03 octobre 2011

Le culte de l'exportation

L'exportation - le mot magique sensé mener un pays vers la prospérité et la richesse. L'Allemagne n'est-elle pas l'envie de tout le continent européen à cause de ses exportations? La Suisse n'a-t-elle pas décidé d'arrimer sa monnaie à l'euro au nom de la sauvegarde de ses exportations? Qui n'a pas parlé ici ou là de "dévaluation compétitive" dans le but avoué de relancer ses exportations?

Et si, au contraire, tous ceux qui vouent un culte à l'exportation se trompaient?


L'étrange prospérité de l'Oncle Sam

Les Etats-Unis ont la balance commerciale la plus déficitaire du monde. C'est aussi le pays le plus prospère, malgré ce déficit dénoncé comme une aberration par des économistes depuis des décennies; et si les Etats-Unis souffrent aujourd'hui d'un ralentissement de la croissance, c'est comme partout ailleurs à cause de dettes excessives, pas de leur balance commerciale.

En revenant aux fondamentaux, la signification des importations massives qui affectent les Etats-Unis n'est pas difficile à comprendre: si les Etats-Unis ont une balance commerciale déficitaire, cela signifie que les Américains jouissent de marchandises fabriquées à l'étranger pendant que les fournisseurs étrangers jouissent de dollars imprimés aux Etats-Unis.

wholestore.jpgCette façon de comprendre les importations est aussi compatible avec le haut niveau de vie américain. Entre 1'000 dollars dans la poche ou 1'000 dollars accrochés au mur du salon sous forme d'une télé haute-définition dernier cri, pas besoin d'être un génie pour deviner quelle alternative procure le plus de satisfaction matérielle.

Un solde commercial fortement importateur a des conséquences, mais pas la catastrophe communément admise. La quantité de devises en circulation hors frontières augmente; c'est ainsi que le monde s'est retrouvé inondé de dollars depuis des années. Mais comme la valeur de ceux-ci est déterminée par la politique de la Banque Centrale américaine, la Fed, la profusion a plutôt tendance à augmenter le poids politico-économique des Etats-Unis qu'autre chose. La réponse que fit le secrétaire américain au Trésor, John Connally en 1972 à une délégation européenne s'inquiétant des fluctuations du dollar américain résume parfaitement la situation: "Le dollar est notre devise et votre problème."

En important massivement, les Américains vivent très bien. En répandant dans le monde entier des dollars dont la valeur dépend de leur Banque Centrale, ils renforcent leur influence. Ils gagnent sur les deux tableaux!

Les racines de la méprise

Le contre-exemple américain pourrait être répété à l'envi, bien qu'aucune nation dans le monde ne pousse la logique importatrice aussi loin. On peut se demander, à juste titre, pourquoi depuis si longtemps les politiciens - et pire, certains économistes - persistent à peindre en noir une situation où les importations dépassent les exportations.

Je pense pour ma part que la méprise vient d'une théorie économique ancienne, le mercantilisme, et de sa matrice primitive, le bullionisme.

La philosophie simpliste du mercantilisme repose sur un principe unique: il faut amasser des devises.

Fut-il erroné, on peut accorder au mercantilisme l'avantage de la simplicité!

Transposition à l'échelle d'un pays des finances d'un négociant âpre au gain, le mercantilisme enseigne que toute "sortie" de devise est néfaste, toute "entrée" un bienfait. Le commerce des biens matériels n'est qu'une excuse pour extorquer de l'argent - personne ne se soucie de la pertinence des échanges internationaux ou de leurs effets sur le niveau de vie. Les importations faisant sortir l'argent des frontières, elle sont à proscrire; les exportations, elles, permettent de soutirer de précieuses devises à l'étranger et doivent être favorisées.

Colbert.JPGLe mercantilisme s'est merveilleusement marié à la classe politique. L'alliance entre une théorie justifiant l'interventionnisme et des politiciens avides de démontrer l'utilité de leur poste a vu naître les pires aberrations économique qui soient. Le protectionnisme, le colonialisme et la guerre sont trois avatars parmi d'autres du mercantilisme.

Reconnaissons qu'à l'époque où cette doctrine est née, la monnaie était concrètement composée d'or et d'argent, ce qui rendait au moins plausible l'objectif économique d'une accumulation d'espèces sonnantes et trébuchantes. Aujourd'hui, alors que le monde entier emploie de la monnaie fiduciaire, ce but a encore moins de sens. De même, les premiers marchands étaient les princes et les rois eux-mêmes, si bien que la comptabilité "aux frontières" pouvait trouver quelque écho, puisqu'il s'agissait des limites de leurs domaines, même si la réalité vécue par les individus peut être radicalement différente, comme nous allons voir.

