20 janvier 2012

De la régression intellectuelle

On peut être à la fois bref et constructif. Le petit opuscule de Philippe Nemo, la Régression Intellectuelle de la France, nous en donne la preuve en dressant une analyse très pertinente de la situation du débat d'idées dans l'Hexagone.


regression.jpgLes médias ont tenu une place centrale dans cette dégénérescence. Pendant longtemps, une forme de pluralisme prévalait, plus au travers de l'équilibre des luttes d'influence que de la liberté d'expression. Au temps du Gaullisme, la gauche avait déjà noyauté la plupart des rédactions de la presse écrite grâce à l'action des syndicats du livre et de la distribution, mais quelques personnalités solidement à droite subsistaient à la radio ou à la télévision, notamment parce que ces secteurs étaient directement contrôlés par l'Etat.

Le fragile rapport de force s'effondra en 1981 lorsque la France passa "de l'ombre à la lumière" avec l'élection de François Mitterrand. Sous la direction du nouveau Président de la République, la gauche socialo-communiste eut tôt fait de placer ses hommes à tous les postes clés des médias gouvernementaux, entraînant par le recrutement de collaborateurs une "épuration" rapide des derniers bastions du pluralisme.

Le rythme des changements devint alors plus rapide, et toucha la sphère légale. Après un premier ballon d'essai avec la Loi Pleven de 1972, la loi française sur la presse (remontant à 1881!) se vit encadrée, complétée et pour tout dire dénaturée par des textes législatifs de plus en plus nombreux: loi Gayssot, lois "mémorielles", Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) et plusieurs modifications du code pénal.

Bien que ces restrictions de la liberté d'expression puissent paraître anodines, leur effet est aussi pervers qu'étendu. Philippe Nemo montre, exemples tirés de la jurisprudence à l'appui, comment ces lois volontairement ambigües dans leur énoncé ("l'homophobie", par exemple, est condamnable, mais il n'en existe aucune définition légale!) ne punissent plus les paroles, mais les pensées. De même, celles-ci ne peuvent être examinées en procès que par l'intermédiaire de juges chargés de traquer et de condamner les déviants, comme de nouveaux inquisiteurs.

Il n'est pas besoin de punir tout le monde. La criminalisation du discours repousse les thèses controversées hors de la sphère publique; l'auto-censure des jeunes professionnels fait le reste. Aucun étudiant en journalisme n'aura la moindre chance de décrocher un simple job de pigiste s'il a le malheur d'exprimer une opinion s'écartant de la norme, même en privé, si celle-ci parvient aux oreilles de son employeur.

Après des décennies le long de ce chemin, le résultat est là: un spectaculaire affaiblissement du débat intellectuel. Le terme de régression n'est pas trop fort. Comme l'explique Philippe Nemo:

Ce qui frappe en effet dans la police des idées qui a été mise en place depuis quelques années en France, c'est son caractère crypto-religieux. Aux personnes qui énoncent des faits et arguments au sujet de l'immigration, des moeurs familiales et sexuelles, de l'école, de la sécurité, de la politique pénale, des politiques sociales, de la fiscalité, etc., n'allant pas dans le sens de l'orthodoxie régnante, on n'oppose pas d'autres faits ou d'autres arguments, mais une fin de non-recevoir. On ne veut pas discuter avec elles, on veut qu'elles disparaissent purement et simplement de l'espace public. On veut que la société soit purifée de leur présence.

 

Le débat argumenté a disparu du paysage. On ne trie plus les idées selon les critères du vrai et du faux, mais du pur et de l'impur. L'utilisation toujours plus fréquente de qualificatifs comme "nauséabond" sur les thèses dérangeantes illustre littéralement cette nouvelle hiérarchie.

Evidemment, après des années de ce régime abrutissant, la masse des tenants du dogme n'est même plus capable d'argumenter. L'anathème n'est pas seulement devenu un moyen commode d'éliminer les contradicteurs, c'est désormais leur seule réponse.

Et ailleurs?

Le seul reproche que l'on puisse faire à Philippe Nemo est d'avoir centré son essai exclusivement sur la France. Cela ne lui enlève aucun mérite - il faut bien tracer un périmètre - mais risque de laisser l'impression erronée que seul l'Hexagone est sujet à cette régression intellectuelle. Or, le phénomène traverse largement le continent européen.

