01 septembre 2011

Pendant ce temps, à Athènes...

...La dette est hors de contrôle. Et pour une fois, ce n'est pas moi qui le dit mais un panel d'experts indépendants:

La dynamique de la dette grecque est désormais "hors de contrôle" et les dérapages par rapport aux objectifs de réduction du déficit, exacerbés par une profonde récession, menacent d'annuler les bénéfices du nouveau plan de sauvetage, constate la nouvelle commission de contrôle du budget.

Dans un rapport rendu public mercredi, la commission estime qu'"une augmentation importante de la dette, un grand déficit de départ et une profonde récession ont poussé à l'extrême la dynamique de la dette qui est maintenant hors de contrôle".

La commission nouvellement constituée est composée d'analystes indépendants.

"Ces développements semblent contrebalancer dans une large mesure l'impact positif" du dernier plan de sauvetage de l'Union européenne qui s'élève à 159 milliards d'euros (230 milliards de USD) consenti le mois dernier, ajoute la commission dans son rapport dont des extraits sont publiés par l'agence semi-étatique Athens News Agency.

Bridée par les codefaut_grec.jpgupes budgétaires, l'économie grecque se rétracte à un rythme alarmant. Le ministre des Finances Evangölos Venizélos a déclaré la semaine dernière que le Produit Intérieur Brut se rétracterait vraisemblablement de plus de 4,5% en 2011, contre 3,5% prévu initialement.

Entretemps, la dette grecque a enflé pour atteindre 350 milliards d'euros.

La Grèce est actuellement soumise à un audit de la part de l'union Européenne, du Fonds Monétaire International et de la Banque Centrale Européenne pour savoir si la sixième tranche du prêt de 110 milliards d'euros consenti à Athènes l'année dernière serait débloquée.

Selon certaines informations, les représentants de ces trois organisations arrivés lundi à Athènes pour conduire l'audit auraient constaté des retards dans la mise en oeuvre du programme de relance, notamment dans les secteurs qui peuvent susciter de forts mouvements de protestation de la part des syndicats.

"Les semaines prochaines jusqu'au 15-20 octobre seront cruciales et graves", a déclaré M. Venizélos mercredi à la radio Real FM, dans une interview.

Le déficit public - à l'origine de tous les maux du pays - est devenu insoutenable à 14,69 milliards d'euros (21,3 mrd USD) au premier semestre 2011, alors que l'objectif fixé était de 16,68 milliards pour toute l'année.

Pour combler le déficit, les autorités grecques vont hausser jeudi les taxes sur la nourriture dans les restaurants et les hôtels de dix points à 23%.

Les restaurateurs ont qualifié cette mesure de ruineuse et certains menacent de ne pas percevoir cette taxe pour ne pas être contraints de fermer.

Athènes est également confronté à une cacophonie en Europe concernant un accord controversé consenti par la Grèce à la Finlande pour lui garantir son financement du deuxième plan de sauvetage.

Les dirigeants de la zone euro ont accordé un plan de sauvetage de 109 milliards d'euros en juillet à la Grèce pour éviter la banqueroute au pays. Le secteur privé a aussi avancé 50 milliards d'euros.

 

Les Grecs découvrent tardivement que trop d'impôt tue l'impôt. A force d'essayer de résoudre leur crise des finances publiques par une hausse des prélèvements, ils finissent par anémier le secteur privé, le seul à même de créer efficacement de la richesse.

Une situation de crise implique des mesures de rigueur vigoureuses; celle-ci doit venir des dépenses de l'Etat, non des recettes. Mais c'est trop demander à des politiciens vivant de l'argent public.

Commentaires

Il me semblait plutôt que les grec était champion pour éviter de payer les impôts. Trop peu d'impôt tue l'Etat.