L'absurdité du mercantilisme saute aux yeux dès qu'on prend conscience de l'aspect artificiel et arbitraire d'une frontière. La Suisse maintient par exemple des statistiques précises de sa balance du commerce ; mais quid du commerce intercantonal? Qui jugerait pertinent de mesurer le commerce extérieur du canton de Vaud, d'y mesurer les flux entrant et sortant de marchandises, d'instaurer des douanes cantonales pour mesurer ces flux, d'établir des politiques de soutien à l'exportation pour plus vendre à Genève et faire venir moins de marchandises de Fribourg? Et de clamer que ces ajustements continuels favoriseraient la prospérité du canton!

Le déficit du commerce extérieur, sophisme économique

bastiat.jpgLes tergiversations actuelles sur le "besoin d'exporter" sont d'autant plus inexplicables que l'impasse logique de l'exportation comme objectif économique a été démontrée il y a déjà un siècle et demi par Frédéric Bastiat. Ainsi, on lira avec attention la démonstration originale (dont une variante). Le texte n'est pas très long. Pour ceux qui ne prendraient pas la peine de le parcourir, en voici une réécriture:

Monsieur T., marchand de son état, expédie du Havre un bâtiment pour les Etats-Unis chargé de marchandises françaises. Il déclare en douane un montant de 200'000 francs. Arrivée à la Nouvelle-Orléans, la cargaison est vendue avec une marge commerciale de 20%. Compte tenu de divers frais, le bénéfice net est de 40'000 francs.

Monsieur T. a laissé des instructions: il veut remplir les cales pour le voyage de retour. Utilisant l'argent récolté par la vente de ses marchandises, son agent achète du coton sur place. Le voyage de retour entraîne encore des frais de douane et de transport, etc. si bien que notre marchand déclare finalement pour 352'000 francs de biens à la douane du Havre. Il vend finalement son coton sur le sol français avec encore 20% de marge, pour atteindre un bénéfice net de 70'400 francs.

Son voyage aller-retour lui a donc procuré des dizaines de milliers de francs de bénéfices, satisfaisant une clientèle sur chaque rive de l'océan.

Pourtant, si on examine la comptabilité à la douane française du Havre le résultat est fort différent. Sur les livres de compte, on lit que 200'000 francs de marchandises sont "sorties" du territoire et 352'000 francs de marchandises y sont "entrées". Et là, brandissant ce livre de compte, des politiciens clament que la France s'est appauvrie de 152'000 francs, geignent que la balance du commerce extérieur est négative, pleurnichent que la patrie s'épuise à force de faire affaire avec l'étranger.

Ignorant tout de la polémique, Monsieur T. planifie un voyage identique le mois suivant. Encore une fois, il fait embarquer une cargaison de 200'000 francs en partance du Havre pour les Etats-Unis. Sur les registres douaniers, un montant de 200'000 francs est inscrit au compte des exportations. Malheureusement, une tempête survient et le navire sombre. Monsieur T. pleure son navire perdu corps et âmes. Evidemment, il ne fera venir aucune marchandise en retour. Mais les politiciens, eux, jubilent: d'après les livres de compte de la douane, ce mois-là, les exportations dépassent de 200'000 francs les importations! La balance du commerce est positive! La France s'enrichit! La France exporte!

La voie de la prospérité?Et Frédéric Bastiat de relever l'absurdité:

Il y a encore cette conséquence à tirer de là, c'est que, selon la théorie de la balance du commerce, la France a un moyen tout simple de doubler à chaque instant ses capitaux. Il suffit pour cela qu'après les avoir fait passer par la douane, elle les jette à la mer. En ce cas, les exportations seront égales au montant de ses capitaux; les importations seront nulles et même impossibles, et nous gagnerons tout ce que l'Océan aura englouti.

C'est une plaisanterie, diront les protectionnistes. Il est impossible que nous disions de pareilles absurdités. — Vous les dites pourtant, et, qui plus est, vous les réalisez, vous les imposez pratiquement à vos concitoyens, autant du moins que cela dépend de vous.

 

Frédéric Bastiat, pas mauvais bougre, livre ensuite la clef de l'énigme:

La vérité est qu'il faudrait prendre la balance du commerce au rebours, et calculer le profit national, dans le commerce extérieur, par l'excédent des importations sur les exportations. (...) Supposez, si cela vous amuse, que l'étranger nous inonde de toutes sortes de marchandises utiles, sans nous rien demander; que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres.

 

La démonstration n'a pas pris une ride.

Le retour des aberrations

Affubler la relation entre prospérité et balance du commerce extérieur d'une bête faute de signe paraît insensé. C'est pourtant l'erreur commise par les politiciens et certains économistes depuis l'apogée de la théorie mercantiliste, et ils continuent de le faire aujourd'hui.

Les exportations, pas plus que les importations, ne sont intrinsèquement bonnes ou mauvaises. Elles correspondent simplement à l'intérêt économique du vendeur et de l'acheteur. Elles ne sont d'ailleurs comptées comme "exportations" ou "importations" que parce que l'arbitraire du destin a jeté les intervenants de part et d'autre d'une frontière.

