce n'est pas par gaité de coeur. Cet équilibre a un prix, un prix parfois terrible. Mais il est préférable à toute alternative.

L'histoire l'a montré et le montrera encore.

Les opposants au libre droit des armes recoupent des catégories aux motivations diverses. Parmi elles, il y a des mères de famille préoccupées par les dangers domestiques, à l'inquiétude sincère. Il y a la pègre. Mais il y a aussi des gens livrant un véritable culte à l'Etat, des gens à qui la notion de citoyen armé fait horreur. Ceux-là ne se préoccupent guère de la disparition de la légitime défense; au contraire, ils s'en réjouissent. Ils ne sont pas non plus inquiets à l'idée d'un Etat tout-puissant ayant droit de vie et de mort sur une population désarmée; au contraire, l'idée leur paraît plutôt séduisante.

C'est sans doute le plus effrayant.

Commentaires

Excellent article ! Hélas ici, nous n'avons toujours pas accès à la votation.

Écrit par : lolik | 04 février 2011

Quelques petites erreurs et approximations historiques, mais qui ne remettent pas en cause vos conclusions, que je partage.

En fait, il est certain que si chacun avait le droit de porter une arme "de poche", après obtention d'un permis, examen psychologique et obligation de s'entrainer une fois par mois, les "nouveaux morts" seraient pour la plupart des délinquants fichés que la justice n'arrive pas à coincer (peur de témoigner et des représailles).

Il faut le marteler : une personne armée et formée ne représente pas de risque. Les policiers sont armés, mais ils ne tirent qu'en cas d'absolue nécessité, c'est à dire rarement. La formation fait la différence. Et pour le voyou, il y a le risque que le "petit chétif" ait un 7,65 dans la poche. 20 Kg de muscles sont inutiles pour stopper une balle à bout portant.

Mais allez faire comprendre ça aux adpetes du "au secours M'sieur l'agent, on m'embête", surtout quand la police arrive avec 10 minutes de retard !

Écrit par : Paul | 04 février 2011

Monsieur, vous avez le mérite de respecter vos adversaires et d'exposer vos opinions de manière claire et sans ambiguités. Je vous en remercie. Néanmoins, votre exposé repose sur des principes qui me semblent faux en plusieurs endroits.

Tout d'abord, en ce qui concerne la légitime défense. Vous semblez nous dire qu'une arme éloigne potentiellement les agresseurs, ou les voleurs. Vous insinuez que l'arme d'ordonnance peux nous servir à nous défendre contre quiconque s'en prendrait à nous ou à nos biens.

C'est oublier qu'en droit pénal, suisse ou international, la légitime défense ne s'applique que si une agression nous met en danger vital, nous ou toute autre personne.

Dans la légitime défense, il y aune idée d'immédiateté ( on ne peux rien faire d'autre sur le moment), de danger vital ( l'agresseur pointe une arme contre nous, ou nous nous sentons légitimememt en danger), enfin, la réplique doit être proportionnelle. Ainsi, si l'on abat un voleur qui a pénétré chez nous, qui est désarmé ( dans la plupart des cas les voleurs sont désarmés), qui ne menace que nos biens, c'est nous qui devenons un agresseur. Le juge pourra toutefois retenir pour nous des circonstances atténuantes. La légitime défense est un terrain très glissant, inciter le citoyen à se défendre seul, est à mon sens très dangereux. C'est nous pousser à entrer dans la spirale de la violence. De plus, il ne faut pas confondre légitime défense avec vengeance. Car si il y a vengeance, il y a préméditation.

Contre cela seule la Justice nous protège.
On ne peut être juge et partie.
Laisser le peuple se défendre seul, c'est prendre le risque de voir apparaitre une justice expéditive.
Il fut un temps ou ce type de justice existait, chez nous, mais aussi ailleurs, je pense aux USA des western. Bien heureusement, la Justice et la Police, c'est substituée au citoyen pour ce qui est de sa défense. C'est ce qui fait de notre société une société civilisée, à opposer aux sociétés barbares, ou la justice se fait à coup d'expéditions punitives.
Ensuite, vous vous lancez dans un exposé sur la Seconde Guerre Mondiale, pour le moins scabreux, ou vous mélengez, me semble t'il le mythe à la réalité.

Croyez-vous vraiment ce que vous écrivez : "La Suisse figurait au menu de l'ogre allemand, mais l'ouverture d'autres fronts et l'effort de guerre immense exigé par l'état-major du Führer pour soumettre le pays et son armée de milice amena les plans d'invasion successifs à être repoussés, puis abandonnés."

Ce n'est pas sérieux d'écrire cela. Car, vous le savez, si Hitler l'avait voulu, il n'aurait fait qu'une boucheée de la Suisse. Il lui aurait suffit de bombarder les grandes villes ( a l'époque déjà la majorité des Suisses vivaient dans les villes) et les infrastructures industrielles pour faire plier le pays en quelques heures seulement. Pourquoi ne l'a t'il pas fait ? Grâce à l'armée Suisse dites vous. Faux.

Hitler n'a pas attaqué la Suisse car il avait justement besoin d'elle, notamment de son tissu industriel, des usines chimiques et d'armement, mais aussi des banques, et du franc-suisse. Est-il utile de le rappeler : jusque dansles dernières heures de la guerre, la Suisse continuait de recevoir les lingots d'or allemands, et l'industrie de l'armement continuait à fournir les pièces nécessaires à l'effort de guerre allemand. L'Allemagne a acquéri, entre 1940 et 1945, du franc suisse auprès de la banque nationale en contrepartie de plus de 1,2 milliard en or. C'est en partie à cause de cela que l'Allemagne a tenu si longtemps.

Enfin, les Allemands, dites vous, ont désarmé les citoyens des pays occuppés pour assoir leur pouvoir. Sans cela, dites vous, point d'holocauste. Une fois de plus, vous nous induisez en erreur.

Vous oubliez le soulèvement du guetto de Varsovie, vous oubliez la résistance, dans tous les pays occuppés, vous oubliez le système répressif allemand, qui étouffait toute opposition. En faisant cela, Monsieur, vous insinuez que le peuple Juif ne s'est pas battu, vous le rendez coupable d'avoir été passif. Cela s'appelle la réécriture de l'Histoire. Bien des Juifs se sont soulevés, armes à la main, et de nombreux allemands aussi.
Qu'est ce qui a rendu possible la réussite du nazisme ? Des citoyens désarmés dites-vous.
La propagande, le lavage de cerveau, la mise au pas de tous les domaines de la société, la pensée unique, la pression psychologique, la peur, et un voisin complaisant qui malgré l'odeur des charniers continua jours après jour, à faire affaire avec l'Ogre.
L'argent n'a pas d'odeur.
Qu'est ce qu'un peuple souverain Monsieur Montabert ? Un peuple armé dites vous. Un peuple informé, cultivé, ouvert je vous répond.
Qu'est ce qu'un peuple ? Vaste sujet. Existe-t'il Un peuple Suisse ? Je ne crois pas.
L'Histoire va, avance. La Suisse évolue. Sans cesse. Demain, il nous faudra accepter son nouveau visage, et cesser d'en avoir peur.

"Mais il y a aussi des gens livrant un véritable culte à l'Etat et à qui la notion de citoyen armé fait horreur. Ceux-là ne se préoccupent guère que la légitime défense soit en pratique réduite à rien; au contraire, ils la combattent. Ils ne sont pas inquiets du tout à l'idée d'un Etat tout-puissant avec droit de vie et de mort sur une population soumise. L'idée leur paraît même plutôt séduisante.

C'est sans doute le plus effrayant."

Le repli identitaire, voilà le vrai danger Monsieur Montandon.

Écrit par : jeff | 04 février 2011

Bonjour,
oui excellent article ! J'ai retenu cette phrase (je n'ai plus l'auteur en tête), en tout cas l'idée principale :

"Si seuls les voyous et les flics ont le droit d'avoir des armes, que se passe-t-il quand les flics ne nous protègent plus, ou deviennent des voyous ?"

Écrit par : LOmiG | 04 février 2011

Quelques erreurs de Jeff

Hitler n'a jamais songé à conquérir la Suisse. Trop de montagnes incontrôlables, des citoyens armés avec de vrais fusils... Pour la même raison, l'ogre autrichien n'a jamais pu contrôler la Yougoslavie. Il contrôlait les viles, rien de plus. D'autre part, la Suisse était une plaque tournante diplomatique (officieuse), bien utile. La Suède aussi, facile à conquérir, mais trop utile en restant neutre. Les capitaux nazis sont passés par les banques suisses, dont le secret était légendaire.

Sur l'autodéfense, essayez de vous imaginer en agresseur d'une personne dans la rue. Vous avez une arme ou vous êtes fort. La partie sera facile pour vous. Mais votre cible a ses mains dans les poches. Qu'y a t'il dans la poche et dans sa main ? Un colt 45 à canon court ? C'est petit, mais à moins de 5 mêtres, vous y laisserez votre peau. Et si vous parvenez à vos fins, sous les cris de votre victime, qui y a t'il au carrefour ? 3 passants tétanisés par votre arme ? l'un d'entre eux est-il armé ? Va-t'il vous tirer dans le dos ?
Je suis sûr que vous réfléchirez bien avant d'agresser une personne !

