07 septembre 2011

Et la Suisse adopta l'euro

"Historiquement stupide."

J'ai beau chercher, je ne vois pas de terme plus adapté à la décision prise par la BNS de forcer à 1,20 euros la parité avec le Franc Suisse. L'aventure emportera le bilan de la Banque Nationale. Elle la ruinera. Et les Suisses avec.

Mais revenons sur cette journée du 6 septembre. D'un seul coup, sans avertissement, la BNS se fend d'un communiqué de presse lapidaire:

La surévaluation actuelle du franc est extrême. Elle constitue une grave menace pour l’économie suisse et recèle le risque de développements déflationnistes.
La Banque nationale suisse (BNS) vise par conséquent un affaiblissement substantiel et durable du franc. Dès ce jour, elle ne tolérera plus de cours inférieur à 1,20 franc pour un euro sur le marché des changes. La Banque nationale fera prévaloir ce cours plancher avec toute la détermination requise et est prête à acheter des devises en quantité illimitée.
Même à 1,20 franc pour un euro, la monnaie helvétique reste à un niveau élevé. Elle devrait continuer à s’affaiblir sur la durée. Si les perspectives économiques et les risques de déflation l'exigent, la Banque nationale prendra des mesures supplémentaires.

 

La déflation... Le croquemitaine des Keynésiens. Et encore - en guise de déflation, un "risque de développements déflationnistes". Peut-on prendre des pincettes plus longues sans donner l'air d'avoir peur de son ombre? Quant à prétendre que le franc suisse est surévalué, il traduit une telle méconnaissance des mécanismes monétaires en monnaie fiduciaire - ahurissante à ce niveau - qu'il vaut mieux en prendre une crise de rire hystérique que d'en pleurer...

Le ton est volontariste, la décision lourde de conséquences.

La Suisse vient d'adopter l'euro.

dualité.jpgC'est un raccourci, bien sûr, mais dans les faits, c'est exactement ce qui vient de se passer.

Sauf à être d'une crédulité consternante face aux discours rassurants en provenance de la zone euro, chacun conviendra que la monnaie européenne n'est pas sortie de la nasse, loin s'en faut. La Banque Centrale Européenne imprime à tour de bras des palettes de billets neufs pour acheter des dettes pourries en provenance de Grèce, d'Irlande, d'Espagne, d'Italie, du Portugal et de Chypre. Sans compter toutes ces banques à sauver. Personne ne voit la fin de la crise, et la récession pointe son museau.

L'augmentation démesurée de la masse monétaire en euro conduit à une érosion continue de sa valeur. L'euro s'affaiblit, préparant le terrain pour la prochaine étape, une inflation galopante.

En fixant un taux "plancher" de 1,20, la BNS joue sur les mots. Jamais l'euro ne remontera au-dessus des 1,20. Prenons quelques précautions de langage: plutôt que "jamais", disons, pas avant des décennies, à supposer que la monnaie unique survive à la crise actuelle. Et elle n'en prend pas le chemin.

Le taux plancher est donc de facto un taux fixe.

L'euro vaut donc désormais 1,20 francs suisses et on n'y reviendra plus.

L'euro varie, mais le franc suisse, lui, vaudra toujours 1,20 euro.

Peu importe le dollar, le yen, la livre sterling, l'or ou le baril de pétrole. Le franc suisse s'est arrimé à l'euro et à rien d'autre.

La Banque Nationale Suisse vient donc de déléguer la gestion du franc suisse à la Banque Centrale Européenne.

Politiquement, c'est un renoncement de souveraineté. Il ne me semble pas que le peuple suisse avait approuvé l'adhésion à l'Union Européenne, et encore moins celle à la monnaie unique. Il ne me semble pas qu'une telle décision faisait partie du mandat de la BNS. Tout cela a été jeté aux orties en une simple décision arbitraire. Pire encore, nous subirons désormais les conséquences de la politique de la BCE sans même avoir notre mot à dire; la Suisse est dans une position encore plus faible que le Portugal ou la Grèce, qui sont au moins, eux, actionnaires de la BCE et peuvent, un minimum, discuter de sa politique.

Économiquement, c'est une folie. Parce que l'euro coule. L'euro coule et sa majesté M. Hildebrand, directeur de la BNS, fort d'une indépendance lui permettant en toute quiétude de se livrer aux plus insignes lubies, a décidé d'y enchaîner le franc suisse. Nous coulerons avec lui, nous subirons l'inflation et les bulles. C'était de loin le pire moment concevable pour décider de joindre le destin des deux monnaies.

En plus de "historiquement stupide", le terme de "haute trahison" me trotte également en tête.

Naturellement, forts de leur incompétence économique, toutes les parties en présence exultent. Les directeurs des sociétés exportatrices, les syndicats, les politiciens de tous bords. Une telle unanimité suffit à elle seule à mettre la puce à l'oreille - comment des gens avec des objectifs aussi antagonistes pourraient être tous d'accord sans que personne ne se soit fait abuser? Il y a forcément des dindons de la farce.