La démonstration de Frédéric Bastiat contribue, comme tant d'autres de ses écrits, à faire comprendre l'intérêt économique du libre-échange. La meilleure activité économique ne peut être atteinte que lorsque l'économie est la plus "fluide" possible, ce que confirment de nombreux indices économiques corrélant ouverture et prospérité.

Les barrières artificielles de la douane nuisent au bien-être des populations concernées et obéissent à un sophisme économique éculé. Qui croira vraiment que les droits de douane sont réglés par l'exportateur sans être répercutés sur le prix de vente au client? C'est le citoyen "protégé" par le protectionnisme, et lui seul, qui règle l'ardoise.

Personne aujourd'hui ne clame plus que l'intérêt d'un pays est de s'asseoir sur le commerce international, et d'ailleurs, il n'en est plus question dans le débat.

Officiellement.

Officieusement, le mercantilisme connaît un retour en force. Les politiciens n'ont jamais accepté et n'accepteront sans doute jamais les principes du libre-échange, puisqu'il démontre leur propre inutilité. Adhérer à une explication rendant son poste caduque serait une forme de suicide professionnel.

On ne parle plus, bien sûr, de mercantilisme ou de protectionnisme. Les efforts d'une organisation inutile comme l'OMC sont passés par là (inutile, parce qu'il n'y a pas, il n'y a jamais eu besoin de partenaire pour ouvrir ses frontières, décision bénéfique quelles que soient les décisions prises par les autres pays.) Le libre-échange atteint dans le cadre d'une "concertation négociée" est un non-sens; en fait, les adhésions à l'OMC sont toutes sauf empreintes de sincérité. Elles traduisent une posture de façade choisie stratégiquement pour atteindre de nouveaux débouchés à l'exportation. Le mercantilisme, toujours.

100-billion-zimbabwean-dollar.jpgAux bêtes barrières douanières du passé désormais désuettes ont succédé de nouvelles restrictions plus subtiles. Aujourd'hui, après l'afflux des normes à l'importation, on parle désormais de TVA sociale ou de dévaluation compétitive des monnaies. Ah, que n'a-t-on une monnaie de singe pour mieux exporter! Mais ça finira bien par arriver, gentiment.

Le problème du "déficit de la balance du commerce" est un mythe vieux de plusieurs siècles. Plusieurs fois vaincu, il n'a jamais disparu tout à fait, démontrant la séduction continue qu'exercent les sophismes économiques sur les élites d'une nation.

Il y a malgré tout une forme de justice. En érigeant des barrières douanières, en détruisant leur monnaie forte, en pensant s'abriter derrière une muraille de législation à l'importation, c'est à eux-mêmes que les peuples nuisent. Certains ont l'excuse de laisser le pouvoir à une classe politique irresponsable et corrompue; d'autres bénéficient d'un savoir-faire économique mondialement reconnu et de la démocratie directe, ce qui rend leurs errements encore moins excusables.

Que de vains sacrifices destinés à s'attirer les faveurs d'une chimère!

Commentaires

La balance commerciale c'est un peu comme le marché des devises. Tout dépend de qui avance et qui recule. Est-ce le franc qui est cher ou l'Euro qui s'affaiblit? ( les médias préfèrent renchèrissement du Franc; ça fait plus mauvaise nouvelle c'est mieux, ça se vend mieux ) Pour le commerce c'est pareil; si les importations évoluent plus vite que les exportations cela ne veut pas dire que les exportations reculent. Tout est relatif dans cette histoire de balance commerciale.

L'important: est surtout l'importance des exportations en rapport avec ces capacités de productions. Ce qui est mauvais ce n'est pas la balance commerciale négative, mais une baisse des commandes exportatrices. Si la balance commercial US est déficitaire; c'est parce que les américains sont entre autres d'énormément consommateurs de produits mondiaux par une demande fortes. Ce billet remet effectivement les pendules à l'heure.

D.J

Écrit par : D.J | 03 octobre 2011

Toutes les théories économiques politiquement correctes sont "faussées" de par la manière dont on calcule ou que l'on évalue le PIB d'un pays. La manière d'évaluer le PIB est obsolète.
Voir l'excellent documentaire: "La France combien ça vaut?" de Laurent Portes. Le film a récemment passé sur Planete.

Écrit par : petard | 03 octobre 2011

@D.J.: balance commerciale et marché des devises n'ont pas grand rapport - si ce n'est qu'une politique monétaire imbécile peut parfaitement ruiner un pays dans tous ses échanges. En revanche, une monnaie forte est une force, et je n'ai pas de mots assez durs pour qualifier ceux qui cèdent à la mode actuelle consistant à démolir sa monnaie pour "renforcer les exportations".

Je vous accorde que le volume des importations et des exportations sont de bons indicateurs de la santé d'un pays, puisque si sa population est ruinée, elle n'aura même pas de quoi importer ni acheter la production locale. Les entreprises survivantes n'auront d'autre choix que de se tourner vers des clients extérieurs. Je suppose que c'est là un "triomphe" de l'exportation...