En Autriche, Elisabeth Sabaditsch-Wolff a été condamnée pour blasphème en 2011 - un délit que l'on croirait directement surgi du Moyen-âge. La jeune femme a eu l'audace de qualifier Mahomet de pédophile, alors que selon les textes musulmans il aurait épousé une fillette de six ans et "consommé son mariage" alors qu'elle en avait neuf. Mme Sabaditsch-Wolf eut aussi le mauvais goût de pointer du doigt les passages du coran autorisant un homme à battre sa femme...

Wilders.jpgAux Pays-Bas, Geert Wilders subit deux ans de procès sous l'accusation "d'incitation à la haine raciale" à cause de son film "Fitna" et sa proposition d'interdire le coran, qu'il assimile à Mein Kampf. Il fut finalement relaxé, suite notamment aux nombreux éléments faisant étalage d'un biais partisan des juges, qui rendirent le procès intenable.

Il ne s'agit pas de défendre aveuglément les positions tenues par ces gens mais, qu'on soit pour ou contre, de se poser franchement la question: pourquoi leurs opinions devraient-elles être interdites?

La Suisse n'est pas en reste. Suivant fidèlement l'influence de son grand voisin, elle s'est doté de divers outils réduisant la liberté d'expression, comme la norme pénale contre la discrimination raciale:

Celui qui, publiquement, aura incité à la haine ou à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance raciale, ethnique ou religieuse (...) sera puni d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire.

 

Contrairement à la situation française décrite par Philippe Nemo, certains garde-fous semblent présents, comme la mention du terme publiquement. On trouve même des explications et des questions-réponses, mais celles-ci achèvent de jeter le lecteur dans la perplexité. On y lit en effet "qu'il n’est pas important que l’hostilité se traduise par des actes" : nous sommes donc bien dans le délit d'opinion. La pratique des tribunaux précise quant à elle que l'infraction est poursuivie d'office. Outre le fait que cette caractéristique concerne d'habitude les crimes graves comme le viol ou le meurtre, ce qui en dit long sur la hiérarchie des valeurs des auteurs de la norme, elle signifie que la justice se met en branle dès qu'une telle affaire lui est rapportée par quiconque estimant avoir eu vent de propos punissables.

Les autorités sont systématiquement tenues de vérifier les faits et d'entamer des poursuites judiciaires le cas échéant: on imagine la pression amicale pouvant s'exercer sur le simple quidam convoqué par la police. Nulle mention n'est faite d'une conséquence pour dénonciation abusive. Le plaignant - délateur serait-il plus correct? - n'a même pas besoin d'être le témoin direct des propos litigieux.

Le but de la norme pénale est répété à de nombreuses reprises: empêcher la propagation d’idéologies "racistes" entre "personnes qui ne se connaissent pas", c'est-à-dire, hors du cercle des connaissances. Autrement dit, dans la sphère du débat public. S'il n'est pas encore interdit d'exprimer des avis dérangeants dans le cercle de ses connaissances ni de les penser, de telles opinions sont repoussées dans le domaine underground des forums de discussion ou du tissu associatif.

Même dans une vieille démocratie comme la Suisse, la première étape du contrôle de la liberté d'expression est fermement en place.

Renouveau ou effondrement?

"Si tous n'en mouraient pas, tous étaient frappés", pourrait-on dire. Aucune population d'Europe n'a jamais bénéficié d'une liberté d'expression aussi explicite et inattaquable que celle procurée par le Premier Amendement aux Américains; cette carence devient chaque jour plus flagrante. Légale ou sociale, la censure affecte la société entière, provoquant ostracisme, mises au pilori et tout une gamme de réactions aussi violentes qu'instinctives. On ne s'attaque plus aux idées mais aux hommes. Si de rares esprits astucieux parviennent habilement à contourner les règles de ce jeu hypocrite, un lent abrutissement guette la majorité, y compris dans les milieux dits "intellectuels."

