11 septembre 2012

La grande classe de Libération

La une de Libération d'hier fait parler d'elle, et pour cause: le Voici de la gauche française bat de nouveaux records de médiocrité vindicative à l'encontre de Bernard Arnault:

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La phrase est un détournement de la fameuse réplique "Casse-toi pauvre con!" de Nicolas Sarkozy. Mais si le Président français s'était fait surprendre à l'image avec une saillie aussi improvisée que vulgaire contre un homme qui refusait de lui serrer la main, la couverture d'un quotidien d'audience nationale élaboré par une rédaction n'est pas la même chose. Bernard Arnault ne s'y est pas trompé et a immédiatement porté plainte contre Libération pour "injures publiques". Même en s'essayant tardivement à l'humour, le quotidien de gauche échappera difficilement à une condamnation.

De quoi serait coupable M. Arnault pour mériter pareil qualificatif? Le fait est que, jusqu'à preuve du contraire, il n'a pas volé sa fortune. Il l'a obtenu à travers des clients que nul ne forçait à acheter ses produits. Année après année, ses entreprises ont payé les impôts légaux, lui l'impôt sur le revenu, l'ISF, la TVA, la CSG et tous les innombrables prélèvements imaginés par l'Etat français, y compris les charges salariales pesant sur les milliers d'employés de LVMH. Le groupe génère des milliards de revenus fiscaux.

Sur le mérite des uns et des autres, François Fillon, sur Europe 1, a eu les mots justes:

"Qui est le plus patriote dans ce pays? Est-ce que c'est quelqu'un qui a créé des milliers d'emplois, qui paie et fait payer des milliards d'euros d'impôts, quelqu'un dont on admire le travail partout dans le monde ou ceux qui écrivent ces papiers?"


Reste à aborder la demande de nationalité belge par le patron du groupe LVMH. Cette manoeuvre à but fiscal s'inscrirait en opposition à la ligne de "l'effort" réclamée par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault:

"En France, on sait qu'il y a des efforts à faire pour réussir le redressement du pays, on sait qu'il y a une attente très forte pour que cet effort soit justement réparti."


Justement réparti? Si seulement! On cherchera en vain la "juste répartition" de l'effort au niveau du train de vie de l'Etat, par exemple. Trente ans que davantage d'impôts sont réclamés aux Français sans jamais que l'Etat ne parvienne ne serait-ce qu'à l'équilibre budgétaire!

La justice fiscale est à la justice ce que la musique militaire est à la musique. Le mode de pensée socialiste prévalant en France est encore resté bloqué aux premières lunes du marxisme: les riches, coupables de l'histoire au travers du prisme de la lutte des classes, doivent être sacrifiés sur l'autel de la collectivité, la méthode fiscale étant un outil tout à fait approprié.

L'exil fiscal représente évidemment une faille dans leurs plans. Le Mur de Fer qui a scindé l'Europe pendant la guerre froide n'était pas destinée à empêcher les gens de rentrer, mais bien de s'enfuir, dans une application très concrète du socialisme réel.

Pourtant, on cherchera en vain en quoi les actes de M. Arnault auraient quoi que ce soit d'illégal, ou même d'immoral. La critique est d'autant plus amusante qu'elle vient de ceux qui clament à tout crin que tout individu a le droit d'émigrer dans un autre pays pour y chercher un avenir meilleur. A ce qu'il semble, comme dans toute bonne utopie, certains sont plus égaux que d'autres.

Le pire dans cette affaire est que Bernard Arnault a plusieurs fois insisté pour affirmer qu'il était et resterait fiscalement domicilié en France, et continuerait à payer ses impôts dans l'Hexagone. D'aucuns affirment que sa démarche serait liée à un "projet d'investissement sensible", peut-être lié à la législation belge elle-même. Peu de gens ont cru à cette déclaration - et pas que dans les couloirs de Libération - et ajoutent aux insultes l'accusation de mensonge.

