27 avril 2011

Obama, citoyen américain (de naissance)

Fin de partie, écrivais-je il y a quelques jours à propos du lieu de naissance exact d'Obama. La possibilité d'une nouvelle loi en Arizona, forçant les candidats à la présidentielle à prouver leur citoyenneté américaine de naissance - condition préalable à l'éligibilité selon la Constitution des Etats-Unis - promettait de clore les interrogations pesant sur le président en exercice.

Obama_certificate.jpgLe projet de loi en Arizona fit long feu, mais même si d'autres étaient encore en projet, ils ont précipité les choses: Barack Obama a présenté son certificat de naissance complet aux médias et au monde (cliquez sur l'image pour l'agrandir.)

Dans les prochains jours la communauté des Birthers, les gens qui doutaient de la citoyenneté de naissance d'Obama, sera secouée de différents soubresauts: fleuriront d'inévitables interrogations sur l'authenticité du document, puis l'éventuelle suspicion d'une double-nationalité d'Obama qui pourrait, encore une fois, le rendre inéligible selon une certaine interprétation du texte des Pères Fondateurs.

Faibles répliques d'une polémique avortée, qui ne sauraient suffire à remettre en cause la participation du président sortant au scrutin de 2012.

Les partisans d'Obama et ceux qui n'ont jamais cru à ces histoires peuvent pavoiser. C'est sûr, aujourd'hui beaucoup de Birthers doivent se sentir un peu ridicules - et s'ils ne le sont pas, les médias se chargeront bien de les faire passer comme tels. Mais c'est un raccourci facile. Si Barack Obama a publié ce document, c'est parce qu'il y a été forcé. Cela valide clairement la pertinence de la critique des Birthers.

J'ai été très intéressé par les thèses des Birthers. A l'inverse des théories du complot habituelles dont la durée de vie semble proportionnelle au ridicule, l'hypothèse d'une naissance hors-Etats-Unis d'Obama était clairement plausible: elle n'impliquait pas de conspiration mondiale, de gros moyens financiers, de complices par centaines ou de technologie extraterrestre. Elle n'aurait été que le fait d'un homme ambitieux soucieux de cacher quelques détails gênants de son passé durant son accession à la présidence - des obstacles dûs à une constitution ancienne et, dans son esprit, probablement désuette. Elle n'aurait été possible que par l'amour d'une grand-mère prête à un mensonge véniel pour offrir le meilleur avenir possible à un petit-fils abandonné par son père, sans deviner que cette entorse, permise par l'indulgente législation hawaïenne de l'époque, pèserait un jour sur le destin d'un adulte devenu président.

Il y avait là tous les ingrédients d'un scénario passionnant!

Le soufflé a tenu jusqu'à aujourd'hui. La révélation soudaine de l'acte de naissance complet par la Maison Blanche le dégonfle. Mais il reste encore deux ou trois enseignements à tirer de cette histoire.

Aujourd'hui, c'est un Barack Obama visiblement agacé qui faisait face à la presse:

"Pendant toute cette semaine, le thème dominant dans les médias n'était pas sur ces ces choix énormes que nous devons faire en tant que nation, mais au sujet de mon certificat de naissance."

 

Cette semaine? Oui, depuis que Donald Trump, le spectaculaire magnat immobilier et candidat républicain possible à la présidentielle de 2012 a évoqué l'affaire d'une façon que même les médias ne pouvaient plus ignorer. Mais la polémique est née durant les primaires démocrates de 2008 opposant Barack Obama à Hillary Clinton. Les esprits s'agitent sur la question depuis plus de deux ans et demi! Lors des élections de 2010, des candidats ont été élus avec la mention de cette clarification dans leur programme électoral.

Et Barack Obama est excédé par une question qui tarauderait l'opinion depuis une semaine?

"Nous n'avons pas le temps pour ce genre de bêtise. Nous avons des choses plus importantes à faire. J'ai des choses plus importantes à faire."

 

Je ne saurais mieux dire - ni m'empêcher de lui retourner la question: si nous avons, tous, des choses plus importantes à faire, pourquoi ne pas avoir écrasé la polémique comme on écrase un mégot du talon, il y a deux ans, en dévoilant à qui de droit le certificat de naissance complet à la recherche duquel tout le monde était? Apparemment, il a suffit d'un coup de fil du président et c'était réglé.

obama_press.jpgLa version Birther, c'est que ce document relancerait l'affaire sous un autre angle en mentionnant le père d'Obama. Mais je n'y crois guère. J'estime que les raisons du silence d'Obama sont plutôt à chercher du côté d'un mépris souverain envers ceux qui mettaient en doute sa vérité. Fournir des preuves est une forme d'abaissement.

