12 juillet 2012

Des frontières, et vite!

Les médias romands semblent tardivement prendre conscience d'un phénomène dénoncé par l'UDC depuis longtemps: la Suisse est un supermarché pour les braqueurs.

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Les dernières attaques notables en date (infographie RTS)

De part le passé, il y avait bien eu quelques articles iconoclastes, relégués dans les catégories "livres" ou "plume libre", voire quelques cartes, mais ces initiatives individuelles ne parvenaient pas à franchir le brouillard médiatique.

Pourtant, depuis quelques jours, c'est une déferlante. La criminalité devient le sujet à la mode alors que la réalité de l'insécurité semble atteindre même les tours d'ivoire des rédactions. La télévision s'y met. La Tribune de Genève. Romandie. 20 Minutes. A l'occasion de la sortie d'un livre, le Matin brosse le portrait de Maître Metaxas, avocat du milieu lyonnais. Laissant la parole au sulfureux homme de loi, il nous annonce clairement la couleur: "Pour les braqueurs lyonnais, la Suisse reste un eldorado où il suffit de se baisser pour ramasser or, voitures et argent." Comme si tout cela ne suffisait pas, le lendemain, nouvelle couche par un ancien client du ténor du barreau:

"Dans la Suisse profonde, les voitures haut de gamme ne sont même pas équipées de tracker! Il m'est arrivé d'être dans une banque chez vous et de voir le coffre ouvert derrière l'employée!" L'ex-braqueur donne sa vision d'un pays naïf et riche à en susciter son "mépris". Les Suisses? "Ils se sont pris quelques claques mais ne se méfient toujours pas." Leurs policiers? "Des amateurs. Ils ont beau serrer la vis, ils sont et seront toujours deux voire trois crans en dessous de leurs collègues lyonnais." Les sanctions? Dans l'esprit de Karim, il y a toujours un décalage entre celles encourues de part et d'autre de la frontière.

 

Le verdict est sans concession. Et le pire est à venir:

"Maintenant, les mecs qui veulent monter un coup peuvent le faire tranquille. Faire un premier voyage pour amener des armes. Un autre pour repérer. Et un dernier pour péter une bijouterie ou une banque. A l'avenir, vous aurez de moins en moins affaire à nous, mais de plus en plus pour de gros trucs bien organisés", pronostique Karim. Le Lyonnais s'étonne d'ailleurs tout haut que ses amis n'aient pas encore attaqué de fourgons blindés sur Suisse. "C'est une question de temps. Il manque juste le bon tuyau qui ne devrait pas tarder."

 

From the horse's mouth, disent les Anglais.

Alors, que faire? "Se réveiller", comme le clame Laurent Grabe, l'éditorialiste du Matin? Bonne idée, mais n'est-il pas un peu tard? Et sans présager d'un quelconque calcul, on ne pourra s'empêcher de remarquer que susciter l'indignation des foules juste après les élections est plutôt malheureux - peu de chances d'attendre des solutions pertinentes de la part de ceux qui ont créé les conditions du chaos actuel...

Et quitte à se réveiller, reste à savoir de quelle manière.

Certains prôneront une prime au départ aux plus récalcitrants. Plus sérieusement, d'autres tentent de les intercepter au poste de douane. On tourne autour du pot mais la notion de frontière semble toujours hanter la conversation.

La frontière, le seul obstacle à opposer à des malfrats qui n'ont guère à craindre d'une police dépassée, d'une justice pusillanime et d'une classe politique totalement coupée de la réalité. Ils disent ne pas craindre la prison suisse, à supposer qu'ils y échouent jamais, mais il y a une part de bravade dans ces propos. Aucun caïd ne verra d'un bon oeil son arrestation par la police. Ce qui me permet de replacer ici une anecdote personnelle cité dans des commentaires par ailleurs, qui illustre selon moi la nécessité d'une frontière et de son utilité dissuasive:

J'ai eu des proches vivant sur la Côte d'Azur en France - milieu gangrené par la criminalité s'il en est - dans une petite villa au fond d'un long chemin privé. Pendant des années, ils n'ont jamais eu le moindre souci de cambriolage ou autre, alors que les maisons situées au carrefour étaient régulièrement "visitées" (avec parfois les habitants présents!)
Les maisons du lotissement étaient comparables en tous points: même taille, même apparence, même petits jardins, etc. Pourquoi certaines maisons étaient cambriolées sans cesse tandis que d'autres étaient épargnées?

