19 avril 2012

22 avril 2012, un choix cornélien

Face à l'échéance électorale de dimanche, le citoyen français est face à un choix délicat. D'habitude, on exprime les dilemmes sous forme d'alternatives, comme Charybde et Scylla, mais ici, l'électeur affronte pas moins de dix petits monstres à la fois, tous plus agressifs, pathétiques et incompétents les uns que les autres. Pas facile de se décider, en effet.

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Avec une telle brochette de champions, le grand vainqueur de ce premier tour est déjà connu: l'abstention. La tentation sera grande pour les Français de consacrer leur dimanche à une occupation plus essentielle que l'élection du prochain président - comme passer un peu de temps avec leur famille, par exemple.

L'élection est d'autant moins importante que même si les programmes se suivent et se ressemblent d'une échéance à l'autre, il n'y en aura en réalité qu'un seul applicable au lendemain du second tour: la rigueur, matin, midi et soir. Alors, à quoi bon voter pour les promesses de Jacques, de Nathalie ou de Philippe en sachant que le résultat sera le même? La situation de la France ne fait plus guère illusion et en fin de compte, que ce soit en hausse des prélèvements ou en baisse des prestations, tout l'inventaire va y passer.

Mais enfin, pour les irréductibles inexplicablement accrochés à leur "devoir civique", il faut bien se décider à choisir quelqu'un. Pour ceux-là, voici ma modeste analyse.

Mélenchon, Bayrou et les autres candidats rigolos

Le premier tour d'une élection présidentielle est une kermesse où se côtoient, sur un pied d'égalité, tous ceux qui ont réussi à obtenir les fameuses 500 signatures de maires. La tentation est grande de voter pour le plaisir. Cela donne aux "grands" une indication de la façon dont l'électorat se comporte. Les "petits", eux, peuvent monnayer leur soutien au second tour en échange d'un renvoi d'ascenseur, comme un maroquin de ministre.

Gageons qu'entre Nathalie Arthaud (trotskyste), Nicolas Dupont-Aignan (souverainiste), Philippe Poutou (trotskyste), Eva Joly (trotskyste écologiste) et Jacques Cheminade (gaulliste), rares seront ceux à franchir la barre fatidique des 5%.

Seuls Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou sortent du lot. Le premier a su habilement créer le buzz pour se présenter en leader de l'extrême-gauche, aussi étonnante soit cette hypothèse pour un politicien du sérail, sénateur pendant vingt ans, tardivement reconverti au militantisme forcené. Mais à part éructer contre le système, il n'y a pas grand-chose à attendre de sa candidature. Son score risque d'être décevant, malgré les sondages: dans le secret de l'isoloir, les sympathisants gauchistes savent bien qu'un candidat de leur bord se doit d'arriver au second tour, et que François Hollande a infiniment plus de chances de parvenir au poste suprême. Tout révolutionnaires qu'ils soient, les supporters de Jean-Luc Mélenchon ne supporteraient pas d'endosser le rôle de ceux qui ont offert à Nicolas Sarkozy sa réélection sur un plateau.

Ce n'est pas la même chose pour François Bayrou, dont la position modérée le verrait vainqueur au second tour dans n'importe quelle configuration. Problème, aucune chance qu'il ne parvienne jusque-là. Sa longue traversée du désert ne l'a pas laissé indemne. Il n'a pas d'élus, guère de moyens, son parti est faible et divisé. L'espace politique qu'il occupait a été promptement broyé par Nicolas Sarkozy dès le début de son mandat, ce dernier orientant sa politique résolument à gauche afin qu'aucune place ne subsiste entre le PS et l'UMP.

La tentation de la Marine

Entre Jean-Luc Mélanchon et Marine Le Pen, qui incarnera le mieux le coup de pied dans la fourmilière? Le dégoûté de gauche penchera pour le premier, le dégoûté de droite pour la seconde. Mais, outre le fait qu'il y a à droite bien plus de gens écoeurés par Nicolas Sarkozy que d'électeurs de gauche remontés contre François Hollande, l'héritière de la famille Le Pen bénéficie du précédent historique du 21 avril 2002, où, à la surprise générale, son père se retrouva au second tour contre Jacques Chirac.

