18 mars 2011

Nucléaire: il faut raison garder

La terre avait à peine cessé de trembler au Japon que les écologistes étaient déjà sur les rangs pour exploiter politiquement les retombées, si j'ose dire, des problèmes de la centrale nucléaire de Fukushima. Je ne leur ferai pas le procès de l'indécence: chacun a le droit d'exploiter l'actualité comme il l'entend.


japan_earthquake.jpgAinsi, fidèles à leurs préoccupations, les écologistes de Suisse et d'ailleurs choisissent délibérément d'oublier les milliers de victimes provoquées par le séisme et le tsunami du 11 mars, les villes rayées de la carte, les côtes dévastées, les infrastructures anéanties, le demi-million de personnes sans abri ou déplacées, privées d'eau potable, de nourriture et d'abri à l'heure où ces lignes sont écrites; tout cela pour se concentrer exclusivement sur le défi que représente une centrale nucléaire accidentée et exiger l'abandon quasi immédiat du nucléaire civil de l'autre côté de la planète.

Le sens des priorités est étonnant, celui des proportions ne l'est pas moins.

Rappelons que pour l'instant, l'accident nucléaire de Fukushima a provoqué quatre blessés, et quelques dizaines de personnes présentes sur le site ont été temporairement soumises à un niveau dangereux de radiations. Nous en sommes là.

Mettons ce chiffre en perspective avec les 1'800 maisons détruites par la rupture d'un barrage hydro-électrique dans la même préfecture de Fukushima... Les énergies renouvelables tuent aussi apparemment, mais comme ce genre de constatation contrevient à l'exploitation politique de la catastrophe, on l'ignorera avec pudeur. Certaines victimes comptent plus que d'autres!

fukushima-after.jpgMalheureusement, la situation à la centrale n'est pas stabilisée. Elle pourrait "évoluer", disent les écologistes en salivant d'avance. En Europe les pouvoirs publics ont perdu tout recul pour sombrer dans l'hystérie la plus hallucinante. Il s'agit de faire les titres des journaux; les journalistes les suivent parce que la panique fait vendre. Et dire que ce sont ces gens qui nous gouvernent...

La course à l'échalote de la surenchère permet à certains de se profiler, tel Günther Oettinger, qui a qualifié l'accident nucléaire au Japon "d'apocalypse". Vous n'aviez probablement jamais entendu parler de ce Günther Oettinger avant; c'est bien normal, puisqu'il est Commissaire européen à l'énergie. Grâce à un choix de termes tout en nuance, le voilà propulsé sur le devant de la scène.

L'apocalypse pour un incident à 6 sur une échelle de 7? Bigre, les autorités ont prévu large!

Evidemment, le degré suivant correspond à Tchernobyl - l'idée que l'accident de la centrale nucléaire soviétique soit placé après l'apocalypse auprès de nos élites en dit long sur leur appréhension face à l'énergie atomique. Mais même si les médias s'emploient chaque jour à repousser les limites de l'exagération, prenons comme hypothèse que Tchernobyl soit effectivement, pour l'instant, l'horizon indépassable en terme d'accident nucléaire.

La catastrophe de Tchernobyl nous donne un bon aperçu des conséquences de celle de Fukushima si tout part en vrille - même si le pire n'est pas toujours certain, comme écrivait Calderón.

Tchernobyl a eu lieu sur le sol européen. La communication a été un désastre sur toute la ligne. La technologie de la centrale, à base de graphite, a entraîné une pollution radioactive énorme dans l'atmosphère. Tout cela au beau milieu d'un plateau continental peuplé dans toutes les directions, et doté de suffisamment d'organisations internationales pour assurer analyses, enquêtes et suivi des populations pendant des décennies. Tout, absolument tout, a été scrupuleusement étudié: vies perdues, taux de cancer, impact sur la société civile et les écosystèmes, et ainsi de suite - et pas par des analystes complaisants, loin de là.

Dire que Tchernobyl a été documenté tient de l'euphémisme; une vie ne suffirait sans doute pas à lire l'ensemble des compte-rendus (ici, ici, ici, ici, ici, ici ou encore , la liste est sans fin). Heureusement, James Delingpole nous fait une synthèse:

[Vous pouvez lire les innombrables rapports des agences internationales] ou me laisser résumer le communiqué de presse de l'OMS/AIEA/PNUD qui accompagne le rapport de 600 pages de septembre 2005, écrit conjointement par 8 agences spécialisées de l'ONU, parmi lesquelles l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), le programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires, le Comité Scientifique des Nations Unies sur les effets des Radiations Atomiques, la Banque Mondiale, ainsi que les gouvernements de Biélorussie, de la Fédération de Russie et d'Ukraine.

Les décès jusqu'ici? "A mi-2005, cependant, moins de 50 décès ont été directement provoqués par les radiations issues du désastre, pratiquement tous des membres hautement exposés des équipes de secours..."

Les morts attribuables à la catastrophe? "Jusqu'à 4'000 personnes pourraient éventuellement mourir de l'exposition aux radiations du réacteur nucléaire de Tchernobyl..., a conclu une équipe internationale de plus de 100 chercheurs."

Le cancer? "La contamination due à l'accident a provoqué environ 4'000 cas de cancer de la thyroïde et au moins neuf enfants en sont morts; cependant le taux de survie parmi les victimes d'un cancer de ce type, en se basant sur l'expérience de la Biélorussie, est de près de 99%."

Les problèmes de fertilité et de malformations? "La plupart des membres des équipes de secours et des personnes habitant des zones contaminées ont reçu des doses relativement basses de radiations, comparables à des niveaux naturels. En conséquence, il n'a été trouvé aucune preuve ni probabilité significative de diminution de la fertilité au sein des populations affectées, ni aucune preuve d'augmentation des malformations congénitales..."

Les effets généraux sur la santé? "...Les effets de l'accident sur la santé étaient potentiellement horribles, mais quand on les examine au travers de conclusions rigoureusement validées, les effets sur la santé publique sont nettement moins grands qu'il n'a été craint au départ."

Combien de radiations les gens ont reçu? "A l'exception des techniciens travaillant sur le site du réacteur et des équipes d'urgence exposées le 26 avril, la plupart des secours et des habitants vivant dans des territoires contaminés ont reçu des doses relativement faibles de radiations sur l'ensemble du corps, comparables aux rayonnements naturels, et inférieures aux doses moyennes reçues par les habitants de régions du monde où la radioactivité naturelle latente est plus élevée."

kiev_road.jpgPourquoi les gens estiment que c'était bien pire, à la fois en termes de victimes humaines et de maladies? "La confusion a propos de l'impact [de Tchernobyl] a grandi; elle est dûe aux milliers de morts naturelles dans les zones affectées. De plus, la mauvaise santé répandue [dans la région] et la tendance à justifier tous les problèmes de santé par l'exposition aux radiations ont amené les résidents à attribuer bien plus de décès à Tchernobyl qu'il n'y en a eu en réalité."

Des effets sur les naissances ou la reproduction? "...aucune preuve ni probabilité de décroissance de la fertilité n'ont été observées ni chez les hommes ni chez les femmes. De plus, parce que les doses furent si faibles, il n'y a pas de preuve du moindre effet sur le nombre d'enfants morts-nés, de grossesse à problème, de complications à l'accouchement ou d'effet général sur la santé des nouveaux-nés."

