14 février 2011

Armés et émotifs

Les votations se suivent et se ressemblent - surtout le lundi matin.

Le lundi matin, on apprend que le peuple suisse, celui-la même qui a si mal voté la veille, est affligé de différentes tares plus ou moins fatales. Tantôt il est stupide, tantôt arriéré, ignare, craintif: dans tous les cas, il est bon à jeter. Le Suisse ne comprend pas la Marche de l'Histoire, n'écoute pas ses élites, reste réfractaire à la propagande organisée pour son plus grand bien. Pire, il tente parfois, vaguement, de résister à l'air du temps. Si cela ne tenait qu'à nos éditorialistes de service, on enverrait tout ça, zou!, en camp de rééducation par le Vivrensemble.

Comme la presse aime s'écouter parler, les revues de presse ronronnent de concert. Prenons par exemple celle de Swissinfo: il est question de la victoire de la Suisse des campagnes, des stands de tir, des journées de chasse. Traduisons: la Suisse des cul-terreux, arriérés, rétrogrades, simplets. La Basler Zeitung va jusqu'à écrire en titre une "Victoire de la vieille Suisse." Comme si 56,3% des Helvètes se pressaient au petit jour pour dégommer du faisan dans les sous-bois embrumés...

Mais reconnaissons-le, les électeurs romands ayant plutôt soutenu l'initiative, les rédactions ne se mettent pas en porte-à-faux direct avec leur lectorat, pour une fois. Elles se rattrapent sur leurs tentatives d'explications:

Les commentateurs sont unanimes pour souligner la très grande habileté des adversaires de l’initiative. Ceux-ci ont su faire glisser le débat d’un niveau technique à un plan beaucoup plus général et émotionnel. Le St. Galler Tagblatt n’hésite d’ailleurs pas à qualifier cette tactique de «machinerie de marketing géniale».

 

Pardon? Les adversaires de l'initiative faisant de l'émotionnel? C'est l'hôpital qui se fout de la charité!

Affiche_initiative_pour_la_protection_face___la_violence_des_armes-F_full.jpgJe ne sais pas où se situe le marketing génial, mais à ce stade des "explications" il me paraît bon de rappeler l'affiche des partisans de l'initiative, avant qu'elle ne disparaisse des mémoires:

Voilà à quoi nous avons eu droit en guise de débat rationnel. Pas du tout sentimental, non non non. Le nounours est un symbole guerrier reconnu. Et peu importe que tout risque d'acte irréfléchi ait disparu depuis 2007 déjà, lorsque l'armée a retiré la munition de poche détenue par les miliciens à leur domicile, sous la pression des initiants d'ailleurs, qui s'étaient en échange engagés à retirer leur texte avant de faire volte-face.

Je ne peux m'empêcher de me remémorer cette affiche de campagne quand je lis dans un Bund de Berne contenant mal sa rage que "quelques symboles pathétiques peuvent être plus forts que la froide raison."

A croire que chaque camp fourbit ses symboles "pathétiques", même si je n'ai rien vu de pathétique lorsqu'on annonçait le monopole des armes pour les criminels - rien que la triste et froide réalité. Certaines perspectives sont plus convaincantes que d'autres.

Le Matin, tellement impliqué en faveur de l'initiative qu'il fait encore campagne après la votation, livre un verdict en forme de menace:

D’autres tragédie sanglantes surviendront à coup sûr demain, dans six mois, dans un an. Avec ou sans arme de service. Nous devons vivre avec cette terrible tragédie.

 

Messieurs les journalistes, à vos plumes, la rédaction a fait passer ses consignes!

Mais l'aspect purement émotif sur lequel s'attardent les médias déçus est peut-être le fond de leur problème. Incapables d'accepter le moindre argument rationnel en faveur d'une politique libérale des armes (dont je donne ma vision ici) pour eux le refus de l'initiative n'a été qu'un cri du coeur. Un caprice.

C'est par cette pirouette que les médias engagés réussissent à retourner leur échec: le peuple suisse a refusé le contrôle des armes, certes, mais c'est parce qu'il est trop émotif. Donc, finalement, trop émotif pour être armé! CQFD.

Et de conclure dans un cri unanime, résonnant comme un appel à l'aide: que faire désormais pour désarmer le peuple suisse?

Nul doute qu'ils se remettront rapidement au travail. Ils trouveront d'autres moyens.

Commentaires

"... la Suisse des cul-terreux, arriérés, rétrogrades, simplets."

Tout à côté de chez moi, des gens dont je sais les noms, ont voté non à 80 %. Et c'est là que j'ai compris le vote des campagnes... On connaît tous ses voisins, on sait qui fait quoi, on s'observe un peu, et même si on se critique parfois, on se fait confiance...

Elle est là, la grande différence d'avec la ville où tout le monde se méfie de tout le monde.

A la campagne, quand l'un des "nous" fait une con...rie, même pas très grosse, on dit "J'aurais jamais cru". En ville, quand ils connaissent le fautif, ils disent "Ca m'étonne pas". Ce sont deux mondes complètement différents. Le premier a encore les caractéristiques d'une société...

Écrit par : Scipion | 14 février 2011

Bon, ça va devenir répétitif, à force, de féliciter les Suisses.

Le site avait l'air de saturer, hier soir... Je n'ose pas croire que les commentaires avaient été débranchés par crainte de nauséabonderie, comme cela se fait beaucoup sous nos longitudes ?

Écrit par : Robert Marchenoir | 15 février 2011

Pour info, à Renens, l'initiative a été approuvée avec 61.6% de Oui.

Je n'ai rien remarqué, et pour ma part je n'ai rien eu à modérer, ni même à contrôler. Le flot de commentaires polémiques s'est soudainement tu - ce qui me donne à penser que mes détracteurs habituels ne devaient pas être de simples quidams heureux de donner leur avis, mais plutôt des militants en campagne planqués derrière leurs pseudos.

Ces messieurs ont dû se retirer pour lécher leurs plaies et panser leurs blessures, mais je ne doute pas de les revoir dès la prochaine campagne de votation!

En attendant, les Suisses gardent leurs armes à domicile. Un exemple de plus du particularisme helvétique, et encore un scrutin dont on se demande ce qu'il donnerait ailleurs si d'autres peuples d'Europe avaient ainsi la parole!

Écrit par : Stéphane Montabert | 15 février 2011

Moi, ce que j'espère, c'est qu'on ne verra pas trop de débiles qui s'imaginent légitimés à ouvrir le feu sur quelqu'un entrant dans leur jardin, parce qu'ayant cru certains arguments des opposants.