Autrement dit: l'effet de surprise est éventé depuis dix ans.

Depuis 2002, la gauche se fait un devoir d'assurer le service minimum en arrivant au second tour, quitte à y échouer lamentablement. D'ailleurs, cinq ans après l'incident, Jean-Marie Le Pen obtint à peine plus de 10% des suffrages. L'histoire ne repasse pas les plats.

Marine Le Pen table sur une honorable troisième place. Si par accident elle devait éliminer un favori, l'exemple historique nous suggère que rien ne changera: la candidate du Front National sera ostracisée et le rescapé plébiscité. Il n'y aurait pas de débat télévisé. Le Front National ne deviendra pas un parti fréquentable. Tout ce que la place compte de chroniqueurs et d'éditorialiste s'empressera d'effacer ce pénible épisode de sa mémoire.

En fait, comme en 2002, une réussite du candidat du Front National privera simplement le peuple français d'un véritable second tour.

Bienvenue en Sarkhollande

Selon toute vraisemblance l'élection présidentielle de 2012 se jouera comme d'habitude dans un ennuyeux duel entre l'UMP et le PS, Nicolas Sarkozy contre François Hollande. Vue de Suisse, la différence entre les candidats est ténue. Pourtant, et malgré tout les griefs que je peux éprouver envers l'un et l'autre, il me semble préférable d'opter pour François Hollande.

Ne croyez pas un instant que je pense qu'il fera un bon président ou que son programme a le moindre sens. Mon point de vue est strictement pragmatique. Je pense que François Hollande doit remporter ces élections pour deux raisons.

La première, et pardonnez-moi ce truisme, est qu'une victoire de François Hollande implique une défaite de Nicolas Sarkozy. Or, il est essentiel que Nicolas Sarkozy perde. Elu en 2007 sur un programme de droite, vaguement responsabilisant et poussant timidement la France dans la direction des réformes, il n'a cessé de décevoir son électorat, de pencher toujours plus à gauche et de finalement trahir l'immense espoir sur lequel il a été élu. Il a fâché jusque dans sa propre majorité. Les Français avaient choisi un réformateur, ils se sont retrouvés avec l'héritier frénétique de Jacques Chirac.

Nicolas Sarkozy a passé son temps à créer de nouveaux impôts et taxes, à nommer ses prétendus adversaires politiques à des postes à responsabilité (on pense non seulement à ses ministres socialistes, mais aussi à Dominique Strauss-Kahn à la présidence du FMI), à renoncer à réformer en profondeur la fonction publique, la sécurité sociale, les retraites, le droit du travail. Sous sa direction, la France a perdu des rangs de compétitivité, son triple-A, et s'est vu gratifiée d'un million de chômeurs supplémentaire.

Ce président demandait en début de mandat à être jugé sur ses résultats: ils sont sous nos yeux. Nicolas Sarkozy ne doit pas être réélu. S'il est reconduit à la présidence, alors les citoyens français auront perdu les derniers vestiges de crédibilité dont ils disposaient encore auprès de leur classe politique. Il n'est pas certain que l'échec du président sortant amène à une remise en question salutaire, mais s'il accède à un second mandat, on peut être sûr que celle-ci n'aura pas lieu.

La seconde raison de choisir François Hollande, c'est que l'expérience empirique montre que lorsque la rigueur survient, un président et un gouvernement de gauche sont plus à même de faire passer la pilule des réformes auprès de leurs administrés.

La France va changer dans les cinq ans qui viennent, et dans une direction toute autre que celle chantée par les candidats. Si les changements sont prônés par un gouvernement de droite, les blocages seront terribles: à la résistance acharnée contre la remise en cause des "droits acquis" s'ajoutera la lutte contre l'adversaire politique. La minorité de gauche ne sera que trop contente de miner l'effort entrepris en versant dans la surenchère irresponsable: cette rigueur n'est pas nécessaire, le président est à la solde de la finance apatride, etc.

Si les changements sont prônés par un gouvernement de gauche, en revanche, les centrales syndicales seront en porte-à-faux ; le soutien de la minorité de droite n'est pas impensable ; les forces de gauche seront en ordre d'autant plus dispersé que la plupart des formations politiques de ce bord se seront empressées de participer au nouveau gouvernement. Des réformes prises au nom du réalisme et de l'urgence pourraient passer, malgré des protestations symboliques. Après tout, si même des socialistes proposent une réduction du poids de la fonction publique, c'est qu'il n'y a vraiment plus d'autre choix.

