01 novembre 2011

Mode panique

Moins de 24 heures après l'annonce-surprise d'un référendum grec sur le plan européen d'effacement d'une partie de la dette grecque et de la quasi mise sous tutelle du pays, les bourses européennes dévissent. Il n'y avait guère de raison de pavoiser tant les solutions proposées étaient illusoires, mais après l'euphorie passagère de la fin de la semaine dernière, ce n'est même plus une gueule de bois, c'est la dépression.

On en arrive à une écart quasiment comique entre les dépêches qui se bousculent:

panic.png

Ne vous étonnez pas trop du léger décalage de ton entre les "paniqués" et les "rassurants"; l'un n'empêche pas l'autre. Après tout, l'orchestre joua longtemps sur le pont d'un Titanic prenant de la gîte lors d'une nuit fatidique de 1912.

Ah, aussi, la France et l'Allemagne montrent qu'il y a triple-A et triple-A.

Y a-t-il encore des Keynésiens dans la salle pour prôner une relance par la dépense?

Commentaires

Y a til des ultra-libéraux dans la salle pour croire en la vertu du marché ?
Y a t'il des Démocrates dans la salle pour croire en la légitimité du peuple ?

Écrit par : jeff | 01 novembre 2011

La panique est due à l'anonce d'un referendum sur ce plan de relance par le premier ministre grec. Les marchés ont horreur de l'incertitude, comme les épargnants.

Quand on vous annonce un "travail garanti pour 10 ans", vous avez tendance à sourire et entreprendre des travaux à moyen terme sur votre maison. Mais si l'employeur vous dit "du calme, ce n'est peut-être pas vous qui aurez ce job", vous regardez vos premieres factures avec angoisse et stoppez les travaux. C'est pareil en bourse. Euphorie la semaine dernière, angoisse aujourd'hui.

Je pense que le premier ministre grec cherche à faire passer la pillule à son peuple par ce referendm. Quelques soient les conséquences, ce n'est pas ma faute, c'est vous qui avez voté. Pas courageux, mais très "politique" !

Écrit par : Paul | 01 novembre 2011

Amusant cette panique de la gent politique, lorsque un collègue "menace" d'appliquer la démocratie!

Écrit par : Pablito | 01 novembre 2011

Paul : ce n'est pas seulement politique. C'est aussi démocratique.

Evidemment, dans la mentalité de l'Union européenne, demander son avis au peuple, c'est "insultant" pour Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, nos bons maîtres qui ont travaillé si dur pour nous autres (c'est le mot utilisé par un député français de l'UMP, le parti au pouvoir...).

Voilà : on est en pleine Union soviétique. Ne pas s'agenouiller devant les décisions des chefs, c'est "insultant". Personne n'a demandé au peuple si, par hasard, il ne considérait pas comme "insultant" le fait de se voir imposer son avenir sans qu'on lui demande son avis...

Et ce sont ces gens-là qui traitent le Front National, en France, ou l'UDC, en Suisse, de "partis des extrêmes".

Quand il s'agit de faire des trémolos en disant qu'il faut aider la Grèce, fondatrice de la démocratie et bla bla bla, il y a du monde au balcon. Mais dès que les Grecs s'avisent de redécouvrir la démocratie réelle et de lancer un référendum, là, ça devient "insultant" pour ces messieurs...

Je trouve, au contraire, que ce référendum est une très bonne décision. Ca met les Grecs devant leurs responsabilités. Ils peuvent refuser le plan d'aide européen, mais alors ils devront en supporter les conséquences. Et s'ils l'acceptent, ils devront aussi en supporter les conséquences (austérité, etc).

Ca permettra de mettre fin à pas mal de lâchetés et de mauvaise foi.

Écrit par : Robert Marchenoir | 01 novembre 2011

@jeff: tiens, vous ne croyez pas en la légitimité du peuple? Chassez le naturel il revient au galop!

Quant à la "vertu" du marché, pour que celle-ci ait la moindre existence, il faut de la responsabilité dans le processus. Ici, on est aux antipodes d'une telle situation, c'est bailout, plans de secours, fonds de soutien et compagnie. Ne comptez pas sur moi pour pleurer sur les politiciens et les banquiers.

@Paul: vous avez raison, mais lundi l'illusion du "plan de secours" miraculeux concocté par Merkel et Sarkozy était déjà largement dissipée. Il n'avait guère besoin du référendum grec pour le mettre par terre.

@Pablito: ma foi, le peuple grec choisira son destin, c'est la moindre des choses. Et cette fois-là, si le Non sort des urnes, pas question de les refaire voter "dans le bon sens" le surlendemain comme en Slovénie...

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 novembre 2011

@Stephane
Je crains que vous vous mépreniez. Ce plan de secours sera adopté, parce que les dirigeants européens, la finance et le gouvernement grec le veulent. Ca ne signifie pas qu'il sera efficace. En fait, je crois que l'Europe a acheté une Lada poussive au prix d'une Ferrari. Et c'est moi qui paie, en plus !

@Robert
Je suis partisan du referendm trimestriel en France, avec 4 ou 5 questions pour/contre/vote blanc sur des points importants. Ca vous étonne ? C'est pourtant logique : aucun parti ne me représente. Je n'aime ni la gauche ni la droite, je méprise l'extrême gauche et certains points du FN me laissent sceptique. Déjà, je ne sais même pas si Marine Le Pen est sincère ou pas dans son programme...
Nous aurions besoins d'un système à la mode Suisse, mais nos dirigeants ne veulent pas. Qu'y puis-je ?

