18 avril 2011

Obama et les "Birthers": fin de partie

La nouvelle n'a pas fait les gros titre, mais elle pourrait bien mettre un terme à une polémique qui n'a que trop duré: l'Etat de l'Arizona vient de promulguer une loi forçant un candidat à prouver son éligibilité pour se présenter à l'élection présidentielle.

Si le gouverneur de l'Etat ne fait pas obstacle à la loi dans les prochains jours, et rien ne prouve qu'il le fera, alors elle entrera en vigueur et fermera sans doute définitivement les questions autour de l'éligibilité du Président Obama.

Selon l'Article 2, Section 1 de la Constitution des Etats-Unis, seul citoyen de naissance, selon la définition en vigueur à l'époque de la rédaction de la constitution, est éligible au poste de Président. Un individu naturalisé ne serait pas éligible.

Barack Obama est fils d'un Kenyan et d'une Américaine. Sa mère avait 17 ans au moment de l'accouchement; du fait de son jeune âge et de la juridiction de 1961, elle n'a pas transmis automatiquement sa citoyenneté à son fils. En fait, seule une naissance d'Obama sur le sol américain le rendrait éligible pour la fonction qu'il occupe actuellement. (Et encore, puisqu'Obama est Kenyan par son père, il est aussi citoyen de la Couronne Britannique, le Kenya étant alors une colonie; c'est-à-dire qu'il pourrait être bi-national, ce qui est incompatible avec la définition de la constitution! On le voit, le problème a bien des facettes. Mais limitons-nous pour l'instant aux interrogations sur son lieu de naissance, puisque c'est l'argument le plus "parlant", et fermons cette parenthèse.)

La question de l'éligibilité du président est lancinante et pèse depuis des mois sur la légitimité d'Obama à son poste.

Les diverses tentatives de faire passer les Birthers - ceux qui pensent que Barack Obama n'est pas éligible à son poste à cause de sa situation de naissance - pour des illuminés a fait long feu. Internet a suppléé au silence de connivence des médias traditionnel sur la question, et a poussé à la victoire électorale des candidats prêts à faire la lumière sur cette affaire. Nous en voyons aujourd'hui le résultat.

2008-06-12_obama_birth_certificate.jpgBarack Obama proclame qu'il est né à Hawaï, mais il n'a jamais montré pour prouver sa naissance là-bas que la "forme abrégée du certificat de naissance", un document montré ci-contre dont les autorités d'Hawaï elle-mêmes admettent qu'il n'est pas une preuve formelle de naissance sur le sol de cet Etat. (Cliquez sur l'image pour l'agrandir.)

Le document, posté en 2008 sur le site de campagne d'Obama pour répondre à une campagne de "dénigrement et d'insultes" sur sa personne, n'a pas étouffé la polémique. Aujourd'hui, les autorités de l'Arizona admettent implicitement qu'un tel certificat est sans valeur puisqu'ils l'excluent de la liste des documents officiels prouvant la citoyenneté de naissance d'un candidat:

Ces documents [prouvant la citoyenneté de naissance] peuvent être soit la forme longue du certificat de naissance soit deux ou plus parmi les autres documents autorisés, incluant un certificat de baptême, un certificat de circoncision, un extrait du registre des naissances de l'hôpital, un enregistrement médical post partum signé par la personne qui a accouché l'enfant ou un rapport préliminaire du registre des habitants.

 

Selon l'auteur de la loi, le Républicain Carl Seel, le projet est solide parce qu'il demande les mêmes documents que ceux que doivent produire les candidats à l'armée pour prouver leur éventuelle citoyenneté américaine.

En lançant cette loi, l'Arizona est loin de faire cavalier seul: des législations similaires sont en cours d'élaboration dans le Montana, en Pennsylvanie, en Géorgie et au Texas.

De deux choses l'une: soit Obama est né à Hawaï comme il l'affirme, soit il ne l'est pas.

245px-Official_portrait_of_Barack_Obama.jpgDans le premier cas, il fournira aux autorités de l'Arizona les documents requis, mettant une bonne fois pour toute un terme aux interrogations des Birthers sur son éligibilité. Il restera aux historiens à comprendre pourquoi il a été aussi réticent à exposer ces documents aisément disponibles plus tôt et à laisser ainsi prospérer la rumeur, mais tout cela n'aura plus guère d'importance.

Dans le second, les choses deviennent plus intéressante, notamment parce que de l'aveu même du Gouverneur de l'Etat de Hawaï, personne n'arrive à trouver la version complète du certificat de naissance d'Obama. La controverse ira croissant, et des gens pourraient se mettre à réclamer des preuves de l'éligibilité d'Obama pour le mandat actuel. Et bien malin qui peut dire tout ce qui va se passer si en 2011 Obama n'est pas légalement le président des Etats-Unis!

Afin d'éviter un pénible refus de candidature en 2012 en Arizona, il est possible qu'Obama renonce à se présenter là-bas. Après tout, rien de l'y oblige, et il est peu probable que l'élection nationale se joue avec le décompte des votes de ce modeste état rural. Mais en termes d'opinion publique, il en sera autrement.

Au train où vont les choses, Obama aura du mal à garder les questions d'éligibilité sous le tapis avant les élections de 2012.