L'impact sur l'environnement? "Au sujet de l'impact environnemental, les rapports sont aussi rassurants, les analyses scientifiques montrant que, excepté pour la zone toujours interdite et hautement contaminée de 30 kilomètres entourant le réacteur, et quelques lacs et forêts d'accès restreint, les niveaux de radiation sont dans l'ensemble redescendus à des niveaux acceptables."

L'impact psychologique - c'est là où le rapport devient vraiment intéressant, affirmant que la peur, le manque d'information, les déplacements de population, la pauvreté, etc. ont eu un bien plus grand impact que la catastrophe elle-même. "...le rapport annonce que l'impact de Tchernobyl sur la santé mentale est le 'plus gros problème de santé créé par l'acccident' et attribue ces dégâts d'ordre psychologique à un manque d'information pertinente. Ces problèmes se manifestent par une estimation personnelle négative de l'état de santé de chacun, la croyance en une espérance de vie raccourcie, le manque d'initiative, et la dépendance aux mécanismes de solidarité étatiques." et "dans la plupart des cas les problèmes sont économiques et psychologiques, et non d'ordre médical ou environnemental."

 

Il ne s'agit pas de minimiser les conséquences de Tchernobyl, loin de là. Je suis comme tout le monde, je n'aimerais pas acheter une maison de campagne près de Kiev sans la passer au compteur Geiger. Il reste en Urkaine des zones interdites à cause des radiations. Mais il faut ramener les choses à leurs justes proportions: en ce moment, indépendamment de ce qui se passe à Fukushima, le tsunami dévastateur du 11 mars représente déjà une épreuve bien pire pour le peuple japonais que Tchernobyl l'aura jamais été pour les Européens, que ce soit en nombre de victimes ou sur le plan des dégâts matériels.

Bien sûr, dès que la diffusion des nouvelles est laissée à des experts ou à des gouvernements, la communication est lamentable - toujours cette volonté de de minimiser et mentir pour empêcher la panique et le "sentiment d'insécurité" des masses ignorantes, et provoquant le résultat inverse à l'arrivée. Mais si on se limite aux faits, les réacteurs nucléaires japonais ont plutôt bien résisté, affrontant un séisme sans exemple dans l'histoire du Japon, au-delà des spécifications de leur construction. C'est sans doute pour cela que les écologistes font feu de tout bois contre le nucléaire: ils grillent toutes leurs cartouches car pareille situation ne se reproduira pas de sitôt.

Quant à l'avenir énergétique qu'ils nous préparent, je laisse la parole à Causeur:

Outre le prêchi-prêcha usuel sur le solaire, les éoliennes, le feu Grenelle de l'environnement, le grand truc de Cécile [Duflot, secrétaire générale des Verts français], c'est l'arrêt immédiat de la centrale de Fessenheim (c'est en Alsace que les Verts font historiquement leurs meilleurs scores aux cantonales) et surtout le moratoire sur les EPR. Voilà une idée qu'elle est bonne, puisque l'EPR en construction de Flamanville se caractérisera par un niveau de protection bien plus fort que les centrales de générations précédentes. Et que toutes les filières de niveau de niveau IV prévues pour être opérationnelles dans quinze ou vingt ans seront encore plus délibérément axées sur la minimisation des risques et la diminution des déchets. J'aurais aimé qu'un des 850 journalistes qui l'ont invitée à dérouler son mantra depuis vendredi lui fasse remarquer que le moratoire implique l'arrêt de toute recherche donc l'impossibilité d'œuvrer à la modernisation du parc. Rassurant vu de loin, un moratoire condamne de fait l'humanité à tourner ad vitam aeternam avec des réacteurs type Fukushima voire Tchernobyl. Dit comme ça, ça vous rassure toujours le moratoire?

candle_bulb.jpgEnfin quand je dis ad vitam aeternam, c'est pour les 25 ou 30 ans à venir, d'ici à ce qu'on abandonne définitivement le nucléaire, selon le calendrier écolo officiellement en vigueur. Là encore, j'aurais aimé qu'on taquinât un peu plus Cécile (ou Voynet, ou Mamère [ou Isabelle Chevalley] qui ont tous débité le même credo, parfois à la virgule près). Car pendant ces 25 ans -là, on fait quoi, comment on se chauffe, comment on fait tourner sa Wii ou son iPad, et accessoirement sa voiture propre, qui roulera à l'électricité nucléaire ou bien ne roulera jamais qu'au Salon de l'Auto? (...)

Les écolos détestent être caricaturés en zélateurs du retour à la bougie, aux couches lavables et au vélocipède, mais même en défigurant la France entière avec des éoliennes géantes et des chauffe-eau solaires, c'est bien à ça qu'on sera fatalement rendu. À moins, à moins, qu'on fasse comme tous les pays qui estiment pouvoir se passer du nucléaire qui fait si peur à l'électeur: le recours massif aux combustibles fossiles. Bon ce n'est peut-être pas le climax de l'écologiquement correct, mais si on stoppe les centrales, c'est comme ça que ça finira. Avec un baril à 300 ou 400 dollars, avec toute les guerres pétrolières qui s'ensuivront, les dizaines de millions de morts qu'elles provoqueront – et qu'on ne mettra surtout pas en balance avec les [morts dûes à Tchernobyl]. On regrettera au passage que personne ne se soit hélas – à ma connaissance – amusé à calculer le nombre de bronchites chroniques, cancers du poumon et maladies respiratoires évitées grâce au nucléaire.

 

...Sans compter les milliers de morts par an dûs à l'exploitation minière du charbon, sans provoquer la moindre émotion.

Fukushima fume encore et les écologistes exploiteront la catastrophe jusqu'à l'excès. Sortons de l'atome! Mais pour aller où? Le photovoltaïque, dont la production est incroyablement polluante et l'utilisation malaisée? L'éolien, au rendement aussi aléatoire que risible? L'hydroélectrique alors? On fait un barrage à Martigny et on inonde la vallée du Rhône en priant qu'aucun séisme ne fasse sauter l'ouvrage? La géothermie? A condition d'aimer les tremblements de terre...

Le principe du discours écologiste en matière d'énergie, c'est qu'on liste toutes les sources d'énergies à peu près sérieuses, on les écarte sous un motif quelconque et on conclut qu'il n'y a pas d'autre alternative que la décroissance.

Espérons que, contrairement à leurs autorités, les Suisses ne se laisseront pas gagner par une panique irrationnelle sur le nucléaire et qu'ils sauront faire la part des choses; il en va de l'avenir énergétique du pays.

Commentaires

Monsieur Montabert,

Il semblerait que vous ayez été vous-même fort seccoué!... Pour nous dire:

"Sans compter les milliers de morts par an dus à l'exploitation minière du charbon, sans provoquer la moindre émotion."

Où avez-vous lu qu'un seul écolo était pour l'exploitation du charbon? Ce n'est pas une énergie renouvelable!

Je remarque donc que, si vous avez raison sur un point, au sujet des réactions de la classe politique à ces trois effroyables catastrophes consécutives (séisme, raz de marée et accident nucléaire), pour le reste, il a manifestement réaction en chaîne!... Et vous êtes un neutron (tout sauf neutre) de cette chaîne... Mais dans votre cas, il ne s'agit pas d'exploitation politique, mais simplement d'information, une sorte d'Oklo politique. Oklo étant un réacteur nucléaire naturel découvert dans les années 70 au Gabon.