La censure du discours, puis de l'esprit, peut-elle réussir? L'interdit du langage peut-il finalement changer la façon de penser des gens? Sans doute ces lois façonnent-elles les sociétés sur lesquelles elles s'appliquent. L'exemple français saute aux yeux, avec ses débats politiques surréalistes où deux contradicteurs réussissent à esquiver le parler vrai pour s'abîmer pendant des heures dans des slogans creux et la langue de bois. Mais il y a encore du chemin avant un changement réel au sein de la population, qui n'en "pense pas moins". L'expérience de pays totalitaires comme l'Allemagne de l'Est nous montre que même sous un régime où une police politique a poussé très loin le contrôle de la pensée, la résistance subsiste toujours, allant de la dissidence à la simple ironie. Ce qui ne veut pas dire non plus que les tabous ne laissent pas de traces.

WorstPartCensorship.jpgSelon moi, le meilleur remède à l'abrutissement intellectuel vient justement de l'ouverture de nos sociétés occidentales. Même si le contrôle de la liberté d'expression est répandu, il diffère d'un lieu à l'autre. Ce qui provoquera un tollé en Allemagne sera peut-être tout à fait acceptable en Italie. Au sein des pays de langue française, les sujets qui se discutent ouvertement en Suisse romande sont assurément différents des propos possibles en France (souvent à la grande surprise du visiteur de passage) et divergent certainement de ce que l'on peut dire en Afrique francophone.

Internet est une autre réponse, ce qui explique d'ailleurs les innombrables tentatives de censure de ce médium. On pourra opposer qu'Internet n'est qu'un espace artificiel où existent les mêmes barrières entre les publications établies et l'espace semi-privé des forums, les premiers tenant le haut du pavé. C'est exact mais cela devient de moins en moins vrai au cours du temps; la déliquescence continue des médias traditionnels et la montée en puissance de sites d'information libre comme Contrepoints montre la réalité de la demande.

L'espoir est donc permis.

Commentaires

La régression mentale pain béni des mouvances sectaires et j'en profite pour signaler l'excellent article lu hier dans l'Express neuchatelois :une Secte nouvelle arrose les bibliothèques.La Schurch of latter-day Saints n'hésitant pas à distribuer dans des lieux ou vont régulièrement des enfants et des étudiants.Pour ceux ayant conservé le vécu après guerre dans leu mémoire,on s'y croirait presque .fallait-il vraiment avoir fait tout ce chemin pour réaliser qu'il suffit d'un voire deux gouvernants pour se retrouver plongés dans une époque qu'on espérait ne plus revivre.Aussi nombreux sont-ceux regrettant amèrement le temps du Général De Gaulle,lui au moins ainsi que beaucoup d'autres voyait clair dans le jeu de ses ennemis tout comme notre Général Guisan

Écrit par : lovsmeralda | 21 janvier 2012

La régression intellectuelle en France comme issue de la politique culturelle de Mitterrand, c'est la pure vérité, qu'on ne reconnaît pas assez. J'en ai parlé ici: http://remimogenet.blog.tdg.ch/archive/2011/06/08/fb63eda73d6d0ba71b7a55d979a4e95a.html

Écrit par : Rémi Mogenet | 21 janvier 2012

Je ne viendrai que sur une chose.
Vous reprochez de voir le traitement de l'incitation à la haine raciale, même sans passage à l'acte, au même niveau que le viol ou le meurtre, car poursuivi d'office.
Alors que votre souhaite que l'on mette au même niveau les abus de l'aide sociale avec le viol et le meurtre, mais pour les étrangers bien évidemment seulement.
Donc, en faisant la synthèse de cela, pour vous, il est moins grave de faire de la discrimination et d'inciter à la haine, que de frauder les assurances sociale...

