05 mars 2011

Les Migrants votent UDC!

J'ai eu hier le privilège d'animer une conférence de presse sur un thème hautement symbolique alors que le gouvernement s'apprête à brader la nationalité: l'engagement des étrangers au sein de l'UDC. Dans une salle réservée pour l'occasion en gare de Lausanne, sous le thème "Les Migrants Votent UDC", Yorick Cazal, Monika Deillon et moi-même avons tenu à tordre le cou à quelques idées reçues sur les relations entre les étrangers et l'UDC.

Les thèmes abordés:

  1. Les raisons de l'engagement des migrants et des naturalisés au sein de l'UDC.
  2. Le refus des migrants de voir la Suisse adhérer à l'Union Européenne.
  3. La nécessité de renvoyer les étrangers criminels et d'avoir une frontière sûre.
  4. Pour une politique migratoire stricte cessant de mélanger immigration économique et asile.

J'étais notamment en charge du premier point; voici donc l'argumentaire que j'ai livré à aux journalistes présents sur place.


La presse nous donne régulièrement un aperçu de la façon dont certains politiciens mettent en avant leurs origines étrangères pour séduire l'électeur non-suisse aux élections communales. Un article récent faisait ainsi un petit tour d'horizon de ces pratiques à Genève. Rien que dans le canton du bout du lac, les exemples ne manquent pas:

  • Sami Kanaan (PS) rappelle ses origines libanaises à ses compatriotes;
  • Sandrine Salermo (PS) utilise ses racines italiennes;
  • Michel Chevrolet (PDC) met en avant son ascendance argentine et fait des discours électoraux en 6 langues;
  • Carlos Medeiros (MCG) insiste sur sa nationalité portugaise;
  • Rémy Pagani (Ensemble à Gauche) fait valoir ses séjours en ex-Yougloslavie, en République Démocratique du Congo et en Turquie pour séduire les communautés étrangères correspondantes...

Rien qui sorte de l'ordinaire là-dedans. Des cas similaires pourraient être retrouvés dans la plupart des grandes communes de Suisse romande. Mais vous n'entendrez jamais pareil discours tenu par un candidat de l'UDC d'origine étrangère - et il y en a: 17% des candidats de l'UDC pour ces élections 2011!

migrants_final.jpgPourquoi ces nuances dans le discours? Pourquoi, une fois de plus, cette différence étonnante entre l'UDC et les autres partis?

L'origine étrangère d'un candidat est un élément indéniable de son identité. Il ne s'agit pas de la nier ou de la cacher. Il y a pourtant un monde entre la mention d'une origine étrangère à titre informatif et son utilisation comme argument de campagne. Cela nous ramène à la vision qu'ont les uns et les autres de la place de l'électeur étranger dans la société.

Séduire l'électeur sur la base d'une affinité nationale plutôt que sur un programme politique revient à cultiver un communautarisme démocratique. C'est une perversion dangereuse des droits démocratiques, pour cinq raisons.

1. Elle nie la diversité des opinions individuelles. On aurait ainsi un "vote kosovar" ou un "vote portugais" d'après les papiers de chacun et non de ce qu'il pense, une négation flagrante du libre-arbitre.

2. Elle mine l'assimilation en mettant en exergue l'appartenance envers son pays d'origine; avoir à cœur les intérêts de son pays d'accueil est dès lors présenté comme un reniement de ses racines.

3. Elle dresse les communautés étrangères les unes contre les autres. Dans une élection, les postes à pourvoir ne sont pas légions; seule la minorité étrangère la plus nombreuse a voix au chapitre.

4. Elle divise et corrompt la société sur la base de l'appartenance étrangère, car un élu insistant sur son origine "italienne", une fois élu, renverra nécessairement l'ascenseur à la communauté "italienne" qui l'a porté au pouvoir (à moins que sa démarche ne soit mensongère, ce qui est un autre problème!)

5. Finalement, elle provoque la méfiance de la population suisse vis-à-vis des communautés étrangères et désavoue la classe politique dans son ensemble, le vote communautaire étant par définition guidé par autre chose que l'intérêt commun.