Écrit par : Baptiste Kapp | 18 mars 2011

@M. Kapp: je ne crois pas avoir écrit que les écologistes sont pour l'utilisation du charbon? C'était juste une remarque d'ordre général sur les alternatives au nucléaire, car comme écrit plus haut dans l'article, il y a les morts qui comptent politiquement, et il y a les autres!

Du reste, je suis quasiment sûr que si on lui posait la question, à tout prendre, un militant écologiste préfèrerait une centrale à charbon à une centrale nucléaire.

Quant à moi, eh bien, je me contente de ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain, voilà tout. Je n'ai pas de position dogmatique pour ou contre le nucléaire, je me borne à constater qu'en l'état actuel des choses, il représente une part semble-t-il irremplaçable de la production d'électricité. Est-ce donc insensé que de vouloir aborder la question avec une vision dépassant les événements de la semaine dernière?

Je crois vraiment que les orientations énergétiques doivent être considérées avec pragmatisme, sans passion - ce n'est malheureusement pas la direction prise par le débat. En ce sens, on peut comprendre le recul des autorités helvétiques face aux votations sur le nucléaire; encore qu'on ne puisse trancher s'il s'agit d'un délai pour ramener la sérénité ou d'une reculade comme en France et ailleurs en Europe.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 mars 2011

@ Stéphane Montabert

Cher Monsieur,

Merci pour votre texte.

Votre position appelle toutefois des observations.

Vous savez que le nucléaire civil est une étape dans l'acquisition du savoir faire pour le nucléaire militaire. Le nucléaire civil est un facteur de dissémination.

Or les armes atomiques disponibles sont déjà capables de détruire plusieurs fois la vie sur Terre, non par le souffle direct des explosions, mais par le déclenchement de l'hiver nucléaire.

Je crois que toute prise de position sur le nucléaire civil doit se nourir de cette prise de conscience.

D'autre part, l'esprit humain est suffisement prolifique pour inventer des alternatives au nucléaire. L'histoire récente est jalonnée de sauts technologiques. Qui peut prétendre qu'aucune solution énergétique nouvelle ne va plus émerger ?

A mes yeux, il y a des solutions concrètes qui vont être mises en oeuvre, parmi les multiples recherches en cours. Sans doute des solutions moins fantaisistes que l'éolien.

Par exemple, j'ai calculé que l'énergie consommée dans le monde sous forme d'électricité correspond à la puissance du rayonnement solaire reçue sur 2% du Sahara.

Autre exemple, il y a une fillière qui est expérimentée, ce sont les algocarburants. Le sujet est très avancé, puisque cet algocarburant déjà été utilisé pour faire voler des avions. L'article de Wikipédia donne des éléments de réflexion utiles :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Algocarburant

Au surplus,les alternatives au couple nucléaire/hydrocarbures vont émerger avec d'autant plus de facilité que le coût de l'énergie va croître.

Le nucléaire est un "jouet" qui nous dépasse par ses conséquences militaires, par la durée de vie de ses déchets, et par la vulnérablité de ses équipements en cas de sabotage ou de catastrophe naturelle.

Alors, ayons l'humilité de laisser tomber le nucléaire, et travaillons plutôt au développement des alternatives. Sans hystérie médiatique, en effet, ce sera mieux.

Bien cordialement.

Écrit par : Sylvain Jutteau | 18 mars 2011

Intéressant votre remarque concernant l'exploitation politique de la terrible catastrophe qui a eu lieu au Japon!

Les lions commencent à manger et les rapaces sont déjà là pour récupérer tout ce qu'il y a de bon à prendre pour s'en donner à coeur joie!

Ceci sans rien faire et seulement vouloir montrer que l'on a trouvé la science infuse...

Écrit par : Chappuis Jean-François | 18 mars 2011

Très intéressant ce point de vue. Ca fait des jours que je fulmine sur les appels au référendum sur le nucléaire des écolos de tous les pays, pressés de profiter de la catastrophe pour essayer de manipuler une fois de plus les opinions publiques.
Ca fait du bien de lire tout ça...

Écrit par : Olivier | 18 mars 2011

@Sylvain Jutteau: merci pour votre point de vue rafraîchissant. Je vous avoue que je n'ai pas beaucoup entendu parler de bombes atomiques dans le récent débat sur le nucléaire, mais pourquoi pas?

Toutefois, je ne partage pas la vision du lien que vous semblez tracer entre bombe atomique et centrale nucléaire. Les contre-exemples sont innombrables. La bombe atomique a précédé la centrale: les Américains ont développé la bombe avec le programme Manhattan, bien avant une exploitation civile de l'atome. A l'inverse, les pays disposant de centrales nucléaires civiles ne voient pas les bombes atomiques surgir comme par magie dans leurs arsenaux: Suisse et Japon en sont de très bons exemples.

En réalité, si la matière fissile d'une bombe atomique peut être recyclée comme combustible nucléaire - ce qui s'est abondamment produit à l'issue de la guerre froide - l'inverse n'est pas vrai. De l'uranium ou du plutonium employés dans un réacteur civil deviennent instantanément inexploitable pour un enrichissement plus poussé, à utilisation militaire.

Le Traité de Non-Prolifération nucléaire (dénoncé par l'Iran) empêche les pays signataires d'avoir sur leur sol l'entière chaîne de production de maitère fissile, ce qui leur interdit l'accès à l'arme nucléaire par le détournement de capacités d'enrichissement à destination du civil. Même à la faveur d'un coup d'état, ils ne pourraient accéder à la bombe.

En conclusion, je réfute donc votre postulat "le nucléaire civil est un facteur de dissémination."

Plusieurs pays, comme l'Iran, utilisent le prétexte d'un programme nucléaire civil pour mettre secrètement au point une bombe atomique; mais ce n'est qu'un prétexte, justement.

On peut donc être contre la bombe atomique et pour les centrales nucléaires en gardant toute sa cohérence intellectuelle.

Je suis tout à fait d'accord avec vous, en revanche, sur les sauts technologiques qui émergent parfois du génie humain; reste que pour remplacer le nucléaire, en pratique, nous l'attendons encore. Des possibilités sectorielles existent, comme pour les carburants; pour la production d'électricité elles sont encore à inventer.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 mars 2011

Monsieur Montabert, on peut débattre des idées, mais pas des faits.
Je pourrais, avec tant d'autres, démonter points par points votre argumentation, mais j'ai peur de devenir aussi rébarbatif que vous.
Je ne soulignerais donc que 2 choses.
La première, c'est que dans votre dernière opération de propagande, vous citez en exemple, en donnant le lien internet, 7 fois le même rapport, afin d'appuyer votre propos. Jusque là tout va bien, après tout pourquoi pas. Mais vous citez 7 fois le même rapport en faisant croire avec vos ici, ici, et encore ici, que ces rapports sont différents, alors que ce sont les mêmes. Belle preuve du mépris que vous avez de vos lecteurs. Ce rapport est traduit INTEGRALEMENT en français, mais vous donnez les liens en Anglais, ainsi, vous êtes sûr qu'au 2° clic, la grande majorité des lecteurs n'ira pas chercher plus loin, et ne découvrira ainsi pas votre supercherie et ce dira : " Ouahou, quel intello ce Mr Montabert, il lit les rapports de l'OMS en Anglais, j'ai bien fait de voter pour lui !"
En lisant brièvement la traduction en Français de ce rapport, je me rend compte avec stupeur, que vous en reprenez mot pour mot certains termes, sans toutefois le signaler. Ceci s'appelle du plagiat.
Belle démonstration de comment fonctionne la propagande de l'UDC.