Les victimes de la manoeuvre sont, bien sûr, les Suisses. Le pouvoir d'achat de sept millions d'habitants vient d'être sacrifié sur l'autel du lobby des exportateurs de montres de luxe, allié, pour l'occasion, aux syndicats. Comme si le commerce de détail, les matières premières, l'énergie, l'électronique ou toute les entreprises qui produisent en Suisse pour le marché suisse n'avaient aucun poids dans l'activité économique... La bourse suisse a bondi de 5% hier; c'est bien, mais ça ne compense pas l'appauvrissement de 10% de toute la population en fin de matinée lorsque l'euro a bondit de 1,11 au 1,20 fatidique.

Voyons le bon côté des choses: Migros et Coop n'auront plus à renégocier avec leurs fournisseurs des prix à la baisse. Plus besoin de lutter pour diminuer le prix du pétrole à la pompe. Plus d'électricité étrangère bon marché. Plus besoin d'aller faire ses courses à hors des frontières à cause des cartels d'importateurs. Tout est redevenu cher, comme avant. On a failli bénéficier des avantages d'une monnaie forte, mais, heureusement, la BNS y a mis un terme. On a eu chaud.

Mais à plus long terme, que va-t-il se passer?

L'histoire nous donnes de nombreux exemples de pays tentant arbitrairement de lier entre elles deux monnaies flottantes à travers une parité fixe. Ces manoeuvres ont invariablement débouché sur des catastrophes.

La BNS a beau jouer des muscles et prétendre qu'elle ne "tolèrera pas" un cours inférieur à 1.20 franc pour un euro sur le marché des changes, ses moyens ne sont pas illimités. Sa seule marge de manoeuvre consiste à acheter de l'euro encore et encore et encore. Mais lorsque les spéculateurs du FOREX s'en donneront à coeur-joie (comme George Soros, le milliardaire qui avait démoli la livre sterling dans les années 80) en achetant du Franc Suisse, la BNS n'aura jamais les moyens de suivre.

Je ne suis pas le seul à voir ce qui nous attend. Citant un professionnel de la gestion avec plus de vingt ans d'expérience, dans un billet remarquable que je vous invite à lire en intégralité:

Le capital de la BNS a fondu comme neige au soleil ces derniers mois, à cause des pertes qu’elle a subies sur le marché des changes en voulant lutter, sans aucun succès, contre l’appréciation du franc contre l’Euro. Pour mémoire, son capital était de 66 milliards de francs à la fin 2009 contre 16 à fin juillet dernier. De nouvelles pertes, inévitables si la pression sur l’Euro ne cesse pas par enchantement, et la BNS devra être re-capitalisée. Qui passera à la caisse ? La Confédération (et les Cantons ?), donc vous et moi contribuables et consommateurs via les impôts, TVA et autres taxes que nous payons. L’Europe et l’Euro sont dans la mouise, mettons la Suisse et son franc dans la mouise aussi ! Voilà le message, un message de nivellement par le bas.

D’ailleurs, quand la BNS parle de créer de l’argent en « quantité illimitée », elle a quand même une limite : sa taille. L’institut a vu son bilan croître par un facteur de 2,3 depuis fin 2005, principalement par la création de monnaie à partir de rien. Avec un bilan passé à 250 milliards à fin juillet dernier, cela représente près de 50% du PIB suisse ! Impossible de continuer ainsi bien longtemps sans ruiner complètement le pays ! La BNS fait donc un pari dangereux.

 

Plus que dangereux - un pari qu'elle va perdre. C'est absolument certain. Sauf à croire que la zone euro va se sortir demain, par on ne sait quel miracle, de la crise de la dette souveraine.

Pendant un moment, la Suisse va subir une inflation identique à celle qui surgit gentiment dans la zone euro. Ensuite, la BNS n'arrivera plus à suivre et se retrouvera sur les bras avec des dizaines de milliards d'euros totalement dépréciés, sa crédibilité sera en miettes et son capital à renflouer.

Les cantons ne sont pas prêts de revoir un dividende de la BNS dans leur budget. Ils s'apprêtent plutôt à remplir le tonneau des Danaïdes.

Les Suisses, peuple prudent et peu enclin à laisser ses dirigeants s'endetter démesurément, avaient la chance de disposer d'une monnaie stable dans un monde financier en perdition.

C'est fini.

Commentaires

Ca sent la création d'un tea party suisse... Stéphane, vous avez là une occasion unique de devenir le george washington helvete.

Rien de Tell que la spoliation pour réveiller les foules apathiques

Écrit par : Vincent | 07 septembre 2011

Ce qu'il y a d'incroyable, à part le fait que tous les partis sont d'accord avec ça au nom du droit du million et demi d'étrangers en tous genre de percevoir un salaire à n'importe quel prix en Suisse, c'est que le peuple n'a pas un mot à dire sur cette catastrophe...

Écrit par : Géo | 07 septembre 2011

La banque nationale vient de nous offrir un billet sur le Titanic. Merci pour la belle croisière qui s'annonce!

