14 décembre 2011

Quand 5,4% égalent 26,6%

Ca y est, le nouveau Conseil Fédéral est sous toit. Il a quatre jours, j'écrivais que les politiciens tueraient la concordance en pleurant leurs larmes de crocodiles: le déroulement de ce matin correspond entièrement à ce scénario.

Le révélateur est venu de l'élection d'Eveline Widmer-Schlumpf; élue au premier tour avec 131 voix sur 245, l'Assemblée Fédérale a fait preuve d'une belle unité dans l'hypocrisie. On aime et on respecte la concordance, tout en allouant autant de sièges à un parti qui a récolté 5,4% des suffrages face à l'UDC, premier parti de Suisse, avec plus d'un quart de l'électorat.

palais.jpg5,4% égalent donc 26,6% aux yeux du Parlement. Un conseiller fédéral chacun.

Le reste de la matinée n'est pas brillant. L'UDC, respectant le choix du candidat-président du Conseil Hansjörg Walter de se retirer de la course en cas d'échec contre Eveline Widmer-Schlumpf, a lancé son candidat Jean-François Rime contre les deux derniers sièges en jeu; c'était inutile vis-à-vis du PS, qui a bétonné sa place dans un gouvernement désormais ouvertement de centre-gauche, et du PLR, qui a fait de son mieux pour soutenir l'UDC et qui ne méritait pas cette hostilité aussi gratuite que stérile. Certes, nul n'est certain que 100% des élus PLR aient bien joué leur partition, mais c'est humain. De plus, comme dès hier soir le PS avait annoncé (avec des prétextes cousus de gros fil) qu'il ne soutiendrait pas une attaque de l'UDC contre le PLR, l'affaire était entendue.

On passera sur le duel Berset-Maillard ennuyeux au possible - comme si le syndicaliste vaudois avait eu la moindre chance face à un Conseiller aux Etats membre du sérail.

La Suisse vient de changer de système politique. Elle vient de passer d'un système de concordance à un système de coalition.

Le changement de paradigme était pressenti depuis 1999 déjà, lorsque la classe politique commençait à chercher des moyens de refuser à l'UDC une représentation en rapport avec sa force politique. Il aura fallu douze ans de gestation et de manoeuvres avant que le nouveau mode de fonctionnement du Conseil Fédéral ne soit enfin entériné. Officiellement.

Tout est à rebâtir. Passant sur les péripéties de ce matin, l'UDC va peut-être devoir s'ouvrir à son allié traditionnel, le PLR, pour arriver ensemble à former la base d'une future majorité de droite ou de centre-droit. A moins que le PLR ne se complaise de ses strapontins dans un gouvernement où les socialistes tirent clairement les ficelles? A chaud, difficile d'analyser tout ce qui nous attend. J'ai du mal à imaginer que l'UDC accepte de rester dans un pareil gouvernement, mais cela ne dépend pas de moi.

Et que va donner désormais l'initiative de l'élection du Conseil Fédéral par le peuple? Nul doute qu'elle vient de prendre un bon petit coup de fouet ce mercredi...

Beaucoup de chemins sont possibles. A la veille de la tempête de la crise de la dette publique déferlant sur l'Europe, le choix de l'instabilité politique n'était pas forcément le plus judicieux; mais le vin est tiré, il faut le boire.

Commentaires

Merci au Général Guisan pour ces décennies de liberté. Un grand Merci à M. Blocher pour nous avoir préservés pendant 20 ans.
Heureuse d'être dans la génération qui entre en retraite.....et 5 ans plus tôt.
Je vous conseille de faire de même en prenant votre capital 2ème pilier, car cela va fondre à grande...très grande vitesse! Pas seulement à cause des baisses boursières, mais pour tous ces fonds qui partent dans les compléments AI à ceux qui n'ont travaillés que quelques années et qui touchent des rentes 1er et 2ème pilier bien confortables à 30 ans........oups, la durée......))))!
Le pain blanc c'est terminé, alors qu'ils s'étouffent avec leur pain noir et vogue la galère.....pour les socialos et ceux qui ont voté pour un parti qui a dans son programme l'adhésion à l'UE-Merkosie!
Faut lacher prise, prendre son dû et leur laisser construire et financer leur avenir......bon vent les amis!

Pas d'inquiétude pour ceux qui me croyait morte, j'ai la faculté de vite comprendre et de savoir mettre en place mes propres pions.
Ca va un moment de se battre pour la patrie, mais quand celle-ci est nouvellement investie de parasites aux pouvoirs grandissants, la priorité commence par soi-même.

Bon vent et vogue la galère.

