09 juillet 2012

Tout-va-bien à Renens

Régulièrement en contact avec des journalistes au sujet de la politique locale, on me demande parfois mon sentiment sur la situation de Renens, notamment en matière de sécurité, de propreté, de civisme.

"Renens a mauvaise réputation, mais les choses s'arrangent, non?" suggèrent sempiternellement mes interlocuteurs.

cambriolage.jpgHélas, non, je n'ai guère l'impression que les choses s'arrangent. On peut clairement admirer la réussite de la Municipalité pour avoir réussi à faire rentrer cette opinion au sein de la classe journalistique, fruits d'un travail de fond et de longue haleine.

Mais au vu de la réalité du terrain, l'effort de communication n'est pas près de se relâcher.

Pour les habitants de Renens, la perception des choses est légèrement différente, comme le serait celle des journalistes s'ils se donnaient la peine de faire une petite recherche dans les articles de leurs propres publications - sans compter que bien des affaires ne suscitent pas l'intérêt médiatique, tel le cambriolage banal d'une boutique de téléphone portable rue de la Mèbre, ci-contre.

Il faut que le crime sorte de l'ordinaire pour que les médias s'y intéressent. Les habitants, eux, contemplent chaque matin les murs taggués et les vitrines brisées avec une belle régularité, et encore ne s'agit-il que de la partie visible des nuisances et de l'insécurité.

La lassitude n'atteint pas que la population: la Municipalité a ainsi "courageusement" choisi de murer avec des cloisons en bois les vitrines du passage sous-gare (trop souvent défoncées) et de retirer divers éléments de mobilier urbain près de la gare, comme les cendriers (trop souvent vandalisés). Mais tout est affaire de communication, car il faut maintenir les apparences.

incendie_gare2.jpg
La gare de Renens, victime d'un incendie (probablement criminel) au mois de mai.
Une chance qu'il n'y ait pas eu les caméras, elles auraient brûlé...

Ce n'est pas chose facile tant les stigmates de l'insécurité renanaise sont visibles. Par insécurité, je n'entends pas forcément des gangs organisés ou des réseaux semi-professionnels allant du cambrioleur au receleur, mais un mélange complexe de haine, de mal-être, de drogue et d'alcoolisme, de manque d'éducation, de jalousie et de désoeuvrement frappant un certain nombre de ses habitants, et qui fait des ravages en termes de relations de voisinage et de criminalité.

Il est facile de défausser le constat sous le fallacieux prétexte du sentiment d'insécurité, mais celle-ci recouvre des faits très concrets, dûment enregistrés dans les statistiques de Polouest, la police régionale de l'ouest lausannois. Les méthodes de calcul ont évolué avec le temps mais le chapitre adéquat du rapport de gestion 2011 (page 38 et suivantes) permet un bon aperçu de la criminalité renanaise, tant au vu de son évolution sur les années précédentes qu'en comparaison avec les autres communes à proximité.

Entre 2008 et 2011, le nombre d'interventions de la police sur la commune de Renens est passé de 3'712 à 5'241 (+41%), soit plus d'une intervention annuelle pour quatre habitants! Le phénomène de hausse n'est pas circonscrit au chef-lieu du district, mais prend une saveur particulière associée au total des interpellations et arrestations (auteurs de délits), qui est passé de 56 à 116 (+107%). Les vols de toute sorte sont passés de 246 à 374 (+52%) tandis que les nuisances sonores et autres troubles à la tranquillité, délits mineurs mais qui n'ont pas leur pareil pour pourrir la vie des habitants, sont passés de 296 à 634 (+114%).

On pourra interpréter ces statistiques de diverses manières, bien entendu: en les comparant avec les chiffres des autres communes de l'ouest lausannois, qui "rattrapent" le chef-lieu - et il n'y a guère lieu de s'en réjouir - ou en bottant en touche, expliquant que Renens n'est pas la pire des villes du canton, la palme en revenant incontestablement à Lausanne où les seringues le disputent aux arracheurs de colliers, sans parler de la vie nocturne.

Toujours est-il que lorsqu'on me pose la question, non, je ne peux décemment pas répondre que "les choses s'arrangent".

Facile de critiquer, me rétorquera-t-on. Peut-être est-ce vrai, mais cette description critique de Renens fait partie, je crois, du travail d'opposition d'une minorité politique au Conseil Communal. Si le rôle d'un politicien local consiste juste à chanter les louanges de la ville en se tapant sur le ventre, pétri d'autosatisfaction, la majorité en place n'a besoin de personne.

Quant au chapitre des solutions, on les connaît: appliquer simplement les lois et les règlements en vigueur (sur l'ivresse publique notamment), sans passe-droit ni régime de faveur, parce qu'aucune politique de réhabilitation ne saurait se passer d'incitation répressive ; et évidemment, installer des caméras de surveillance comme les habitants de Renens l'ont eux-même décidé en votation. Mais c'est beaucoup demander à une majorité de gauche totalement incapable de rigueur et freinant des quatre fers pour appliquer une décision sortie des urnes, lorsqu'elle ne correspond pas à la doxa bien-pensante.

