12 avril 2012

Présidentielles françaises: Retour vers le Futur

Les publicités inondent les boîtes aux lettres, mais toutes ne sont pas sans valeur. Ainsi, en tant que Français de l'Etranger, j'ai reçu il y a quelques années - cinq ans exactement - une petite liasse de documents promotionnels tous plus farfelus les uns que les autres, concernant les élections présidentielles françaises.

J'aurais pu envoyer le tout directement à la corbeille, mais j'ai eu une meilleure idée: mettre soigneusement ce courrier de l'ambassade de côté pour le ressortir un peu plus tard, histoire de voir, avec le recul, ce que valaient les promesses de nos candidats. A quelques jours du premier tour de la présidentielle, le moment semble tout à fait approprié pour se remémorer ces documents, scannés au format PDF.

Accordons-nous donc un petit voyage dans le temps, à l'aube d'un 22 avril plus ancien...



 

nihous.png

Le N'importe Quoi d'Abord - Frédéric Nihous, inconnu au bataillon, nous a gratifié en 2007 du slogan le plus fantaisiste, "la ruralité d'abord". Bien que dénué de sens, le terme fut payant: en glissant ce mot-clef, les maires des petites communes se précipitèrent. La récolte des fameuses 500 signatures était dans la poche.

Et puisqu'on parle de campagne - la vraie, les champs qui fument au petit matin, les tracteurs poussifs sur les départementales, les expéditions de chasse avec béret et bottes - Frédéric Nihous nous a présenté d'authentiques priorités: Garantir la liberté de chasser et de pêcher, mettre en place une politique du bien-être et du bien vivre, c'est du lourd!

On sent les vrais défis de la France du XXIe siècle.

Le programme de Frédéric Nihous

 

deVilliers.pngGentleman Farmer - en 2007, le rôle convoité de Gentleman Farmer BCBG était tenu par Philippe de Villiers. Il assuma son rôle avec force passages photographiques obligés: posture champêtre en bras de chemise avec le chien qui gambade aux côtés, avec les jeunes du club sportif en maillot, avec sa femme en bord de mer, le regard tourné vers l'horizon...

Le programme est un peu plus sérieux que la moyenne: propositions chiffrées, paragraphe "comment financer" (beau geste, même s'il reste lapidaire)... Le candidat mentionne le danger du communautarisme islamique, propose de baisser les charges et même d'aligner les retraites du secteur public sur celles du privé! Que de belles manifestations en perspective! Mais bon, modérons notre ardeur, M. de Villiers fait aussi l'éloge du volontarisme étatique et du protectionnisme.

Malgré tout, ériger la Vendée en modèle de réussite n'a pas suffit à convaincre l'électorat, qui n'a crédité M. de Villiers que de 2,23%.

Le programme de Philippe de Villiers

 

Bové.pngAstérix chez les Français - mais oui, il y était, notre José Bové national! 2007, c'était vraiment l'élection de tous les possibles. Entre deux procès pour destruction de propriété privée, le révolutionnaire moustachu eut le temps de se fendre d'un programme fleurant bon l'extrême-gauche de terroir. La brochure est agrémentée de jolies images façon Martine: José à Roubaix, José avec les Pauvres d'Amérique du Sud, José Va En Prison "pour avoir dénoncé la mal-bouffe"...

Niveau propositions, on s'en doute, c'est un feu d'artifice de cadeaux: des services publics en-veux-tu-en-voilà, du partage de richesses à toutes les sauces (qui les produit? On s'en fiche!), des droits et des subventions comme s'il en pleuvait... Le tout avec un zeste, que dis-je, un soupçon de brutalité sous-entendue, comme la réquisition des logements ou une fiscalité qu'on imagine très douce pour financer tout cela, mais qu'importe, l'objectif est de fédérer les forces révolutionnaires!

On notera que M. Bové propose aussi la taxation des transactions financières que notre bon président de "droite" s'est empressé de reprendre.

