11 avril 2011

Comment étouffer discrètement les droits populaires

Ce lundi 11 avril, Isabelle Moret ouvre les feux sur la démocratie populaires dans l'espace de discussion Politblog du quotidien 24 Heures. Le thème du jour: le Gros Problème que poseraient les initiatives populaires invalides.

Avant de passer devant le peuple, une initiative doit être validée par le Parlement. Qui a donc le pouvoir, pour des justes motifs juridiques, de mettre à la poubelle des dizaines de milliers de griffes de citoyens. La conseillère nationale vaudoise Isabelle Moret milite pour que ce contrôle ait lieu avant la récolte de signatures.

 

Isabelle Moret explique en quoi consiste le Gros Problème:

Actuellement, l’Assemblée fédérale se prononce sur la validité d’une initiative après que celle-ci a abouti. Le Parlement a ainsi la possibilité de jeter à la poubelle un texte signé par 100’000 citoyens, voire, comme pour l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers, par plus de 200’000.

Cela pose trois problèmes principaux, aux conséquences néfastes pour notre démocratie. Des dizaines de milliers de citoyens peuvent se sentir ignorés, voire méprisés par le Parlement, perdant ainsi toute confiance dans notre système politique. A chaque débat mené sous la coupole, l’Assemblée fédérale donne aux gens le sentiment que leurs droits sont sous le contrôle politique des Chambres, qu’ils ne peuvent les exercer que dans la mesure où ces derniers les acceptent. C’est la crédibilité des droits démocratiques qui est ici en jeu. Ces débats érodent également la volonté d’engagement et de participation démocratique de ceux qui auront travaillé pendant plusieurs années pour récolter ces signatures.

Enfin, les chambres fédérales se retrouvent dans une situation très inconfortable: elles doivent décider si une initiative que des centaines de milliers de Suisses ont signée peut être présentée au peuple ou non. Le parlementaire, même s’il n’approuve pas le contenu d’une initiative, doit prendre une décision juridique d’une grande responsabilité. Or, certains sont pris en otage par leur volonté de respecter l’expression démocratique des signataires et d’autres votent l’invalidation uniquement pour des motifs politiques.

 

Et de proposer en réponse ses solutions: un contrôle a priori de l'initiative, par un avis "non-contraignant" de l'Office fédéral de la justice ou le Département fédéral des affaires étrangères, ou par une décision de l'Assemblée Fédérale...

minarets_non.jpgBienveillante Isabelle Moret, prête par pure bonté d'âme à militer pour épargner un gâchis de travail à des initiants! A moins que ce ne soit l'espoir de diminuer l'impact carbone de ces récoltes de vaines signatures?

Trève de plaisanterie.

Une initiative populaire représente un effort populaire considérable pour essayer d'amener un sujet politique sous le nez des élus qui siègent sous la coupole, malgré une mauvaise volonté évidente à le traiter. C'est un gentil rappel à l'ordre du souverain sur sa classe politique; il n'est ni fantaisiste ni anodin.

Une initiative est une idée que lancent des initiants au peuple souverain, sans intermédiaire. Si chacun croit en sa chance en se lançant dans la récolte de paraphes, la sélection est rude. Rares sont les textes à récolter 100'000 signatures. Il y a certainement en Suisse des olibrius prêts à signer n'importe quoi, mais ils ne sont pas si nombreux. Il y a donc bien une "première ligne de contrôle" pour s'assurer de la pertinence d'une initiative, c'est le peuple.

L'idée que le peuple puisse avoir compétence en quoi que ce soit est hautement dérangeante auprès de tout ceux qui font profession de le mépriser. Il ne faut pas se leurrer: une bonne partie de la classe politique déteste le peuple et ses idées. Il y a bien quelques électeurs à sauver, ceux qui ont donné son poste à un élu par exemple, mais c'est à peu près tout. Dans sa globalité, le peuple est un monstre qu'il ne faut réveiller sous aucun prétexte. Il faut donc éviter à tout prix de le consulter, sauf si le droit actuel l'oblige.