Je pense que cette petite liste décrit assez bien les pièges de l'approche communautaire de la démocratie et les raisons pour lesquelles il faut l'éviter. Et l'UDC l'évite!

L'UDC choisit au contraire une approche unificatrice autour de valeurs communes, au centre desquelles l'amour de la Suisse, indépendamment de toute origine. Il ne s'agit pas d'une affection irrationnelle mais d'un respect raisonné et objectif basé sur des particularités helvétiques reconnues: la démocratie directe, la paix du travail, une fiscalité plus avantageuse que dans le reste de l'Europe, la neutralité, l'aspiration à une vie paisible et en sécurité…

Les étrangers satisfaits de leur pays d'accueil se retrouvent parfaitement dans les valeurs de l'UDC - d'autant mieux qu'ils apprécient en connaisseurs les différences entre la Suisse et leur pays d'origine.

Les politiciens opportunistes rappelant sans cesse leur origine étrangère aux électeurs immigrés les insultent. Ils sous-entendent que l'origine ethnique ou culturelle se suffit à elle-même comme gage de fidélité à une idéologie que, comme par hasard, ils prétendent incarner: "Tel pays est socialiste, moi je suis socialiste, voilà, ça vous suffit, vous autres qui venez de là-bas, votez pour moi!" Mais ils oublient la raison pour laquelle les immigrés se retrouvent en Suisse. Il y a fort à parier que ces politiciens incarnent précisément ce qui a poussé ces gens à émigrer!

Pourquoi les étrangers chercheraient-ils à transformer la Suisse pour qu'elle ressemble davantage à ce qu'ils ont choisi de quitter?

Les hommes et les femmes ne s'installent pas dans ce petit pays simplement parce que les vents les ont poussés ici. Peut-être est-ce vrai pour certaines catégories d'étrangers peu concernés par la vie politique, mais certainement pas ceux qui souhaitent à terme exercer leurs droits démocratiques. Ces gens-là ont un projet de vie. Ils ont choisi la Suisse. Ils s'y sentent bien. Ils souhaitent lui éviter les fondrières dans lesquelles les politiciens europhiles et pusillanimes tirent le pays. S'ils ne le font pas pour eux, ils le font souvent pour les enfants qu'ils ont eu ici.

Quel que soit l'amour qu'ils portent à leur contrée d'origine, les immigrés savent mieux que personne que la prospérité ne doit rien au hasard. Que leurs connaissance économiques et sociologiques soient assez vastes pour saisir les mécanismes de la prospérité ou non, ils reconnaissent le succès helvétique et veulent le préserver. Mieux vaut ne pas jouer aux apprentis-sorciers avec un modèle qui fonctionne!

Naturalisés suisses ou fraîchement arrivés sur place, les étrangers vivant en Suisse connaissent de première mains les recettes étatiques que des politiciens locaux essayent de vendre. Ils ont vu les désastres qu'elles entraînaient ailleurs, là où elles étaient adoptées - paupérisation, corruption, impôts, chômage, absence de sécurité, censure et mépris du peuple. Ils en ont tellement souffert qu'ils ont choisi l'exil!

Voilà pourquoi tous les gens qui se retrouvent dans l'amour de ce pays, Suisses ou étrangers, en viennent naturellement à soutenir l'UDC.

Commentaires

Bravo ! C'est tellement rare d'entendre la voix de la sagesse...

Écrit par : Robert Marchenoir | 05 mars 2011

Je suis entièrement d'accord avec vous sur ce point, concernant certains migrants.

Heureusement que tous les candidats d'origine étrangère, ne sont pas comme ceux que vous citez! Autrement je ne serai pas surpris qu'il y aie des réactions diverses!

Ceux qui se présentent aux élections communales doivent mettre en avant leurs qualités à défendre les intérêts de la commune et le bien-être du citoyen...