Le programme de José Bové

 

Besancenot.pngLe Facteur Rouge - Nos Vies Valent Plus Que Leurs Profits. Eux. Nous. Choisis ton camp, camarade! A gauche, ça se bousculait au portillon avec une pléthore de candidatures plus unitaires les unes que les autres, dont celle d'Olivier Besancenot, le facteur qui sonne toujours deux fois, mais aussi faux, l'un n'empêchant pas l'autre.

Quand on est d'extrême-gauche, la difficulté de l'exercice tient à se distinguer. Entre anarchistes, écologistes, trotskystes, maoïstes, alternatifs, libertaires, marxistes et j'en oublie, pas facile de se poser en meneur. La stratégie habituelle consiste à verser dans la surenchère. Olivier Besancenot, outre les classiques - réquisition des logements, retraite à 60 ans, services publics "gratuits" ou interdiction de licencier pour les entreprises profitables - proposa également des pistes plus audacieuses encore, comme la sortie du nucléaire, la semaine de 32 heures, voire l'indépendance de la Corse!

Malheureusement, le public n'a pas suivi. Il faut dire que l'extrême-gauche est traditionnellement réfractaire au scrutin universel ("élections, piège à cons!"), une posture qui offre aussi l'avantage de masquer l'indigence de sa popularité effective.

Le programme d'Olivier Besancenot

 

Voynet.pngEn Vert et Contre Tout - en 2007, on avait les moyens. Du coup, tout le monde était écologiste: on se souvient du Pacte Ecologique de Nicolas Hulot et de l'empressement de tous les candidats à le signer, histoire de profiter de la popularité supposée du présentateur de télévision. La pauvre Dominique Voynet, candidate du Parti Ecologiste Officiel, faisait un peu tapisserie.

Le programme de la Verte ne fit rien pour contredire cette impression: que du grand classique de gauche, quasiment photocopié d'un candidat à l'autre. Eradication de la pauvreté, construction d'un million de logements sociaux, création d'emplois sortis du chapeau, fiscalité "plus juste et plus efficace", preuve qu'un autre monde est possible... Etonamment, la partie anti-nucléaire du programme jure par sa modestie: non seulement c'est le quinzième point sur quinze, ce qui en dit long sur les priorités des prétendus défenseurs de la nature, mais l'objectif n'est qu'une humble sortie du nucléaire d'ici 2030. Aujourd'hui, avec un gouvernement de "droite", l'Allemagne prétend faire mieux dès 2022! Mais qui vivra verra, bien entendu.

Le programme de Dominique Voynet

 

sego.pngLa France Présidente - La candidature de Ségolène Royal nous a offert de beaux morceaux de bravitude bravoure, avec un slogan à l'échelle de la prétendante socialiste officielle. La France Présidente, ça en jette, imaginez, soixante millions de personnes se bousculant au portillon de l'Elysée! Mais en fait, il s'agissait surtout d'une figure de style, et le reste est du même acabit.

Le programme nous offre du classique, à savoir un gloubiboulga de termes totalement insipides mais qui font bien ("gagnant-gagnant", "donnant-donnant", "démocratie participative") et qu'on évitera soigneusement de détailler, des mesures sorties de nulle part (création de 500'000 (!) emplois tremplins [qu'on ne me demande pas vers quoi] pour les jeunes...) ou tellement consensuelles dans la société française qu'elles ne démarquent même pas la candidate du reste du peloton, comme l'engagement pour les énergies renouvelables, quelle audace!

Bref, de l'évanescent, une touche de sentimentalisme, du flou - finalement, une contradiction surprenante de la part d'un mouvement politique se faisant fort de planifier le fonctionnement de la société dans les moindres détails pour parvenir à une situation idéale.

