12 février 2012

Libéralisme hors-sol

Sur le départ, le président du Parti Libéral-Radical suisse Fulvio Pelli a fait son autocritique - un exercice relativement difficile, et vraisemblablement raté.

Je suis libéral. Cette conviction profonde, aboutissement d'un cheminement personnel, est très antérieure à mon adhésion à un parti politique suisse. Mais elle me pousse naturellement à suivre ce qui se passe dans les rangs du Parti Libéral-Radical.

On peut se demander: que fait un libéral à l'Union Démocratique du Centre? Poser cette question montre un manque de compréhension des valeurs réelles sous-jacentes à chaque formation politique, tant l'UDC que l'actuel PLR. Mais comme cet aspect des choses est central pour notre compréhension, il faut procéder à un développement.

udc.jpgSi on devait vraiment la réduire en deux mots, l'UDC est un parti libéral-conservateur. Libéral sur le plan de la responsabilité individuelle et de l'économie, conservateur sur le plan de la société, par respect des traditions et du mode de vie helvétique prévalant jusqu'à une époque relativement récente.

Lors de ma toute première rencontre officielle dans le parti, la traditionnelle soirée pour les nouveaux membres, je me suis présenté de but en blanc: "Stéphane Montabert, politiquement libéral, nouveau membre UDC." Je me demandais si une telle annonce n'allait pas provoquer quelques haussements de sourcils. Il n'y eu rien de tout cela. Non seulement je fus parfaitement accueilli et accepté, mais surtout, je découvrais vite que j'étais loin d'être seul. Bien d'autres membres, élus et cadres de l'UDC partageaient les mêmes valeurs que moi.

Alors, l'UDC, un vivier de libéraux? C'est aller un peu vite en besogne. L'UDC compte dans ses rangs de solides conservateurs, et on pourra même dénicher des socio-démocrates, hélas, sans se donner trop de peine. Un mouvement tel que l'UDC ne saurait être monolithique, ne serait-ce qu'à cause de sa taille. Mais même eux peuvent être amenés à épouser un certain degré de libéralisme, par simple utilitarisme. Et il y a à l'interne une forte proportion de libéraux, des gens qui ont estimé, comme moi, que la défense de l'éthique libérale était mieux défendue par l'UDC qu'à travers n'importe quel autre parti.

On peut évidemment se semander pourquoi ces "dissidents" ne sont pas dans le giron du parti libéral officiel. Ce qui nous amène à nous y intéresser d'un peu plus près.

Pour commencer, la dénomination du parti libéral est Parti Libéral-Radical, et ce n'est pas pour rien. Dans libéral-radical, il y a libéral, mais surtout radical; ceux qui s'intéressent à l'histoire politique suisse ne peuvent que s'étonner de la fusion récente de deux mouvements aux valeurs aussi antagonistes. Comme le mentionne Wikipedia:

Le PRD a été le parti le plus important de Suisse et représentait l'exclusivité du Conseil fédéral jusqu'en 1892. La construction de la Suisse moderne doit beaucoup au PRD, qui était alors situé à la gauche de l'échiquier politique (d'où son nom de radical). D'autres partis, tels que le Parti socialiste se sont positionnés plus à gauche que le parti radical, qui est de ce fait devenu un parti de droite.

 

Oui, les libéraux helvétiques ont choisi entre 2005 et 2009 de s'unir avec des radicaux considérés comme "héritiers de la gauche anticléricale et jacobine des libéraux de 1830" et nostalgiques de la vision de République Helvétique voulue en son temps par Napoléon. Certes, tout ceci remonte à deux siècles, mais quelques valeurs cardinales du radicalisme sont restées bien vivaces, comme le centralisme et l'étatisme, foncièrement opposés au fédéralisme et au principe libéral de subsidiarité.

Les libéraux n'ont pas accepté ce mariage de la carpe et du lapin que pour de basses raisons électoralistes ; la démarche d'un mouvement en perte de vitesse a été rendue d'autant plus facile qu'ils se sont eux-mêmes singulièrement éloignés des principes libéraux classiques, forçant certains d'entre eux à prendre le maquis. Même s'ils le prétendent encore parfois, ils ne sont plus guère les défenseurs des entrepreneurs et des PME (qui se tournent en masse vers l'UDC) mais ceux des banquiers de l'establishment et des grandes entreprises, le "capitalisme de connivence", la même alliance malsaine entre administrateurs et politiciens qui ronge bien d'autres pays occidentaux.