Jusqu'ici, Obama a dépensé des centaines de milliers de dollars en frais d'avocat, si ce n'est davantage, pour empêcher que certains pans de sa vie passée ne soient dévoilés au public. Bizarrement, ces secrets incluent les premières années de son existence. Pourtant, même l'adversaire politique d'Obama le plus acharné pourrait difficilement reprocher politiquement son lieu de naissance à un nouveau-né - sauf si, comme dans ce cas particulier, cela a un effet direct sur l'éligibilité de l'adulte.

D'une façon ou d'une autre, nous pouvons espérer être bientôt fixés.

Remarque complémentaire - ayant déjà vu des commentateurs partir en vrille sur ce sujet, je tiens à préciser quelques points:

  • Aimer ou détester Obama ne change strictement rien à la question de son éligibilité.
  • Qu'Obama soit métis, blanc, noir, jaune, républicain, démocrate, musulman, chrétien, hindouiste ou chausse du 47 ne change strictement rien à la question de son éligibilité.
  • Partant de là, les motivations pures ou impures qu'on prête aux Birthers et à ceux qui évoquent le sujet de ce côté de l'Atlantique, comme moi, ne changent strictement rien à la question de son éligibilité.
  • L'éligibilité d'un candidat est une question légale et constitutionnelle. Prétendre que la Constitution Américaine est "désuète" sur ce point est défendable, mais, ici encore, hors-sujet. Il existe des moyens légaux pour l'amender; en attendant, elle s'applique. Dura lex, sed lex.
  • Si Obama devait être déclaré inéligible aujourd'hui, le poste de président échoirait au vice-président, Joe Biden, démocrate lui aussi. Ce serait évidemment un séisme politique, mais aucun automatisme n'offrirait la présidence aux Républicains.
  • Les interrogations sur l'éligibilité d'Obama sont antérieures à son élection. Elles remontent aux primaires démocrates.
  • A ceux qui se demanderaient comment un scénario pareil est possible, rappelons que c'est aux partis politiques américains (Républicains et Démocrates) à qui il incombait jusqu'ici de vérifier, en interne, l'éligibilité de leurs candidats.
  • Obama n'est de loin pas le premier homme politique de l'histoire à avoir connu pareils soucis. En fait, son adversaire de 2008, John McCain, né à Panama, a dû lui-même prouver devant une commission républicaine qu'il était bien citoyen américain de naissance dans le sens constitutionnel du terme.

Merci de tenir compte de ces éléments dans vos éventuels commentaires :-)

Commentaires

Quand donc reconnaîtrez-vous que vos écrits ne sont pas de vous ? ;-)

Écrit par : Promeante | 18 avril 2011

Reconnaissez, Montabert, qu'un nègre président des Etats-Unis, c'est vous que ça fait partir en vrille...

Écrit par : Promeante | 18 avril 2011

Merci à Promeante de montrer une fois de plus la nécessité de modérer les commentaires - et à quel point les tentatives d'avertissement préalable sont inutiles.

@Promeante: si ces écrits ne sont pas de moi, de qui sont-ils donc?

Quant à la question d'un "nègre président des Etats-Unis" (selon vos termes), je m'en fiche comme de l'an quarante. Je juge les programmes politiques et les décisions prises. La couleur de la peau m'importe peu - mais c'est fou comme cette idée semble vous obséder!

La question de l'éligibilité suscite tout de même une certaine réflexion; quelle aurait été mon attitude si des Américains avaient mis en doute de façon l'éligibilité d'un président républicain, comme George W. Bush? Je ne saurais dire, mais c'est sans importance parce qu'une histoire pareille avec un président _républicain_ n'est tout simplement pas crédible.

Un président républicain aurait été assez malmené par la presse, aurait eu assez de fouille-merde remuant chaque recoin de son passé durant la campagne pour qu'un doute de ce genre soit mis à jour et exploité bien avant le jour de l'élection.

C'est pour cela que cette aventure n'est plausible qu'avec un politicien démocrate comme Obama, porté aux nues depuis le début de sa course à la présidence, bénéficiant tout au long de son parcours de l'attention énamourée des média, protégé de toute critique par un regard sélectif.

Et tant pis si la situation résultante n'en est que plus explosive.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 avril 2011

L'élection de Bush ne s'est pas fait dans la sérénité totale dans un Etat dont les résultats étaient cruciaux, et cela s'est terminé de façon disons trouble. En tout cas, beaucoup plus trouble que la question de l'origine américaine ou non de Obama ou ivoirienne de Ouattara.
De plus : grand émoi dans le poulailler "Quotidiennes" sur le mot nègre. Nègre vient du latin "niger" que les gens qui aujourd'hui écrivent sur le site "quotidiennes" méconnaissent. Cela veut dire "noir", ce qui a priori n'est pas dégradant. Voilà l'ignorance des gens de gauche, qui veulent nier leur culture...
Sa connotation négative est issue du sort réservé aux Africains par les Européens qui ont eu le malheur d'accepter la seule offre des territoires qu'ils visitaient le long des côtes africaines : des esclaves, vendus par leurs congénères. Jamais au grand jamais un Européen n'a capturé un Africain pour le rendre esclave. Par contre, ils en ont fait le commerce...
Mais nègre continue de signifier "noir". Un jour, pétri de bonnes intentions (tout le monde je suppose s'est fait polluer par les effets nauséabonds (oui, je sais) de la political correctness), j'ai voulu en Angola ou au Mozambique, utiliser le mot noir (preto) au lieu de "negro". Réponse outrée de mon interlocuteur, en portugais : "il n'y a que le charbon qui est noir. Moi, je suis nègre...".
Et ceux qui aujourd'hui en font tout un plat ont le tort de rentrer dans la logique des racistes. La couleur de la peau n'est pas un problème.
Last but not least : Obama est métis. Sa mère est blanche et voyez-vous, les femmes existent.

