23 décembre 2011

BCE: Les vannes sont ouvertes

Ceux qui suivent la lente agonie des régimes socio-démocrates sur ce blog savent que la monétisation de la dette est une sorte de "passage obligé" dans le scénario de la catastrophe.

Nous sommes entrés dans cette étape en décembre.

La monétisation de la dette consiste à demander à l'émetteur de monnaie (ici la BCE) de faire tourner la planche à billets pour payer les dépenses courantes. Les conséquences sont connues; la dévaluation de la valeur de la monnaie, c'est-à-dire l'inflation, la perte de crédibilité de la monnaie dans les échanges internationaux, et finalement, à terme, l'emballement de l'inflation jusqu'à l'hyper-inflation et l'effondrement total du système monétaire.

En bref, cela ne résout strictement rien - cela a même tendance à empirer les choses - mais permet de gagner un peu de temps. Je ne partage franchement pas l'optimisme de ceux qui pensent que ce sursis permette les réformes qui sauveront le malade; mais à la limite, nos opinions importent peu. Les décisions ont été prises, chacun aura donc tout le loisir d'examiner comment la zone euro réagira à ce nouveau traitement.

mario-draghi.jpgRevenons à ce qui s'est passé ce 21 décembre. Mario Draghi, ancien de Goldman Sachs (la banque des winners) et nouveau directeur de la Banque Centrale Européenne délie les cordons de la bourse: il a ouvert une ligne de crédit sans limite aux banques de la zone euro, pendant trois ans, avec un taux d'intérêt de 1%.

C'est Noël avant Noël.

Cette soudaine générosité n'est qu'une façade: l'opération vise moins à aider les banques qu'à les aider à acheter de la dette publique de tous les canards boîteux de la zone euro. Mais il n'est pas sûr que la manoeuvre fonctionne comme prévu.

Précisons le contexte afin que les pièces du puzzle tombent en place.

L'Europe se divise grosso-modo en deux camps. Le camp "rigoureux" ou "du nord", minoritaire mais mené par l'Allemagne, ne veut pas monétiser la dette, ou pas trop. Il estime que l'inflation n'est en rien une solution et punirait en même temps les pays bien gérés et les autres et préconise plutôt la rigueur. Le camp "latin" ou "du sud", majoritaire, auquel appartient l'Italie depuis que l'obstacle Berlusconi a été retiré, ainsi que la France, prône la souplesse, c'est-à-dire l'utilisation généreuse de la création de monnaie pour payer les dettes courantes, comme ces pays le faisaient avant la monnaie unique - une tradition qui a amené la France à diviser la valeur de sa monnaie par 100 en 1960 avec le Nouveau Franc, puis fait perdre 88% de la valeur de ce dernier avant le passage à l'euro... Et chacun se souviendra de l'immense valeur de la Lire à la même époque.

La lutte d'influence entre les deux camps s'est poursuivie pendant des mois dans les coulisses, jusqu'aux couloirs de la BCE, mais le camp latin avait l'avantage. Le directeur de l'institution, Jean-Claude Trichet, d'obédience latine, choisit ainsi de laisser courir l'inflation ou de racheter de la dette pourrie sans aucun respect pour les statuts de la banque centrale dont il avait la charge.

Le successeur de M. Trichet, Mario Draghi, est allé encore plus loin, montrant à quel point le camp latin se sent le vent en poupe, au nez et à la barbe de l'inflexible Allemagne. A peine entré en fonction, il baissait le taux directeur alors même qu'il était inférieur à l'inflation - une hérésie totalement en contradiction avec la mission de la BCE, qui est de lutter contre celle-ci. Perseverare diabolicum est, il l'a encore baissé à 1% en décembre. Deux pour-cents en dessous de l'inflation: empruntez, vous rembourserez moins!

Le message à l'intention des banques commerciales était clair, mais pourtant peu suivi. Mais pourquoi la BCE tend à ce point-là la perche aux banques commerciales de la zone euro?

Les statuts de la BCE ont été écrits à une époque où l'indépendance de la Banque et la rigueur dans la gestion de la monnaie n'étaient pas qu'un slogan vide de sens. Ainsi, la BCE n'a pas le droit d'acheter elle-même directement la dette publique émise par les pays européens, car cela détruirait toute illusion quant à son indépendance. L'Allemagne, qui a perdu le Mark dans l'affaire, y veille. Or, les dirigeants de la BCE et leurs alliés politiques essayent depuis des mois de contourner, par tous les moyens possibles, la lettre et l'esprit des textes régissant l'institution.

