19 mai 2011

Justice d'exception contre l'homophobie?

Mardi 17 mai, c'était la journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie. Pas de chance, l'affaire DSK, qui aurait mieux convenu à des dates comme le 8 mars ou le 25 novembre, monopolisait l'actualié; mais il restait un peu de place au téléjournal de la TSR pour évoquer le sujet sous un angle original, la sous-estimation des agressions contre les homosexuels.

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(cliquez sur l'image pour voir le reportage)

Malheureusement, Aline Inhofer monta son reportage pour en faire ressortir une thèse correspondant à des opinions sans grand rapport avec le thème initial, la volonté de légiférer pour créer une justice d'exception contre l'homophobie. Les commentaires en voix off de la journaliste ne laissent aucun doute:

Il y a une loi contre le racisme, il y a une loi contre l'antisémitisme, par contre il n'y a aucune protection contre l'homophobie. (...) Et pour les victimes, cette absence de législation est également ressentie comme un manque de reconnaissance.

 

Manque de reconnaissance? A voir. Un examen minutieux de la construction du reportage montre que la journaliste oriente ses interlocuteurs (et les téléspectateurs) pour faire ressortir sa thèse, alors que le problème réel est tout autre, et bien réel: les homosexuels hésitent à porter plainte quand ils se font agresser.

Monica Bonfanti, cheffe de la police genevoise: "Nous savons que le chiffre noir pour ce type d'infraction est très élevé et aujourd'hui, on compte, on estime que seulement 10 à 15% des actes à caractère homophobes sont portés à la connaissance de la police."

Michaël Häusermann, association Dialogai: "Porter plainte, ça veut dire aller à la police ou à la justice que je suis homosexuel, que la nuit je vais peut-être dans un parc pour rencontrer d'autres hommes, donc il y a encore beaucoup beaucoup de gens aujourd'hui qui n'osent pas faire ce pas parce qu'ils ont honte."

 

Le problème est avant tout d'ordre psychologique. Les homosexuels vivent - ou subissent - leur orientation sexuelle comme une transgression; il en va parfois aussi de leur mode de vie tout entier. Ils se retrouvent tout aussi démunis face aux agressions qu'un drogué arnaqué ou d'une prostituée violentée. Lorsqu'on estime vivre en marge des normes sociales, difficile de pousser la porte d'un poste de police pour porter plainte.

On voit mal en quoi une législation criminalisant spécifiquement les agressions anti-gays pousserait tout d'un coup les victimes à plus de combativité. Un homosexuel violenté ne porterait pas plainte parce que son agresseur encourrait trois ans de prison, mais il prendrait la peine de surmonter sa réticence à porter plainte si l'agresseur risquait le double?

Poursuivons notre exemple et supposons qu'un fait de lésions corporelles simples, valant jusqu'à trois ans dans un cas habituel, soit portée à six ans dans le cas d'une victime homosexuelle. Un individu cogne: ça vaut jusqu'à trois ans. La victime est gay; l'agresseur le sait-il? L'agresse-t-il à cause de cela? Et s'il crie "sale pédé" au milieu d'un pugilat avec un hétérosexuel? Et s'il essaye de "casser la gueule d'un gay" mais qu'il se trompe sur l'orientation sexuelle de sa victime? Et si la victime est bisexuelle? Indécise? N'est jamais passée à l'acte? C'est inextricable. Comme l'explique Stefan, barman dans un club gay, la limite est d'ailleurs difficile à tracer entre le vol simple et l'attaque anti-homosexuelle:

C'est toujours les mêmes choses, ils se font tabasser, ils se font agresser verbalement, mais, avant tout et pour tout, c'est pour leur prendre leur carte bleue, leur argent, leurs espèces, ou leurs bijoux.

 

Les législations spécifiques sont dangereuses et contre-productives. En érigeant les gays - ou d'autres - en minorité spécialement protégées par la loi, on dévalorise la majorité. On fait passer l'acte criminel au second plan face à l'appartenance culturelle, ethnique, religieuse ou sexuelle de la victime. On instaure progressivement une justice différenciée où qui vous êtes est plus déterminant sur la peine du coupable que ce qu'on vous a fait.