Pendant des décennies, l'appartenance à la famille radicale était pratiquement un choix professionnel: être cadre du parti était la marque d'appartenance à une certaine élite, un marchepied permettant d'intégrer un siège confortable dans un conseil d'administration de grande entreprise. Cette position d'antichambre du pouvoir économique a amené nombre d'affairistes et d'ambitieux à faire carrière au sein du parti - avec des convictions politiques plus que discutables.

Logo-kreuz-PRD-les-Radicaux.jpgFinalement, les deux composantes de la fusion ne sont, de loin, pas de force égale: les radicaux écrasent les libéraux à l'interne et dans les rouages du parti. Seules les sections "jeunes" laissent un peu plus d'oxygène aux défenseurs de la liberté.

C'est ainsi que le PLR en est devenu à tenir des positions invraisemblables de naïveté et complètement à contre-courant du libéralisme, comme l'adhésion à l'Union Européenne (un ensemble supra-national antidémocratique et bureaucratique) ou le refus du renvoi des criminels étrangers (au nom d'une doctrine universaliste faisant fi de la réalité).

Au sein du PLR, les traditions helvétiques de neutralité, d'indépendance et de démocratie directe sont perçues comme un héritage désuet, quand elles ne sont pas ouvertement combattues.

Pour ceux qui s'intéressent aux médias suisses, il y a à peu près autant d'écart entre le libéralisme authentique et le libéralisme sauce PLR qu'il y en a entre le magazine Bilan sous la direction d'Olivier Toublan (ou sa version alémanique) et ce qu'il est devenu sous la plume d'un Stéphane Benoit-Godet et d'une Myret Zaki... Rien d'étonnant donc à ce qu'un Fathi Derder, émanation journalistique romande portant sa médaille anti-UDC en sautoir, en devienne l'ambassadeur à Berne.

Sachant tout cela, choisir l'UDC n'a rien d'un crève-coeur pour un libéral. Les piques partisanes de certains membres du PLR font sourire, mais montrent aussi que les membres de ce parti, à supposer qu'ils soient eux-mêmes libéraux, semblent bien peu capables d'appréhender la puissance des forces libérales au sein de l'Union Démocratique du Centre - un manque de discernement qui résonne comme une parodie de ce qu'ils reprochent à l'UDC.

Cela allait-il changer avec "l'autocritique" de Fulvio Pelli? C'était en attendre beaucoup. Le président sur le départ d'un agrégat sur le déclin s'est contenté d'un mea culpa du bout des lèvres; s'il a vilipendé "les excès de l'économie" trop vite couverts par le parti - quelle audace! - il regrette le virage tardif en faveur de l'écologie  (parce que retourner sa veste sur le nucléaire après Fukushima n'a rien à voir avec de l'opportunisme...) et bien sûr, dénonce le "populisme" des autres partis, en se gardant bien d'en donner la définition.

Ce n'est que si le PLR atteint à nouveau une part d'électeurs de 20% ces prochaines années qu'il pourra remettre à leur place les ennemis d'une Suisse libérale: "Pour cela, nous devons porter le feu libéral vers les gens de ce pays", estime Fulvio Pelli.

 

Le PLR à 20%? On risque d'attendre longtemps. Quand au "feu libéral" porté par M. Pelli, il risque de ne pas réchauffer grand-monde...

Tous les partis politiques suisses sont traversés par des courants, et le PLR ne fait pas exception. Mais l'incarnation actuelle du grand vieux parti est peut-être plus fragile que n'importe quelle autre. Les tensions sont vives entre des philosophies libérales et radicales diamétralement opposés. Bien sûr, les échecs électoraux successifs n'arrangent rien. Mais il est difficile de convaincre les électeurs quand la moindre discussion profonde à l'interne risque de dégénérer en divorce. On en est réduit à aligner des lieux communs, dans la plus banale superficialité, et son président nous en a malheureusement gratifié d'un dernier exemple.

Personne ne sait de quoi l'avenir sera fait, mais il faudra encore du chemin avant que le PLR ne soit le siège d'un réveil du libéralisme, à supposer que cela survienne un jour.

