30 mars 2011

Pendant ce temps, la crise...

En ce moment, Fukushima et Kadhafi tiennent à eux deux l'essentiel du pavé médiatique. Ces nouvelles exotiques sont bienvenues; elles permettent d'éviter aux journalistes de présenter au bon peuple européen le troisième acte de la crise financière européenne qui se joue en ce moment au Portugal, et qui aura des retombées bien plus significatives pour lui que les péripéties libyennes ou les déboires nucléaires japonais.

José_Socrates_na_OIT.jpgPendant ce temps, au Portugal...

Que s'est-il passé au Portugal, au fait? Eh bien, le Premier ministre portugais José Socrates a démissionné mercredi dernier, après le rejet au parlement d'un nouveau plan d'austérité - le quatrième - censé "garantir" la réduction du déficit public et éviter le recours à un plan de sauvetage de l'Union européenne et du FMI.

Ecrit autrement, les politiciens portugais ont refusé de se serrer une nouvelle fois la ceinture.

Bien qu'il soit possible de créer un nouveau gouvernement avec les élus en place, on semble se diriger vers de nouvelles élections. Elles auront lieu 55 jours au moins après la dissolution de l'assemblée, selon la Constitution portugaise. L'heure tourne. Cela nous projette quelque part au mois de mai. Or, le Portugal doit rembourser 4,3 milliards d’euros de dette en avril puis 4,9 milliards en juin. Pour le renouvellement de la première tranche, le pays sera privé de gouvernement et en pleine campagne électorale; on peut donc s'attendre à ce qu'aucune décision politique forte ne soit prise à ce stade, ce qui laisse penser que le Portugal empruntera sur les marchés.

Jetons un petit coup d'oeil aux taux portugais à 10 ans:

portugal_10y.jpg
Taux portugais à 10 ans

Comme on voit, ça ne va pas passer comme une lettre à la poste: 8% d'intérêt, c'est énorme - bien plus que ce le Portugal réussit à économiser avec ses multiples plans d'austérité.

Compte tenu de son absence de leadership, les options du Portugal sont limitées. Il pourrait peut-être renouveler sa dette avec des échéances plus courtes, permettant de diminuer le coût global du crédit; cela ne changerait pas grand-chose, mais permettrait au moins de repousser le problème le temps qu'une nouvelle équipe dirigeante prenne les commandes, n'est-ce pas? Hélas, c'est peine perdue, comme en témoignent les taux portugais à deux ans:

portugal_2y.jpg
Taux portugais à 2 ans

Oui, vous voyez bien la même chose que moi: les taux à 2 ans et les taux à 10 ans sont dans le même ordre de grandeur, autour de 8%. Pour les malheureux Portugais, emprunter à deux ans est aussi cher que d'emprunter à dix!

(Dans le B-A-BA de l'emprunt, les taux d'intérêts sont liés à la durée. Plus la durée est longue, plus on prive le créditeur de son bien - que ce soit une voiture ou une somme d'argent - pendant longtemps. L'emprunteur jouissant du bien à la place du propriétaire pendant une durée plus longue, il paye comparativement plus cher et c'est bien normal. Cela se traduit par un taux, c'est-à-dire un coût du crédit, plus élevé. Ici, les taux courts à même échelle que des taux longs envoient un message différent: ils traduisent le risque de défaut à court terme du Portugal. Il est tout à fait possible que les taux courts soient plus élevés que les taux longs; on peut imaginer de gros soucis temporaires - et des taux extrêmement élevés - à court terme, alors que les taux à quinze ou vingt ans sont plus détendus parce qu'on pense que les problèmes auront été résolus d'ici là.
Voilà l'interprétation que je fais de la situation. Fin de la parenthèse!)

Le Portugal va donc probablement contracter un dernier emprunt - ruineux - sur les marchés au mois d'avril, avant que le nouveau Premier Ministre portugais n'entre en fonction. Ses options ne sont pas légions:

  1. Laisser filer les déficits;
  2. Présenter un nouveau plan d'austérité;
  3. Renégocier la dette;
  4. Laisser chuter le Portugal dans le coton confortable du Fond européen de stabilisation financière (FESF), puis du Mécanisme de Stabilité (MES) de 500 milliards d'euros destiné à prendre son relais en 2013.