Deuxième et dernier point. Vous n'avez semble t'il pas lu l'ensemble de ce rapport, si vous l'aviez fait, vous auriez vu qu'il est écrit qu'il est extrêmement difficile d'avoir des chiffres fiables concernant les victimes de Tchernobyl.

Pour finir, Monsieur Montabert, quand cesserait vous d'insulter vos adversaires, de falsifier leurs propos, et de prendre vos aises avec la vérité ?
Les écologistes posent en matière de nucléaire les bonnes questions depuis des années :
_ On ne peux pas prévoir les catastrophes qui pourraient toucher les installations nucléaires, et l'on ne sait pas y faire face.
_ On ne sait pas que faire des déchets nucléaires.
_ On ne sait pas comment démanteler une centrale nucléaire ( ce qui nous oblige à toujours prolonger leur durée de vie)
et la dernière question, qui pour moi est l'une des plus intéressante : A qui profite le crime ?
Juste encore un dernier point. L'opérateur privé de la centrale de Fukushima a fait preuve de négligence, a falsifié des documents, a caché les mises en gardes de l'armée américaine concernant les dangers que représentait cette centrale, et lorsque cette catastrophe est arrivée, à mis plusieurs jours à en révéler l'ampleur.
Voilà ce qui arrive lorsque l'on met le nucléaire entre les mains de gens qui ne voient que leurs profits.
En Suisse et en France voisine, on pratique exactement la même politique.

Écrit par : jeff | 19 mars 2011

@jeff: vos accusations tombent à plat. N'importe qui, en cliquant sur les liens donné, verra de lui-même qu'il ne s'agit pas des mêmes rapports, qui pensez-vous abuser avec des accusations aussi grotesques?

Non seulement je n'ai pas lu tous ces rapports - vous non plus - mais je me suis borné à citer et traduire un billet de James Delingpole; du reste, le lien vers le communiqué de presse de l'OMS/AIEA/PNUD est dans l'article. Tout est convenablement sourcé.

Et si vous dites qu'avec ma traduction originale je retombe mot à mot sur la version française d'un rapport de l'ONU, eh bien, sachez que j'en tire une certaine fierté! :-) Mais en 2011, je doute d'impressionner qui que ce soit juste en parlant anglais...

Il est évidemment difficile de calculer le nombre de morts dûs à Tchernobyl, puisqu'on est dans le même flou artistique que n'importe quelle situation basée sur des estimations statistiques - ce qui permet aux agitateurs de brandir les estimations les plus fantaisistes.

Mais, alors qu'aucun intérêt financier n'est en jeu, vous semblez refuser de croire les conclusions d'une ribambelles d'organisations supra-nationales telles que vous les vénérez habituellement. Si seulement vous pouviez faire preuve d'autant de circonspection envers toutes les salades qu'on nous balance quotidiennement au sujet du prétendu réchauffement climatique, on aurait fait un grand pas!

Vous avez raison sur un point: il y a d'évidents problèmes de communication sur tout ce qui touche le nucléaire, donnant lieu à une dichotomie assez fascinante entre la sérénité exagérée du Japon et l'hystérie collective des gouvernements européens. Vous mettez cela sur le compte du propriétaire privé de la centrale - la propriété privée, voilà l'ennemi, pas vrai? - mais à Tchernobyl et ailleurs les centrales ne sont pas toujours aux mains d'opérateurs privés, le problème est donc d'un autre ordre.

Passons enfin sur le mantra anti-nucléaire que vous récitez en fin de commentaire. Les centrales résistent fort bien aux pires catastrophes, et après Fukushima, elles y résisteront encore mieux. On a plein de solutions de traitement, de recyclage ou d'enfouissement pour les déchets; on sait démanteler les centrales nucléaires, mais comme il est devenu quasi impossible d'en construire de nouvelles - merci aux écologistes - on prolonge indéfiniment la durée de vie de réacteurs vieux de quarante ans, là où des technologies plus récentes augmenteraient le rendement, la sécurité, et diminueraient la production de déchets. Encore un bel autogoal des "défenseurs de la nature", c'est une habitude...

Mais je parle de tout cela dans l'article, l'avez-vous seulement lu? Quelque part, j'en doute.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 mars 2011

Monsieur,

Si vous réfléchissez de manière objective, à savoir sans a-priori idéologique ni intérêt financier quelconque...

Les points positifs du nucléaire actuel, à savoir la fission atomique :

- grande puissance de production par mètre carré utilisé
- possibilité d'en implanter presque n'importe où (j'y reviendrai dans les
aspects négatifs)
- construction relativement rapide
- si implantée à proximité d'un réseau de distribution existant, pas
de besoin important pour l'arrivée du carburant
- production quasi continue indépendamment de facteurs extérieurs tels que
météo, saison

Vous m'en trouverez peut-être d'autres qui sont moins objectifs :

- prix de revient du kWh : discutable, car actuellement ne sont pas pris
en compte de manière objective les coûts de stockage des déchets ni la
désaffectation d'une vieille centrale
- indépendance énergétique : nulle, car nous dépendons de fournisseurs
externe pour le carburant, et pour le traitement des déchets


Inconvénients maintenant :

- nécessité d'implanter toute centrale à proximité d'un fleuve ou océan
pour assurer le refroidissement, quelle que soit la technologie de
centrale retenue
- production continue et pas modifiable : pas de possibilité de puissance
de pointe rapide
- arrêts de maintenance nécessaire régulièrement, lesquels nécessitent
plusieurs semaines
- durée de vie d'une centrale limitée : tôt ou tard, mais au maximum après
50 ans, la centrale devient si radio-active qu'il faut la fermer, et son
site n'est pas réutilisable, ni aucun de ses composants
- déchets radio-actifs : je vous invite à faire un trou dans votre jardin
ou une place dans vos placards pour y stocker votre part de déchets...
sérieusement, certains d'entre eux nécessitent un stockage sûr et garanti
pour 100 milles ans !
- risque d'accident : toute installation possède un risque d'accident, mais
les conséquences ne sont pas identiques : à choisir, je préfère une plus
grande probabilité d'accident mineur à une faible possibilité d'accident
majeur; 10'000 ailes froissées en ville dans la circulation valent mieux
que 1 mort ou handicapé à vie...

Bref, il y a toujours le problème des déchets et de la désaffectation de la centrale, sans parler d'accidents. Actuellement, nous n'avons résolu de manière convaincante aucun de ces deux problèmes, nous laissons le cadeau empoisonné à nos descendants, c'est une philosophie politique intéressante...
A tel point que les wagons revenant avec nos déchets traités circulent sans que personne ne sache où et quand, c'est le traitement du risque par l'obscurité, le plus mauvais qui soit.

Le combustible nucléaire n'est ni partout ni gratuit ni infini.


Les alternatives existent. Elles pourraient être mises en place si la volonté politique et économique y mettaient un peu de bonne volonté, mais ce n'est pas le cas.
Il y a 2 sources quasiment inépuisable d'énergie que personne n'exploite :
la géothermie, et les marées. Ces ressources seront épuisée le jour où la terre aura été gazéifiée par le soleil à l'état de géante rouge, dans environ 4 milliards d'année. Cela, c'est du développement durable !

Sinon, il y a la fusion nucléaire, telle que la pratique notre soleil. C'est le rêve, mais c'est pour plus tard, alors que le géothermie et les marées ce pourrait être pour dans 10 ans si nous le voulions, sans le moindre doute.


