12 mars 2012

Malheur aux Valaisans!

Des cinq objets fédéraux en votation ce dimanche, l'initiative de l'écologiste Franz Weber "pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires" est la seule grosse surprise, puisqu'elle passe la rampe avec 50.6% des voix.

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Le score des objets en votation (infographie Le Matin)

Revenons sur les objets soumis au vote.

Epargne-logement: le texte visait deux objectifs, encourager l'accession à la propriétée privée et les rénovations à but écologique. L'épargne-logement aurait permis à chaque foyer de constituer un fonds défiscalisé, rempli au maximum pendant dix ans à hauteur de 15'000 CHF par an, pour acquérir une résidence principale. L'initiative me laissait dubitatif, la cherté de l'immobilier en Suisse venant de la rareté de l'offre. Renforcer la demande dans ce contexte n'aurait fait que monter les prix d'autant. En fin de compte, seule la perspective de diminuer les prélèvements fiscaux avait un intérêt. Cette initiative a été rejetée par 55.8% des votants.

6 semaines de vacances: de tous les objets en votation, l'initiative de Travail.Suisse (abordée ici) était clairement le plus gros danger pour la santé de l'économie helvétique. Il ne s'est pas concrétisé, le peuple suisse refusant avec 66.5% de Non de céder aux sirènes de la facilité "à la française". On regardera avec plaisir l'hilarant reportage de la RTS sur le sujet, suivant les pérégrinations de Samah Soula, journaliste de France2, interdite devant ces Suisses qui aiment tant travailler...

Jeux d'argent: sous son nom officiel - Arrêté fédéral concernant la réglementation des jeux d'argent en faveur de l'utilité publique - l'objet donna lieu à peu de débats, tous les partis s'étant entendus pour le soutenir. Il a donc obtenu 87% de Oui, ce qui ne m'a jamais empêcher de le trouver aberrant. Le texte inscrit dans la Constitution des absurdités comme l'obligation pour les loteries et les paris sportifs de reverser leurs bénéfices à des activités publiques, culturelles, sociales ou sportives, garantissant un enterrement de première classe aux jeux d'argent locaux face à la concurrence d'Internet. Nous verrons un peu plus tard de quelle façon la Confédération mettra en place un flicage pour empêcher les aficionados de s'adonner aux paris en ligne...

Prix du Livre: le projet du Parlement visait à instaurer un prix fixe du livre dans toute la Suisse. J'avais également démoli l'absurdité de ce projet ici, ce qui n'a de loin pas empêché la Suisse romande de s'engouffrer dans la brèche. Les Suisses alémaniques eux, ont connu une politique de prix unique jusqu'en 2007 et savent à quoi s'en tenir... Bientôt un projet de prix unique du livre romand?

Résidences Secondaires: le gros écueil du jour vient bien sûr de l'acceptation de l'initiative "Pour en finir avec les constructions envahissantes de résidences secondaires" de l'inénarrable Franz Weber. Elle est sensée réduire à 20% la part de résidences secondaires dans chaque commune de Suisse.

residences.gifOn a coutume de dire que la démocratie est parfois la dictature de la majorité; l'écologiste a su jouer de ce registre dans une opération politique qui restera un modèle du genre.

La carte des cantons montre bien cet état de fait. En vert, ceux qui ne sont pas concernés le moins du monde par le texte et qui ont largement approuvé l'initiative (qui ne voterait pas pour des montagnes jolies avec de paisibles vaches qui broutent?) et en rouge, ceux dont le modèle économique repose sur le tourisme, frappés de plein fouet, et qui l'ont donc massivement rejetée.

Vae victis, disait Brennos. Malheur aux vaincus. Vaincus aujourd'hui les Valaisans, dont l'emploi de milliers de travailleurs du milieu de la construction (et pour tout dire, un pan entier de l'économie) vient d'être jetés à bas par des citadins accrochés à une certaine image d'Epinal des montagnes helvétiques.