Écrit par : Corélande | 14 décembre 2011

Vous etes décidement plus pertinant en commentateur économique que politique.
La stratégie des "têtes" de l'UDC était perdue d'avance. A tel point que cela devait être voulu pour pouvoir, à nouveau, jouer le rôle de victime mal aimée, comme vous aimez la jouer depuis 2007 ouvertement, et certainement depuis avant cela déjà.
Parler maintenant de ne pas avoir choisi la stabilité, vous avez une définition bien à vous de ce terme.
En choisissant de réélire les sortants invisibles que sont Schneider-Ammann, Burkhalter et Maurer, largement en plus, ainsi que EWS, mieux notée que les 3 autres tout de même, et de prendre le lisse Berset comme 7ème larrons, c'est clairement la stabilité qui a été plébiscitée.
Que nous, en tant que citoyens, y soyons gagnant, je n'en suis toutefois pas réellement convaincu, mais au moins, en tant que Vaudois, nous gardons Maillard, qui est excellent.
Lui élu, il est clair que le CF aurait été moins stable, mais on aurait eu au moins un vrai chef d'état, ce que ne seront jamais des Maurer, Schneider-ammann ou Rime par exemple.

Écrit par : lefredo | 14 décembre 2011

Il ne faut vous en prendre qu'à vous même et demander des comptes aux têtes pensantes de votre parti, qui si je ne m'abuse, vous téléguident depuis Zurich.

Le parti national et patriotique doit faire son autocritique.
En serez-vous capable?

L'avenir nous le dira.
Alors bonne chance et au boulot.

Écrit par : Le Citoyen | 14 décembre 2011

On croit rêver quand on entend les premières réactions des gauchistes du parlement qui accusent l'UDC d'être responsable de leur défaite par une stratégie absurde ou accusent l'UDC de n'avoir jamais voulu leur deuxième conseiller fédéral. Apparemment ils oublient que c'est par leur vote et leur souhait que l'UDC n'a pas décroché ce deuxième siège.

La bonne nouvelle de cette journée est la non élection de P-Y Maillard. Mais malgré cette nouvelle, je n'arrive toujours pas à comprendre comment des élus vaudois du PLR qui diabolisent l'UDC pouvaient soutenir PYM un néo-marxiste qui est allergique au mot libéral dans tout ses formes.

A écouter ces PLR; il fallait soutenir PYM parce que c'est un bon vaudois, un collègue du gouvernement, une bête politique, ( tout comme Staline ) un pote de foot et j'en passe des pires et des meilleures. Alors que ce dernier et le premier à tirer dans le pattes des PLR lorsqu'il s'agit de politique économique.

On nous dit que PYM en tant que membre du gouvernement vaudois dispose d'un bon bilan économique des comptes financier vaudois. Alors qu'il fut farouchement opposé a toutes les réformes de rigueur budgétaire mis en place par la droite qui a commencé au début des années 90. Si l'on avait écouté PYM à cette époque, le canton de Vaud ressemblerait à la Grèce.

D.J

Écrit par : D.J | 14 décembre 2011

@ Le Fredo

" Lui élu, il est clair que le CF aurait été moins stable, mais on aurait eu au moins un vrai chef d'état, "

Avec Blocher au CF on le disait mauvais conseiller fédéral parce qu'il ne respectait pas la collégialité; mais quand c'est des socialistes comme PYM; mais pour Le Fredo; ne pas respecter cette collégialité de la part de PYM si il aurait été élu cela aurait été super. ( En fin tant mieux; le gauchiste PYM s'est pris une rouste de première ).

C'est comme pour la concordance. Elle est valable pour tout le monde sauf l'UDC.

Écrit par : D.J | 14 décembre 2011

@D.J.
Reprocher aux "gauchiste" leur mauvaise foi et prétendre que Maillard ne mérite d'être élu que par copinage, c'est vraiment se foutre de la gueule du monde.

Comme d'ailleurs reprocher aux "gauchistes" de pas avoir élu un deuxième UDC.
Alors qu'il n'y a rien de plus logique la dedans.
La question que les UDC doivent se poser, c'est pourquoi ils sont incapables d'avoir les voix des PBD, vert libéraux, PDC et PLR quand ils attaquent un PS.
Cette question est la même pour l'échec retentissant des élections au conseil d'état. Pourquoi l'UDC n'est elle pas capable de faire élire ses représentants à ce genre d'élection?
À mon avis c'est une question de candidat. On ne vote pas pour quelqu'un dont on doute des capacités.
Le national, on vote pour le programme d'un parti. Aux états, c'est pour une personne.
Et pour le CF...ben quand on est seul, on est seul.