Inversement, une population très riche (comme peut l'être celle des Etats-Unis) implique que les entreprises locales n'auront nul besoin de se tourner vers l'étranger pour vendre leur production. Des exportations très faibles peuvent donc ainsi être le signe d'une excellente santé économique.

@petard: j'ai beau lire et relire mon texte, je n'y vois pas une seule mention du PIB.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 octobre 2011

" balance commerciale et marché des devises n'ont pas grand rapport - si ce n'est qu'une politique monétaire imbécile peut parfaitement ruiner un pays dans tous ses échanges. "

Je n'ai pas dit qu'il y avait un rapport économique entre les deux. ( quoi que... ) J'ai simplement fait une analogie que dans ce genre de situation c'est pas parce qu'un écart s'agrandi qu'il y a forcemment un qui avance et l'autre qui recule.

Il peut très bien avoir une balance commerciale déficitaire sans pour autant que les exportations stagnent ou reculent, il suffit que les importations progressent plus vite que les exportations. C'est pareil pour les devises entre-elles.

Mon commentaire ne fait que de confirmer le vôtre sur un autre aspect qui est la relativité entre les choses. Mais malgré ce déficit commercial il y a encore des gens qui disent que les USA sont de grands protectionnistes par rapport aux autres économies modernes.

D.J

Écrit par : D.J | 03 octobre 2011

J'ai acheté un lingo d'or de 10.000 euros, en provenance d'un quelconque pays de sauvages : la France, comme moi, s'est donc appauvrie, mes bons amis !

Écrit par : Nicolas | 03 octobre 2011

@Stéphane Montabert
Mon propos n'est pas tout-à-fait hors sujet. C'est votre histoire de ce "Monsieur T" qui m'a fait penser au PIB. Parce qu'on retrouve l'absurdité que vous évoquez dans la manière d'évaluer le PIB. Et ceci fausse tout.

Écrit par : petard | 04 octobre 2011

Et le culte du PIB ?

Le PIB mesure la somme des biens et services qui sont produits. Plus il est haut, mieux c'est paraît-il...

Il n'empêche que l'on entend souvent dire: "on ne peut pas faire ceci ou celà, parce que ça coûte!". Que la fumée du tabac par exemple, coûte cher à la santé publique. Que les accidents de la circulation coûtent cher à la société, etc. etc.

Mais on oublie que toutes ces calamités font du PIB.
Le tabac, c'est combien d'emplois? Cultivateurs, fabricants, revendeurs, pneumologues, cardiologues, croques-morts, etc. Et les accidents de la circulation? Combien de policiers, d'ambulanciers, pompiers, carrossiers, etc. etc. On pourrait rallonger à l'envi, même le terrorisme et les guerres font du PIB: marchands d'armes, entreprises de reconstruction, etc.

C'est pour ça que la commission Stiglitz a pris le PIB en grippe en l'accusant d'être néfaste pour la planète.

Le problème c'est que les économies ont pour objectif de favoriser la croissance du PIB sans faire de distinctions. Tout le dilemme est là!

D'où l'absurdité: impôts sur le tabac pour l'AVS, parallèlement lutte contre le tabagisme pour davantage de rentiers AVS, puis moins de ressources pour les rentiers...

Écrit par : petard | 04 octobre 2011

J'ai uns eul problème avec la démosntration: les amérciains ne sont pas si riches que ça. 1/4 deux vivent avec des food stamps, si 1/3 d'entre eux n'ont aucune dette la miyenne del'endettement des ménages est de 120% .

j'y reviens, pour le travail et j'ay vais régulièrement. je viste NY, Chicago, San francsico et Boston principalement. je sais que ce sont des grandes villes. je connais bien le sud aussi pour y etre allé env acances. j'aid es mots assez durs een fait, mais pour moi les US me font penser à un pays du tiers monde, fondamentalement il n'y a pas de grande différence avec le brésil.( que j'ai visité beaucoup moins pour le travail là encore)

Écrit par : raph | 04 octobre 2011

"Supposez, si cela vous amuse, que l'étranger nous inonde de toutes sortes de marchandises utiles, sans nous rien demander; que nos importations sont infinies et nos exportations nulles, je vous défie de me prouver que nous en serons plus pauvres."

J'en tombe sur le c*l !!!!

Nous ne serons pas plus pauvres, mais ruinés. Car les marchandises sont consommées et faute d'exportation, nous n'avons plus rien pour en racheter, à moins d'être assis sur du pétrole. A moins d'utiliser la plus vieille méthode commerciale du monde : on envahit le pays et on raffle les richesses. Cout : le transport ou les frais d'occupation, largement compensés par le pillage.