C'est simple: les proches en question vivaient au fond d'une impasse assez longue. Jamais les malfrats n'auraient pris le risque de s'aventurer "en profondeur" dans cette voie alors qu'il aurait été si facile à une seule voiture de police d'en bloquer l'accès, les enfermant dans une souricière.
A la place, les voleurs préféraient opérer au carrefour, où ils pouvaient s'enfuir dans quatre directions différentes à la moindre alerte.

C'est un peu la même chose pour les frontières helvétiques. Il est sans doute illusoire d'espérer contrôler tous les véhicules entrants et les intentions de leurs occupants. Mais passer devant des douaniers en uniforme alors qu'on vient commettre un crime, et savoir qu'ils seront aussi là au retour et pourraient fermer la frontière dans quelques heures - lorsque la bande reviendra avec le coffre rempli des fruits du larcin et que l'alerte aura été donnée - en fera réfléchir plus d'un.

C'est le même principe que "l'impasse dissuasive" décrite plus haut. On ne peut pas empêcher les criminels de rentrer en Suisse. Mais ils ne viendront pas si on peut les attraper facilement quand ils essayent d'en ressortir.

 

Encore faut-il que les frontières existent. Pas comme aujourd'hui, gardées par des douaniers aux heures de bureau pour vendre des vignettes d'autoroute et traquer l'immigré italien de retour de vacances avec trop de jambon fumé dans le coffre, non - des frontières et des douaniers pour s'occuper des criminels.

Des frontières faciles à fermer à toute heure du jour et de la nuit, réactives. Et des douaniers et des forces de police recentrées sur les fonctions régaliennes de l'Etat, la sécurité des biens et des personnes.

A quel point la population helvétique laissera-t-elle se dégrader ses conditions de sécurité au nom de l'utopie de frontières ouvertes? Combien de crimes seront commis avant la remise en question salutaire? Combien de fortunes dépensés en alarmes, compagnies privées, serrures trois points, systèmes de surveillance et volets blindés? Combien de vies brisées par des traumatismes, de passants innocents pris en otage ou fauchés par des balles perdues? Je ne peux le dire, mais je sais que le pire est devant nous.

Lorsqu'un ancien truand à peine rangé annonce qu'il y aura bientôt des braquages à l'arme lourde en Suisse, vous avez tout lieu de le croire.

Et au vu de la façon dont la classe politique suisse semble hermétique à la dégradation de la situation du pays, il y aura encore de nombreux drames avant que le bon sens ne revienne enfin sur le devant de la scène.

Commentaires

@Monsieur Montabert, votre article reflète une triste réalité cependant au risque de me répéter vous oubliez qu'il est essentiel en premier d'exploiter les plus âgés et sans véhicules pour satisfaire à l'égo du socialopoubellistes ayant trouvé la combine pour capitaliser sur le dos de leurs citoyens alors qu'ils critiquent san vergogne les banques.Aussi vous comprendrez bien qu'avant d'assurer la sécurité aux frontières il est diablement plus sécurisant de centraliser rentabiliser des déchets qui une fois recyclés couteront deux voire trois fois plus chers et qui de toutes manières finiront dans un incinérateur,surtout qu'on ne va tout de même pas utiliser du papier reyclé comme mouchoirs en papier .Le citoyen travailleur celui qui soit comme chauffeur chez Friderici ou autre a fait sa journée ,je prends cet exemple il y en a d'autres sait réfléchir plus loin que le bout de son nez aujourd'hui ! Toute le monde n'est pas bureaucrate ni technocrates cette catégorie ayant à coeur d'inventer n'importe quelle théories mesquine juste pour le plaisir d'en humilier d'autres et surtout ne jamais se sentir responsable et encore moins de frontières.
Concernant ces dernières pourquoi ne pas y mettre des militaires ,simple suggestion de la part de citoyens lessivés et usés par la vie en premier et des menaces à leur encontre d'amendes alors qu'aux frontières on y passe comme dans un trou de gruyère mais sans amende en sus à payer,c'est le comble du comble ne trouvez vous pas?
Toute bonne journée pour vous