En attendant, l'indépendance et la neutralité helvétiques, la souveraineté populaire, la baisse des impôts, la gestion saine des deniers publics, l'attention sur les fonctions régaliennes de l'Etat et la défense du fédéralisme n'ont jamais été aussi bien défendus que par l'UDC. Qu'on s'en réjouisse ou qu'on le regrette, c'est un fait.

J'ai une certaine affection pour mes collègues de pensée dans les rangs du PLR, mais j'estime pourtant que place des libéraux est au sein de l'UDC. J'étais parvenu à cette conclusion il y a plusieurs années déjà, et je n'ai jamais eu à le regretter.

Commentaires

Le programme de l'UDC est typiquement un programme libéral-conservateur.

Cependant, vous dites : "Le PLR n'est plus guère le défenseur des entrepreneurs et des PME (qui se tournent en masse vers l'UDC) mais celui des banquiers de l'establishment et des grandes entreprises, le "capitalisme de connivence", la même alliance malsaine entre administrateurs et politiciens qui ronge bien d'autres pays occidentaux."

N'est-ce pas Oskar Freysinger lui-même qui mettait l'accent sur la divergence existant au sein de l'UDC entre une branche libérale-conservatrice, proche des entrepreneurs et des PME justement, et une branche "capitaliste de connivence", précisément caractérisée par des relations incestueuses entre les grandes entreprises et l'administration ? Branche qui serait représentée par Christoph Blocher ?

Écrit par : Robert Marchenoir | 12 février 2012

@Robert Marchenoir: un petit lien aurait peut-être été judicieux!

L'exemple de M. Blocher n'est pas approprié, car en vrai entrepreneur il a lui-même mené son entreprise EMS-Chemie de modeste PME à géant de stature européenne. Il n'est de loin pas le seul "grand patron" à l'UDC mais, c'est vrai, tous n'ont pas en effet les mêmes priorités entre mandat politique et objectifs d'entreprise.

Prenons l'UDC Peter Spuhler, de Stadler Rail, par exemple. Le fabricant de matériel ferroviaire s'est fait connaître en étant très en faveur des accords de libre-circulation, contre la ligne du parti. Il voyait les avantages du traité en termes d'accès à des spécialistes étrangers (certains cyniques diront aussi de sous-enchère salariale) mais est resté totalement sourd à toutes les questions de criminalité.

Le parallèle avec le PLR a ses limites, car si les deux partis ont leurs grands patrons, vous n'en trouverez guère à l'UDC qui doivent leur réussite économique à leur carrière politique, alors que les liens entre le monde bancaire "too big to fail" et le PLR ne sont que trop connus. Aucun membre de l'UDC ne s'inscrira dans le parti dans l'espoir que son engagement lui ouvre un jour un poste dans un conseil d'administration - un tel espoir serait d'ailleurs absurde.

Écrit par : Stéphane Montabert | 12 février 2012

Votre analyse de cette alliance de la carpe et du lapin sonne juste. Il y manque aussi quelques traits sur les liens de l'Eglise évangélique réformée avec le parti libéral, qui mènent certains de ses membres à adopter vis-à-vis des pauvres petits chéris du Tiers-Monde une attitude pour le moins conciliante, pour parler avec autant de componction euphémistique (avoir la bouche en cul-de-poule, pour ceux qui aiment le langage clair) que les dits membres de cette église. Ne serait-ce pas notre cher Claude Ruey qui a accueilli au nom de l'exception vaudoise et de la charité chrétienne des régiments entiers de trafiquants de drogue ex-Afrique de l'Ouest ? Ne serait-ce pas Martine Brunschwig-Graf qui l'autre jour déclarait que si Guéant avait fait ses déclarations sur les inégalités entre civilisations ici en Suisse, il serait passible de l'art.261 ?
Je ne suis pas sûr que vous auriez aimé avoir ce genre de libéraux chez vous à l'UDC. Quant à vos socio-démocrates, ce ne serait pas des vieux restes PAI ?

Écrit par : Géo | 12 février 2012

" Le parallèle avec le PLR a ses limites, car si les deux partis ont leurs grands patrons, vous n'en trouverez guère à l'UDC qui doivent leur réussite économique à leur carrière politique, alors que les liens entre le monde bancaire "too big to fail" et le PLR ne sont que trop connus ".

