26 juin 2012

Les 7% magiques

Depuis dimanche dernier, l'Espagne ne peut plus se cacher derrière la Grèce. L'explosion de la bulle immobilière, le taux de chômage, la récession, le sur-endettement de toutes les strates de l'administration ont des racines dans la politique locale. Une fois les élections grecques passées, plus possible d'invoquer les faiblesses d'un compère moins bien loti pour justifier la méfiance des investisseurs...

Les analystes financiers gardent donc un oeil sur les taux d'intérêt ibériques:

Le 18 juin, les taux d'emprunts espagnols à 10 ans ont poursuivi leur envol historique, à plus de 7%, un seuil jugé insoutenable sur la durée, alors que les investisseurs attendent avec anxiété de connaître le montant précis de l'aide accordée par la zone euro à Madrid.

Mardi, ces taux à long terme se détendaient légèrement en fin de matinée tout en restant au-dessus des 7%, à 7,003%.

Le rendement espagnol devrait se maintenir autour des 7% au moins jusqu'à ce qu'on ait les résultats (d'un premier) audit sur le secteur bancaire ibérique, a souligné M. Naam, stratégiste obligataire chez Natixis.

 

Et voilà, un journaliste nous refait le coup des 7% magiques. 7%, insoutenables dans la durée? Alors que 6,80%, par exemple, le seraient?

Fadaises, pour rester poli.

Rappelons que depuis des décennies, les Etats occidentaux ne se désendettent jamais ; lorsqu'une obligation d'Etat arrive à terme, le pays concerné se contente tout simplement d'en émettre une nouvelle afin de payer l'ancienne! Ce principe, apparenté à la cavalerie financière, n'est pas le seul domaine dans lequel les Etats s'arrogent des facilités qu'ils refusent (à juste titre) aux acteurs du secteur privé. Mais comme on s'en rend compte depuis le début de la crise, la manoeuvre n'est pas sans risque. La dette étatique constamment renouvelée a tendance à augmenter sous son propre poids.

Alors que les taux d'intérêt en zone euro se sont progressivement affirmés, le seuil distant de 7% s'est concrétisé, mais il ne veut strictement rien dire. Précisons quelques indicateurs réellement significatifs de la dette publique.

Le Taux. Valeur la plus "médiatisée", le taux est simplement le loyer de l'argent emprunté par les Etats sur le marché financier. Quelqu'un empruntant une somme de 100 € à 5% l'an devra s'acquitter d'un coupon annuel de 5€ et retourner à la fin du prêt les 100€ de départ, soit l'intégralité du capital emprunté. Le mécanisme est exactement le même pour un particulier souscrivant un emprunt pour un nouveau véhicule que pour un ministère des finances levant des milliards d'euros dans des adjudications d'Etat.

Evidemment, une variation même infime du taux a un effet énorme sur le coût des emprunts: passer de 2% à 4% d'intérêt, variation somme toute modeste en apparence, fait passer le coupon annuel de 2 à 4 - soit une dette financièrement deux fois plus lourde à entretenir!

La Maturité. Emettre des obligations, d'accord, mais sur combien de temps? Un Etat peut émettre des obligations sur toute une gamme de durées, des obligations "courtes" sur trois mois, six mois ou un an, jusqu'aux obligations longues sur dix ans, voire quinze ou vingt. En général, le taux de référence concerne les emprunts à dix ans. Des durées plus ou moins longues offrent différents avantages. Comme pour un crédit hypothécaire, une durée plus courte amène en général des taux moins élevés, le prêteur se séparant de son argent moins longtemps. Des obligations d'Etat à durée courte sont donc sensées être moins coûteuses pour les pays qui les émettent, un adage devenu moins vrai dans la période de crise que nous traversons. Les obligations d'Etat à durée longue, en revanche, amènent une certaine sécurité. Le taux est fixé pour des années, permettant au pays de se protéger contre tout aléa ponctuel de la conjoncture ou contre les retournements de cycles économiques.

La maturité de la dette n'est pas une valeur souvent évoquée dans les médias ; elle est pourtant importante, parce qu'un pays endetté à court terme est vulnérable au renouvellement de ses obligations. Si vous devez absolument renouveler un crédit alors même que les taux sont historiquement hauts, le surcoût vous frappera de plein fouet.