Cette initiative est dangereuse pour plusieurs raisons. Elle détruit le fédéralisme - à dessein - puisque l'aménagement du territoire est du ressort de chaque canton et de ses communes. Elle pose que le tourisme des résidences secondaires est quelque chose de nuisible et à combattre, et j'en attends encore la démonstration. Finalement, elle menace la sphère privée de façon inquiétante.

En effet, une maison est une maison, rien de plus. Le terme de "résidence principale" ou de "résidence secondaire" dépend seulement de l'usage qu'en fait son propriétaire. Cet usage peut varier au cours du temps, selon que l'heureux possesseur du bien immobilier soit actif ou à la retraite, par exemple. Elle peut changer au gré des propriétaires successifs de la maison. Il n'y a rien de figé.

Or, en plaçant une limite arbitraire sur le nombre de résidences secondaires que doit comporter une commune, l'initiative prétend régir l'utilisation qui est faite des biens immobiliers. Il va donc falloir établir cet usage. Cela veut dire, surveiller, questionner et interroger les propriétaires pour vérifier que untel ou untel "habite bien" dans sa demeure le temps qu'il faut lorsqu'il déclare que c'est sa résidence principale, ou lorsqu'il a déclaré acheter une maison pour un tel usage.

L'Autriche dispose d'une telle loi, fixant le taux de résidences secondaires à 8% dans certains villages. Résultat? Un jeu du chat et de la souris entre des propriétaires prétendant habiter dans leur logement en tant que résidence principale, et des autorités traquant la consommation d'eau et d'électricité et le remplissage de la boîte aux lettres sur la durée pour vérifier que l'habitant est bien là... Mais la guéguerre n'est pas très virulente, car absolument personne n'a envie de respecter la loi. Ni les propriétaires, qui payent assez cher leur logement de vacances pour supporter qu'on vienne leur chercher des poux, ni les autorités locales, qui se font fort de vivre de ces résidents saisonniers et du secteur de la construction.

En pratique, le texte a été complètement vidé de son sens.

C'est le destin que je devine pour le Valais et les autres sites touristiques de Suisse. Cette initiative est totalement inapplicable - et au lendemain de la votation avec champagne et cotillons, ça commence gentiment à se savoir.

C'est tout simple. Supposons, et c'est déjà difficile, que les chambres du Parlement parviennent à établir un projet de loi qui tienne à peu près la route. Que se passera-t-il? Son application sera nécessairement déléguée aux cantons et aux communes. La façon dont la loi sera rédigée rendra le corset plus ou moins serré, mais il ne faut pas s'y tromper: à moins d'une police fédérale qui reste à inventer, le contrôle de la qualification des logements en "résidence principale" ou "résidence secondaire" incombera nécessairement aux autorités locales.

Or, en refusant le texte à 73,8%, le Valais a clairement fait entendre son avis sur la question. J'en déduis que la traque aux résidences secondaires surnuméraires ne va pas être très intense. Ne minimisons pas pour autant les effets néfastes de la loi: désormais, la construction en Valais devra passer par encore plus de chicaneries administratives pour faire passer le projet comme "résidence principale". Mais pour qui veut vraiment son châlet, il y aura bien moyen. Et en attendant, M. Weber n'a fait qu'empirer la situation.

Nous sommes en 2012 et les Suisses, accrochés à une certaine idée de leurs montagnes, nous rejouent la ridicule Initiative des Alpes de 1994, vraisemblablement avec le même effet.

Il ne suffit pas de décréter et de voter pour que la réalité se plie et se soumette. Si MM. Weber et ses amis veulent que les montagnes restent immaculées, il n'ont qu'à s'en rendre propriétaire en achetant les terrains constructibles et en renonçant à y ériger quoi que ce soit. A cette seule solution réellement légitime, ils préfèreront dévoyer la démocratie en dictature de la majorité, dressant les régions de plaine contre celles de montagne.