Écrit par : lefredo1978 | 15 février 2011

Ah là là ! Décidément, ces suisses ne comprendront jamais le monde des Bisounours dans lequel vivent leurs élites ! Ils ne pourront jamais entrer dans la Grande Union Européenne, celle de la Grèce et de l'Irlande...

Pourtant, les gens-qui-pensent-bien (Marque déposée) vous avaint prévenu : une arme de guerre, c'est dangereux, surtout sans munition ! Mais allez donc expliquer ça aux cul-terreux, qui ne sortent pas des grandes universités, n'appartiennent à aucun cercle de Frères ou d'Anciens, hormis le club de pétanque local (à supposer que les suisses y jouent, d'ailleurs).

Non vraiment, vous n'êtes pas "modernes" ni "civilisés". Vous êtes indignes de nous rejoindre. Alors, continuez, ça vous évitera peut-être de finir comme vos voisins.

Paul,
citoyen de la zone administrative européenne

PS : à lire vos journalistes, j'ai l'impression de parcourir la presse française. La c**nerie n'a pas de frontières...

Écrit par : Paul | 15 février 2011

@S.Montabert,vous dites ce que beaucoup d'entre nous pensions déjà avant la votation savoir lire entre les lignes comme pour pour les soins revient à transformer en pigeon l'électeur qui ne s'y retrouve plus beaucoup disent déjà dans ces conditions on n'ira plus voter,vous êtes jeunes,nés avec l'informatique,nous on a progressé suivant les soi disant prouesses de la technique au vu des résultats on ne peut que douter de plus en plus de l'avenir d'humains se voulant humanistes,mais ayant perdu tout sens humanitaire,le sms a tué l'envie même de faire une politique de proximité,voilà le drame des politiciens de nos jours,ceux de notre temps travaillaient dans la commune,étaient militaires et surtout pas religieux,maintenant une poule ne retrouverait même plus ses poussins ce qui montre bien qu'en faisant confiance aux ordinateurs ,autant revenir à la Landsgemeinde souhaitée par beaucoup,les résultats seraient parlant et au moins conformes à la réalité,non non nous ne sommes pas ringards simplement très réaliste,mais de grâce ne jouons pas aux millénaristes prétendant le suivant réglera le problème actuel,et le plus incroyable c'est d'entendre dire,ah ces vieux s'ils avaient réglé leurs problèmes excusez du peu car dans quelques années ce sera votre tour politiciens d'aujourd'hui a entendre des railleries pareilles à celles entendues en 60,mais à l'époque tout le monde se connaissait était-ce un bien ou un mal,et le droit civique était une obéissance parfaite au drapeau,les valeurs et respects sont partis en fumée sans doute emportés par la comète de Halley ,de là surgirent des comportements irrationnels de ceux transformant en navigaeurs endormis au pilote automatique même sans doute des politiciens, face à des ordinateurs capables d'envoyer des texto,courriels pré-enregistrés faussant tous les rapports humains,je me bronze tranquille ,le texte ou le vote sera envoyé à date et heure fixés d'avance,et vous faites confiance à l'informatique même en votations de grâce cessons l'hypocrisie
bien à vous et bonne journée

Écrit par : lovsmeralda | 15 février 2011

L'arme à la maison et... larmes à la maison.

Epérons que ça restera de la politique-fiction!

Écrit par : baptiste Kapp | 15 février 2011

"L'arme à la maison et... larmes à la maison."

Les vingt derniers drames familiaux, avec mort(s) et suicide, dont j'ai entendu parler - abstraction faite de l'affaire Schepp -, se sont produits en Italie où la loi sur les armes est conforme aux voeux des bisounours helvétiques

En l'occurrence, c'est la gauche qui est à incriminer, puisque la moitié des assassins seraient en asile, si le "progressisme" psychiatrique n'avait décidé leur fermeture, en 1978.

Écrit par : Scipion | 15 février 2011

Je vais faire tache dans cette liste de commentaires. Je vote et j'élis de préférence à gauche, en tous cas au centre le plus à gauche possible.

Mais aujourd'hui, puisque j'ai refusé cette initiative, je fais partie du troupeau de cul-terreux retrogrades, et avec fierté. J'habite un village assez éloigné du Léman et dans les villages chacun est très attaché à la vie des sociétés locales : chant, musique, gym, foot, tir, etc. Dès que vous organisez une fête régionale, vous avez des dizaines de bénévoles qui s'annoncent pour vous aider, tout le village est décoré, tout le monde est heureux de participer à la fête. Une même organisation en ville va obliger à demander des suvbentions à la commune et à obtenir la participation du personnel communal qu'il faudra rétribuer.

Rétrograde, oui peut-être si c'est être rétrograde que d'être attachée aux traditions. Rétrograde quand je joue avec mes arrière-petit-enfants ? Peut-être, aux yeux de certains, qui ne pensent qu'à mettre leurs enfants en batterie (pardon en garderie) pour ne pas avoir à les éduquer eux-mêmes.

Mais peut-être, comme tout est toujours un éternel recommencement, ceux qui paraissent rétrogrades aujourd'hui sont-ils en réalité à l'avant-garde ?

Écrit par : gamine | 15 février 2011

@ Gamine,

Je suis un retrograde passéiste comme vous, bien que vivant dans un pays voisin.

Nos campagnes profondes sont comme les vôtres : on se critique, on se querelle pour savoir à qui appartient un arbre ou si on peut traverser le pré du voisin, mais en cas de coup dur, tout le monde fait bloc.

Précisons que tout le monde a un permis de chasse et donc un fusil (de chasse) à simple ou double canon. Pourtant, l'engin reste accroché hors période de chasse. On a aussi des faux, des haches, des rateaux en metal, mais personne n'aurait l'idée de s'en servir pour se battre. On n'utilise même pas les gourdins, alors le fusil... Portant, ces fusils (bien cachés à l'époque) ont donné de mauvaises surprises aux occupants allemands !

Tout est question d'éducation, et pour la fraternité, rien ne vaut les "cul-terreux". Je m'y sens à l'aise, alors que je déteste la ville, son égoisme, sa violence gratuite, sa "frime" puérile et sa pollution.

Écrit par : Paul | 15 février 2011

Le meilleur commentaire, chez Mabut :

"Excellent titre, le fusil d'assaut est le minaret des Suisses. Je pense aussi que cette votation a porté sur des enjeux plus symboliques qu'autre chose, je connais des personnes qui n'en ont rien à faire des armes et pas spécialement militaires qui ont voté contre cette initiative à seule fin de clouer le bec de certains milieux socialistes et féministes.

Parce qu'enfin, il faut quand même restituer cette votation dans son contexte global. Depuis plus d'une décennie la gauche en particulier dénie toute réalité aux problèmes sécuritaires des Suisses. Et voilà que tout à coup elle s'attaque à un problème selon elle éminemment sécuritaire que serait l'arme à la maison que possède le citoyen-soldat. Une arme par ailleurs et en principe dépourvue de munition !!!

