25 octobre 2012

La déconstruction européenne

L'image de l'islam se dégrade en France, décrète aujourd'hui le Figaro, sondage à l'appui:

  • 43% des sondés considèrent l'islam comme une menace ;
  • 60% pensent que cette religion a trop d'importance ;
  • 18% sont favorables à la construction de mosquées (contre 33% en 1989) ;
  • 63% sont opposés au voile dans la rue (31% en 1989) ;
  • 89% sont opposés au voile à l'école.

Autre média, autre sujet. Les élections montrent l'accélération d'un mouvement autonomiste: "Des Flandres à l'Ecosse, les mouvements séparatistes gagnent du terrain, sur fond de crise économique" explique le présentateur de la RTS.


En quelques jours, trois régions européennes font un pas vers leur émancipation:
les Flandres, l'Ecosse et le Pays basque.

Changeons encore d'horizon. En Grèce, les attaques "racistes" contre les immigrés ont atteint un niveau alarmant, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR):

Les migrants en provenance d'Afrique ou d'Asie qui essaient d'entrer dans l'Union européenne par la Grèce font face à une hostilité croissante dans un pays victime d'une crise économique sans précédent depuis soixante ans. Le HCR fait état de 87 attaques racistes répertoriées par les groupes de défense des droits de l'homme entre janvier et septembre 2012 et qualifie ce chiffre d'"exceptionnellement alarmant". Les véritables chiffres sont sans doute bien plus élevés dans la mesure où les victimes ont souvent trop peur pour porter plainte, précise le HCR.

 

Quel rapport entre l'image de l'islam en France, des élections en Espagne et en Belgique, un accord politique dans ce qui s'appelle encore le Royaume-Uni, ou des violences en Grèce? A priori, aucun.

Pourtant, toutes relèvent du même événement: la désagrégation de l'Union Européenne.

Elle est de plus en plus apparente, de plus en plus marquée, et de plus en plus rapide.

La société européenne se délite, que ce soit entre des communautés religieuses, envers les immigrés, ou contre le pouvoir du gouvernement. La solidarité et le respect des individus les uns pour les autres se désagrège. Le repli se généralise dans toutes les directions. Cela vaut pour toutes les mouvances politiques: les indépendantistes flamands sont classés à droite, ceux de Catalogne ou du Pays basque sont classés à gauche.

(Amusant, au passage, de voir les gauchistes espagnols radicaux de l'EAJ-PNV réclamer la fin des mesures de rigueur "venues de Madrid". Visiblement, la solidarité, c'est quand il y a de l'argent à prendre, pas quand il faut régler l'ardoise!)

Sur ce phénomène continental, les interprétations divergent: certains parleront de "prise de conscience nationale", de la volonté de "retrouver une véritable souveraineté" ; d'autres regretteront la "montée des extrêmes", les "troubles du vivre-ensemble" et la "banalisation de la stigmatisation". Toutes ces analyses pointent néanmoins le même facteur commun: la crise économique.

Et bien entendu, personne n'a de solution - parce qu'il n'y en a pas.

L'Europe est au confluent de flux migratoires, de tensions religieuses, de disparités économiques, de visions antagonistes du droit et du rôle de l'Etat. C'est une grande famille, mais une famille largement artificielle, recomposée, construite ex-nihilo.

Lorsque tout va bien, les tensions et les divergences font partie du quotidien, des difficultés à aplanir dans la marche vers un avenir meilleur. Nous ne sommes plus en temps normal. Comme dans la vie réelle où les difficultés financières peuvent dévaster un couple, la crise économique dans laquelle se débat l'Europe politique est un facteur aggravant, quel que soit le domaine concerné. Résultat? Le continent tangue et craque de partout. La protestation menace de tout emporter et ne montre pas le moindre signe de faiblesse.

Le modèle de solidarité européenne a vécu, quoi qu'il ait jamais signifié pour la population de chaque pays membre. Alors que les caisses sont vides, le concept même se délite. L'immigré n'est plus une opportunité, une richesse humaine ou une célébration de la diversité, rien qu'un profiteur. Le musulman n'est plus qu'un conquérant. Le pouvoir central se réduit à une marionnette aux mains d'"intérêts financiers apatrides". Les institutions internationales n'apparaissent plus que comme donneurs d'ordre sans âme. Chaque Européen n'a confiance que dans son voisinage immédiat, et si cela doit signifier au passage le morcellement de pays épuisés, qu'il en soit ainsi.