Réalisent-ils seulement qu'à agir ainsi, ils donnent une excuse en or à M. Arnault pour faire exactement ce qu'ils lui reprochent? Après un tel déferlement de haine, le richissime homme d'affaire français aurait beau jeu d'annoncer son exil fiscal en Belgique. "Ma démarche de double nationalité sert une démarche personnelle engagée depuis plusieurs mois, et ne doit faire l’objet d’aucune interprétation politique", avait-il expliqué avant l'affaire. Aujourd'hui, alors que cette interprétation politique lui est imposée, il aurait tort de continuer à se sacrifier fiscalement pour une telle brochette d'ingrats.

C'est sans doute la meilleure leçon à leur rendre.

Commentaires

Bah, elle est plutôt amusante cette histoire...je suis sûr que vous regrettez qu'il n'ait pas décidé de venir en suisse.
Sinon, pour quelqu'un qui pleure sur le politiquement correct et la pensée unique, je trouve que la une a au moins le mérite, ok, c'est bien le seul, de trancher avec l'habituelle mollesse ou jeux de mots douteux, dont nos journaux nous habituent depuis quelques années, tant ils sont muselés par leurs propriétaires...

Écrit par : lefredo | 12 septembre 2012

Certains bloggs et médias en Suisse Romande font de même usant de noms d'oiseaux ,Libé n'a pas à rougir d'un manque de discernement de la part des lecteurs quand à la victime elle a les moyens de réagir .Personne n'oblige oblige à lire les médias mais c'est comme pour le chocolat,personne n'est obligé d'en manger mais plus c'est mauvais pour la santé /d'après le moralisateurs /et tellement bon pour le moral plus on en veut et salir les autres est devenu une mode dans les pays francophones, beaucoup s'y adonnent avec une joie proche de la jouissance mais d'une jouissance mesquine et là on ne dit rien
En fait délations moqueries etc font partie du carnaval d'automne mais en Romandie il dure à l'année,dommage ! Parceque les plus malins auront compris les avantages à en retirer à l'insu de tous y compris des politiciens surtout des socialistes manquant de réalisme ayant confondu réseau social avec celui de l'eau et du gaz.Grâce aux non internautes la vérité s'est faite rapidement évitant le pire,mais le contribuables lui pourra traiter de c...tous les socialistes comme quoi un gros mot ne tue pas surtout envers les moralistes qui prétendent sauver l'environnement.
C'est une des raison qui offre aux citoyens l'envie de se rapprocher de l'UDC dont les membres ne sont pas de doux réveurs ,mais bien des gens au raisonnement terrestre et non axés sur des théories antérieures à la venue du Christ sur terre!

Écrit par : lovsmeralda | 12 septembre 2012

Il y a mieux à faire que de s'occuper de ce qui se passe chez les autres.

On attend de nos représentants, qu'ils s'occupent de ce qui se passe ICI!

Il n'y a pas assez à faire dans la région lausannoise!!!!!?

Écrit par : Corélande | 12 septembre 2012

Moi je trouve cela assez drôle finalement. Et surtout cela permet de tordre le cou au slogan "s'il n'y avait pas les riches pour payer des impôts, vous seriez tous miséreux et ça serait bien fait pour vos gueules" par "si certaines personnes par avidité ne s'accaparaient pas la plus grande partie des richesses par des savants montages financiers immoraux, des opérations boursières basées sur du vent, des monopoles de fait, celles-ci seraient mieux réparties, dès lors beaucoup plus de gens paieraient des impôts, mais moins d'impôt et tout le monde (excepté le 10 % susmentionné) vivrait beaucoup mieux" qui, au moins a le mérite d'être vrai !

Écrit par : Lenoir André | 12 septembre 2012

Médiocrité vindicative. Ce sont les mots que je cherchais. Cela caractérise hélas assez bien l'ambiance générale ici. Pas seulement à Libération.

Écrit par : Robert Marchenoir | 13 septembre 2012

@Corélande cinq sur cinq ,vous avez entièrement raison

Écrit par : lovsmeralda | 18 septembre 2012

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