Lorsque Mme Moret évoque "la possibilité de jeter à la poubelle un texte signé par 100’000 citoyens, voire, comme pour l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers, par plus de 200’000" elle indique quels projets elle a à l'esprit pour un aller simple à la corbeille.

L'idée que cette initiative ait été acceptée par le souverain ne la dérange pas plus que ça!

On le sait, un "bon" système aurait bloqué l'initiative sur le renvoi des criminels étrangers avant les urnes; un "bon" système barrerait la route à des projets rejetés par une majorité de la classe politique avant même la collecte des signatures, ou la plomberait avec un avertissement sur les feuilles de collecte de votation. Je suggère une tête de mort et des tibias entrecroisés, ou une variante de slogan anti-tabac: "ATTENTION L'ADMINISTRATION NE CAUTIONNE PAS CE TEXTE ET L'ESTIME MALSAIN POUR LE DEBAT POLITIQUE". L'étape suivante sera peut-être d'interdire toute conversation ayant trait à l'initiative controversée dans l'espace public, sur le modèle de la lutte contre le tabagisme passif...

debat_toxique.jpgUn "bon" système musèlerait le peuple en le cantonnant à des questions totalement secondaires par rapport à ses préoccupations. Avec un "bon" système, la Suisse serait membre de plein droit de l'Union Européenne, n'enfermerait jamais à vie qui que ce soit, garderait les criminels étrangers bien au chaud avec place de travail à la clef à la sortie de prison - peut-être sur des chantiers de construction de minarets, allez savoir!

Un "bon" système, tel que plaidé par certains politiciens d'aujourd'hui, ferait perdre à la démocratie directe tout son sens.

Et c'est le but recherché.

Si aujourd'hui des dizaines de milliers de citoyens se sentent ignorés, voire méprisés par le Parlement, c'est parce qu'ils le sont. Ils ont perdu toute confiance dans notre système politique parce qu'ils ont vu à quel point l'Assemblée fédérale était prête à fouler aux pieds la volonté du souverain dès qu'il y avait la moindre chance de friction avec une possible annexe d'un traité international - une soumission qui frise l'idolâtrie - ou le soupçon d'un conflit avec la magistrature de la Cour Européenne des Droits de l'Homme et son interprétation kafkaïenne de ces droits.

Notez bien qu'il n'y a pas de dénonciation des traités internationaux par des partenaires européens outragés, ni de condamnation de la Confédération par la CEDH, qui a pourtant la gâchette facile. Il n'y a que la crainte de telles situations. Il n'y a qu'une classe politique helvétique tournée vers l'extérieur, plus grand et plus sexy. Il n'y a que des politiciens et des politiciennes avides de se soumettre aux règles réelles et imaginaires d'un club qu'ils aspirent de tout leur être à intégrer - si seulement les pesantes chaînes du peuple suisse ne les retenaient dans leur prison provinciale...

Triste politicien suisse obligé de se coltiner la démocratie directe! Si seulement il pouvait s'en débarrasser, comme dans les pays voisins!

Mais voilà, le peuple, dans sa grande sagesse, n'aime pas qu'on lui lie les mains. Les propos de Mme Moret et bien d'autres les illuminent sans doute d'un jour sympathique dans certains cercles mais resteront cantonnés au plan théorique. Si par extraordinaire le Parlement devait poursuivre sur cette voie, je garantis à ce projet un enterrement de première classe dans les urnes - Grâces en soient rendues à l'indécrottable citoyen helvétique!

Commentaires

Bon, de toute façon, la carrière de Mme Moret à la voix de Minnie petite souris est assimilable à celle du parti radical : les poubelles de l'histoire au plus vite. Et pour modifier le droit constitutionnel, il faut la double majorité du peuple et des cantons. Et ce n'est pas demain que le peuple suisse va accepter d'être dirigé par des psychopathes qui ont choisi de devenir juge pour jouer au maître du monde...

Écrit par : Géo | 11 avril 2011

Pouvez-vous nous garantir Monsieur le petit soldat UDC, que, puisque dans sa grande sagesse le peuple suisse a valider l'Art. 261 bis, vous ne vous attaquerez jamais à celui-ci et ferez tout pour le défendre?