J'ai vécu cela avec une personne non armée qui s'enfuyait et est passée près de moi. Pas de chance, j'ai fait mon service militaire chez les paras. Un placage facile, un étranglement en douceur (pas envie d'être accusé de crime !) et "dodo pour le monsieur" jusqu'à l'arrivée de la police. Mais tout le monde n'a pas cet entraînement. D'où l'utilité du revolver. Même vide, dans une poigne qui ne tremble pas, je vous jure que ça impressionne !

Écrit par : paul | 04 février 2011

" Existe-t'il Un peuple Suisse ? Je ne crois pas."

Vous croyez ce que vous voulez... C'est un peuple belge qui n'existe pas, et je ne perdrai pas mon temps à vous expliquer les différences existant entre la Suisse et la Belgique. Juste une petite néanmoins : en Suisse, les partis gouvernementaux sont nationaux, en Belgique, ils sont linguistiques.

"La Suisse évolue. Sans cesse. Demain, il nous faudra accepter son nouveau visage, et cesser d'en avoir peur."

C'est l'une des différences qu'il y a entre vous et nous, Jeff. Vous vous attendez que la Suisse change pour vous adapter à son nouveau visage, quel qu'il soit. Nous, nous entendons oeuvrer à le façonner, ce nouveau visage !

"Le repli identitaire, voilà le vrai danger..."

Eh bien, vous n'avez pas fini d'avoir peur ! :o)

Écrit par : Scipion | 04 février 2011

"Hitler n'a jamais songé à conquérir la Suisse. Trop de montagnes incontrôlables, des citoyens armés avec de vrais fusils... "

http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Forum/Livre-UrnerAvalerSuisse.html

"En examinant les réflexions des autorités politiques et militaires allemandes, Klaus Urner montre sans aucune ambiguïté que ces plans n’étaient pas un exercice d’état-major, comme certains historiens « engagés » ont visé à le faire croire, mais bien une planification prévisionnelle répondant à une volonté officielle. Au mois d’août, l’affinement progressif de ces plans a ainsi abouti à un concept opérationnel complet, prêt à être transformé rapidement en ordre d’opérations et fixant de manière très détaillée l’articulation d’une offensive regroupant 10 divisions, 2 régiments et 12 bataillons d’appui en 4 groupements de combat, chargés d’envahir la Suisse entre le lac Léman et le lac de Constance."

Excellent livre au demeurant

Écrit par : Bob Laiponge | 04 février 2011

”Toute société humaine est pétrie de contradictions, d'espoirs et de peurs. La Suisse d'alors ne faisait pas exception. Les actions de courage et de solidarité y cohabitèrent avec l'égoïsme et les préjugés enracinés. Et de lourdes erreurs, pour le moins des erreurs de jugement, ont été aussi commises. Nous devons en prendre acte, car refuser notre histoire telle qu'elle est c'est abdiquer notre responsabilité et c'est aussi répéter les erreurs du passé. Accepter en revanche l'histoire telle qu'elle est c'est préparer l'avenir”. Jean-François Bergier.

"Le deuxième champ que nous mettons en évidence est celui des arrangements que l'Etat fédéral et une partie de l'économie privée ont consentis avec les puissances de l'Axe. La question est délicate. Nul ne peut mettre en doute la nécessité de tels arrangements: la survie économique et politique de la Suisse les exigeaient de toute évidence. Paradoxalement, un certain degré de coopération avec l'économie nazie constitua un élément de résistance à l'emprise de la puissance allemande et fit partie du dispositif de défense nationale. Il fut difficile, à l'époque, d'estimer jusqu'où l'on pouvait aller trop loin."

"Or, nous montrons qu'on est allé trop loin souvent, tant à Berne qu'au siège de certaines entreprises – pas toutes cependant: ce qui montre qu'il existait des marges de manuvre, repérées et utilisées diversement, trop peu systématiquement. Dans aucun cas nos recherches n'ont révélé une coopération qui aurait eu des motifs idéologiques, une quelconque sympathie à l'égard du régime nazi: ni de la part des organes publics, ni de celle des entreprises. Des entreprises y ont vu une chance de profit; d'autres une condition de survie – comme l'Etat fédéral lui-même. Cette coopération n'a pas été pourtant sans affecter le strict respect de la neutralité. Une neutralité qui remplit le discours officiel, qui légitime des actions parfois scabreuses ou des refus d'agir. Une maxime qui sert à tout. Mais qui connaît des entorses aux devoirs qu'impose le droit de la neutralité: le crédit dit du milliard, des livraisons de matériel fédéral de guerre, l'insuffisance du contrôle exercé sur le trafic ferroviaire entre l'Allemagne et l'Italie en sont les exemples les plus patents."
in "Jean-François Bergier, présentation du rapport final, 22 mars 2002, Berne."

Attention de ne pas mélanger mythologie et Histoire.
L'Histoire de la 2° Guerre Mondiale n'est pas encore totalement écrite, de nombreuses zones d'ombres existent, ce qui est sur, en revanche, c'est que le Soldat Suisse n'a pas, à sa seule évocation, empêché le Fuhrer d'attaquer le pays.

Écrit par : jeff | 04 février 2011

Il faut reconnaître ici à M.Montabert une volonté opiniâtre de convaincre. Hélas aucune surprise dans sa démonstration mais toujours une volonté épique avec la transformation juvénile de l'Histoire en mythes dont les héros sont naturellement "les honnêtes gens", ses élécteurs.
Populiste et manipulateur, ce petit texte est en parfaite adéquation avec la ligne du parti udc et je tiens surtout à féliciter Jeff qui a pris la peine d'opposer à cette vision fantasmée de l'histoire suisse, une théorie autrement plus pertinente mais, je l'admets, moins séduisante pour l'élécteur suisse lambda.

Écrit par : Polo | 04 février 2011

Le problème que l'udc entretient avec les thèses de JF Bergier nous renvoie à la situation autrichienne.

En effet, il paraît inconcevable pour ce parti que l'état ait pu payer JFB et son équipe pour mener cette recherche historique. Pour ce parti d'extrême-droite, ce travail n'est que le sommet d'un iceberg d'extrême gauche... Du coup ils adoptent une position que l'on pourrait qualifier de négationiste et que le texte de Montabert illustre assez bravement.

Exactement ce qui s'est produit en Autriche en 1945 et qui a poussé ce peuple à élire d'anciens dignitaires nazis au sommet de l'état, créant jusqu'à nos jours un véritable viviers pour les mouvements fachistes européens.

Disons le fort : plus un peuple ose travailler dans la transparence sur sa mémoire, sur son histoire, plus son avenir est assuré. La preuve avec l'Allemagne dont le travail de mémoire est unique et exemplaire.

Écrit par : Polo | 04 février 2011

Mon pauvre Polo, vous êtes en train de faire exactement la même chose que les dirigeants français avec le FN. "Ils n'ont aucune idée", "ce sont des fascistes", "leurs idées sont irréalistes" avec pour conséquence... une montée régulière de ce parti, à tel point que les dirigeants actuels doivent faire semblant de chasser l'immigré (fantasme du vote "raciste" du FN) ou durcir les peines de prison (fantasme du vote "sécuritaire").

Quand vous expliquez à des gens que l'UDC est d'extrême droite, que seuls les partis au pouvoir ont de bonnes idées, vous provoquez l'interrogation : "ces partis me font des promesses qu'ils ne tiennent pas, ils se fichent de notre opinion. Alors, peut être mentent-ils aussi en déclarant l'UDC extrêmiste ? En plus, une extrême droite faisant appel au vote populaire, ç'est paradoxal !" Et ils votent UDC !

En ressassant votre prêt-à-penser, vous êtes (involontairement) un encouragement à voter UDC. Si Blocher créait l'Ordre des idiots utiles, vous en auriez la médaille. Donc, ne changez rien. Votre discours est utile, continuez !

Écrit par : Paul | 04 février 2011

"En effet, il paraît inconcevable pour ce parti que l'état ait pu payer JFB et son équipe pour mener cette recherche historique."

Payer des types pour perpétrer un mauvais coup contre le pays des contribuables qui les rétribuent est une aberration.

Un rapport honnête aurait commencé par ces deux phrases :

"Entre 1939 et 1945, le gouvernement de la Confédération avait pour devoir impérieux d'éviter les horreurs de la guerre au peuple helvétique. Cet objectif a été atteint, ce qui établit le caractère globalement judicieux et légitime de la politique menée pendant cette période pleine d'incertitudes et de dangers."

On aurait aussi pu ajouter : "Et c'est pendant ces années qu'on été jetées les bases d'une prospérité économique dont ont amplement profité tous ceux qui ont eu la chance de naître au XXe siècle, ceux qui crachent dans la soupe au même titre que les autres."