Voilà pourquoi - toutes choses étant relatives - l'élection probable de François Hollande est la moins pire des solutions, même s'il est choisi par les citoyens français pour tout un tas de mauvaises raisons!

Moi? Je ne voterai pas, Frédéric Bastiat n'ayant pas réussi à obtenir ses 500 signatures.

Commentaires

Au premier tour à chacun son "Jihad" pour se faire mousser... alors poussons le bouchon plus loin, vers le naufrage...

é bé, comme dirait Poutou...

moi je suis aussi pour François Ho-lan-de, co-me-ça tous les ri-che foutteront le camp en Sui-ce... et ça fera du gras pour l'immobiliééé et no-tre co-merce... van dieu!

Écrit par : petard | 19 avril 2012

Merci S.M. pour ce billet...
C'est toujours un plaisir à lire...et j'en profite pour rouvrir mon dico (truisme :-) ).

Je suis surpris en 1ere lecture de la préco : Hollande serait la moins pire des solutions... mais la théorie de la pillule me plait bien !

Plus serieusement... reforme des universités ; auto entrepreunariat ; heures sup ; prolongement des retraites --> tout n'est pas à jeter dans Sarko, non ?
Au plaisir de vous lire

Écrit par : Jazzlife | 19 avril 2012

@Jazzlife: comme ça, de but en blanc, je vous dirai bien sûr que non, tout n'est pas à jeter. Mais en fait, à regarder les réformes que vous citez, dans chaque cas Nicolas Sarkozy a bâclé le travail au point de rendre l'exercice dérisoire.

Prenez les retraites par exemple. A-t-il introduit un mécanisme d'épargne-retraite? Supprimé les avantages iniques des retraités publics? Non, bien entendu. Toujours des bricolages, des réformettes, aucun travail de fond.

Outre la futilité de ses priorités, toutes les "réformes" de Nicolas Sarkozy se sont concentrées sur des éléments annexes, en prenant bien soin d'éviter d'aborder la réforme numéro 1, c'est-à-dire, la réduction du train de vie de l'Etat.

Il avait les coudées franches pour agir: une belle élection, les deux chambres acquises à sa cause, pas de contestation à l'interne de son parti, un mandat, un programme, et l'aval des Français.

Mais il aura préféré consacrer un quinquennat entier à procrastiner, à donner le change, à naviguer à vue selon les sondages et l'actualité du moment (d'où l'adage "un problème médiatique = une loi") et à corrompre / subjuguer / diviser ses adversaires politiques, dans une stratégie politicienne de conservation du pouvoir.

Il est crucial que les Français sanctionnent cette vacuité, s'il leur reste une once de fierté.

Quant aux réformes, la France est tellement en retard sur le calendrier qu'elles seront probablement imposées de l'extérieur.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 avril 2012

La politique du pire, du point de vue des Français voter Hollande, n'est jamais une bonne politique sauf pour les extrémistes. Du point de vue des Suisses, bien sûr, on assistera avec un léger sourire en coin à la fracassée de gueule de nos charmants voisins. Et bonjour l'Europe, hé, hé...
Non, on peut raisonnablement espérer que Sarko va se faire bien cadrer par les autres cadres de l'UMP s'il passait, vu les dégâts qu'il a occasionnés jusqu'ici. Quant aux riches Français qui fuiraient un régime socialiste de confiscation tel que prévu par Hollande, espérons qu'ils ne viendront pas chez nous. On a assez d'ennuis comme ça...

Écrit par : Géo | 19 avril 2012

Pourquoi, Géo ? Vous n'aimez pas les riches, vous non plus ?

Je suis obligé de constater que Stéphane Montabert a raison sur le bilan de Sarkozy. Jusqu'au dernier moment, il s'est gargarisé de la fameuse règle de non-remplacement d'un fonctionnaire partant à la retraite sur deux. (Et encore, ça fait un bout de temps qu'on n'entend même plus parler de ça.)