Au vu de la situation financière portugaise, l'option 1 ne paraît pas crédible - si quelqu'un voulait tenter l'aventure, les prêteurs se feraient rares, quel que soit le taux d'intérêt offert. L'option 2 semble aussi peu probable, puisque c'est l'opposition à un plan d'austérité qui a fait chuter M. Socrates. On peut imaginer que les adversaires du plan l'ont refusé parce qu'ils en avaient un autre en tête, mais aucune information n'est remontée en ce sens.

Choisir de renégocier ou de rééchelonner la dette déclencherait un coup de tonnerre dans le marché européen des souscriptions publiques, et replongerait instantanément le continent dans une nouvelle crise bancaire. Ce ne serait pas la possibilité la plus idiote, mais elle réclamerait une compréhension des enjeux et un courage dont la classe politique portugaise ne semble pas disposer. En plus, elle serait aux antipodes des solutions choisies jusqu'ici.

En réalité, chacun s'attend à ce que le Portugal, bon gré mal gré, se retire à son tour du marché ouvert de la dette pour s'abriter derrière le mécanisme d'entraide européen. A l'instar de la Grèce et de l'Irlande, après avoir tant clamé qu'il s'en sortirait tout seul, le Portugal disparaîtra du devant de la scène pour lécher ses plaies (financières) à l'abri des regards (du marché). Ce qui nous amène au domino suivant, l'Espagne.

Pendant ce temps, en Espagne...

Eh bien, l'Espagne ne va pas si mal - enfin, façon de parler! Taux de chômage de 20.33% fin 2010, avec une jolie embellie à 19.3% attendue fin 2011... Selon la Banque d'Espagne, la croissance sera de 0.8% en 2011, le pays affichera un déficit public de 6.2% du PIB et 5.2% l'année suivante (là où le gouvernement espère 6% et 4.4% respectivement, mais tous les gouvernements du monde s'y entendent très bien lorsqu'il s'agit d'embellir une situation.)

Le 10 mars, l'agence de notation financière Moody's a abaissé d'un cran la note souveraine du pays, à "Aa2" avec perspective négative. La note va encore baisser.

Le marché est dans l'expectative, comme les taux le montrent:

spain_10y.jpg
Taux espagnols à 10 ans

L'expectative donc, mais avec une grosse louche de méfiance par-dessus, la stabilisation étant à un niveau élevé.

Est-ce que des taux à 10 ans à plus de 5% sont soutenables pour un pays lourdement endetté, à la croissance en berne et au chômage atteignant un cinquième de la population active?

Personnellement, j'aurais tendance à penser que non, mais il vaut mieux que je me trompe parce que ni le Fond Européen de Stabilisation Financière ni le Mécanisme de Stabilité ne devraient suffire à éponger le renouvellement de la dette espagnole si le marché devient trop cher. Sans compter qu'au train où vont les choses, l'Europe pourrait être au pied du mur avant 2013, donc sans que son nouveau Mécanisme de Stabilité ne soit opérationnel.

L'Espagne peut tenir quelques temps sur sa lancée; son endettement n'est "que" de 63.5% du PIB. Mais le Portugal coule avec un petit 81.3% du PIB en dettes. Et l'Italie est à 118%... Est-on réellement sûr que l'Espagne est le prochain domino?

Pendant ce temps, ailleurs...

Quel temps fait-il à Berlin? Un peu de grisaille...

germany_10y.jpg
Taux allemands à 10 ans

Ca monte gentiment.

Malgré la santé insolente des exportations allemandes (une compétitivité à laquelle le renchérissement du coût de l'énergie va probablement mettre un terme, suite à la percée électorale écologiste) les investisseurs semblent se méfier. Mettons-nous à leur place: sous le couvert du FESF, du MES ou de n'importe quel autre acronyme, ils comprennent très bien que l'Allemagne est en train de reprendre à son compte, peu à peu, toutes les dettes des maillons faibles de l'Euroland.