Écrit par : Chappuis Jean-François | 06 mars 2011

" les migrants votent UDC" est au moins aussi cynique que " les citoyens votent UDC"
D'abord, quelqu'un qui vote n'est pas un migrant, ça n'est plus un migrant, c'est un citoyen. point
A la limite, on peut dire que c'est un citoyen d'origine immigrée.
C'est drôle quand même que vous utilisiez un procédé qu'ensuite vous critiquez. Vous faites à l'UDC, sans arrêt des catégories : les migrants, les étrangers, les musulmans.
Vous êtes le principal vecteur de divisions dans ce pays.
"L'UDC choisit au contraire une approche unificatrice autour de valeurs communes, au centre desquelles l'amour de la Suisse, indépendamment de toute origine."
Et vous n'avez pas peur de la contradiction !
Vous oubliez vos campagnes pour l'inégalité de traitement judiciaire entre Suisses et non suisses.
Vous oubliez que l'UDC milite aujourd'hui pour une nationalité " à l'essai", créant encore une fois différentes catégories dans la population.
Les Suisses qui votent UDC d'un côté, les autres, qui sous entendu ne sont pas de vrais Suisses.
Les " valeurs Suisses" d'un côté, et les autres valeurs, celles qui ne vous conviennent pas.
Toutes vos campagnes sont remplies de manichéisme.
Vous essayez de vous donner une image de respectabilité et de tolérance, mais le vernis craque bien vite lorsque l'on voit vos campagnes d'affichages, et les propos tenus par certains membres de l'aile zurichoise...

Écrit par : jeff | 07 mars 2011

Ne soyez pas surpris que des migrants votent UDC. C'est justement parce que l'UDC veut freiner l'immigration (surtout celle qui ne sert à rien) que des fraichement naturalisés votent pour elle. Pour garder le pays tel qu'il les a attirés, ne pas retrouver le foutoir qu'ils ont quitté. C'est pareil en France. Hélas, certains veulent faire du communautarisme par idéologie et les partis dirigeants leur cirent les pompes pour obtenir leurs voix. C'est aussi le cas en France. On se ressemble un peu trop, parfois...

Pour Jeff : ca fait quelques décénies que vos amis de gauche et leur clones de droite (ou l'inverse, comme vous voulez) dirigent la Suisse. C'est grace à vos amis que l'UDC a pu percer, à cause du ras-le-bol que vous inspirez au peuple. Alors, inutile de venir marteler vos incantations, de vous plaindre du "populisme" ou la puissance de l'UDC : vous avez voté pour ces politiques, vous n'avez à vous en prendre qu'à vous !
Et je parie que vous allez encore voter pour les mêmes idiots. Vous êtes incorrigibles, mais ne vous plaignez pas des contrecoups après. Quand on méprise le peuple, il finit par vous mépriser à son tour. Juste punition pour vous.

Écrit par : Paul | 07 mars 2011

@jeff: il y a à boire et à manger dans votre commentaire, mais essayons de relever les contradictions que vous reprochez à l'UDC.

"Vous faites à l'UDC, sans arrêt des catégories: les migrants, les étrangers, les musulmans."

Prétendriez-vous que migrants, étrangers, musulmans n'existent pas? Etonnant! Mais les contours de ces termes sont flous, et il n'a nullement été question de juger les gens sur la base d'une appartenance à un groupe - ça, c'est exactement le communautarisme que je dénonce.

Mais, tenez, votre réflexion me fait penser à la théorie de la lutte des classes. En voilà un modèle sociologique niant de façon flagrante la dimension individuelle! Qu'en pensez-vous? J'espère que, fidèle à vos convictions, vous dénoncez sans relâche cette ignoble négation de l'individu?

"Vous oubliez vos campagnes pour l'inégalité de traitement judiciaire entre Suisses et non suisses."