Écrit par : Seb | 07 septembre 2011

Néophyte en économie mais très heureux de lire ce que je pense tout haut, pensez-vous dans votre article à l'erreur argentine d'avoir lié, je crois voilà 20 ans, sa monnaie au dollar américain ? Où sont les différences techniques ?
Que pensez-vous d'une économie mondiale, sans argent, sans troc ? Une économie basée sur les ressources naturelles, les talents de chacun, où les intellectuels, en fonction du pays, décideraient du nombre d'heures à travailler selon le métier.
Notre rémunération serait les besoins vitaux, assortis de superflus possibles selon les stocks, et des vacances régulières. Une utopie avec pour mots clefs : états forts, informatique mondialisée de gestion, reconnaissance des valeurs de chacun, partage, de l'intello au déficient léger qui pourrait ainsi, trouver mille postes valorisant, le monde étant débarrassé de la rentabilité financière. C'est elle qui fait que dans la même journée, la Suisse est championne du Monde de la Rentabilité selon un rapport, et effectivement, hallucinante par cette décision de "fixing" au minima.
Loïc Le Saüder

Écrit par : Accordéon et Lampions | 07 septembre 2011

Monsieur Montabert, par votre brillant réquisitoire, vous vous faites oiseaux de mauvaise augure. Mais en fait, vous ne faites que de la piètre astrologie.
En effet, en critiquant de la sorte la décision de la BNS, et en dramatisant ( avec talent, avez vous pris des cours de dramaturgie ?) les risques qu'elle encourt, ( en avait-elle raisonnablement le choix ? je vous pose la question) vous ne faites qu'exprimer très fort les craintes, évidentes, de tout le monde, sans rien proposer d'autre que le statut quo intenable dans laquelle le pays se trouve.
Mais je crois comprendre la stratégie, toute udécéienne : vous laissez croire que la Suisse peut traverser la tempête sans dégâts, grâce au miracle du marché, du secret bancaire, et de toutes les vieilles recettes dépassées et qui placent le pays en fâcheuse posture sur la scène internationale.
Ainsi, en faisant croire que vous, qui n'êtes pas un traitre à la Patrie, vous n'auriez jamais pris une telle décision félonne, vous entretenez l'illusion que la Suisse peut rester un ilot de prospérité dans un monde en récession. Grâce bien sûr à votre Patriotisme.
Evidemment, Monsieur Montabert, si la crise se poursuit, s'accélère, s'aggrave, comme vous le prétendez, et comme cela se profile, la Suisse sera touchée, elle aussi.
Evidemment, si la crise est aussi grave que vous le présagez, vous pourrez alors écrire : " Je vous l'avez bien dit" ! Vous ne prenez donc aucun risque, et votre brillante analyse de la situation se borne à n'être qu'une brillante analyse de la situation.
Vous pouvez hurler, crier, " Ah les lâches, Ah les couards, Ah si seulement on nous écoutait, Nous pouvons vous sauver, Peuple Suisse", et vous présenter comme le Guillaume Tell de la place financière, cette dernière intervention, désespérée, de la BNS n'y changera probablement rien, mais la politique économique proposée par votre parti, irréalisable, relève de la supercherie.

Écrit par : jeff | 07 septembre 2011

Tout espoir n'est pas perdu : la Grèce pourrait sortir de l'Euro avant que la situation ne devienne intenable pour la BNS.

http://www.lepoint.fr/economie/l-hypothese-du-naufrage-grec-07-09-2011-1370835_28.php

Dans un tel cas, et avec les politiques d'austérité qui semblent finalement se mettre en place dans les autres pays (Espagne, Italie), la situation pourrait encore se détendre un peu...

Écrit par : zamm | 07 septembre 2011

Vous avez refusé autrefois votre adhésion à l'Espace economique européen, qui vos élites voulaient mordicus. Croyez-vous vraiment que ces gens allaient s'incliner éternellement devant votre vote ? Ils veulent de l'Europe, ils vous l'imposeront en contournant la votation. En France, ils nous ont imposé le Traité constitutionnel, rejetté par le peuple à 56%. Tout est passé "en douce et par petits paquets".

D'autre part, vous vivez sur un volcan. Je m'excuse d'être direct, mais vos banques sont les coffre-forts des dictateurs. Khadafi a sa tirelire chez vous. Et en prime, vous avez aussi en stock des actifs toxiques, ces subprimes dont personne ne peut dire ce qu'il y a dedans. Un jour, cela vous pétera au nez comme aux USA, comme chez moi. C'est un question de mois, d'années, mais ça sortira. Et le FS morflera sévèrement quand les rats quitteront le navire ! Ceci dit, ce n'est pas une raison pour coller à l'euro, je suis d'accord sur ce point. Une catastrophe suffit.

Bon courage à vous.

Écrit par : Paul | 08 septembre 2011

«...mais la politique économique proposée par votre parti, irréalisable, relève de la supercherie.»