Commentaires

Faire partie des "blogs les plus lus"... Sans doute votre grande motivation sur ce forum car vous nous assénez plusieurs textes par semaine mais jamais un soupçon de repentir pour les bourdes que vous tentez de nous enfiler sans précaution. Exemple: la Grèce. Selon vous nous devrions déjà avoir enterré cette économie depuis plusieurs mois. Chaque fois le même scénario: on se fait bien peur, on crie aux sorcières et on finit sur un rire cynique et suffisant. La buvette du LHC, c'est là que tous vos commentaires ont leur place. Ici louez plutôt la Beauté du Monde et l'imagination de l'homme au lieu de toujours scinder l'univers entre vaincus (ici les valaisans) et vainqueurs alors que vous n'y comprenez rien de plus que le simple lambda.
Vous êtes la peste d'internet, le vers dans le fruit, la désinformation en marche. Vous ne parvenez pas à ouvrir une porte, vous l'explosez. Savez-vous qu'il existe des serruriers? Même pas des experts.
Les derniers résultats de l'UDC devraient vous alerter sur la vanité de vos analyses. Mais je sens que je suis tout tout près du fameux "hors sujet" si pratique pour vos débats...

Écrit par : Polo | 12 mars 2012

Epargne-logement : si je comprends bien, les Suisses ont refusé de s'accorder une exemption fiscale ? Hahahahaha... (Long rire sardonique et comparatif.)

Écrit par : Robert Marchenoir | 12 mars 2012

Je parie ce que vous voulez contre n'importe quoi que d'ici trois mois, il ne restera que quelques résidences secondaires à Crans-Montana, Verbier, Zermatt e tutti quanti...
A moins que les Valaisans ne soient plus des Valaisans, ce qui la foutrait mal. On ne saurait plus pourquoi les détester...

Écrit par : Géo | 12 mars 2012

@Polo: votre commentaire est aussi haineux et hors-sujet que d'habitude mais je remarque que vous revenez ici avec une belle régularité. Apparemment, vous aimez bien me détester (et contribuer à mes statistiques de popularité.)

Pour la Grèce:
http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE82B01620120312

@Robert Marchenoir: oui, c'est exactement cela. Notez tout de même que les exemptions fiscales ne sont pas une fin en soi: on sait bien avec l'Etat que ce qui est abandonné d'une main est souvent repris de l'autre.

@Géo: difficile d'estimer toutes les conséquences exactes de l'initiative. Ce soir déjà au téléjournal un ardent opposant expliquait que le prix de l'immobilier allait s'effondrer (ruinant les propriétaires) tandis qu'un autre soutenait au contraire que la future pénurie de résidences secondaires allait faire s'envoler les prix, et que la baisse d'effectifs des promoteurs immobiliers allait laisser la place à autant de juristes... Je penche plutôt pour cette hypothèse.
Comme les résidences secondaires peuvent être vendues et garder cette caractéristique, je ne serais pas surpris qu'au contraire, certaines communes alpines arrivent à 90% ou plus de "résidences secondaires" avant que le couperet ne tombe.

Écrit par : Stéphane Montabert | 12 mars 2012

"un ardent opposant expliquait que le prix de l'immobilier allait s'effondrer"
Fournier nous a fait du Fournier. Il veut nous faire croire qu'il pense que la Confédération va faire raser les RS excédentaires...
Je ne sais pas comment ils vont faire, mais il y aurait en peu de temps beaucoup de résidences secondaires dans les villes et de principales dans les stations de montagne que cela ne m'étonnerait pas.
Enfin, je dis ça, je dis rien...

Écrit par : Géo | 12 mars 2012

Les alpes n'appartiennent pas aux Valaisans.

Écrit par : jeff | 13 mars 2012

@jeff: j'adore les slogans de cet acabit. Typique des machins lâchés en soirée pour se donner un genre, et totalement vides de sens.

Les Alpes ont-elles appartenu aux Valaisans à un quelconque moment de l'histoire avant dimanche dernier? De quels Alpes parlez-vous d'ailleurs? Il y a une frontière qui les délimite clairement? Des bornes plantées dans le sol? Que dire des Alpes italiennes, autrichiennes, françaises?

