15 août 2012

François Hollande, un président normal

François Hollande fête ses 100 premiers jours à la tête de la République Française, une étape symbolique signant habituellement la fin d'un "état de grâce" dont le président français n'aura pas bénéficié, crise oblige. Cela ne l'empêche pas de poursuivre contre vents et marées sa quête de normalité: repos tranquille à Brigançon, voyages en TGV, rencontres plus ou moins improvisées avec des Français communs pour quelques poignées de mains, sous l'objectif des photographes.

Selon François Jost du Nouvel Observateur, la normalité de François Hollande serait un faux débat - mais le journaliste ne fait que tresser des louanges à M. Hollande, dont la présidence normale serait simplement "une réponse à une hyper-présidence [de Nicolas Sarkozy], qui dépassait très largement les attributions du président, qui n’est ni le chef du gouvernement ni un chef d’entreprise" et dont le rêve caché aurait été, horreur suprême, de "diriger la France comme une entreprise".

Nicolas Sarkozy n'aura certainement pas laissé derrière lui une France-Entreprise florissante. Mais en prenant la normalité de M. Hollande sous cet angle, l'analyste des médias prend sans le vouloir le problème d'une façon beaucoup plus pertinente qu'il n'y paraît.

Les premières étapes du parcours de François Hollande, méticuleusement rapportées sur Wikipedia, nous renseignent de façon lumineuse sur l'individu:

En 1974, il préside la section de l'UNEF [syndicat d'étudiants gauchiste] à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Il entre à HEC Paris, et y préside le comité de soutien à la candidature de François Mitterrand. Il adhère au Parti socialiste en 1979. Sorti de l'ENA en 1980, il choisit d'être auditeur à la Cour des comptes. Il est également, à cette époque, maître de conférences à l'IEP de Paris, où il donne des cours d'économie aux étudiants de troisième année jusqu'en 1991.

En 1981, à la suite de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, François Hollande devient chargé de mission (toujours à propos d'économie) pour l'Élysée, à l'époque où le nouveau pouvoir entame sa politique de relance par la demande (relance keynésienne) et de nationalisations. (...) De 1983 à 1984, il est le directeur de cabinet des deux porte-parole successifs du troisième gouvernement de Pierre Mauroy : Max Gallo et Roland Dumas. (...) À l'Assemblée nationale, il devient secrétaire de la Commission des finances et du Plan et rapporteur du budget de la Défense.

 

A la suite de quoi, grimpant patiemment les marches du pouvoir et tissant son réseau, par un mélange de chance, d'opportunisme et de faveurs échangées, le politicien professionnel deviendra porte-parole puis Premier Secrétaire du Parti Socialiste, avant d'accéder à la candidature socialiste pour la présidentielle et de se faire élire face à un Nicolas Sarkozy dont plus personne ne voulait.

Sans jamais produire quoi que ce soit, François Hollande aura confortablement vécu, sa vie durant, aux crochets des contribuables. Son seul épisode hors de la classe politique s'est limité à un passage à vide durant les années 90 au cours desquelles, par le tour de passe-passe d'une équivalence de diplôme, il se trouva une retraite de quelques mois au sein du cabinet d'avocat de son ami Jean-Pierre Mignard. Peut-on vraiment parler de création de valeur?

Ironiquement, le manque patent d'expérience de l'énarque dans le secteur privé ne l'a pas empêché d'enseigner l'économie pendant plusieurs années à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris...

François-Hollande-et-sa-montre-à-lenvers.pngDans le sens où il est le pur produit, la quintessence même, de sa classe politique, François Hollande est donc un président français normal - extrêmement normal.

Les accointances, les réseaux d'influence et les faveurs retournées sont certainement d'excellents outils pour propulser une carrière vers les sommets. On peut même décerner les lauriers de la persévérance à M. Hollande, tant il a réussi à tracer son chemin au milieu d'autres prédateurs carriéristes tels que lui. Mais ces performances remarquables ne sont d'aucune utilité en situation de crise. L'entregent et la diplomatie ne permettent pas à elles seules de générer des revenus, de rassurer les marchés sur le long terme, de réduire les coûts de fonctionnement d'un Etat et de libérer la croissance du secteur privé.

Quelles que soient les belles qualités que chacun attribuera à François Hollande, il n'a montré dans sa carrière aucune de celles qui permettent de créer de la richesse, ni même aucune compréhension à l'égard de ceux qui en sont capables, les PME hexagonales. Au contraire, bâtissant sa fortune sur des rentes de situation et affichant son mépris pour les "riches" - c'est-à-dire, non pas les détenteurs de patrimoine comme lui, mais bien les entrepreneurs qui ont le malheur de réussir - il n'a cessé d'afficher son attachement au mode de pensée socialiste qui étouffe la France.