En matière de politique énergétique, personne n'est neutre. Ni les décideurs, ni les investisseurs, ni les ingénieurs, ni surtout les actuels producteurs qui tiennent tous à garder leurs bonne recettes actuelles qui rapportent le plus longtemps possible, ce qui je vous l'accorde est humain...

La révolution énergétique se fera donc certainement dans le chaos, avec pertes et fracas, parce que c'est semble-t-il le propre de l'Homme d'être égocentrique et de ne pas vouloir voir les bénéfices à long terme, pour ses descendants. Moi d'abord, et maintenant d'abord !

Alors qu'il y a des illuminés qui osent prétendre que gouverner, c'est prévoir ? Et des pigeons pour croire les illuminés ?





Bon week-end à vous, Monsieur.

Écrit par : Greg | 19 mars 2011

Cher Monsieur,
je trouve particulièrement infect vos insinuations de prétendre que les "écologistes" puissent se réjouir des événement du Japon et en user avec opportunité...

(le seul fait que vous l'évoquiez révèle au moins votre opportunisme à VOUS!!!)

La seule réponse possible est la compassion...Et la seule opportunité que nous ayons est celle de la remise en question profonde..
Elle a pour moi ce mot: Décroissance...que je commence à méditer et à me demander comment elle pourrait être appliquée comme choix de vie et de survie dans un monde consummériste et schizophrène...Comment je pourais en faire MON mode de vie...

Écrit par : Vent-de-Folie | 19 mars 2011

@Vent-de-Folie: infect ou pas, chacun peut observer de lui-même la satisfaction affichée des écologistes sur ce qui se passe à Fukushima et se faire sa propre idée.

Bonne décroissance à vous.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 mars 2011

Je ne sais pas pour les écologistes suisses, mais, en tout cas, il y a une photographie de Cohn-Bendit et de Duflot qui les montre hilares lors de leur conférence de presse.

Il est permis de trouver cette attitude indécente.

La précipitation des écolos s'explique : le temps joue contre eux. Si, comme tout le monde (à part les écolos fanatiques) l'espère, les japonais parviennent à maitriser l'accident nucléaire de Fukushima, quel sera le bilan ?

Six réacteurs nucléaires en fin de vie, de conception ancienne, ont subi un tremblement de terre et un raz-de-marée exceptionnels. Au final, les victimes seront peu nombreuses, quelques dizaines d'irradiés parmi les travailleurs du site, c'est-à-dire beaucoup moins que l'effondrement du barrage.

On pourra difficilement dire, quand les têtes auront refroidi en même temps que l'uranium, que ceci constitue une condamnation sans appel du nucléaire civil. Si les tenants du nucléaire communiquent habilement, ils pourront même faire valoir cet argument comparatif dans quelques mois.

Si la précipitation des écolos est compréhensible, celle des politiciens prétendument responsables, à commencer par Angela Merkel, l'est beaucoup moins.

Quand on examine sereinement la situation, les anti-nucléaires ont raison sur deux points, un accident nucléaire peut disperser des déchets :

> sur une surface immense (un continent)

> pour longtemps : certains composés radioactifs restent actifs pour des centaines d'années.

Mais ces deux effets nocifs sont compensés par deux effets bénéfiques dont on parle peu :

> à mesure que les déchets radioactifs se dispersent, leur concentration baisse et l'on passe très vite sous les seuils dangereux pour l'homme.

> la plupart des déchets radioactifs ont une vie courte. 7% des produits de fission sont à vie longue (période entre 100 et 100 ans) et 10% très longue (supérieure à 100 ans).

La combinaison de ces quatre paramètres fait qu'en pratique les accidents nucléaires ont peu d'effets au-delà de quelques dizaines de kilomètres autour du lieu du sinistre, comme l'a amplement montré la catastrophe de Tchernobyl.

Qu'en déduire ? Qu'il faut éviter de construire des centrales nucléaires trop près des mégapoles. Mais c'est déjà le cas, non ?

En vérité, le seul danger vraiment hors de proportions du nucléaire civil, c'est son possible détournement pour un usage militaire. Mais, évidemment, cette question ne concerne pas les pays qui ont déjà la bombe atomique ou ceux qui, pour des raisons diverses, ne la recherchent pas (Allemagne, Japon, Suisse, ...).

Notre drame, pas limité au nucléaire, est, du fait de la dictature de l'émotion médiatique que nous subissons, qu'il devient de plus en plus difficile de prendre collectivement des décisions rationnelles.

Écrit par : Franck Boizard | 19 mars 2011

Totalement UDC je suis également pour une vision décroissante de nos modes de vie occidentaux. Je l'applique comme je peux et du mieux que je peux, en ayant commencé avec d'abord ces principes :

- se poser la question de ce qui est vraiment nécessaire....
- en ai-je vraiment besoin.....
- Etre toujours dans l'optique de "diminuer sa consommation"
- Avoir des priorités pour ce qui est produit chez nous!

On y trouve du plaisir, de la satisfaction et beaucoup d'humilité et de respect envers la nature.

Il ne faut pas oublier que ces peuples qui tentent de nous rejoindre, c'est aussi parce qu'ils ont été informés de nos modes de vie....qu'ils envient!

En diminuant chez nous, on leur laisse la possibilité de consommer un peu plus chez eux, et à plus long terme de ne peut être plus avoir envie de s'expatrier dans un monde de consommation outrancière et saturé.

5 centrales nucléaires, si tout le monde s'y met, on peut passer à 4 puis à 3 etc....et à Noël prochain ne plus rien mettre d'illuminations privées!

N'oublions pas que moins de "demandes" c'est aussi un potentiel pour la baisse des prix dans le mode commercial actuel.

Écrit par : Corélande | 19 mars 2011

Monsieur,

[Tiens, un troll! Comme il y a à boire et à manger, je vais commenter directement dans le texte, entre crochets. -- Stéphane Montabert]

A l'évidence, vous auriez préféré que les écologistes imitent les pro-nucléaires en couvrant les difficultés de Fukushima d'un sarcophage de silence et de plomb sans chercher à dissiper le nuage de cachoteries, de désinformation et de mensonges dont la société Tepco a l'habitude d'entourer tous les incidents et accidents dont elle est responsable.

[Il ne me semble franchement pas, je dénonce d'ailleurs à plusieurs reprise la gestion de la communication par les responsables japonais; lancer un commentaire par des insinuations à côté de la plaque, c'est pas terrible. Voyons la suite.]

Les écologistes devraient donc se taire au lieu de mettre en garde avant que les catastrophes se produisent et se taire encore lorsque les événements leur donnent raison.

[Ils font bien ce qu'ils veulent sans me consulter, hein. Mais leur humanisme serait, disons, plus apparent s'ils concentraient leurs efforts sur les secours aux victimes du tsunami, terriblement dans le besoin, au lieu de tergiverser sur les victimes potentielles d'un hypothétique accident nucléaire majeur, dont l'expérience de Tchernobyl nous prouve qu'elles seraient de toutes façons moins nombreuses que les victimes déjà répertoriées au Japon.]

Kadhafi n'a rien à envier de votre conception de la politique et de la participation des citoyens aux choix énergétiques et environnementaux de leur pays. Surtout pas de débat démocratique. Vous êtes prêt à imposer le nucléaire et tous ses risques niés en vous basant sur vos mauvaises lectures ou de sombres intérêts personnels.