Écrit par : Géo | 18 avril 2011

1- John McCain n'est pas né à Porto Rico, mais à Panama.

2- La loi d'Hawaii ne permet que le "release of certificate of live birth" mais pas le release de l'état civil entier. Par contre, certaines personnes pourraient y avoir accès (par ex. des anciens présidents des USA : on pourrait alors imaginer Bush pouvant aller le voir, et mettre un point final -?- à cette polémique).

Écrit par : AdA | 18 avril 2011

@Géo: vous pourrez remonter l'origine des termes jusqu'au latin, cela n'a pas d'importance. C'est dans ce sens d'une insulte que Promeante emploie délibérément ce mot.

L'élection de Bush en 2000 n'était pas un long fleuve tranquille. Et? Aucun rapport avec la choucroute.

@Ada: 1. Oups, mes excuses. Panama, je corrige.

2. Si vous avez des liens expliquant ces problèmes, je suis preneur. Mais si vous avez suivi le lien que je donne plus haut ( http://www.innewstoday.net/abercrombie-admits-there-is-no-obama-birth-certificate/ ) personne n'arrive à trouver un certificat de naissance d'Obama, même parmi ceux qui y ont accès.
Ceci dit, le texte de loi d'Arizona ne place pas la barre très haut, puisqu'il s'agit des documents demandés pour l'armée. "Release of certificate of live birth" ou pas, je pense qu'il doit y avoir dans les forces armées américaines quelques militaires originaires de Hawaï qui n'ont eu aucune peine à prouver leur citoyenneté...

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 avril 2011

Je resterai toujours surpris de l'attitude des américains. D'habitude si procédurier, défenseurs enragés de leur constitution (et ils ont raison), les avocats auraient pu soulever plus tôt le problème de la naissance d'Obama, en allant jusqu'à déposer un recours devant la cours supême avant l'élection de 2008. Pourquoi ne l'ont-ils pas fait ? Mystère !

@Ada : en latin, "noir" se dit "negro", d'où les mots comme négrophobie. Le mépris des blancs se dit leucophobie. Niger est dérivé de negro, pas l'inverse.

@Stéphane : les gauchistes vous attaquent parce qu'ils ont l'intelligence d'une huitre et un raisonnement binaire bien/mal. Vous êtes UDC, donc faciste, donc raciste. Vous agiter Obama sous le nez est censé vous énerver. La provocation est leur seule arme, vu qu'il ne peuvent pas argumenter contre les évidences que vous écrivez. Le jour ou ils comprendront qu'on (moi aussi) se fiche de la couleur de peau ou de la taille du (autocensuré) d'Obama, on aura progressé.

Écrit par : Paul | 18 avril 2011

@ Paul : Pourquoi vous me dites ça à moi ???? Noir, blanc, métis, franchement, ce n'est pas mon problème.... Merci pour la leçon d'étymologie, cela dit.

@ Stéphane :
- Un lien tiré de fox news (plutôt partial... bien à droite...) sur la loi à HI :
http://www.foxnews.com/politics/2010/03/17/hawaii-considering-law-ignore-obama-birthers/
- Si on en croit The Atlantic, un dommage collatéral de la loi d'AZ pourrait être Mitt Romney : http://www.theatlantic.com/politics/archive/2011/04/wheres-mitt-romneys-birth-certificate/237323/

Écrit par : AdA | 18 avril 2011

@AdA: Paul s'est trompé en vous répondant, il s'adressait sans doute à Géo. Mais parlons de vos deux liens.

Que les autorités de Hawaï espèrent s'épargner la pression des Birthers en les empêchant de poser la question, cela ne m'étonne pas! Balayer sous le tapis semble être un réflexe universel.

Quand au deuxième, c'est une tentative assez faible d'humour en renvoyant le problème sur Mitt Romney:
1. il n'est pas président, et n'a même pas été candidat officiel;
2. l'acte de naissance complet existe et, s'il n'est pas disponible pour tout le monde, Mitt Romney peut tout à fait en demander une copie et la présenter à qui de droit;
3. d'après la loi de l'Arizona, l'acte de naissance complet est loin d'être le seul document permettant de prouver la citoyenneté de naissance.

Bref, on tourne autour du pot, on s'amuse, et l'interrogation reste la même.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 avril 2011

@ Promeante,

Obama n'est pas " un nègre " mais un métis. Avant de hurler au racisme gratuit qui plus est: faudrait mieux vous renseigner sur ce qu'est obama.