Le programme de Ségolène Royal

 

sarkozy.pngEnsemble Tout Devient Possible - And the winner is... Nicolas Sarkozy, of course. Ensemble tout devient possible, vous vous rappelez? Ah, que de belles promesses! Le Président du Pouvoir d'Achat! Le Président de la Valeur Travail! C'était audacieux, de la part d'un individu qui avait été ministre sous Chirac mais faisait tout son possible pour faire passer le bilan lamentable de cet épisode sur les épaules de son prédécesseur. En 2012, l'exercice sera plus difficile... Ce qui n'empêche pas notre hyper-président d'essayer.

Honnêtement, le fascicule de Nicolas Sarkozy mérite d'être relu, ne serait-ce que parce qu'il permet de déceler le gouffre entre les promesses d'un politicien et ses accomplissements une fois parvenu au pouvoir. Quand on lit des phrases comme "Je baisserait les impôts" "Je renforcerai les pouvoirs du Parlement" "Je ferai en sorte que l'euro devienne un outil de croissance, d'emploi et de puissance économique" "Je réduirai la dette et le déficit, qui ont été creusés par l'échec des politiques antérieures, alors que nos politiques réussiront..." On se dit qu'à l'infini de l'univers et de la bêtise humaine annoncés par Einstein, il faut sans doute ajouter la crédulité des Français.

Que du best-of.

Le programme de Nicolas Sarkozy

 

jm_lepen_2.jpgY'en a pas un qui manque? - Mes lecteurs les plus affutés l'auront remarqué, aucune trace de l'infréquentable Jean-Marie Le Pen dans ce joli panel. Je ne l'ai pas oublié, mais par un petit miracle administratif comme il s'en produit parfois, sa fiche de présentation officielle était absente de l'enveloppe.

On se perd en conjectures sur les raisons de cette carence. Peut-être les diligents fonctionnaires assignés au remplissage des missives furent saisis de spasmes digestifs au contact de la feuille de l'Innommable? A moins qu'il ne s'agisse d'un subtil clin d'oeil indiquant, si besoin était, la frontière entre les candidats fréquentables et les autres? Ou peut-être l'imprimeur officiel a-t-il littéralement appliqué la Préférence Nationale à la distribution de matériel électoral, classant les électeurs de l'étranger comme Français de seconde zone...

Quoi qu'il en soit, il manque une pièce maîtresse à ma collection. C'est fâcheux. Croyez bien que je n'avais pas plus l'intention d'épargner le national-opportunisme du père que le national-socialisme de la fille.

Bayrou.jpgY'en a pas un autre qui manque? - Nulle trace de François Bayrou non plus. Le candidat de l'Extrême-Centre avait pourtant fait un excellent score en 2007, mais là encore, par un inexplicable mystère, aucune trace de programme dans l'enveloppe de l'ambassade. Difficile de ressortir les hypothèses justifiant l'absence de l'extrême-droite envers un candidat aussi consensuel: moins choquant que François Bayrou, tu meurs. C'est sans doute pour cela qu'il gagnerait contre n'importe qui au second tour, auquel il ne parviendra jamais.

Et j'oubliais encore: Marie-George Buffet, Gauche populaire et antilibérale, soutenue par le Parti communiste ; Arlette Laguiller, Lutte ouvrière ; Gérard Schivardi, Comité national pour la reconquête des services publics, soutenu par le Parti des travailleurs...

Que de belles feuilles manquent à l'appel!

 


 

Je n'ai pas encore reçu les documents officiels de campagne pour l'élection présidentielle de cette année. J'espère qu'ils me parviendront sans faute, histoire de vous les ressortir en 2017. Le décalage entre les promesses et la réalité promet d'être encore plus amusant dans cinq ans. Pour le reste, les couleurs et les personnes changent mais les programmes restent les mêmes: fiscalité, protectionnisme, omniprésence de l'Etat, promesses irresponsables et sans lendemain, absence de toute remise en question du modèle socio-démocrate en faillite, et aucune interrogation sur la genèse de ces fameuses richesses que chacun veut tant distribuer à droite et à gauche.