Les adeptes de la monétisation de la dette ont ainsi étudié une foule de scénarios. La BCE a acheté de la dette publique sur le marché secondaire - de la dette publique d'occasion - au nom de la lutte contre l'incendie financier, mais cette entorse n'a été acceptée que parce que les montants étaient limités. L'Allemagne y a mis le holà. Ensuite, les politiciens ont essayé de demander à la BCE de prêter directement au Fonds Européen de Stabilité Financière, qui est une émanation des pays membres de la zone euro, mais ont dû renoncer faute de base légale. La piste suivante, début décembre, était l'idée d'un prêt au FMI pour que celui-ci vienne au secours des pays de la zone euro, mais là encore, les statuts de la BCE ne le permettent pas.

La seule solution compatible avec les statuts de la BCE consiste à poursuivre sur la voie empruntée depuis le début de la zone euro: verser l'argent à des banques commerciales agissant en tant qu'intermédiaires pour acheter de la dette publique.

L'opération initiée par Mario Draghi le 21 décembre est extrêmement rentable sur le papier. N'importe quelle banque pourrait emprunter n'importe quel montant, disons 1 milliard d'euros, avec un taux d'intérêt de 1%, et s'en servir pour acheter de la dette étatique espagnole à 10 ans, rémunérée à 5%. 4% de marge brute annuelle pour la banque, c'est une belle somme à la clef. Et plus les banques souscrivent à de la dette publique, plus leurs profits augmentent!

On comprend l'estime dont l'ancien de Goldman Sachs jouit auprès de ses anciens confrères: à dix jours de l'échéance, il vient de sauver leur bonus de fin d'année. Les banquiers lui disent merci.

Les banques ont souscrit un total de 489,191 milliards d'euros dans les premiers jours de l'opération. C'est peu relativement aux 523 banques que compte la zone euro, mais beaucoup en valeur absolue - rappelons que le FESF "boosté" était sensé parvenir à mille milliards; dès la première semaine, les banques viennent déjà d'emprunter auprès de la BCE la moitié de ce montant.

Et la fenêtre est ouverte pour trois ans.

La BCE a vraiment fait tout ce qu'elle a pu: mettre des montants illimités à disposition des banques, pendant une période très longue, garantie, et à un coût d'emprunt plancher.

Tout ceci est bien sûr de la création de monnaie à une échelle encore inégalée.

Officiellement, la BCE ne fait rien de tout cela: les montants mis à disposition auprès des banques peuvent servir théoriquement à tout, permettre des emprunts hypothécaires, de PME, des crédits à la consommation... Mais personne n'est dupe:

Certains investisseurs espèrent (...) que, grâce à ces prêts à long terme, d'un montant illimité et bon marché avec un taux d'intérêt de 1%, l'institution de Francfort, qui se refuse à être le prêteur en dernier ressort des pays de la zone euro, comme on le lui réclame depuis des mois, va pouvoir les aider de manière détournée en permettant aux banques d'acheter davantage leurs titres de dettes publiques.

 

Les prêts souscrits mercredi représentent presque une fois et demi le montant que prévoient d'émettre l'Espagne et l'Italie en 2012, et exigent un collatéral très faible. On a du mal à imaginer que ces montants ont été réservés par les banques commerciales pour aider les PME de leur région.

Alors, pourquoi la bourse ne s'envole-t-elle pas vers le firmament, pourquoi les politiciens ne célèbrent pas la fin de la crise avec champagne et petits fours, pourquoi la crise de la dette publique n'est pas derrière nous?

Il y a plein de raisons, même pour des keynésiens indécrottables persuadés que la planche à billet est la solution. En vrac:

  • Les banques ne peuvent pas prêter une infinité d'argent, peu importe ce que leur autorise la BCE. Les ratios d'endettement comparés au fonds propres de Bâle III ne se sont pas envolés avec la décision de M. Draghi. Les montants de dette publique que peuvent acheter les banques ne sont donc pas sans limite.
  • Les pays de la zone euro sont financièrement vulnérables. Leurs notes sont sous surveillance négative par plusieurs agences de notation (ce qui est une plaisanterie, vu qu'ils ne sont plus AAA depuis longtemps) et une diminution officielle de leur note dégraderait le bilan des banques engagées sur ce chemin, à la hauteur de leur exposition.
  • Les banques sont encore échaudées par l'épopée grecque et "l'échange volontaire" de dette grecque avec une décote de 50%.
  • Une grande partie de la zone euro entrera en récession en 2012, pour une durée inconnue, et promet de dégrader encore le bilan des pays affectés. La fenêtre de garantie de la BCE ne dure "que" trois ans, soit bien moins que la durée d'un emprunt d'Etat standard (qui s'échelonne de 3 mois à 30 ans, la "durée de référence" étant de 10 ans). Bien des incertitudes subsistent donc sur la conjoncture.