Bastiat disait parfois des âneries, mais des libéraux de son époque ont dit pire encore. Exemple : supprimer toute aide sociale et taxer les pauvres, afin que ces incapables (de s'enrichir) disparaissent et que ne subsistent que les plus performants (les riches). Ils oubliaient juste qu'un riche a besoin de pauvres pour fabriquer, vu qu'aucun riche ne fabriquera (pourquoi suer quand on peut tout s'offrir sans travailler ?).

Méfiez vous des théoriciens, cher Stéphane, ce sont les plus grands criminels à long terme. Souvenez-vous de Marx, génial sur le papier, effrayant en pratique. Le libéralisme version "Bastiat", c'est le Far-West et cela débouche sur le Bronx... ou la révolution. Pas terrible, non ?

Écrit par : Paul | 04 octobre 2011

Quelle "démonstration" mon cher Paul! Vous êtes en plein mercantilisme. Rassurez-vous, vous n'êtes pas seul.

Vous ne comprenez juste pas que chaque échange transfrontalier est équilibré en lui-même, car contre les marchandises circule en contrepartie de la monnaie pour les payer. Il n'y a donc AUCUN déséquilibre sur AUCUNE transaction. La "dette" du commerce extérieur est une pure illusion comptable.

Vous commettez l'erreur (typique) de considérer d'un oeil différent une transaction effectuée avec un vendeur étranger d'une autre effectuée avec un vendeur local. Mais du point de vue de la satisfaction de l'acheteur, c'est exactement la même chose. Et du point de vue de la satisfaction du vendeur aussi. Il n'y a que l'Etat et les politiciens que ça dérange...

Il n'y a pas plus de ruine à commercer avec l'étranger qu'il n'y en a à commercer avec un voisin; pour peu que vous dépensiez avec mesure, bien entendu. Avez-vous déjà analysé la balance du commerce avec la Migros de votre quartier, pour voir? La quantité de marchandises que vous en importez est probablement effroyable, et celle que vous lui vendez nulle; et pourtant, vous y revenez chaque semaine, sans être ruiné le moins du monde. C'est étrange.

En fait, la mesure des flux économiques aux frontières est incomplète (la somme des balances commerciales de tous les pays du monde n'est PAS égale à zéro!) parce qu'elle néglige la génération de richesse interne d'un pays et tout ce qui n'y est pas mesurable - le produit de l'agriculture, des mines, mais aussi des services ou du tourisme, entre autres. Ces revenus-là ne sont simplement pas chiffrables en termes de balance du commerce.

A combien se montent les "importations" ou les "exportations" lorsque des touristes chinois viennent passer une semaine de ski à Leysin? Un mandat d'architecte zurichois pour la construction d'un gratte-ciel à Boston? La découverte par un laboratoire Bâlois d'une molécule ensuite vendue à une usine pharmaceutique au Brésil?

Il est donc tout à fait possible d'avoir des importations énormes et des exportations nulles (telles que mesurées aux douanes) sans être ruiné le moins du monde, parce que la balance du commerce ne mesure que le flux des marchandises.

Quant au dernier paragraphe de votre commentaire, il montre sans surprise votre ignorance crasse de l'éthique libérale et du libre-échange, mais au vu du reste de la teneur de votre contribution, il n'y a rien d'étonnant. Sur le point du libre-échange au moins, je vous invite à parcourir le site bastiat.org qui regroupe tous les écrits connus de notre grand penseur.

D'ailleurs, si vous êtes capable de me fournir un lien montrant les propos que vous attribuez à Bastiat ("taxer les pauvres pour qu'ils disparaissent et que ne subsistent que les plus performants, les riches") je suis preneur.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 octobre 2011

Pour être tombé dans la soupière du marxisme quand j'étais petit, je tiens à confirmer le commentaire de Paul...
Il y a beaucoup de belles théories mais on oublie toujours que le diable se niche dans les détails. J'ai pris les échecs (le jeu) en horreur à partir du jour où on m'a fait une fourchette (vous échafaudez des plans TRES subtils et l'Autre en face place son cheval entre votre roi et votre reine...).
Il n'en reste pas moins que la décision POLITIQUE prise par un seul homme, le patron de la BNS, d'augmenter la masse monétaire suisse de 15 milliards par jour selon l'article de Elisabeth Eckert du Matin-Dimanche pour établir un prix plancher de 1.2 CHF pour 1 Euro (pourquoi ce p... de clavier a £ et $, mais pas de sigle euro...?)nous réserve des lendemains qui vont fortement déchanter. Et à propos de douanes, il est toujours rigolo de constater qu'il vaut mieux acheter une montre suisse à l'étranger plutôt qu'en Suisse. A Djeddah, ma T-Touch aurait coûté les 2/3 de ce que j'ai payé ici...

Écrit par : Géo | 04 octobre 2011

@ Paul,

Le père du droit de grève en France c'est Frédérique Bastiat. Je doutes qui ce fut par mépris pour les travailleurs ( pauvres de surcroît ) qu'il ait défendu cela. C'était justement pour que ces derniers puissent revendiquer leur conditions de travail et leurs futur avancées sociales.