Pauvre France.

Commentaires

Savoureux, mais je vous trouve dur avec le Menhir : mis à part le protectionnisme et la politique familiale, son programme était clairement d’inspiration libérale, et d’ailleurs, l’ancien poujadiste a toujours été le plus libéral (ou le moins antilibéral, diront les puristes acharnés) des candidats à la présidentielle française.

Je me permets, pour combler le vide, de soumettre cet élément datant justement de la campagne de 2007 (la lettre complète ne semble plus disponible, mais je l’avais alors consultée) :
« Enfin, Jean-Marie Le Pen, qui ne craint personne sur le plan de la radicalité, n'élude pas les questions qui lui sont posées. Il affirme sa volonté de réduire le taux marginal de l'ensemble des impôts sur le revenu, sur les bénéfices des sociétés et sur les successions à 20%. Il annonce en compensation qu'il profitera du départ des baby-boomers à la retraite pour supprimer 250 000 emplois de fonctionnaires en cinq ans. Mais qui va enseigner à nos enfants? ».
http://www.alternatives-economiques.fr/petition-antidemagogie-fiscale---les-reponses-des-candidats_fr_art_210_24898.html

Pour la compilation de cette année, vous allez bien vous amuser : ils sont tous socialistes à divers degrés !

Écrit par : Natrép | 13 avril 2012

"On se dit qu'à l'infini de l'univers et de la bêtise humaine annoncés par Einstein, il faut sans doute ajouter la crédulité des Français."

Et vous n'avez pas encore pris la mesure des choses:

=>"Un membre du conseil politique restreint, qui entoure François Hollande et laboure pour lui le terrain, l'assure : "Sarkozy, les gens le haïssent, je n'ai jamais vu ça. Il a créé un lien avec les Français qui implique un rejet absolu. En voulant être chef de tout, il a gouverné de manière violente et autoritaire. Il est anxiogène. Tout le contraire de ce que veulent les Français.""


Bref, avec Sarko, les français se sont pissé dessus de peur et vont donc voter hardiment Hollande pour avoir un président "normal".. Du reste dans Titanic, le capitaine, c'est le plus cool..

Écrit par : Nicolas | 13 avril 2012

Parler de national-socialisme à propos de Marine Le Pen et militer pour l'UDC, parti qu'elle admire beaucoup. Ou bien votre sens de l'humour m'échappe, ou bien il vous reste deux ou trois trucs à comprendre sur la Suisse...
Voiblet vient de ne pas être élu ici dans le canton de Vaud pour occuper la place légitime d'un PAI (souligné par moi) aimé, Jean-Claude Mermoud. Il paie certainement en partie la véritable provocation qu'a été la candidature de Rapaz, parfaitement et totalement inacceptable pour les démocrates de tous bords. J'avais dit que je mangeais mon chapeau si Rapaz était élu,le style Ernst Röhm passant mal par ici, un certain Altavista m'a répondu que je devais m'y préparer. Plus de nouvelles d'Altavista...,vue haute, mais courte. [Monsieur] Maudet à GE dit la même chose que vous, finalement : UDC nazi, pas d'alliance avec eux. Cela ne vous donne pas à réfléchir ?

Personnellement, je trouve qu'il n'y a que deux candidats à la présidentielle française qui disent des choses qui tiennent la route : Dupont-Aignan, et Marine Le Pen, qui les dit mieux...

Écrit par : Géo | 13 avril 2012

Nous avons en 2007 voté Sarkozy pour un voyage dans la lune, on a pas décollé; en fait pour résumer, la citrouille Nord Coréenne à voulu faire identique avec son peuple et sa fusée, et boum! Alors que faire à par laisser ce bateau "région d'eurabie" couler?

En 2017 vous pourrez plonger à la recherche d'antiquités, rappelant la nostalgie du temps écoulé...