C'est d'une stupidité sans nom ! Dénier pendant des décennies que les de plus en plus nombreux coups de couteaux donnés chaque week-end sont un problème de sécurité majeure et puis s'attaquer ensuite aux pères de famille et à l'arme de service qu'ils conservent ( sans les balles ) dans leurs armoires, il fallait oser le faire...

Il y a là une incapacité majeure à percevoir les lignes de fractures et de tensions symboliques qui traversent notre société. Pour des groupes de personnes réputées plus proches de l'analyse sociologique c'est plutôt dramatique et lamentable ! Même si l'on sait que le dogmatisme propre à ces groupes détruit par définition leurs capacités d'imagination.

S'il y avait un problème sécuritaire majeur auquel il fallait s'attaquer c'est celui du nombre d'adolescents et de jeunes personnes qui sont de plus en plus nombreuses à porter un couteau et à s'en servir. Au lieu de cela ils s'attaquent aux pères de famille...

Je n'ai jamais vu, stratégiquement, de campagne aussi stupide !


Et dire que parmi eux et elles il y en a qui ont la tâche de prendre des décisions pour notre avenir...

Ecrit par : 022 | lundi, 14 février 2011

Le pire, l'édito du Temps par le grand reporter d'opérette Serge Michel :
"...la palme revient à l'UDC qui en a profité pour marteler son message sécuritaire, aux accents xénoèhobes. Faire croire que nos fusils d'assaut dans l'armoire à balais sont essentiels pour notre défense était absurde, qu'il s'agisse des cambriolages ou des menaces stratégiques."

Rappelons que Michel est payé pour écrire de telles conneries. Le fusil d'assaut est certes aussi inutile pour les questions stratégiques que peu recommandé pour les cambriolages (mais c'est mieux que rien...), par contre une arme de poing fût-elle civile aurait sauvé la vie de M. von Kaenel à Epalinges, ne serait-ce que par sa simple présence dans sa main. Le fusil a sa justification au domicile si on veut continuer à faire des tirs non de campagne comme l'écrivent les ignares qui se prétendent journalistes (Judith Mayencourt, cheffe de la rubrique suisse de 24 heures!!!), mais les tirs militaires annuels. Il serait impensable de demander à chaque citoyen de prendre à chaque fois le temps de régler une arme inconnue à ses yeux.

Écrit par : Géo | 15 février 2011

Je ne comprends pas que les gens ne comprennent pas!

Il a été dit 100 fois, ou 1000 peut-être, que l'arme militaire est un facteur de suicides et d'accidents en tous genres, et qu'elle n'est quasi jamais utilisée comme arme de défense!

100 fois par ans on entend, "Drame familial X Y...Z"; presque jamais pourtant nous est rapportée la manière héroique avec laquelle des vies ont été sauvées grace à l'arme. hé non, ça n'existe pas, ou très peu!

Pourquoi faut-il toujours que le débat dérape vers une argumentation douteuse et falacieuse??!! N'était-il pas plus simple de se rendre tout simplement à l'évidence statistique!!?

Je suis déçu... les gens pensent-ils vraiment qu'on peut dégommer le premier venu?? On a pas tous les jours la chance de pouvoir exercer son droit de légitime défense, et le jour où ça se produit, il est très peu probable qu'on ait notre fusil à portée de main!! pfff

Écrit par : Mouais | 15 février 2011

Je n'arrive pas à comprendre le peuple genevois qui n'est pas rétrograde et qui accepte l'intiative, mais par contre garde son arme de service à la maison puisque les places aux arsenaux sont vides
Comme quoi on peut être moderne et traditionaliste en même temps.

Écrit par : poutine | 15 février 2011

Mouais@ La question du droit au suicide serait peut-être à prendre en compte. L'arme à feu n'est certainement pas une solution acceptable - et si vous saviez à quel point je suis bien placé pour le savoir...- mais le pento-barbital n'est pas en vente libre dans nos pharmacies, au contraire des drogues en vente libre dans vos villes symboles de civilisation si élevée..., et peu de gens ont le courage de prendre rdv avec la mort comme l'exige Exit.
Tant que je n'ai pas ma petite fiole de pento-barbital, vous ne me priverez pas aisèment d'un moyen de quitter un monde que je commence à détester parce que de plus en plus pollué par les gens comme vous, si effroyablement suivistes de la première idéologie venue, un moyen tout de même préférable à répandre son cadavre sur 300 m de ligne de chemin de fer...si toutefois vous avez la force de vous y traîner.

Écrit par : Géo | 15 février 2011

@Géo,vous seriez étonné du nombre de gens ayant signé Exit et qui eux sont capables de voir plus loin que le bout de leur nez,mais tout comme vous un peu dégoutés de voir malgré toutes les promesses des projets sans cesse reportés comme celui des assurances maladies ou autres notre pays ayant trente ans de retard dans le domaine de la santé,et passant son temps àfaire courir le peuple aux urnes presque inutilement à croire que les vrais problèmes posés font peur a tous les partis,ceux-ci seraient -ils trouillards à ce point?

Écrit par : lovsmeralda | 15 février 2011

"Je ne comprends pas que les gens ne comprennent pas!"

On ne vous en demande pas tant :o)

En 1979, dans un petit ouvrage en forme de débat sur la peine capitale, Mme Michèle-Laure Rassat, alors professeur de Droit pénal à l'université de Paris XII, écrivait, en faveur de la peine de mort et à propos du risque d'erreur judiciaire, cette réflexion qui s'applique parfaitement à notre sujet :

« …on ne peut abolir une institution au nom de la seule éventualité du mauvais usage qui pourrait en être fait, car bien peu de mécanismes humains résisteraient au tri comme insusceptibles d’abus. »

Écrit par : Scipion | 15 février 2011

Lovsmeralda@ Il y a un gros, très gros problème avec la mort. Aucune mort n'est plus naturelle, et les bien-pensants nous bourrent le mou avec cette escroquerie des "soins palliatifs" : des tonnes de morphine et de benzodiazépine durant des jours et des jours, des semaines et des semaines si c'est nécessaire, en lieu et place d'une mort digne. Je viens de perdre la personne qui m'était la plus chère de cette manière. Et les crétins de gauche veulent lutter contre le suicide. Même plus le droit de partir quand on veut !

Écrit par : Géo | 15 février 2011

@Géo nombreux sont ceux ce soir à ressentir la même chose que vous,nombreuses et nombreux sont ceux ayant vécu ce que cet être cher qui vous a quitté à dû endurer,alors nombreux sont-ils ou elles à être en pensées avec vous!