D.J

Écrit par : D.J | 04 octobre 2011

Mon cher Stéphane, en vous lisant, j'ai l'impression de discuter avec un "théoricien pur". Et je sais par expérience qu'il est impossible de contredire une belle théorie, sauf en l'appliquant et en observant la catastrophe.

Il a fallu l'écroulement de l'URSS pour que les marxistes conviennent que, décidément, il y avait un gros problème avec leur théorie. Mais entretemps, ils avait créé un monstre de 70 ans, complètement ruiné avec 100 millions de cadavres sous la taïga !

Je cesse cette joute verbale inutile, en répondant simplement à quelques-unes de vos questions:

1"A combien se montent les "importations" ou les "exportations" lorsque des touristes chinois viennent passer une semaine de ski à Leysin ?"

J'ignore le montant, mais c'est une exportation de service puisque de l'argent chinois entre en France. Que le service soit consommé en France ou en Chine est secondaire, c'est le flux monétaire qui compte. Idem pour les cadeaux qu'ils emportent, c'est aussi une exportation.

2"Il est donc tout à fait possible d'avoir des importations énormes et des exportations nulles (telles que mesurées aux douanes) sans être ruiné le moins du monde"

Oui, si vous fabriquez de la monnaie et payez vos imports en pièces d'or (or que vous avez produit chez vous). Sinon, ben... renseignez-vous sur l'Allemagne en 1923-24.

3"D'ailleurs, si vous êtes capable de me fournir un lien montrant les propos que vous attribuez à Bastiat ("taxer les pauvres pour qu'ils disparaissent et que ne subsistent que les plus performants, les riches") je suis preneur.

Je ne l'ai pas attribué à Bastiat lui-même, mais aux libéraux de son époque dont il était. Tappez "darwinisme social" sur wikipédia. Cette idée remonte au début du XIXe. Et (pure coincidence ?), Bastiat a vécu de 1801 à 1850.

Écrit par : Paul | 04 octobre 2011

Merci cher Géo :) Pour ma part, j'ai admiré Reagan à 20 ans. J'ai compris ensuite sa vision de l'économie et ses conséquences.

Pour le symbole €, tappez AltGr E sur votre clavier (je dis AltGr, pas Alt !).

Bonne journée.

Écrit par : Paul | 04 octobre 2011

Paul@ € !!!
merci...

Écrit par : Géo | 04 octobre 2011

@Paul: Vous accordez donc à Frédéric Bastiat des propos qu'il n'a jamais tenu, je m'en doutais bien. Ce n'est pas d'une grande honnêteté intellectuelle.

Il est tout à fait exact qu'il y a eu des mouvements eugénistes au XIXe et début du XXe siècle, visant notamment à éradiquer la pauvreté par la stérilisation forcée des pauvres ou par une famine chargée de tous les tuer, mais ces adeptes de la purification sociale, très actifs en Angleterre mais aussi aux Etats-Unis étaient des activistes "liberals" selon le terme anglais, c'est-à-dire des gauchistes. Si l'histoire intellectuelle et politique de cette période vous intéresse autant que moi, je vous invite à lire un livre très intéressant sur ce point:

http://www.amazon.com/Liberal-Fascism-American-Mussolini-Politics/dp/0385511841

Reprocher ça au libéralisme, une éthique prônant le respect de la vie humaine (le tout premier droit de propriété d'un individu est sur sa propre existence) est un procès bien injuste. Et si vous vous lanciez un minimum - un minimum! - dans son étude, vous verriez toute la différence d'avec le délire messianique de Marx...

Tout ce que vous appelez "idéologie" n'est pas utopie, heureusement.

Aussi, votre réponse 1 est à côté du sujet. Le but de l'exercice était de vous montrer que tous les échanges commerciaux, pour profitables soient-ils, ne peuvent pas s'inscrire sur le livre comptable de la balance du commerce.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 octobre 2011

@ D.J.

Vous me parlez du droit de grève, qui relève du droit et non de l'économie. De plus, je n'ai jamais dit que Bastiat avait tout faux ! Il y a toujours quelques bonnes idées chez tout le monde. Au fait, Marx était aussi pour la grève, pour l'égalité de tous devant le tribunal, et je ne pense pas que vous allez applaudir la mise en pratique de son oeuvre...

Je dis simplement : attention aux théoriciens. Ils pensent si "haut" qu'ils perdent pied avec la réalité. Keynes n'a pas réglé la crise américaine des années 30 et 70, mais a été utile dans la période 50-70. Friedman a provoqué une flambée de pauvreté dans les années 80, mais était génial au niveau macroéconomique. A moitié raison, à moitié tort. Donc, méfiance, c'est tout.

Écrit par : Paul | 04 octobre 2011

@Stéphane

Allez, on ne va pas y passer la journée :) Je crois avoir compris le problème.