Écrit par : Scipion | 04 février 2011

"En plus, une extrême droite faisant appel au vote populaire, ç'est paradoxal !" Et ils votent UDC !"
Toutes les extrêmes droites font appel au vote populaire. Car la majorité des gens croient ce que raconte Monsieur Montabert.
C'est triste, mais c'est vrai. Il est plus facile de croire les comtes et légendes du pays imaginaire que de se plonger dans des bouquins, étayer des thèses, réfléchir, débattre, se cultiver, voyager, s'ouvrir au monde.
l'UDC l'a bien compris, en reprenant l'image du mouton.
Pour lutter contre le terrorisme, contre le totalitarisme, contre le racisme, il faut éduquer, cultiver, expliquer. Tout le contraire de ce qui est fait dans ce blog, qui mélange la mythologie avec l'Histoire, et qui endort le peuple afin de continuer ses petites affaires bien juteuses.

Écrit par : jeff | 04 février 2011

"Il est plus facile de croire les comtes et légendes du pays imaginaire que de se plonger dans des bouquins, étayer des thèses, réfléchir, débattre, se cultiver, voyager, s'ouvrir au monde."

Voyager, s'ouvrir au monde, ça ne donne pas forcément les résultats escomptés par les angéliques :

«Quand on a voyagé, on apprécie encore davantage les valeurs qui fondent la Suisse.», dit Fabrice Moscheni, fils d'immigré, ingénieur, patron de startup et président de la section vaudoise de l'UDC.

Moi-même, j'ai fait la même expérience, mais comme je n'ai jamais rechigné non plus face à une plongée dans un endroit crapoteux, j'ai aussi vu ce qu'il ne fallait à aucun prix, laisser débarquer chez nous...

"Pour lutter contre le terrorisme, contre le totalitarisme, contre le racisme, il faut éduquer, cultiver, expliquer."

Vous-même, vous organisez des séminaires d'immeuble dans l'abri PC de votre bâtiment de domicile ?

Écrit par : Scipion | 04 février 2011

Bien sûr, le droit du peuple de porter des armes n'est rien sans la mentalité qui va avec. Il ne s'agit pas simplement de tactique de défense, de dissuasion. Il s'agit d'un peuple qui a le sentiment d'être responsable de son destin, et qui est prêt à faire les sacrifices nécessaires dans ce but ; ou pas.

S'il obéit à la mentalité socialiste, et attend tout de l'Etat, ce n'est même pas la peine de discuter du droit aux armes. Les armes ne serviront à rien.

En ce sens, l'arme militaire dans tous les foyers est au moins aussi importante sur le plan du symbole que sur le plan de l'utilité pratique.

Et c'est précisément pour cela que les gauchistes s'y attaquent avec une telle virulence.

Le fusil d'ordonnance à la maison, c'est le minaret des gauchistes.

Il est aussi important pour eux de l'éradiquer qu'il était (et qu'il demeure) important pour les musulmans d'ériger des minarets partout en Europe.

Écrit par : Robert Marchenoir | 04 février 2011

Merci Robert, je partage entièrement votre mentalité. Je vous conseille toutefois de ne pas vous limiter à l'usage d'une arme a feu. Apprenez quelques techniques de combat à mains nues (c'est pratique et personne ne vous condamnera pour ça) et SURTOUT, oubliez ces histoires d'antiracisme, de non-violence, bref, de trouille devant l'autre enrobées dans une psychologie de supermarché.

Quand vous percevez l'agresseur comme un simple bipède de même valeur que n'importe quel humain, cela vous rend plus fort, plus courageux, donc plus efficace.

En allant plus loin, considérez le comme un animal nuisible (animal car irrespectueux des gens normaux, nuisible car agresseur) et ce sera aussi facile que d'écraser un moustique. Vous dormirez mal après la première fois, mais ça passera après la seconde. La force mentale est aussi importante que la force physique ou la maîtrise d'une arme. Les paras m'ont appris cela, et ça marche.

D'autres ici n'ont pas ce courage. Ils sont le rêve des apprenti-dictateurs. Avec Polo, un quelconque "Führer" pourrait dormir tranquille. Idem avec les pseudo intellectuels comme Jeff, qui cherchent dans la philo la justification de leur trouille. Par contre, vous et Scipion seriez une menace pour un ordre totalitaire. Moi aussi, mais je ne suis pas suisse.

Avec mon amitié et mon respect,
Paul

Écrit par : Paul | 04 février 2011

Il suffit d'écrire deux phrases sur la seconde guerre mondiale pour voir fleurir les invectives. Et les remarques sur l'histoire que je ne connaitrais pas, tandis que ceux qui enfilent comme des perles les énormes poncifs altermondialistes, eux, la connaîtraient... C'est tellement facile! Tant que vous n'aurez pas vu ma bibliothèque, merci de garder les arguments d'autorité au placard.

Rien que dans La Suisse Encerclée, trois planches montrent des plans d'Etat-major nazi pour l'invasion du pays, entre 1940 et 1943. Je crois me souvenir qu'il y en a eu six au total, sans compter les versions retouchées. Des cartes de la Grande Allemagne montrent une Suisse sous contrôle nazi en 1935 déjà (Rings, La Suisse dans la Guerre, p. 65) Les objectifs d'Hitler étaient connus comme le loup blanc. Hitler souhaitant laisser libre la Suisse?! Ce n'est que des décennies après la guerre, quand assez de témoin authentiques ont passé la main, qu'on a pu commencer à sortir ce genre de théorie délirante sans craindre le ridicule.

La théorie du "commerce suisse" sauvant la Suisse de l'agressivité allemande ne tient pas debout: l'Allemagne nazie avait des échanges commerciaux avec la Tchécoslovaquie, la Pologne, la Hongrie, l'Autriche, les Pays Bas et la Belgique (qui était neutre). Je ne crois pas me souvenir que cela a empêché leur conquête. Et les "échanges commerciaux" ont repris une fois qu'ils étaient sous domination nazie. Croire que la prospérité amenée par les échanges économique aurait empêché Hitler de se lancer à la conquête d'un pays, c'est mal connaître le bonhomme...

L'histoire de la Suisse "banque des nazis" ne tient absolument pas debout non plus. D'abord, l'Allemagne nazie était une puissance, pour le moins, et disposait de ses propres banques. Elle n'avait certainement pas besoin de stocker ses économies dans un pays tiers, non allié de surcroît, et qui hébergeait les fonds des juifs fuyant le régime par-dessus le marché. D'ailleurs, l'idée que l'Allemagne mette de l'argent de côté pour après sa défaite est parfaitement risible. Comme le dit un historien, en 1945 l'Allemagne était non seulement vaincue, mais aussi ruinée. Toutes ses réserves étaient passées dans l'effort de guerre. Ne pas l'avoir fait aurait été une marque de trahison, et s'il y a bien un propos qu'on ne peut pas tenir en parlant des nazis, c'est de dire qu'ils ne seraient pas allés au bout de leurs convictions.

Ce n'est pas tout. Si on peut comprendre le secret des Banques Suisses sur un prétendu or nazi, où serait passée la comptabilité, côté nazi, faisant état de ces énormes transfers de richesses? Détruite de bout en bout, comme par hasard? Aucune des deux Allemagnes d'après-guerre n'aurait eu le moindre intérêt à garder le secret. Pas plus que tous les nazis, repentis ou non, qui ont fini au bout d'une corde après le procès de Nuremberg.

Evidemment, il y a eu du commerce entre la Suisse et le IIIe Reich, pour deux raisons: 1) la Suisse était encerclée par ce dernier et 2) en tant que pays neutre, la Suisse n'avait pas de raison officielle de s'opposer à Hitler (même si, en pratique et en secret, c'est ce qu'elle faisait.) Mais commerce et approbation sont deux choses différentes. Même les USA de Reagan ont vendu du blé à l'ennemi soviétique dans les années 80. Du reste, et contre toute attente compte tenu de la situation géographique, les échanges commerciaux avec l'Axe étaient bien inférieur à ceux avec les Alliés même au pire de la domination nazie en Europe.

Bref, comme d'habitude, nous avons l'exposition d'un truc secret et énorme avec moultes implications et suivez mon regard, dévoilé quarante ans après les faits sans le moindre début de zeste de trace d'ombre de preuve concrète, juste des allusions voilées et des insinuations. Conclusion: théorie du complot à deux balles ---> poubelle. Et tant pis pour les nombreux fans de M. Ziegler (ils se reconnaîtront.)

Ceci dit, je veux bien admettre (je l'ai d'ailleurs écrit) que la neutralité armée à contribué à l'indépendance suisse, sans que la sécurité entière du pays repose uniquement sur elle. Le sabotage annoncé des ponts et des tunnels assurant la liaison entre l'Allemagne et l'Italie par les Suisses a certainement fait réfléchir Hitler, par exemple. Au final, quelle part de paix revient à l'armée de milice? 80%? 20%? Nul ne le saura jamais. Mais de là à dire que c'est 0%, de là à prétendre que cette armée de milice n'a servi à RIEN, que les milliers d'hommes mobilisés aux frontières ou dans les fortifications de montagnes en alerte maximale auraient pu rentrer chez eux et se coucher sans que rien ne change, désolé, je ne franchis pas le pas. Ca ne cadre pas avec les échanges tendus entre Hitler et son Etat-major sur l'énormité des ressources nécessaires pour envahir la Suisse.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 février 2011

@jeff, merci pour votre premier commentaire qui me semble rassembler à lui seul la plupart des arguments des anti-armes. Confrontons-le à mes thèses.