On peut pas non plus reprocher les PLR de défendre les intérêts des banquiers tant que certain on le droit de défendre des intérêts inverses comme ceux du PS qui déteste le système bancaire et qui voudraient nationaliser les grandes banques privées tel UBS.

Pour moi dans les grandes lignes économiques; il n'y a pas une grande différence entre le PLR et l'UDC. La différence se trouve plutôt dans quelle type de société doit se trouver l'économie de marché et la bonne préservation des comptes publiques. l'UDC est plutôt la Suisse proto-patriotique dans l'ancienne CEE. Les radicaux- libéraux ont une vision plus ouverte sur l'économie mondiale, l'Europe ou l'immigration. D'où ma préférence pour le PLR sans pour autant être un anti-UDC.

D.J

Écrit par : D.J | 12 février 2012

Cher Monsieur Montabert,

J'avais recherché cette interview sans succès, pour m'assurer que je n'avais pas rêvé (et aussi parce que je ne cherche pas à semer la zizanie au sein de l'UDC...).

Piqué par votre amicale requête, je l'ai retrouvée, et la voici !

http://vimeo.com/21102017

C'était sur la Web-télé OTV QTV, au cours d'un débat consacré à beaucoup de choses, et notamment à Marine le Pen.

Il y avait Oskar Freysinger, donc, mais aussi Alain Soral (qui est un fou furieux, mais qui ne dit pas que des conneries), Dominique Ziegler (qui, heu... est bien le fils de son père), et Olga Baranova, élue socialiste au conseil municipal de Genève (qui, comment dire... est gentille).

Voyez à partir de 14 mn 24 s pour saisir le contexte de la discussion concernant l'UDC, et à partir de 21 mn 07 s, pour le point de vue d'Oskar Freysinger sur la double nature de l'UDC.

Il distingue "une aile économique qu'on dit zürichoise, libérale voire ultra-libérale", qui serait représentée par une dizaine d'élus seulement sur 60 ou 65 au parlement, tandis que l'essentiel du parti serait constitué par "une aile de droite plutôt conservatrice", de laquelle il se réclame (tout en disant, immédiatement après, qu'il a parfois des positions qui sont étonnamment de gauche !).

Il a des mots durs sur Christoph Blocher, qui aurait "trahi, avec le deal sur l'UBS avec les Etats-Unis" ; mais il le défend aussi vigoureusement face aux attaques paléo-gauchistes de Ziegler fils, en rappelant qu'il a créé 3 000 emplois en Suisse et que 80 % des activités de sa société se trouvent dans le pays.

L'émission est gentiment bordélique mais très intéressante, à mon avis.

Écrit par : Robert Marchenoir | 13 février 2012

@Géo: "Quant à vos socio-démocrates, ce ne serait pas des vieux restes PAI?" Possible, mais je connais quelques PAI largement aussi libéraux que moi. Quant à Claude Ruey, monsieur-lobby-des-assureurs, et Martine Brunschwig-Graf, qui dispose d'un inexplicable abonnement auprès des médias, je ne connais pas d'autres figures du "libéralisme" romand qui auraient pu faire plus de mal à ce mouvement politique. C'est simple, à chaque fois qu'ils ouvrent la bouche c'est comme si le PLR perdait 0.1% d'intentions de vote.

"Je ne suis pas sûr que vous auriez aimé avoir ce genre de libéraux chez vous à l'UDC." Vous devriez faire un tour chez nous, vous verrez, on en a des pires ;)

@D.J.: "On peut pas non plus reprocher les PLR de défendre les intérêts des banquiers (...)" c'est un peu ça: le PLR défend les intérêts des banquiers, l'UDC défend aussi celui de leurs clients - et la gauche se débarrasserait volontiers des uns comme des autres.

Les gens formulent un reproche principal à l'encontre du PLR, c'est de ne se concentrer que sur l'aspect économie/croissance. Les cadres du PLR pensent peut-être simplement qu'une fois ces objectifs pleinement atteints, la qualité de vie en découlera. C'est évidemment une erreur. Tout est plus facile si l'argent est là, c'est sûr, mais des aspects comme la sécurité ou la représentativité du peuple dans les institutions sont eux aussi essentiels. L'UDC, si elle rejoint le PLR sur nombre d'aspects économiques (mais pas tous) a une approche beaucoup plus globale des aspects de la vie en société. On attend les propositions du PLR sur l'éducation, par exemple. (Et par éducation, j'entends autre chose que juste la formation professionnelle.)