Je distingue le libéralisme politique (droits fondamentaux, libertés individuelles et collectives, égalité juridique) du libéralisme économique.

J'approuve intégralement le premier, sous réserve de quelques barrières pour que "ma liberté s'arrête là ou commence celle de mon voisin, et l'intérêt supérieur de la nation dans les moments ou la nation menacée risque de ne plus pouvoir garantir les droits individuels à terme".

Par contre, je critique le libéralisme économique qui n'a jamais réellement existé (Il y a toujours l'Etat et des oligarchies pour fausser les équilibres). Pour moi, il n'est que "la liberté du renard libre dans le poulailler libre", c'est à dire la loi du plus fort. Ma voie, c'est un Etat fort et protecteur pour réparer les abus moraux ou sociaux de la liberté économique (ce qui implique qu'il y a liberté économique gravée dans le marbre).

Mais cette voie parfois appelée socialisme (mot dévoyé depuis 100 ans !) ou Etatisme (mot creux) n'est jamais bien appliquée, je vous le concède. Le dernier à l'avoir imposée en France fut De Gaulle il y a ...50 ans !

Écrit par : Paul | 04 octobre 2011

Le keynesisme n'a jamais régé quoi que se soit. Et j'aimerai savoir en quoi Friedman serait responsable de la flambée de la pauvrété dans le monde, alors que ses travaux furent surtout connu pour avoir mis fin à l'hyperinflation et la maitrise de l'inflation.

D.J

Écrit par : D.J | 04 octobre 2011

"Ma voie, c'est un Etat fort et protecteur pour réparer les abus moraux ou sociaux de la liberté économique." (Paul)

Qu'est-ce qui permet de penser qu'un Etat serait plus moral que les agents économiques qu'il est censé contrôler ? Absolument rien, bien au contraire. Si l'on suppose que les individus ont tendance à être immoraux en abusant de leur liberté, alors l'Etat, composé d'individus jusqu'à nouvel ordre, aura, lui aussi, tendance à être immoral en abusant de sa liberté.

Il y a même toutes les chances que les individus bénéficiant du statut d'homme politique ou de fonctionnaire deviennent beaucoup plus immoraux que les autres au moment d'exercer leur liberté économique : en effet, l'individu lambda est limité, dans son activité économique, par tous les autres individus lambda, qui s'opposent naturellement à lui par le jeu des lois du marché.

En revanche, les individus composant l'Etat possèdent ce privilège inouï de pouvoir prendre de l'argent dans la poche de leurs concitoyens, sous la menace de gens en armes. Leurs ambitions, leur ignorance, leurs appétits et leur malhonnêteté éventuelle ne sont pas contrebalancés par les lois du marché.

C'est pourquoi il faut avoir peur, très peur de l'Etat. Ceux qui s'imaginent qu'il est un protecteur bienveillant et juste se font des illusions.

La prétendue moralité intrinsèque de l'Etat est une escroquerie intellectuelle, qui bénéficie avant tout à ses représentants et à ses obligés.

Écrit par : Robert Marchenoir | 04 octobre 2011

Vous avez probablement raison, Robert Marchenoir. Malheureusement. Le gaullisme était valable sous de Gaulle, qui tenait à payer lui-même les factures lui incombant à l'Elysée. Ce genre de dirigeant a disparu de la surface terrestre depuis la mort de Thomas Sankara. Dont la mort ne fut pas vraiment regrettée par ses "sujets" en raison de tous les abus concomitants à son attitude.
Lui et son maître exerçaient par ailleurs une telle autorité sur leurs fonctionnaires que l'on peut évoquer la notion de dictature. Cela n'empêche pas de considérer que l'on préfererait un de Gaulle à la masse d'hypo-médiocres actuels que l'on nous propose aujourd'hui. Que les parents qui ont mis au monde ces crétins absurdes et ces idiotes qui se la pètent, en France comme en Suisse, rôtissent en Enfer jusqu'à la fin des hydrocarbures...

Écrit par : Géo | 04 octobre 2011

@ DJ
C'est ce que je reproche à Milton : il ne faisait que de la macroéconomie. Réduire l'inflation, oui, il l'a fait. Mais je vous rapelle que le très socialiste président Mitterrand avait réduit l'inflation française de 14 à 5% entre 81 et 86. Et il n'était pas vraiment Friedmanien...

C'est bien de maitriser l'inflation. Mais au niveau microéco, ca donne quoi : l'explosion de la pauvreté. Les 80's de Reagan furent l'époque bénie du rap, des gangs et des journées à 2 boulots parce qu'un seul ne permettait pas de vivre. En Inde, cela a enrichit le pays au niveau macro, mais ruiné l'agriculture tradtionnelle. Les petits paysans devenaient chomeurs/petit boulots en ville. Ce n'est pas ma vision de l'économie, désolé.