Si vous faites référence à l'Initiative pour le Renvoi des Criminels Etrangers, je vous rappelle que cette initiative amenait un minimum de cohérence dans des politiques cantonales divergentes (un point pour l'équité dans la pratique du droit) et que les cantons ont - depuis toujours! - la possibilité d'expulser des étrangers criminels, comme tous les Etats du monde. Et ils ne s'en sont jamais privés! Petit rappel pour vous rafraîchir la mémoire:
http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2010/10/25/renvoyons-les-criminels-etrangers.html

"Vous oubliez que l'UDC milite aujourd'hui pour une nationalité "à l'essai", créant encore une fois différentes catégories dans la population."

Le problème est moins dans la nationalité à l'essai que dans le processus de naturalisation dans sa globalité. Je pense que demain, si quelqu'un proposait une nationalité à l'essai au bout de 4 ans et pendant 8 ans au lieu d'une nationalité simple acquise au bout de 12, sans rien avant,vous seriez le premier à soutenir la mesure. La notion de nationalité à l'essai n'est qu'un petit détail d'un débat bien plus vaste, l'acquisition du droit de cité en Suisse.

"Les Suisses qui votent UDC d'un côté, les autres, qui sous entendu ne sont pas de vrais Suisses."

Des Suisses, indiscutablement. Quant à parler de vrais Suisses, tout dépend de ce que vous entendez par là. Moi, en tant que Suisse naturalisé, j'estime par exemple que je ne suis pas un "vrai Suisse" puisqu'il me manque, probablement pour toujours, une partie de la culture de ce pays. Et pourtant je vote UDC, et je ne me retrouve pleinement dans le slogan "Les Suisses votent UDC", comment expliquez-vous ce paradoxe?

Peut-être êtes vous irrité par le slogan "Les Suisses votent UDC" - justifiable par la position de leader du parti à l'échelle fédérale. Mais j'espère que vous vous indignez tout autant devant les affiches du PDC "Pas de Suisse sans nous" (si on ne vote pas PDC, on nie l'histoire Suisse?) ou celles du parti radical "Par amour de la Suisse" (si on ne vote pas radical, on n'aime pas la Suisse?) parce que sinon cela voudrait dire que vous faites dans le deux poids, deux mesures, et ce ne serait pas très correct, n'est-ce pas!

Écrit par : Stéphane Montabert | 07 mars 2011

La dérive à droite de la droite de M. Montabert n'en finira donc jamais? Passé du côté obscure de la force, le pauvre homme découvre que plus on le traite de fasciste, plus il le devient, comme par réaction et avec tout son triste parti, celui de la frustration, des mines alarmistes et de l'aveuglement identitaire.
Mais le réveil démocratique a sonné et celui de la déchéance pour cette sensibilité politique d'extrême droite.
Messieurs de l'udc, inutile de saluer les révolutions démocratiques du sud de la méditerrannées, elles seront très bientôt vos pires ennemis. Ici et là-bas, car ces aspirations inattendues mais tellement espérées sont l'avenir et vous êtes, avec vos peurs et votre goût des clivages, largement dépassés.

Écrit par : Polo | 08 mars 2011

"Mais le réveil démocratique a sonné et celui de la déchéance pour cette sensibilité politique d'extrême droite"

C'est ben vrai ça, mon Polo. La preuve : en France, le FN est devenu le premier parti depuis les deux sondages de ce week-end. Et en plus, le FN est plus à droite que l'UDC en politique, mais un peu plus à gauche sur le social. Et tous deux sont critiques sur la sécurité, l'immigration, le chômage, bref sur les politiques de vos copains.

Le réveil a bien sonné. Mais pas pour les dirigeants de nos pays. Et pas pour vous, visiblement.

Écrit par : P'tit Malin | 08 mars 2011

Vive les sondages grand malin!
FN=UDC, c'est au moins ce qui est clair dans vos lignes mais pas encore dans celles de Montabert.

Écrit par : Polo | 08 mars 2011

@Polo: j'ai perdu depuis bien longtemps l'espoir de vous voir écrire quelque chose en rapport avec le billet, vous remâchez toujours votre fustration, c'est un peu vain tout ça.