Bien sûr, aucun pays ne repose que sur une seule durée pour gérer sa dette. Pour des raisons de risque et de coût, ils utilisent tous un panachage de durées courtes, moyennes et longues. C'est pour cela qu'on parle en général de maturité moyenne de la dette - la durée des obligations, pondérée par leur valeur respective. La maturité moyenne de la dette française est de sept ans - plus qu'un quinquennat présidentiel! - ce qui est très long, et tout à l'avantage du pays. En temps de crise, la maturité moyenne a toutefois tendance à se réduire, les pays aux abois tentant de renouveler leurs obligations sur des périodes plus courtes pour diminuer la facture. La maturité moyenne de la dette espagnole serait ainsi passée de 5-6 ans il y a quelques années à 4 ans aujourd'hui. Ce n'est pas sans danger si la crise se prolonge.

L'Endettement rapporté au PIB. Le Produit Intérieur Brut (PIB) est un indicateur approximatif de l'activité économique d'un pays. Les dettes gouvernementales atteignant des sommets en valeur absolue, les chiffres impliqués n'ont plus aucune signification pour le commun des mortels: que signifient 10 milliards à l'échelle d'un pays? 30 milliards? Une représentation de la dette en pourcentage du PIB est beaucoup plus parlante - ainsi, on peut imaginer qu'une dette "à 100% du PIB" obligerait le pays entier à travailler un an exclusivement à payer sa dette pour la solder. La perspective est complètement illusoire, bien entendu (il faut bien manger, payer son loyer et son essence dans l'intervalle) mais permet une représentation "familiale" de la dette. Le PIB tient alors lieu des revenus annuels du ménage.

En Suisse, la charge d'endettement supportable pour un ménage souscrivant à une hypothèque est fixée à 33% des sur la base d'un taux d'intérêt annuel de 5%. En clair, si la charge des intérêts dépasse 33% des revenus, le foyer est surendetté. Les pourcentages ne sont pas faciles à trouver, mais le service de la dette (c'est-à-dire le paiement des intérêts de celle-ci) est le premier poste budgétaire de l'Etat français depuis 2011...

Les Etats soumis aux critères de Maastricht se sont fixés un seuil d'endettement maximal différent, de 60% du PIB. On aurait tort d'y voir une limite plus stricte: non seulement ce chiffre n'a aucun lien avec les taux, mais il n'a pas non plus de lien avec la charge d'intérêt, qui est à ramener aux revenus de l'Etat - son budget - et non au PIB du pays. D'ailleurs, dépenses publiques aidant, ils ont tous explosé ces limites, l'endettement allant de plus de 80% du PIB pour les pays "bien gérés" comme l'Allemagne à plus de 120% pour l'Italie.

La Croissance. Fut-elle écrasante, une dette n'est pas effrayante si le débiteur garde une marge de manoeuvre financière. Une amélioration continue des revenus diminue la part relative de la dette dans le bilan et permet de se dégager quelques économies, utilisables par exemple pour réduire le solde. Ce facteur s'incarne dans la fameuse croissance du Produit Intérieur Brut, rapportée sous forme de taux annuel. Un accroissement du PIB implique plus de recette fiscales et une économie en bonne santé ; inversement, une récession (c'est-à-dire une croissance négative) grève les recettes de l'Etat et traduit une contraction de l'activité économique.

Nous en avons fini avec les indicateurs. Il en existe bien d'autres - de l'évolution boursière des Credit Default Swaps aux notes délivrées par les agences de notation - mais ils se recoupent souvent les uns les autres ou ne font que donner des "tendances" sur l'évolution des éléments principaux.

Voyons ce que valent ces indicateurs appliqués à quelques économies de la zone euro.

spain.gifEspagne: d'après la banque d’Espagne, la dette publique espagnole a atteint fin mars 72,1% du PIB soit 8 points et demi de plus qu'il y a un an où la dette s‘élevait à 63,6%. Le poids de la dette espagnole rapporté au PIB reste raisonnable comparé à d'autres pays d'Europe, mais elle se creuse très rapidement - la faute à une économie en berne et un Etat qui peine à réduire son train de vie. Le taux espagnol de référence à 10 ans dépasse 6,5%. De plus, la maturité de la dette espagnole est plutôt courte, ce qui oblige à réagir dans l'urgence.