Tous ces engagements, ces fonds, ces garanties, ça finit par peser sur un bilan, voyez-vous.

Angela_Merkel_(2008)_v3.jpgMme Merkel a déclaré que les Allemands avaient le devoir historique de ne pas "passer pour les méchants" dans la longue crise que traverse l'Euro; apparemment, elle opte plutôt pour être le dindon de la farce. Personne ne sait jusqu'où les électeurs allemands accepteront d'expier  les fautes des générations passées, et même ainsi, les épaules (fort larges) de l'Allemagne économique risquent de ne pas suffire.

Ah, aussi, le taux d'inflation est resté stable en Allemagne en mars - à 2,1%. Le chiffre, élevé, est compréhensible au vu des tombereaux de billets créés ex nihilo par la Banque Centrale Européenne pour ses petits coups d'éponge à droite et à gauche. A inonder le marché de liquidités, vous créez de l'inflation, c'est bête comme chou.

Du coup, la BCE  laisse entendre qu'elle montera ses  taux la semaine prochaine.

Ce qui aura un effet immédiat sur les taux d'intérêt de la dette de tous les pays de la zone Euro.

Aïe.

Quelque chose me dit que les Européens vont bientôt avoir une actualité locale à se mettre sous la dent.

Commentaires

Si vous étiez en France, soutiendriez-vous l'idée du FN de sortir de l'Euro ?
(Avez-vous lu l'édito de Nicolas Dupont-Aignan dans le dernier Figaro Magazine: l'euro, c'est une nouvelle religion qui ne profite qu'à une petite oligarchie. Pire, c'est une pure escroquerie...etc..)

Écrit par : Géo | 30 mars 2011

Bonne question Géo, mais la réponse mériterait probablement un billet à elle seule. Je vais essayer de résumer.

L'euro est un mauvais système pour des économies aussi diverses que celles des pays de l'Euroland, parce que de Lisbonne à Berlin c'est un carcan privant tout le monde de la relative flexibilité qu'offraient les monnaies qu'il a remplacé (même si c'est très dommageable de jouer aux apprentis sorciers avec une monnaie, quelle qu'elle soit.)

La France n'est pas la plus mal lotie avec l'euro, puisque la bonne réputation de cette nouvelle monnaie et les taux très bas pratiqués par la BCE ont permis à l'Etat français de creuser une dette bien plus profonde que s'il en était resté au Franc. C'est pareil pour pas mal de pays de la zone. L'euro est une monnaie de dette.

Mais penser qu'une sortie de l'euro résoudra quoi que ce soit en France est une erreur.

De tous les pays de la zone euro, économiquement parlant, c'est à l'Allemagne que la France ressemble le plus. Face à cette première évidence, une deuxième saute aux yeux: comparée à l'Allemagne, la France décroche. Croissance anémique, chômage, dette publique, balance des paiements: la France échoue partout, alors que l'Allemagne, pourtant économiquement comparable, réussit. Et les deux sont sous le régime de l'euro.

Beaucoup de gens, au fond d'eux-même, savent très bien pourquoi.

Le problème français n'est pas l'euro; c'est l'Etat.

Son inertie, son poids dans le PIB, sa fiscalité punitive, sa bureaucratie, sa lenteur, ses carcans réglementaires, voilà ce qui dévaste depuis des années l'économie française et fait fuir les entrepreneurs créateurs de richesse.

Une sortie de l'euro - subie ou choisie - aurait des conséquences énormes sur la dette en cours, l'inflation, les échanges économiques. Personne n'en mesure tous les tenants et aboutissants. D'un autre côté, un pays sorti de l'euro et disposant à nouveau de sa propre monnaie pourrait contrôler la masse monétaire et fixer lui-même le taux d'intérêt. Ceci dit, je doute que le jeu en vaille la chandelle.

Et je le répète, pour la France, le problème est moins dans l'euro que dans l'Etat. Ce qui me fait penser que si on confie à nouveau au gouvernement français une monnaie avec laquelle jouer, il est peu probable qu'il en sorte une gestion plus saine que lorsque le pays est sous le régime de la Banque Centrale Européenne comme aujourd'hui.