Écrit par : DDR | 12 avril 2011

@DDR: les lois et la Constitution sont modifiables et modifiées en Suisse, régulièrement. Ce n'est pas parce qu'un élu prête serment et s'engage à respecter et défendre la Constitution qu'il s'interdit de la remettre en question au travers des mécanismes prévus par la loi; c'est d'ailleurs l'essentiel du travail législatif.

Citer comme vous le faites l'article du code pénal sur la discrimination raciale ( http://www.admin.ch/ch/f/rs/311_0/a261bis.html ) ne change rien à l'affaire.

Écrit par : Stéphane Montabert | 12 avril 2011

Vous avez raison M. Montabert. J'ai dit la même chose sur le PolitBlog en réponse au sujet de Mme Moret.

Il serait tellement plus facile pour certains politiciens que certains sujets n'arrivent jamais jusqu'au bas peuple. Ce serait tellement plus commode.

Écrit par : Pascal D. | 12 avril 2011

Humblement je me permets d'être l'avocat du diable et vous dire que la proposition de la future Conseillère aux Etats, Isabelle Moret,"tiens la route" et je soutiens son point de vue pour la raison suivante : A la fin des années septante, nous avions effectué une récolte de signatures pour sauver le Dahu, animal à 4 pattes, dont 2 plus courtes pour pouvoir tourner autour des montagnes.
D'un samedi matin à Vevey, nous avions récolté plus de 200 signatures ! Pour vous dire que certains citoyens signent n'importe quoi...

Écrit par : Chappuis Jean-François | 12 avril 2011

@Jean-François Chappuis: Vous voulez dire que votre initiative pour sauver le Dahu n'était pas sincère? Honte à vous! Et voilà pourquoi on n'a plus un seul Dahu aujourd'hui sur nos montagnes!!

Blague à part, si les gens ont de l'humour, il vous restait un peu de chemin à faire avant de réunir 100'000 signatures valides (ou ce qu'il fallait à l'époque). Bah, même menée à son terme, cette plaisanterie aurait coûté bien moins cher qu'Expo'02!

Personnellement, Je n'ai pas l'impression que la Chancellerie fédérale est prise d'assaut par des initiatives fantaisistes, mais plutôt que Mme Moret et consort préfèreraient trouver un moyen de cantonner la démocratie directe aux sujets qu'ils veulent bien lui laisser.

J'en profite d'ailleurs pour relever une petite faiblesse du système qu'elle propose: en suggérant que le Parlement s'exprime sur une initiative avant même la récolte de signature, il serait tout à fait possible de noyer les parlementaires en les forçant à prendre position sur des centaines et des centaines d'initiatives - toutes parfaitements légales et pertinentes - puisque le Parlement devrait donner son avis avant la collecte des paraphes. Et tout ça au nom d'une plus grande efficacité!!

Ce n'est plus se tirer une balle dans le pied, c'est de l'Art.

Écrit par : Stéphane Montabert | 12 avril 2011

Monsieur J-F. Chappuis,

Je ne comprends pas votre commentaire!... Il nous fait penser que le dahu n'existerait pas. Ce n'est pas parce que vous n'en avez jamais vu que...

Cela dit, j'ai une question:
Avez-vous récolté les signatures pour les dahus de gauche ou ceux de droite? La différence est énorme. Les deux sous-espèces ne sont pas faites pour tourner dans le même sens autour des montagnes. Il n'y a d'ailleurs que ceux qui connaissent les positions les plus acrobatiques du Camasoutra qui ont été capables de se reproduirent entre sous-espèces. C'est eux qui ont donné naissance à des animaux dit "normaux", tel le chamois ou le bouquetin.

J'ai églement entendu dire qu'à Vevey on nomme, par accord tacite, les dahus qui tourne à gauche des Dahu-Ballif.

Écrit par : Baptiste Kapp | 12 avril 2011

Oups!

Monsieur Montabert,

J'espère que vous ne vous sentez pas agressé gratuitement par mes propos lisibles ci-dessus. Et ce, même s'ils suivent les vôtres qui donne également l'idée que le dahu est réellement existant.
Existant de la même façon qu'existerait un politicien sans arrières pensées politiciennes et qui ne pencherait ni à gauche ni à droite, mais vers... ???