Il n'y a pas vraiment de solution pour les grec, il faudrait créer immédiatement de l'industrie et c'est impossible.
Quant au mesure de rigueur vigoureuse, on a vu le résultat en Argentine, catastrophique. Ils en sont pas encore remis de cette absurdité.
Qui dit rigueur dit pourrissement de l'économie intérieur qui entre dans un cercle infernal, et finalement appauvri l'Etat. Pour la Grèce un endettement qui ne diminueta pas. L'économie n'aime pas la rigueur, il faut l'utiliser en sachant ce qu'on fait.

Si il n'y a vraiment pas de solution pour la Grèce, autant la mettre en faillite de suite. Autant une crise de 2-3 ans que la prolonger sur 5ans.

Écrit par : roket | 01 septembre 2011

@roket: La fraude fiscale est une excuse commode. Par définition, elle est impossible à mesurer, ce qui permet aux politiciens de clamer n'importe quoi.

Si les Grecs fraudaient tant que ça, il suffirait d'augmenter le nombre de contrôleurs d'impôt pour améliorer significativement les rentrées de l'Etat, et ainsi de suite progressivement, jusqu'à ce que l'ajout marginal d'un nouveau contrôleur ne suffise plus, par ses redressements, à payer son propre salaire.

C'est un peu la même stratégie que les contrôleurs de bus et les resquilleurs: les populations ont tendance à s'équilibrer.

Maintenant, comme l'Etat grec ne fait pas cela, il n'y a pas cinquante possibilités:
- Les fraudeurs grecs sont tous d'une habileté diabolique.
- La fraude fiscale est bien plus faible qu'on ne le clame.
- Les politiciens grecs sont aussi corrompus que les fraudeurs qu'ils dénoncent et ont des intérêts cachés pour ne rien faire.
- Au lieu de "fraude", les Grecs font simplement de l'optimisation fiscale, en se servant d'aménagements prévus par clientélisme par la même classe politique qui s'en plaint aujourd'hui.

Si vous avez d'autres explications rationnelles sur l'étrange mystère qui permet aux autorités grecques de prétendre une fraude fiscale immense tout en étant totalement incapable de lutter contre, vous êtes le bienvenu.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 septembre 2011

"Si vous avez d'autres explications rationnelles sur l'étrange mystère qui permet aux autorités grecques de prétendre une fraude fiscale immense tout en étant totalement incapable de lutter contre, vous êtes le bienvenu."

Il y a surement une petite part de fraude fiscale, de traffics non imposables et de travail au noir, mais cela existe partout. L'autre explication que vous demandez, c'est tout bonnement la fraude gigantesque de ... l'Etat grec ! Chaque année, il maquillait ses comptes pour que le gouffre de la dette n'apparaisse que comme un petit trou. Un petit trou, ca se rebouche avec quelques années de croissance. Et comme les voisins ont aussi leur petit trou, ils ne viendront pas râler sur celui des grecs...

Le nouveau gouvernement a simplement déclaré "on n'a pas une petite dette, mais un gouffre énorme". Ce fut une erreur de com'. Les spéculateurs se sont débarrassé des emprunts grecs en se couvrant sur une variation des taux à la hausse (ce qui s'est produit, puisque les ventes étant massives, les taux s'envolaient automatiquement).

Quand on vit dans un chateau vide, il faut n'inviter personne si on veut que les amis prêtent de l'argent, car ceux-ci pensent que le propriétaire remboursera, et qu'au pire, il y a les tableaux de maître et meubles signés en couverture. Si ils rentrent et voient les pièces vides, les prêts s'interrompent et c'est la ruée pour se faire rembourser. Et le chatelain devient "sans logis".

C'est dur à dire, mais le premier ministre grec aurait du se taire et demander discrêtement un soutien financier de ses voisins ou de la BCE.

Écrit par : Paul | 02 septembre 2011

La BNS décide de suivre et mise sur l'euro. Vous pouvez dire adieu à vos économies...

Écrit par : Géo | 06 septembre 2011

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