Écrit par : lovsmeralda | 15 février 2011

Mesdames, Messieurs,

J'ai fait parce que c'était la moins mauvaise solution mon service militaire complet. Instruction et tirs 4 mois école de recrue, tirs obligatoires 6 ans avec le Fass 57.
Puis reçu le Fass 90, instruction et tirs, tirs obligatoires 8 ans de plus.
14 ans avec cette saloperie de fusil ET sa munition à la maison à l'époque où j'étais obligé d'avoir le tout à la maison.
Quel soulagement le jour où j'ai pu lancer cette merde dans une caisse en bois le jour de ma fin de service !

Parce que l'armée ne m'a appris qu'une seule chose de certaine concernant un fusil d'assaut : c'est une arme extrêmement dangereuse. Offensive, pas défensive. Pas du tout prévue pour le tir sportif non plus.

8 fois la colère en 8 ans dans le stand pour les tirs obligatoires :
1 fusil Fass 90 sur 2 sur le ratelier avait soit le magasin mis, soit la culasse fermée, soit même carrément les deux. Bonjour le sérieux. Et c'est à des rigolos pareils que l'on confie des armes ?

2 fois dans ma vie je suis entré dans des locaux pour "nettoyer" les mouches et les asticots qui se nourrissaient encore sur la cervelle éclaboussée contre les murs après la levée du corps...

Le Fass 90, c'est une arme étudiée pour pouvoir tirer 20 balles en 2 secondes, chacune sort du canon à 900 mètres/seconde. Les balles sont conçues pour blesser plus que tuer, parce que stratégiquement parlant c'est mieux de forcer l'ennemi à s'occuper de blessés qu'à abandonner des morts : cela l'occupe plus et le démoralise plus encore. Ceci n'est pas un raisonnement émotif, c'est une raisonnement efficace de stratégie militaire !

Quand on voit les rapports officiels des tests des militaires lors des recrutements, que le niveau d'endurance physique et psychique des jeunes de 20 ans baisse, qu'ils faut de plus en plus les encadrer comme des adolescents encore immatures, on comprend mieux pourquoi c'est l'armée elle-même qui a préféré retirer la boîte de munitions aux soldats.

Pas de soucis donc, quand l'armée n'arrivera plus à trouver des jeunes de 20 ans répondant aux critères de citoyens sains de corps et d'esprit et disponibles, les fusil d'assaut à la maison ne seront plus bien nombreux.


Geo, j'ai résolu votre problème il y a longtemps : vous respirez dans un sac poubelle 17 litres, votre taux de CO2 dans le sang monte très vite, vous perdez connaissance sans même vous en rendre compte et la mort est propre et sans douleurs.
A retenir pour le jour où peut-être comme je me suis déjà laissé aller à imaginer, vous vous retrouveriez "cloué" sur un lit, proche de votre fin, mais avec un entourage médical qui refuserait de vous accorder votre dernier choix...

Écrit par : Greg | 15 février 2011

@Greg: vous éprouvez une animosité visible envers l'arme de service, c'est votre droit le plus strict. Mais n'exagérons rien.

"Pas du tout prévue pour le tir sportif non plus." - juste pour votre information, 85% des tireurs sportifs utilisent leur arme de service.

Je doute également que la situation des stands de tirs soit aujourd'hui aussi apocalyptique que celle que vous décrivez, simplement parce que si le moindre incident sérieux survenait là-bas (blessure, mort) vous pouvez être sûr et certain que les médias seraient sur le coup dans la demi-heure.
On peut aussi penser que des jeunes socialistes ou autres (il doit bien y en avoir quelques-uns à l'armée...) aurait pris une photo de ces Fass en si mauvaise posture au stand de tir pour que les médias en fassent leurs choux gras.
N'ayant rien vu de tel, je pense soit que vous exagérez, soit que vous faites référence à une situation laxiste qui n'a plus court aujourd'hui.

Vous expliquez que vous avez été confronté à deux suicides par arme semble-t-il. Mais vous savez, vous auriez été préposé à l'entretien aux CFF, vous auriez peut-être ramassé des membres sur la voie bien plus souvent dans votre carrière. Le fusil n'est pas la seule façon de mettre fin à ses jours. Depuis 2007 je rappelle que les miliciens n'ont plus de munition à la maison, l'argument du "suicide par impulsion" est donc caduc.

Quant à l'affaiblissement des aptitudes des nouvelles générations, c'est effectivement un problème, mais c'est aussi un autre débat...

Écrit par : Stéphane Montabert | 16 février 2011

"Les balles sont conçues pour blesser plus que tuer, parce que stratégiquement parlant c'est mieux de forcer l'ennemi à s'occuper de blessés qu'à abandonner des morts : cela l'occupe plus et le démoralise plus encore. Ceci n'est pas un raisonnement émotif, c'est une raisonnement efficace de stratégie militaire !"

J'ai toujours dit que le but de la guerre est de mettre les soldats de l'armée ennemie hors de combat, pas de les tuer - rapport à l'affirmation "le service militaire nous apprend à tuer" -, mais alors combien de fois je me suis fait avoiner par des pacifistes qui ne voulaient rien savoir. Un antimilitariste aura peut-être plus de chance que moi...

Écrit par : Scipion | 16 février 2011

Je vois que la modestie m'est pas de mise à l'UDC ! La majorité des Suisses vote UDC, et a rejeté l'initiative... C'est oublier que 50 % des Suisse ne vont pas voter, la moitié de la moitié, cela n'a jamais fait 100%. Premièrement.

Deuxièmement, les arguments apportés par les opposants à l'initiative étaient ils moins émotionnels que ceux des initiant : perte des valeurs de la société Suisse, disparition des traditions, limitation des libertés, entrave à la légitime défense, sans parler de votre fameux papier, ou vous avez été jusqu'à ré-écrire l'Histoire de notre pays durant la Seconde Guerre Mondiale transformant l'Histoire en conte pour enfant.

Sans parler bien sur, de l'affiche UDC qui s'étale encore sur les murs de nos villes.
Non, vraiment messieurs de l'UDC, vous n'avez pas, dans cette campagne, versé dans le sentimentalisme populiste, ni dans l'émotionnel.

Mais vous voilà rassurés ? Vous allez pouvoir continuer à planquer votre fusil sous votre lit, au cas ou un dangereux criminel ( étranger) se glisserait chez vous pour vous piquer votre oreiller. Et puis, au moins, nous voilà défendus au cas ou le Colonel Kadafi décidait de nous envoyer quelques missiles, vous pourrez au moins nous défendre avec vos fusils d'assaut, nous pauvres gauchistes-naïfs qui n'avont rien compris à la géostratégie. Non, vraiment, vous savez mettre de côté vos émotions.