D.J

Écrit par : D.J | 18 avril 2011

En effet, l'article de The Atlantic ne prouve rien, mais n'empêche, je suis sûre que quelques Démocrates (et pourquoi pas des Républicains ?) vont se lancer à la chasse.... Et cela dit, Mitt Romney est officiellement candidat depuis le 11 avril 2011.


Je ne vais pas essayer de vous convaincre qu'Obama est bien né à Hawaï, je n'ai jamais vu son certificat de naissance ! Je vais juste vous expliquer en quelques lignes pourquoi cette affaire de 'birthers' m'énerve.

1- si jamais il est né autre part, et que c'était découvert, ça ferait un scandale énorme (à juste titre). La conséquence logique est qu'il y aurait une montée du racisme aux USA, ce dont on n'a réellement pas besoin. Et que les USA seraient décrédibilisés (déjà que.... maintenant...). Bref, pas souhaitable.

2- le père de Barack Obama était étudiant et plutôt pauvre, il ne retournait pas souvent dans sa partie d'origine. Pourquoi aurait-il voulu que son fils y naisse alors qu'il faisait tout lui-même (à ce moment là) pour s'américaniser ?

3- un des 'arguments' des birthers (ou tout au moins de Trump) est que personne ne se souvient d'Obama pendant ses 5 ou 6 premières années. Durant ces 5 ou 6 ans, les parents d'Obama ont divorcé, sa mère était à Hawaï, peut être personne ne se souvient de lui mais il n'y aurait aucun sens à ce qu'il soit resté au Kenya ou ailleurs.

4- avec ce document de live birth certificate, il n'a aucun problème à avoir son passeport (qui dépend du State Department). Ce qui est bon pour le State Department ne serait pas bon pour autre chose... ? Il y a quelque chose qui m'échappe....

5- celui à faire tout un pataquès de cette histoire est Trump. Dont les motivations sont assez floues pour l'instant.


Bref, je pense que la discussion sur cette controverse est assez stérile. Et qu'il y a d'autres sujets sur lesquels se concentrer.

Écrit par : AdA | 18 avril 2011

"Reconnaissez, Montabert, qu'un nègre président des Etats-Unis, c'est vous que ça fait partir en vrille..."

On a bien eu un autrichien chancelier du Reich...

Écrit par : Nicolas | 18 avril 2011

"sa mère était à Hawaï, peut être personne ne se souvient de lui "
Faux, une personnalité importante (le gouverneur ?) a témoigné de la naissance de Obama là-bas. En ajoutant qu'il était un ami de la famille.
OK, Montabert, laissons Paul dans l'ignorance...

Écrit par : Géo | 18 avril 2011

@AdA: j'apprécie votre point de vue et la façon dont vous le présentez. Mais je ne comprends pas le lien entre une invalidation de l'élection d'Obama et une orgie de racisme, ni en quoi étouffer l'affaire préviendrait ladite orgie si elle devait avoir lieu, ni enfin, en quoi la crainte d'une réaction de la population dans un sens ou un autre devrait empêcher des questions essentielles d'être posées.

Le père d'Obama était Kenyan. Quelles que soient ses raisons, il a laissé tomber sa compagne âgée de 17 ans alors qu'elle était enceinte de lui. Sa mère a laissé Obama en garde à ses grands-parents à Hawaï, nous le savons, mais nous n'avons aucune preuve de son lieu de naissance. Il y a apparemment eu des faire-parts de naissance édités par les grands-parents d'Obama dans deux quotidiens locaux; cela n'a rien d'inhabituel (surtout si les grands-parents avaient prévu d'assumer la garde du bébé) et ne dit rien sur le lieu de naissance exact du jeune Barack. Que des amis de la famille se souviennent de lui dès ses 1 an, c'est de toutes façons trop tard.

La relative "souplesse" de l'administration hawaïenne des années 60 rendait très facile une déclaration de naissance abusive sur le sol de l'archipel, facilitant évidemment toute démarche ultérieure d'autorisation de résidence ou de naturalisation. Rien n'est certain, mais entre la nationalité kenyane et américaine, laquelle ouvre le plus de portes? Quelle grand-mère n'aurait pas donné un tel coup de pouce à son petit fils? Et qui aurait imaginé que le nouveau-né serait terriblement embarrassé par un tel secret cinquante ans plus tard, comme président des Etats-Unis?!

Peut-être que les Birthers se trompent, mais leur thèse n'a rien d'invraisemblable.

"Avec ce document de live birth certificate, il n'a aucun problème à avoir son passeport (qui dépend du State Department). Ce qui est bon pour le State Department ne serait pas bon pour autre chose... ? Il y a quelque chose qui m'échappe...."

Oui: la citoyenneté américaine n'est pas la citoyenneté américaine _de naissance_. Personne n'a jamais mis en doute sa nationalité américaine d'Obama, mais elle ne suffit pas à être président. Il faut qu'il soit né citoyen américain.

"Celui à faire tout un pataquès de cette histoire est Trump. Dont les motivations sont assez floues pour l'instant."

Peu importe. cf. ma remarque en fin de billet: les motivations pures ou impures qu'on prête aux Birthers et à ceux qui évoquent le sujet de ce côté de l'Atlantique ne changent strictement rien à la question de l'éligibilité d'Obama.