[Kadhafi, le nouveau point godwin à la mode? Mais cher monsieur, ce n'est pas moi que vous verrez prôner moins d'intervention populaire dans le débat nucléaire ni en fait dans n'importe quel débat. Ce sont les pouvoirs publics, et non moi, qui ont choisi de repousser les votations sine die. Ne vous trompez pas de cible.
Quant aux "sombres intérêts personnels", maintenant que vous m'y faites penser, il faudra que je relance Areva, je n'ai pas eu mon chèque ce mois-ci...]

Pour votre information, plusieurs pays européens (Danemark, Islande, Norvège, Autriche, Italie) se passent très bien du nucléaire.

[Mouais. Ils ne s'en passent pas si bien que ça. Par exemple, l'Autriche fièrement antinucléaire importe 6% d'électricité étrangère - donc nucléaire, parce que sans nucléaire personne n'a rien à exporter - pour couvrir ses besoins énergétiques. Le fameux syndrome "not in my backyard"...]

Le remplacement du nucléaire par le charbon n'est pas souhaitable, par contre le remplacement par les éoliennes off-shore monte en force et pour un prix de revient particulièrement intéressant. Les sites off-shore sont très loin d'être tous exploités. Et si en Suisse nous acceptons d'être dépendant de l'uranium importé, nous pourrions tout aussi bien accepter de remplacer cette dépendance par l'importation de courant d'origine éolien en passant des contrats pour la construction de nouvelles éoliennes off-shore avec des pays européens qui sont très intéressé par l'exportation de leur électricité verte.

[Tout ceci est bien intéressant, mais je n'en ai jamais entendu parler. Peut-être pourriez-vous glisser quelques liens vers d'éventuelles négociations en cours? Vers des déclarations publiques de ces fameux pays européens avec tellement d'électricité verte sous le coude qu'ils sont prêts à en exporter? Et à quel prix comparé au courant nucléaire?]

Cela pourrait nous faire l'économie d'une nouvelle catastrophe, parce qu'aucune centrale nucléaire n'est construite pour résister à la chute d'une météorite de quelques dizaines de kilos, comme il en tombe parfois quelque part sur notre planète.

[Le météore, c'est un peu le Deus Ex Machina d'une argumentation sécuritaire désespérée. Et au fait, ça fait quoi une météorite contre un barrage?]

Écrit par : Crazy Koala | 19 mars 2011

Une petite remarque sur le texte de Crazy Koala :

"Le remplacement par les éoliennes off-shore monte en force et pour un prix de revient particulièrement intéressant"

Si l'on se place du point de vue de l'utilisateur (garantir en tout temps que l'électricité est disponible), le prix de revient est nettement plus élevé qu'annoncé, en raison des coûts en investissement et en énergies fossiles nécessaires pour pallier aux périodes sans vent / sans soleil.
Si l'on se place du point de vue du producteur éolien dans un marché fonctionnant correctement (profitabilité = prix de vente - prix de revient), le bilan n'est pas terrible, vu que la valeur économique d'une énergie intermittente et capricieuse est très faible. Sur une échelle qualitative, on a par ordre décroissant :
- Barrages : production à la demande + fonction de stockage des excédents
- Gaz : production "quasi" à la demande ; faible (pas nulle !) consommation en "veilleuse"
- Fil de l'eau, nucléaire, charbon : production en bande
- Photovoltaïque, éolien : production aléatoire

Alors pourquoi le boom de l'éolien ? C'est que l'équation a été quelque peu modifiée par la politique, et devient : profitabilité = prix de vente garanti et imposé aux distributeurs - prix de revient. En plus, ce prix est accordé quelle que soit la demande, ce qui amène à des situations cocasses telles qu'un prix négatif pour l'électricité :
http://www.lesoir.be/actualite/monde/2010-08-18/allemagne-quand-l-electricite-vaut-moins-que-rien-787892.php

Sur le plan des émissions de CO2 pour l'électricité, comparons les pays à l'échelle européenne (lien : les 27 membres de l'UE + la Suisse)
http://oesterreichsenergie.at/tl_files/DOWNLOADS/Infografiken%20Statiker/09_emissionen.jpg
http://www.esu-services.ch/fileadmin/download/frischknecht-2008-Energiesysteme.pdf

Les "bons élèves", régulièrement cités en exemple par les Verts vs ces péquenauds de Suisses :
- Allemagne : 469 g/(kW*h)
- Danemark : 708 (!)
- Autriche : 155

Le gros de la troupe se situe entre 300 et 600. À la lumière de ces résultats, on constate le mauvais bilan de l'éolien et du solaire, sans capacité de stockage suffisante : quand l'énergie manque, on doit compenser avec du gaz du charbon (et - chut ! - du nucléaire). À ce titre, l'arrêt impulsif et inutile d'une grosse partie du parc nucléaire allemand va encore plus péjorer un résultat déjà mauvais. En attendant, on va pelleter du charbon dans les chaudières !

L'exemple de l'Autriche est intéressant, en raison de sa situation comparable à celle de la Suisse (pays alpin, énergie hydraulique + stockage dans les barrages, d'où bilan relativement bon), mais de son choix différent (pas de nucléaire). Comparons donc maintenant aux séides de l'atome :
- Finlande : 219# g/(kW*h)
- Lithuanie : 187*
- France : 46
- Suisse : 24
- Suède : 14
# En voie d'amélioration, avec Olkiluoto 3 + une autre centrale projetée
* Données 2007, nette péjoration probable depuis en raison de l'arrêt de la centrale d'Ignalina

Bien entendu, la disponibilité de ressources hydrauliques avantage certains pays, et il faut comparer en conséquence (Allemagne vs France, Autriche vs Suisse & Suède), ce qui donne des résultats assez éloquents !

Alors, arrêter le nucléaire et faire du renouvelable, pourquoi pas, mais procédons par ordre de priorité, en arrêtant d'abord les sources les plus problématiques, à savoir le pétrole et le gaz naturel (électrification du parc automobile, pompes à chaleur + énergies renouvelables + isolation pour le chauffage). Bref, dans une politique énergétique raisonnable, le nucléaire a encore quelques beaux jours devant lui.

Écrit par : zamm | 20 mars 2011

Mais comment peut-on, comme ce cher monsieur, insinuer de pareilles choses...
Les écologistes ne récupèrent rien, il constatent simplement le fait que l'on construit des centrales sans en maîtriser toutes les tenants et les aboutissants en cas de soucis... Soucis qui, en termes de probabilité, ne peuvent que se produire à une fréquence plus ou moins grande...

Il est évident que ce genre d’évènements servent les idées écologistes, et s'en est bien triste : encore une fois, notre way of life qui pourtant possède toute la puissance d'analyse nécessaire à l'anticipation et à la prévention des risques ne se réveille et se retrouve avec un sens éthique fort vis à vis de la planète seulement lorsque celle ci est inéluctablement endommagée...

Les écologistes ne prêchent pas leur paroisse : ils prêchent le bon sens, tout simplement.

Écrit par : Menuiserie | 20 mars 2011

@Menuiserie: le "bon sens" des écologistes ne semble pas leur faire réaliser la façon dont des réacteurs vieux de 40 ans ont vaillamment résisté à un séisme 100 fois plus puissant que ceux auxquels ils devaient faire face (9 au lieu de 7). C'est le tsunami, et non le séisme, qui a mis a mal la centrale en détruisant les groupes électrogènes assurant le fonctionnement des pompes; des vulnérabilités qui seront étudiées et auxquelles on remédiera très vite dans toutes les centrales du monde.