@Robert
Vous n'avez pas lu mon message en entier, donc je répète la fin :" Mais cette voie parfois appelée socialisme (mot dévoyé depuis 100 ans !) ou Etatisme (mot creux) n'est jamais bien appliquée, je vous le concède. Le dernier à l'avoir imposée en France fut De Gaulle il y a ...50 ans !"
Donc,
1) L'étatisme ne marche qu'avec des gens honnêtes
2) le dernier honnête qui l'a appliqué avec succès fut De Gaulle (59-69).

Je vous concède qu'un politicien honnête et dévoué est aussi rare qu'une baleine dans le Léman. Mais je consate aussi que les gestionnaires privés sont devenus de beaux salopards, qui licencient 1000 personnes pour offir 10% de bénéf supplémentaire aux actionnaires en espérant toucher leur bonus de 3 millions dans la foulée. Etonnez-vous que le libéralisme économique soit un gros mot en France après 40 ans de délocs en tout genre !
A choisir entre pourris de l'Etat et ordures du privés, on ne choisit pas. A moins d'être soi-même membre d'un des deux clubs.

Dans les années 80, je révais que Tapie rencontre 5 mecs qu'il a viré en leur promettant la lune, et qu'ils le tabassent à mort, juste pour "partager la douleur" faute de partager les plu-values. J'y pense encore avec les banquiers, certains PDG et politiciens. Ma liste est longue, vous devinez donc ce que je pense des moeurs économiques Françaises.

Écrit par : Paul | 04 octobre 2011

Géo, que le Seigneur vous entende et vous bénisse !

Je ne vois rien à ajouter à votre message, j'aurai pu l'écrire mot à mot.

Avec toute ma sympathie.

Écrit par : Paul | 04 octobre 2011

" Réduire l'inflation, oui, il l'a fait. Mais je vous rapelle que le très socialiste président Mitterrand avait réduit l'inflation française de 14 à 5% entre 81 et 86. Et il n'était pas vraiment Friedmanien... "

Je vous rappel que la maîtrise de l'inflation est surtout due depuis que les banques centrales furent indépendantes du pouvoir politique. Ce que recommandait Friedman. Maintenant je ne sais pas si c'est Mitterrand ou si c'est depuis que la banque de France fut indépendant que l'inflation entre 81 et 86; mais ce qui est sur c'est que l'un des deux a appliqué ce que recommandait Friedman. C'est cela qui importe.

" Les 80's de Reagan furent l'époque bénie du rap, des gangs et des journées à 2 boulots parce qu'un seul ne permettait pas de vivre. "

Avant Reagan le chômage US était de 13% il fut ramené à 4%. Reagan a redonné du boulot aux américains. Et tant mieux si certain ont pu en avoir un deuxième pour vivre. Reagan a redonné aux américains l'accès à l'ascenseur social. C'est en ayant un job que l'on y arrive et non quand on est au chômage.

" En Inde, cela a enrichit le pays au niveau macro, mais ruiné l'agriculture tradtionnelle. Les petits paysans devenaient chomeurs/petit boulots en ville. Ce n'est pas ma vision de l'économie, désolé. "

L'inde était socialiste jusqu'à la moelle. C'est cela qui a ruiné le pays.

D.J

Écrit par : D.J | 05 octobre 2011

Paul,

Il ne faut pas tomber dans le piège de l'exclusivité des causes et des conséquences.

Toutes choses égales par ailleurs, le libéralisme donne de meilleurs résultats (pour tout le monde) que l'étatisme.

Cela ne signifie pas que la mode d'organisation politique soit le seul facteur qui influe sur le fonctionnement de la société, sur le bien-être, sur la prospérité.

Comme vous le soulignez, la valeur morale des hommes a aussi des conséquences. L'illusion est de penser que l'étatisme pourrait améliorer la moralité des hommes. Il ne le peut pas ; pas plus que le libéralisme, d'ailleurs.

Simplement, il y a un cadre politique, le libéralisme, qui est plus apte que son opposé, l'étatisme, à faire réussir ceux qui ont des comportements moraux, car le libéralisme favorise l'esprit de responsabilité et le respect du droit.

Vous avez la nostalgie de de Gaulle. On ne peut pas comparer un homme politique et un mode d'organisation de la société. D'autant que de Gaulle était effectivement un homme exceptionnel, qui a su tirer parti d'une période historique exceptionnelle. On ne peut pas tirer de règles générales d'un tel particularisme.

D'ailleurs, objectivement, la société française sous de Gaulle était infiniment plus libérale et moins étatiste que sous Sarkozy. Comparez la part des dépenses publiques à l'époque et maintenant.

Et puisque nous sommes sur un blog suisse, où voyez-vous un de Gaulle dans l'histoire suisse ? L'absence d'un personnage aussi écrasant a-t-elle nui à la Suisse ? On serait tenté de répondre : bien au contraire.

Écrit par : Robert Marchenoir | 08 octobre 2011

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