Bon nombre de ces difficultés sont en voie d'être contournées. Par exemple, une fois le beau temps revenu sur le front des taux d'intérêt, les Etats pourraient à nouveau sauver des banques trop exposées à de la dette pourrie en les recapitalisant avec de nouveaux emprunts publics.

On peut aussi imaginer que les politiciens de la zone euro mettront ce répit de trois ans à profit pour réformer les traités régissant le fonctionnement de la BCE pour lui permettre une bonne fois pour toute d'acheter directement de la dette publique, dans la grande tradition des banques centrales d'Amérique du Sud... L'Allemagne d'Angela Merkel s'y opposera, bien entendu, mais même l'Allemagne ne saurait être éternellement vigilante. Mme Merkel remettra son mandat en 2013, celui ou celle qui lui succèdera pourrait s'avérer un interlocuteur plus conciliant.

Nous nous dirigeons à plein régime vers une monétisation massive, et assumée, de la dette publique. Mais rien qu'avec le mécanisme actuel, certains avancent la somme de 5'000 milliards d'euros de création de monnaie jusqu'en 2014.

Révisez vos cours sur l'inflation, vous pourriez en avoir besoin.

Commentaires

Je suis d'accord avec l'ensemble de votre propos. Les méfaits de l'inflation incontrôlée sont bien connus.

Écrit par : Franck Boizard | 23 décembre 2011

Mon commentaire précédent est lapidaire.

Le principal méfait de l'inflation n'est pas économique, il est politique : elle tue la démocratie. Quelquefois, dans mes pires cauchemars, je me demande si ce meurtre de la démocratie n'est pas le but recherché par les eurocrates.

Écrit par : Franck Boizard | 24 décembre 2011

En complément...

"Myret Zaki : comprendre les raisons de la crise"

http://rigolay.blog.24heures.ch/archive/2011/12/24/myret-zaki-comprendre-les-raisons-de-la-crise.html

Écrit par : Richard Golay | 24 décembre 2011

@Richard Golay: en "complément"? Ce n'est pas un complément, mais la version théorie du complot si chère à ceux pour qui il est impensable que des Etats se soient mis au fond du trou tout seul!

Je me rappelle bien de Myret Zaki, j'avais parlé de son dernier livre ici:

http://stephanemontabert.blog.24heures.ch/archive/2011/04/19/le-dollar-et-l-euro-vont-mourir-vive-l-or.html

Elle n'a pas changé son discours d'un iota.

Pourquoi chercher un complot là où c'est inutile? Les régimes socio-démocrates européens ont creusé leur tombe tous seuls, comme des grands, en étant incapables de gérer un budget pendant trente ans.

Mais bon, qu'elle accuse la finance apatride mondiale si ça lui chante, tout ça pour vendre quelques livres auprès d'un public avide de coupables désignés.

Et tiens, puisque vous avez jugé bon d'effacer mon commentaire sur votre blog, le revoici:

Pourquoi ne pas appeler les choses par leur nom? Ignorez-vous que M. Soros est juif? Avec le tir de barrage nourri que reçoivent en ce moment les vils spéculateurs apatrides et les banquiers, il y a quelques parallèles à tirer avec des sentiments plus anciens, et certains n'hésitent pas à surfer sur la vague.

M Golay, vous devriez examiner d'un peu plus près certaines pancartes des manifestations anti-G8 et autres Occupy. Du banquier au juif il n'y a qu'un pas, allègrement franchi.

Pour en revenir à nos moutons, cinq types qui se retrouvent à table dans un restaurant new-yorkais au vu et au su de tous, qui discutent d'opportunités d'investissement (comme ils le font tous les 2e jeudis du mois, allez savoir), et là, LA se décide l'attaque concertée et ultime contre la zone euro qui suffira à faire chuter l'Europe entière!! La vache, qu'est-ce qu'ils font le reste de la semaine?

Je suis désolé, mais c'est juste ridicule, et Myret Zaki ne sort pas grandie de telles calembredaines - pas plus que vous de les colporter.