Dans sa démonstration impitoyable, L'Europe, une nouvelle URSS?, Vladimir Boukovsky rappelait que l'URSS était sensée amener la paix aux peuples, mais qu'au moment de son effondrement c'était le foyer de plus de guerres civiles et de guérillas que n'importe quel autre endroit de la planète. Appliquée à l'Europe en 2005, l'idée pouvait faire sourire ; aujourd'hui, il semble bien pourtant que nous en prenions le chemin.

Commentaires

A noter que les 18 % de Français favorables à la construction de mosquées, cela correspond, à la louche, au pourcentage des musulmans en France (dont beaucoup possèdent la nationalité française) ajouté au pourcentage des sympathisants d'extrême-gauche.

Écrit par : Robert Marchenoir | 25 octobre 2012

Pas de solution ?

Mais si : retour aux nations (ce qui n'empêche pas les échanges économiques) et fin de l'immigration.

On pourrait s'inspirer, en partie, du Japon, de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande.

Écrit par : Franck Boizard | 25 octobre 2012

@Franck Boizard: la notion même de nation a sérieusement du plomb dans l'aile ces temps-ci, comme en témoignent les velléités indépendantistes ici et là. La nation que vous voyez, c'est la nation espagnole? Catalane? Bretonne? Corse? Plus petite, plus grande? Basée sur quel critère concret, au juste?

Quant au problème de l'immigration... Ma foi, qui aurait envie d'émigrer dans un continent morcelé, appauvri, en proie à des troubles civils? Les immigrés cherchent un avenir meilleur ou des mécanismes sociaux dont ils peuvent bénéficier, et l'Europe a de moins en moins à fournir sur ce plan-là. L'Europe perd peu à peu de son attrait (sauf pour les plus désespérés ou les plus cyniques, c'est-à-dire, les pires) et même si l'immigration était magiquement réduite à zéro, il resterait des millions d'étrangers non intégrés sur le continent, mélangés avec d'autres populations, tout le monde de moins en moins tolérant envers son voisin.

Et pour finir, il reste le problème des dettes à régler.

Beau bouillon...

Écrit par : Stéphane Montabert | 25 octobre 2012

Une seule solution véritable: les virer.
Du moins le plus grand nombre qui ne sont pas autonome.
La France plante profondément ses racines loin dans l’Histoire. Dans cette perspective, que valent quelques décennies de la cinquième république ?

Si vous vous intéressez à l’histoire des pays et des peuples vous ne pourrez que constater que les déplacements de population (c’est comme çà qu’on nomme joliment les transferts, les expulsions) ne sont pas rares.
On n’en a pas fait tout un plat !
La stabilité des sociétés humaines est à ce prix.
On a même créé des pays artificiellement pour recueillir certains déplacés.

Concernant la France ce sera bien plus facile que vous ne le croyez. Tout simplement parce que les musulmans, en grande majorité, n’aiment pas notre pays.
Ils n’adoptent pas nos traditions, nos fêtes, notre histoire, nos prénoms pour leurs enfants et préfèrent importer les leurs.
Ce qui les retient ici ce sont les allocations, les services publics, la tolérance pour toutes leurs exactions. Ils vivent chez nous comme une plante potagère en culture hydroponique.
Sous perfusion.
Mais au fond ils ne sont pas heureux ici parce qu’ils ne comprennent pas notre manière de fonctionner.

Mis à part pour les délinquants, il n’y aura même pas besoin d’user de violence pour les virer. La France étant un pays onéreux à vivre, commençons à leur couper les vivres et ils partiront tout seuls. Pour une part.
Un exemple tout proche?
L’Espagne. Depuis la crise économique les Marocains rentrent chez eux.
L’an dernier c’était 150 000 personnes. Et cette année ? Et ensuite ?