Mais paraît-il que 87% des Suisses sont prêts à arrêter le nucléaire selon le sondage du jour; apparemment, beaucoup de gens sont prêts à vivre avec une note d'électricité doublée, ou à suivre dans une aventure ceux qui prétendent qu'on peut supprimer le nucléaire sans conséquence. On verra bien ce que tout cela donne au bout du compte...

"Les écologistes ne prêchent pas leur paroisse : ils prêchent le bon sens, tout simplement." Moi je croirai à un éventuel bon sens écologiste lorsque j'en verrai vivre heureux selon les préceptes qu'ils prônent: nourriture bio et de saison à tous les repas, mobilité douce, compensation totale du CO2, électricité 100% renouvelable & société à 2000 watts, et j'en passe. Autant dire que les véritables écologistes ne sont guère nombreux!
Pour les autres c'est plutôt "faites ce que je dis, pas ce que je fais", ce qui les rend assez peu crédible dès lors qu'ils s'agit de donner des leçons au monde...

Mais cette opinion n'engage que moi!

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 mars 2011

Je partage votre point de vue.

Vous voyez ce qui est marrant, en comparant les commentaires dans la presse internationale, c'est de voir les francophones d'europes et quelque européens critiquer les Japonais et leurscentrales nucléaires. Alors que d'autre pays comme les USA et la grande bretagne se soucient d'abord de régler le problème et de soutenir les japonais.

Et j'ose imaginer ce que serait ces pays qui critiquent le plus si c'était arrivé chez eux. Certainement qu'îls dépenserait plus d'energie à s'occuper des pillards, voleur et oppourtunistes qu'à régler les conflit.

Les européens n'ont encore pas compris que ce n'est pas en gueulant le plus fort que l'on règle les problèmes.

Et il faut être clair avec les sondage "bas de gamme" des médias "bas de gamme".

Quand 87% des Suisses seraient favorable à se passer du nucléaire, j'aimerais bien voir quel pourcentage il restera de suisse quand il faudra se passer de 27% d'electricité et mettre un pull-over plutot que de régler le chauffage à 22°C...

Et je me répète depuis quelque semaine, mais la solution énergetique la plus viable sur le long terme reste le recyclage du CO2.

Écrit par : DdDnews | 21 mars 2011

D'ailleurs je tiens à rappeler qu'en terme de pollution le nucléaire pourrait largement faire mieux.

Effectivement, les déchets vitrifiés pourraient être parfaitement utilisés pour chauffer les maisons. Les déchets vitrifiés continuent de chauffer leur fût en verre pendant 200 ans.

Alors on me demandera certainement si j'aurais confiance de chauffer ma maison avec des déchets radioactifs... Ce a quoi je répondrais que pourquoi pas si les chose sont faites dans les règles et que les risques sont réduits.

Écrit par : DdDnews | 21 mars 2011

@DdDnews: vous n'avez pas peur de balancer des réflexions iconoclastes!

Moi ce que je remarque surtout c'est que la Russie, l'Inde, le Brésil, la Chine (et probablement bien d'autres) ont annoncé dès le lendemain de la catastrophe que les événements de Fukushima ne remettaient pas en cause leurs propres programmes nucléaires.

Faut-ils qu'ils soient bêtes avec toutes ces éoliennes et cette géothermie si compétitives qui leurs tendent les bras! A croire qu'ils ont fait leurs propres calculs et arrivent à des conclusions différentes de certains de nos commentateurs, mais ça paraît quand même difficile à avaler.

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 mars 2011

Je met un pull et me chauffe entre 17°(chambre à coucher) et 19° (salon) depuis 2 ans. Quand à l'eau chaude, le soleil le fait pendent six mois.

Total des courses, moins de rhume et d'état grippaux pour toute la famille.

Quand une partie des déchets sont dangereux pendent des milliers d'années, il convient d'éviter de les produire.

Écrit par : pensif | 21 mars 2011

"vous n'avez pas peur de balancer des réflexions iconoclastes!"

Je ne faisais que partager mon sentiment après avoir lu les différent commentaires sur différent journaux internationnaux. Si c'est bien à ca où vous faites allusions.

@Pensifs, pour ma part j'adore le froid mais je ne vis pas seule... Quand j'étais célibataire et que ma soeur venait me rendre visite, elle prenait toujours une paire de chaussette, car elle savait que je ne chauffais presque pas.

Mais mon intervention aurait pu être sur autres choses. Simplement le fait de remarquer que les gens veulent bien se passer du nucléaire s'ils n'ont pas d'effort à faire. Avec les éolienne et les panneau solaire c'est la même chose. Tout le monde en veut mais personne ne les veulent dans leur jardins...

Pour ce qui est des déchets, je ne suis pas d'accord si l'on peut utiliser ces déchets à des fin utile.

Regarder tridel à Lausanne, les gens recycle tellement bien qu'il n'y plus rien à brûler pour faire fonctionner l'usine. Du coup, ils sont obligé d'importer leur d^chet de l'étranger...

Écrit par : DdDnews | 21 mars 2011

@ Stephane Montabert,on vous rassure y'avait pas que le réveil des écologistes c'est fou le nombre de bulletins de versements réclamant des dons qui fleurirent nos boites aux lettres,très bizarres coincidences auxquelles plus personne ne croit,en tous cas dans notre canton!

Écrit par : lovsmeralda | 24 mars 2011

Mais ça pour êtr affligeant, vous gagnez la palme vous..!!!
On peut toujours parler et dire les écolos ceci, les écolos cela...
Un jour viendra, ou il n'y aura pas d'autre choix que de ne pas se chauffer...Je suis convaicue que les urgences climatiques et naturelles nous forceront de manière brutale et douloureuse de changer de cap...Alors plutôt que d'ergoter pour savoir qui a raison, on fairait bien mieux de s'y mettre JUST NOW!!!
Moi je vais vous dire Mr Montabert, on s'en fout qui a tort , qui a raison...Nous avons un problème..Il nous faut le résoudre...Et ce n'est pas en s'acharnant sur le soi-disant "opportunisme " des écolos que vous contribuez à sa résolution...Les verts sont la seule formation à proposer un programme, que je n'aprouve pas toujours mais là n'est pas la question, avec un projet de société...Au contraire de l'UDC, qui est le seul parti à avoir inscrit dans son programme un chapitre anti gauchiste...!!Il fallait le faire..En voilà des propositions constructives, BRAVO!!! Nous sommes bien avancés..(

Et ne venez pas me dire que les autres formations politiques ont aussi des projets verts: elles l'ont fait par opportunisme, parce que c'est vendeur en terme d'images et que, l'éco business est une vache à lait à traire de toute urgence..La preuve ave Suisse Eole qui n'est pas née des mileurx écologistes mais bien de la droite et des pros nucléaires!

Écrit par : grain de sable... | 25 mars 2011

Tridel à Lausanne, a du dans un premier temps avoir recours à des déchet extérieur.

La raison principale étant qu'il ne pouvais pas bruler certains déchet vaudois car des communes sont sous contrat avec d'autres installations en Suisse.

A terme, cette usine ne va traiter que des déchets vaudois. Par ailleurs, elle n'a pas, actuellement, la capacité de traiter l'entier des déchets du canton.