Enfin, je souligne que les nombreux commentaires haineux contre vos opposants, eux, ne sont jamais modérés.

Voilà donc comment vous vous employez à élever le débat.

Écrit par : jeff | 16 février 2011

Monsieur Montabert,

Malgré tout le respect que j'ai pour vous car je partage certaines de vos convictions, mais pas toutes, laissez-moi vous répondre plus clairement :

Je n'ai aucune animosité contre un fusil d'assaut. Il faudrait être stupide pour avoir de l'animosité face à un objet qui est aussi un outil.

Mais je vous l'explique encore une fois, en détails : un fusil d'assaut est le résultat de recherches par des gens intelligents, des ingénieurs, dans le but de répondre à des critères définis au départ.
Concernant le Fass 90, les critères sont logiquement les suivants :

arme de guerre, légère et maniable, automatique, tirant aussi en rafales, avec une munitions destinée à blesser plus que tuer, d'un diamètre de 4/10 de mm supérieure à celle de l'Otan afin que nous puissions utiliser la munition de l'Otan mais pas l'inverse (malins, les militaires suisses, je n'ai jamais prétendu le contraire !), un système de magasins clipsables permettant de manière rapide et maniable d'avoir à disposition 60 cartouches qu'avec très peu d'entrainement vous pouvez tirer en moins de 30 secondes.

Le Fass 90 n'est PAS une arme de précision en tant que telle. La dispersion moyenne d'un Fass 90 d'usine à 300 mètres est de 3 cm. Une véritable arme de tir sportif ne saurait tolérer une telle dispersion.

N'oubliez pas, les tirs soit-disant sportifs en suisse sont une tradition. Les tirs en campagne sont une chose, les véritables tirs sportifs en sont une autre. Si vous voulez une arme de précision, il vous faudra un canon de meilleure précision que celui d'un fusil d'assaut, une balle plus dense pour être moins sensible au vent, un système de visée meilleures que celui des 2 bananes.

Donc, les soldats tirent avec leur Fass, certes, dans les tirs en campagne, mais c'est parce que c'est le critère du tir en campagne de devoir utiliser le Fass. Et parce qu'ils en ont un.
Le véritable tir sportif, ce sont des armes que d'autres ingénieurs ont conçues pour être précises, que les tireurs paient de leur poche, armes plus chères à la fabrication qu'un Fass... Forcément, cela limite le nombre de candidats.

Ma description des stands de tir date de l'époque ou j'étais encore astreint aux tirs obligatoires, bien entendu. Lors de telles journées, n'oubliez pas que la majorité des tireurs y étaient par obligation. Si vous comparez le nombres de, encore une fois, soit-disant tireurs sportifs en suisse par rapport au nombre de soldats astreints aux tirs obligatoires, dans les années 90 la majorité des soldats n'aimaient pas aller tirer.
Cette corvée-là, beaucoup étaient pressés de la remplir, et après le tir dans l'attente de repasser au bureau chercher son livret de tir tamponné, beaucoup laissaient l'arme sur le ratelier dans le non-respect des prescriptions de sécurité.

Les stands en question vendaient tous, sans exception, de l'alcool. Ah, les traditions...

Les accidents en stand ont déjà eu lieu. Fort heureusement rarement, et je prie, si tant est que prier ait une influence, que cela ne se reproduise jamais. Les opposants auraient pu vous dire que l'homme qui a tué un enfant dans un stand en Valais fut condamné à 6 mois avec sursis. Ils ne l'ont pas fait.


Dernière chose, que quelqu'un veuille mettre fin à ses jours, c'est son choix. Personnellement je le respecte en tant que choix.
Que cet acte mette en danger d'autres personnes qui elles ne demandent rien, et là je ne le respecte plus.
Le jour qui je le souhaite n'arrivera jamais, où un désespéré décidera de se tirer une balle, où la balle ira finir sa course en blessant ou tuant un voisin, ce jour-là je vous laisserai réfléchir encore une fois à votre raisonnement, et à vous demander s'il ne serait pas un tout petit peu malheureusement bancal.

Sinon, allons au bout du raisonnement, confions une bombe atomique à chaque citoyen formé, avec une telle quantité de dissuasion partout nous devrions très rapidement éliminer toute attaque. Ah, le raisonnement de la dissuasion par la présence d'armes semble soudain quelque peu bancal, n'est-ce pas ?


Bien à vous et sans rancune. Ce ne sont pas tant ces fusils que certaines personnes à qui nous les confions qui m'inquiètent.


P.S. : Je me demande quand même, au fond de moi... Combien parmi les votants parlaient en réelle connaissance de cause ? C'est-à-dire, en ayant fait leur service militaire, ayant fait leurs tirs obligatoires, ayant eu la responsabilité de garder leur arme et munitions chez eux ?
En faites-vous partie vous-même, d'ailleurs ?
Encore que ces réponses n'aient pas de véritable importance.

Écrit par : Greg | 16 février 2011

Greg, je vous remercie de votre commentaire. Bien peu de politiques parlent en effet des " votants". Et à l'UDC, on oublie trop souvent que la moitié des gens qui ont le droit de vote ne se sont pas déplacées, et ne se déplacent en général pas plus lorsque c'est l'UDC qui posent des questions.

Donc, dire que les Suisses ont rejeté cette initiative est faux. Et proclamer " les Suisses votent UDC " est un mensonge. Un de plus.

Écrit par : jeff | 16 février 2011

@jeff: je note seulement que lorsque la presse dénonce cet aspect de la campagne comme une méthode uniquement employée par les adversaires de l'initiative, elle se moque du monde. L'appel aux sentiments appartient au deux camps (je n'ai jamais dit le contraire) et c'est de bonne guerre.

Je crois que tout le monde a compris votre haine de l'UDC, mais vous devriez y aller mollo sur le fiel, vous allez nous faire un ulcère :)

@Greg: vous ne me verrez jamais considérer une arme comme un objet anodin. Mais si un taré décide de mettre fin à ses jours de façon spectaculaire, on ne peut pas y faire grand-chose. Nul besoin d'une arme pour faire un carnage. Rappelez-vous du drame du Grand-Pont à Lausanne en 2003, où un Algérien de 41 ans avait tué avec sa voiture trois personnes et blessé sept autres sur le trottoir du Grand-Pont à Lausanne. Il avait choisi un lieu fréquenté de la ville en milieu de journée, pour "attenter à la vie d´un maximum de gens" selon ses dires.
Il aurait fait moitié moins de victimes avec une arme, il aurait été abondamment mentionné dans la campagne. Mais voilà, il a tué autrement qu'avec une arme: il n'était donc pas un exemple "utile". Pourtant, s'il avait ouvert le feu, il aurait été aussi meurtrier qu'en écrasant les gens avec sa voiture. Car c'est la démarche de l'individu qui compte, non le moyen qu'il utilise pour tuer (ou se tuer, dans le cas d'un suicide.)