Si l'Espagne devait renouveler l'intégralité de sa dette à dix dans aux conditions actuelles, il lui faudrait une croissance annuelle de 4,68% pour soutenir sa dette (c'est-à-dire, pour que sa dette n'augmente pas sous son propre poids). Or, depuis 2009 l'Espagne est quasiment toujours en récession. La dette augmente donc ménaniquement en pourcentage du PIB, jusqu'à la catastrophe finale.

italy.gifItalie: La croissance italienne est un peu meilleure, avoisinant les 2%. Malheureusement, l'Italie traîne une dette de 120% de son PIB, et son taux d'intérêt à 10 ans tourne autour de 6% - en deçà des fameux 7% magiques de nos mystérieux économistes... Et pourtant, là encore, un rapide calcul nous apprend qu'aux conditions actuelles, l'Italie devrait avoir une croissance annuelle de 7,2% pour renouveler sa dette à dix ans!

A court ou moyen terme, l'Italie va donc s'effondrer sous le poids de sa dette.

germany.gifAllemagne:: un tour d'horizon rapide des pays de la zone euro ne serait pas complet sans l'examen du premier de la classe, l'Allemagne de Mme Mère-La-Rigueur Merkel. La première économie de la zone euro offre quelques gages de confiance ; ses taux d'intérêt à 10 ans ne sont qu'à 1,5% environ. Couplés à une dette de 83,2 % du PIB tout de même (chiffres 2010) il suffit à la locomotive de l'Europe une croissance annuelle de 1,25% pour se dégager une marge de manoeuvre. C'est quasiment assuré mais pas toujours - comme en 2009, où l'Allemagne a subit une sérieuse récession.

Contrairement aux idées reçues, en termes de dette publique même la toute-puissance Allemagne est un colosse aux pieds d'argile. Si la santé financière germanique suscite moins d'inquiétude que les autres pays de la zone euro, elle n'a rien d'enthousiasmant. Angela Merkel a raison quand elle clame que l'Allemagne n'a pas les moyens de sauver l'Europe: c'est la stricte vérité.

Comme vous l'aurez constaté, il n'existe absolument aucun effet de seuil lié à des taux d'intérêt à 7%. Un bon nombre de pays de la zone euro s'apprête à boire la tasse sans être parvenu à ce stade - mais il finiront bien par le franchir au cours de la crise, ce qui permettra sans doute aux prestidigitateurs de service de clamer que tous les problèmes viennent finalement de là.

On peut discuter longuement de la pertinence de tel ou tel indicateur. Selon moi, la croissance est le plus important: sans croissance, le train de vie des Etats amène rapidement la dette à des sommets en pourcentage du PIB. Il n'y a aucune chance de réduire la dette d'un centime sans croissance. Reste à savoir comment la libérer, ce qui n'a que peu à voir avec les solutions apportées par les élites du continent.

Tant que nos hommes politiques seront engoncés dans leur dogme keynésien et persuadés que la croissance économique dépend de leur volontarisme en matière de politique économique, nous ne sortirons pas de l'ornière.

Commentaires

Les pays du sud se ramassent leurs décennies de dolce vita. Je me souviens que bien des gens faisaient passer les suisses pour des " con " qui ne savait pas prendre le temps de vivre à cause du " trop " de travail, de leur mentalité froide contrairement à l'Espagne , l'Italie ou la Grèce qui eux ne se prenaient pas la tête. Je me souvient aussi et cela dans les médias que les espagnoles avaient un niveau de vie qui leurs permettaient d'être un pays qui compte 80% de propriétaire contrairement à la suisse et ses 70% de locataires.

Je me souviens de collègues espagnoles qui se vantaient que leur pays était plus généreux socialement et que chez eux on vivait mieux qu'en Suisse où tout étaient trop chère etc... ( malgré qu'ils restaient en Suisse ).

La vérité est tombée comme un couperet. Et finalement c'est pas plus mal comme ça. Seul la Suisse radine, chère et peuplé de locataires n'a pas fait faillite et ne draine pas un chômage de masse notemment chez les jeunes.

D.J

Écrit par : D.J | 26 juin 2012

DJ : ce n'est pas la dolce vita elle-même qui nuit aux Italiens, aux Espagnols ou aux Grecs. C'est la dolce vita subventionnée à crédit.

Ces pays ont longtemps été des pays pauvres, à faible productivité, aux prix bas, pas obsédés par la course à l'efficacité, et où, par conséquent, on pouvait dire que régnait une certaine forme de dolce vita, une façon plus décontractée de prendre la vie, avec la sieste, peu d'industrie, etc.

Ca n'empêchait pas que la vie des gens fut austère. Mais ils ne s'estimaient pas nécessairement pauvres. Un système pareil est parfaitement viable, à condition de ne pas vivre au-dessus de ses moyens. A condition de ne pas revendiquer le niveau de vie d'un pays développé. Ce qui était le cas à l'époque.