Écrit par : lovsmeralda | 12 juillet 2012

" […] par des douaniers aux heures de bureau pour vendre des vignettes d'autoroute et traquer l'immigré italien de retour de vacances avec trop de jambon fumé dans le coffre…"

Votre "image" illustre bien aussi la problématique des effectifs dans la police. Un ou deux ou dix flics de plus ici ou là ne changera rien à la donne. Certains reprendront leurs heures sup en congés, d'autres iront en renfort à la traque aux automobilistes. Je veux bien admettre que sur ce point, des efforts considérables ont été amenés pour assurer une sécurité routière acceptable. Mais on aimerait aussi observer autant zèle préventif et répressif à proximité des commerces ou des habitations où la sécurité des personnes et des biens est très dangereusement exposée.

Comme l'a dit le Genevois Jean-Marc Widmer, à la tête de la Fédération suisse des fonctionnaires de police, c'est 15000 policiers qu'il manquerait et non pas quelques dizaines… donc on est loin du compte et l'on y restera tant qu'on ne remettra pas "tout le métier" de la défense et de la sécurité nationale sur la table. Il faudrait restructurer l'armée sous la bannière d'une force de défense ET de sécurité nationale: 2/3 des effectifs pour la défense nationale conventionnelle, 1/3 des effectifs (police ou gendarmerie nationale) pour la sécurité des personnes et des biens ainsi que force d'intervention en cas de catastrophe naturelle. On peut toujours rêver.

Sur la question de la sécurité des personnes et des biens, la démagogie verbale de certains milieux politique a atteint des sommets comme s'il convenait de valider d'immanquables effets collatéraux face aux intérêts supérieurs et bienfaits de la mondialisation. De son côté, la mouvance bienpensante a mis les menottes aux mots pour mieux faire passer la pilule. Et pour les prêcheurs en onde ou du papelard, le seul mot "fontière" est devenu synonyme de repli, de haine de l'autre, le diable quoi!

Écrit par : petard | 13 juillet 2012

@petard: c'est exactement ça. La notion de frontière elle-même ne veut pas dire grand-chose si on ne définit pas précisément les missions de ceux sensés la garder...

Les mouvements politique de gauche ont été particulièrement habiles depuis des années en évitant la lutte frontale contre la police en faveur de sa noyade sous des procédures et des missions parasites l'éloignant toujours plus de sa mission fondamentale. C'est très bien pensé, car une fois la neutralisation atteinte - et elle est atteinte - les forces de l'ordre sont devenues d'une telle inefficacité que la simple modification des effectifs n'a plus d'effet sur la sécurité. Mais bon, elles ont le label ISO-je-ne-sais-quoi et utilisent du papier recyclé, alors tout va bien!

Il paraît clair, désormais en Suisse, que vous avez plus de chance d'avoir maille à partir avec les autorités si vous n'utilisez pas les bons sacs-poubelles pour vos déchets que si vous êtes cambrioleur de métier.

Illustration: http://www.rts.ch/video/emissions/mise-au-point/4125778-taxe-poubelle-a-fribourg-la-ville-traque-les-fraudeurs-de-quoi-finir-au-tribunal.html

Écrit par : Stéphane Montabert | 13 juillet 2012

Intéressant article sur l'insécurité à Lausanne. Même des personnes d'origine africaine et maghrébine se plaignent des exactions de leur frères de race. L'auteur de l'article a un nom africain... Un "clubber de Renens" est cité.

http://www.20min.ch/ro/news/faits_divers/story/-Les-Maghrebins-font-la-loi-ici--16919377

Écrit par : Robert Marchenoir | 13 juillet 2012

Comme cela me réjouit! J'adore! J'ai tellement été insultée parce que je suis blochérienne dans la vision politique de notre pays. Maintenant que tout est en place, que les évidences parlent d'elles-même, et bien je souhaite vivement que tous ceux qui m'ont tiré dessus à boulets rouges, soient les premiers à subir les conséquences de tous ces "désagréments".

Dois-je me répéter. Monsieur Blocher avait prévenu, il avait clairement annoncé tout ce qui est en train de se passer. Nous sommes en train de perdre totalement nos libertés, puisque maintenant la police conseille aux femmes de ne plus sortir seules le soir.....c'est un comble!