Écrit par : NOËL Pierre | 13 avril 2012

@Géo: si je n'ai probablement pas votre degré d'expertise sur la Suisse, je me targue de connaître quelque peu les partis politiques de part et d'autre de la frontière. Marine Le Pen aimerait bien que le Front National français soit l'équivalent de l'UDC suisse, ça ne fait aucun doute (surtout en termes de suffrages!) mais elle en est loin sur le plan des valeurs, elle qui verse dans l'anti-libéralisme, le protectionnisme et l'interventionnisme étatique pour séduire. Ce n'est pas tout d'aimer son pays et de percevoir les dangers d'une immigration incontrôlée, encore faut-il apporter les réponses appropriées.

Ceux qui, ici, traitent l'UDC de nazis font la même erreur: ils essayent simplement de reproduire la stratégie de diabolisation qui a fonctionné en France pendant quelques décennies. Eux aussi aimeraient qu'il y ait une équivalence entre FN et UDC, ça arrangerait bien leurs affaires. Mais l'amalgame est grotesque, il suffit de s'intéresser au programme des deux partis pour s'en rendre compte - et les comparer à celui du NSPD, tant qu'à faire.

Tenter ce genre de manoeuvre en dit long sur les capacités d'analyse de ceux qui tiennent ces discours, à supposer qu'ils soient sincères.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 avril 2012

Merci pour votre réponse et merci (!) pour avoir mis des crochets à "Monsieur" Maudet...
Alors maintenant, je retourne la question : en France, pour qui voteriez-vous ?
Gros problème, non ?

Écrit par : Géo | 13 avril 2012

@Géo: ce sera l'objet d'un billet la semaine prochaine.

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 avril 2012

Ce qui est intéressant, c'est que les programmes de Le Pen, Villiers et Sarkozy ou Bayrou étaient bien plus libéraux que ceux de 2012 (et ceux des successeurs des deux premiers nommés, à savoir Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan)...

Écrit par : caius bonus | 13 avril 2012

"Marine Le Pen aimerait bien que le Front National français soit l'équivalent de l'UDC suisse, ça ne fait aucun doute"

L'UDC est un parti libéral-conservateur; Marine Le Pen n'a rien d'une libérale. Elle diabolise la capitalisme financier, le libre marché mondial; veut réglementer les prix sur l'alimentation de première nécessité, réglementer le taux des crédits immobiliers et de la consommation, réglementer le prix de l'électricité.

Si Marine Le Pen admire l'UDC pour les minarets ou l'immigration elle en oublie les fondements même de l'UDC. Et tout aussi étrange que certains UDC admirent Marine Le Pen qui a plus de point commun avec le socialisme qu'avec l'UDC.

D.J

Écrit par : D.J | 13 avril 2012

"certains UDC admirent Marine Le Pen qui a plus de point commun avec le socialisme qu'avec l'UDC."

Non, ce n'est pas étonnant, c'est une véritable question. Il faut juste se poser la question de la nature de l'état. Si trop d'état est une nuisance, le zéro état, c'est le règne des warlords. Il faut trouver un équilibre entre ces deux extrêmes. Plus je vieillis, plus j'admire de Gaulle et plus je trouve le modèle américain détestable. Et je suis sûr que l'avenir à long terme me donnera raison. L'avenir à court terme vous a de toute façon donné tort, DJ. Cela dit, l'humanité court à sa perte et tout est relatif...

Écrit par : Géo | 13 avril 2012

@ Géo,

Je ne sait pas la raison de votre remarque me concernant sur le zéro état. Surtout que je suis libéral au sens classique du terme et non un libertarien ou un anarcho-capitaliste. Ceci dit, comme équilibre entre les deux extrêmes, je défend l'état minimum ou l'état garant contre l'état gérant et omniprésent.

Pour le modèle américain, du moment qu'il convient aux Américains peu importe si les autres ne l'aiment pas. L'Amérique n'est pas l'Europe et vice-et-versa. A chacun son modèle du moment qu'il est libéral.