Mais quitte à accepter cette proposition, à qui les Alpes appartiendraient-elles donc? Aux Zurichois? Aux Bâlois? A Franz Weber? A la majorité anonyme du 11 mars? Aux associations écologistes? Aux Suisses? A l'Humanité à travers l'ONU et l'UNESCO? Aux marmottes et aux sapins? A Gaïa? A Dieu?

Vers quelle(s) entité(s) faudrait-il donc se tourner pour obtenir un permis de construire pour une maison qui sera ou ne sera pas utilisée à un moment donné comme résidence secondaire?

Je vous en prie, jeff, éclairez-nous donc de votre sagesse.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 mars 2012

@ Jeff,

Apparemment ils appartiennent à Franz Weber.

D.J

Écrit par : D.J | 13 mars 2012

@Jef, elle n'apartienne pas à vous non plus. Mais soyez content, les milliers de portuguais, yogoslave et d'autres nation qui travaillent dans les métiers du batiment qui pourront rentrer chez eux (même l?UDC ne voulait pas qu'il partent mais vous si).

De plus quand on voit comment l'arc lémanique a détruit son paysage, il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons quant à quelque village qui ont fait contstruire quelque centaine de chalet...

Écrit par : DdD | 13 mars 2012

On a les gurus qu'on peut. Les veaux de gauche des villes ont Franz Weber. Mais ne nous plaignons pas trop. Les veaux français ont Fromage mou, poussin déplumé et hagard, ravi de la crèche selon les commentateurs. Il y a de bonnes chances pour que ces veaux-là votent pour leur débile à eux, ce qui mettra un terme à l'Europe vu son effroyable incompétence. Et on vivra mieux en Suisse...

Écrit par : Géo | 13 mars 2012

[Le premier paragraphe de ce commentaire accusait M. Fournier de l'échec de la campagne du Non. Mais, diffamatoire, il insultait M. Fournier et insinuait qu'il faisait partie d'une organisation criminelle. J'ai donc été contraint de le supprimer.]

Prétendre ensuite qu'il y aura moins de promoteurs, c'est un gag. Ils sont combien en valais les promoteurs? pas beaucoup.

Ces arrogants, margoulins des montagnes n'ont qu'a s'en prendre qu'à eux-memes si la majorité des votants leur ont clairement dit qu'ils devraient changer leur façon de faire. Et puis, on ne peut pas taper à longueur d'année sur les frontaliers et les étrangers (sont pas UDC mais en valais y a pas besoin d'être UDC pour pas aimer les étrangers) et chercher à tout prix à vendre aux plus offrants, principalement anglais. Cran-montana et verbier sont des horreurs, qui déplaisent à une majorité de suisse.
Regardez les résultats à Zermatt ou Saas-Fee ou Davos et vous verrez que les "alpins" ne sont pas tous si opposés à cette initiative que vous le prétendez, et que des Fourniers le prétendent.

Je suis également persuadé que cette initiative est inapplicable. Mais en l'état c'est égal.
Il a été clairement dit à ces gens qu'ils devaient cesser de faire comme ils font maintenant et c'est très bien. Ils se prétendent assez les dépositaires des plus beaux endroits de suisse, le peuple leur a rappelé qu'ils devaient maintenant l'assumer.

C'est également un avertissement pour le Lavaux.

Et pour votre information, j'ai voté contre cette initiative, car je pense que c'est encore aux locaux de décider par eux-mêmes. Pourtant, je sais bien que les locaux qui décident sont les mêmes qui construisent, surtout en valais.
Une poignée. Car dans les régions réellement concernées, le vote clanique est encore bien évidemment de rigueur et quand le notable local dit, les gens font.
C'est principalement pour cela que les écolos sont si mal vu en valais.