Dans les FAITS, c'est la politique des non-UDC qui relève de la supercherie. Le cataclysme d'aujourd'hui c'est les avions de leurs jeux qui s'écrasent contre les murs. C'est leur 11 septembre...
Le jour où il comprendront dans leurs ciboulots qu'on ne peut pas éternellement dépenser plus que ce que l'on gagne... Bof, c'est peine perdue.
Quant aux joueurs compulsifs qui ne rêvent que de piles de jetons toujours moins chers, qu'ils changent de table... Les Chinois qui adorent ce sport, les accueilleront à bras ouvert.

Écrit par : petard | 08 septembre 2011

Pendant ce temps à Berne on se préoccupe vraiment de l'essentiel !

«Exonération fiscale des fondues prêtes à l'emploi et du chocolat au kirsch»

«Dans le cadre de la révision totale de la loi sur l'alcool, le Conseil fédéral propose d'exonérer de l'impôt les denrées alimentaires contenant des boissons spiritueuses et de rapprocher ainsi la législation suisse du droit européen. Etant donné que les denrées alimentaires concernées contiennent une faible quantité d'alcool, cette mesure ne fait courir aucun risque à la santé publique. Le Conseil fédéral a approuvé un rapport à ce sujet, rédigé à l'intention du Parlement.»

Écrit par : petard | 08 septembre 2011

@petard

Puisque vous parlez alcool, nous avons fait mieux (si j'ose dire) en France.

La taxe sur les alcools vient d'augmenter, mais uniquement sur les alcools forts car nous produisons du vin de table et les viticulteurs votent (plutôt à droite). Et dans ces alools, le rhum ne sera pas touché : il est produit aux Antilles, départements français. Taxation et clientélisme. Ca vous tente de nous rejoindre :) ?

Écrit par : Paul | 08 septembre 2011

@Loïc Le Saüder: oui, l'arrimage de différentes monnaies sud-américaines au dollar est un des exemples de catastrophe liée à des parités forcées. Ici, la BNS cherche à affaiblir le franc, c'est un peu une nouveauté dans le scénario, mais je ne doute pas de l'échec de la tentative.

L'utopie que vous décrivez ne pourrait fonctionner que si les individus, laissés libres, préféraient produire plutôt que consommer - une grande méconnaissance de la nature humaine.

@jeff: bien sûr que la BNS avait le choix. Ce que vous appelez le "statut quo intenable" était en fait une position très avantageuse que le pays a abandonné en cédant à un mélange de solidarité pro-européenne et de lobbyisme.

Vous faites souvent des généralisation entre mon blog et la position de l'UDC. Je ne consulte pas l'UDC avant d'écrire la moindre virgule, voyez-vous, et je ne sais même pas quelle est la position officielle du parti sur ce sujet. Probable que j'aille à contre-courant.

"Vous entretenez l'illusion que la Suisse peut rester un ilot de prospérité dans un monde en récession. Grâce bien sûr à votre Patriotisme."

Non, grâce à l'absence de décisions stupides. Qu'est-ce que le patriotisme viendrait faire là-dedans??

@zamm: possible que la zone euro se désagrège si vite que les dégâts commis contre le franc suisse par la BNS soient amoindris... Mais je n'y crois pas. L'agonie de la zone euro promet d'être lente et douloureuse. Et jusqu'à présent, rien ne montre le moindre début de soupçon de changement de cap au sein de la direction de la BNS. On peut compter sur eux pour être fiers de la manoeuvre, jusqu'à ce que les flots nous recouvrent.

Écrit par : Stéphane Montabert | 08 septembre 2011

"D'autre part, vous vivez sur un volcan. Je m'excuse d'être direct, mais vos banques sont les coffre-forts des dictateurs. Khadafi a sa tirelire chez vous. "

Vous êtes français, en conséquence vous ne savez pas ce qui s'est produit avec le fils Khadafi à Genève, les TJ français évitant systématiquement de donner la moindre nouvelle de la Suisse, en particulier le cours du SMI, comme si la Bourse de Zurich était moins importante que celle de ces hyper-doués de Kervel parisiens...
Votre commentaire a bien 30 ans de retard. Le fric des dictateurs se trouve très vraisemblablement plutôt à Monaco ou à Andorre, les Français préfèrant cacher la merde au chat sous les tapis...

Écrit par : Géo | 08 septembre 2011

@ Montabert,

La BNS s'est arrimé à l'Euro; au pire elle peut tout aussi bien de se désarrimer.

Que pensez-vous de l'intervention du socialiste Roger Nordmann dans le 24 heures; qui prétend que le Danemark a arrimé sa devise à l'Euro et que c'est un succès?

@ Paul,

" D'autre part, vous vivez sur un volcan. Je m'excuse d'être direct, mais vos banques sont les coffres-forts des dictateurs. Khadafi a sa tirelire chez vous. "

Argent des coffres-forts des dictateurs que les autres y compris français leur ont refilés. Je ne sais pas qui est le plus pire? Entre ceux qui financent les dictatures ( les gouvernements occidentaux sans exeption ) ou ceux qui gèrent leur tunes ( c'est à dire les banquiers ). Généralement c'est en amont qu'il faut chercher les causes.