Le fait qu'un grand nombre de Suisses soient locataires n'est pas spécialement à porter au crédit de la Suisse. Le marché du logement est bien l'un des quelques aspects de l'économie suisse qui fonctionnent mal -- les Suisses s'en plaignent suffisamment. La Suisse doit être le seul pays au monde dont un nombre appréciable de citoyens habitent à l'étranger -- sans pour autant s'être expatriés !...

Écrit par : Robert Marchenoir | 26 juin 2012

Nan, nan nan ! Ce qui a provoqué la chute des pays méditerranéens c’est l’entrée dans la zone Euro du bloc de l’Est ! Bruxelles a eu les yeux plus gros que le ventre !

On oublie trop facilement que jusqu’à 1989, derrière le rideau de fer, il y avait un tiers-monde européen, certes bien formés technologiquement mais des fourmis laborieuses au moindre prix.

Il est là le problème, une fois le rideau de fer tombé, le goût développé par le mode de vie capitaliste occidental et l’entrée dans la zone euro, ces peuples disciplinés et pas chers représentent une possibilité pour les marchés mondiaux favorables à la délocalisation et une vraie aubaine en général! Un marché compétitif inégalable.


La « sieste » et la « Dolce Vita » des méditerranéens obéit à un rythme de vie dicté par une météo et des températures très différentes, les gens sont en décalage permanent par rapport à l’Europe du Nord, car les journées sont plus longues, les nuits étouffantes de chaleur (Et quand on dort mal on travaille lentement…comme dans de la ouate) voilà d’où vient cette légendaire lenteur. Tout le reste ne sont que des clichés.

Je viens d’une famille où jusqu’à la mort de Franco (en 1975) tout le monde était propriétaire! Cela veut dire bien avant l’Union Européenne, avant les crédits. C’était une question de mentalité, avoir sa propre maison était une question d’honneur dans le Sud, même si l’on remonte à plusieurs générations et malgré la guerre civile en Espagne, 80% de la population possédait sa propre maison, même modeste.

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 26 juin 2012

@ Marchenoir,

" Le fait qu'un grand nombre de Suisses soient locataires n'est pas spécialement à porter au crédit de la Suisse. Le marché du logement est bien l'un des quelques aspects de l'économie suisse qui fonctionnent mal -- les Suisses s'en plaignent suffisamment. "

Mon commentaire n'était pas de faire l'éloge " d'une Suisse de locataires " mais sur la fait qu'à une époque on remettait ( surtout par les médias et une partie de la classe politique )en cause le niveau de vie des Suisses avec les autres pays d'Europe comme l'Espagne en comparant le taux de propriétaires. Aujourd'hui des centaines de milliers de familles en Espagne se sont fait virer de leurs maisons il y a 21% de chômeurs et 1 jeune sur 2 n'a pas de job. De plus les dernières votations sur l'épargne logement refusée par près de 70% des Suisses montre aussi un certain choix de société que veulent les Suisses sur le logement.

@ Barbie,

" Nan, nan nan ! Ce qui a provoqué la chute des pays méditerranéens c’est l’entrée dans la zone Euro du bloc de l’Est ! Bruxelles a eu les yeux plus gros que le ventre ! "

C'est l'Allemagne qui a quand même payé la plus lourde addition en intégrant l'ex-RDA faisant partie du bloc de l'Est, et non la Grèce. Pourtant l'Allemagne est l'élève modèle de la zone euro. Les pays du sud ont dépensé sans compter; la Grèce pareil mais la corruption et la triche fiscale en plus.

" La « sieste » et la « Dolce Vita » des méditerranéens obéit à un rythme de vie dicté par une météo et des températures très différentes, les gens sont en décalage permanent par rapport à l’Europe du Nord, car les journées sont plus longues, les nuits étouffantes de chaleur (Et quand on dort mal on travaille lentement…comme dans de la ouate) voilà d’où vient cette légendaire lenteur. "

Les pays du sud-est asiatique vivent dans des régions tropicales où il fait chaud de jour comme de nuit. Ces gens pourtant se lèvent tôt, travaillent plus dur et plus d'heures que les Européens du sud. On comprend mieux pourquoi les Asiatiques dépassent économiquement les pays méditerranéens. Je pourrais rajouter la Californie, la Floride ou l'Arizona. Les habitants de ces régions ne sont pas réputé comme des gens qui aiment la dolce vita à la sicilienne ou à la grecque.

D.J.