Écrit par : lefredo | 13 mars 2012

@lefredo: un quart de la population valaisanne a voté en faveur de l'initiative, c'est exact, mais bon, vous admettrez bien que c'est une sérieuse minorité par rapport au résultat national. Quant à M. Fournier, c'est un peu facile de lui imputer l'échec du rejet de la votation. L'a-t-on seulement entendu hors du Valais, à Berne et Bâle et Zurich et toutes ces villes qui ont voté Oui?

Crans-Montana et Verbier sont peut-être devenues des horreurs architecturales - tout est relatif - mais les photos avant/après qui ont émaillé la campagne n'ont rien à envier à celles de Genève ou Montreux si on s'était donné la peine de les produire. La Suisse de 2012 n'a tout simplement pas les 6.2 millions d'habitants de 1970 et le mauvais goût est partout. Parlant de mauvais goût d'ailleurs, je trouve que c'est un procès facile de parler de montagnes "défigurées" lorsqu'elles sont constellées de châlets assez mignons selon mon point de vue (je ne parle pas des logements de tourisme de masse, qui sont d'ailleurs épargnés par l'initiative.) Si vous voulez voir de vraies horreurs architecturales, regardez plutôt du côté de la tour Taoua de Lausanne ou des projets de musée en préparation... Les mochetés constructivistes dans toute leur splendeur.

Je ne trouve pas qu'en matière d'esthétique le secteur public puisse donner beaucoup de leçons.

Finalement, l'argument des "salzétrangers qui viennent acheter la Suisse" - quel que soit celui qui le manie - tombe un peu à plat dès lors qu'on sait que 87% des résidences secondaires du Valais sont détenues par des Suisses.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 mars 2012

Un peu comme ces touristes au bord de la mer qui vous disent en rentrant que c'est dommage que là bas ça se construit partout. Sans penser une seconde que l'on construit justement pour les touristes comme lui.

C'est pareil avec la montagne. Beaucoup de suisses qui ont voté pour cette initiative vont skier en Valais ou dans les Alpes suisses en général est contribuent du même coup au développement de l'économie touristique et de l'attraction des particuliers qui veulent construire un pied à terre pour leur vacances de ski.

D.J

Écrit par : D.J | 13 mars 2012

@D.J. TOut à fait et en plus ils oublient que les gens sur place doivent continuer à vie quand ceux-ci sont en vacances.

Alors quand on entend dire de la part de citadin "ils n'ont qu'à se démerder", c'est exactement ce qu'il font avec les résidences secondaires. Le pire dans ceci ce sont ceux qui ont des résidences secondaire en montagne et qui ont voté favorablement à l'initiative pour empêcher qu'un chalet se construise proche de chez eux, alors qu'eux ont fait exactement la même à ceux qui était déjà là.

Écrit par : DdD | 13 mars 2012

Continuez seulement à mépriser les Romands urbains, c'était pourtant eux qui venaient nourrir les Valaisans avant qu'ils ne leur préfèrent les investisseurs russes et britanniques. Qu'ils restent sagement blottis dans leurs mazots tout en domotique et jacuzzis, heureux qu'ils sont de croire que le Val d'Hérens est le centre du monde civilisé, guidé par l'Empereur Darbellay et son centurion Fournier. Qu'ils se rassurent, ils ne seront plus envahis par les Romands, juste rachetés comme le reste du Valais qui s'est entièrement vendu aux investisseurs étrangers. Avec un peu de chance les Valaisans pourront travailler comme chauffeurs ou jardiniers puisque c'est ce qu'ils se souhaitent de mieux à leur canton.

Écrit par : Aebi | 13 mars 2012

Le ciel aurait-il lu ce titre bien provocateur,en lisant l'accident de ce car Belges survenu à Sierres on serait tenté d'y croire

Écrit par : lovsmeralda | 14 mars 2012

@Aebi

"Continuez seulement à mépriser les Romands urbains"
Si les Romands "urbains" pouvaient commencer à respecter le choix des Valaisans ce serait aussi un bon début. Pour les urbains c'est facile, ils bétonnent l'arc lémanique à tort et à travers pour avoir tout, tout de suite.

