18 août 2012

Si je voulais ruiner la Suisse...

Si je voulais ruiner la Suisse,

J'ouvrirais ses frontières au tout-venant. Contre ceux qui renâcleraient ou s'accrocheraient encore au souvenir de leur sécurité, je hurlerais "Racistes! Racistes!" en les pointant du doigt, jusqu'à ce qu'ils courent se cacher, pétris de honte.

Au nom de la solidarité, je mettrais en place une assurance-maladie obligatoire et collective sans aucune responsabilisation. Je ne me contenterais pas simplement d'attendre l'étranglement de la classe moyenne à travers l'explosion des primes: j'en profiterais pour faire passer toujours plus d'étatisation de la santé auprès d'une population déboussolée, et je transformerais progressivement l'assurance en impôt.

Sous couvert de prévoyance-retraite, je forcerais les gens à cotiser à des caisses de pension collectives et opaques, aux obligations de rendement intenables. Que certains devinent la faillite inévitable du système, je prendrais alors soin de les empêcher de retirer leurs avoirs afin qu'ils restent jusqu'au bout spectateurs impuissants de leur ruine.

Sous prétexte de collaboration internationale, j'infligerais aux banques helvétiques le rôle ingrat de collecteurs d'impôt au profit de gouvernements étrangers, lesquels n'en continueraient pas moins à œuvrer contre la Suisse pour parvenir au démantèlement complet de son secteur bancaire.

Utilisant comme prétexte la pollution, l'écologie ou d'improbables tsunamis, je détruirais la filière énergétique et taxerais toute forme de carburant. Je culpabiliserais les gens de s'en servir. L'énergie bon marché deviendrait chère, de sorte que l'énergie chère semble abordable. J'abreuverais les crédules de promesses d'un futur radieux, pendant qu'au présent l'énergie devienne un luxe et que l'approvisionnement du pays dépende du bon vouloir de ses voisins.

J'abattrais pour de bon la force du Franc Suisse en le liant à des monnaies-papier en perdition. Pour réaliser mon forfait, j'en imprimerais à foison pour acheter ces papiers sans valeur, jusqu'à ce qu'il s'effondre à son tour. Prétextant œuvrer contre la crise, je n'aurais de comptes à rendre à personne: plutôt que de combattre les cartels d'importateurs, je n'aurais qu'à prétendre aider les exportateurs, alors que je ruinerais la population entière.

J'userais de la démocratie et du droit d'initiative fédéral comme d'un marteau pour écraser l'autonomie cantonale. Pour faire bonne mesure, j'instaurerais au travers de mécanismes de péréquation financière un véritable socialisme des cantons où ceux dont les finances publiques sont bien gérées se verraient punis.

Je soumettrais avec enthousiasme la Suisse aux tribunaux de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, à l'ONU et à toutes les institutions supra-nationales et anti-démocratiques que je puisse trouver, enserrant la démocratie directe dans un carcan inextricable. Je signerais avec empressement tout accord international pénalisant, la Suisse fut-elle le seul pays au monde à le respecter.

J'utiliserais mes amis dans les médias et à l'école publique pour professer à tous que le confort est coupable, la richesse méprisable et la prospérité, inacceptable. J'entraînerais la population à haïr ses réussites et à mépriser les riches jusqu'à les faire fuir, quelles que soient les conséquences sur leurs propres impôts.

Je rapprocherais toujours plus la Suisse de l'Union Européenne, mais afin que personne ne nourrisse de soupçons, je travaillerais en coulisse pour rendre le droit suisse "euro-compatible" - bien que personne ne me le demande et que cela ne fasse pas partie de mon mandat.

...

Si je voulais ruiner la Suisse, finalement... Je me dis que je ne ferais pas les choses différemment.

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Basé sur une idée de FreeMarketAmerica.org.

Commentaires

EXCELLENT billet, remarquable synthèse, tout y est, bravo et merci!

Écrit par : petard | 18 août 2012

Tout juste. Mais une question : pensez-vous que l'UDC, votre parti, lutte réellement contre ce programme de ruine de la Suisse ? Ce n'est pas tout-à-fait l'impression qu'elle donne...

Écrit par : Géo | 18 août 2012

On croirait en lisant l'article entendre certaines prêches dominicales d'il y a 50 ans

Écrit par : lovsmeralda | 18 août 2012

Rien de nouveau sous le soleil ! C'est exactement la stratégie du bilderberg que -nos dames CF- mettent en place jour après jour!

Trop tard, fallait pas accepter le limogeage de Christoph Blocher, c'était le seul rempart que nous avions.

Ou alors, sursaut: Le nationalisme au pouvoir, c'est ce que redoute envers et contre tout, les bilderbergers!

A nous de jouer, nous sommes le seul peuple européen qui détient encore ce pouvoir démocratique! Oui acte démocratique. Seule solution pour empêcher le rouleau compresseur de la mondialisation et du nouvel ordre mondial de mettre à genoux les peuples de la planète!

Écrit par : Corélande | 18 août 2012

Inutile de commanter un tel billet!
Bien que sachant ne pas me faire beaucoup d'amis de la sorte, je me contenterai de pasticher cette proses pour lui faire dire un autre "n'importe quoi".

Signé: Baptiste Kapp alias Père Siffleur

Écrit par : Baptiste Kapp | 18 août 2012

@Baptiste Kapp.c'est tout aussi vrai que ce chiffre de 8 millions d'habitants qui dès l'automne venu seront revus à la baisse.Mortalités oblige ,placements en EMS sans compter les nombreuses ventes d'appartements dépourvus d'habitants solvables .Mais comme Aout est le 8me mois de l'année y'a rien de plus fastoche pour inventer n'importe quel chiffre,en décembre si on suit le même raisonnement y'en aura 12 millions etc .Ah chères statistiques
Au vu du peu de sérieux des infos actuelles on imagine la même chose pour certains votants qui ne voteront que pour le plaisir du geste et rien d'autre

Écrit par : lovsmeralda | 19 août 2012

Bravo pour ce magnifique billet, cher collègue de parti! J'ai eu beaucoup de plaisir à le lire.
Bonne soirée !

Écrit par : Yohan Ziehli | 20 août 2012

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