Écrit par : Baptiste Kapp | 12 avril 2011

Il faut vite se dép^cher de lancer une initiative obligeant l'inverse!

Que ce soit le parlement qui s'adapte à la demande populaire et qu'il fasse en sorte que sur le plan légal les initiatives soient juridiquement et légalement valide.

Écrit par : DdDnews | 12 avril 2011

J'ignore les motivations politiciennes de cette proposition, mais le problème soulevé n'est-il pas réel ? Si le parlement doit valider les initiatives, cela n'affaiblit-il pas le pouvoir référendaire ?

Écrit par : Robert Marchenoir | 12 avril 2011

Concentré de populisme UDC. Une farce de Montabert!

Écrit par : Polo | 13 avril 2011

@DdDnews: le Parlement a clairement choisi la primauté des traités internationaux sur les droits populaires à chaque occasion, même si théoriquement des traités internationaux peuvent être renégociés ou dénoncés. L'interprétation du TF - qui est un organe politique, je le rappelle - est restée ambigüe mais tend à une utilisation étendue du principe génénal énoncé à l'article 5 ( http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a5.html ) pour aller dans le même sens, et ce malgré d'autres articles nettement plus explicites comme le 194 ( http://www.admin.ch/ch/f/rs/101/a194.html ) restreignant les révisions de la constitution aux limites du droit international _impératif_.

Je crois qu'il y a ici clairement un abus d'interprétation, destiné à limiter les pouvoirs du souverain. Une initiative sur ce point resterait assez technique et ne récolterait pas aisément 100'000 signatures; c'est sans doute plus facile de protéger le Dahu... Mais nous verrons ce que l'avenir nous réserve.

@Robert Marchenoir: le Parlement prend essentiellement position pour ou contre les initiatives. Une décision de nullité est toujours possible (à l'échelle fédérale, elles sont régulièrement invoquées par la gauche pour tout ce qui vient de l'UDC, grosso modo) mais politiquement très risquée: on bafoue ainsi la volonté de 100'000 citoyens-électeurs, voire le double dans le cas de l'initiative pour le Renvoi des criminels étrangers. Des gens qui s'en rappelleront le jour des élections... Les électeurs de gauche s'en moquent ou, parfois, soutiennent carrément la démarche, mais le centre est beaucoup plus sensible aux conséquences électorales d'un tel verdict.

Le citoyen suisse n'aime pas qu'on lui dise de se taire - et c'est exactement à cela que reviendrait la non-validation d'une initiative devant le Parlement.

N'oublions pas que les initiatives sont DEJA examinées par la Chancellerie lorsqu'elles sont déposées, et ne doivent pas contrevenir au droit international impératif. Une initiative réclamant l'utilisation de la torture dans les interrogatoires de la police ne pourrait pas être déposée, par exemple.

Ici, on est dans une situation plus "borderline" vis-à-vis d'initiatives qui pourraient remettre en question l'adhésion de la Suisse à certains traités, selon leur interprétation. C'est quand même d'un ordre de magnitude différent.

Traditionnellement, face à des initiatives "dérangeantes" - c'est-à-dire, toutes celles sortant de sa ligne convenue - le Parlement avait une attitude assez souple; il se contentait de laisser l'objet échouer en votation. Parce que de 100'000 citoyens soutenant une initiative à une double majorité du peuple et des cantons en votation, il y a un monde!

Mais dernièrement, cette technique du "traitement par le mépris" a connu ses limites. L'initiative pour l'internement à vie des criminels dangereux ou la non-prescriptibilité des actes pédophiles sont des exemples de succès inattendus; mais le plus récent est sans doute l'initiative contre les minarets dont le résultat a surpris tout le monde.

La réussite de plus en plus fréquente d'initiatives montre un fossé croissant entre le peuple et sa classe politique.

Comme d'habitude, celle-ci préfère faire la sourde oreille. Plutôt que de se remettre en question, elle s'est lancée dans des manoeuvres dilatoires, comme le contre-projet à l'initiative pour le renvoi des criminels étrangers (dont le seul but était de diluer les voix des partisans.) Et aujourd'hui elle essaye de neutraliser les initiatives avant la votation...