Écrit par : Lefredo | 14 décembre 2011

Mais quand tous ces petits moutons qui croient encore que les multimillionnaires zurichois travaillent pour le peuple se réveilleront-ils ? Ces gens ne pensent qu'à l'agrandissement de leur fortune au détrimmnt du petit peuple.
Et leur grand stratège prenant de l'âge, la stratégie en souffre. Le résultat d'hier en est la preuve.

Écrit par : gamine | 15 décembre 2011

" @D.J.
Reprocher aux "gauchiste" leur mauvaise foi et prétendre que Maillard ne mérite d'être élu que par copinage, c'est vraiment se foutre de la gueule du monde. "

J'ai parlé de certains PLR vaudois et non des gauchistes; relisez-moi. Ce sont bien certains parlementaires vaudois comme Fathi Derder ou Pascal Broulis qui ont carrément dit qu'ils soutiendraient leur bon pote vaudois PYM.

D.J

Écrit par : D.J | 15 décembre 2011

Concordance?
Quelle bonne blague passéiste! La concordance avait un droit d'exister il y a 50 ans en arrière quand il n'y avait que 4 partis. Actuellement avec tous les nouveaux partis, la concordance de grand-papa n'a plus aucun sens. L'essentiel est de retrouver une concordance au niveau de la répartition droit-centre-gauche et si je ne m'abuse, elle est extrêmement proche des dernières votations : 4 de droite (PDB-UDC-PLR = 47.1%), 1 centriste (PDC = 12.3%) et 2 de gauche (2PS = 18.7%).

Écrit par : Paolo | 15 décembre 2011

Et...les petits moutons qui suivent la chèvre de Monsieur Seguin, (Stroumpfette)comment vont-ils se retrouver quand ils auront passé dans le précipice?

Faut pas croire les amis, on ne peut pas trahir "sa famille" et se comporter comme une personne de confiance, c'est un antagonisme flagrant, même physiquement parlant chez cette personne!

Pour ceux qui aiment patauger dans la gadoue ils seront contents d'avoir une Présidente pour la pire année qui s'annonce sur le plan mondial, qui n'est rien d'autre qu'une demi-portion d'Imelda Markos et de l'épouse Ben Ali.

Écrit par : Corélande | 15 décembre 2011

Monsieur,

Vos mathématiques à bonzon ne valent pas un "pet de coucou", car si ma mémoire est bonne, notre Présidente de la Confédération pour 2012 faisait partie de l'UDC !
Vous avez voulu l'exclure, car elle était plus forte que votre Boss qui s'est ramassé une claque de première en se faisant éjecter du Conseil Fédéral pour manque de collégialité notoire.
Un peu d'humilité tout de même et acceptez de récolter ce que vous avez semé...

Écrit par : Jean-François Chappuis | 15 décembre 2011

L'élection aux Etats ont montré que la Suisse n'avait pas confiance aux candidats UDC.
Le CF est conforme a ceux que veut la majorité de la population Suisse.
L'élection du CF par le peuple n'y changerait rien. A partir du moment où ce sont des personnes qui sont élu, par manque de candidats crédibles, la situation serait p-e pire pour l'UDC.
A part ça très mauvaise idée, une élection par le peuple. Au lieu de se concentrer dans dans leur job, ils vont perdre du temps à faire le beau et ils n'auront pas toujours le courage de prendre des décisions difficiles, etc.. Bref, si le principe est bon, dans les faits, celà peut être catastrophique (voir les pays endetté par manque de courage politique).
Les places réservé au parti peuvent être voté, mais qui va au CF, doit rester aux main des élus.
Dans un canton très majoritérement de droite, face à un "gauchiste" le représentant UDC perd toujours... La majorité ne veulent pas des candidats UDC, et le peuple a toujours raison.
L'UDC n'aura jamais de vision d'avenir pour la Suisse, il n'y a que le "Nein sager". On a pas besoin de politique de bistrôt pour la Suisse.

Écrit par : roket | 15 décembre 2011

«La majorité ne veulent pas des candidats UDC, et le peuple a toujours raison.»

Donc il avait raison plusieurs fois de ne pas adhérer à l'UE, comme il avait raison sur les minarets. Comme il aura raison sur la prochaine initiative demandant à réguler l'immigration massive.

Écrit par : petard | 15 décembre 2011

Je ne suis pas UDC moi même.
Mais il n'est pas normal que le quart des Suisses n'aient qu'un représentant au conseil fédéral.
Signé un démocrate.

Écrit par : chaufroi | 21 décembre 2011

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