En effet, c'est un bien curieux mode de pensée

Écrit par : lefredo | 24 janvier 2012

"L'utilisation toujours plus fréquente de qualificatifs comme "nauséabond" sur les thèses dérangeantes...etc"

Très bien vu. Si les cons n'ont plus de problèmes mais des soucis, chaque invité présenté comme intellectuel dans différentes émissions sur la RSR1 utilisent la formulation "donc voilà" ou "alors voilà" à la fin de chacune de leurs assertions. Plus besoin d'arguments...
Ce phénomène de régression intellectuelle en France est sur-multiplié en Suisse romande, notre "intelligentsia" (!?!) s'efforçant de copier sans le moindre esprit critique ce qui se passe chez le grand voisin. Connerie en France, connerie au carré à Genève ou Lausanne...
Prenez la peine de lire les conneries de Christophe Gallaz dans le Matin-dimanche, ne serait-ce que pour vous donner une idée de l'Infini de l'Univers (selon la formule d'Einstein)...
David Laufer était aussi pas mal dans le genre.
PS. Avec Ziegler, Blocher et sûrement d'autres. Quel psypsy va faire une thèse sur le destin tragique des fils de pasteur ? Tous ceux que j'ai rencontré se sont suicidé, ont essayé de le faire ou ont mal tourné d'une façon ou d'une autre...

Écrit par : Géo | 25 janvier 2012

Ce billet étant cité et commenté par ailleurs, certains lecteurs ne voient pas toujours le rapport entre l'interdiction de s'exprimer sur certains sujets (qui, il faut le dire, ne sont pas abordés en permanence) et le phénomène général de la régression intellectuelle.

Il faut comprendre que le mécanisme fonctionne à divers niveaux et que la régression intellectuelle s'instaure progressivement. Voici un éclaircissement avec quelques descriptions colorées.

● Niveau 1: « Le diable! Le démon! ».
Criminalisation du discours / de la pensée. Ecarte du débat public certaines positions intellectuelles définies comme extrémistes (racistes/antisémites/xénophobes/révisionnistes, etc), jette ceux qui les tiennent en prison ou les soumet à une forte amende. Les exemples de personnalités traînées en justice ont tôt fait de calmer les ardeurs des quelques défenseurs de la liberté d'expression, que les censeurs n'hésitent pas à présenter comme complices des premiers.

Les thèmes bannis sont qualifiés de « sulfureux » (c’est-à-dire, littéralement, diaboliques) et les autorités font accepter la censure en insistant sur le fait qu'aucun esprit sensé ne saurait ouvrir une discussion sur pareil sujet.

● Niveau 2: « On ne transige pas avec le diable ».
Filtrage du discours / de la pensée. Non seulement certaines opinions sont taboues et/ou criminelles, mais défendre en public qu’elles ne ne devraient pas l’être devient socialement inacceptable.

Un journaliste qui affirmerait, non pas que « les prisons sont remplies de Maghrébins », mais seulement qu’il devrait être possible de débattre rationnellement en public sur l'affirmation « les prisons sont remplies de Maghrébins », ne serait-ce que pour savoir si elle est vraie ou fausse, se verra promptement réduit à l'état de paria.

Evoquer un tel sujet rappellera immanquablement les « heures sombres de notre histoire », sera qualifié de « dérapage », etc. Remettre en question la restriction de la liberté d'expression sera en soi la marque évidente d'une perversion, de quelqu'un ayant quelque sourde attirance pour les sujets tabous.

● Niveau 3: « Nous sommes Purs, seuls les Purs sont avec nous, aucun Impur ne saurait se joindre à nous. »
Le milieu professionnel est expurgé de tout déviant. Ne restent en place et ne sont recrutés que des candidats scrupuleusement en accord avec la doxa officielle. Exprimer une forme de dissidence contre le politiquement correct en public équivaut à un suicide professionnel (exemple français: Eric Zemmour). Exprimer une divergence en privé revient à prendre un gros, gros risque.

Evidemment, à ce stade il n’y a plus aucun débat d’idée possible, et on comprend même pourquoi les gens quittent la pièce face à une opinion dangereuse: ne pas le faire reviendrait à consentir à l’ignominie. Le rejet est motivé autant par le refus que par la peur et la pression des pairs. Pour la même raison, aucun professionnel ne veut prendre le risque de recruter le moindre individu idéologiquement incertain dans son équipe.

Sans débat contradictoire, sans affrontement verbal en toute liberté, la paresse intellectuelle s’installe. Il en va du monopole des idées comme de tout monopole.

Sans avoir jamais défendu de thèse controversée eux-mêmes, les journalistes et intellectuels qui ne sont pas à gauche (comme un Philippe Barraud) sont rejetés des médias mainstream aux niveaux 2 et 3.