En un mot comme en cent, la classe politique suisse prend un mauvais virage. Elle choisit d'ignorer les préoccupations du peuple qui l'a porté au pouvoir et tente désormais des manipulations techniques pour lui couper le sifflet.

Ne nous leurrons pas, le projet de Mme Moret n'est qu'une étape; non seulement il rendrait la récolte de signature plus difficile (en laissant entendre aux citoyens que leurs paraphes ne servent à rien) mais il ouvrirait la porte à un traitement différencié des initiatives en termes de délais ou de frais administratifs - les "bonnes" initiatives étant évidemment prioritaires par rapport aux iconoclastes.

Mais comme je l'ai dit, ces gens se bercent d'illusions. Le peuple les renverra gentiment à leurs études.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 avril 2011

Merci pour le compléement d'information.

Il est clair que tout n'est question d'interpréetation, la justice en premier. SI ca n'était pas le cas, les avocats n'exiseteraient pas mais malheureusement ou heureusement (c'est selon), la société attribue à des gens plus de pouvoir sur la façon d'interprété les choses.

De plus, avec l'idée d'expropriation pour créer des logements, les idées de verts, les sanction des socialiste, on peux légèrement devenier que l'avenir ne nous reserve pas un gouvernement plus tolétant et ouvert.

Au contraire, la Thèse de la pensée unique ne fait que plus se renforcer de manière inversement propotionnelle à ce que les extremités de ailes politique s'éloignent.

Mais la véritable source des problème de cela, est la manière dont la société fait confiance aux experts et surtout la manière dont elle le donne du "pouvoir". Plus la société forme d'expert de "haute école", moins la "basse" population a de droit démocratique.

Dans la mesure où des experts, sont experts, ils considèrent qu'eux "savent". De ce fait, si l'on est pas du même avis, c'est forcément que l'on a tort (puisque les autres ne sont pas "experts").

Et à l'heure actuelle la "société", puiqu'elle n'arrive pas à faire la part des choses ne trouve rien de mieux de remplacer les "experts" qui faillissent, par des experts encore plus compétent.

Alors quand on donnen les clés de la société à des expert en "droit", en "écologie", en "santé" et j'en passe, il ne faut pas s'étonner que ce ne soit pas la démocratie qui mène la danse quotidienne (même si une partie des gens lèvent leur bouclier pour remettre l'église au milieu du village, ca n'évite pas les tendances).

Écrit par : DdDnews | 14 avril 2011

Mr Montabert, vous vous préoccupez de liberté d'opinion et d'expression ?
Les initiatives populaires de l'UDC étouffent la démocratie, en donnant au peuple l'illusion d'être maitre de son destin, en donnant leur avis sur des sujets ou ils sont largement manipulés par des affiches aux slogans tapageurs et aux dessins nauséabonds, qui nous rappellent les heures les plus sombres de notre histoire.
Ce que nous disent pas les ténors richissimes de l'UDC, ceux qui sont à l'origine de ces questions xénophobes, c'est que la mise en conformité de ces initiatives avec le droit international relève de plus en plus de la schizophrénie.
C'est même à se demander si l'UDC n'aurait pas interêt à voir disparaitre la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
Désormais, l'UDC va plus loin dans la division du pays, en séparant les " bons citoyens", ceux qui votent UDC, des autres, ceux qui n'ont pas le même avis.
Alors, pourquoi s'étonner que vos affiches soient sans cesse taguées, tant elles sont insultantes pour la majorité des gens qui peuplent ce pays ?
Alors pourquoi s'étonner que de plus en plus de voix s'élèvent pour un contrôle législatif préalable des questions posées au peuple, tant VOUS contribuez sans cesse à appauvrir le débat démocratique, et à vider de son sens l'initiative populaire, en la transformant en initiative populiste.

Écrit par : jeff | 15 avril 2011

@jeff: les initiatives de l'UDC étouffent la démocratie? Ben voyons! Peut-être que la démocratie pure et parfaite est atteinte lorsque le peuple n'a plus son mot à dire sur quoi que ce soit?! On n'est plus très loin de l'oxymore "La liberté c'est l'esclavage" de George Orwell dans "1984".