Diriger la France comme une entreprise, quitte à ce que ce soit d'une façon aussi médiocre que son prédécesseur? Si seulement! Mais M. Hollande n'est pas, ne sera jamais ne serait-ce qu'un mauvais dirigeant d'entreprise. Il n'est pas sur la même planète.

Pur produit du système, François Hollande n'a pas le bagage culturel ni intellectuel pour appréhender la situation française. Bercé au milieu de ses courtisans, il s'avèrera totalement incapable de prendre les mesures énergiques adéquates face à la crise. A la place, il est et restera un président normal. Terriblement normal.

Commentaires

Tout le monde connait l'adage si souvent utilisé en périodes tumultueuses au sein d'un couple et qui colle comme un gant à la peau de nombreux présidents ou politiciens,on échange toujours un borgne contre un aveugle!

Écrit par : lovsmeralda | 16 août 2012

Précisons qu'il n'y a pas eu tromperie sur la marchandise. Hollande président est bien tel que le laissait prévoir Hollande candidat.

L'élection de François Hollande juge très sévèrement les Français. On peut juste dire à leur décharge que le choix proposé n'était pas folichon.

Écrit par : Franck Boizard | 16 août 2012

ou commence et ou s'arrête la normalité ,de toutes manières comme disait un illustre Charles la France est un pays ingouvernable ,pourquoi les Français devraient-ils déroger à leurs habitudes? c'est la même chose à Genève mais eux ,nous ont habitué à vanter les mérites de la France surtout en baisse de bourses générales.Le cosmos ne reflète -t'il pas à lui tout seul cette pandémie récurente chez la gente masculine et bien saisonnière?
Un président comme monsieur Hollande jouant du copinage et concubinage sans complexe aucun y'a de quoi déclencher des tsunamis d'envies et de jalousies aussi,ensuite on critique le manque de valeurs et respects!

Écrit par : lovsmeralda | 17 août 2012

"une réponse à une hyper-présidence"
Certains, ou plutôt une certaine, parlent aujourd'hui d'hypo-président...
La crise de l'euro en Grèce aura eu au moins un avantage, celui de mettre à jour les pratiques hyper-mafieuses des militants socialistes Pasok, de la base au sommet. Le PS grec est une association de malfaiteurs, ni plus ni moins. Je ne pense pas que le PS français en soit là, tous ne sont pas des Guérini ou l'autre du Nord que voulait jeter l'agité du bocal de l'extrême gauche. Mais les réseaux sont là, tout est prêt pour refuser des marchés à des entreprises qui seraient trop critiques envers le minet du redressement productif ou gêner la carrière de juges qui s'intéresseraient de trop près à la sexualité de gorets en rut de certains dirigeants du PS...
Dans quel état sera la France dans 5 ans ? Plus personne aujourd'hui ne peut parler d'avenir, mais les sympathies fortes du gouvernement Ayrault pour les syndicats et la fonction publique, le fait de considérer les financiers comme des ennemis, taxer à 75 % ceux qui gagnent plus d'un million, tout cela ne peut que conduire ce pays vers le chaos.
Quant à dire si c'est un bien ou un mal, cela dépend des sympathies personnelles de chacun pour les socialistes...

Écrit par : Géo | 17 août 2012

Amusant ! On peut changer le nom de Hollande par la plupart des noms de politiciens de gauche et de droite. La droite fut au pouvoir pendant 10 ans en France, avec les piteux résultats que l'on sait.
La droite peut toujours se draper dans une posture anti-gauche, elle est, en France du moins, souvent aussi corrompue et incompétente que la plupart de la gauche. Eh oui, traiter ses contradicteurs de cocos tueurs d'enfants n'est pas en soi une preuve d'intégrité ou d'efficacité.

Bien sûr, il reste quand même un grand nombre d'élus locaux intégres, mais ceux là accèdent rarement à de hautes fonctions.

Il y a dans les faits, en France toujours, une grande similitude entre les dirigeants de droite et ceux de gauche. Non pas que la France soit foncièrement socialiste ou je ne sais quoi, mais au bout du compte, à terme, les différences s'estompent. Pourquoi ? Parce que la classe politique et le système politique français forment, à haut niveau une caste, une oligarchie, où tout le monde connait tout le monde. La République des copains et des coquins !

Écrit par : Erlikhan | 24 août 2012

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