1. Le citoyen armé décourage le crime.

La légitime défense semble vous déranger au plus haut point. Je ne crois pas avoir fait le moindre amalgame ni avec la vengeance ni avec l'abus de pouvoir de quelqu'un qui fait justice lui-même. D'ailleurs, si quelqu'un se fait blesser ou tuer sur un principe de légitime défense, il y aura évidemment une enquête, inculpation et condamnation si nécessaire. Il ne faut pas être plus royaliste que le roi, et tout ceci est parfaitement compatible avec la notion de légitime défense.

Je me demande toutefois de quel préjudice peut se prévaloir un cambrioleur armé d'un couteau, parfaitement indemne, que l'on a tenu en joue à l'aide d'une arme à feu en attendant la police? Peur bleue, peut-être? Et que dire s'il découvre, une fois menotté, que l'arme n'était pas chargée...

Mais au bout du compte, comme d'habitude, cela se ramène aux droits des agressés contre les droits des agresseurs, et comme d'habitude, les anti-armes légales sont assez nettement du côté des agresseurs. Le citoyen doit rester chez lui comme un agneau sacrificiel en attendant que le Bras Armé de la Justice d'Etat fasse mouvement, s'il y daigne.

(Il y a d'ailleurs quelque chose de piquant, quand on connaît l'aversion coutumière des gens de gauche à l'encontre de la police, à voir la foi et l'amour que vous placez soudainement en elle - infaillible, motivée et instantanément sur les lieux. "Police partout, justice nulle part" n'est pourtant pas un slogan libéral-radical, n'est-ce pas!)

Quant à la notion de dissuasion, je crois décidément que vous y êtes imperméable.

2. Le citoyen armé décourage les agressions extérieures.

Voir plus haut ma réponse sur le volet historique. Je veux bien admettre qu'une armée professionnelle peut remplir ce rôle; reste l'écueil de la pusillanimité des élites, qu'aucun commentateur n'a souhaité contredire semble-t-il.

En Suisse, avec une armée de métier aux ordres du gouvernement et sept conseillers fédéraux à la Pilet-Golaz, on aurait pu dire adieu à l'indépendance du pays!

3. Le citoyen armé décourage l'agression de l'Etat contre sa population, c'est-à-dire le totalitarisme.

Là, je vous cite:

"Enfin, les Allemands, dites vous, ont désarmé les citoyens des pays occuppés pour assoir leur pouvoir. Sans cela, dites vous, point d'holocauste. Une fois de plus, vous nous induisez en erreur. Vous oubliez le soulèvement du guetto de Varsovie, vous oubliez la résistance, dans tous les pays occuppés, vous oubliez le système répressif allemand, qui étouffait toute opposition. En faisant cela, Monsieur, vous insinuez que le peuple Juif ne s'est pas battu, vous le rendez coupable d'avoir été passif. Cela s'appelle la réécriture de l'Histoire. Bien des Juifs se sont soulevés, armes à la main, et de nombreux allemands aussi."

Il me semblait que le billet était déjà assez long comme cela, mais il est encore trop court semble-t-il. Je n'ai certainement pas dit que des juifs ni d'autres ne s'étaient battus, je pointais du doigt le sort terrible des autres, ceux qui ne se sont jamais battus, et qui ont suivi jusqu'au bout, docilement, les directives du gouvernement qui les a envoyé dans les chambres à gaz. A un moment, il était trop tard pour réaliser et se rebeller, et ils n'en avaient surtout plus les moyens.
Du reste, si vous me parlez du Ghetto de Varsovie, c'est un exemple qui me convient parfaitement: la rébellion contre l'opression nazie, et la recherche désespérée d'armes à ce moment là. Tout aurait été infiniment plus facile, voir évité, si les juifs avaient pu posséder des armes avant la guerre.

Finalement, vous écrivez:

"Qu'est ce qu'un peuple souverain Monsieur Montabert ? Un peuple armé dites vous. Un peuple informé, cultivé, ouvert je vous répond."

L'un n'empêche pas l'autre.

"Qu'est ce qu'un peuple ? Vaste sujet. Existe-t'il Un peuple Suisse ? Je ne crois pas."

Cela n'engage que vous.

"L'Histoire va, avance. La Suisse évolue. Sans cesse. Demain, il nous faudra accepter son nouveau visage, et cesser d'en avoir peur."

Oui et?... Je crains que vous ne confondiez les notions. L'engagement politique - d'un bord à l'autre - consiste à vouloir façonner le visage de cette Suisse qui évolue. Aucune peur là-dedans.

"Le repli identitaire, voilà le vrai danger Monsieur Montandon."

Montabert, merci :-D

Quant à votre démonstration du danger du repli identitaire, je dois dire qu'elle brille par son absence. Sans trop savoir ce que vous entendez par là, j'ai tendance à le placer instinctivement derrière le risque d'extermination, dans le classement des dangers... Mais je suis sûr que vous saurez me convaincre que le retour à des frontières potables est un plus grand risque qu'un nouvel Holocauste.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 février 2011

Monsieur Montabert, pardonnez moi d'avoir écorché votre nom.
Par contre, j'accepte très mal que vous insultiez la mémoire de JF Bergier, et de son travail d'historien. Il a fait un travail de recherche historique, il n'a pas seulement fait qu'évoquer son passé militaire, en enjolivant la réalité et en masquant les zones d'ombres, comme le font tant de militaires à la retraite.
JF Bergié est un historien reconnu, professeur des université de Genève, de l'EPFZ et de la Sorbonne. Il dirigea une commission d'enquête, c'est à dire un collège d'experts et d'historiens ( tous des gauchistes me direz vous). Cette commission rendit son rapport 5 ans après avoir commencé son travail. Non seulement vous insultez leur travail, mais en plus, vous faites de la mystification historique.
Monsieur, dans votre bibliothèque bien fournie manque sans doute " Les Suisses et les nazis" le rapport Bergier. Là, les preuves sont étayées, chiffrées même. et je vous invite à le lire. Car, si votre culture est grande à propos de la guerre, il me semble qu'elle manque cruellement d'esprit critique.

Mais vous avez raison sur un point, Hitler avait besoin des cols, d'ailleurs très bien défendus par un système très élaboré de fortifications, appelé le Réduit Suisse. Réduit derrière lequel était mis en état d'alerte la grande majorité de l'Armée Suisse.
Passons.
Hitler avait besoin de liquidités. En bref, mais vous lirez le rapport Bergier, les banques suisse, en accord avec le Conseil Federal, échangèrent plusieurs milliards de Francs Suisse en échange d'or spolié durant les campagnes militaires. Avec ces francs suisse, le gouvernement de l'Allemagne pouvait se fournir en armes, munitions, produits chimiques, et ce, en grande partie en Suisse. A cette époque, l'industrie suisse s'est transformée, comme dans tous les pays du monde, en industrie de guerre. Ce qui la différencie des pays alliés, c'est que cette économie était destinée à l'Axe. Ces livraisons lucratives de matériel de guerre durèrent jusqu'aux dernières heures du Reich. Je ne me perdrais pas en conjectures sur le fait que probablement, mais j'insiste, cela n'est pas prouvé, ce sont les bombardements de Bale et Zurich le 4 Mars 1945 par l'US Air Force, qui y mirent fin. Mais cela, Monsieur, reste à prouver.
Le meilleure défenseur de la Suisse, c'est le banquier Monsieur Montabert, pas le soldat. Et il l'est toujours.
Il faut regarder l'Histoire avec pragmatisme, Monsieur Montabert. Dans cette période trouble, tous les pays ont eu leurs zones d'ombre. La Suisse ne s'est pas plus mal comporté que tout autre état, elle a recherché sa survie dans ce qu'elle savait faire de mieux : les affaires, et l'industrie de pointe.
l'Armée Suisse n'a jamais gagné aucune bataille.
Lorsque vous faites ainsi de la mystification historique, Monsieur, vous prenez le risque d'induire en erreur vos lecteurs. Vous prenez le risque devant l'Histoire de faire croire aux Suisses que c'est leur armée qui les a défendu de l'invasion nazie, alors que c'est la compromission, les affaires, le commerce et l'argent.
Tous les pays d'Europe ont aujourd'hui levés les zones d'ombre durant cette période. L'Allemagne l'a fait dans un travail remarquable. La Suisse l'a fait avec les Commissions Bergier et Vollcker. Mais à vous lire, il reste encore du travail...
Pour conclure, vous ne justifiez aucunement de l'utilité de conserver une arme de guerre à la maison. Car placée dans des mains mal informées, soumise à la propagande d'un parti, qui croient en des mythes, ces armes sont imprévisibles.

Écrit par : jeff | 05 février 2011

Montabert écrit l'histoire suisse comme on la racontait jusqu'à la fin du 20è siècle. Oui, il y a eu des Paul Grüniger ou des Carl Lutz, qui se sont distingués par leur engagement pour sauver des juifs à nos frontières et dans nos ambassades.

