14 octobre 2011

Baptême du feu au Conseil Communal

Les habitués de ce blog ont peut-être été déçus du manque de billets ces derniers jours. L'activité politique m'a accaparé au plus haut point: non seulement la campagne pour les fédérales, mais surtout la deuxième séance du Conseil Communal de Renens, jeudi 13 octobre, à la Salle de Spectacle de Renens.

Une séance du Conseil Communal représente plus qu'une soirée de plaidoiries. Si le citoyen intéressé peut y goûter quelques joutes verbales et avoir un maigre aperçu de la façon dont sa commune est dirigée, le reste se passe en coulisses. Réunions de la municipalité, séances de commissions permanentes et de commissions de préavis, rédaction de rapports, réunion des groupes politiques pour convenir de décisions communes - ou pas! - lors des votes... Un travail de préparation dépendant de l'implication de chacun.

spectacle.jpgDécidé à me livrer à l'exercice nouveau de la prise de parole, j'avais préparé ma petite intervention pour dénoncer, au travers d'un nouveau règlement communal, la prise de contrôle progressive de l'attribution des logements sociaux par la municipalité de Renens - la porte ouverte à de nombreux abus, avertissais-je. Las! L'offensive choquante de l'extrême-gauche renanaise pour augmenter les impôts chamboula le déroulement d'une séance qui aurait pu être, sinon paisible, au moins, disons, convenable.

Précisons le contexte. Je fais partie de la commission des finances. La commission en question, qui contient un échantillon représentatif des forces politiques au conseil, planifie la politique financière de la commune: dépenses de la municipalité, taxation des contribuables, impact financier des décisions, etc. Les conclusions de la commission - résumées en une phrase: "on fait comme l'an dernier" - devaient être présentées ce soir-là et approuvées par le Conseil.

Mais voilà que les finances vaudoises se sont révélées meilleures que prévu. Une bien mauvaise nouvelle...

Quel rapport avec la choucroute, me direz-vous? A la vérité, aucun. Le Canton de Vaud a sa caisse et la commune la sienne, et il n'y a pas de relation entre les deux. Sauf pour ceux pour qui tout appartient à l'Etat, et qui voient d'un mauvais oeil que le contribuable, ce cochon de payeur, puisse garder à la fin du mois quelques piécettes de plus au fond de la poche.

Tout cela a l'air un tout petit peu étrange, et ça l'est effectivement. Je vais donc dérouler le cheminement intellectuel qui a eu lieu.

  1. Le Canton de Vaud et la Commune de Renens prélèvent, chacun, leurs impôts.
  2. Le Canton de Vaud, géré correctement, dégage un excédent. Après moultes joutes politiques, le Grand Conseil Vaudois décide de baisser le taux d'imposition de 1 point - un geste que lui-même annonce comme symbolique.
  3. L'extrême-gauche de Renens réalise que les contribuables renanais vont payer 1 point d'impôts de moins. "C'est inadmissible!" glapit l'avant-garde du prolétariat.
  4. Le Conseil Communal de Renens à majorité rouge-rose-verte décide de suivre l'extrême-gauche comme un seul homme et augmente de 1 point le taux d'imposition de la commune pour "compenser" la baisse des impôts vaudois.

Voilà, c'est tout simple. Ce que le canton donne, la commune le reprend. Les citoyens de Renens sont privés de baisse d'impôts. Bien fait pour eux.

Bien sûr, les professionnels du boniment s'empresseront de livrer des explications plus oiseuses les unes que les autres pour enfumer le chaland. Allez, dans le tas: de nouvelles règlementations financières cantonales, des charges inattendues, une baisse des revenus des impôts sur les entreprises. C'est le bal des pleureuses...

Il serait trop long de débusquer un à un tous ces arguments fallacieux. Défaussons-les simplement en rappelant que tous étaient déjà connus de la commission des finances lorsqu'elle a établi les plans pour 2011, séances pendant lesquelles le projet cantonal de baisse d'impôts - absolument sans effets sur les revenus de la commune, je le rappelle - était lui-même déjà sur les rails. Et il n'était alors pas question de monter la charge fiscale communale.

Lorsque même la Municipalité parle de "cadeau" devant la nouvelle manne à dépenser, on sait à quoi s'en tenir!

Quant aux transfers de compétence, nouvelle péréquation et autres geignements expiatoires, mon petit doigt me dit que les autres communes du Canton de Vaud réussiront parfaitement à faire face sans augmenter leurs impôts locaux. Question d'efficacité, sans doute.

A Renens, on préfère l'idéologie - avec oeillères en titane triple protection. L'attractivité fiscale? Pas de ça chez moi!

De toutes les communes de la région, Renens est la ville avec les impôts les plus élevés et le revenu par contribuable le plus faible, mais ce n'est pas assez de déjà se traîner une réputation d'enfer fiscal, il faut remettre une bûche au feu. Les records sont faits pour être battus, n'est-ce pas!

En attendant, je suis intervenu trois fois ce soir-là, et si ma prestation n'a de loin pas été à la hauteur de mes espoirs, c'est le métier qui rentre. Seul point positif d'une soirée aussi longue que désastreuse pour Renens, nous avons pu constater une fois de plus l'excellente entente que nous entretenons avec la section communale du PLR.

Cette deuxième séance du Conseil Communal fut un baptême du feu; elle sera suivie de beaucoup d'autres. Nous avons naturellement échoué à contrecarrer cette hausse d'impôts; mais avoir été au bon endroit, au bon moment, et avoir pu dire non!..