Une agression violente doit être punie parce que c'est un acte violent, une atteinte aux comportements civilisés; pas parce que la victime a des orientations sexuelles sortant de la norme. Devrait-il être plus "acceptable", aux yeux de la loi, de démolir à coup de pieds le visage d'un bon père de famille traditionnel, plutôt que celui d'un homosexuel?

Ce n'est pas rendre service aux gays que de les singulariser à travers une disposition particulière du code pénal. Si on veut les aider, ce serait plutôt en les encourageant à exercer leurs droits, au lieu de les laisser imaginer qu'ils ne sont pas dignes d'une enquête de police.

Commentaires

"On fait passer l'acte criminel au second plan face à l'appartenance culturelle, ethnique, religieuse ou sexuelle de la victime. On instaure progressivement une justice différenciée où qui vous êtes est plus déterminant sur la peine du coupable que ce qu'on vous a fait."
Vous avez oublié " étranger", car grâce à l'UDC, nous avons en Suisse une justice d'exception concernant les étrangers.
Revenons à nos moutons.
Les homosexuels sont victimes d'actes homophobes car la société est encore profondément homophobe, grâce notement aux campagnes homophobes de votre parti, ou comme vous le faites si bien dans votre poste vous dites que l'homophobie est une déviance, au même titre que la toxicomanie ou la prostitution. D'ailleurs, pour parler de cet exemple, l'homosexualité à toujours été associée à la toxicomanie et à la prostitution dans l'esprit du " grand public". Vous versez, une fois de plus, dans la caricature.... ça n'est pas comme cela que l'on va lutter contre l'homophobie !

Écrit par : jeff | 20 mai 2011

@jeff: tant de mensonges en si peu de mots, c'est un record! Sur de prétendues campagnes "homophobes" de l'UDC, ou lorsque vous osez affirmer une quelconque position de ma part sur l'homosexualité, ou enfin sur le renvoi des criminels... Décidément, vous semblez incapable d'écrire trois lignes sans broder un tissu d'inepties, pour rester poli.

L'initiative UDC pour le renvoi des criminels étrangers n'a fait qu'harmoniser à l'échelle fédérale une pratique cantonale préexistante, pour d'évidentes raisons d'équité. Le canton de Vaud était même le champion des renvois!

Mais vous tenez absolument à rouvrir ce débat, jeff? Alors, tenez pour vous: le renvoi des criminels étrangers n'est absolument pas une justice différenciée. Les criminels étrangers sont renvoyés à l'issue d'une peine qu'ils purgent intégralement en Suisse, comme n'importe quel détenu.

Leur renvoi est conséquent à une infraction sur le droit des étrangers, auquel les ressortissants helvétiques ne sont évidemment pas soumis. Mais une disposition particulière du Droit, qui concerne une partie de la population *à cause* de ses caractéristiques propres, n'est pas le signe d'une justice à deux vitesses. Le droit des étrangers s'applique naturellement aux étrangers, tout comme le droit du mariage ne s'applique pas aux célibataires, le droit des mineurs est différent du droit des adultes, et ainsi de suite.

Cela n'a strictement rien à voir avec des peines différenciées selon le statut social et les préférences sexuelles, religieuses, etc. de la *victime*.

En résumé:
- Peines différenciées selon la responsabilité psychiatrique, l'âge, etc., de l'agresseur: normal, pratiqué dans tous les pays du monde.
- Peines différenciées selon le statut social, la sexualité, la religion, la race, etc., de la victime: justice de caste.

Notez que je fais référence aux dispositions légales du code pénal, pas à l'interprétation des juges qui infligent des peines selon un intervalle de sanctions.

Il existe des dispositions légales visant à protéger des victimes particulières à cause de leur faiblesse (enfants, handicapés...) celles-ci sont parfaitement acceptables dans la mesure où leurs capacités physiques modifient "l'équilibre des forces" dans la violence.

Sinon, je me souviens d'un pays pratiquant des peines différenciées selon la couleur de peau de la victime - un critère dans la droite ligne de vos conceptions, n'est-ce pas?