D.J

Écrit par : D.J | 08 septembre 2011

@D.J.: bien entendu, ce que la BNS peut faire, elle peut le défaire. Mais pourquoi un revirement? La BNS ne peut pas se désavouer, il y va de sa crédibilité. Les dirigeants de la BNS agissent très exactement selon leurs convictions, et les termes choisis - extrêment forts - démontrent leur volonté d'aller jusqu'au fond du trou.

Écrit par : Stéphane Montabert | 08 septembre 2011

C'est certain, on est devant le fait accompli du pire scénario qui pouvait nous arriver, grâce à une classe politique qui vient de montrer ses limites.

Jusqu'ici, sur les blogs et ailleurs on a peut-être un peu déconné pour se détendre plutôt que de prendre un fusil à plombs pour arroser les pigeons qui nous font caca dessus.

Quoi faire maintenant?
Reste UNE solution face à cette gigantesque montagne de monnaie de singe que nos desesperados de la BNS ont commencé à accumuler.

Ouvrez bien vos yeux, cette fois je suis sérieux (la consult est gratolos et on est prié de faire suivre...):
Créer un FONDS SOUVERAIN chargé d'ACHETER des participations ou d'acquérir en totalité des biens d'équipements dans la zone euro.
Il y a très certainement des "cibles" intéressantes qui ne sont pas encore squattées par les chinois: par ex. les autoroutes françaises, le viaduc de Millau, Airbus Industries, le tunnel sous la Manche, Gaz de France ou EDF. En cherchant bien, il y a sûrement encore de jolies courses à faire.

Écrit par : petard | 09 septembre 2011

@Geo et DJ

Quand je parle des fortunes des dictateurs déposées en Suisse, je ne juge pas la moralité de la chose. La morale et l'argent n'ont jamais fait bon ménage !

Je pense aux révolutions arabes. Si des gouvernements démocratiques se mettent en place (j'en doute) et qu'ils réclament la fortune du dictateur pour nourrir ou développer leur pays, pourrez-vous le leur rendre sans couler une ou plusieurs banques suisses ? L'unité de compte est le milliard de dollars, et les sommes sont investies en bourse. Ca risque de tanguer à Zurich si les arabes réclament du liquide...

@Petard (qui me semble français)
Oui aux fonds souverains. Mais avec quel argent ? Qui paie ? Qui gère ? Si je dois refiler 10% de mon capital pour que des énarques fassent mumuse en gérant un fonds aussi bien qu'ils gèrent la France, c'est NON.
Donnez le Léman à nos financiers et énarques, et ils vous le videront en 5 ans. Il faudra les payer pour qu'ils rachètent de l'eau ailleurs !!!

Écrit par : Paul | 09 septembre 2011

Arrêtez de faire des comparaison "avec l'histoire ancienne", tant de paramètres ont changé que vos comparaisons ne sont pas raison.

La mondialisation, la venue de la monnaie euro, les échanges commerciaux
à l'échelle mondiale....etc....tout cela change complètement les données.

Il manque encore l'introduction des taux d'intérêts négatifs pour contrer les spéculateurs de hauts vols, mais la BNS à l'air de procéder par étape et ça n'a pas l'air d'être trop mal.

Au moins, nous, en Suisse nous avons un commandant de bord et pas des "guignols politiques" qui s'agitent pour faire croire qu'ils ont toutes les bonnes solutions pour sortir de l'ornière.

Tant qu'il y a du soleil la vie est promise à tout le monde, il suffit d'en prendre quelques rayons chaque jour.

Écrit par : Corélande | 09 septembre 2011

Paul@ Il y a 460 millions de dollars libyens dans les banques suisses que la Ministre des AE s'est engagée de remettre en mains CNT dès que possible. A mon avis, vu la nature du CNT, il serait normal de faire les choses sans trop de précipitations. Si vous n'êtes pas convaincu, renseignez-vous sur les fortunes de Marcos et de Abacha, par exemple.
Et maintenant que je suis un peu moins énervé : je vous fais signe que les clients riches étrangers continuent d'amener leur fric en Suisse malgré la quasi destruction du secret bancaire. Les banquiers suisses refusent tout client américain en raison des frais que ceux-ci occasionnent : il faut engager une armada de juristes pour envoyer des rapports quasi-quotidiens sur leur compte à l'organisme en charge du recouvrement des impôts aux USA...
Et à Genève, où il y a des organisations internationales et le CERN, cela pose de sérieux problèmes à ces citoyens qui ne trouvent plus de banque pour leur carte de crédit, compte, etc...
Vous croyez qu'après avoir refusé un client riche américain lambda, ils vont accepter le fric d'un débile biélo-russe ou kazakhe ou ouzbek ou n'importe quel autre barbare, vu les ennuis que cela va inévitablement leur valoir ? Non, allez regarder du côté de Paris, Monaco, Andorre. En Suisse, il n'y a que les Neuchâtelois qui acceptent l'argent de ces tarés. Mais pas dans les banques, pour le foot. Entre débiles crétins du Jura et fou furieux fasciste tchétchène, on s'entraide...