Je n'ose imaginer combien de Renanais auraient souhaité être là pour protester avec moi.

Commentaires

S'agissait-il réellement d'une hausse d'impôt, ou d'une simple adaptation à de nouveaux règlements ? Je pense notamment à la réorganisation des pompiers (env. 1 point d'impôt), ou de la loi sur les écoles de musique (répercussions plus difficiles à évaluer).

Écrit par : zamm | 15 octobre 2011

@Zamm: Pensez-vous que *toutes* les communes vaudoises vont augmenter leur fiscalité communale de 1 point en réponse à des ajustements aussi mineurs que la "réorganisation des pompiers" ou la "loi sur les écoles de musique"??

Poser la question, c'est y répondre.

Renens n'est pas à court de ressources, ayant introduit de nouvelles taxes comme la vignette de stationnement (et attendez les radars dans les zones 30...). C'est aussi la ville avec le taux d'imposition le plus élevé, même si les contribuables aisés, on les comprends, évitent le territoire de la commune.

Finalement, Renens aurait largement de quoi voir venir financièrement si elle ne brûlait pas les millions non dans des services publics, comme la municipalité le clame, mais dans d'insignes lubies comme "L'Autre Musée" (30 millions tout de même!). Ca en fait des "réorganisation des pompiers" ou des "loi sur les écoles de musique"...

Bref, plein de fausses excuses, comme d'habitude.

Et pensez-vous que lorsque le Canton de Vaud augmentera ses impôts, Renens les baissera pour compenser?

Écrit par : Stéphane Montabert | 15 octobre 2011

Effectivement, avec 78.5%, vous êtes nettement plus haut que la moyenne, d'autant plus que la péréquation intercommunale doit vous être très favorable. Il ne vous reste plus que la voie du référendum, en espérant avoir plus de succès auprès des électeurs...

Écrit par : zamm | 15 octobre 2011

Après les déprédations, les saletés et les jets d'urine que " les marginaux " laissent derrière eux sur la place du marché ( plus le boucan qu'ils font la nuit ) et qui exaspèrent les habitants et les commerçants n'est pas un problème pour Marianne Huguenin. " Nous devons apprendre à vivre en communauté" a-t-elle expliqué. Donc si j'ai bien compris se sont aux habitants qui respectent l'espace public à s'adapter envers ceux qui ne le respectent pas et non le contraire. Je n'arrive pas encore à comprendre que ces politicards gauchistes qui défendent ceux qui ne respectent rien, arrivent encore à être élu à la tête d'une commune.

D.J

Écrit par : D.J | 15 octobre 2011

Cette hausse est temporaire et vous le savez très bien.
Une année seulement, jusqu'à ce que le Canton reprenne son taux usuel (après les petits cadeaux de la droite en ces périodes électorales).
Je n'ai pas pu venir à la séance de jeudi, ayant été coincé au travail, mais j'ai pu vous voir, en partie, derrière mon écran.
Ne vous énervez pas comme ça, vous allez devenir tout rouge (ce qui vous obligerait à vous asseoir à l'autre bout de la salle du conseil).
Vous aurez d'autres occasions de vous opposer.
1 point d'impôt sur un an = 450'000.- pour réduire les dettes de la commune (qui paie ses dettes s'enrichit, n'aviez-vous pas dit ce lieu commun lors du débat télévisé?)
Je préfère vous lire dans vos envolées paranoïaques europhobes, c'est plus amusant et ça semble tellement venir du coeur.
A bientôt.

Écrit par : Raymond Gauthier | 15 octobre 2011

@Raymond Gauthier: Donc vous prétendez que Renens va *Baisser* les impôts l'an prochain? Ou quand le canton remonterait son taux? Je vous prends au mot!

Une hausse d'impôts temporaire... Bien sûr, personne n'y croit, pas même vous - c'est pourquoi vous parlez sans doute "d'autres occasions de m'opposer". Chacun sait avec quelle facilité la gauche renonce aux impôts temporaires!

Quant à réduire les dettes de la commune, laissez-moi rire. La Municipalité creuse cent fois plus de dettes qu'elle n'en comble. Sa boulimie de dépense semble n'avoir aucune limite. "Qui paie ses dettes s'enrichit" est peut-être un lieu commun, mais cette sagesse populaire est loin d'avoir franchi l'épais brouillard idéologique qui plane sur Renens.

Écrit par : Stéphane Montabert | 15 octobre 2011

@D.J
"politicards gauchistes " par ces termes vous prétendez respecter les gens ?
Les saletés des marginaux et vos réthoriques sont du même ordre des choses.

Même à l'UDC ce genre de réthorique semble se faire plus râre. Ils ont compris que l'insulte décrédibilise les idées que l'on veut faire passer.

Si c'est pour défendre Stéphane Montabert, je crois qu'il est assez grand pour se défendre seul !

Écrit par : Tkt | 16 octobre 2011

TKt,

C'est bien ce que je disais. " On doit respecter ceux qui ne respectent rien. Moi je n'ai aucun respect pour ce genre d'individus qui se complaisent dans la médiocrité et qui manquent de respect pour autrui. Et je respect encore moins ceux qui les défende tel ces gauchistes au pouvoir.

D.J

Écrit par : D.J | 17 octobre 2011

Les commentaires sont fermés.