Nous en sommes pourtant arrivé là. Les sondages désastreux et la polémique grandissante ont fini par imposer leur agenda au président américain - ce qui représente, d'une certaine manière, une incroyable réussite pour un groupe de prétendus illuminés mis au silence par une omertà médiatique en béton.

Aujourd'hui, c'est une foison de nouvelles célébrant la divulgation du certificat de naissance complet d'Obama. On en parle sur la BBC, sur France2, sur la TSR, sur le New York Times, sur le Washington Post, sur le Corriere della Serra. Partout, on annonce avec soulagement la fin de la polémique - en indiquant incidemment qu'elle dure depuis des années. Des années durant lesquelles les médias ont soigneusement choisi de taire le sujet.

Etrange sentiment qui saisira le téléspectateur coupé d'Internet, soumis au détour d'un chemin à une intrigue qu'on lui dévoile d'un coup, et qu'on accepte de lui dévoiler seulement parce qu'elle se termine bien!

Donald Trump a dénoncé la façon dont les médias protégeaient Obama; on peut difficilement lui donner tort.

En révélant - enfin! - son acte de naissance complet, Barack Obama vient de noyer l'incendie sous un seau d'eau. Le tas de cendre fume encore; dans les scories se consument les restes de quelques idées mortes - l'idée que Barack Obama soit né au Kenya, certes, mais aussi l'idée qu'un président américain puisse traiter par le mépris les interrogations de son opinion publique, et l'idée qu'il suffise aux médias traditionnel de taire un sujet pour que celui-ci n'existe pas.

Internet a définitivement changé la donne.

Commentaires

Seul un raciste dans votre genre, larbin UDC, s'intéresse au lieu de naissance d'un humain.

Karl Marx disait: Les travailleurs n'ont pas de patrie.

Chacun à le droit de vivre où bon lui semble, n'en déplaise à la chienlit d'extrême droite, dont vous êtes un médiocre et insignifiant représentant.

Travail, mon cul, famille mon cul, patrie je lui ch.. dessus.

Écrit par : NATAS999 | 28 avril 2011

Voilà le genre de commentaires que je reçois régulièrement. Pour une fois, j'ai décidé de le laisser passer, afin que chacun puisse voir à quel point la modération est nécessaire.

@NATAS999: insultes à côté de la plaque, incompréhension du sujet, citation de Marx, bravo: vous nous avez fait la totale.

Vous êtes un véritable atout pour les idées que vous défendez!

Personnellement, ça me fait une belle jambe qu'Obama soit né à Hawaï ou à Tombouctou. Cette donnée n'a d'importance que dans la mesure où c'est une question constitutionnelle aux USA - la Constitution, vous savez, ce texte fondateur que le président américain a juré de défendre en prêtant serment au début de son mandat!

Quant au travail, famille, etc. (formule "connotée" que vous ne trouverez nulle part sur ce blog) eh bien, je vous laisse à votre papier toilette :-)

Écrit par : Stéphane Montabert | 28 avril 2011

Vous avez bien fait de parler de l'acte de naissance de Barack Obama. Quand on est un personnage public, ce genre d'information doit être accessible au public. Cela ne jouera pas sur sa politique, mais ce refus de montrer un bout de papier pendant 3 ans en dit long sur l'aspect cachottier du personnage. Je me demande combien de cadavres il a dans son placard... Enfin, vu sa cote de popularité, il n'a pas besoin d'une rumeur négative supplémentaire. Sa prosternation publique devant le roi Saoud l'a déjà méchamment écornée :)

Quand à NATmachin, c'est un fils de bourge qui se la pête "révolutionnaire", comme beaucoup des moins de 25 ans. Faute d'oser dire "m*rde papa", il s'exprime sous pseudo sur le web. Mentalité typique du br*nleur, qu'il soit facho ou antifacho. Mieux vaut qu'il défèque sur un site web que d'aller faire une bétise dans la rue, non ? Remarquez que dans la rue, ils sont sages. C'est dangereux, on peut se prendre une gifle (pas virtuelle, celle-là !). Merci de l'avoir laissé, ces ahuris me font toujours rire.

Paul

PS: pour travail, famille, patrie (je le dis pour nos amis suisses), c'était la devise du gouvernement de Vichy, collaborant avec l'Allemagne entre 1940 et 1944. On devine donc les origines françaises de natmachin et sa mentalité gauchiste : il n'y a qu'eux pour faire sans cesse référence à cette période peu glorieuse de la France.