Écrit par : Stéphane Montabert | 30 mars 2011

Bien vu votre analyse de la situation au Portugal et dans d'autres pays de UE!

Les mëdias ne s'y intéressent pas, cela ne fait pas partie de l'émotionnel...

Bravo et continuez de vous passionner pour ce que la presse a tendance à oublier.

Écrit par : Chappuis Jean-François | 31 mars 2011

Merci pour votre réponse très argumentée. Vos conclusions transposées sur le plan politique impliquent une fois de plus ceci : autrefois, les dérapages du Vieux ont empêché toute réaction de défense de la société française face aux invasions barbares et aujourd'hui, les solutions trop radicales dans le domaine économique de la Fille vont créer un front commun qui amènera DSK au pouvoir.
Pauvre France...

Écrit par : Géo | 31 mars 2011

oui et pendant ce temps tout est figé comme si excepté le Japon plus rien n'avait d'importance,aussi secouer un peu ce panier de crabe n'est pas un luxe tandis que des personnes âgées de 85 ans restent à crier SOS toute une nuit après avoir chuté dans leur appartement,on se croirait revenu au temps des guerres de Grandson y'a t'il encore quelque espoirs de voir nos partis politiques se pencher sur ce qui devrait les toucher de près,c'est à dire la protection psychologique de leurs mères ou grand-mères!leur conscience se porte-t'elle mieux en portant secours à des inconnus,ce que la Suisse adore faire ailleurs même pas capable de le faire chez nous,honte et hypocrisie voilà ce que disent à haute voix de nombreux suisses

Écrit par : lovsmeralda | 31 mars 2011

Les solutions de Marine le Pen en matière économique ne sont pas "trop radicales", elles sont socialistes. C'est là le problème. Autrement dit, en dehors du protectionnisme et de la sortie de l'euro, ses "solutions" sont les mêmes qui sont appliquées depuis cinquante ans : plus d'Etat, plus d'Etat et plus d'Etat. "L'arme fiscale". Les nationalisations. On dirait du François Mitterrand du temps du programme commun avec les communistes...

Cependant, n'oublions pas que dans les années 70 et 80, quand l'horrible et peut-être antisémite Jean-Marie le Pen était le chef du Front national, son programme économique était... "ultra-libéral", comme on dirait aujourd'hui. Rien n'est simple.

Hélas, ce qui se "vend" en France, c'est le stato-gauchisme. Donc, alors que la droite a partout tendance à être libérale, en France, nous avons une droite de gauche. Et même une extrême-droite de gauche !

Hahaha, je suis sûr que vous, en Suisse, vous n'êtes pas capables d'un exploit pareil... C'est ça, l'exception française... Cherchez pas, vous y arriverez jamais, le procédé est breveté...

Écrit par : Robert Marchenoir | 31 mars 2011

la crise n'existe que dans la tête de ceux qui la veule vraiment ce fut dit par un économiste!et nous les vieux qui en avons tant vécu,on pose la question comment font-ils pour partir se bronzer si c'est vraiment la crise,on attend des explications logiques,mais celles-ci vraisemblablemt en crise réelle!

Écrit par : lovsmeralda | 31 mars 2011

Mais Oui Stéphane & Co, vous avez bien raison. Pendant que les Lybiens se font massacrer par ce cher Mouhamar, et que les Japonais cherchent leurs morts dans les décombres et tentent désespérément d'éviter la catastrophe nucléaire, continuons à spéculer sur les responsabilités de la crise. De toute façon, s'est bien connu, tout est de la faute des gauchiste et des Musulmans.
Une question Stéphane, que vous a fait votre pays d'origine pour que vous le haïssiez autant ?

Écrit par : jeff | 31 mars 2011

@jeff: Eh bien, il me semble qu'après avoir consacré mes deux derniers billets à la crise en Libye et à Fukushima, il n'y avait matière à parler un peu d'autre chose. Je ne vois pas le mal à aborder d'autres sujets que l'évolution journalière du taux d'iode radioactif en mer au large de la centrale japonaise ou les derniers mouvements de va-et-vient des insurgés entre telle ou telle ville de la côte libyenne. Sur ces questions, les médias habituels veillent au grain.