Votre belle profession de foi anti-UDC passe sous silence un détail gênant: le peuple approuve les initiatives de l'UDC, l'aune à laquelle la réussite se mesure, loin de tous les discours.

Quelque part, cela valide la démarche...

C'est embêtant.

Est-ce parce que le peuple est imbécile et crédule, ou simplement parce que l'UDC répond mieux à ses attentes que les innombrables donneurs de leçon qui tancent continuellement la population et tentent de lui faire honte de ses opinions?

Je pense que nos positions sont diamétralement opposées sur ce point. Mais votre attitude n'est pas sans me rappeler la formule de Bertolt Brecht: "Le peuple vote mal? Changeons le peuple!"

L'UDC défend le peuple souverain et la souveraineté du peuple, aussi inconfortables ces idées soient-elles pour vous.

Écrit par : Stéphane Montabert | 15 avril 2011

"Mais la véritable source des problème de cela, est la manière dont la société fait confiance aux experts...etc"
D'autant plus préoccupant parce que ces spécialistes sont chaque année plus formatés dans le sens de la pensée unique. Par exemple, si vous avez des doutes sur l'origine humaine du réchauffement climatique, pensez-vous que vous auriez la moindre chance d'obtenir un crédit de recherche dans le monde occidental ? La mafia réchauffiste tient fortement le monde scientifique par les couilles et les opposants, s'ils ne sont pas éliminés physiquement, le sont par tous les autres moyens possible chers aux universitaires. Dans ce monde-là, on ne devient assistant que si on se soumet intégralement à la Volonté du Maître.
A la mort de Eugène Wegmann,
http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-wegmann/
sa veuve a eu l'idée de mettre les oeuvres scientifiques de sa bibliothèque à la disposition des étudiants de Neuchâtel. C'est ainsi que je suis rentré en possession d'un exemplaire de la thèse d'un de mes profs qui nous disait pis que pendre de l'autoritarisme de Wegmann. Sa dédicace :
" A Monsieur le professeur Wegmann
Ce travail imparfait qui aimerait être le témoignage d'une école sévère certes mais de quelle ouverture...

Faites gaffe, les petits mouilleurs, il n'y a pas que sur le net que les écrits restent...et vos léchages de botte laisseront des traces encore longtemps.

Écrit par : Géo | 15 avril 2011

Vous répondez à côté de ce qu'a dit jeff, Montabert. C'est exprès ?

Écrit par : Promeante | 15 avril 2011

@Promeante: je crois répondre à sa "question", mais si vous vous sentez de la reformuler pour mieux en faire ressortir un sens qui m'aurait échappé, vous êtes le bienvenu.

Écrit par : Stéphane Montabert | 15 avril 2011

Juste une question à Montabert et aux autres intervenants pro-UDC.
Essayez de nous donner un exemple d'une initiative que votre parti chéri a déposé et fait voter, qui ait, en plus, passé, et qui ait améliorer la vie du citoyen lambda de manière notable?
Quelque chose qui a concrètement fait que la vie de la majorité des gens se soit vue améliorée.
Par avance je vous remercie, même si je sais que je n'aurais pas droit à une réponse sincère.

Écrit par : lefredo | 15 avril 2011

"et qui ait améliorer la vie du citoyen lambda de manière notable?"
A l'heure qu'il est, en Arabie saoudite, tous les haut-parleurs gros comme des maisons de tous les minarets de toutes les mosquées appellent à la prière de l'après-midi. Chacun avec sa sourâte différente, et il y a une mosquée pour une population de 200 à 500 personnes. Il y a 400'000 musulmans en Suisse, donc il y aurait en ce moment entre 800 et 2000 minarets qui hurleraient à pleins tubes des "Allahou Akbar" à faire tomber les cheminées de nos villes et villages. Mais ce ne serait qu'une fois sur cinq de la journée, tous les jours de la semaine, si on n'avait pas réussi à interdire les minarets en Suisse. Parce qu'au nom de la sacro-sainte liberté religieuse qui aurait du permettre leur érection, il eût été impossible de les empêcher de brailler.