Écrit par : Paul | 28 avril 2011

Les attaques contre Obama ne sont pas une surprise. Moins par le fait qu'il est l'actuel président que pour les prochaines élections. Une certaine droite du parti républicain n'a pas accepté un métisse au point qu'il y a eu des dérapages condamné par ce même parti.
Le résultat est que dans les sondages les républicains sont bien derrière.
Donc pour remonter la pente, certain du moins ,sont prêt à tout. Ce qui a grande chance d'aider Obama a rester au pouvoir.

L'UDC se met à l'heure chrétienne, et j'ai été très choqué en tant que chrétien.
On ne mélange pas les torchons et les serviettes. Occupez vous de la politique et laissez les chrétiens en paix. Parlez de guerre contre les centristes n'a rien de chrétien ou alors il y a plusieurs version de de la Bible !

Je viens d'une vieille famille suisse, bien avant Marignan. La neutralité imposée à la Suisse par les puissants de l'époque n'a rien de glorieux, je n'y adhère pas à cette lacheté. UDC parti qui defend la vrai Suisse ... Mes ancêtres doivent se retourner dans leurs tombes !

Écrit par : Roket | 28 avril 2011

"Seul un raciste dans votre genre, larbin UDC, s'intéresse au lieu de naissance d'un humain."


Ah ? Vous êtes donc un partisans du droit du sang, par conséquent..

Écrit par : Nicolas | 28 avril 2011

Ce document a toujours été accessible au USA à de nombreuses personnes. Notamment à de nombreux responsables politiques.

Le problème en vérité se situe au niveau de l'adhésion de l'archipel des Hawaï au USA. Selon certains, il y a doute sur la légalité de cette adhésion/annexion.

Écrit par : pensif | 28 avril 2011

@pensif: ce document était difficile à trouver, parce que le registre a été placé dans un coffre... Suite aux innombrables demandes sur le lieu de naissance exact d'Obama. En fin de compte, peu de gens savaient où se trouvait ce satané document - pas même le gouverneur de Hawaï, apparemment!

Hawaï est devenu le 50e Etat des Etats-Unis le 21 Août 1959, deux ans avant la naissance d'Obama. La fraîcheur du changement peut expliquer quelques aléas administratifs; mais ici, comme on le voit, tout est en ordre. Barack Obama est bien né dans un hôpital de l'archipel et a bien été inscrit sur les registres de l'administration. C'est le registre dont nous voyons désormais une page photocopiée qui a probablement permis aux autorités de Hawaï d'émettre une attestation de naissance en 2008, le document généré par ordinateur, présent sur le site de campagne d'Obama.

Personnellement, je me demande si ce ne serait pas une bonne chose que les lois locales sur l'éligibilité présidentielle soient publiées quand même. Maintenant que la polémique sur Obama est éteinte, on ne pourra pas accuser les législateurs de vouloir s'en prendre au président; et elles permettraient d'éviter, à l'avenir, de nouveaux doutes lancinants sur l'éligibilité d'un locataire du Bureau Ovale.

Écrit par : Stéphane Montabert | 28 avril 2011

Tout à fait d'accord avec votre interprétation.

Si l'on part du principe que ce document est authentique et règle la question (et je pars de ce principe jusqu'à plus ample informé, je ne suis pas complètement paranoïaque), ce qui est extraordinaire, c'est qu'Obama a laissé se développer pendant trois ans une polémique qui lui a créé un tort politique certain. Une polémique qu'il pouvait tuer dans l'oeuf en claquant des doigts. Et pourquoi ?

La seule explication possible (sauf nouvelles révélations à venir), c'est son infinie vanité, son insupportable narcissisme, et son revanchisme racial.

Comment ? Moi, Obama, montrer le document que l'on me réclame pour justifier que j'ai le droit d'être là où je suis ? Moi, le Messie que l'Amérique et le monde entier attendaient ? Mais pour qui me prenez-vous ? C'est du racisme ! Demander à un Noir de prouver qu'il respecte la constitution, c'est le retour aux zeurléplusombres de notristouâr ! (Désolé pour cette collision entre la mythologie politique française et les Etats-Unis...)

L'attitude d'Obama est aussi révélatrice de son côté anti-américain. Un véritable Américain, c'est un type qui assume ses responsabilités d'autant plus qu'elles sont importantes, qui trouve normal de rendre des comptes à ceux qu'il sert, qui ne s'imagine pas d'une essence supérieure à ses concitoyens.