" c'était pourtant eux qui venaient nourrir les Valaisans "
Et c'est aussi les Valaisans qui doivent investir beaucoup d'argent dans la production de leur alimentation pour faire plaisir aux pseudo-écolo pour qu'il puisses produire sois-disant "bio".
Il faut pas oublier que tous les "romand urbains" qui vont en Valais, c'est pour retrouver aussi cet esprit valaisan.

"qu'ils ne leur préfèrent les investisseurs russes et britanniques."
C'est quand même gonflé comme commentaire quand on voit le nombre d'entreprise étrangère installée dans l'arc lémanique... Pourquoi le Valais ne pourrait pas profiter non plus de l'ouverture des frontière, que les urbains ont tant voulu?

Eh ben maintenant elles n'auront plus le choix... Le prix des résidences sera tellement élevé que les Romands et les Valaisans travaillant en plaine, ne pourront même plus y construire une résidence secondaire pour retrouver les leurs le week-end...

Écrit par : DdD | 14 mars 2012

Cette initiative divise même dans les cercles d'amis. L'un se dit très fâché de voir un autre militer ardemment contre le droit des autres d'acquérir des résidences secondaires, alors que de facto, à part de sa propriété lausannoise, il est en train d'acquérir un chalet aux Ormonts, possède déjà une résidence en Provence et Madame une résidence au Frioul. L'autre pro-Franz Weber possède deux maisons dans la région d'Yverdon et un chalet aux Ormonts. Einstein disait que deux choses offrait une idée de l'infini : l'Univers et la bêtise humaine. Il ne connaissait pas encore l'égoïsme des bobos.

Écrit par : Géo | 14 mars 2012

Géo,diviser pour mieux régner semble convenir le mieux à cette situation et comblant de bonheur Monsieur F.Weber .Sa fille aurait-elle le complexe de Marine le Pen? en la voyant exulter on en presque à penser qu'elle voulait tout en redorant le blason familial imiter celle-ci dans un autre domaine soit mais possédant les mêmes atouts afin de gagner la dernière manche pour son père.Partir en pleine gloire n'est-ce pas le but désiré par ceux qui ont souvent été sous les feux de la rampe?

Écrit par : lovsmeralda | 14 mars 2012

En somme, ce résultat met à mal les velléités de ceux qui ont hérité d'un lopin d'alpage du grand-père et qui pensaient gagner au loto en le cédant au bétonnage des évasions fiscales et autres investisseurs fumeux. Si c'est ça l'industrie du tourisme de montagne...
N'en déplaise à Philippe Bender et ses amis, l'industrie du "j'enfoutre" pour gagner le jacques pote a du plomb dans l'aile et c'est tant mieux!

Voilà ma caricature, elle vaut autant la vôtre!

Écrit par : petard | 15 mars 2012

La dictature de la majorité sur une minorité vous gène vraisemblablement plus lorsqu'il s'agit de résidences secondaires et de Valaisans que lorsqu'il s'agit de minarets et de Musulmans.
Étrangement je ne suis pas surpris...
Aller, à bientôt.

Écrit par : Raymond Gauthier | 19 mars 2012

@Raymond Gauthier: vous oubliez (délibérément, je n'ai aucun doute) que l'affaire des minarets est d'abord liée à la police des construction locale et cantonale... L'initiative ne s'est concrétisée que parce que les autorités locales ont refusé d'écouter les doléances des voisins d'un projet de minaret. C'est un processus d'escalade tout ce qu'il y a de légitime.

L'initiative de Weber fait exactement le contraire. Elle impose d'en haut, le plus arbitrairement qui soit, ex nihilo.

Je ne suis pas tellement surpris que vous ne voyiez pas la différence.

Maintenant, si vous êtes en train de me dire qu'on devrait laisser les propriétaires faire absolument ce qu'ils veulent de leurs terrains, alors on peut discuter... Mais je doute que c'est ce que vous souhaiteriez!