"Bref, je pense que la discussion sur cette controverse est assez stérile. Et qu'il y a d'autres sujets sur lesquels se concentrer."

J'ai peine à imaginer des anti-guerre en Irak laissant passer une possible inéligibilité de George W. Bush en disant qu'il y a d'autres sujets sur lesquels se concentrer!

Le locataire de la Maison Blanche est différent mais vous voyez l'idée. Obama est le président des Etats-Unis, c'est-à-dire l'homme le plus puissant du monde. Il édicte des lois qui affectent 300 millions d'Américains et lance l'armée américaine dans des opérations militaires sur la planète entière.

Le sujet vaut largement qu'on s'y intéresse.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 avril 2011

Je n'ai pas dit que le sujet ne vaut pas qu'on s'y intéresse.... sinon je ne crois pas que j'aurais commenté !

Sur le passeport et le State Department, le S.D. demande juste un live birth certificate pour délivrer le passeport, aucun autre document, càd que le S.D. considère toute personne en possession de ce document comme citoyen né aux USA (donc de naissance).

Vous écrivez : "de ce côté de l'Atlantique". Je ne sais pas à quoi vous faites référence.... habitant de ce côté de l'Atlantique... les USA ! Et c'est d'ailleurs pourquoi je pense que l'économie qui est assez mal en point, la guerre en Irak, Afghanistan, ou Libye, sont des sujets plus importants que le lieu de naissance d'Obama. Qu'Obama soit né ou non à Hawaii, il est Président des USA, et amené à décider un certain nombre de choses (d'ailleurs, sur ce point, il n'édicte pas de loi, c'est le Congrès, lui les signe). Disons que c'est l'actualité du moment qui m'importe plus, ça a des conséquences plus directes...
Et, si on veut attaquer Obama, il n'y a que l'embarras du choix, la Health Care Reform, la fermeture différée de Guantanamo, une nouvelle guerre, une économie qui a du mal à redécoller, etc,etc. Les sujets ne manquent pas. Les Birthers soutiennent une thèse peut être vraisemblable mais à un moment les Américains en auront marre, vous ne faites pas campagne seulement sur ce point (ou alors vous n'avez aucune chance d'être élu). Plus le temps passe, plus ça risque de se retourner contre eux, donc contre les Républicains.

Écrit par : AdA | 19 avril 2011

en tant que femme mon point de vue est différent du vôtre ,combien d'hommes faisant de la politique dans notre pays savent exactement leurs vraies origines,puisque pour beaucoup de ceux interrogés dans la rue,et je parle du simple quidam ne se souviennent que très rarement même de l'endroit ou leur maman l'a mis au monde même l'heure de naissance souvent est faussée,parceque vous croyiez vraiment que nos anciens qui avaient fait la guerre allait d'un coup de baguette magique donner toutes leurs coordonnées exactes,cessons de planer ils étaient méfiants et pour cause,la vie leur avait appris à ne donner que ce qui leur plaisait à eux et non aux organes officiels,beaucoup plus malins que les générations suivantes!

Écrit par : lovsmralda | 19 avril 2011

@AdA: peut-être que le SD accorde des passeports sur la base d'une simple attestation de naissance hawaïenne, mais ce n'est pas à son honneur.

Il est difficile de discuter du lieu de naissance d'Obama sans rentrer dans des considérations administratives, parce qu'Obama a effectivement montré une attestation. C'est habile de sa part, et cela oblige à rentrer dans les détails.

Jusqu'en 1972, lorsque les lois sur l'immigration de Hawaï furent revues, n'importe quel résident hawaïen pouvait obtenir une attestation de naissance hawaïenne pour un enfant de moins d'un an né hors d'un hôpital, simplement avec sa signature comme preuve. Aucun autre élément n'était requis pour valider la naissance. Pas de docteur, pas de témoins, seulement une signature - il n'était même pas requis d'être membre de la famille. A cause de la permissivité de la législation, les fraudes à l'immigration étaient endémiques à Hawaï. Les fraudeurs venaient surtout d'Asie, amenant un bébé de moins d'un an né à l'étranger, et obtenaient aisément un certificat de naissance local sans avoir à prouver quoi que ce soit. Il suffisait de connaître quelqu'un sur place. Une fois la naissance "sur le sol hawaïen" avalisée, l'obtention de la nationalité américaine par l'enfant, plus tard, ne serait plus qu'une formalité. Du coup, toutes les attestations de naissance hawaïennes d'avant 1972 sont entachées de suspicion.

L'attestation postée sur le site de campagne d'Obama est un document récent, imprimé par l'administration de Hawaï à la demande. Il indique qu'Obama est "né à Hawaï", mais comme on l'a vu, cela ne veut pas dire grand-chose. Il n'y a aucune trace de la naissance de Barack Obama sur les registres des hôpitaux locaux.

Il existe deux façons de lever le doute: l'une est le formulaire de naissance, c'est-à-dire le document transmis par l'hôpital à l'administration pour l'inscription au registre. Il mentionne l'obstétricien, le poids du nouveau-né, etc. L'autre est l'inscription au registre lui-même, l'acte de naissance complet, parce qu'il mentionne la _façon_ dont l'enfant a été inscrit. Est-ce suite à une notice de l'hôpital? Ou est-ce sur la foi du simple témoignage d'un résident hawaïen, comme sa grand-mère?