Or, non seulement cette règle est, en pratique, détournée (les augmentations de salaire aux fonctionnaires restants ont largement entamé les économies attendues), mais surtout, elle est dérisoire par rapport à la réduction nécessaire du nombre des emplois publics.

Et malgré cela, la gauche est, comme c'était prévisible, vent debout contre cette "scandaleuse destruction de nos services publics par l'ultra-libéralisme".

Tant qu'à faire grimper les gauchistes au cocotier en poussant de cris de koalas en chaleur, autant que ce fût pour une bonne raison. Là, la gauche a hurlé, et pourtant rien n'a été réformé de façon significative.

Écrit par : Robert Marchenoir | 19 avril 2012

"Quant aux riches Français qui fuiraient un régime socialiste de confiscation tel que prévu par Hollande, espérons qu'ils ne viendront pas chez nous. On a assez d'ennuis comme ça..."

Tout-à-fait d'accord. On devrait fixer un contingent très limité aux "réfugiés économiques" menacés d'être dépouillés du fruit de leur TRAVAIL RÉEL, pas de ceux qui ont joué au loto de la bourse ou les starlettes du show biz.

Et vu que Mélenchouillon veut nous faire les poches, on pourrait aussi revoir quelques dispositions avec certains "je sais tout" qui passent les frontières à tombeau ouvert chaque matin. On pourrait par exemple les payer au smic français et ristourner la différence à Bercy. Sûr que Mélenchon et Hollande deviendraient nos grands copains.

Écrit par : petard | 19 avril 2012

Robert Marchenoir@ Votre commentaire n'apparait toujours pas, mais je réponds au début :
1. On commence à avoir assez de riches par ici. Cela finit par poser problèmes. Il y a moins de m2 en Suisse qu'en France.
2. Pas envie de voir les panzerdivisions de Von Monteburg débarquer dans mes plate-bandes. On a déjà eu Napoléon, ça va comme ça...

Écrit par : Géo | 19 avril 2012

Cette interview semble vous donner raison, M. Montabert (même si elle est réalisée par un petit journal français d'extrême-gauche...) :

http://www.fakirpresse.info/Le-plan-de-bataille-des-marches,359.html

Écrit par : Robert Marchenoir | 19 avril 2012

@ Montabert,

En lisant votre billet j'ai du vérifié une deuxième fois si c'était bien sur votre blog que j'étais. Cela me surprend que vous aimeriez que Hollande doit passer. Un peu comme les PLR vaudois qui soutenaient Maillard pour le conseil fédéral.

Je suis d'accord comme vous que Sarkozy n'a pas atteint les objectifs qu'il avait promis. Mais je ne cois pas que d'être déçus du médecin, que cela oblige le patient à se retourner vers un charlatan. Hollande président + un sénat à gauche et + une assemblée nationale qui risque de basculer à gauche va faire basculer la France dans un gouffre à la vitesse grand V si les promesses électorales de Hollande seront tenues. Généralement pour promettre le socialisme partout ça passe beaucoup mieux chez nos voisins français.

A votre place j'aurais plutôt dit que les Français doivent élire Hollande pour se rendre compte plus tard qu'il auraient mieux fait de garder Sarkozy.

D.J

Écrit par : D.J | 19 avril 2012

@Robert Marchenoir: je partage les propos de ce monsieur Nicolas Doisy. Maintenant, est-ce que libéraliser le marché du travail sera suffisant?

@D.J: mais Sarkozy et Hollande sont des charlatans tous les deux, le reste n'est qu'une question de style!

Ne croyez pas que la France a le choix entre un paisible train de réformes sarkoziennes ou une explosion en vol à la Mélanchollande: les deux scénarios sont excessifs.

Nicolas Sarkozy sera peu capable de mener les réformes nécessaires
1. Parce qu'il n'a pas eu cette force lorsqu'il en avait le pouvoir
2. Parce qu'il est de droite et qu'il a donc tout le monde contre lui
3. Parce que rien dans sa communication ne laisse entendre qu'il a compris quoi que ce soit aux enjeux

Il est exactement comme Joseph Stiglitz, à tenir des discours surannés sur les options idiotes que nous avions avant-hier.