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 mars 2012

Raymond Gauthier@ Stéphane Montabert a très justement répondu à votre commentaire. Je voudrais souligner que la justice cantonale soleuroise s'est moqué avec le plus d'arrogance et de mépris possible de deux mille signatures de citoyens contre l'érection d'un minaret d'une mosquée des Loups Gris, organisation fasciste turque, au nom de la liberté religieuse contre le droit sur les constructions. Il faut donc véritablement saluer la clairvoyance et l'intelligence du peuple suisse, qui a su donner un signal clair aux envahisseurs. Ils n'auront pas tous les droits chez nous, que cela vous plaise ou non.

Écrit par : Géo | 19 mars 2012

Le Valais n'est pas la Suisse et la Suisse n'est pas le Valais. Le sentiment prédominant qui a fait voter oui, c'est que bientôt on ne pourra plus se bouger en Suisse. La lex Koller avec 1500 autorisations annuelles doit vraiment avoir du plomb dans l'aile, car franchement, rien qu'en Valais il semble que 1500 constructions par an cela semble drôlement d'actualité pour ces dernières années.
Un bon coup de frein ne fera pas de mal, et cela permettra de réfléchir un peu avant de faire n'importe quoi à l'échelle Suisse, car je crois savoir que le Valais est toujours un canton suisse.

D'autre part, les 26,2% qui ont voté oui en Valais se retrouvent en majorité dans les lieux où justement des conneries de constructions ont été élaborées pour des étrangers......qui ne paient même pas leur impôts dûs et qui de fait reportent cela sur les locaux qui voient leurs impôts (plus importants) augmenter.

Cela ne fera de mal à personne, du boulot il y en aura encore....dans les vignes....puisqu'elles ne seront pas détruites comme cela. Et pis faut pas oublier bientôt de "belles plages" le long du Rhône, il y a de quoi voir venir pour le job en valais!
Reste que la meilleure chance du valais c'est de voir l'hégémonie du PDC passer
dans les sables mouvants du Rhône et à la longue s'installer sur les berges vaudoises et genevoises, là l'air sera enfin respirable en Valais...qui le vaudra bien!

Écrit par : Corélande | 19 mars 2012

Oh, je n'affirme rien.

J'observe un rien amusé votre douloureux rapport à la démocratie qui vous fait l'adorer ou la critiquer selon qu'elle vous suive ou non (élection au conseil fédéral par le peuple vs élection au conseil d'état par ce même peuple).

Vous savez, des fois on perd, des fois on gagne, c'est le jeu.

Cela dit, pour en revenir à cette votation, je ne pense pas la mesure efficace, mais je crois la question légitime.

Il est un fait qu'à une question de politique d'aménagement qui, manifestement, touche la population (vous savez la démocratie directe, tout ça), aucun contre-projet ou initiative ou réponse concrète n'est venu se poser.

Il est quand même malheureux d'en arriver là, non?

Maintenant, si vous préférez penser qu'il n'y a aucun problème et que la majorité de la population est composée d'imbéciles...

On ne peut en tous cas pas dire que cela vient "d’en haut" comme vous le faites, étant donné qu'il s'agit précisément d'une initiative populaire, issue "d'en bas": récolte de signature, votation.

Vous considérez que l’initiative Weber "impose d'en haut"; en effet, il s'agit d'une initiative fédérale, modifiant la constitution fédérale, sans considération pour les particularités locales, comme.... l'initiative sur les...
Enfin, vous me suivez.

Allez, à bientôt.

Écrit par : Raymond Gauthier | 19 mars 2012

@Raymond Gauthier: "J'observe un rien amusé votre douloureux rapport à la démocratie (...)."

C'est un petit peu plus compliqué que ça, j'espère que j'aurai l'occasion d'éclairer votre lanterne dans un prochain billet.

"Vous savez, des fois on perd, des fois on gagne, c'est le jeu."

Allez raconter ça aux ouvriers du bâtiment en Valais, ils vont adorer.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 mars 2012

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