Écrit par : Obsédé Textuel | 26 octobre 2012

J'ai l'étrange impression, à vous lire, que rien ne vous fait plus plaisir que les malheurs des plus démunis...

Je vous cite:
"Les immigrés cherchent un avenir meilleur avec des mécanismes sociaux dont ils peuvent bénéficier?" et alors, vous préféreriez qu'ils "crèvent" dans leurs pays et surtout ne vous coupent pas l'appétit?

Ils sont plutôt courageux ces "étrangers" qui prennent le risque d'y laisser leur peau afin de tendre vers un avenir meilleur! non?

Autre perle qui laisse pantois:
"Il resterait des millions d'étrangers non intégrés sur le continent, mélangés avec d'autres populations...."

Encore une fois vous vous attaquez avec cynisme au plus démunis, pendant ce temps à Berlin, ville progressiste s'il en est, les allemands ont enfin reconnu le génocide des roms, commis par les nazis, vous connaissez les roms, ces "individus non intégrés sur le continent", pour vous citer.

Quand je pense au travail qu'effectue quotidiennement la Croix Rouge, je trouve que votre vision de la Suisse n'a rien à voir avec celle que souhaitait un de nos fondateurs, Henri Dunant.

Écrit par : Jean-François Rabious | 26 octobre 2012

@Obsédé Textuel: en effet, certains immigrés ne resteront pas s'ils n'ont plus rien à prendre en Europe. C'est une évidence. Mais ce n'est pas non plus une "solution" vis-à-vis de ceux qui prennent l'immigration comme un problème, parce que cela reviendrait à un individu mettant le feu à sa maison pour se débarrasser d'invités qu'il estime indésirable...

@Jean-François Rabious: "J'ai l'étrange impression, à vous lire, que rien ne vous fait plus plaisir que les malheurs des plus démunis..."

Eh bien, apprenez à lire mieux que ça.

"Vous préféreriez que [les immigrés] "crèvent" dans leurs pays et surtout ne vous coupent pas l'appétit?"

Vous fumez quoi pour tenir des propos pareils? Avez-vous jamais réalisé que les immigrés ne représentent jamais qu'une fraction dérisoire de la population totale? Si vous pensez que la vie est "impossible" au Pakistan, Ghana, Yémen, en Turquie ou Dieu sait où, au point que la seule solution est l'immigration, que penser des centaines de millions de personnes qui vivent jour après jour dans ces pays sans les quitter? Suivant votre "logique", ce sont des lâches alors?

Quant à la "perle" sur les millions d'étrangers non intégrés sur le continent, le qualificatif n'engage que vous. Je vous invite à sortir un peu plus souvent de chez vous où à ouvrir un journal de temps en temps pour vous en rendre compte du problème par vous-même. Ramener là-dedans le génocide de roms par les nazis est du grand n'importe quoi, pareil pour la Croix-Rouge.

Vous êtes médium pour émettre des avis au nom d'Henri Dunant? Vous communiez avec son esprit? Ou c'est juste une tournure de phrase pour vous auréoler d'une supériorité morale à peu de frais?

Tenez, selon Henri Dunant, vous ne seriez qu'un cuistre doublé d'un provocateur. Discutez-en avec lui la prochaine fois que vous le croisez.

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 octobre 2012

@S.Montabert.je rejoins entièrement vos propos concernant les millions de gens vivant heureux bien que pauvres .Eux ne souffrent pas d'autosuffisance des machiavels de la perfectitude des écoterroristes radicalistointégristes comme beaucoup d'Européens et même Suisses
Ils mangent très souvent sans se laver les mains , invitant les européens avec le sourire en prime à partager leurs repas qui bizarrement ne pensent plus aux règles d'hygiènes recommandées principalement pour les hopitaux
Eux la propreté en apparence leur est égale,ils préférent celle du coeur qui nous fut aussi enseignée
Il existe un net avantage dans les pays Magrébins,c'est qu'à trop de mosquées peut-être génantes,l'art de vivre y est conservé.Leur art de vivre et recevoir ressemble de beaucoup à celui que nos anciens nous avait aussi enseigné.Nul besoin d'aller chez le coiffeur ou la manucure ou avoir de gros seins ou gros biceps pour être honoré et invité à n'importe quelle heure de la journée.Une coutume exista très longtemps en Suisse ,elle perdura jusqu'en 90 chez certains Helvètes,la fameuse assiette du pauvre!
On peut se demander d'ailleurs pourquoi autant de Suisses et Français vont vivre leur retraite dans ces pays,faut croire qu'à trop de perfectitude et peurs irrationnelles les gens ont perdu l'essentiel de leur existence ,vivre tout simplement.C'est pas difficile et ça ne coute rien excepté le regard des jaloux qui pensent vous voir déraisonner si vous osez rire.Pauvre Suisse ce pays est bien triste à contempler.
Il existe des fondamentalistes islamistes mais notre pays a aussi ses fondamentalistes qui n'ont rien à envier en forfaitudes psychologiques aux premiers