@P'tit Malin: oui, à part que l'UDC n'a pas guère à voir avec le FN (le contraire arrangerait tout le monde - les adversaires de l'un et de l'autre, et même le FN qui pourrait s'enorgueillir des succès de l'UDC!)
L'amalgame est un piège facile, regardez comme Polo frétille en vous voyant tomber dedans!
Mais examinez les programmes de l'un et de l'autre, et vous comprendrez vite pourquoi le FN ne peut pas être autre chose qu'un parti d'opposition arc-bouté dans ses contradictions (un peu comme le MCG) alors que l'UDC est un parti gouvernemental.

Écrit par : Stéphane Montabert | 08 mars 2011

@ Polo et P'tit Malin

Le réseau libéral LHC ( libéralisme humanisme et critique ) n'aurait jamais accepté le blog de Montabert dans son réseau si ce dernier et son parti était légal du Front national des Le Pen.

D.J

Écrit par : D.J | 08 mars 2011

Excusez moi, Mr Montabert, mais je ne comprends pas votre souci d'empêcher Polo ou Jeff de faire des amalgames. Il a déjà comparé Blöcher à Hitler, ce qui le discrédite totalement. Qu'il dise aujourd'hui FN=UDC=fascisme n'a pas plus de crédit. Autant dire que UDC=NSDAP, ce sera aussi idiot !

D'autre part, vous semblez ignorer (normal, la presse française n'en parle jamais) qu'il y a toujours eu deux courants au FN.

Le premier était celui du guignol Jean-Marie : on râle, on proteste, ca suffit pour exister. Evidemment, il n'avait aucun programme de gouvernement sérieux. J'ai lu celui de 1992, c'est du démagogisme qu'un simple bachelier pouvait détecter.

Le second avait un programme proche de l'UDC : immigration très contôlée, les délinquants en prison, pas d'islam ostentatoire, un Etat plus fort (quitte à nationaliser des entreprises), mais aussi moins dépensier (arrêt des subventions aux associations bidons) pour baisser les impôts. Le tout avec des référendums réguliers sur les grands sujets. Vous ne sentez pas comme un parfum d'UDC ?

Ce courant est désormais porté par Marine Le Pen. Golnish en était partisan, mais le vieux borgne n'en voulait pas. Pour sa succession, il avait le choix entre sa fille moderne et Golnish moderne. Choix bloqué. Il a choisi sa fille par esprit clanique, mais sans se faire d'illusion. La fille a déjà tancé son père sur ses calembours antisémites. Ce n'est pas une femme de 1950, mais de l'an 2000. Elle est même divorcée, chose mal vue chez les vieux schnocks.

Evidemment, nous sommes plus étatiste que vous, c'est l'héritage de 12 siècles de monarchie avec Napoléon et De Gaulle en prime. Vous avez 7 siècles de fédéralisme (ou clanisme, à l'époque), et ca change tout.

Nous ne sommes pas très différents, mais les idiots utiles de la mondialisation sans limite ne le savent pas. Ils font de la com' en pensant qu'associer l'UDC ou le FN au nazisme aura un impact. Bilan : 30% d'UDC en Suisse, plus de 20% de FN en France. Laissez donc Polo frétiller : il se ridiculise tellement qu'il ne convaincra que ceux qui votent déjà socialiste. Les autres rigoleront et voteront UDC en pensant "ce sont vraiment des clowns, ces socialos !".

Vous pouvez remplacer socialiste par social-democrate, libéral, démocrate-chrétien, ca marche aussi vu qu'ils ont les mêmes idées.