@Robert Marchenoir: merci d'avoir donné quelques points de repère sur la vidéo, parce qu'une heure et quart de ce genre de "débat", franchement j'ai du mal! Quand M. Freysinger parle de M. Blocher qui a "trahi", il est coupé avant de dire quoi, parce qu'il est évident qu'il voulait continuer sa phrase. Dommage.

Il décrit deux ailes de l'UDC, mais elles ne sont pas si nettement tranchées. En fait, on pourrait découper l'UDC selon bien des axes: romand/alémanique, paysan/urbain, libéral/conservateur...

Il y a incontestablement une aile économique à l'UDC, mais il est rare que celle-ci soit en franche opposition avec le reste. M. Freysinger évoque aussi la répartition des élus UDC au Parlement, mais il ne parle pas de l'évolution de l'UDC. Or, depuis vingt ans, celle-ci se libéralise [dans le bon sens du terme] et s'urbanise à grande vitesse.

Mais j'en reviens à ce que j'ai pu dire plus haut: M. Freysinger nous rappelle que M. Blocher a été éjecté du Conseil d'Administration de l'UBS en raison de son opposition à l'EEE. On ne saurait livrer exemple plus parlant des conséquences d'une position UDC sur une carrière dans l'establishment.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 février 2012

"Martine Brunschwig-Graf, qui dispose d'un inexplicable abonnement"
Tu parles d'un "inexplicable"...
Mais on est très objectif à la RSR, on invite Martine B-G...

Écrit par : Géo | 13 février 2012

Mais à part ça, l'"alliance" UDC-PLR pour le conseil d'état et le grand conseil se porte comme un charme. Vrais libéraux de l'UDC, préparez vos crayons pour biffer les colistiers de Milton Voiblet! Vrais libéraux du PLR.les libéraux, préparez vos crayons, pour biffer les colistiers de Friedrich von Leuba! Vrais libéraux du PLR-les radicaux, préparez vos crayons pour biffer les colistiers de Margret de Quattro et Pascal Reagan!

Écrit par : Lili la libérale | 13 février 2012

@Lili: même si j'apprécie vos références, vous ne me semblez pas très libérale. Les libéraux savent habituellement faire des alliances. Peu d'entre eux verraient un avantage à ce que le canton tombe assurément dans le camp de l'étatisme socialiste le 11 mars. Avec un canton à droite, au moins, ce n'est pas certain...

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 février 2012

Monsieur, être libéral ne suppose-t-il pas aussi soutenir de toute son âme le libre-échange notamment agricole (très éloigné de la politique de votre parti donc)?

Écrit par : Nicolas Marrel | 14 février 2012

@Nicolas Marrel: "de toute son âme" est peut-être un peu fort, mais oui, votre remarque est exacte.

Il ne s'agit cependant pas de jeter les compétiteurs dans l'arène mondiale avec les Suisses pieds et poings liés par un corset de réglementations contraignantes comme aujourd'hui.
Je prône le libre-échange, mais en y associant la liberté, pour chaque agriculteur, de conduire son exploitation comme il l'entend.

Écrit par : Stéphane Montabert | 14 février 2012

Tout à fait, il serait indésirable de passer d'une situation d'un monde paysan dépendant de l'État à un système compétitif, l'entrepreneuriat met du temps à s'apprendre. Je me permets de relever une importante contradiction dans votre libéralisme (en tout cas celui de votre parti), car libre-échange suppose biens et services mais aussi personnes et sur ce point votre parti est clairement antilibéral (campagne pour les élections fédérales, initiative sur l'immigration "massive"). Alors qu'un liberal parlerait de liberté de mouvement et d'action vous nous parlez très souvent de contrôles.

Écrit par : Nicolas Marrel | 14 février 2012

@Nicolas Marrel: je réfute le lien entre libre-échange de biens et libre-circulation des personnes.

J'évoquerai le sujet dans un prochain billet.

Écrit par : Stéphane Montabert | 15 février 2012

"Alors qu'un liberal parlerait de liberté de mouvement et d'action vous nous parlez très souvent de contrôles."
Complétement débile, cette critique. L'afflux de réfugiés du Tiers-Monde en Europe résulte d'un accord entre mafia de passeurs et socio-démocrates/PME pourries avides de main d'oeuvre taillable et corvéable à merci en Espagne. Pas trace de libéralisme là-dedans...
Ou alors l'esclavagisme fait partie du libéralisme ?