Mais pour Montabert, en 2011 pourtant, c'est comme s'il n'y avait pas eu "l'affaire Meili" ce veilleur de nuit à l'UBS contraint en 1997 de recevoir l'asile politique aux USA à cause d'une violation du secret bancaire.
Rappelons pour les plus jeunes que M.Meili surprit une destruction massive de documents en pleine nuit ce qui a tout-de-même mené l'UBS à s'engager à RENDRE 1,25 milliards de dollars à leurs ayant-droits. Mais l'affaire des fonds en déshérence c'est du pipo d'anarchistes pour l'udc - ou comment caresser son électorat dans le sens du poil quitte à hypothéquer l'avenir de nos enfants avec une vaste machine à oublier que Montabert entretient ici avec zèle.

Pour Montabert on ignore qu'en 1946 déjà les Etats-Unis ont forcé la Suisse à rendre aux Alliés l'équivalent de 58 millions de dollars d'or et une partie des avoirs allemands. Etc, etc.

Mais j'ai confiance, la vérité finit toujours par triompher. Je ne prétends pas que le rapport Bergier est cette vérité mais refouler ses conclusions équivaut à ignorer ce travail nécessaire de mémoire. Et c'est le projet de l'udc pour l'avenir de la Suisse: avancer dans le refoulement du passé ou avec une mémoire qui a toutes les allures d'un fantasme séduisant. Alors que nous pouvons être tellement fiers que nos autorités ont eu le courage politique et économique de donner un libre-accès à cette page sombre de l'histoire qu'on préfèrerait oublier, suivez mon regard comme aime à le dire Montabert.

Écrit par : Polo | 05 février 2011

Pour nous débarrasser de l'insécurité et des criminels étrangers tels que les dealers qui polluent nos villes, vous seriez gentils de bien vouloir contractualiser des accords de réadmissions avec les pays d'origine de ces gens, puisque vous êtes le premier parti de Suisse et donc en position dominante.

De plus vous voudrez bien ne pas sabrer les crédits pour la police et les gardes frontières (dont des syndicats sont cosignataires de l'initiative contre les armes à domicile et pour un registre national des détenteurs d'armes, soit dit en passant).

Continuer à nous seriner sur la nécessité d'avoir une arme à domicile, c'est juste du populisme sans solutions et prendre la population pour des cons.

Écrit par : William | 05 février 2011

"Oui, il y a eu des Paul Grüniger ou des Carl Lutz, qui se sont distingués par leur engagement pour sauver des juifs à nos frontières et dans nos ambassades."

Et c'est très bien. Mais c'est très bien aussi qu'ils n'aient pas été tellement nombreux au point d'indisposer l'Allemagne. Cela déjà a permis à la Suisse de sauver la totalité de "ses" Juifs.

"...l'Armée Suisse n'a jamais gagné aucune bataille."

Parce qu'elle n'a jamais eu à en livrer. Et cela grâce à la politique du gouvernement - et aux banquiers, pour faire plaisir à Jeff -, tout le reste, devoir de mémoire compris, est très secondaire, pour ne pas dire tertiaire.

Écrit par : Scipion | 05 février 2011

Pourquoi ne pas poursuivre la démonstration: Montabert prend la population suisse pour des cons.

Par exemple:
- Grâce au dynamisme commercial des CFF et avec l'appui du syndicat des cheminots, le transit ferroviaire à travers les Alpes entre l'Allemagne et l'Italie a contribué à l'effort de guerre nazi.
- Au moins 11'000 étrangers déportés, prisonniers de guerre et civils, ont été forcés de travailler dans les filliales allemandes d'entreprises suisses (Maggi, Brown-Bovéri, Nestlé), souvent exploités et privés de tout droits.

Ou encore concerant la question des réfugiés:
- En 1938, c'est sur proposition de la Suisse que les nazis introduisent le tampon "J" sur les passeports des juifs allemands. Il y aura moins de 50'000 réfugiés civils entre 1939 et 1945 qui seront accueillis en Suisse.
Etc. etc.

Les Suisses ne sont pas des salauds, encore moins des fascistes et il est parfaitement admis que derrière ces faits et ces chiffres se cache une réalité complexe - mais qui ne changent pas ces mêmes faits.
Seuls ceux qui refusent ces réalités historiques deviennent des salauds en face de l'Histoire et salissent durablement notre identité nationale.

Aujourd'hui ce sont bien sûr les mêmes qui nient ces réalités historiques indubitables et fort bien documentées, oui, les mêmes qui insistent sur la nécessité d'avoir une arme à domicile.
C'est assez clair le rapport entre l'un et l'autre: appelons ça l'extrême droite.

Écrit par : Polo | 05 février 2011

" La théorie du "commerce suisse" sauvant la Suisse de l'agressivité allemande ne tient pas debout: "

Général Motors et IBM ont fait des affaires avec le régime nazi. Cela n'a pas empêcher un conflit USA-Allemagne. De même que le pacte de non agression entre Hitler et Staline, n'a pas empêché Hitler d'attaquer l'URSS. Mais qui à l'époque ne commerçait pas avec l'Allemagne?

Hitler traitait la Suisse de petit pays puant et détestait sa démocratie. Ce qui a peut-êrtre sanvé la Suisse, ce sont un: le front russe et l'hiver qui décima les troupes allemandes et les conneries de Mussolini ou Hitler devait intervenir pour épauler son allié.

D.J

Écrit par : D.J | 05 février 2011

D.J qui êtes vous pour dire que les résultats d'une enquête menée par un collège d'historiens et d'experts, validé par le Conseil Fédéral ( dont fait partie l'UDC), ne tient pas debout ?

Écrit par : jeff | 05 février 2011

@ Jeff,

La phrase ou il est mentionné " que cela ne tient pas debout " n'est pas de moi mais de Montabert. Le Livre cité par Montabert " la Suisse encerclée " montre bien que les plans d'une invasion de la Suisse état à l'ordre du jour par l'état major allemand. Plan élaboré par le capitaine von Menges. L'invasion aurait été confiée au groupe d'armée C sous le commandement du général Wilhelm Ritter von Leeb.

il est aussi relaté d'une rencontre à Berlin le 18 juin 1940 entre Hitler et Mussolin pour envisager entre autre l'invasion et le partage de la Suisse.

Je vous pose aussi la question Jeff. Au nom quoi les enquêtes d'un collège d'experts validé par le conseil fédéral auraient-ils le monopole de la vérité historique sur la Suisse pendant la deuxième guerre mondial?

D.J

Écrit par : D.J | 05 février 2011

"Au nom quoi les enquêtes d'un collège d'experts validé par le conseil fédéral auraient-ils le monopole de la vérité historique sur la Suisse pendant la deuxième guerre mondial?"

Le révisionisme, mon brave, est aujourd'hui punni, pour la paix des morts et le respect des générations à venir.

A moins qu'au lieu de relativiser la barbarie nazie (relativisation qui est le sport favori de l'extrême droite depuis 50 ans et que vos lignes laissent bien deviner) vous n'ayez découvert des chambres à gaz à Renens ou de nouvelles archives à l'UBS que l'on croyait détruites un soir de 1997... Ce qui vous permettrait d'acréditer de nouvelles thèses sur ce conflit et la participation suisse.

Alors que nous tentons de dénoncer les compromissions coupables de tant de gens, vous tentez de les justifier. Pourquoi? Car vous avez encore le vieux réflexe de flatter vos élécteurs. Je me sens bien davantage honoré quand des élus me prennent pour un adulte résponsable capable de faire face au réel et engagent un collège d'experts pour faire la lumière sur cette page sombre.

Écrit par : Polo | 05 février 2011

" A moins qu'au lieu de relativiser la barbarie nazie (relativisation qui est le sport favori de l'extrême droite depuis 50 ans et que vos lignes laissent bien deviner)"

C'est surtout votre cerveau qui s'imagine que je relativise la barbarie nazi. A moins que vous n'avez rien compris à mes commentaires. Je ne nie pas que les banques et autres industriels aient fait des affaires avec le régime nazi, mais que les relations économiques suisse et Allemagne nazi n'ont pas été un gage prouvé de la non invasion de la Suisse par les nazis.

Quand au révisionnisme puni par la loi, il faudra à l'avenir l'étendre avec le révisionisme de la barbarie communiste. Qui est bien plus présente que celle du nazisme.

D.J

Écrit par : D.J | 05 février 2011

"M.Meili surprit une destruction massive de documents en pleine nuit ce qui a tout-de-même mené l'UBS à s'engager à RENDRE 1,25 milliards de dollars à leurs ayant-droits. Mais l'affaire des fonds en déshérence c'est du pipo d'anarchistes pour l'udc - ou comment caresser son électorat dans le sens du poil (...)"

Toutes ces histoires de fonds en déshérence n'ont aucun rapport avec la choucroute, comme dirait l'autre. Parce que les fonds en déshérence sont des fonds JUIFS.

Quelqu'un prétendra-t-il que les nazis ont renoncé à attaquer la Suisse parce que ses banques abritaient des fonds juifs? :-)

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 février 2011

Rien ne vaut des interventions comme celles de Jeff et de Polo pour illustrer la perversité du rapport Bergier qui, plus qu’à l’histoire, ressortit au journalisme rétroactif.