François Hollande, lorsqu'il saisira la situation de la France, aura le choix entre un bras d'honneur aux créanciers style Argentine ou des réformes minimales pour que le pays évite l'effondrement. Comme il n'a rien d'un Hugo Chavez, je pense qu'il choisira le chemin de la sagesse, quitte à tordre le bras au dogme socialiste.

En fin de compte, les deux hommes arriveront au même résultat par des chemins différents.

Deux questions à se poser:
- Quelles seront les conséquences de l'élection de l'un ou l'autre sur la recomposition des forces politiques?
- Les réformes qu'ils entreprendront mollement et tardivement seront-elles suffisantes pour éviter l'écrasement?

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 avril 2012

"Pas envie de voir les panzerdivisions de Von Monteburg débarquer dans mes plate-bandes"

Je l'avais oublié celui-là. Aïe !!! C'est qu'il va bien devenir ministre de quelque chose le jeune loup aux crocs d'acier... On est pas sorti de l'auberge!

Écrit par : petard | 19 avril 2012

A part le fait de préférer comme vous Hollande à Sarkozy, je ne suis pas d'accord sur un certain nombre d'autres points.
D'abord, ceux qui tirent les ficelles des oligarchies de l'UMP et du PS sont les mêmes, c'est la nomenklatura de la Fonction Publique française. Et on le voit bien en France où ces deux duettistes sociaux-démocrates font la même politique, avant tout au service de cette même caste. L'ennemi n'est pas le bouc émissaire qu'ils se plaisent à nommer, c'est à dire les riches, mais bien leur caste. La moindre comparaison avec les autres pays montre bien que la France dépense 10 points de PIB de plus pour le même service, c'est bien la pléthore de ses frais de personnel qui est donc en jeu.
Voir http://liberalisateur.blogspot.com
Mais je ne suis pas d'accord avec vous sur le vote Marine Le Pen pour qui, français je vais voter dimanche prochain. C'est le seul vote pour faire exploser l'entier de la classe politique en France et obliger à son renouvellement quand il ne fera plus bon (parce que les français auront ainsi montré leur mécontentement) d'avoir une étiquette UMP ou PS.
Alors comment tous les "indignés" de cette caste pourront-ils se rassembler sur le même vote utile ? JM Le Pen a montré le chemin en 2002 où les électeurs mécontents se sont spontanément rassemblés sur son nom. Maintenant les électeurs savent comment faire. Alors en 2007 que s'est-il passé ? D'abord un grand menteur a chassé dans cet électorat et a poussé un "troisième homme" qui devait récupérer l'électorat mécontent, Bayrou par médias aux ordres, interposés.
Mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps comme l'aurait dit Lincoln. Et cette fois-ci, le Bayroutage ne marche plus. Quand Mélenchon hier sur La Une et interviewé par Darius Rochebin, n'a pas peur de tout prendre aux français qui gagneraient plus de 360.000 euros par an, compte-t-il vraiment faire 15% de l'électorat? Les français savent pour la plupart et dans leur for intérieur que ce n'est pas en faisant fuir les riches, car tous en connaissent, que leur sort va être amélioré. Je pense donc que Marine Le Pen sera au deuxième tour et contre Hollande dont 60% de ses électeurs ne le font que dans la fausse alternance de battre Sarkozy.
Et un deuxième tour Hollande/Le Pen n'est pas joué, car Marine ne va plus joué à ce moment là au "mieux disant" collectiviste, mais rassembler la droite qui est majoritaire en France. Et Libéraux, les Le Pen l'ont toujours été. La posture du moment pour le FN s'est de se dédiaboliser de l'extrême-droite où les médias le brocardent en donnant dans le marxisme le plus outrancier.
Maintenant il n'y a plus qu'à attendre le 7 mai pour voir le meilleur pronostic.
Sans oublier qu'un reportage paru en 2006-2007 sur le journal Coopération, avec une interview de Nicolas Tenzer, haut fonctionnaire français (que j'ai relaté sur mon blog sous le titre "Le libéralisme partout .. sauf en France" ) et ami avec François Hollande le qualifiait de Libéral. Et que cela soit les Le Pen ou Hollande je veux bien que l'on passe du socialisme au libéralisme, mais le contraire je ne l'ai encore jamais vu. Chassez le naturel il revient au galop nous dit-on aussi.