"De toute façon, s'est bien connu, tout est de la faute des gauchiste et des Musulmans."

Je vous ai connu plus incisif dans vos provocations...

Comme le fait justement remarquer Robert Marchenoir, le clivage droite-gauche est largement galvaudé en France puisque même l'UMP et le FN ont un programme socialiste, au moins sur le plan économique. Ce qui explique l'état actuel de la France alors que la "droite" a eu son mot à dire pratiquement tout le temps, et se retrouve encore officiellement au pouvoir aujourd'hui.

Pas besoin d'être de gauche pour être socialiste!

La France est malade de l'étatisme. Placez derrière les concepts qui vous font plaisir - socialisme, social-démocratie, keysianisme, collectivisme, Etat-providence, etc. Elle n'est pas la seule dans cette situation, mais elle est sérieusement amochée: la maladie a atteint le cerveau.

"Une question Stéphane, que vous a fait votre pays d'origine pour que vous le haïssiez autant?"

Haïr un pays, quelle étrange vue de l'esprit! Peut-on haïr un espace géographique, un peuple, des coutumes, une histoire, des idées, une cuisine, une langue, une culture? Il y a peut-être des gens qui haïssent tel ou tel pays, je ne sais pas (ils lui foutent des coups de pieds en descendant de l'avion?)

Moi en tous cas je ne trouve pas ça très rationnel.

J'ai grandi en France. J'ai progressivement réalisé comment, à tous points de vue - économique, social, politique, culturel - l'horizon y était bouché. D'où la volonté de voir autre chose, ailleurs. Pas forcément très loin, mais ailleurs. Je n'aurais jamais pu être frontalier. Je ne jette pas la pierre à ceux qui choisissent de l'être.

Depuis mon départ, je suis resté suffisamment proche du pays pour observer que son évolution conforte mes analyses.

Ah, aussi, la France est le pays des tabous, de l'auto-censure, du politiquement correct. C'est étouffant. Le climat intellectuel en France ne permet pas le moindre débat serein. J'ai des piqûres de rappel à chaque fois que des Français style Polo viennent contribuer à ce blog avec leur façon si "particulière" d'argumenter.

Pour finir: notez que pas une seule fois je n'évoque la France dans le billet. Je ne sais pas qui est obsédé par la France, mais ce n'est pas moi. ;-)

Écrit par : Stéphane Montabert | 31 mars 2011

"De toute façon, s'est bien connu, tout est de la faute des gauchiste et des Musulmans." (Jeff)

Ne soyez pas modeste : c'est aussi un peu la vôtre. Si les gauchistes et les musulmans n'avaient aucun soutien, ils n'auraient aucun pouvoir.

Écrit par : Robert Marchenoir | 31 mars 2011

Avez-vous remarqué que votre discours engage le plus souvent des parallèles avec celui du FN. Etrange, non?

"J'ai grandi en France. J'ai progressivement réalisé comment, à tous points de vue - économique, social, politique, culturel - l'horizon y était bouché"
En fait, en étranger opportuniste, vous venez boucher l'horizon des Suisses, c'est cela? Ah, non, vous n'êtes pas musulman et vous détestez l'Europe... Donc vous vous dites qu'en Suisse vous avez vos chances.
Savez-vous que j'ai grandi à Lausanne, fait mon ER à Thoune?... Devenu français par mon mariage, je bénis le Ciel de cette ouverture sur le monde que m'a offert la vie. On n'est pas pareil, Stéphane. Mais vous êtes encore très jeune et je parie que vous n'avez pas fini de retourner votre veste. Après l'abandon de votre patrie, vous pourriez aussi abandonner l'extrême-droite suisse.

Écrit par : Polo | 31 mars 2011

" l'horizon est bouché en France". J'imagine que les 60 Millions de français apprécieront votre optimisme...