Ces intervenants piochent dans une matière, livrée à grands frais par la commission, des faits épars destinés à illustrer l'infamie du comportement de la Suisse pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Mais ces faits sont complètement sortis de leur contexte, pour laisser au lecteur peu critique l'ignoble soin de les replacer dans un contexte différent, le nôtre.

Leur contexte originel est celui d'un pays, la Suisse, traumatisé par l'effondrement, en moins de deux mois, d'une armée française qui passait alors pour la meilleure du monde.

Et c’est loin d’être tout : ce même pays est hermétiquement enfermé dans un territoire contrôlé par deux puissances qui peuvent être ses ennemies, pratiquement d'un jour à l'autre et le couper de sources d’approvisionnement vitales.

En 2003, Dario Gerardi, un spécialiste des relations entre la Suisse et l'Italie, note dans la revue "Relations internationales" que

« Durant les premières années de la Seconde Guerre mondiale, c'est la quasi-totalité des importations suisses d'outre-mer qui transite par le territoire italien (85% entre 1940 et 1942). A chaque fois, d'importantes négociations sont nécessaires entre Rome et Berne pour régler la question du transit des marchandises en provenance ou à destination des pays d'outre-mer. »

Tel est donc le vrai contexte dans lequel les CFF, "avec l'appui du syndicat des cheminots", mettent leur "dynamisme commercial" au service de "l'effort de guerre nazi". Pour nous garder ouverte une irremplaçable porte sur le monde.

Si ça se trouve, le dénommé Polo ne sait strictement rien de la dépendance de la Suisse par rapport au port de Gênes et à l'Italie mussolinienne, l'alliée de Hitler qui n’a rien à refuser au dictateur allemand.

Mais de toute façon, le dénommé Polo s'en fout complètement de ce contexte historique, son contexte à lui, c'est notre temps. Il juge la Suisse, les CFF et le syndicat des cheminots, entre autres naturellement, à travers la capitulation de 1945 et la découverte d'Auschwitz.

Et c’est ainsi que ce qui était opportun et légitime devient criminel et honteux par la grâce de ce Rapport Bergier en forme de coup tordu dont toute l’anti-Suisse se régale.

Et ce qui est condamnable dans cette somme, ce ne sont pas les « révélations » qu’elle livre, mais l’image complètement déformée, pour ne pas dire incompréhensble, qu’elle donne du comportement de nos grands-parents et de nos arrière-grands-parents.

Écrit par : Scipion | 05 février 2011

Je ne nie pas qu'il est existé des plans d'invasion de la Suisse. Les Nazis avaient probablement des plans d''invasions pour la Lune.
Ce que je dit, ce que l'Histoire dit, c'est que le brave soldat Suisse, avec son fusil et son bon sens montagnard n'est pour rien dans le fait qu'Hitler n'a pas envoyé la Wermactht gouter les eaux de la Limmat.

"Quand au révisionnisme puni par la loi, il faudra à l'avenir l'étendre avec le révisionisme de la barbarie communiste. Qui est bien plus présente que celle du nazisme."

Ce que vous faites là, DJ, c'est exactement ce que Polo appelle relativiser la barbarie nazie.

Enfin, on voit que vous avez bien du mal à justifier l'utilité de conserver une arme de guerre à la maison. Vous devez même aller déterrer des archives de guerre, et au passage, réécrire l'Histoire.

Vous vous rendez coupable en faisant cela.

Écrit par : jeff | 05 février 2011

@polo: Maintenant que j'y pense, tenez, il m'arrive de lever le bras droit pour saisir un objet en hauteur de temps à autre. Je vous ferai parvenir une photo, vous pourrez la rajouter au dossier que vous instruisez, comme preuve d'extrême-droitisme indiscutable.

@jeff: des plans d'invasion de la lune? Ma foi, je n'ai pas vu passer de telles archives, mais si vous en avez, je suis preneur, et là j'accepterai l'idée que les plans d'invasion de la Suisse étaient fantaisistes. Mais en réalité, je pense que vous essayez juste de noyer le poisson. A moins que vous ne prétendiez que Hitler s'amusait à demander à son Etat-major des plans d'invasion à gauche et à droite pour le plaisir, par pure taquinerie? On devait s'ennuyer ferme à Berlin entre 1939 et 1945. Je ne connaissais pas ce trait de caractère du personnage.

Mais j'avoue humblement que vous semblez le connaître mieux que moi, parce que quand vous écrivez "Ce que je dit, ce que l'Histoire dit [sources?], c'est que le brave soldat Suisse, avec son fusil et son bon sens montagnard n'est pour rien dans le fait qu'Hitler n'a pas envoyé la Wermactht gouter les eaux de la Limmat" on passe à un autre niveau: vous êtes carrément capable de lire dans son esprit... Télépathie, communication avec les morts, je m'incline!

Et puis, j'attends toujours votre démonstration d'un "danger identitaire" plus funeste qu'un nouvel Holocauste.

Écrit par : Stéphane Montabert | 06 février 2011

Et si vous traîniez, Polo, l'UDC devant le Tribunal pénal international ? Ca ce serait une idée qu'elle serait bonne ! Vous trouvez pas ?

Si je vous comprend bien, ce que vous ne pardonnez pas à l'UDC, c'est d'un être un obstacle majeur sur la voie majuestueuse d'un univers de paix, de fraternité et de solidarité dans lequel tout le monde roulera des pelles à tout le monde...

Moi aussi, si je carburais avec ce genre d'âneries, j'en voudrais à mort à l'UDC et je ne me contenterais pas de parler de délinquance et d'anti-civilisations, je pousserais jusqu'à crime contre l'humanité.

P.S. - Vous me faites penser à un communiste repenti que j'entendais l'autre jour sur une chaîne thématique. Il disait que les jeunes communistes de son temps étaient convaincus que lorsqu'ils arriveraient au pouvoir, il n'y aurait plus de chagrins d'amour, parce qu'il n'y aurait plus personne pour être méchant avec quelqu'un d'autre. Ce qui fait que votre posture est loin d'être aussi singulière que vous ne le croyiez...

Écrit par : Scipion | 06 février 2011

Monsieur Montabert, vous déformez mes propos et vous le savez bien. Hitler avait bien des plans d'invasion de la Suisse, comme il en avait de tous les autres pays voisins, et peut-être, de la Lune. C'est une vue de l'esprit, un peu d'humour, de légereté, bref, ce qui manque cruellement à ce blog.
Vos salades historiques n'y changeront rien, un citoyen armé est un citoyen armé, une arme de guerre, une arme de guerre, et la mythologie que vous présentez comme historique n'y changera rien, la détention d'une arme de guerre par les citoyens n'éloigne pas la guerre.
Il faut être un peu tordu pour imaginer qu'un fusil de guerre évite la guerre.
C'est comme ces fumeurs qui vous disent avoir arréter mais qui ont toujours un paquet sur eux, et qui tirent une taf à la première occasion.
Mais ça aussi, Monsieur Montabert, c'est une vue de l'esprit.

Écrit par : jeff | 06 février 2011

La possession d'une arme permet aussi de se défendre contre un agresseur invidivuel ou un risque de fascisme (rouge ou brun, comme vous voulez).

Quand un totalitarisme arrive au pouvoir, son premier réflexe est de confisquer toutes les armes. Lui seul a le droit d'user de la force. Et un voyou réfléchira avant de vous agresser s'il pense que vous êtes armé.

Mais bon, pour des gens qui ne veulent pas s'assumer, qui sont passés de "au secours papa" à "au secours l'Etat", il n'y a rien à faire. Restez des enfants et ne vous étonnez pas que vos dirigeants se foutent de vos opinions. Un père n'obéit pas à ses enfants !

Écrit par : Paul | 06 février 2011

L'udc et Montabert avec ce blog, loin de défendre leur position anti-initiative sur les armes nous permettent, grâce à leur argumentation, de mieux comprendre leur identité politique.

Pouvait-il argumenter sans évoquer la mémoire de la dernière guerre? Est-ce que l'udc peut parler "armes de guerre" sans parler d'Hitler? Certainement pas car c'est un mouvement d'extrême droite incapable d'évoquer la sécurité sans remettre en cause "l'histoire officielle", incapable de parler de la défense nationale sans chercher à évacuer ce fameux Rapport Bergier, rapport qui ne dérange que les populistes.

Pour clarifier la situation d'un parti qui se prétend au centre mais qui est régulièrement la cible des antiextrêmistes, je remercie Montabert d'avoir si bien joué sa partition en nous écrivant avec zèle un blog supplémentaire et d'interminables commentaires pour tenter de réécrire l'histoire.
Il démontre par là le complexe dont souffre ce parti: son incapacité à faire face au réel qui semble in fine son pire ennemi.

Cette initiative met en lumière une des grandes faiblesses de l'udc: son conflit avec l'histoire suisse maintenant officielle.

Seuls les partis extrémistes ont cette grave faiblesse et les analyses de Montabert ne sont là que pour nous faire avaler leur salade identitaire.

Écrit par : Polo | 07 février 2011

"Cette initiative met en lumière une des grandes faiblesses de l'udc: son conflit avec l'histoire suisse maintenant officielle."