C'était l'Afrique du Sud.

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 mai 2011

Attention à la judiciarisation à outrance !

Nous avons en France des lois réprimant l'homophobie et punissant tout comportement "suspect" dans ce domaine. L'expression "sale pédé", que vous citez, peut vous envoyer devant le tribunal, même si la personne insultée n'est pas homosexuelle.

Ces lois servent avant tout à faire naitre des associations complètement bidons, qui réclament des subventions - aussitôt accordées par l'Etat ou une collectivité locale - pour "lutter contre l'homophobie", avec l'excuse de la loi. Evidement, elles n'ont pas empéchés la progression de l'homophobie. Il faut dire que nous avons beaucoup de musulmans en France, et pour eux le "pédé" est un monstre. C'est d'ailleurs comique de voir ces gens soi-disant musulmans pratiquer la sodomie active quand ils vont en prison...

En revanche, les associations qui fleurissent (pour faire appliqer la loi, bien entendu...) servent à embaucher des copains sur fonds publics. Ca coûte et ne rapporte rien, hormi l'édition aux frais du contribuable de flyers pour la Gay-pride (qui fait honte aux vrais homos, assimilés à des folles tordues et excitées du slip dans ces manifs).

De même que les lois anti-négationistes (22 ans d'existence chez moi) n'ont pas empèchés les calembours foireux de Le Pen (le père), de John Galliano ou tout récemment de Laars van Triers (le cinéaste viré de Cannes malgré ses excuses), une loi anti-homophobie n'empêchera pas l'homo isolé ou chétif de se faire défoncer le (autocensuré) par une bande d'homophobes.

A une époque où les gens en ont marre du politiquement correct, les censurer revient à les pousser vers l'interdit. Une loi "anti" devient une incitation au "pro". Songez-y !

Écrit par : Paul | 20 mai 2011

Le commentaire de Paul me coupe beaucoup d'herbe sous les pieds. Il y a deux remarques que je voudrais faire :
1. La même que Jeff, mais dans le sens contraire. Je donnerais cher pour connaître l'origine ethnico-religieuse des agresseurs homophobes. A ma souvenance, un cas m'a particulièrement choqué. Celui d'un "officier" de l'armée suisse (les " sont assumés et volontaires, j'en ai honte pour ceux qui ont laissé cette ordure grader) d'origine kosovare, donc musulman. Je vous rappelle que les Kosovars vivent de rapines depuis des siècles, comme les Touaregs et leurs fameuses razzias pour rapter des esclaves, et plus précisèment de trafic de drogue (relais de leurs copains musulmans turcs), de femmes et d'armes. De trafic d'organe selon Dick Marty, mais cela paraît être une énième connerie de cet individu délirant (mais très représentatif du PLR de ces "humanistes" que sont Ruey, Maudet, Brunschwig-Graf, Melly et consorts).
Ce "lieutenant" de l'armée suisse a été condamné avec sa bande parce qu'il dévalisait les homosexuels sur l'aire de repos de l'autoroute à Bavois.

Donc, de même que pour l'écologie et la préservation de notre milieu face à l'invasion barbare de l'Europe, les progressistes doivent se poser la question de la présence étrangère sur notre sol de cultures très hostiles à notre population EN GENERAL...et sutout, il est vrai, aux homosexuels.

Je partage complétement le point de vue de Paul sur les gay Prides et leur cortège de tantouzes peinturlurées. Si j'étais moi-même homosexuel, cela me rendrait fou de rage...

Écrit par : Géo | 20 mai 2011

C'est le simple bon sens. Mais il est inaccessible aux militants homosexualistes, car ces derniers ne recherchent pas, par la loi, la punition des violences dont ils pourraient être victimes, mais la légitimation de leur perversion.

Le débat est donc faussé dès le départ, car la loi n'est évidemment pas faite pour ça. Dans les rares cas où le droit légifère en matière de moeurs, c'est pour confirmer et légitimer, bien entendu, les moeurs normales, et non les déviances.

Une législation qui normalise les déviances ne peut conduire qu'aux pires dérives. Dans une société saine, les déviances qui ne portent pas directement atteinte aux droits d'autrui (homosexualité, prostitution...) ont un statut qui oscille entre la réprobation populaire et une certaine tolérance de fait.