Avec ces éléments, nous en saurions bien davantage. Le feuillet envoyé par l'hôpital a peut-être été perdu, mais l'inscription d'Obama au registre de la population doit nécessairement subsister: sinon, sur quelle base aurait-il pu obtenir l'attestation de naissance qu'il a mis en ligne?

Barack Obama peut tout à fait obtenir et publier une copie intégrale de son inscription au registre. Mais Obama (et l'administration hawaïenne) luttent furieusement pour empêcher toute divulgation. Théoriquement, cette protection des données a pour but d'empêcher une éventuelle usurpation d'identité par un tiers; dans le cas du président des Etats-Unis, ça me paraît difficile...

Loin de résoudre quoi que ce soit, le document produit par Obama s'apparente plus à une manoeuvre dilatoire qu'à une réponse.

"Les Birthers soutiennent une thèse peut être vraisemblable mais à un moment les Américains en auront marre, vous ne faites pas campagne seulement sur ce point (ou alors vous n'avez aucune chance d'être élu). Plus le temps passe, plus ça risque de se retourner contre eux, donc contre les Républicains."

Une fois le doute instillé, il est tenace, et les sondages semblent montrer que les interrogations sur le lieu de naissance d'Obama ont tendance à se répandre dans l'opinion. Mais c'est clair, la polémique ne tient pas lieu de programme électoral.

Tiens, j'apprends aujourd'hui que la gouverneure de l'Arizona vient d'opposer son veto à la législation. Mais le gouverneur de Louisiane vient d'annoncer de son côté qu'il signerait un texte équivalent s'il arrivait sur son bureau. Affaire à suivre.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 avril 2011

@,Monsieur Montanbert quel est le point fort en politique ?ilfaut avoir connu les politiciens depuis le berceau et savoir qu'ils savent mentir et ce sans rougir,aussi pourquoi Monsieur Obama serait-il différent quand on sait qu'en provenance des USA aucune info n'est à prendre au sérieux c'est comme lors des retransmissions de discours de parlementaires la plupart de ce qui a été dit l'aura été pour faire plaisir aux journalistes afin qu'ils puissent continuer leur travail sans être continellement être harcelés ,on l'a vu lors de l'émission de la TV Romande qui cherchait à connaitre leurs salaires ne regardant personne,mais ce fut finement joué de la part des politiciens

Écrit par : lovsmeralda | 19 avril 2011

"Qu'Obama soit né ou non à Hawaii, il est Président des USA, et amené à décider un certain nombre de choses (d'ailleurs, sur ce point, il n'édicte pas de loi, c'est le Congrès, lui les signe). Disons que c'est l'actualité du moment qui m'importe plus, ça a des conséquences plus directes..."

Quelle drôle d'époque ! Que les Etats-Unis soient, le cas échéant, gouvernés par un menteur bien pire que Nixon - éjecté, lui ! -, et par un usurpateur dont la place serait en prison à vie, n'a aucune espèce d'importance par rapport à l'actualité du moment. C'est ce que nous dit AdA, un homme assurément attaché aux vraies valeurs, telles que la droiture, le sens de l'honneur, la loyauté...

Écrit par : Scipion | 19 avril 2011

Plutôt sacarstique Mr.Scipion,... mais vous avez raison !

Écrit par : 100blagues | 19 avril 2011

Ce commentaire est-il vraiment de Scipion ? Il y a beaucoup de félons sur ces blogs...
Trois choses :
- le fils d'une Américaine est un Américain.
- la nationalité américaine jusqu'il y a peu s'acquérait par bons-cadeaux dans les paquets de lessive. Rien à voir avec le conservatisme suisse, pour des raisons évidentes.
- vous divisez votre propre camp sur des questions complétement mineures.

Écrit par : Géo | 19 avril 2011

" Personne n'a jamais mis en doute sa nationalité américaine d'Obama, mais elle ne suffit pas à être président. Il faut qu'il soit né citoyen américain. "

Il faut aussi que les parents ou l'un deux soit américains depuis plusieurs générations sauf erreur.

D.J

Écrit par : D.J | 19 avril 2011

@Géo:
"le fils d'une Américaine est un Américain."

Non. Une Américaine mineure ne transmet pas sa nationalité à son enfant (en tous cas selon la législation de 1960).

"la nationalité américaine jusqu'il y a peu s'acquérait par bons-cadeaux dans les paquets de lessive."

Pour ce qui est de la nationalité de naissance, la nationalité américaine suit le droit du sol ou le droit du sang. Le droit du sol a l'avantage de la simplicité. J'ai l'impression que vos sentiments envers les Américains se reflètent sur votre votre jugement de leur système de naturalisation...

"vous divisez votre propre camp sur des questions complétement mineures."