Écrit par : Libéralisateur | 20 avril 2012

@Libéralisateur: "libéraux, les Le Pen l'ont toujours été". Waouh, vous y allez fort! Si Le Pen a effectivement affirmé être libéral dans les années 80 c'était plus par effet de mode que par conviction profonde. Même Chirac se prétendait libéral à l'époque, c'est dire.

Mais autre temps, autres moeurs, jetons un oeil au programme "libéral" de la Marine: http://www.frontnational.com/pdf/projet_mlp2012.pdf

Première mesure (!) du document: "Tous les salaires jusqu'à 1500€ bénéficieront d'une augmentation de 200€ net. Cette mesure sera notamment financée par l'instauration d'une contribution spéciale aux importations de 3% sur la valeur des biens importés."

Oh! De la démagogie et du protectionnisme!

Emploi: "une protection intelligente aux frontières sera mise en oeuvre pour lutter contre la concurrence déloyale des pays à très bas coût de main-d'oeuvre et les délocalisations qui en sont la conséquence."

Et qui va payer cette protection intelligente, hmmm? Les fabricants, ou leurs clients français?

"Les petits commerces seront défendus contre la grande distribution: une action sera engagée par l'Etat au niveau des centrales d'achat pour rétablir un équilibre entre le commerce indépendant et la grande distribution."

Un peu d'interventionnisme étatique, pour changer.

Dette: "Le monopole des banques sera supprimé en déprivatisant l'argent public".

Charabia pas super clair, mais en résumé, Marine veut pouvoir obtenir des ramettes de billets neufs de la Banque Centrale à la demande, au prix du papier. Inflation, anyone?

Retraite: "La retraite pleine à 40 annuités sera restaurée et l'âge légal de retraite sera ramené à 60 ans."

J'ai beau chercher, rien sur la fin du schéma de Ponzi du régime de retraite par répartition...

Très "libéral" tout ça... Et il y en a des pages et des pages. Bon, tout n'est pas idiot (l'instauration de la proportionnelle pour tous les scrutins est parfaitement légitime et fonctionne très bien en Suisse) mais franchement, prendre l'ensemble pour du libéralisme, même de loin, ça fait peur.

Comme je disais par ailleurs, penser qu'en France un candidat ou un autre défendrait le libéralisme ne traduit que le niveau lamentable auquel est descendu le débat d'idées là-bas... Ils ne sont pas tous 100% antilibéraux, mais c'est juste par accident.

Ceci dit, c'est vrai qu'un second tour Hollande-Le Pen me ferait bien rigoler. La baffe serait bien méritée pour Sarkozy. Mais bon, vous pensez *sérieusement* que MLP gagnerait au second tour?!

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 avril 2012

Le FN en tout cas préfère défendre l'individu que le moindre sentiment du collectif et c'est cela le libéralisme.
Mais surtout je me moque bien du programme du FN lorsqu'il s'agit de voter Marine Le Pen lors du premier tour, il s'agit d'éliminer simplement Sarkozy de ce tour ci. Et attrape-t-on les mouches avec du vinaigre? On ne peut pas gagner en France en 2012 d'autant plus, une élection où plus ou moins 25 % de la population votante aune personne dans sa famille, qui fait partie de la Fonction Publique. En plus chacun qui connaît nos institutions sait que c'est une majorité de notre Parlement qui déterminera la politique de la France. Et pour que cette Assemblée Nationale puisse proposer une autre politique il faut que l'UMP explose dès ce premier tour.
Parlons alors d'un duel Hollande-Le Pen, seule cette dernière pense qu'il importe de sortir à froid de l'euro et de l'UE fédéraliste (que les français ont quand même rejeté en 2005) plutôt que d'y être contraints dans quelques années par un scénario à la grecque. Qui peut soutenir le contraire. La fuite en avant à laquelle nous assistons en France est suffisamment éloquente sur ce point.
Enfin il est quand même symptomatique de voir tous les clips des Hollande/Sarkozy constellés de milliers de drapeaux français (alors d'ailleurs que c'est interdit) mais aucun d'européens. Ceci pour encore un peu plus tromper les électeurs, qui ne vont pas être dupes. Mais si cette manœuvre marketing existe, c'est que les français la demandent. Quand dimanche ils vont donner leur choix, ils savent donc déjà quoi voter. Alors que c'est justement ces deux là qui ont vendu la France à l'UE et, si on les laisse faire vont de plus vendre notre souveraineté fiscale en signant le nouveau traité européen.
Oh que oui dès dimanche prochain il va y avoir de grosses surprises.