Contrairement à la doxa politiquement correcte, cette réprobation populaire n'est pas de la "discrimination" qu'il faudrait réprimer à coups de lois. C'est une nécessité sociale. C'est une bonne chose.

Écrit par : Robert Marchenoir | 20 mai 2011

@Robert Marchenoir: en l'espèce, dans le reportage diffusé à la TSR montrait plus une instrumentalisation des intervenants par la journaliste qu'autre chose. Les homosexuels interviewés n'étaient absolument pas en campagne pour réclamer une révision du code pénal, même si c'est l'impression que pouvait donner le reportage après son montage et l'ajout en voix off de la journaliste, par petites pincées ici ou là.

J'imagine très bien avec quelle facilité quelqu'un peut s'autoproclamer représentant et défenseur d'une minorité quelconque, si elle est trop peu organisée pour s'y opposer. Ensuite, il suffit de broder sur cette imposture pour en tirer des avantages sociaux et politiques tout à fait concrets!

Et j'ai connu des homosexuels atterrés par l'image que donnaient de leur mode de vie les diverses Gay-prides, effectivement. Il existe une frange revendicative dans ces communautés, mais quelle est sa représentativité?

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 mai 2011

Il n'y a décidèment plus rien qui fonctionne sur ce site. Ceux qui s'en occupent ne sont même pas capables de filtrer des spams que même swisscom security serait capable de voir, et les derniers commentaires ne s'affichent plus. Ce billet-ci n'est pas affiché mais celui sur DSK.
Cette bande de guignols de 24 heures démontre à l'envi pourquoi malheureusement on ne peut qu'être anti-nucléaire : nos ingénieurs régressent tous les jours. En une seule génération, tout le savoir-faire helvétique s'est perdu et ils ne savent plus que construire des équations mathématiques bidon dans le domaine bancaire sensées nous éviter de perdre notr argent. Comme chez Lehmann @ Bros...

Écrit par : Géo | 20 mai 2011

"Manque de reconnaissance?"

Etrange tous ces gens qui veulent être "reconnue", et qui pour cela emmerde le monde..

Écrit par : Nicolas | 20 mai 2011

J'ai toujours pensé que l'élargissement de la catégorie des circonstances aggravantes relatives aux personnes était une idée complètement pourrie.

Comme cela a été précisé, il y a classiquement deux catégories de personnes, à savoir les personnes "capables" et les personnes "incapables" (mineurs et majeurs protégés), ces derniers bénéficiant d'un statut protecteur.
Créer des catégories privilégiées revient à étendre de fait le champ de personnes "incapables", ou "moins capables", le tout dans une recherche d'"égalité" ou je ne sais quelle autre sottise.
La réalité, c'est que c'est inefficace, parce que le problème, au fond, c'est qu'il faut punir la violence, et pas le mobile en soi. A cela s'ajoute que ceux qui n'ont pas la "chance" de faire partie d'une de ces catégories seront moins bien protégés, alors qu'ils ne sont pas plus capables de se défendre que les autres.

Quoi qu'il en soit, le problème profond des gens qui réclament ce genre de privilèges, c'est qu'ils sont mal dans leur peau (voir le discours du jeune homme agressé dans la vidéo: il dit avoir mis très longtemps à s'accepter). C'est bien dommage pour lui et pour les autres, mais il doit porter sa croix tout seul, car c'est un grand garçon.

Mais une partie de ces gens (homosexuels, femmes, juifs, musulmans, que sais-je encore) cherche à institutionnaliser ce mal-être, en répandant l'idée néfaste que "tout le monde est contre eux et cherche à leur nuire". Nous avons eu droit à un excellent exemple par le magnifique post de jeff, qui manifestement nage en plein délire (le pauvre).
La vérité c'est que la plupart des gens se fichent de leurs histoires de fesses, ou encore du goût douteux de certains pour les tenues atypiques, pourvu qu'on ne les leur colle pas sous les yeux à tout bout de champ :)

Écrit par : Laetitia | 23 mai 2011

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