Bon vent à tout ceux qui ne se sont pas préparés, (mis à l'abri comme moi)et surtout aux électeurs vaudois qui ont massivement votés pour leurs "malheurs à venir"

Écrit par : Corélande | 15 juillet 2012

Il est loin le temps où les forces de l’ordre n’avaient rien de mieux à faire que d’aller arrêter les femmes de ménage clandestines à la sortie des Migros des quartiers huppés….Aujourd’hui, ils ont la pègre du monde entier dans les pattes… Et ils ne peuvent rien faire ! La « gloutonnerie libérale » lié aux accords bilatéraux leur empêche d’appliquer comme il se doit le Code Pénal !

PS:(Non pas parti socialiste!)Corélande dit « la police conseille aux femmes de ne plus sortir seules le soir.....c'est un comble! » Et oui, justement, j’en ai vu des choses dantesques sur ma fenêtre après la Lake Parade de hier soir à GE !!! :(((

Écrit par : Barbie Holy Spirit Von Sauer | 15 juillet 2012

Risibles les nouvelles du jour; des requérants qui se perdent dans la nature! De l'insécurité en veux-tu en voilà, et tout le monde continue comme si de rien n'était. Les journaleux-complices censurent nos commentaires et nous bourrent la tasse d'articles "tendance-gauchiste", autrement dit très "partisans".

Seul Monsieur Blocher est en mesure de mettre tout le monde "en mode respect", c'est tout ce que l'on demande! Il n'y a pas si longtemps on pouvait se sentir bien chez nous, depuis Schengen c'est le foutoir à tous les niveaux; logements, insécurité routière, violences, agressions, immondices et même nos ondes sont polluées par des journalistes aux accents typés "ch-o-ses" et otre nonante péniblement prononcé.
(ce soir encore à la RTS journal des sports). A croire qu'aucun journaliste n'a été formé cette dernière décennie dans nos universités.
Et on en remet une couche au TJ avec un "grand format" sur l'arrivée de tous les européens dans le Jura! (Laissez la place...
"la crème de la crème UE arrive, vous les Suisses ou vos enfants, allez voir ailleurs!)


Faudra-t-il qu'un jour, un Général comme Guisan qui en constatant la pleutrerie du CF avec Pillet-Golaz en tête, informa clairement que s'il était nécessaire il arrêterait le Conseil Fédéral au complet.
(les CF de l'époque étaient partisans de se plier aux volontés de l'Allemagne). N'y a-t-il pas aujourd'hui une drôle de similitude avec cette sombre époque.

Écrit par : Corélande | 15 juillet 2012

notre pays est devenu une plaque tournante pour n'importe quoi.Même pour les apprentis en produits nocifs à tester en boites de nuit dans les verres des consommateurs,et n'occultons pas la racaille qui vend des produits non homologués et prétendus sains pour l'environnement et votre santé.Ils se disent biologistes mais ce sont de simples amateurs.Internet est une machine à tuer pour qui veut puisque on y trouve toutes les indications pour qui veut construire sa petite bombe atomique aussi craindre des centrales n'a vraiment aucun sens puisque des petites frappes peuvent sans l'ombre d'un souci fabriquer des engins hors contrôle de tous les organes de surveillance.
Et si je peux me permettre à la place d'enquiquinner/pour rester polie/ le peuple avec des taxes pour tout ,il serait plus intelligent de surveiller de plus près des humains nettement plus dangereux que des containers ayant des tris qui devaient aller dans d'autres ,que de temps et que d'argent perdu dans notre pays pour de stupides interdits alors qu'il y'a plus dangereux pour le citoyen
On va finir par croire qu'en ce pays c'est la classe enfantine qui dirige certains élus leur faisant prendre des décisions dépourvues de tout sens de la réalité

Écrit par : lovsmeralda | 15 juillet 2012

SVP NOUS VOULONS DES FRONTIERES GARDEES! NOUS VOUS DEMANDONS DE PRESERVER NOTRE INTEGRITE ET NOS LIBERTES!
Car ce matin à Villeneuve, ils en on remis une couche! Meurtre et rixes au menu du week-end, magnifiques. Et Brélaz qui veut s'occuper de nettoyer la drogue dans sa ville, mais c'est merveilleux! Il était où celui-là ces dernières années?????

Écrit par : Corélande | 16 juillet 2012

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