Écrit par : Libéralisateur | 20 avril 2012

" Le FN en tout cas préfère défendre l'individu que le moindre sentiment du collectif et c'est cela le libéralisme. "

Comme Mélenchon qui dit vouloir redonner le pouvoir au peuple en voulant augmenter le pouvoir de l'état.

D.J

Écrit par : D.J | 20 avril 2012

Pas de choix cornélien en ce qui me concerne.
Je souhaite que la France retrouve sa souveraineté et tourne le dos à la technocratie européenne où veulent nous conduire ceux que l'on appelle "les favoris". Mais ils le font en douce comme cet article le montre.
Comme on sait où tout cela nous conduit inéluctablement, le bulletin de vote est bien entre les mains des électeurs pour ré-éditer le NON du 29 mai 2005.
http://liberalisateur.blogspot.com/2012/04/lentourloupe-2012.html?spref=fb

PS à l'administrateur : pourquoi l'abonnement au fil de discussion ne marche pas ?

Écrit par : Libéralisateur | 20 avril 2012

Malika Sorel, membre du Haut conseil à l'intégration, femme d'origine algérienne qui lutte contre l'islamisation de la France, écrit sur son blog, en évoquant le socialiste François Hollande :

"J'ai discuté avec des maires qui m'ont dit qu'avant même l'élection présidentielle, du seul fait de savoir que le candidat d'un parti immigrationniste, et qui va instaurer le droit de vote des étrangers, pouvait être élu, les "jeunes" [Note : issus de l'immigration maghrébine et africaine] gonflaient les biceps et qu'ils en devenaient encore moins gérables et disposés à "discuter". Voilà comment on place tout un pays en coupe réglée."

Écrit par : Robert Marchenoir | 20 avril 2012

"Et qui va payer cette protection intelligente, hmmm? Les fabricants, ou leurs clients français?"

Et il y a qui entre les fabricants et les clients français? On les oublie ceux-là, les parasites, les voyous ! Mais quelques-uns sont visibles sur La Croisette en Juillet... aux Bahamas, Bora Bora et autres... et si c'est pas sur leur chalutier

Une raquette de tennis de très grande marque sort à 8$ de Chine... ah, j'ai oublié le transport.

Écrit par : petard | 20 avril 2012

@ Robert Marchenoir,

Allez-vous voter pour Sarkozy? ou vous allez vous abstenir. Connaissant vos positions politiques je vous imagine pas voter pour un autre candidat ( ou Bayrou? ).

D.J

Écrit par : D.J | 20 avril 2012

D.J.,

Je voterai pour Marine le Pen.

Un bon score de Marine le Pen aurait deux significations politiques :

- La première, la plus forte, une opposition à l'immigration et à l'islam.
- La deuxième (largement en retrait), un message de défiance général à l'égard du monde politique, et une opposition au pouvoir tyrannique de l'Union européenne.

Le reste, le programme socialiste et anti-libéral de Marine le Pen, passera largement inaperçu. Si des poissons revendiquent de vivre dans l'eau de mer, personne ne les remarquera.

En France, tout le monde est socialiste et anti-libéral à des degrés divers. Donc oui, le fait qu'elle fasse croire aux gens que la Banque de France peut fabriquer de l'argent en appuyant sur le bouton d'une rotative me navre profondément, mais ce n'est pas différent de ce que disent depuis des décennies la plupart des politiciens mainstream.

De plus, un vote pour Marine le Pen est un message de solidarité envers les centaines de milliers de Français dont les proches sont régulièrement tués, torturés, brûlés vifs, violés, mutilés, rendus handicapés, agressés, volés, insultés, humiliés par la racaille immigrée, et auxquels le pouvoir répète que leurs souffrances n'existent pas, que la criminalité n'existe pas, que l'immigration n'existe pas, que l'immigration est d'ailleurs une excellente chose, et qu'eux sont de sales racistes qu'il va falloir rééduquer et punir.