La France est malade de l'étatisme. Placez derrière les concepts qui vous font plaisir - socialisme, social-démocratie, keysianisme, collectivisme, Etat-providence, etc."

Tout ça dans le même panier ! Placer Keynes et le collectivisme au même niveau, faut oser Stéphane !

Écrit par : jeff | 31 mars 2011

Je rappelle que le but des commentaires n'est pas de s'insulter les uns les autres. J'ai été contraint de rejeter un certain nombre de réactions, disons, excessives.

Merci de garder une certaine tenue à vos propos.

@Polo: "En fait, en étranger opportuniste, vous venez boucher l'horizon des Suisses, c'est cela?"

Je suis venu en Suisse parce qu'on m'y a invité. Mais votre remarque m'interpelle: envoyez-vous ce genre de réflexion à tous les immigrés? Ou seulement ceux qui auraient le mauvais goût de ne pas être de gauche?

Quant aux parallèles avec le FN - une obsession pour vous - ils n'existent que dans votre imagination.

@jeff: "J'imagine que les 60 Millions de français apprécieront votre optimisme..."

Je ne sais pas si vous suivez l'actualité, mais depuis quelques années le mouvement d'émigration des jeunes Français a pris les proportions d'un exode. Les Français votent avec leurs pieds. Je ne suis de loin pas le premier Français à avoir quitté le pays pour se trouver un avenir.

"Placer Keynes et le collectivisme au même niveau, faut oser Stéphane!"

Au lieu de rouler des gros yeux, dites-moi donc en quoi collectivisme et keysianisme seraient incompatibles? Un petit développement de votre argumentation serait bienvenu.

Écrit par : Stéphane Montabert | 31 mars 2011

Merci Stéphane de nous ramener un peu aux réalités !

En ce moment, les médias officiels nous amusent avec les "révolutions arabes", dont on ne peut tirer qu'un seul enseignement : c'est nous qui allons payer les opérations et leurs conséquences. Savez vous que l'ile de Lampédusa déborde de réfugiés ? Ils sont désormais libres et choisissent ... de s'installer en Europe ! Remarquez que je les comprends : ils sont assuré du gîte et du couvert, avec la liberté de couler un peu plus ce qui reste de protection sociale.

Donc merci de parler de l'euro (là encore, ce sont les peuples qui paieront, pas les élites). Je me demande d'ailleurs combien de temps la monnaie unique tiendra. On est surrendetté, et on se lance dans des opérations militaires couteuses et accueillant des populations couteuses. Le FN n'a même plus besoin de faire campagne, nos dirigeants s'en chargent. Ca promet !

Heureusement que vous êtes un peu protégé en Suisse. Quelle chance de ne pas être dans l'UE et sa panade. Mais soyez prudent, vous aurez surement à payer vous aussi, d'une manière ou d'une autre. Moins que nous français, mais quand même. Tenez bon. Et essayez d'arriver au pouvoir. Vous devez montrer la voie de la raison, nous comptons sur vous (un recentrage des partis nous évitera peut-être la montée du FN, enfin, je l'espère).

Écrit par : Paul | 31 mars 2011

Confirmation: les Portugais seront aux urnes dans une élection législative anticipée prévue pour le 5 juin.

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/03/31/au-portugal-des-elections-legislatives-anticipees-convoquees-le-5-juin_1501577_3214.html

L'Etat portugais vise également le court terme, en cherchant à placer un emprunt de 1,5 milliards d'euro à 1 an aujourd'hui même:

http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/03/31/le-portugal-tentera-d-emettre-vendredi-1-5-milliard-de-dette-a-un-an_1501560_3214.html

On ne connaît pas les raisons de cet emprunt extraordinaire (et probablement assorti d'un taux élevé), mais selon moi il pourrait servir à un montage financier de crédit-relais visant à repousser le refinancement de grosse échéance de mi-avril, afin que le renouvellement de cette tranche ne soit pas assuré par le marché, mais par les fonds européensqui prendront le relais quand le Portugal aura son nouveau gouvernement.