Écrit par : Paul | 08 mars 2011

L'UDC est un vrai parti gouvernemental, cela reste à voir...
Il faudrait, pour cela, que l'UDC cesse de toujours s'en prendre au gouvernement dont il fait partie, et qu'il arrête de toujours dénoncer après coup les décisions prises par le conseil fédéral, et par le parlement dont il fait partie ( un exemple qui devrait vous toucher, la création par l'unanimité des parlementaires suisses, à la demande du CF d'une commission d'enquête historique, appelée commission Bergier, puis l'approbation par ce même CF et par l'unanimité de ses conclusions, qu'aujourd'hui vus qualifiez de " révisionnistes"), mais des exemples, de la lâcheté gouvernementale de l'UDC, il y en a à la pelle, Monsieur Montabert.
Quand à " l'amalgame" entre FN et UDC, il faudrait que vous l'expliquiez à votre ami O.Freysinger.
Au fait, vous n'avez jamais répondu à une de mes questions : Que faisait il le 13 Décembre 2010, avec ses amis du Bloc Identitaire ( parti d'extrême droite qui fut interdit en France proche du FN), ou il a donné une conférence sur " l'islamisation de l'Europe" ?
Apparemment, tout ce que l'Europe compte de ligues et de partis fascisants étaient là pour l'applaudir !
Auriez-vous le courage un jour de clarifier ce point pour vos lecteurs, afin que l'amalgame entre UDC et extrême droite puisse ne plus exister...

Écrit par : jeff | 08 mars 2011

@jeff: vous n'êtes pas procureur au Tribunal du Peuple, et je ne suis pas dans le box des accusés. Si vous avez des questions à poser à M. Freysinger, pourquoi vous adresser à moi?

Mais comme ce genre de réponse ne vous satisfera guère, revenons sur cette affaire: si mes souvenirs sont exacts, M. Freysinger a été invité à une réunion organisée selon mes sources par Riposte Laïque, un mouvement de gauche, issu d'une gauche républicaine refusant l'islamisation et la soumission des politiciens à un modèle communautariste de la société; réunion à laquelle étaient conviés différents mouvements et hommes politiques parmi lesquels Bloc Identitaire et M. Freysinger. Cela n'a pas empêcher les médias suisses (et peut-être d'autres) de rapporter cette réunion en annonçant qu'elle était à l'initiative du Bloc Identitaire, ce qui est un parfait mensonge.

Quant à M. Freysinger, je me rappelle très bien sa circonspection face à l'invitation, car il ne se rappelait que trop bien la façon dont M. Baettig de l'UDC jurassienne s'était, lui, fait avoir quelques mois plus tôt en acceptant une invitation avec trop de bienveillance, juste pour voir son image exploitée par un mouvement extrémiste en quête de légitimité.

M. Freysinger l'a d'ailleurs dit: il n'irait pas là-bas si c'était organisé par des néonazis ou autres, et quitterait tantôt l'assemblée s'il apercevait des nazillons. Il ne l'a pas fait parce que cette réunion était parfaitement convenable, malgré les tentatives désespérées des médias de prétendre le contraire (exemple typique: le gros plan insistant sur un unique type chauve dans une foule de 300 personnes.)

Il l'a fait pour parler de la votation sur les minarets au sein d'un débat tout à fait pertinent sur l'islamisation de l'Europe.

Quoiqu'il en soit, ce n'est pas parce que quelqu'un vient parler dans une convention qu'il est d'accord avec les positions des membres de cette convention. Mme Calmy-Rey a été invitée à une convention de l'UDC (celle-là même où M. Fehr s'est fait agresser), en déduisez-vous donc qu'elle vote désormais UDC? Eh bien pour M. Freysinger et Riposte Laïque - ou même Bloc Identitaire d'ailleurs - c'est la même chose. Présenter un point de vue dans une assemblée ne revient pas à adhérer aux positions de l'auditoire.

Mais vos insinuations continuelles, votre refus de vous renseigner - tout ce que je viens de vous dire je l'ai su par des chemins médiatiques qui vous sont tout à fait accessibles - votre recherche constante de l'amalgame hors de toute argumentation nous donne un triste aperçu de ce à quoi le débat d'idées est réduit en France. Entre slogans agressifs, petites phrases et insultes, plus personne ne débat de quoi que ce soit (où est l'équivalent d'Arena ou même d'Infrarouge sur une chaîne française?) et après on s'étonne que Marine Le Pen réunisse 23% des intentions de vote...

Enfin bref, j'estime avoir répondu à votre question. Et si maintenant vous essayiez de discuter de ce dont il est question dans ce billet?