Écrit par : Stéphane Montabert | 16 février 2011

Depuis quelques années, c'est-à-dire depuis que l'UDC marche très fort, la remise en cause des résultats par la prise en compte des abstentionnistes, est devenue la grande tarte à la crème des mauvais perdants. Comme ils ne sont pas habitués à réfléchir, ils se passent et se repassent l'argument à chaque occasion - et elles sont toujours plus nombreuses :o)

Si on suivait le "raisonnement" de ces gens, nous pourrions dire, par exemple, que les bisounours genevois n'ont pas de quoi pavoiser, puisque l'initiative n'a même pas fait 30 % des inscrits, et donc que 70 % des électrices et des électeurs ne l'ont pas soutenue.

Mais nous ne le faisons pas, parce que l'argument est fallacieux. D'abord, pour cette raison toute simple qu'a priori tout le monde savait qu'à Genève, l'initiative serait très largement approuvée, indépendamment de toute considération sur la participation.

Qu'elle s'élèvât à 30 ou 90 %, l'initiative aurait été acceptée dans une proportion de l'ordre de 60/40. Pour cette autre raison toute simple que, du point de vue de ce que pense toute une population, le vote des Genevois a la valeur et la fiabilité qu'aurait eu un sondage cantonal basé sur un panel de 100'000 personnes. Panel qui était porté à 2,5 millions de personnes sur le plan national.

A partir de là, on peut affirmer que le résultat de dimanche, à quelques dixièmes de pour cent près, représente bien l'opinion de TOUS les Suisses. N'en déplaise à certains, dont la réflexion n'est pas le fort.

Écrit par : Scipion | 16 février 2011

Stéphane Montabert, vous me verriez bien malheureux si des arguments contraires aux votre vous provoquaient un ulcère. Je ne souhaite d'ulcère à personne, je ne hait personne en tant qu'humain, par contre, j'abhorre l'idéologie de l'UDC ainsi que ses méthodes, que je m'emploie à dénoncer.

Et enfin si le droit au suicide devrait être un fait, le droit à la vie aussi. Se réjouir de pouvoir porter et utiliser une arme de guerre, et croire, ou faire croire que cette arme constitue un pouvoir populaire est un dangereux leurre. Ce leurre, c'est d'imaginer que le bon sens populaire, formaté par une idéologie fondée sur l'individualisme et le mépris de la différence, est plus à même de juger ce qui est juste de ce qui ne l'est pas.
Et tout cela, Monsieur Montabert pour assouvir les besoins de pouvoir d'une minorité.

Écrit par : jeff | 16 février 2011

Pour adoucir un peu ces propos vitriols, je peux dire aujourd'hui mon contentement du résultat de la votation. Ce non a évité de - mettre à mort - mes souvenirs d'une fête de l'Abbaye où je fus reine, où le plaisir de la fête est venu après celui des tirs des Messieurs. Presqu'une semaine de fête, de la joie, de la convivialité, de l'amitié....etc!
Voilà à quoi, aussi, "les armes des armoires à balais ont servis"!
Pas mal et j'en souhaite de belles encore à toutes les jeunes filles qui y participeront à l'avenir.

Écrit par : Corélande | 16 février 2011

Ne vous en déplaise, le résultat du vote dépeint l'opinion des Suisses qui s'expriment.
l'UDC, en placardant des affiches a l'entrée des villages, comme au temps de la phallange en Espagne, ou l'on proclame " Les Suisses votent UDC" nie l'existence des 3/4 des citoyens vivant dans ce pays.
Je n'appelle pas cela du patriotisme, mais du populisme.

Écrit par : jeff | 16 février 2011

"Se réjouir de pouvoir porter et utiliser une arme de guerre"
Aucun citoyen n'a ce droit en dehors des obligations militaires. L'inculture de Jeff, mais aussi de Judith Mayencourt qui confond tirs de campagnes avec tirs militaires obligatoires, de Serge Michel qui parle d'objectifs stratégiques en lieu et place de tirs obligatoires, cette inculture et cette méconnaissance de la Suisse est simplement incroyable.

Écrit par : Géo | 16 février 2011

Il existe depuis quelques temps un phénomène nouveau que l'on peut observer en politique suisse: les débats sont devenu plus incisifs et jouent sur l'élément moral plus que sur l'élément rationnel! On dirait que les partis se battent plus pour le pouvoir que pour les objets en eux-mêmes!!
La palme revient en grande partie à l'UDC, qui depuis une petite dizaine d'années, cherche à émouvoir l'électorat par des affiches "violentes" et au contenu souvent hors débat (p.ex: représentation d'une femme en burqa lors de l'initiative contre les minarets, et il y en a d'autres)!
Finalement je me demande s'il ne faudrait pas tout bonnement interdire les affiches à caractère politique, afin de recentrer le débat autours d'arguments rationnels... c'est une idée, comme ça!
je pense qu'on en reviendrait à plus de reflexion et moins de réactions émotionnelles!

Pour être tout à fait honnête, je pense que l'UDC n'aurait aucune chance de défendre ses idées si elle avait à le faire uniquement au niveau argumentaire; ne perdons pas de vue que ce parti a un budget 15 fois supérieur à celui du PS par exemple, cela permet d'obtenir une énorme visibilité; ceux qui ont fait un tour par la gare de Zürich sauront de quoi je parle...

Écrit par : Mouais | 16 février 2011

« Il existe depuis quelques temps un phénomène nouveau que l'on peut observer en politique suisse: les débats sont devenu plus incisifs et jouent sur l'élément moral plus que sur l'élément rationnel! »

J’imagine que vous avez voulu dire « affectif » ou « passionnel » plutôt que « moral », et c’est sur la base de cette supposition que je vous ferai observer que l’homme ne fonctionne qu’à hauteur de 20 % avec sa raison, le reste de ses actes et de ses choix étant mû par ses sentiments, ses pulsions et ses instincts.

« Finalement je me demande s'il ne faudrait pas tout bonnement interdire les affiches à caractère politique, afin de recentrer le débat autours d'arguments rationnels... c'est une idée, comme ça!
je pense qu'on en reviendrait à plus de reflexion et moins de réactions émotionnelles! »

Oui, mais à ce moment-là, la politique ne s’adresserait plus qu’à une coterie d’intellectuels, sodomiseurs de diptères – mais tout aussi soumis que les autres à leurs sentiments, pulsions et instincts -, à laquelle vous vous flattez peut-être d’appartenir, qui ramèneraient la participation électorale au-dessous de la barre des 10 %.