Quant à dire que l'avenir à court terme me donne tort, j'aimerai bien savoir comment je peux avoir tort sur l'avenir, puisque ce n'est pas encore arrivé, et précisez-moi sur quoi j'aurais tort. Cela m'intéresse.

D.J

Écrit par : D.J | 13 avril 2012

Vous ne m'avez pas lu correctement. Je suis parti de zéro pour arriver à 100%. Après, c'est une question de curseur. A mon avis, la droite "gaullienne" a raison de penser que les grands projets qui font évoluer la société dans son ensemble sont du ressort de la direction POLITIQUE du pays et non de la décision de je ne sais quel connard big boss à l'américaine. Je ne veux pas que Bill Gates tout seul décide de ma santé. Vous oui, c'est votre droit et moi, j'ai le droit de me battre contre vous.

Écrit par : Géo | 13 avril 2012

Géo,

Marine le Pen se réclame de l'UDC, mais c'est à tort. Elle n'a rien compris à l'UDC.

Le programme de Marine le Pen est étatiste, socialiste, plus socialiste même, par bien des points, que celui du Parti socialiste. En fait, certaines de ses prises de position sont plus à gauche que celles de l'extrême-gauche.

Donc, oui, elle est nationale-socialiste. Pas nazie en ce sens qu'elle ne prévoit ni d'envahir la Pologne, d'exterminer les Juifs, ni de s'allier avec les musulmans comme l'avait fait Hitler.

Au contraire, elle s'est démarquée de l'antisémitisme qui régnait jadis dans son parti.

Mais elle est clairement à gauche en matière économique. Elle a été filmée, en meeting, en train de faire le salut communiste le poing levé !

C'est hélas politiquement rentable en France, l'un des rares pays communistes subsistant dans le monde. Même à Cuba, Raoul Castro a déclaré il y a peu que le communisme était finalement une mauvaise idée, que ça n'avait pas marché !

Écrit par : Robert Marchenoir | 13 avril 2012

J'ai plus le chiffre exact en tête. Je l'ai lu, vu, plusieurs fois quelque part que: "30%" ou "40%" de l'électorat UDC gagne moins de 4000 francs par mois... Donc une bonne frange des "laissés pour compte" de la gauche caviar (fonctionnaires et intellos) et la droite fricarde.
Les accointances de certains UDC avec les ronchons des syndicats patronaux risquent bien de ce payer bonbon un de ces jours.
Et ça ne veut pas dire que l'on est pas libéral si l'on ne cire pas les pompes de ces oursins. Parce que ces chez ces oursins, il y a en réalité de véritables crapauds.

Écrit par : petard | 14 avril 2012

Si vous voulez vous amuser, écoutez l'analyse de Stéphanie Pahud sur Forum RTS1 entre 18h25-30. Cette brillante universitaire lausannoise spécialiste des fumisteries féministes pense que le plus présidentiable des candidats est Mélenchon, parce que le plus proche du peuple...
On rigole, mais ça en dit long sur l'état de délabrement mental des trentenaires suisses romands...

Écrit par : Géo | 14 avril 2012

"Nous sommes socialistes [...] nous sommes ennemis, ennemis mortels de l’actuel système économique capitaliste avec son exploitation de celui qui est économiquement faible, avec son injustice dans la redistribution, avec son inégalité des salaires [...] Nous sommes décidés à détruire ce système coûte que coûte [...] L’État bourgeois est arrivé à sa fin. Nous devons former une nouvelle Allemagne [...] Le futur, c’est la dictature de l’idée socialiste de l’État [...] être socialiste signifie soumettre le Je au Tu ; le socialisme signifie sacrifier la personnalité individuelle au Tout."

Joseph Goebbels



"La lutte la plus forte ne devait pas se faire contre les peuples ennemis, mais contre le capital international. La lutte contre le capitalisme financier international était le point programmatique le plus important dans la lutte de la nation allemande pour son indépendance économique et sa liberté [...]