Dis-donc, Msieur le démocrate meilleur que nous, tu trouves pas rigolo que David Laufer dans son débat sur Marie-Héléne Miauton me censure ce commentaire :
"les livres sacrés ont été écrits par des hommes."
La réponse de Carl Schürmann est largement insuffisante et il faut vraiment revenir sur ce point, car tout le problème est là : le Coran n'a pas été écrit par des hommes pour les Musulmans, mais bien dicté à Mahomet par l'ange Gabriel.
si Dieu a dit qu'il est bon de battre les femmes, le premier Musulman qui remet ça en cause aura droit à une fatwa dans les règles de l'art pour le zigouiller dans les plus brefs délais.
Mais on a beau dire et répéter cela dans toutes les versions possible, il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre.

PS. merci pour Chatelier au lieu de Chapelier. J'ai confondu avec ma prof de géophysique...

Écrit par : Géo | 15 avril 2011

" Les initiatives populaires de l'UDC étouffent la démocratie, "

C'est le genre de remarque qu'a fait la socialiste Maria Roth-Bernasconi." Trop de démocratie tue la démocratie " dit-elle en se référant au trop grand nombre de fois que les électeurs sont appelé aux urnes. Alors que son parti et avec sa bénédiction lance des référendum par paquets de dix chaque année lorsque le parlement vote des lois qui ne plaisent jamais à la gauche.

Jeff et les socialos devraient balayer devant leur porte avant de faire la leçon au monde entier.

D.J

Écrit par : D.J | 15 avril 2011

"Les initiatives populaires de l'UDC étouffent la démocratie,"
....et si l'UDC avait eu les sièges et les hommes au CF représentatifs du résultat des urnes, il n'y aurait pas besoin de "refaire" passer par le peuple des -initiatives- que ce parti avait dans son programme.

A ne pas pouvoir pratiquer SA politique, malgré un résultat nettement majoritaire lors des votations fédérales 2007, heureusement qu'il reste encore dans ce pays le droit d'initiative....et ce n'est pas un hasard, si les initiatives UDC passent et que celles des autres partis.....chutent!

Mais vont-ils comprendre?.......oui à l'automne 2011!

Écrit par : Corélande | 16 avril 2011

"Quelque chose qui a concrètement fait que la vie de la majorité des gens se soit vue améliorée."

L'homme ne vit pas seulement de pain, et la plupart des hommes, même si vous n'en connaissez pas, sont capables d'avoir des préoccupations qui ne s'articulent pas autour de leur gamelle ni autour de leur nombril.

Écrit par : Scipion | 16 avril 2011

"L'interdiction de construire de nouveaux minarets, voilà bien la seule chose que l'UDC ait su faire pour la population Suisse ? Est-ce une avancée ? Pour qui ? Je vois toujours pas en quoi cela concerne le peuple Suisse.

Mais que faites vous pour la classe moyenne ? pour les familles monoparentales ? Pour les familles, toujours plus nombreuses, qui n'arrivent pas à joindre les 2 bouts ?
Baisser les allocations chômage. Diminuer toujours un peu plus allocations familiales et subsides. Augmenter les primes d'assurances maladies, pour contenter vos amis actionnaires et membres des conseils d'administrations de ces mêmes sociétés.

Le peuple s'appauvrit, mais vous lui donnez à manger, initiative après initiative, en lui indiquant qui est l'ennemi. L'autre, celui qui ne nous ressemble pas. Toujours la même rengaine. Cela dure depuis des siècles.

Mr Montabert,(...), vous vous souciez de liberté d'expression ?
Quelle liberté ? Celle de jeter l'opprobre sur une partie toujours plus grande de la population : les musulmans, les étrangers, les mendiants, les socialistes, les écologistes.
Quelle Suisse aimez vous Mr Montabert ? Eclairez nous sur les valeurs qui vous sont si chères."

Écrit par : jeff | 17 avril 2011

@Jeff, @lefredo,

Ce que vous devez comprendre, c'est que ce n'est pas parce que l'on "défend" l'UDC, que nous sommes obligatoirement UDC.