Écrit par : Paul | 01 novembre 2011

@Paul «La panique est due à l'anonce d'un referendum sur ce plan de relance par le premier ministre grec. »

Non, elle est due plutôt au fait que les eurolâtres ont oublié quelque chose qu'ils considèrent comme étant insignifiant : la démocratie qui est censée être à la base de nos sociétés.

Mais à force de faire revoter à chaque fois que le résultat n'est pas le bon, ils ont sous-estimé le « problème »

Cependant, les conséquences d'un non seraient si directes qu'il serait inutile de faire revoter un oui.

Enfin, il est certain que nos chers démocrates vont tout faire pour empêcher ce référendum…

Écrit par : ph11 | 01 novembre 2011

@ph11

"Non, elle est due plutôt au fait que les eurolâtres ont oublié quelque chose qu'ils considèrent comme étant insignifiant : la démocratie qui est censée être à la base de nos sociétés."

Je n'ai pas dit le contraire ! Peu de pays dans l'UE font appel au référendum. On trouve la France (une fois tous les 10 ans...), les danois et les irlandais. Pour les grecs, le dernier remonte à 40 ans. Les marchés ne s'attendaient pas à cela.

En fait, vous avez compris que ce referendum est un bras-de-fer entre les financiers et le gouvernement grec. Elu depuis 2 ans, Papandréou est aussi populaire que Sarkozy en France... Il cherche une porte de sortie, et quoi de plus "noble" qu'un appel au peuple ? Si les grecs ne manifestaient pas depuis 18 mois, il n'y aurait aucun réferendum. Tout cela est politique.

Si vous êtes Suisse, par pitié, RESTEZ INDEPENDANTS ! ... ou vous finirez comme nous.

Écrit par : Paul | 02 novembre 2011

Il fallait que vous voyiez ça: ^^

http://www.rue89.com/sites/news/files/styles/comment_image/public/article/comments/sarkozicasso.jpg

Écrit par : Fufus | 02 novembre 2011

Contrairement aux apparences, la Grèce n'est pas du tout un pays démocratique. Les Grecs ont peut-être "inventé la démocratie", mais c'était il y a 2 500 ans, et les Grecs d'aujourd'hui n'ont pas grand' chose à voir avec ceux d'alors.

La réalité de l'histoire récente de la Grèce (mettons sur un demi-millénaire), c'est un mélange d'autocratie, d'asservissement et de corruption, entrecoupés de révoltes nationalistes.

Il y a un écart important entre le romantisme philhellène et la réalité. Non qu'il ne faille pas soutenir les Grecs, mais il faut avoir conscience de l'histoire.

Écrit par : Robert Marchenoir | 03 novembre 2011

S'il y a un référendum qui serait nécessaire, ce serait pour demander au peuple allemand s'il a envie d'aller se faire voir chez les Grecs...

Écrit par : Géo | 03 novembre 2011

Ca n'aura pas trainé. On parle déjà de "débarquer" le premier ministre grec, ce qui annulerait le referendum. Les dirigeants de l'Europe et les spéculateurs ont parlé : l'argent avant les principes.

Faudra demander à vos admirateurs de l'Europe (ceux qui veulent vous y faire entrer) ce qu'ils pensent de cette "espace démocratique européen"... Ca pourrait être amusant de voir leurs contorsions génées sur une chaise, devant les caméras vers 20 heures :)

Écrit par : Paul | 03 novembre 2011

"Faudra demander à vos admirateurs de l'Europe (ceux qui veulent vous y faire entrer)"
Ils sont assez rares et aussi crédibles que Jean Ziegler. Le problème, c'est que l'agonie de l'Europe va être douloureuse pour la Suisse. On peut s'attendre à ce que la future majorité socialiste en France envoie ses Panzer divisions chez nous dès la nomination du Général Von Montebourg à la tête des armées de votre pays...

Écrit par : Géo | 03 novembre 2011

Débarquer de force le premier ministre grec et autres partisans d'un référendum pour annuler celui-ci, c'est prendre un autre risque :

que le peuple grec manifeste tant et plus pour faire savoir son mécontentement que la situation devienne proche d'une guerre civile.

La dictature militaire "à la grecque" pourra difficilement se réinstaurer si les militaires eux-mêmes ont des doutes quant à la possibilité de toucher un salaire...

Bref, quand l'argent gratuit des autres cessera de tomber du ciel, il va y avoir de sacrés dommages collatéraux dans toute l'Europe.
Personnellement, je me réjouirais presque de savoir que tous les gens trop bien payés à rien foutre se retrouvent bientôt face à la réalité : nous vivons à crédit au-dessus de nos moyens, et cela va s'arrêter.

J'aimerais pas être un quarantenaire avec 2 enfants, une maison hypothéquée à 75% de sa valeur, 2 bagnoles à plus de 50'000.- chacune en leasing, par les temps qui courent...

Écrit par : Greg | 03 novembre 2011

"Y a til des ultra-libéraux dans la salle pour croire en la vertu du marché ?"


Oui, c'est sur que les subprimes, c'est vachement mieux que le marché...

Écrit par : Nicolas | 04 novembre 2011

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