Écrit par : D.J | 26 juin 2012

"Les dernières votations sur l'épargne logement refusé par près de 70% des suisses montre aussi un certain choix de société que veulent les suisses sur le logement." (DJ)

Quel choix de société ? Une société socialiste ? Je ne crois pas. Une société de locataires ? Je ne crois pas non plus. Vous oubliez que pour qu'il y ait des locataires, il faut aussi qu'il y ait... des propriétaires.

Osez me dire que si le prix de vente des logements était abordable, si les impôts dûs par les propriétaires n'étaient pas si élevés, si les travaux d'entretien et de mise aux normes ne coûtaient pas si cher, si l'on trouvait facilement à acheter et à vendre, les Suisses seraient opposés, par principe et "par choix de société", à la perspective d'être propriétaires de leur logement... Je n'y crois pas une seconde.

Les Suisses sont peu nombreux à être propriétaires de leur logement, car l'accès à la propriété est encore plus difficile que l'accès à la location : voilà, me semble-t-il, l'explication toute simple.

De même, si une grande proportion de Grecs, par exemple, sont propriétaires de leur logement, ce n'est pas que les Grecs soient riches : ils sont à l'évidence beaucoup plus pauvres que les Suisses. C'est, simplement, que le logement y est (ou y était) moins cher.

Le cas de l'Espagne est tout à fait à part. En Espagne, il y a eu une bulle immobilière, c'est à dire une hausse excessive des prix, déconnectée de la valeur réelle, nourrie par l'espérance de la spéculation et le crédit facile.

Le logement en Suisse est beaucoup plus cher qu'en Espagne. Pourtant, seuls quelques observateurs évoquent l'hypothèse qu'une bulle immobilière y soit en cours, et encore leur avis est-il contesté.

La cherté du logement en Suisse reflète simplement sa rareté : l'offre est insuffisante par rapport à la demande.

Écrit par : Robert Marchenoir | 26 juin 2012

@ DJ : La génétique nous rend tous différents face à l’endurance et les mentalités varient d’une latitude à l’autre : Les peuples méditerranéens n’ont pas subi l’esclavage de longue haleine qui est si courant en Asie depuis des siècles.

Les peuples du Sud de l’Europe bien que très pieux et catholiques n’envisagent pas la réincarnation comme une option de rattraper les malheurs des vies précédentes (Chose communément admise en Asie)

Quant au sud de Etats-Unis ...On ne sait pas si l’explication de leur « robustesse » se trouve dans les épis de maïs transgéniques qu’ils dévorent ou dans le fait que les travaux les plus durs aux heures les plus chaudes sont généralement effectués par des mexicains surexploités et payés au lance-pierre ; )))))

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 26 juin 2012

Eh bien, je vois que le sujet inspire beaucoup d'explications à base des clichés les plus flagrants. :-)

Pas besoin de chercher midi à quatorze heures: la situation dans laquelle se débat l'Europe du sud n'est liée qu'à la dépense publique, et le modèle socio-démocrate a affecté le continent entier (et même au-delà) à des degrés divers.

En Espagne, les taux d'intérêt sous-évalués en Euros ont drainé le peuple espagnol dans une folle bulle immobilière dont l'éclatement laisse sur le carreau l'économie et le bilan des banques; ajoutez la folie des grandeurs d'entités administratives diverses avides de faire des grands travaux de prestige, et vous avez un endettement monstrueux et plein d'aéroports aussi déserts que flambants neufs.

En Grèce, le clientélisme politique a créé des hordes sans nombre de fonctionnaires, forçant le régime à vivre à crédit alors que ni l'économie, ni les performances de l'administration (cadastre, recoupements fiscaux) ne permettaient de soutenir le rythme. La Grèce a vécu dix ans de la réputation allemande lui permettant de profiter de taux préféfentiels. Les fonctionnaires grecs sont mal payés mais ils sont très, très nombreux. Le tourisme s'est étiolé parce que l'euro rendait la Grèce trop chère. L'Etat grec n'a d'ailleurs qu'à peine commencé à réduire son train de vie. On en est aux balbutiements.

Je ne sais pas comment s'est construite la dette italienne mais je sais que la péninsule la traîne comme un boulet depuis des décennies - depuis avant Berlusconi, pour dire. Il aurait fallu du courage pour s'y attaquer pendant qu'il en était encore temps (un reproche que l'on pourra faire aux "élites" de tous les pays...) mais aujourd'hui, avec une crise économique européenne sinon mondiale et des taux d'intérêt en hausse, c'est plié. Je ne crois pas que l'Italie échappera à la restructuration à son tour.