P.S. 1. - C’est tout de même curieux que vous n’ayez pas remarqué que la multiplication des minarets et l’apparition de l’immonde burqa en Europe de l’Ouest, s’inscrit dans le cadre général de ce processus à combattre qui s’appelle l’islamisation.

P.S. 2. - Trois citations de mon sociologue préféré, le Français Gustave Le Bon, qui avait déjà tout compris et tout expliqué il y a plus d’un siècle :

« Les sentiments sont à la base de l'existence. Le jour où le dévouement, la pitié, l'amour et les illusions qui nous mènent, seraient remplacés par la froide raison, tous les ressorts de l'activité se trouveraient brisés. »

« Les impulsions sentimentales et mystiques agissent beaucoup plus sur la conduite des hommes, que toutes les démonstrations rationnelles. »

« Les influences affectives, mystiques et collectives sont les grandes régulatrices de l'histoire. »

Écrit par : Scipion | 16 février 2011

Mouais@ A chaque fois qu'on essaie d'argumenter avec un socialiste, on reçoit une bordée d'insultes qui se réduisent généralement à la reductio ad hitlerum. Ce qui prouve que ces incultes n'ont même pas connaissance de la différence entre conservateurs et fascistes. Les fascistes sont des révolutionnaires qui veulent un ordre nouveau, selon leur propres termes. Les conservateurs essaient de préserver leur environnement contre des gens qui veulent le transformer à la dernière mode. Comment expliquez-vous que le crétin de 15 ans du Gros-de-Vaud, fils de connard de base totalement inculte, parle avec l'accent beur ? On devrait laisser cette engeance transformer notre pays en 9-3 parce que cela fait cool ? Les laisser terroriser les petites dames avec leur couteau parce que ça se fait en France ?

Écrit par : Géo | 16 février 2011

Il est malhonnête de prétendre, après coup, que les Suisses n'ont pas voté contre la confiscation du fusil d'ordonnance, en refaisant les calculs pour y inclure les abstentionnistes.

La règle démocratique choisie par les Suisses (et par la plupart des autres démocraties, mais peu importe...) est que la décision se prend en fonction des suffrages exprimés, tandis que les abstentionnistes s'excluent eux-mêmes de la décision.

Venir ergoter, après le vote, sur un résultat aussi massif, en prétextant que les abstentionnistes n'ont pas donné leur avis, c'est tout simplement un refus de la démocratie. Quand on est un démocrate, on accepte le résultat fourni par les règles qu'on s'est engagé à respecter avant le vote.

Je vois qu'à gauche, tout le monde n'a pas ces scrupules. Quelle surprise !...

Écrit par : Robert Marchenoir | 16 février 2011

A Gauche, A droite...

Je ne remet pas en cause le résultat du vote. Une fois de plus, vous faite de la mauvaise foi une profession.
Ce que je remet en cause, c'est que vous proclamiez une victoire qui n'en est pas une.
Robert, vous êtes en France, je crois. Ici, en Suisse, l'UDC proclame : le Peuple Suisse vote UDC, Les Suisses ceci, les Suisse cela. L'UDC se met à parler à la place du peuple, et oublie que la grande majorité du peuple Suisse n'est pas soit pas d'accord avec ses idées, soit ne s'exprime pas. ( et ceux qui ne s'expriment pas sont à blâmer !)
Qui refuse la Démocratie ?

La Déocratie, s'est le pouvoir du peuple, pas le pouvoir d'un parti sur le peuple.

Et Robert ! La moitié de la moitié, ça fait 100% ?

Écrit par : jeff | 16 février 2011

@ jeff, les absents ont toujours tort. Votre argument est nul et non avenu.

Ne vous déplaise, l'UDC réunit 30 % des gens qui font leur devoir de citoyen, c'est un fait. qu'il y en ait 50 ou 100 % qui le fassent ne change rien du tout. Et je ne suis même pas persuadé que les voix des abstentionnistes iraient de l'autre côté.

Écrit par : Pascal D. | 17 février 2011

Moi non plus je ne suis pas sûr. Personne ne peux l'être. Mais ce que l'UDC fait systématiquement c'est de la malhoneteté intellectuelle, car son électorat n'est pas représentatif de la société Suisse. D'ailleurs, vous le dites vous même " 30% des gens qui font leur devoir de citoyen", alors comment justifier les affiches " Les Suisses votent UDC", ou encore ici dans ce blog : " les Suisses rejettent l'initiative".
l'UDC, on le sait, mobilise toujours plus son électorat, qui va toujours voter, et vote toujours selon la ligne du parti. D'ailleurs, le parti va jusqu'à leur dire ou il faut cocher la case sur le bulletin de vote. De plus, l'UDC mobilise le peuple a grand frais de campagne ( Budget 18 Mio de Francs), et inonde le paysage Suisse d'affiches de propagande, qui n'ont souvent rien à voir avec l'objet du vote ( femme en Burka pour l'interdiction des minarets, criminel pour cette dernière votation).
A chaque fois dans ces campagnes, l'UDC mobilise avec l'émotionnel ( c'est d'ailleurs cocasse de voir que l'auteur du blog critique cela chez ces adversaires), bref, l'UDC semble faire comme si le peuple Suisse était incapable de débattre avec raison.
Enfin, l'UDC méprise une grande partie de la population, en proclamant que 30% des votants c'est tous les Suisses.
Ce sont des méthodes totalitaires.

Écrit par : jeff | 17 février 2011

Jeff dit :

"Je ne remets pas en cause le résultat du vote."

Deux phrases après, il dit :

"Ce que je remets en cause, c'est que vous proclamiez une victoire qui n'en est pas une."

Entre les deux, il dit :

"Une fois de plus, vous faite de la mauvaise foi une profession."

La preuve est faite que l'idéologie de gauche repose sur le mensonge et la propension à accuser autrui de ses propres vices.

Écrit par : Robert Marchenoir | 17 février 2011

alors comment justifier les affiches " Les Suisses votent UDC "
--> Parce que c'est le premier parti de Suisse. De même qu'on dit "les italiens ont voté Berlusconi", même s'il n'a que 55% des voix exprimées.

alors comment justifier ... ici dans ce blog : " les Suisses rejettent l'initiative".
--> Parce qu'une majorité a voté contre. Dites, vous connaissez le principe de la majorité démocratique ?

30% des gens qui font leur devoir de citoyen
--> Les absents ont toujours tort.

A chaque fois dans ces campagnes, l'UDC mobilise avec l'émotionnel.
--> Contrairement à ses opposants qui ressortent Hitler et ses barbelés dès qu'un UDC parle...