La question n'est pas terriblement cruciale pour l'avenir de la Suisse, mais j'ai encore la liberté de choisir mes sujets, merci! ;-)

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 avril 2011

Je réitère mes 2 questions au sujet de ce dernier post :

Qui, dans l'Administration Hawaienne vous a dit qu'un document officiel, en l'occurence un certificat de naissance émanent du Département de la Santé de cet Etat ne suffit pas à prouver que quelqu'un est né dans cet Etat ? Il me semble que ce serait une première. Que faut il alors pour prouver le lieu de naissance de quelqu'un si l'extrait d'acte de naissance ne suffit pas ?
Le document que vous présentez est il officiel ?

Une autre question : quel est votre interêt de reprendre une information, qui visiblement n'est pas très claire, et qui, me semble t'il émane de groupuscules d'extrême droite qui visent par tous les moyens à discréditer le présdent Obama ?

Avez vous un interêt particulier, en tant que représentant politique Suisse, en tant qu'élu, à relayer une information très peu fiable, visant à discéditer un chef d'Etat étranger ?

Ne craignez vous pas, que parmi vos lecteurs, certains plus crédules que d'autres pensent que Obama a fourni un faux ? Ou pensent qu'un certificat de naissance officiel émanent d'un Etat officiel ne suffise pas à prouver le lieu de naissance de quelqu'un ?

Je vous remercie de bien vouloir me répondre.

Écrit par : jeff | 20 avril 2011

Je laisse Stéphane vous répondre. Précisons quand même :

- Obama est le fils d'un Kényan et d'une américaine mineure. Selon la loi de l'époque, il ne devrait pas être "né américain". Il peut le devenir ensuite, mais le problème est ailleurs : seul un "native" peut se présenter à la présidence. Il y a donc un problème juridique.

- Discréditer Obama ? Il le fait très bien lui même ! Endettement de 100%, chômage important, même les pays musulmans lui font la tête aujourd'hui. En fait, il n'est aimé que par les journalistes européens qui trouvent que "un métis président, c'est foooollement tendance". Ce sont les mêmes qui crachaient sur les deux secrétaires d'état métis de GW Bush...

Écrit par : Paul | 20 avril 2011

"Qui, dans l'Administration Hawaienne vous a dit qu'un document officiel, en l'occurence un certificat de naissance émanent du Département de la Santé de cet Etat..."

Le "Certification of life birth" publié sur Internet est une pièce tellement "rustique" qu'après un quart d'heure de formation même pas intensive, sur Photoshop, un gosse de dix ans peut faire naître n'importe qui à n'importe quelle date et n'importe où, dans l'Etat de Hawaï.

Je vous laisse juger :

http://www.thepresidentialcandidates.us/wp-content/uploads/2009/08/obama-bc.jpg

Écrit par : Scipion | 20 avril 2011

@jeff: "quel est votre interêt de reprendre une information, qui visiblement n'est pas très claire, et qui, me semble t'il émane de groupuscules d'extrême droite qui visent par tous les moyens à discréditer le présdent Obama?"

Ahh, pitié avec vos groupuscules d'extrême-droite! Vous en voyez partout! Mais on a dépassé le stade du groupe d'illuminés depuis longtemps. Il y a dans les parlements des états fédéraux des gens élus avec la promesse de faire la lumière sur cette affaire. Il y a des démocrates parmi les Birthers (si si, cherchez bien - en fait, les premières questions sur l'éligibilité d'Obama viennent des partisans d'Hillary Clinton lors des primaires du Parti démocrate; ce sont donc bien des démocrates, aux dernières nouvelles). Obama s'est politiquement grillé bien plus par ses décisions que par son lieu de naissance. Et mon but là-dedans est simplement de présenter, sur mon blog, les sujets qui me semblent dignes d'intérêt.

Vous en êtes tout à fait capable d'argumenter plutôt que de jeter des anathèmes. Vous le faites très bien quand vous posez une question pertinente:

"Qui, dans l'Administration Hawaienne vous a dit qu'un document officiel, en l'occurence un certificat de naissance émanent du Département de la Santé de cet Etat ne suffit pas à prouver que quelqu'un est né dans cet Etat?"

Voilà une interrogation qui a du sens.

Il existe aux USA une loi qui oblige les Etats à accepter les documents officiels les uns des autres. Si M. Jones s'est marié en Californie et a un certificat de mariage californien, il n'a pas besoin d'en établir un nouveau (ou de se remarier) lorsqu'il déménage en Utah. Son mariage californien reste valable où qu'il aille.

C'est, en tous cas, le principe. Mais les exceptions sont faciles à trouver: si on poursuit notre exemple du mariage, que vaut un mariage *gay* de M. Jones célébré dans un Etat qui l'accepte, lorsqu'il tente de le faire valoir dans un Etat qui ne reconnaît pas ce type d'union? M. Jones est-il "marié" ou non? Mieux vaut prendre un avocat...

C'est la même chose pour l'attestation de naissance d'Obama. Ce document est en principe valable, même s'il est entaché de toutes les faiblesses que nous lui connaissons. Mais les autorités d'autres Etats pourraient imposer un document plus poussé, le certificat de naissance complet, pour postuler à la présidence.

En France, si pour l'essentiel des démarches un extrait de naissance suffit (un imprimé et un tampon), pour d'autres il faut impérativement une copie intégrale de l'acte de naissance (une photocopie du registre original et un tampon).