Un libéral comme Jean-François Revel n’aurait jamais trouvé un boulot de journaliste en France aujourd’hui.

Le processus de filtrage décrit ci-dessus s’applique à bien des domaines; il vaut autant pour des opinions politiques dans la sphère médiatique que pour le doute face au réchauffement climatique dans le domaine scientifique.

Écrit par : Stéphane Montabert | 25 janvier 2012

"Pour vous, il est moins grave de faire de la discrimination et d'inciter à la haine, que de frauder les assurances sociales..."

C'est évident. La discrimination est une bonne chose. La discrimination est une vertu. C'est le signe de l'homme sage depuis la nuit des temps. Ce n'est que depuis 1970 environ que "discrimination" est devenu synonyme de "nazisme" ou "crime épouvantable".

Inciter à la haine n'est pas grave. Encourager quelqu'un d'autre à adopter un sentiment quel qu'il soit est quelque chose de parfaitement inoffensif, et qui en tous cas ne regarde certainement pas les tribunaux. D'ailleurs personne n'incite à la haine, sauf les musulmans, les gauchistes et certains immigrants de mauvaise foi et de mauvaise moeurs.

"Inciter à la haine" est une expression codée de la propagande politiquement correcte pour dire : s'opposer à l'immigration de masse dans les pays occidentaux.

C'est exactement l'équivalent d'accusations telles que "activités anti-sociales", qui conduisaient droit au goulag en régime communiste.

En revanche, la fraude aux allocations sociales est un vrai délit, puisqu'il s'agit d'un vol. D'ailleurs, il est tout à fait inconséquent de la part des gauchistes de réclamer l'impunité pour la fraude aux allocations sociales. En URSS, l'équivalent s'appelait "vol des biens de l'Etat", et c'était un crime puni de mort.

Écrit par : Robert Marchenoir | 25 janvier 2012

@ Marchenoir,

Surtout que la haine raciale est acceptée sans problème par cette police ( ou plutôt KGB ) de la pensée que quand ce sont les blancs de surcroît occidentaux qui sont visés par les autres races de couleur ou ethnique.

@ Montabert,

Les anti-racistes cultivent un racisme pour mieux le dénoncer après. Ils cherchent tout ce qui peut avoir une connotation quelconque de racisme. L'exemple des moutons noirs.

Il y a même eu des abruti à la même époque des affiches des moutons noirs qui ont trouvé du racisme lorsque que la confédération avait fait une campagne d'affichage contre le travail au noir. Ces bien-pensants n'ont pas mieux trouvé que cela stigmatisaient la communauté noire. Même notre marxiste Julien Sansonnens trouvait qu'ils allaient trop loin.

Effectivement la question se pose. Peut encore débattre aujourd'hui de tout?

Écrit par : D.J | 25 janvier 2012

"Il y a même eu des abrutis à la même époque des affiches des moutons noirs qui ont trouvé du racisme lorsque que la confédération avait fait une campagne d'affichage contre le travail au noir." (D.J.)

Une anecdotes rigolote (et authentique) à ce sujet. En 1995 (déjà...) un quotidien américain publie un rectificatif. Un article précédent avait dit de façon erronée que les nouveaux impôts récemment décidés devraient permettre au budget de tel Etat de revenir "back in the African-American". Il fallait lire en réalité : "back in the black". Autrement dit, de nouveau à l'équilibre.

[Note de Stéphane Montabert: En Français, on écrirait "de retour dans les chiffres noirs", par opposition aux chiffres négatifs traditionnellement écrits en rouge dans les bilans comptables.]

L'anecdote est fascinante parce qu'elle révèle qu'un correcteur a relu le texte, a vu le mot "black", et a pris la décision consciente, réfléchie et "anti-raciste" de le remplacer par "African-American". Il est naturellement exclu qu'un journaliste ait spontanément écrit, en premier jet, "back in the African-American", ce qui ne veut rien dire.

A la rigueur, il est possible que l'auteur ou le correcteur se soit aidé d'un logiciel de correction orthographique mal conçu et stupidement utilisé ; mais cela implique qu'il ait accepté une proposition idiote, ce qui ne vaut gère mieux.

Écrit par : Robert Marchenoir | 27 janvier 2012

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