Écrit par : Géo | 15 février 2012

Sans aticiper sur le point de vue de Stéphane Montabert, il n'y a aucune raison théorique, pratique, historique ou politique d'affirmer que le libre-échange des biens entraîne ispo facto, non pas la libre circulation des personnes, mais le droit à l'immigration illimitée et sans restriction, puisque c'est bien de cela qu'il s'agit.

Et ce pour une raison bien simple : comme le disent les gauchistes (et pour une fois c'est pertinent), l'homme n'est pas une marchandise.

Les conteneurs d'écrans plats ne grimpent pas les uns sur les autres pour se reproduire.

Si la Suisse (ou la Patagonie inférieure) ne veut plus acheter d'écrans plats à la Chine, il lui suffit de ne pas renouveler le contrat. C'est un peu plus difficile avec des bonshommes.

Les écrans plats fabriqués en Chine ne crachent pas dans la rue, ne braquent pas les banques, ne commettent pas de viols collectifs, ne réclament pas un logement subventionné par l'Etat, ne poignardent pas de professeurs dans des écoles dont ils ne parviennent pas à suivre les cours, n'exigent pas la construction de mosquées et l'interdiction du porc, ne mettent pas le feu à des voitures parce qu'ils se plaignent de ne pas avoir assez de députés au parlement.

Bref, la liberté du commerce et la complaisance pour l'immigration de masse n'ont strictement aucun rapport. L'un n'entraîne pas l'autre. L'un ne nécessite pas l'autre.

Qu'il y ait des politiciens, des intellectuels et des chefs d'entreprise qui militent pour l'un et l'autre est tout à fait certain. Mais il est très important de garder à l'esprit qu'il s'agit là de deux faits distincts.

Écrit par : Robert Marchenoir | 15 février 2012

@Robert Marchenoir: vous me coupez tous mes effets!! ;-)

Écrit par : Stéphane Montabert | 15 février 2012

@ Marchenoir,

En ce qui concerne la Suisse; la libre circulation des personnes issues de l'UE n'est pas libre dans le sens que l'on pourrait entendre. La personne doit obligatoirement posséder un contrat de travail avec une entreprise pour s'établir en Suisse et doit cotiser au moins une année à la caisse chômage pour toucher les prestations en cas de licenciement. Pour ce qui concerne les autres nationalité c'est déjà plus compliqué pour s'établir en Suisse.

De plus si l'on compte les délits commis en Suisse par des étranger établi sur notre sol; ne sont pas vraiment des Français ( je ne parle pas des braqueurs lyonnais ) des allemands ou des Italiens; mais plutôt des ressortissants des balkans non intégré dans les accords de libre circulation ( enfin pour l'instant ).

Il est bien clair qu'une immigration très mal gérée ou l'on ouvrirait les vannes à tout le monde comme l'aimeraient les gauchistes n'est pas souhaitable.

Quand on écoute l'ex conseillère nationale ou des états socialiste genevoise la cruche Liliane Maury-Pasquier d'origine valaisanne et qui défend l'immigration incontrôlée en nous bassinants à chaque débat sur l'immigration avec ses ancêtres sarrasins qui se sont installés en Valais il y a plusieurs siècles en bastonnant tout ce qui se trouvait sur place ( ça elle ne le dit jamais ) fait vraiment passer les gens pour des cons.

D.J

Écrit par : D.J | 15 février 2012

"en bastonnant tout ce qui se trouvait sur place"
S'il s'agissait de bastonner, cela aurait été pardonné. Les bandes de pillards sarrasins ou maures tuaient tout ce qu'ils rencontraient et étaient connus pour leur cruauté loin à la ronde. Jusqu'à ce que Bernard de Menton crée un hospice au col du-dit pour protéger les voyageurs contre ces tueurs fous...

Écrit par : Géo | 16 février 2012

Ah, désolé Stéphane Montabert ! Enfin, nous semblons être du même avis, j'espère que cela limitera l'impact de mon incorrection... La prochaine fois, ne laissez pas fuiter vos bonnes idées à l'avance !

Écrit par : Robert Marchenoir | 16 février 2012

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