Écrit par : Stéphane Montabert | 08 mars 2011

Tout d'abord, je ne suis pas responsables des dérives de votre blog. J'ai me semble t'il réagi au sujet de votre post, permettez moi aussi de réagir aux commentaires des autres participants. C'est aussi cela, le débat. Vous êtes là pour le modérer, modérez donc tout le monde. C'est donc P'tit malin, qui me semble t'il a lancé le pavé dans la mare, trop content des sondages en France...

La réunion dont nous parlons a été organisée par Riposte Laïque ET le Bloc Identitaire. Je rappelle que ce groupe a été dissout après une tentative d'assassinat de Jaques Chirac par un de ses membres.
Monsieur Freysinger a répondu présent à une réunion intitulée " Assises internationales sur l'islamisation de nos pays", regroupant diverses formations d'extrême droite europeénne ( c'est vous qui faites l'amalgame entre extrême droite et nazisme...), dont l'UDC, représentée par Monsieur Freysinger.
Que dire du sujet ? N'est t'il pas en lien avec le vôtre ? Oui, je crois, on parle d'étrangers, d'intégration, non ?
L'islamisation de nos pays... Un vieux fantasme, qui en rappelle un autre...
L'UDC s'est elle fourvoyée dans cette réunion de groupes d'extrême droite, ou est ce une stratégie avouée que de faire croire au peuple europeéen à un danger qui n'existe pas ? ( l'islamisation).

Écrit par : jeff | 08 mars 2011

Marine le Pen se dit intéressée par le programme de l'UDC, mais elle vient de donner au Front national un fort virage à gauche. Son discours inaugural à la tête de son parti la place, objectivement, à l'extrême-gauche. Ce fut un discours ultra-étatiste, encore plus anti-libéral que la droite et la gauche françaises réunies, ce qui n'est pas peu dire.

Le Front national, c'est l'extrême-gauche française moins l'immigration. Ce n'est pas tout à fait un hasard : de nombreux électeurs du parti communiste et de nombreux syndicalistes de la CGT communiste l'ont rejoint.

Bien sûr, le FN ne se dit pas de gauche. Et certains, à droite, espèrent que la posture gauchiste de Marine le Pen n'est qu'un positionnement insincère, destiné à ratisser des voix. Mais c'est l'anti-libéralisme qui a le vent en poupe en France, et Marine le Pen l'a bien senti.

Le programme de l'UDC est très différent. Il concilie libéralisme et défense de l'identité nationale, ouverture sur le monde et protection contre la prédation mondialiste. C'est un programme remarquable, centriste, raisonnable, modéré, respectueux de ce qui a fait le succès du modèle suisse, et en même temps conscient des défis du monde moderne.

J'en conseille la lecture à tous mes amis français conservateurs, libéraux ou étiquetés à "l'extrême-droite".

Les orientations du Front national (on ne peut pas parler, pour l'instant, de programme) ne sont malheureusement pas aussi cohérentes.

Écrit par : Robert Marchenoir | 08 mars 2011

"La réunion dont nous parlons a été organisée par Riposte Laïque ET le Bloc Identitaire. Je rappelle que ce groupe a été dissout après une tentative d'assassinat de Jaques Chirac par un de ses membres." (Jeff)

Le Bloc identitiare est un remarquable parti politique, tout à fait digne d'éloges, animé par une poignée de jeunes dynamiques, qui réussissent à mettre les gauchistes immigrationnistes devant leurs contradictions, avec un maximum d'impact public et un minimum de moyens.

Il n'a jamais été dissout. Il est le successeur d'un parti qui l'a été, parce que les gauchistes sans scrupules qui gouvernent la France l'ont accusé mensongèrement d'être à l'origine de l'attentat contre Jacques Chirac. Attentat qui fut l'oeuvre d'un individu isolé, lié de façon très lâche et passagère à ce parti.