Ce sont des méthodes totalitaires
--> La démocratie est un totalitarisme puisque la majorité impose sa loi à la minorité. Voyez-vous une autre façon de diriger, hormi un chef unique ou un parti unique ?

Écrit par : Mr Logique | 17 février 2011

"A chaque fois dans ces campagnes, l'UDC mobilise avec l'émotionnel ( c'est d'ailleurs cocasse de voir que l'auteur du blog critique cela chez ces adversaires), "

Non ! M. Montabert a juste mentionné que la gauche faisait exactement ce qu'elle reprochait à l'UDC : jouer sur l'émotionnel en faisant des amalgames douteux.

Le populisme n'est pas l'apanage de l'UDC. la gauche est également pas mal dans ce genre.

Écrit par : Pascal D. | 17 février 2011

@Scipion & @Géo

C'est amusant les inférences que vous tirez:

1. Je ne suis pas socialiste, ni même de gauche.

2. Je vous ai lu: "l’homme ne fonctionne qu’à hauteur de 20 % avec sa raison, le reste de ses actes et de ses choix étant mû par ses sentiments, ses pulsions et ses instincts"; si vous défendez vos opinions politiques en vous cachant derrière l'irrationnel intrinsèque de l'homme, alors je ne vous suis pas --> je préfère utiliser le 20% de raison qui me reste quand je dois mettre mon bulletin dans l'urne.

3. Je vous ai relu: "on reçoit une bordée d'insultes qui se réduisent généralement à la reductio ad hitlerum": je ne vous ai pas insultés ni n'ai parlé de Hitler; relisez donc mon commentaire, puis les vôtres; j'essaie d'apporter ma note au débat de manière modérée; vos réactions en revanche sont celles d'extrémistes irréfléchis; a posteriori je ne vois vraiment pas en quoi je me serais trompé, si je n'avais ne serais ce qu'insinué que vous fussiez des fachos.

4. Vous êtes malpolis avec les gens qui ne partagent pas votre point de vue, je ne pense pas que ce soit le but d'une plateforme comme celle-ci. A bon entendeur!

Écrit par : Mouais | 17 février 2011

"1. Je ne suis pas socialiste, ni même de gauche."

Personnellement, je vous situerais plutôt dans cette nébuleuse universaliste, qui va de Ruey (Claude) à Dolivo, en passant par Neyrinck, Levrat, Recordon et Zysiadis. Comme vous voyez, c'est un large éventail.

"...je préfère utiliser le 20% de raison qui me reste quand je dois mettre mon bulletin dans l'urne."

C'est ce que vous croyez. Mais rien que votre hostilité à l'égard de l'UDC est pleine de critères irrationnels.

Le tout premier, c’est que vous êtes convaincu que la Suisse telle que la souhaitent les universalistes nébuleux serait plus agréable à vivre que celle que souhaite l'UDC - hors U.E, et avec une immigration allogène/alterculturelle rigoureusement limitée -, mais vous ne pouvez produire aucune expérience du passé qui démontre le bien-fondé de votre position.

A l'opposé, on peut, par exemple, produire Merkel, Cameron et Sarkozy qui viennent tour à tour, en l'espace de quatre mois, de reconnaître l'échec de leur modèle national respectif de multiculturalisme, or, en ce qui me concerne, c'est un fiasco que je vois venir depuis vingt ou vingt-cinq ans, et pour tous les trois pays.

Écrit par : Scipion | 17 février 2011

@Scipion

Vous perdez votre temps à répondre. Les gens qui affirment "réfléchir au lieu de laisser parler leur intuition (les tripes, comme ils disent", qu'ils soient de gauche ou de droite, se prennent pour des penseurs.

Ils ont une théorie. Elle est belle sur le papier, donc elle doit marcher. Si cela déclenche des catastrophes, ce n'est pas la théorie qui est fausse (cela revient à mettre en doute leur intelligence, chose impensable !), c'est son application qui a été mal faite. On ne change rien et on recommence. On recommencera jusqu'à ce que ça marche. Ca DOIT marcher, puisque ca marche sur le papier.

Vous serez donc toujours un imbécile qui ne comprend rien (seule leur théorie est exacte), un sale populiste (le peuple n'adhère pas à la théorie, et vous soutenez ce peuple), voire un facho (c'est marqué dans leur théorie, tome 2, chapitre 4, page 241...).

Aux temps où la gauche s'est lamentablement plantée en France (vers 1982), on avait une blague:
"-Mr le Ministre, les faits démentent notre théorie !
- Eh bien, c'est que les faits sont faux, c'est tout !"

Écrit par : Paul | 18 février 2011

Greg@ J'espère que le Temps présent de hier soir ne vous a pas échappé. Deux remarques : quel courage et quelle intelligence chez cette écrivain (-e si vous préfèrez) française venue en Suisse pour mettre fin à ses jours de façon simple et digne. Et la remarque d'un intervenant sur l'aspect "naturel" de "mort naturelle". Cela vous donne un petit côté écolo proche de la nature...aussi faux que toutes les théories des écolos proches de la nature. En tous cas, la certitude que la mort n'est pas naturelle : nous sommes faits pour y résister et la lutte dure longtemps, très longtemps...
Et j'oubliais : les remarques de ces parents français sur l'horreur du suicide bricolé par lui-même de leur fils atteint d'une maladie dégénérative. Alors le sac en plastique ? Tout de même moins rapide et moins sûr qu'une balle dans la tête. Mais évidemment, je préfèrerais de loin le pento-barbital...

Écrit par : Géo | 18 février 2011

"Vous perdez votre temps à répondre."

Franchement, j'ai moins l'impression de répondre que de rebondir sur des propos qui me permettent de préciser quelques points à l'intention des lecteurs amis et d'affiner mes formulations. Sans compter qu'il n'est pas rare que des interventions soient recycables dans d'autre forums, en totalité ou en partie.

"Ils ont une théorie. Elle est belle sur le papier, donc elle doit marcher. Si cela déclenche des catastrophes, ce n'est pas la théorie qui est fausse (cela revient à mettre en doute leur intelligence, chose impensable !), c'est son application qui a été mal faite. On ne change rien et on recommence. On recommencera jusqu'à ce que ça marche. Ca DOIT marcher, puisque ca marche sur le papier."

Il y a pas mal de temps que je me suis avisé que ce qui distingue la droite nationale et populaire de la gauche, c'est que la première voit le monde, et l'homme, tels qu'ils sont, tandis que la seconde, les voit tels qu'elle souhaiterait qu'ils soient. L'existentialisme vient de là et de nulle part ailleurs.

Écrit par : Scipion | 19 février 2011

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