Ah ? Il y a une histoire suisse officielle, maintenant ? Avec un ministère de l'Histoire, je suppose ? Et un corps d'inspecteurs fédéraux s'assurant que les livres d'histoire respectent la ligne korrecte ?

C'est fou, ça : on tourne le dos cinq minutes, et quand on revient, la Suisse est devenue communiste... et personne n'a pris la peine de vous prévenir...

Écrit par : Robert Marchenoir | 07 février 2011

@ Marchenoir,

L'histoire suisse de la deuxième guerre mondial est pour certain de venu intouchable ( c'est à dire que c'est grâce au commerce que la Suisse y a échappé )comme l'est le réchauffement climatique chez les verts et les gauchistes. Le débat contradictoire y est devenu interdit.

D.J

Écrit par : D.J | 07 février 2011

"... ce fameux Rapport Bergier, rapport qui ne dérange que les populistes."

Faux ! Ce rapport est une infamie en soi, dans la mesure où il permet aux Polos de toute provenance, de se livrer à une entreprise de dénigrement ne tenant aucun compte du contexte de l'époque où les décisions ont été prises et les actions menées à bien.

Ce qui est condamnable dans le Rapport Bergier, ce ne sont pas les « révélations » qu’il livre, mais l’image complètement déformée, pour ne pas dire incompréhensible, qu’il donne du comportement de nos grands-parents et de nos arrière-grands-parents.

Dans cette optique, la malhonnêteté avec laquelle les Polos et consorts s'en servent, constitue la plus accablante des accusations contre cette entreprise de désinformation rétroactive.

Exemple : Le même Polo accusait, le 5 février, les CFF et les syndicats de cheminots d'avoir mis leur efficacité au service du trafic ferroviaire de transit entre l'Allemagne hitlérienne et l'Italie mussolinienne, sans mentionner que l'immense majorité de nos importations en provenance de l'outre-mer nous parvenait par le port de Gênes grâce au bon vouloir, et à lui seul, des deux dictateurs.

Ca suffit pour classer le bonhomme et ses semblables.

Écrit par : Scipion | 07 février 2011

Mazette, que ne convoque-t-on pas pour justifier de conserver chez soi une pétoire parfaitement inutile. On parle d'une arme automatique, pas d'Hitler ou de l'invasion de la Pologne ou de Srebrenica. On dit une chose somme toute assez simple : dans notre contexte politique intérieur et extérieur, la possession d'une arme à domicile est inutile et par ailleurs dangereuse, les chiffres soutiennent cette dernière affirmation.

Au fait, Montabert, vous seriez inspiré de convaincre ceux de votre camp qui, très nombreux, soutiennent que Srebrenica n'a jamais eu lieu et que c'est une fabrication islamo-otanienne pour salir l'honneur des Serbes.

C'est d'ailleurs une manie dans votre parti populaire que de vous saisir de l'histoire et de lui passer un coup de brosse à reluire. Tout est chez vous une affaire d'honneur. Laissez cela à la mafia et occupez-vous plutôt de politique, c'est-à-dire de présent et d'avenir parce que le passé, manifestement, ne vous réussit pas.

Écrit par : Michel B | 08 février 2011

" Au fait, Montabert, vous seriez inspiré de convaincre ceux de votre camp qui, très nombreux, soutiennent que Srebrenica n'a jamais eu lieu et que c'est une fabrication islamo-otanienne pour salir l'honneur des Serbes. "

C'est fou que certain ont de dire ( là il s'agit de Montabert ) ce que Montabert n'a jamais dit. On va bientôt le soupçonner de prétendre que Les génocides du Rwanda et du Darfour n'ont jamais eu lieu etc... Sauf pour les crimes communistes. Puisque que dans ce cas là ( la ritournelle négationniste gauchiste ) ce ne fut jamais le communisme.

D.J

Écrit par : D.J | 08 février 2011

Pauvre DJ, sa vue baisse. Je n'ai jamais dit que Montabert avait nié ce génocide, je soulignais exactement le contraire. Et je le priais donc d'en convaincre ses amis.

Écrit par : Michel B | 08 février 2011

Montabert, pour défendre une intiative populaire en 2011, en est à affirmer que LA SHOAH N'AURAIT PAS EU LIEU si, si, si...
Il est effectivement certains sujets qui supportent mal la contradiction et autres suppositions fallacieuses débiles.

Alors D.J comprenez que l'écoeurement nous permette de le mettre dans ce panier de crâbes révisionistes.

On n'écrit pas des conneries pareilles sans totalement se discréditer.
La Shoah a eu lieu non parce que les juifs étaient relativement désarmés mais parce que des gens étaient devenus nazis.

La dérive extrémiste de l'udc est ici perceptible grâce à la lumière de cette initiative consensuelle.

Écrit par : Polo | 08 février 2011

Polo, vous faites erreur. Si vous voulez mon avis sur l'initiative "contre la violence des armes" soumise au peuple le 13 février 2011, et qui sera sans aucun doute repoussée, il se trouve ici:
http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2011/01/29/contre-l-hypocrisie-sur-la-violence-des-armes.html

(Je sais bien, cette initiative ne sera pas la dernière du genre.)

Je n'ai pas écrit le texte sur les armes et le contrat social juste pour contrer une initiative. J'aurais pu l'écrire avant, j'aurais pu l'écrire après, qu'elle soit acceptée ou repoussée. J'aurais pu l'écrire en tant que Français ou en tant que Suisse. J'aurais pu l'écrire il y a des années lorsque je ne m'intéressais même pas à la politique (et encore moins à la politique helvétique.) J'aurais pu l'écrire en ayant choisi un autre parti politique que l'UDC.

Le droit des armes est quelque chose de fondamental, oui. Cela dépasse les notions de suicide, d'armée, de défense (légitime ou pas), cela touche au socle de notre société, aux notions de liberté et de responsabilité.

Écrit par : Stéphane Montabert | 08 février 2011

"La Shoah a eu lieu non parce que les juifs étaient relativement désarmés mais parce que des gens étaient devenus nazis." (Polo)

Affirmation absurde et non pertinente par rapport au débat.

C'est comme ces gens qui vous disent : hahaha, vous parlez de la criminalité, alors que vous devriez parler de la pauvreté, mais ça, ça n'a pas l'air de vous déranger, etc.

Il y a des gens qui pensent effectivement qu'il y a un seul problème dans le monde, qu'il y a une seule explication à tout, et qui sont par conséquent persuadés que tout le monde pense comme eux, avec des zéros et des un (à la différence près qu'ils mettraient l'accent sur d'autres problèmes, d'autres explications qu'eux).

Surprise : la shoah était dûe aux nazis (sans blaaague ?...), et il est parfaitement légitime de supposer qu'elle aurait pu être atténuée, ou évitée, si la population dans son ensemble avait été armée.

Les deux assertions peuvent être exactes en même temps. Et des dizaines d'autres assertions aussi.

Evidemment, pour les tenants d'une "histoire officielle", il y a une seule explication, une seule façon de penser. Il est rigoureusement interdit d'imaginer que les choses auraient pu se passer autrement. Il est rigoureusement interdit de tirer les leçons du passé pour informer les décisions du présent. Sauf si c'est dans le sens imposé par les Bienpensistes, naturellement.

Écrit par : Robert Marchenoir | 08 février 2011

@ Michel B

Effectivement. J'ai vraiment mal lu. Autant pour moi. J'ai pourtant changer de verres de lunette il y a pas si longtemps.

D.J

Écrit par : D.J | 08 février 2011

@ Polo,

Vous entendez quoi? par " l'armée soutient l'initiative " Ce n'est pas parce que quelques officiers ( dont certains à la retraite ) sortes du lot est soutiennent l'initiative que c'est une généralité. Du reste le département militaire d'Ueli Maurer rejette l'initiative. Officiellement " l'armée " rejette bien l'initiative.

D.J

Écrit par : D.J | 08 février 2011

"...c'est de vous opposer à l'armée et la police de ce pays qui soutiennent toutes deux cette initiative^."

Eeeeeh l'autre... Il est aussi gonflé en actualité qu'en histoire. Une partie de la police et une partie de l'Armée ! Et pas plus la meilleure de l'une que la meilleure de l'autre.

Écrit par : Scipion | 08 février 2011

Naturellement vous tentez de terminer ce débat en vous faisant passer, en vrai udc, pour une... victime.
Victime des gauchistes, des socialistes, des antimilitaristes, des altermondialistes, des écologistes radicaux, des journalistes, des intellectuels, des pacifistes, des universitaires...
Victime de toute cette population qui ne supporterait pas qu'on ne pense pas comme elle. Quelle farce: Montabert en victime, elle est savoureuse!

Je l'ai écrit, je vote généralement à droite mais j'aime la démocratie contrairement à l'UDC qui cultive, et avec cette initiative c'est très clair, une position à l'extrême droite, antidémocratique mais super populiste.

Inutile d'écrire que tous les exemples où vous vous sentez jugé personnnellement ne sont pas du tout concluants, de pareilles assertions existent aussi bien chez vos détracteurs que chez vos supporters et même dans votre discours. Je défends une certaine idée de la démocratie que je partage avec une large majorité de Suisses et que l'udc tient à changer insidieusement pour son bénéfice et celui d'une frange privilégiée de la population suisse.