Mais évitons de relier le comportement des gens au taux d'humidité ou à la météo. Il existe peut-être des composantes culturelles prédisposant aux catastrophes financières, je ne sais pas, mais ce sont sans doute des généralités difficilement vérifiables. Gardons aussi en tête qu'il est un peu trop tôt pour pointer du doigt ceux qui s'en sortent et ceux qui ne s'en sortent pas et en tirer quelque conclusion: la crise n'est pas finie.

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 juin 2012

Mais si la Grece cesse de s'endetter, qui va acheter des armes allemandes ? ( en 2010, la Grece a acheté pour 2,3 milliards d'euros d'armes à L'Allemagne, plaçant le pays en 2° position des pays de l'OTAN en terme de budget militaire rapporté au PIB, derrière les USA.)

Écrit par : jeff | 27 juin 2012

@ Montabert,

Cliché peut-être; mais j'ai vécu ces discours. venant de collègues de travail passe encore; mais les médias avec leur émissions débiles en rajoutaient une couche. Comme il le font aujourd'hui avec leurs comparaisons des prix suisses et européens. Alors qu'aucun journaleux ne se donne la peine de publier un calcule de prix de revient qui lui détermine un prix réel. Après c'est de savoir si le prix de vente ( prix de revient + TVA ) calculé est supérieur ou inférieur à celui des prix sur le marché suisse. On croirait que les Grecs aurait un pouvoir d'achat 5 fois supérieur aux suisses. On ne fait que de comparer ( avec les prix ou encore les taux de propriétaire à l'étranger ) des vaches et des fusées pour obtenir des rouleaux de printemps.

@ Barbie,

Génétique, OGM, réincarnation? C'est un peu léger et naïf comme échappatoire. Bref vous vous éloigné de vos premières hypothèses sur la chaleur des latitudes. Quand aux Mexicains surexploités on s'éloigne un peu du sujet; mais je vous retourne l'info sur les cultures maraîchère espagnole où aucun espagnole travail puisque ce sont des africains de nord ou d'Afrique noires qui n'ont rien à envier aux mexicains sur leur condition de travail.

@ Marchenoir,

vos explications sur la rareté des propriétaires en Suisse je ne les conteste pas. A part que vous oubliez aussi les règlements communaux et cantonaux ( quasi soviétique ) sur les constructions qui ont un impact assez négatif sur le prix du terrain et la spéculation.

Mais mon commentaire premier était une réponse du berger à la bergère que d' avoir voulu vanter dans les années 80 et 90 un taux de 80% de propriétaires comme en Espagne ou vanter que ce pays bénéficiait de meilleurs prestations sociales qui faisaient que les espagnols vivaient mieux que les suisses ( c'était tout juste si la Suisse n'était pas en enfer ou en passe de devenir le tiers monde européen ) montre aujourd'hui que l'enfer sociale et de l'immobilier n'est pas la Suisse. Et comme vous le dites; le crédit facile a fait le reste.

D.J

Écrit par : D.J | 27 juin 2012

J'ai parlé de pénurie de logements, je n'ai pas abordé les causes de la pénurie. Des règlements d'urbanisme restrictifs en font partie. La cause est la même en France, où il est, en pratique, interdit de construire.

Écrit par : Robert Marchenoir | 28 juin 2012

@ Jeff,

Si la Grèce achète des armes à crédit qu'elle ne peut pas honorer où est l'intérêt des allemands?

D.J

Écrit par : D.J | 28 juin 2012

D.J
L'industrie militaire allemande ( et française, et Suisse...) a toujours été payée, c'est auprès des banques que la Grèce est endettée. La facture de 2,3 Milliards d'Euros a été honorée, et elle a creusé un peu plus le déficit de l'Etat.
Par la suite, la Grèce ne pouvant pas honorer sa dette auprès des banques, c'est au contribuable européen que l'on demande de payer la facture de décennies d'hérésie militaire ( entre autre).
Juste après la Grèce, c'est à la Turquie que l'Allemagne vend le plus d'armes.
C'est pratique d'avoir des ennemis héréditaire à sa porte.
Si l'Industrie allemande se porte aussi bien, s'est beaucoup grâce à son industrie militaire, dont les carnets de commandes sont bien plein. L'endettement des Grecs a beaucoup rapporté à l'Industrie allemande, et l'Allemagne a beaucoup encouragé l'endettement des pays du Sud de l'Europe, car il a dopé la croissance allemande, ne l'oublions pas.

Écrit par : jeff | 29 juin 2012

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