Bref, les banquiers suisses en sont à envisager des intérêts négatifs pour ceux qui veulent mettre leur fric dans une banque d'un pays qui n'est pas encore en train de couler. Pour le moment.
Alors les dictateurs...

Écrit par : Géo | 09 septembre 2011

@Paul
«Oui aux fonds souverains. Mais avec quel argent ? Qui paie ? Qui gère ?»
J'ai bien précisé: avec le "massif du Mont-Rose" d'euros fraîchement imprimés que la BNS achète avec ses CHF fraîchement imprimés... ça peut aller jusqu'à raser la moitié des forêts suisses pour la pâte à papier... et encore on a de la chance notre plus grande coupure c'est mille balles. Enfin, la Suisse a inventé et dispose du ferroutage pour transporter toute cette marchandise.

Qui gère?
On l'embarras du choix. Sûr qu'au parti radical z'auraient déjà des noms tels que Pierre Keller ou Fathi Derder pour faire une liste. L'avantage avec Pierre Keller c'est qu'il achèterait le Louvre et sa Pyramide...

Qui gère? Franchement de ce côté-là on devrait être assez bien outillé sans devoir faire appel à des starlettes du chobise!

NB: Suis pas Français, mais j'ai un faible certain pour l'authentique tradition culturelle française
(gastronomique en particulier)... et le cinéma d'Audiard.

Écrit par : petard | 09 septembre 2011

Bonjour,
Je ne sais pas où commencer. Je me sens trahi. Je suis furieux ... je suis ... je suis ...
Je suis économiste, je vis en Suisse depuis quelques années et je gagne durement ma vie, comme entrepreneur, comme patron. Je travaille dans la construction mon équipe travaille dans la construction, mes clients sont dans la construction.
Je me sens trahipar la décision de la BNS, je me sens trahis pour une raison bien simple. Je me sens trahis parce que cette décision est synonyme d'inflation, de dilution de la monnaie donc, cela signifie que l'argent que je gagne durement et que je produit va perdre progressivement de la valeur. C'est évident pour beaucoup d'entre nous, curieux et informés, mais c'est la simple vérité.
Pour sauver la cherté de l'euro notre banque va imprimer des billets, et ce en grande quantité, pourquoi en grande quantité parce que les spéculateurs qui restent intéressé par le CHF, eux quand ils spéculent le font avec des bras de levier important rendant bien vite impossible à notre banque de tout acheter ... et si elle ne peut plus tout acheter, elle va simplement imprimer ... faire comme les autres pays ... donc moi qui possède un avoir quelconque de 100 CHF va voir la valeur de cet avoir se diminuer à 95 puis 90 etc ...
Pourquoi je me sens trahi... je me sens trahis parce que cet argent produit va simplement disparaitre au profit de spéculateurs étranger et Suisse, faisant perdre à mon argent de la valeur.
Bien sur, de nombreux lecteurs vont me targuer d'égoïste ... de protectionniste etc ... sauver l'économie, sauver nos exportations disent-ils ...
Les exportations suisses vont bien, ce qui profite à certain profite à d'autres à l'interne ... que se passe-t'il pour le moment ...
Soit les exportateurs mangent la poussière, ... mais ceux-ci pratique déjà des prix plus bas à l'étranger qu'en Suisse ... en gros ils trichent déjà à la défaveur du consommateur suisse ... pour les importateurs qui sont aussi très nombreux ... l'aubaine est phénoménale, ...
Oui l'économie Suisse est aussi faite d'importateurs ... et la richesse nationale le peuple l'économie s'adresse à ses importateurs ... le franc fort nous favorise en tant que consommateurs.
La BNS en fixant le taux se départit en effet de son indépendance, ... et elle nous lance dans une spirale inflationniste ... qui veut dire que tout va devenir plus cher pour nous tous, augmenter les hypothèques, le coût des biens de consommation, et profiter directement aux banques ... qui elles nous ont mis dans le pétrin et profitent de la spéculation.
En gros voilà mon point de vue de patron et d'économiste.
Je me sens trahi parce que j'avais dans mon portefeuille quelque chose qui valait de l'or qui suivait le cours de l'or et qui maintenant suis le cours d'une monnaie de pays qui ont largement triché ... pour s'enrichir à crédit.
Je me sens trahi.

Écrit par : Damien | 09 septembre 2011

Vous avez raison Damien!
Quand je lis ces "soap opera" sur de petits patrons qui maintenant sont soulagés de pouvoir vendre un poil mieux leurs tenailles ou autres composants soit-disant high tech, je m'interroge et m'inquiète.
Il y a vraiment des gens qui ne pensent pas plus loin que leur bout de nez.
Il n'y a qu'une chose à faire pour les spoliés: taper sur le clou et retaper sur le clou. Même si les félons ont déjà en partie perdu les élections, reste encore leurs michetons de gauche à qui il faut botter les fesses. Le combat ne fait que de commencer.

Écrit par : petard | 10 septembre 2011

Sacrée fiction.