Écrit par : Polo | 09 février 2011

"...Je l'ai écrit, je vote généralement à droite..."

La "droite Ruey-" n'a strictement rien à voir avec la droite dont la Suisse, et au-delà toute l'Europe occidentale, ont besoin pour affronter les défis qui campent déjà sur leur sol.

Écrit par : Scipion | 09 février 2011

Montabert, français de souche ne connaît pas grand'chose à la réalité de la Suisse et son goût immodéré pour la paix. Il préfère imaginer, en français furieux comme on parlait des soldats de Napoléon, une guerre civile contre des autorités néonazies hélvétiques qu'admettre que ces armes devraient être sagement rangées dans un arsenal.

Il ne connaît rien à l'histoire et sa bibliothèque lui bouche la vue, il ignore qu'il existe une bibliothèque cantonale à côté de laquelle sa petite bibliothèque de salon n'est qu'une entreprise de désinformation.

Enfin il évite soigneusement de poster des réponses à mes commentaires virulents pour noyer le poisson avec ces propos entre crochets directement à la suite de mes lignes.

Noyer le poisson comme avec ce nouveau blog sur le Texas, blog qui n'a rien à voir avec rien mais qui lui permet d'éviter de parler de l'histoire suisse, en période éléctorale, ça passe mal d'être révisioniste.
Je crois que cet homme, comme Kevin Grangier, ne sait que sourire à ces élécteurs et leur raconter des histoires pour enfants.

Alors que son ami Freysinger se plaît aux réunions du Front National, il illustre avec zèle l'absence d'intégrité intellectuelle nécessaire aujourd'hui pour devenir cadre à l'udc. Cette tare commence dans le nom-même de ce parti qui veut apparaître comme un parti centriste et rassembleur alors que ces thèses et toute sa stratégie sont celles de l'extrême droite.

Écrit par : Polo | 09 février 2011

Ca commence comme ça chez Isabelle Chevalley : "Bon, quand on sait que Montabert est un .... français. On peut comprendre sa méconnaissance..." et c'est signé Animal Barca.

Ca commence comme ça chez Stéphane Montabert : "Montabert, français de souche ne connaît pas grand'chose à la réalité de la Suisse et son goût immodéré pour la paix." et c'est signé... Polo.

Ce pauvre Polo est déjà suffisamment dans la semoule pour ne pas lui infliger en sus une accusation de xénophobie, parfaitement imméritée, lui qui serait plutôt préférence étrangère.

Écrit par : Cara Van Serail | 09 février 2011

Monsieur Montabert, je répond bien tard à votre question, mais j'y répond volontier, et avec beaucoup de plaisir.
Pourquoi le repli identitaire est il dangereux, me demandez-vous, quelques commentaires plus haut.
Tout d'abord, je n'ai jamais dit ou insinué que le repli identitaire était aussi, ou plus dangereux que l'holocauste. Rien n'est pire que l'holocauste, Monsieur Montabert, rien, c'est le stade ultime de la déshumanisation. Rien n'est pire, sinon la négation de l'holocauste. Négation de plus en plus fréquente.

Mais revenons à nos moutons, si vous me permettez. Les dangers du repli identitaire. Ils me semblent évident, pas à vous.
Avez vous vu un oiseau tenter de s'envoler avec les ailes repliées ? Avez vous essayé de courir les jambes repliées ? Avez vous essayé de communiquer avec quelqu'un replié sur lui même ?
Ce que vous proposez sans cesse à notre pays, ce que tous les partis d'extrême-droite proposent dans l'Europe entière, j'entends le repli identitaire signifie : MORT.
Mort par étouffement.
Vous êtes, vous et le parti que vous représentez ici les fossoyeurs de notre culture, en confondant patriotisme et nationalisme, histoire avec mythologie. Vous croyez en votre pays comme on croit en une religion.

Le repli sur soi, le repli identitaire est exactement le contraire de ce dont nous avons besoin, nous en tant que civilisation, pour continuer à croitre, à se développer, à nous moderniser. Plusieurs rapports, tant de l'OCDE, que de l'ONU, mettent en garde contre ce repli. Nous avons besoin d'ouvrir les frontières, d'accueillir ici, dans la vieille Europe, des centaines de milliers de bras.
Si nous ne faisons pas aujourd'hui un travail de questionnement sur comment bien accueillir ces migrants, cette migration nous sera imposée, et elle risque d'être violente.
Ce questionnement, ce n'est pas comme vous le faites : " vous vous adaptez ou vous dégagez", rapport primaire à l'étranger, primitif même. Vous voulez défendre votre bout de Terre, avec des armes s'il le faut, je vous le dit, vous avez perdu d'avance.
Vous cherchez, toujours, à diviser les populations. Il y a criminalité, vous voulez expulser les coupables étrangers. Combien y a t'il en Suisse d'étrangers, nés en Suisse, de parents nés en Suisse ? Pourtant, ces Suisses, vous les visez, sans cesse, sans distinctions.
Jusqu'ou voulez vous nous mener dans votre politique identitaire ?

Je ne reviendrais pas sur la question de la Seconde Guerre Mondiale, que vous soulevez bien maladroitement pour défendre une tradition. Mais je veux vous mettre en garde. Vous ne regardez pas votre pays, son Histoire, son présent comme il est, mais comme vous aimeriez qu'il soit. Et vous ne lui rendez pas service.
La Suisse a une belle Histoire. Elle a aussi une histoire laide. Nous ne sommes pas les juges de ce que nos grands parents ont fait. Bien ou mal.

Mais il ne faut pas l'oublier.

Écrit par : jeff | 09 février 2011

"La Suisse a une belle Histoire."

Avec l'importation de vos ineptes surplus de population des Etats foireux du tiers monde, elle n'en aura plus du tout. Alors, nous sommes encore un certain nombre décidés à nous battre pour tenter d'éviter ça.

Écrit par : Scipion | 09 février 2011

Jean-Baptiste Mauroux, in Du Bonheur dʼêtre Suisse sous Hitler, Ed. dʼEn
Bas, Lausanne, 1997, 1re éd. 1968 :

"Non, ce nʼest pas la soi-disant invincibilité de notre
armée conjuguée à lʼatout géographique de notre
fortin alpin qui a fait hésiter Hitler à nous envahir
[…]. Mais ce sont plutôt et surtout notre étroite
et active collaboration économique avec le Reich,
nos accords de clearing, les armes qui sortaient de
nos usines pour aller renforcer le potentiel militaire
de la Wehrmacht, notre position stratégique
au coeur de lʼArc alpin, la sécurité et la discrétion
de nos places financières qui recueillirent les tonnes
dʼor volées par les nazis, notre rôle de plaque
tournante de lʼespionnage international qui furent
autant dʼatouts que Hitler et son état-major ont
soupesés à lʼaune des seuls intérêts de leurs ambitions
hégémoniques, atouts qui se sont imposés
dans lʼanalyse des dirigeants nazis comme infiniment
plus rentables quʼune invasion destructrice
de notre pays."

Écrit par : jeff | 17 février 2011

Bravo, vous avez déniché un précurseur de notre cher Jean Ziegler, sans aucun doute. Tellement en vérité que je me demande s'il n'y a pas plagiat...

Mais au-delà des accusations, où sont ses preuves? Il n'y en a pas, parce que l'ouvrage que vous citez est un PAMPHLET et a été publié comme tel.
http://www.rue-des-livres.com/auteurs/830/jean-baptiste_mauroux.html

"Pamphlet (n m.): court écrit satirique et violent à caractère souvent politique. Diatribe, libelle, satire"

Si vous en êtes à citer des satires comme preuves historiques, vous devez être sérieusement à court d'arguments.

Vous tournez en rond, jeff. Moi j'attends un document daté de l'Allemagne nazie estimant qu'il ne faut pas attaquer la Suisse à cause des arguments qu'avance M. Mauroux. Ca ferait un bon équilibre avec les plans d'attaque, tout à fait concrets ceux-là, établis par l'Etat-major allemand à l'attention de M. Hitler. Si on en est aux suppositions sans preuves, je peux aussi vous affirmer qu'il n'a pas attaqué la Suisse à cause de sa peur des martiens!

En attendant que quiconque ne déniche des archives historiques étayant vos thèses - et je les attends de pied ferme - je ne vois que les rêves humides d'anti-militaristes avides non pas de réécrire l'histoire, mais carrément de l'inventer, simplement pour assouvir leur soif de complot. Aucune compromission n'est trop exagérée pour faire cadrer le passé avec leurs théories échevelées.

Je sais, penser que la Suisse doit son indépendance à l'armée de milice, ne serait-ce qu'en partie, ça vous fait mal. C'est pourtant la stricte vérité historique - pour ceux capable de l'appréhender.

Du reste, l'armée de milice n'est qu'un modeste paragraphe de la théorie du droit des armes que j'expose; mais vous me semblez incapable de dépasser ce stade et d'avoir une vision d'ensemble. C'est dommage, parce qu'il y avait bien d'autres points à discuter.

Écrit par : Stéphane Montabert | 17 février 2011

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