L'emprunt de 1,5 milliards servirait donc seulement à payer moins cher un autre emprunt d'un plus gros montant, plus tard. Mais ce ne sont là que pures hypothèses de ma part.

Aussi, le déficit public portugais pour 2010 s'établit à 8.6% du PIB, contre un objectif de 7.3%: le Portugal ne parvient pas à freiner l'emballement de son déficit.

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 avril 2011

Vos prévisions se confirment, et ce n'est pas la France qui va pouvoir aider le Portugal. Notre déficit 2009 etait à 7,9%, il passe à 8,2% pour 2010. Ca fait 150 milliards d'euros (multipliez par deux pour l'équivalent CHF). Rappellons que le Portugal et la France se sont engagés à ne jamais dépasser 3% du PIB...

J'ai l'impression de voyager sur le Titanic. Enfin non, sur le Titanic, il y avait quand même eu de la musique jusqu'au bout...

Écrit par : Paul | 01 avril 2011

La France est un pays où l'on innove peut-être le plus en Europe. Train à grande vitesse, recherche médicale ( institut pasteur par exemple ) Arianne espace ( une initiative française )l'Europe unie ( aussi une initiative française ) invention de la carte à puce, Sa forte participation de Airbus industrie, technologie nucléaire civile et militaire, marché automobile, deuxième puissance militaire d'Europe derrière la Grande Bretagne, plusieurs grands groupes industriels de renommée internationale etc... de quoi devenir la première puissance d'Europe.

Mais malheureusement les politiques de droite comme de gauche et les cartels syndicaux; plombent l'économie Française et son esprit d'entrepreneur. Quand cette dernière sera remis au premier plan et que le code du travail sera déverrouillé notemment sur la difficulté de licencier, ce pays fera péter la croissance et baisser le chômage.

D.J

Écrit par : D.J | 01 avril 2011

Tout ca est fort juste, mais 95% des français plane complètement et vous traitent de fous si vous affirmez que ce qui arrive au Portugal, Grèce, etc, peut (va) arriver à la France.

Au pire, si ca arrive, "c'est la faute à la faiblesse des impositions, cadeau fiscaux, entreprises ayant des comptes dans des paradis fiscaux, etc.. Donc, suffit 1)Augmenter les impôts 2)Plus de Taxe 3)Hausse des prélèvements obligatoires, et il n'y aura plus de problème, surtout que le Kapital n'a jamais été aussi riche (Super profit scandaleux du CAC40) et les pauvres, pauvres, et qu'on manque terriblement de moyen à l'éducation national, hôpitaux, et tous les services publics en générale et les intermittents du spectacle en particulier."

Si avec ca on s'en sort..

Écrit par : Nicolas | 02 avril 2011

"La France est un pays où l'on innove peut-être le plus en Europe. Train à grande vitesse"

Arf !

Soyons sérieux, voulez vous. La France est en chute libre. L'Etat est coupable, c'est évident, mais les français aussi : vous avez vu la mentalité et la bêtise de ces gens ??
Certes, ils sont manipulé par des politiciens sans scrupules et des intellectuels demeurés, mais tout de même..

Écrit par : Nicolas | 02 avril 2011

"La France est un pays où l'on innove peut-être le plus en Europe. Train à grande vitesse, etc" (DJ)

Il faudrait arrêter un peu avec le TGV, le nucléaire... Tout cela, ce sont des innovations qui ont quarante ou cinquante ans.

Ce sont aussi des projets étatiques. Parmi les grandes "innovations" étatiques françaises, il faut aussi rappeler les échecs retentissants : le plan Calcul, l'entreprise d'informatique Bull, le Concorde, le Minitel, le Bibop (ancêtre du téléphone portable aux performance tellement ridicules que personne ne l'a jamais adopté, même en France -- mais les antennes Bibop sont toujours en place sur les façades parisiennes...).

Concernant les centrales nucléaires, le génie innovateur étatique français a oublié de provisionner leur démantèlement. Le bas prix de l'électricité en France est en partie artificiel.

Écrit par : Robert Marchenoir | 02 avril 2011

Les commentaires sont fermés.