Écrit par : bols chantants | 10 septembre 2011

Tout d'abord, j'ai découvert avec intérêt votre personne et votre blog. Bravo pour la diversité des sujets et les échanges que cela génère par les commentaires. Je m'intéresse beaucoup à l'actualité, l'économie (dans la limite des mes compétences d'ingénieur) et essaie de comprendre et creuser un maximum de choses (pas toujours facile). Concernant ce taux plancher et ce débat qui pourrait durer des jours, je vois quelques aspects qui semblent incomplets.
Vous décrivez un mécanisme, catastrophiste, mais pas aberrant en soi. Seulement quelque part, ce mécanisme déterministe tel que vous le décrivez présuppose, implicitement, que les masses d'échange EUR/CHF sur le marche des monnaies demeure constantes (échanges qui ne seront plus que des intentions diluées, en effet ils deviennent transparent dans les faits vu que ce sera compensé par l'achat d'euro, en gros la BNS reçoit la facture...). Or, précisément, c'est un peu la poule et l'oeuf, le but espéré de la BNS est d'inhibé les investisseurs de CHF en imposant ce taux plancher, pour les décourager. La boucle n'est donc théoriquement pas ouverte et systématique telle que vous la décrivez, mais bien fermée par la modification de comportement que ce taux plancher va (peut-être) avoir sur ces investisseurs. La BNS fait à ce titre un test grandeur nature, et je n'ai rien entendu ni lu qui exclue qu'elle puisse revenir dessus en cas d'échec si elle constate que la folie ne s'endigue pas et que la facture grossit, au contraire j'ai lu que la BNS est prête à jouer ce jeu à hauteur de 100 milliards (plafond assez virtuel mais déjà énorme). Donc, quand vous dites "bien entendu, ce que la BNS peut faire, elle peut le défaire. Mais pourquoi un revirement? La BNS ne peut pas se désavouer, il y va de sa crédibilité. ", je trouve ceci assez léger et peu convaincant, au contraire, il irait de sa crédibilité de s'empêtrer dans le système si les investisseurs ne lèvent pas le pied sur le CHF !!
Dernier point, il est évident que la monnaie forte isolée présente des avantages et des intérets jouissifs à court terme pour le consommateur dont le pouvoir d'achat augmente, mais voir l'économie à ce niveau semble bien réducteur. Il est hélas avéré que le modèle suisse est analogue au modèle allemand à ceci près qu'il n y a pas l'Euro et la pétaudière UE. la Suisse exporte, et l'essentiel de ses échanges se fait avec ses voisins immédiats, qui ont tous l'euro. Alors, certes, l'industrie suisse est bien orientée sur des secteurs forte valeur ajoutée (voire franchement luxe), on l'entend trop peu, et ceci modère la perte soudaine de pouvoir d'achat des voisins européens (ceux qui achètent suisse ont les moyens et ne sont pas d'un coup dans le besoin), mais au niveau de l'économie du pays, on ne peut pas nier que ca se ressent.
Notamment, tous les secteurs de prestation, conseil (forte ingénierie, j'en suis moi même), à défaut de se faire damer le pion sur le marcher intérieure, devient inapte à concourir en UE (je suis dans le ferroviaire, ingénierie conception, on travaille surtout en suisse, avant on pouvait avoir une chance face à Egis ou Setec ou Ingerop en France, maintenant, on oublie !).... La réalité n'est pas binaire, il y a une foule de notions, de nombreux paramètres, et leviers, et le curseur ne se déplace pas d'un bout à l'autre du jour au lendemain.

Écrit par : Rémi Duchon | 13 septembre 2011

@Rémi Duchon: merci pour votre long commentaire. Comme vous dites, la BNS "reçoit la facture" de tous les euros qu'elle achète pour déprécier artificiellement le franc suisse. Ce n'est pas anodin, et cela a déjà coûté 19 milliards (de francs suisses) en pertes nettes sur le bilan de la banque l'an dernier. Les cantons disent adieu à leurs dividendes, et apprêtez-vous dans quelques temps à les voir reporter ce "manque à gagner" sur votre feuille d'impôt. En attendant les prélèvements supplémentaires pour recapitaliser la BNS suite à ses pertes de change.

Bien qu'elle s'en défende, la BNS n'a pas de moyens illimités. Elle a choisi un taux de change à 1,20 € pour un franc suisse simplement parce que des taux plus élevés auraient été encore moins défendables. En d'autres termes, un taux de 1,20 est déjà un aveu de faiblesse. C'est aussi un défi lancé aux hedge funds. S'ils parviennent à acheter assez de francs suisses et à faire plier la BNS, celle-ci, à terre, verra le franc repartir à la hausse; à ce moment, les spéculateurs du FOREX n'auront donc plus qu'à solder leurs milliards de francs suisses soudainement réévalués afin de réaliser une belle plus-value en dollars, en livres ou en or.

Au lieu d'avoir un franc suisse évoluant naturellement, nous allons avoir un barrage qui va rompre d'un coup, et laissez-moi vous dire que ça ne va pas faire du joli auprès des industries d'exportation.