Écrit par : lovsmeralda | 26 octobre 2012

Continuez à vous soumettre aux réglements des anarchistes Verts et cie dans 20 ans et peut-être avant vos filles d'aujourd'hui devenues femmes devront balayer les rues.Continuez à vous abaisser .à dérouler le tapis rouge pour ensencer leurs peurs irrationnelles d'un futur lié à des films dont les auteurs avaient le cerveau déjà bien détraqué pour mettre en scène des apocalypses invérifiables ,oui allez-y formatez vous à leurs désirs sûr que des lendemains forts désenchanteurs suivront pour les enfants de demain.Et Neslé comme d'autres mis au banc des accusés par ces spécialistes du nouveau monde propre en ordre,eux auront la conscience tranquille car ils offrent du travail,ils ne réduisent pas au chomage et à la pauvreté comme les socialistes

Écrit par : lovsmeralda | 26 octobre 2012

C'est pourtant simple : vous (lire l'Union européenne et les partis-dinosaures de gauche) ne pouvez pas forcer les gens à vivre ensemble, tout simplement. Un musulman pratiquant ne veut pas serrer la main aux femmes, manger la même nourriture que 'nous', voir des croix suisses (!) sur des affiches, trouver des crucifix ? Très bien, je n'ai aucune envie de voir des femmes voilées, des boucheries hallal et des barbus à chaque coin de rue. Si les musulmans pratiquants ne sont pas heureux en Europe, personne ne les retient.

Écrit par : Courant alternatif | 26 octobre 2012

Tout ce qu'on peut espérer c'est de finir comme l'Estonie et non l'Ukraine, et pour la France c'est mal parti...

Écrit par : Crucol | 26 octobre 2012

@Courant alternatif c'est simple qu'ils aillent ailleurs,ok alors pour les non fumeurs aussi qu'ils aillent voir ailleurs c'est simple et pas plus compliqué/rire hé oui!

Écrit par : lovsmeralda | 26 octobre 2012

Vous ne citez pas la lettre hallucinante envoyée par 4 députés catalans a l´'UE demandant de faire voter par le parlement un texte empechant l'armee espagnole d'intervenir en cas d'indépendance - ambiance festive a Barcelone -

Écrit par : Roger Nimo | 26 octobre 2012

Intéressante interview d'Oskar Freysinger dans un média russe (en anglais) :

http://www.right-world.net/en/news/2849

Il parle de l'islam.

Écrit par : Robert Marchenoir | 27 octobre 2012

d'abord, l'UE n'a jamais été un état, n'a pas de gouvernement et n'est pas davantage une fédération ou confédération

ensuite, l'UE, créée en tant que marché d'échanges commerciaux puis financiers, n'a développé qu'un millefeuille bicéphale de fonctionnariats supposés régir l'ensemble des marchés européens .. sans aucun protectionnisme aux frontières

ça + états membres déficitaires + industries perdues délocalisées aux BRICS avec pertes d'emplois massives + fortes immigrations + un new système de banque de solidarités supposé absorber les dettes "obligataires" de ses marchés.. avec 700 mia de fonds..

le tout à coup de traités bilatéraux (!) mais négation de référendum nationaux votant contre,
Font tout pour que ce château de cartes s'écroule

Écrit par : Pierre à feu | 28 octobre 2012

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