Le débat sur l'organisation socialiste ou libérale de la société devient un luxe face à la menace de génocide par remplacement ethnique, face à la menace de la dictature islamique. Si le peuple français est envahi et asservi, ce genre de détail n'aura plus aucune importance, et d'ailleurs une France aux mains des immigrés musulmans ou africains serait d'office socialiste et anti-libérale.

En temps de guerre, quand l'invasion, la conquête et l'asservissement menacent, la priorité est de défendre la nation. La politique intérieure passe au second plan.

Quant à Sarkozy, il a perdu toute crédibilité et dans le domaine de la lutte contre l'immigration, et dans le domaine de la lutte contre l'islam, et dans le domaine de la lutte contre les dépenses publiques, et dans le domaine de la restitution du pouvoir au souverain, comme vous le dites si bien en Suisse.

Il dit ce qu'il veut quand il veut, et il n'y a pas la moindre garantie que ce qu'il promet aujourd'hui, qu'il n'a pas fait hier et qu'il a promis avant-hier soit fait demain.

La preuve, c'est qu'il appuie sur la pédale de droite ces derniers jours, histoire de siphonner une fois de plus les votes des électeurs Front national, mais que simultanément il déclare que s'il est élu, il ne fera aucune ouverture politique au Front national.

J'ai voté Sarkozy en 2007, je ne le regrette pas, c'est ce qu'il fallait faire.

Il a montré qu'il se moquait ouvertement de ses électeurs, j'en tire les conséquences.

Et je ne joue pas au billard à trois bandes, sport favori de nombreux Français : voter Machin pour en réalité faire élire Truc, ou bien voter Truc en espérant qu'il réalisera le programme de Machin qui est son ennemi juré.

Il y a un moment où la politique doit être simple. Il faut voter pour ceux qui portent votre programme, même s'ils n'ont aucune chance d'être élus.

Ce n'est pas ma faute si la France est à 90 % socialiste.

Écrit par : Robert Marchenoir | 20 avril 2012

C'est aussi l'avis de Richard Waghorne, chroniqueur du Daily Mail :

"In present circumstances, given present choices, the only responsible vote in France next Sunday is a vote for Marine Le Pen, leader of France’s National Front."

http://waghorneblog.dailymail.co.uk/2012/04/despite-her-flaws-the-only-responsible-vote-in-france-next-sunday-is-one-for-marine-le-pen.html

Écrit par : Robert Marchenoir | 20 avril 2012

@ Marchenoir,

Dans une situation autre je ne vous aurais pas compris ce choix lepéniste. Mais choisir entre des candidats qui vouent tous un culte pour l'état cela revient de toute manière a voter pour du socialisme.

Mais voter pour Marine Le Pen reste un risque mal calculé. En cas de surprise ( allez savoir ) je ne pense pas que sa volonté de lutter contre l'immigration illégale et abusive et sa lutte contre l'islamisme soit adéquat avec sa politique économique étatiste et autarcique. Le socialisme n'a jamais fait bon ménage avec la sécurité publique. Aggraver une économie ne fait que d'attiser les frustrations.

Personnellement Sarkozy est le moins pire des choix ( j'ai bien moins pire et pas le meilleur des choix ).

D.J

Écrit par : D.J | 21 avril 2012

"François Hollande, lorsqu'il saisira la situation de la France, aura le choix entre un bras d'honneur aux créanciers style Argentine ou des réformes minimales pour que le pays évite l'effondrement. "



Hollande connaît parfaitement la situation de la France, et le résultat de la politique qu'il entend mener (en privé, évidement, micros coupés, il en parle très simplement). mais sa tâche est de faire durer le système le plus longtemps possible, pas de faire la moindre réforme. C'est bien pour cela qu'il sera élus par les énarques et les fonctionnaires, qui jamais n'ont évidement eut l'idée de se suicider socialement et économiquement pour la "france", qu'ils détestent. Le système va donc devenir plus socialiste, plus prédateur, plus surveillé, plus redistributeur et magouilleur.. Et qu'importe si en réalité les français continu à perdre du pouvoir d'achat et ont une vie plus dure, tant qu'ils n'en prennent pas conscience..

Écrit par : Nicolas | 22 avril 2012

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