Parlant de l'exportation, vous commettez l'erreur de penser qu'un franc suisse "faible" est favorable à l'exportation. Je vous pardonne volontiers, les médias le martèlent à longueur de journée. Mais aucune donnée historique ne valide cette théorie. L'euro fort n'a jamais empêché l'Allemagne d'être le premier exportateur européen. Aujourd'hui, l'euro baisse, et les exportations allemandes aussi (alors que selon la théorie, elles devraient être "dopées"). Au premier trimestre 2011, selon les chiffres du SECO et alors que le franc suisse était "notoirement surévalué", pour reprendre les termes sur toutes les lèvres, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse exprimé en termes réels a progressé de 0,4%. Il a surtout bénéficié des impulsions positives de la balance commerciale des biens, les importations ayant *diminué* et les exportations ayant *augmenté*.

http://www.seco.admin.ch/themen/00374/00456/index.html?lang=fr

Un franc suisse fort et des exportations qui augmentent, voilà un bon mystère pour nos apprentis-sorciers monétaires. Dommage qu'ils aient décidé de faire fi de la réalité pour se livrer à leurs petites expériences. Eussent-ils lorgnés en direction du Zimbawe, ils auraient vu qu'une monnaie réduite à rien ne transforme pas pour autant un pays en tigre exportateur.

Je comprends bien que le franc suisse stable - et non "élevé" - pose de vrais problèmes à certains modèles économiques. A travailler dans le conseil ferroviaire, vous êtes sur une des branches les plus pourries qui soient. Vous serez forcé bien assez vite à trouver de nouveaux débouchés en Inde, en Chine ou au Brésil pour survivre - non parce que le franc suisse serait surévalué, mais parce que vos clients européens sont ruinés. Ce n'est pas votre faute, mais l'activité économique implique un renouvellement permanent. Et c'est encore moins de la faute des sept millions de Suisses paupérisés par la BNS.

C'est pourtant tout simple: une bonne monnaie est une monnaie non manipulée.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 septembre 2011

Echanges intéressants. Toutefois on a tendance à s'ancrer dans ses pistes et à y aller chacun de ses arguments. Je trouve vos réflexions intéressantes, témoignant de connaissance, de culture, mais toujours (UDC oblige peut être un peu et je ne dis pas ca méchamment) un peu trop catastrophistes au sens où vous chercher à faire "peur". Sans toutefois que ce soit faux, car effectivement le monde est loin d'être sain, nul n'est dupe.
Toutefois, je constate que vous me rejoignez quelque part, vous envisagez des suites très délicates (le bararge qui va rompre), comme vous le dites, si les hedge funds parviennent à faire plier la BNS. Et ça ce n'est pas gagné, c'est bien l'objet de la BNS d'influencer les comportements *a priori* en fixant ce taux. pari risqué.
Si ça marche et que le principe fonctionne dans des proportions raisonnables (donc à un coût raisonnable), ce sera un succès (relatif certes mais un succès).
Par ailleurs, pour l'histoire des exportations, ce que vous dites est intéressant.
C'est en effet pas si simpliste. Pays exportateur n'est pas équivalent à pays à monnaie "faible".
La référence au Zimbabwe m'a fait sourire !
Mais, par contre je reviens sur l'Allemagne que vous citez en exemple : précisément l'Allemagne, comme la Suisse effectuent l'essentiel de leurs échanges avec leur voisin. Donc, oui l'allemagne a été 1er exportateur avec un euro fort (notamment par rapport au $), mais avec la France, l'Italie , les NL, etc, tous des pays à euros pour qui c'était transparent !!
Par ailleurs, si on creuse un peu, là non plus un tel phénomène n'est pas binaire. De nombreux marchés ne s'adressent pas au grand public, mais aux marchés publics (ex les trains Siemens), a des grandes entreprises, pour des fournitures industrielles. A cette echelle, le besoin est souvent plus fort que le prix, et le made in Germany sait se vendre. Si par contre on regarde au niveau du grand public, exemple type, l'automobile : il faut savoir que Mercedes et BMW ont des usines aux USA ... Sur ce type de vente, il est clair qu'au cours EUR/USD, s'il était rigoureusement appliqué, ça ferait quand même du tort. La proportion d'américain clients de Mercedes ou BMW, à disons 50 000$ il y a quelques années qui seraient prets à mettre 70 000$ en théorie n'est pas de 100%. les industriels ont joué et serré les marges pour continuer à vendre, et surtout ont pu s'appuyer sur des usines aux USA (ou ailleurs) pour équilibrer. A l'inverse les 4x4 BMW X5 par exemple, TOUS produits aux USA, y compris ceux qui sont vendus en allemagne, permettent de compenser. Bref, l'influence est indiscutable, c'est l'habileté à se diversifier, s'appuyer sur des multinationales et maintenir les commandes auprès de "gros clients" qui lissent le phénomène. Le Franc Suisse, lui n'aurait *PAS* comme l'allemagne tous ses voisins de clients sauvegardés de manière intacte et transparente, c'est une différence notable !

Écrit par : barrtt | 13 septembre 2011

Enfin d'autres sons de cloche...Merci

Écrit par : chaufroi | 19 septembre 2011

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