Obama ou l'Etat de Hawaï pourraient prétendre qu'il n'existe qu'un seul type de preuve de naissance et que celui-ci est l'attestation imprimée montrée par Obama en 2008. Mais c'est évidemment un mensonge, puisque ce document ne date pas des années 60. S'il est authentique, il a été généré par un ordinateur de l'administration de Hawaï à partir d'un registre plus ancien stocké quelque part ou numérisé.

On ne peut pas prétendre que ce registre n'existe pas, sinon, sur quoi se base l'administration hawaïenne pour imprimer des attestations de naissance?

Comme souvent aux Etats-Unis, l'affaire pourrait se terminer devant une cour, et celle-ci pourrait juger que l'attestation d'Obama est un document suffisant dans tous les cas où il doit prouver son lieu de naissance. C'est tout à fait possible. Mais cela ne changerait pas grand-chose à l'affaire: en termes d'opinion publique, l'effet d'un tel procès serait absolument désastreux, quelle que soit son issue.

Vous imaginez des avocats d'Obama plaidant devant un tribunal que cette simple attestation peut et doit absolument être la preuve définitive de sa naissance à Hawaï et qu'il ne faut à aucun prix demander des informations plus poussées? Le public s'intéressant aux questions techniques et historiques entourant la gestion administrative des naissances dans l'Etat de Hawaï des années 60 et découvrant la gabegie?

Avec les divers avatars de "birther bills", la merde a percuté le ventilateur, pour utiliser une expression américaine. Le grand public sait maintenant de quoi il retourne, et plus Obama tentera des manoeuvres d'évitement plus il drainera de suspicion.

C'est pour cela que je pense qu'à moins d'être réellement né à Hawaï et de jouer franc-jeu, Obama est fichu. Il peut gagner devant une cour, il ne fera que s'enfoncer dans l'opinion publique. Vous aurez beau clamer, jugement à l'appui, que tout le monde devrait accepter l'attestation comme preuve valable et passer à autre chose, ça ne marchera pas. L'esprit des gens est ainsi fait.

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 avril 2011

"J'ai l'impression que vos sentiments envers les Américains se reflètent sur votre votre jugement de leur système de naturalisation..."
Mes sentiments sur les Américains et en particulier sur leur appréhension du droit et de la justice ne viennent pas de nulle part. Quand j'étais petit garçon, tous mes héros ou presque étaient américains. Dans les dernières années, il y a eu cette erreur majeure qu'a été la 2ème guerre du Golfe. Dans l'Histoire, cela sera vu très probablement comme le facteur déterminant du déclin américain. Je sais que je ne vous convaincrai pas, et qu'il faudrait échanger sur des pages et des pages, alors laissons tomber.
Plus clairement, l'affaire O.J. Simpson, grâcié au pénal, condamné au civil à payer plus de 10 millions de dollars au parent de la femme qu'il a assassiné. Trouvez-moi une explication juridique qui tienne la route, je vous paie des prunes.
Et votre argumentaire ci-dessus ne fait que corroborer ce que je sous-entendais : il s'agit de discréditer sous n'importe quel prétexte Obama. Certains de vos correspondants (AdA,Paul) vous indiquent qu'il n'y a pas besoin de le faire, il s'en charge tout seul. Vous écrivez :
"Obama est fichu. Il peut gagner devant une cour, il ne fera que s'enfoncer dans l'opinion publique. Vous aurez beau clamer, jugement à l'appui, que tout le monde devrait accepter l'attestation comme preuve valable et passer à autre chose, ça ne marchera pas. L'esprit des gens est ainsi fait."
Ce combat me parait une mauvaise cause, et les mauvaises causes font perdre ceux qui les soutiennent. Des gens vont soutenir Obama uniquement parce qu'il est attaqué sur ce terrain-là. Et très peu vont voter contre lui à cause de ces histoires de naissance. Le bon sens voudrait qu'on attaque Obama sur son bilan et ce qu'il a réalisé durant ces quelques années, à part acheter des chiens pour ses filles...

Écrit par : Géo | 21 avril 2011

@Géo: vous avez le droit de penser ce que vous voulez des Américains, et d'ériger leurs errements en symboles de leur échec. Mais je suis forcé de vous reprendre quand vous écrivez qu'il s'agit de "discréditer Obama sous n'importe quel prétexte."

Il n'a jamais été question de discréditer Obama, mais au contraire de faire jaillir la vérité. Le discrédit et le soupçon sont aujourd'hui entièrement de la faute d'Obama. Pensez-vous qu'il ne sache pas exactement où il est né?

Peut-être qu'il y a de sa part, de la part de son silence, la volonté de ne pas "s'abaisser" à prendre au sérieux les questions des Birthers. De la part d'un politicien pareil, une telle erreur d'appréciation me semble peu vraisemblable. Mais admettons: cela ne change rien. Si un "Birther Bill" passe la rampe dans n'importe quel Etat fédéral américain, il faudra bien qu'il sorte du bois. Et alors nous verrons bien qui cherche à discréditer qui.

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 avril 2011

obama vient justement de produire son birth certificate. La pression ça marche:)

http://www.bbc.co.uk/news/world-us-canada-13212230

Écrit par : raph | 27 avril 2011

Je vais évoquer cette conclusion dans un billet séparé.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 avril 2011

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