Dans la mesure où l’économie s’est rendue maître de l’État, l’argent est devenu le dieu que tous devaient adorer à genoux [...] La bourse commença à triompher et s’employa lentement mais sûrement à soumettre à son contrôle la vie de la nation [...] Le capital doit rester au service de l’État et ne pas essayer de devenir le maître de la nation.

Après la guerre non plus, nous ne pourrons renoncer à la direction étatique de l’économie, car autrement tout groupe privé ne penserait exclusivement qu’à la satisfaction de ses propres aspirations. Étant donné que même dans la grande masse du peuple, tout individu obéit à des objectifs égoïstes, une activité ordonnée et systématique de l’économie nationale n’est possible sans la direction de l’État.

Je ne suis pas seulement le vainqueur du marxisme, mais aussi son réalisateur. À savoir, de sa partie qui est essentielle et justifiée, dépouillée du dogme hébraïco-talmudique. Le national-socialisme est ce que le marxisme aurait pu être s’il avait réussi à rompre ses liens absurdes et superficiels avec l’ordre démocratique."

Adolf Hitler

Écrit par : Nicolas | 14 avril 2012

Nicolas@ Merci de nous donner les références bibliographiques. Cette dénonciation du grand capital, des banquiers qui évidemment sont tous juifs...le réflexe a joué avec Madoff. Un journaliste new-yorkais a parlé du juif Madoff...
Mais bon, un Américsin n'est pas attaquable sur la political correctness. Imaginez qu'un journaliste allemand ait écrit cela...
Ou pire, un Suisse. Les Américains nous auraient envoyé les B-52 sur Berne...

Écrit par : Géo | 16 avril 2012

D'après le blog de Georges Kaplan, la France est presque championne du monde de la dépense publique, en troisième position sur 178 pays, avec 56,6 % du PIB consacré aux dépenses publiques.

Le n°2 mondial est le Danemark avec 58,5 %, et le numéro un est... Cuba avec 75,2 % ! (Même Cuba n'est pas à 100 %, et d'assez loin...)

Dans ces conditions, le nombre de gens qui ont intérêt au maintien du modèle étatiste (dit "modèle social français") est colossal. A droite comme à gauche, chez les pauvres comme chez les riches, énormément de gens profitent directement de ce système qui est une escroquerie généralisée, où tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde (selon la formule de Frédéric Bastiat).

Il n'est donc pas étonnant que tous les candidats à l'élection présidentielle soient socialistes... qu'ils soient, officiellement, de droite ou de gauche.

Écrit par : Robert Marchenoir | 16 avril 2012

La situation en France est désespérée... Nous sommes condamnés à la décadence à cause de la bêtise jalouse des français.. c'est lamentable.

Écrit par : Nicolas | 17 avril 2012

Au cours de ces trente dernières années, les Français ont été amenés à se faire une vision réductrice des priorités. Or, la première d'entre-elle pour eux, c'est leur cher «prix à la pompe»...
François Hollande l'a très bien compris. Les poils de pourcentage pour être élu vont aussi se jouer là-dessus. Car en France, on peut déconner sur tout mais pas avec «le prix à la pompe».
S'il est élu, il y aura donc à court terme l'espoir d'un gazoile plus abordable. Et c'est ce que les Français attendent avant de partir en vacances. Car pour le reste, ils le savent très bien, ce sera au mieux la même galère qu'avant. Ça sera au moins ça de pris!

Écrit par : petard | 17 avril 2012

A priori, on peut se demander si la meilleure chose qui puisse arriver à Sarkozy ne serait pas de ne pas se faire ré-élire...
Blanc bonnet ou bonnet blanc, ce qui s'annonce pour le futur président et ses ouailles , c'est cinq ans de malheur. Autant que ce soit pour les socialistes, le malheur leur va si bien. Pauvre France...

Écrit par : Géo | 17 avril 2012

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