Mais je ne vous empêche pas d'y croire, M. Golay, après tout vous êtes aussi convaincu que le 9/11 a été orchestré par George Bush... Faites-vous plaisir, et joyeux Noël.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 décembre 2011

Dans un restaurant de NY où l'on fait de très bons steaks, Georges Soros et quatre autres dirigeants de hedge funds conspirent contre l'Europe...
Myret Zaki est la seule sur cette planète à connaître ce complot et veut le faire savoir au monde. C'est beau comme du Tintin et en plus l'héroïne est une femme, ce qui cadre mieux avec les exigences culturelles actuelles.
Autrefois, les journalistes nous faisaient le complot de Bildenberg, le soir au chalet avec une fondue. Avant, il y avait le lobby militaro-industriel derrière le Vietnam. Mais aussi, "tout le monde savait" que Greenpeace avait été créée par le lobby du pétrole pour contrer le WWF, créé par les pétroliers pour lutter contre la concurrence du nucléaire...
En géologie, on connait aussi cela : les catastrophistes, adeptes de la cause unique, contre les autres, plus scientifiques, qui savent que les causes sont multiples. Il faut dire qu'au début, ceux qui tenaient la société dans leurs mains, ne connaissaient qu'un seul phénomène géologique, le Déluge. Soit dit en passant, la paléontologie est interdite en Arabie saoudite...
Ce que tout le monde sait aujourd'hui des dinosaures, c'est qu'ils auraient disparu à cause d'un astéroïde tombé au Yucatan il y a 65 millions d'années.
Mais combien sont-ils ceux qui savent que la "rapide" disparition des dinosaures a pris un million d'années et que les Mammifères ont survécu à cette catastrophe écologique ?

Écrit par : Géo | 25 décembre 2011

Vous savez très bien que les plus grand créateur de la monnaie sont les banques privé, bien plus que l'Etat.
C'est grâce à cet argent virtuel créé que la spéculation a eu lieu.
Et si les Etats n'avait pas l'obligation d'emprunter à ces banques privé, la dettes ne serait pas ce qu'elle est.
Le fond de l'histoire, est que les banques peuvent prêter avec l'argent qu'elles n'ont pas mais encaisse de vrai intérêts.
Le pb des "sociales démocraties" n'est qu'un leurre de militants d'extrêmes droite.
Si la finance était réglé sur l'économie réel, on en serait pas là.
Se concentrer sur les Etats, n'est qu'un leurre pour perdurer l'escroquerie du monde de la finance pour lequel vous travaillez probablement indirectement.
Eh oui, l'introduction de règles dans la finance serait le pire cauchemard, alors on détourne le regards sur les Etats, pour continuer la spéculation qui appauvrit les populations. Toutes vrai richesses créé est confisqué par la finance depuis des dizaines d'années.

La plus grande imbécilité est que les Etats doivent emprunter au monde privé, mais ces même banques ont l'autarisation de créer cette argent virtuel!

Concernant la politique de droite genre Reagan, c'est une plus grande plaisanterie de l'histoire de l'économie que les USA paient encore maintenant. Pas d'impôt pour créer de la richesse, qui finalement sera redistribué, quel gag !
Suffit de voir en France, baisse de la TVA pour les restaurant qui ont servi à augmenter les bénéfices et n'ont pas à créer des emplois.

Après plus de 20 ans de libéralisation et mondialisation, plus personne croit à ses vieilles théories de droite obsolètes.
A la base, ce n'était déja pas crédible, mais les politiciens ont joué la méthode coué.

Bref, attaquer les social démocratie (droite modéré, mais gauche pour vous)pour nous balancer de la vieille cuisinne d'une économie d'un autre siècle inapplicable et fausse comme l'était autant le communisme, fait sourire.

Ce qui se passe en ce moment est très positif, les Etats ont probablement compris qu'être à la merci des spéculateurs est un danger, il est temps que l'économie réel prenne sa revanche

Écrit par : roket | 25 décembre 2011

@roket: il est de bon ton d'accuser les banques commerciales de tous les maux mais elles ne sont pour rien dans la crise de la dette. Les premiers responsables sont les politiciens de toutes couleurs politiques qui se sont succédés pendant des décennies sans jamais parvenir à gérer correctement un budget.

La division entre économie financière / économie réelle est absurde (quoique répandue) et nous verrons tantôt les effets sur l'économie prétendûment réelle de l'effondrement de l'économie prétendûment financière...

La libéralisation et la mondialisation sont deux autres boucs émissaires de la crise: rien à voir, mais si pratiques à mentionner! L'Allemagne suffit à elle seule à démontrer qu'une économie et des frontières ouvertes ne sont en rien des faiblesses.