Autant dire que non seulement la situation n'est guère reluisante, mais qu'elle ne va pas aller en s'améliorant. Je m'efforcerai donc à travers le mot-clé tout-va-bien de répertorier plus ou moins régulièrement les faits divers qui frappent notre malheureuse commune, histoire de retrouver facilement des exemples de la situation rélle de Renens, la ville où tout s'arrange, selon l'opinion de journalistes conquis.

clodo.jpg
Un homme endormi à même le sol de la nouvelle place du marché, au petit matin.

Commentaires

@Monsieur Montabert,votre esprit lucide qui manque a beaucoup d'autres fait plaisir à lire,Renens n'est hélas pas un cas exceptionnel si l'on en juge par le terme de foutoir utilisé par la ville de Zurich à l'encontre de l'endroit d'ou j'écris,et diable aucun ancien ne contredira ce qui semble si peu conforme au savoir Suisse,mais ce terme de foutoir aura remplacer les Thermes Romains à n'en pas douter, confirmant ce que d'autres préfèrent remttre sous le tapis afin de continuer le fameux jeu de l'autruche .Faisons comme-ci ou semblant le peuple finira par s'en accomoder pensent-ils certain,mais on est plus en 39 non plus.Dire la vérité n'est pas un luxe réservé aux seules occasions qui disparaissent comme peau de chagrin une fois les invités partis

Écrit par : lovsmeralda | 10 juillet 2012

Puisque vous parlez de Lausanne, voici ce que déclare au sujet des trafiquants de drogue Oscar Tosato, municipal lausannois notamment en charge des écoles, dans l'édition en ligne du Matin du dimanche 8 juillet :

"Je n'ai rien contre eux, mais lorsqu’ils me regardent en souriant pour tenter de me vendre quelque chose, cela m’énerve".

M. Tosato n'a donc rien contre les trafiquants de drogue.

Venant d'un élu censé être garant du respect des lois, de tels propos sont consternants. Les dealers ont de beaux jours devant eux à Lausanne.

http://www.lematin.ch/suisse/suisse-romande/seringues-capotes-salissent-rues-lausanne/story/29090490/print.html

Écrit par : Belphégor | 10 juillet 2012

@Monsieur Montabert,la secte des Verts aux plumages d'alarmistes aura occasionné de nombreux dommages et au sein de collectivités dont le nombre va augmenter.Il s'agit de gens seuls et plus forcément en très bonne santé.On sait qu'en suisse aussi une partie de la population a dû ramer sec pour arriver à survivre jusqu'à l'âge de leur propre rente.
Ces Verts alarmiste auront déclencher des peurs invraisemblables supprimant même de leur propre raisonnement des jeunes patrons d'entreprises je veux parler de jeunes jardiniers paysagistes qui de trouille ne peuvent plus couper et entretenir comme il se doit des endroits pourtant habités par des propriétaires qui eux-mêmes se sont fait abusés
Aussi vers qui se diriger pour obtenir une aide efficace? vers des agriculteurs fils de paysans qui ont fait la Mob,eux au moins voient encore clair et savent les dangerosités d'une nature laissée hors contrôle.Faudrait ne pas confondre l'Amazonie et imaginer qu'en laissant des arbustes ou autres envahir nos régions l'Amazonie ou le poumon de l'humanité soit gagnant car c'est exactement le contraire qui se produira. De fait ces Verts et autres sectaires veulent reproduire des schémas uitlisés par les Français à une certaine époque qui maintenant sont obsolète et veulent les appliquer chez nous.Messieurs les Politiciens réveillez vous,les citoyens ont besoin de vous

Écrit par : lovsmeralda | 18 juillet 2012

Renens c'est comme chez nous et ailleurs tout ce qui sert à protéger le citoyen fait partie du recyclage mais surtout de nons professionnels qui à coups de peurs irrationnelles font envisager le pire obligeant alors d enombreux vrais professionnels à se transformer en bêtes de somme croulant sous les charges et taxes et qui tombent malades ou préférent se retirer voyant les auto-goals que l'Etat se met lui-même croyant les yeux fermés aux belles paroles de technocrates qui ne connaissent absoluement rien au monde du travail
.On sait la liberté de commerce existante en suisse mais elle n'est pas à laisser aux seules mains de petits profiteurs qui eux n'ont qu'une idée en tête plumer le peuple et l'Etat
Et un scout de père ne fils ne parle jamais pour rien dire, surtout que le peuple commence à être vraiment saturé de théories tirées de bandes dessinées
Voilà,excusez mon coup de coeur ou autre mais ce devait être dit,merci pour votre blog Monsieur Montabert

Écrit par : lovsmeralda | 18 juillet 2012

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