Ce n'est visiblement pas le cas d'Obama, socialiste et "race-baiter", comme on dit aux Etats-Unis, c'est à dire militant communautariste, victimisateur et revanchiste racial.

Un président capable de nommer, comme ministre de la justice, Eric Holder, un Noir qui parle de "mon peuple" pour désigner les Noirs américains, et excuser son refus de poursuivre les Black Panthers qui ont physiquement intimidé les électeurs blancs à l'entrée d'un bureau de vote, lors de l'élection du Messie noir.

Écrit par : Robert Marchenoir | 29 avril 2011

Robert Marchenoir@ Pas sûr que l'angle d'attaque soit le bon. Fenêtre d'ouverture minimale. Vous êtes trop pressé. Wait and let the others see..
Effet destructeur maximum.

Écrit par : Géo | 29 avril 2011

J'ai lu le document en question il y a 2 ans. Il m'a été montré par un officier de réserve de l'armée du Maryland (base de l'armée de l'air).

Hawaï présente la caractéristique rare de n'avoir jamais été rattachée à son actuelle puissance souveraine (les États-Unis) par un acte de droit international. La cession de l'archipel a en effet été le fait d'un gouvernement provisoire que les États-Unis ne reconnaissaient pas, le président Grover Cleveland ayant explicitement déclaré cette entité illégitime. Par peur des résultats, on ne procéda pas à un référendum auprès de la population hawaïenne. La résolution Newland, qui érige Hawaii en territoire organisé des États-Unis, votée par le congrès américain n'est donc, en termes juridiques, qu'un acte unilatéral. Par l' Apology resolution du 23 novembre 1993, le congrès américain souligne ainsi ce point en reconnaissant que le peuple hawaïen n'avait jamais renoncé à sa souveraineté au profit des États-Uni

Écrit par : pensif | 29 avril 2011

Le discours d'Obama au dîner des journalistes accrédités à la Maison-Blanche confirme en tous points mon commentaire précédent.

Il s'est servi de son statut pour ridiculiser nommément, pendant de longues minutes, Donald Trump qui faisait partie des invités, et qui n'avait pas la possibilité de répliquer. Cet ahurissant manque de dignité et de savoir-vivre confirme la mentalité d'Obama, qui se comporte comme un chef de clan mafieux depuis qu'il est au pouvoir, et non comme le président de tous les Américains.

Il s'est également payé la tête des journalistes de Fow News, s'adressant à eux auparavant pour bien s'assurer qu'ils étaient présents dans la salle, et les présentant comme des débiles mentaux. Ahurissante trahison du premier amendement de la constitution qui protège la liberté d'expression, et donc oblige, dans son esprit, le président des Etats-Unis à ne pas exploiter une pareille occasion officielle pour régler des comptes partisans avec les médias qui lui sont opposés.

Il a également attaqué une adversaire politique du Tea Party, qui elle non plus n'avait pas la possibilité de se défendre.

Inviter des gens pour les humilier en public tout en les baîllonnant, alors qu'on est l'homme le plus puissant du pays, ce sont des moeurs de Néron, de dictateur, de voyou ; pas de président des Etats-Unis.

Il a cru drôle de présenter, comme "la vidéo de sa naissance", la bande-annonce du film "Le roi lion" -- ce qui confirme l'infinie fatuité du personnage, et son caractère anti-américain : un roi en président des Etats-Unis, il faut vraiment n'avoir aucune affinité avec l'histoire de son pays pour oser faire une plaisanterie pareille...

Rien que le choix de cette "blague" confirme les accusations des "birthers", indépendamment du lieu de naissance réel d'Obama : le Messie noir n'est pas un Américain dans l'âme.

Obama, c'est une caricature de la gauche dans ce qu'elle a de pire : l'esprit partisan, la mesquinerie, l'humiliation de ses adversaires à chaque fois qu'elle acquiert une parcelle de pouvoir, la revendication du monopole de l'intelligence et l'accusation systématique d'imbécillité envers ses ennemis.

Écrit par : Robert Marchenoir | 02 mai 2011

C'est quand même surprenant que Obama ne fournisse aucun document pendant ces 3 ans … le doute persiste pour moi …

Cet homme est entouré de mystère et j'ai bien peur que comme tt ces hommes/femmes attirés pour le pouvoir, il ne "perde" la tete …

Magda

Écrit par : immobilier Claix | 03 mai 2011

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