Les régimes socio-démocrates sont voués à disparaître à brève échéance parce qu'ils sont financièrement intenables, et rien d'autre. Les imprécations n'y changeront pas grand-chose.

Écrit par : Stéphane Montabert | 25 décembre 2011

Je n'arrive pas à vous suivre sur tous les points, mais en ce qui concerne les régime socio-démocrates, il est vrai qu'à plus ou moins brève échéance ils sont intenables financièrement quoi que l'on dise ou que l'on fasse...

Écrit par : Jean-François Chappuis | 25 décembre 2011

Monsieur de Montabert,

Vous avez parfaitement raison!

"Les régimes socio-démocrates sont voués à disparaître à brève échéance parce qu'ils sont financièrement intenables, et rien d'autre."

J'irais même plus loin que vous: ces gens de gauche, on devrait tous les pendre haut et court.
Le meilleur exemple de leur incurie crasse reste le gouvernement français avec son équipe de socio-démocrates dévoyés et le cryptocommuniste Nicolas Sarkozy à sa tête.

Écrit par : Baptiste Kapp | 26 décembre 2011

@Baptiste Kapp: tant que vous analyserez le monde politique selon un axe gauche-droite totalement éculé, vous ne risquerez pas de comprendre.

Essayez l'angle étatisme / libéralisme, il vous apprendra deux trois trucs. Par exemple, qu'il y a foule de socialistes à droite aussi. La France en est l'exemple le plus criant, et M. Sarkozy son plus illustre représentant.

Quant à vouloir pendre les gens, c'est une manie?

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 décembre 2011

"J'irais même plus loin que vous: ces gens de gauche, on devrait tous les pendre haut et court."

Monsieur Baptiste Kapp,

Au même titre que Monsieur Montabert vous avez la liberté de vous exprimer. J'en veux pour preuve la phrase ci-dessus.

Maintenant il est certain que vous êtes une personne haineuse envers les personnes qui n'ont pas le même avis que vous et vous voulez la mort de ces derniers.

Je suis outré de vos propos appelant à de telles extrémités. Vous pouvez vous donner la main avec l'extrémiste Norvégien qui est passé aux actes. Monsieur, vous êtes un minable et un poison pour les démocraties.

Écrit par : pensif | 27 décembre 2011

Voilà un discours étonnant ou détonnant! Étatisme ou libéralisme!

Quel magnifique bipôle. Dommage que pour les libéralistes, ce bipôle soit à géométrie variable, très variable.
Le libéralisme lorsque tout va bien, l'étatisme quand tout va mal... Je n'ai pas besoin de développer l'exemple UBS, j'imagine! Même si, dans vos rangs, le principe n'a pas été aussi fortement défendu que par vos nouveaux-anciens-nouveaux alliés politiques du PLR.
Et puis, est-ce vous ou moi qui ait parlé de "socio-démocrates" et qui dans d'autres billets dit:

"Passant sur les péripéties de ce matin, l'UDC va peut-être devoir s'ouvrir à son allié traditionnel, le PLR, pour arriver ensemble à former la base d'une future majorité de droite ou de centre-droit."

Je vous retourne le compliment: tant que vous analyserez le monde politique selon un axe gauche-droite totalement éculé, vous ne risquerez pas de comprendre...
... Et vous, vous êtes politiciens, ce que je ne suis pas. Je devrais même utiliser le terme de "politicard", car dire une chose et plus tard son contraire simplement par facilité, afin d'escamoter le débat, cela ne mérite pas le terme de politicien
Ou alors, vous nous confirmez que dans un de vos précédents billets, là où vous aviez écrit "droite" et "centre-droite" vous vous étiez totalement gouré.
Mais, je vous en prie, faites-le par écrit, même si vous avez la langue bien PENDUE!

Écrit par : Baptiste Kapp | 27 décembre 2011

@Baptiste Kapp: Il n'a jamais été interdit de penser ni de parler en termes de droite et de gauche, il est juste erroné, à mon sens, de s'arrêter à ces termes. Ils recouvrent d'autant moins des absolus qu'il y a nombre d'étatistes/socialistes/collectivistes dans les rangs de ce qu'on appelle la "droite". Il y a aussi pour mémoire des individualistes/libéraux/défenseurs des libertés individuelles dans les rangs de la "gauche".

Je pense que vous le saviez déjà mais que, pour des raisons qui ne regardent que vous, vous vous évertuez à chercher la petite bête en donnant la fausse impression de ne rien comprendre.