Écrit par : pensif | 25 mars 2011

Article intéressant - et non dénué de vérités! - mais qui malheureusement se borne de contrer les arguments des "écologistes" (reconnu comme étant un groupe unique doté d'une volonté unique et d'un programme unique, et non comme dans la réalité un regroupement de personnes de sensibilités différentes mais passons...) et à jeter les sources d'énergies les unes contre les autres (nucléaire contre hydroélectrique, c'est qui qui gagne). C'est pour moi passer à côté de ce que je considère comme le problème principal: il n'y pas de source d'énergie parfaite et adaptée à toutes les conditions.

Bien sûr, comme vous le relevez, l'hydroélectrique est potentiellement aussi (voire plus, dans le cadre du barrage des trois gorges) dangereux que le nucléaire. Bien sûr une centrale éolienne installée dans un endroit aux vents capricieux, des panneaux solaires installés sous une couche de nuage permanente ne sont pas des solutions viables/intéressantes. Pour autant elles ne sont pas dénuées d'intérêts dans d'autres conditions.

De même installer un nombre de centrales nucléaire aussi important au Japon, région extrêmement densément peuplée et hautement sismique me semblent pour le moins dangereux. Car contrairement à ce que vous prétendez les centrales n'ont pas "vaillamment résisté à un séisme 100 fois plus puissant que ceux auxquels ils devaient faire face". L'effet d'un séisme dépend fortement de la distance à l'épicentre, et il y a fort à supposer que le même séisme 100km plus à l'ouest aurait engendré la destruction totale et rapide de la centrale de Fukushima et donc une irradiation permanente d'une zone autour de la centrale.

Evidemment il faut savoir prendre des risques et nous ne pourrons nous passer rapidement du nucléaire dans les années qui viennent, mais les risques méritent d'être clairement, rationnellement et surtout totalement mesurés avant de prendre des décisions qui impacteront possiblement toute une région et sa population.

Les conclusions à l'emporte-pièce ("le nucléaire c'est mal - le nucléaire c'est bien - le nucléaire on a pas le choix, donc autant construire n'importe où les centrales") et les décisions politiques en découlant risquent d'être préférées malheureusement à une évaluation neutre et intelligente de la situation...

Écrit par : Firken | 27 mars 2011

@Firken: "C'est pour moi passer à côté de ce que je considère comme le problème principal: il n'y pas de source d'énergie parfaite et adaptée à toutes les conditions."

Dans le genre enfoncement de portes ouvertes, vous forcez le respect :-)

Je n'ai pas de goût particulier pour le nucléaire; c'est une source d'énergie parmi d'autres. Elle a juste l'avantage d'être très bon marché et avec un bilan CO2 parfait, pour ceux qui versent dans l'arnaque du réchauffement climatique. Et elle a quelques inconvénients, comme lorsqu'on laisse des centrales de 40 ans d'âge sur des zones sismiques exposées aux tsunamis.

Maintenant, le nucléaire n'est pas l'alpha et l'oméga de la production énergétique: on peut très bien remplacer les centrales nucléaires par des centrales à gaz, à charbon ou au pétrole. Cela nous rendra plus dépendant de l'étranger pour se fournir en matière première, coûtera plus cher, et augmentera le bilan CO2, là encore pour ceux qui versent dans l'arnaque du réchauffement climatique.

Il y a aussi la "solution" qui consiste à choisir des sources d'énergie olé-olé genre éoliennes ou panneaux solaires, ça nous coûtera encore plus cher et ne suffira pas à remplir la demande. On pourra aussi se fournir auprès de voisins plus nucléarisés que nous, s'il en reste, ou accepter des pannes de courant régulières. Ma foi, dans pas mal de pays du tiers-monde ils n'ont de courant qu'à certaines heures de la journée et ils n'en meurent pas (tous).

La politique énergétique est un compromis. Mais raconter qu'on peut supprimer le nucléaire du jour au lendemain ou même à moyen terme, sans douleur et sans conséquences, c'est le populisme le plus mensonger. Celui-ci est aujourd'hui alimenté par les problèmes de Fukushima, lesquels sont brandis comme l'apocalypse nucléaire alors même que les effets de Tchernobyl ont été largement surestimés. Bref, comme d'habitude, les écolos jouent avec les peurs de Fin du Monde. Jamais rencontré un sympathisant écologiste qui ne vive dans la terreur de ceci ou de cela...

Maintenant, regardez votre facture d'électricité et demandez-vous quel sera votre inconfort si vous payez le double ou le triple. C'est vous qui voyez. Mais il n'y aura pas que votre consommation personnelle: tout, absolument tout, sera plus cher. L'industrie exportatrice exportera moins à cause de coûts de production plus élevés, vos transports en commun écolo-compatibles seront encore plus hors de prix ( http://actu.trains-et-trainz.fr/2011/03/25/cffsans-atome-les-trains-risquent-de-rester-en-rade/ ), les biens de consommation dans les magasins seront plus chers, etc., etc.

Moins de croissance, moins d'emplois, moins d'exportation, moins de prospérité. C'est un choix - que les pays non-européens rejettent par ailleurs.

On *peut* se passer de nucléaire, si on le veut vraiment. Le tout est d'étudier sérieusement les conséquences et de ne pas se limiter aux slogans simplistes. Peut-être que la classe moyenne helvétique y survivra, peut-être pas. Après, c'est le peuple qui décide.

Écrit par : Stéphane Montabert | 29 mars 2011

Tiens, je profite du calme revenu pour mentionner deux choses:

1. La filière du Thorium, exposée par le physicien Jean Christophe de Mestral:
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/a18143b6-5a33-11e0-b2b2-ee353dbb3c10/Une_alternative_au_nucl%C3%A9aire_la_fili%C3%A8re_du_thorium

Point de vue très intéressant sur une filière nucléaire inexpoitée, à base de Thorium donc. Principaux avantages:
- Il génère moins de déchets.
- Il n'a pas besoin d'être enrichi.
- Il ne provoque pas de réaction en chaîne. Il faut un apport d'énergie pour amorcer et soutenir la réaction nucléaire génératrice de chaleur, ce qui signifie qu'en cas de catastrophe, le réacteur s'arrête dès qu'il est débranché, pas besoin de l'arroser en continu pendant des jours comme à Fukushima...
- Il est totalement inutilisable pour un usage militaire.

Le Thorium est disponible en quantités beaucoup plus grandes que l'uranium et partout dans le monde, il y en a pour 10'000 ans de réserves. J'imagine que le bilan énergétique d'un réacteur de ce type est légèrement inférieur à celui d'une centrale nucléaire à uranium enrichi, mais au vu des avantages il n'y a pas de quoi rechigner!

2. Un point de vue de George Montbiot, écologiste anglais très influent:

"Vous ne serez pas surpris d'entrendre que les événements du Japon ont changé mes vues sur l'énergie nucléaire. Vous serez surpris d'entendre comment ils les ont changé. A la suite du désastre de Fukushima, je ne suis plus neutre face au nucléaire. Je soutiens désormais cette technologie.

Une vieille centrale décrépie aux procédures de sécurité dépassées a été atteinte par un séisme monstrueux et un tsunami immense. L'alimentation électrique a été interrompue, coupant le système de refroidissement. Les réacteurs ont commencé à exploser et à entrer en fusion. Le désastre a révélé un héritage familier d'erreurs de conception et d'économies de bouts de chandelle. Et cependant, autant qu'on puisse en juger, personne n'a encore reçu une dose fatale de radiations.

Certains écologistes ont exagéré de façon extravagante les dangers de la pollution radioactive."

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2011/mar/21/pro-nuclear-japan-fukushima

(découvert via le blog de James Delingpole)

Écrit par : Stéphane Montabert | 31 mars 2011

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