Vous posez les mauvaises questions. Quand vous demandez ce que l'UDC a fait pour le peuple, on peut tout aussi poser la question: qu'est-ce que les socialistes ont fait?

Les réponses seront d'autant plus objectives que le bord sur lequel ont est.

Il y a quelque chose de fondamentalement différent entre votre vision des choses et la nôtre:

Vous vous demandez, comment faire les choses "juste et bien" peu importe ce que les gens pensent, surtout si des "experts" que vous défendez défendent vos opinions (ou alors formez (ou formattez, c'est selon) les experts afin qu'ils pensent "juste & bien" comme vous).

De notre côté, nous pensons plutôt "peu importe" si c'est bien ou mal, le choix revient au peuple. Et son choix dépendra des arguements que chacun prendra en compte (ou pas). Mais qu'importe, si les idées démocratiques sont rejetées, nous les accepterons si le peuple nous suit pas. Mais nous n'admetterons pas qu'une bande de copains vienne nous imposer sa prière idéologique.

Ceci s'explique surtout pour une chose: Vous êtes les plus mauvais perdants de l'échiquier politique et... tout comme vous reprochez aux UDC d'être intolérants, vous n'êtes pas plus tolérants aux idées divergentes des autres. Il suffit d'ailleurs de lire vos commentaires pour le comprendre.

Nos grandes différences est que VOUS il vous faut des "experts formattés" pour acceptez une défaite ou une réussite.

Et que pour nous, il faut des "citoyen ignorants" pour acceptez soit une défaite, soit une réussite.

Écrit par : DdDnews | 18 avril 2011

@lefredo: votre question est difficile, parce que les initiatives passent rarement - celles de l'UDC comme des autres. La liste serait vite faite si je vous posait la même question sur des initiatives du PS approuvées par le peuple! Mais je crois que le refus des minarets ou le renvoi des criminels étrangers sont de bonne augure pour le long terme. Et si l'on devait inclure les référendums dans l'équation, on aurait une longue liste d'objets dont la réussite a profité au peuple, depuis la non-adhésion à l'UE dont la Suisse engrange encore les dividendes aujourd'hui.

@jeff: eh bien, renseignez-vous, vous verrez que l'UDC a des projets pour l'école, une récolte de signatures pour la déduction des droits de garde pour les parents qui renoncent à travailler pour s'occuper eux-mêmes de leurs enfants, et propose des pistes pour une gestion saine des assurances sociales. Quant à vous éclairer sur les valeurs qui me sont si chères, je suis sûr que la lecture assidue de ce blog finira par vous renseigner ;-)

@DdDnews: Bien résumé. Il y a une fascination quasi-hypnotique pour l'expertise chez certains, on sent l'expérience de Milgram!
( http://en.wikipedia.org/wiki/Milgram_experiment )

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 avril 2011

Jeff@ Vous vivez en Suisse et vos complaintes ont qqch du "blues de Neuilly" version xénophilie exacerbée. Vous êtes dans un pays riche, très riche et les Européens se ruent chez nous pour y travailler. Et les Arabes et les Africains se ruent chez eux, pour faire fortune par tous les moyens. Du coup, vous vous lamentez que dans votre rue, il n'y a pas d'épicier arabe, cela pimenterait votre goût pour le monde et les cultures extra-européennes. Vous devriez vous expatrier quelque peu. J'ai fait presque 20 ans en Afrique et cela m'a bien guéri, et assez rapidement, de mon tiers-mondisme...

Écrit par : Géo | 18 avril 2011

Géo, ou étiez vous colon ?

Écrit par : jeff | 18 avril 2011

Jamais eu cette chance. Mais j'ai travaillé pour les NU, le CICR, MSF, le FED, le Swiss disaster Relief, la coopération française par le biais de bureaux français et j'en oublie mais bon, c'est l'âge.
N'empêche que j'aurais beaucoup aimé vivre comme colon. Pas vous ? Cette impression d'amener à la lumière de la civilisation des êtres à peine humains, qui n'ont ni écriture, ni vêtements, à peine un langage, un comportement de primates inférieurs...

Écrit par : Géo | 18 avril 2011

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