Ensuite, ne me prêtez pas des propos que je n'ai jamais tenus sur l'affaire UBS ou que sais-je encore.

Finalement, merci de centrer vos commentaires sur la politique économique de la Banque Centrale Européenne.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 décembre 2011

"selon un axe gauche-droite totalement éculé,"
C'est vrai que parfois on peut se demander comment certains fonctionnent. Comme ce candidat républicain aux USA qui réclament l'écolage gratuit pour les enfants de clandestins...Je ne porte pas de jugement sur son idée, mais je ne suis pas sûr qu'il soit choisi pour combattre Obama avec des idées plus à gauche que celui-ci...
Maintenant, on peut se dire qu'il y a une droite libérale internationaliste et surtout atlantiste, anti-nationale, dont Sarkozy l'Américain est le représentant le plus connu, ce n'est pas Marine Le Pen qui viendra dire le contraire. Cette droite a les mêmes intérêts que la gauche du parti des fonctionnaires et se retrouve sur la défense des immigrés, zone grise du marché du travail qui permet d'exercer une forte pression sur les salaires du travail à la production. Ce qui prouve que le parti des fonctionnaires ne défend pas les intérêts de la classe ouvrière et qui explique pourquoi celle-ci votera FN en France, UDC en Suisse. La gauche socialiste des bobos et des fonctionnaires défend l'immigration sur des critères à la fois idéologiques (les bobos "xénophiles et humanistes", en façade tout au moins...) et d'intérêt : un socialiste vit du social. Tous ces immigrés représentent des emplois pour les socio-trucs, les psy-machins, les assistantes sociales mal-baisées, les infirmières humanitaires frustrées, les délégués de la Raide Crosse en manque, les journalistes qui se prennent pour Joseph Kessel, les curés issus du maoïsme, les maos issus de l'église, et je vous laisse continuer la liste selon votre expérience du terrain.
Il est donc parfaitement clair qu'à la vision UMPS de la France correspond le marigot rad/soc de la Suisse. Et au vu des ratés de l'UDC, qui étaient vraiment prévisibles au vu de ce que nous montraient les idéologues de Zurich et leurs affiches au graphisme des années 30, on en arrive à une conclusion et une seule : il faut ressusciter le parti libéral, lutter contre la fusion avec les rats radicaux alliés secrètement aux socialistes.
Que viva Suzette Sandoz !

Écrit par : Géo | 27 décembre 2011

Monsieur [Montabert, merci],

Vous êtes bien restrictif pour un homme qui vient d'écrire:
"Les vannes sont ouvertes"

Et puis, même un politicien devrait avoir un certain sens de l'humour!... Sauf Madame Calmy-Rey, bien entendu... Je n'ose plus dire femme de gauche, c'est totalement éculé et même si ce ne l'était point, il est vrai qu'elle n'est plus vraiment de gauche... Comme tout socialiste qui sort du CF, mais j'admets qu'elle n'est pas encore engagée au CA d'Implenia.

Monsieur Pensif,

J'imagine que vos propos sont de premier degré, je suis donc haineux!
Les miens étaient de second degré, je m'en excuse platement! Je ne m'étais pas imaginé que quiconque puisse le prendre au premier degré. Mais vous êtes déjà le deuxième et il doit y en avoir d'autres...
Pour ne pas l'avoir compris, soit vous lisez un de mes commentaires pour la première fois, soit vous êtes comme la dame citée ci-dessus ou comme Monsieur [Montabert, merci encore] sans aucun humour.

Écrit par : Baptiste Kapp | 27 décembre 2011

"vous lisez un de mes commentaires pour la première fois,"
C'est pour cela qu'il ne faut pas changer de pseudo comme de chemise, Père Siffleur...

Écrit par : Géo | 27 décembre 2011

«Maintenant, il serait temps de se réveiller. Il n'y a plus de droite et plus de gauche, mais une caste qui a une vision financière, mondialiste et cosmopolite du monde. Pour eux, le monde n'a pas de frontières, parce que l'argent ne doit pas avoir de frontières. Et puis, il y a un peuple qu'on méprise, qu'on ringardise, qui lui n'est pas raciste, n'est pas xénophobe, mais a un horizon national. Ce n'est pas du repli. Ce n'est pas du nationalisme, c'est pouvoir se sentir encore un peu, connement, chez soi!»

C'est de Gilbert Collard

Écrit par : petard | 28 décembre 2011

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