Mais les gauchistes ne sont pas à cela près. Philippe Vardon, dirigeant du Bloc Identitaire, a été condamné à une lourde peine par la justice, pour le crime d'avoir distribué des tracts, devant une école, qui protestaient contre les agressions sexuelles incessantes commises par les immigrés contre les jeunes filles françaises. Ces agressions sont un fait, tous les Français le savent -- mais il est interdit d'en parler.

Il est d'ailleurs piquant de constater que des gauchistes, qui ne perdent pas une occasion de souhaiter publiquement la mort de Nicolas Sarkozy, font mine de s'indigner d'un attentat contre Jacques Chirac, pilier de la droite française, qui se rendait aux négociations avec les syndicats, en mai 1968, avec un pistolet sur lui.

Riposte Laïque, par contraste, a été fondée par un gauchiste enragé, ancien membre du syndicat mafieux CGT des ouvriers de presse, anarcho-communiste. Son talent d'organisateur et d'agitateur en fait un allié précieux pour les membres de la résistance au djihad islamique. Il a, lui, le droit de parler sur les médias, puisqu'il est d'extrême-gauche. Il ne faut pas négliger de tels atouts.

Mais c'est bien un gauchiste.

Écrit par : Robert Marchenoir | 09 mars 2011

L'UDC est bien plus proche du MPF de De villier en France que du FN. Je n'ai du reste jamais entendu un leader de l'UDC déraper en parlant des camps de la mort de 39-45 comme la eu fait J-M Le Pen ou d'autres groupes néonazis qui eux nient la shoah.

D.J

Écrit par : D.J | 09 mars 2011

Amusant cette propension à vouloir tout ramener à l'offre politique française. S'ils n'ont pas leur grille de traduction de prêt-à-penser, beaucoup semblent perdus...

Le fait est que l'Union Démocratique du Centre n'est pas comparable à l'UMP, au FN, au Modem, au Nouveau Centre, au MPF, au Parti Libéral Démocrate, à Chasse Pêche Nature Et Tradition, à Alternative Libérale, au Bloc Identitaire ou que sais-je encore, pour la simple raison que la Suisse n'est pas la France. Ses valeurs, sa culture, son histoire et ses institutions sont profondément différentes.

Ce qui peut être vrai pour des partis internationalistes comme le PS ou les écologistes ne l'est pas pour des mouvements typiquement helvétiques comme le PDC, les Radicaux ou l'UDC.

Maintenant, si on commence à dire que l'UDC est faite de X% de ceci et Y% de cela, on peut discuter sans fin, d'autant plus que personne ne s'entendra sur ce que ces proportions recouvrent!

La seule question pertinente serait de savoir dans quel parti tel ou tel membre de l'UDC s'engagerait s'il faisait de la politique en France. Ca, ça pourrait donner des statistiques exploitables. Personnellement, on m'a déjà posé cette question, et j'ai dit sincèrement: si j'étais resté en France, jamais je ne me serais engagé en politique. Désolé pour cette réponse un peu frustrante, mais c'est la stricte vérité!

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 mars 2011

Je parlais du MPF parce que c'est parti qui vous ressemble le plus; même de façon lointaine en réponse é ceux qui vous taxe de la même manière que le FN.

Effectivement l'UDC est à la Suisse ce que le gaullisme est à la France et le néoconservatisme aux USA. Des mouvements politiques qui ne sont pas exportable ailleurs.

D.J

Écrit par : D.J | 10 mars 2011

M.Montabert vous écrivez: "oui, à part que l'UDC n'a pas guère à voir avec le FN"
Une faute de frappe? Ou un lapsus gros comme une maison.
Une distorsion des sens qui trahit votre hésitation: "n'a guère" ou "n'a pas à voir avec le FN", ce n'est pas pareil, surtout en période éléctorale.

Tout les autres partis gouvernementaux peuvent prétendre n'avoir rien en commun avec le front national et l'extrême droite. Tous sauf l'udc qui hésite encore un peu à sortir du bois.

"Oui, à part que..." me répondrez-vous.

Écrit par : Polo | 10 mars 2011

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