29 octobre 2012

Les bons conseils du Pakistan

"Egalité et Racisme, la Suisse peut mieux faire" annonce le Matin. Non, il ne s'agit pas de renforcer l'égalité et le racisme en suisse, comme le titre maladroit de l'article le laisse penser, mais bien de les combattre...

C'est en tous cas l'idée, selon l'avis du Conseil des droits de l'homme de l'ONU devant lequel la Suisse vient de se faire tancer, comme d'habitude.

Mais à l'examen des bonnes fées penchées sur le berceau helvétique, on est pris d'un doute:

Le Pakistan est revenu sur la votation, fin 2009, sur l'interdiction de la construction de nouveaux minarets. Il a demandé l'adoption d'un texte de loi interdisant les activités de toutes les organisations prônant le racisme.

La Turquie a demandé la levée de l'interdiction de nouveaux minarets, une décision populaire regrettée également par les Etats-Unis et la Norvège.

 

Le Pakistan, pays où les chrétiens sont persécutés, où la liberté d'expression amène quelques excès? Pas de racisme là-bas. Point du tout, vous dis-je. Une terre paisible et bénie sous un soleil placide, et le reste n'est qu'invention de reporters jaloux. Pareil en Turquie. D'ailleurs, on voit bien leur méthode sur les questions de racisme comme sur le reste - visiblement couronnée de réussite. Un problème? Hop, une petite loi vite fait bien fait, et c'est plié.

En réalité, les conclusions ubuesques du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur la Suisse ne font que rappeler au grand public, bien trop ignorant, le mode de fonctionnement de l'institution. Sur pratiquement tous les sujets, un pays égale une voix. En matière de vote, la Mauritanie compte autant que les Etats-Unis. On ne sera donc pas étonné de voir des diplomaties occidentales respectueuses des droits de l'individu régulièrement étrillées à la tribune par des régimes indignes de s'y rendre.

L'ONU est l'assemblée des Nations Unies - pas des "démocraties" ou des pays "respectueux des droits fondamentaux". Juste des nations. Ne croyez pas que la majorité d'entre elles aient le moindre rapport avec la conception européenne des droits naturels, de la séparation des pouvoirs, d'un procès équitable et tutti quanti.

On regrettera juste que des pays dont on aurait pu espérer plus de solidarité, comme les Etats-Unis et la Norvège, s'associent à la mascarade.

A entendre les discours servis à M. Burkhalter à l'ONU pour s'attaquer à un pays aussi impitoyable que la Suisse, je me demande quels terribles flèches verbales le chef affuté du Département Fédéral des Affaires Etrangères doit leur décocher lorsque c'est son tour de parler à la tribune. Tranchant, incisif, accrocheur. De quoi arracher des larmes au plus blasé des diplomates.

135027303-32208244.jpgPourtant, en même temps on ne peut pas s'empêcher de penser que non, les passages à la tribune de M. Burkhalter ou les contributions de la Suisse au Conseil des droits de l'homme ne doivent pas être aussi saignantes que ça. Fidèle à la ligne de conduite de son pays, M. Burkhalter ne rétorque probablement pas grand-chose. Ça pourrait déplaire, nuire à la politique des "bons offices", voire au tourisme, sait-on jamais - la Genève internationale, c'est fragile ma brave dame...

Je vous laisse seul juge, toutes les interventions sont disponibles en ligne.

C'est en fin de compte toujours la même histoire, de la cour d'école jusqu'aux salons feutrés des institutions internationales. Il y en a qu'il ne faut pas trop fâcher, mais ceux-là peuvent, eux, tout se permettre.

En adhérant à l'ONU, la Suisse est devenue membre d'un club où elle passe le plus clair de son temps à se faire insulter par des pays incapables de lui arriver à la cheville, tout en étant largement muette elle-même. Évidemment, notre crédibilité s'en ressent. Une belle prestation acquise pour plus d'un demi-milliard de francs annuels, on aurait tort de se priver!

La politique internationale de la Suisse est de plus en plus difficile à distinguer du simple masochisme.

Mise à jour (31 octobre): un autre article du Matin vient nous renseigner sur la façon dont l'ONU s'implique directement dans l'élaboration des lois helvétiques. Ainsi, "la Suisse a accepté mercredi, devant le Conseil des droits de l'homme réuni à Genève, 50 recommandations présentées par d'autres Etats. Elle en a refusé quatre et donnera sa réponse d'ici la prochaine session en mars 2013 sur 86 autres propositions."

La Suisse vient d'adopter "50 recommandations" - Parmi lesquelles les efforts contre le racisme, l'intolérance et la xénophobie, une meilleure intégration des étrangers, la réduction des inégalités salariales entre hommes et femmes sur le marché du travail, la lutte contre la traite des êtres humains, contre l'exploitation sexuelle et les violences domestiques.

Sans même être contre ces nobles objectifs - ceux évoqués sont naturellement "vendeurs" - on est encore moins des cinquante. Et la Suisse s'engage sans vote du Conseil National ni du Conseil des Etats, sans rien. N'y avait-il pas une époque où le peuple helvétique, éventuellement par le biais de ses représentants à Berne, avait son mot à dire dans l'élaboration des lois?

On comprend l'engouement des étatistes de tout poil pour les organisations supra-nationales. Il permet de se débarrasser des contraintes démocratiques en un rien de temps.

Commentaires

Nous pouvons toujours faire mieux Monsieur Montabert.

De plus accepter les critiques afin de s'améliorer est une qualité du peuple suisse qui excelle dans ce qu'il produit, et ceci autant au niveau de son système politique que de ses industries.

Vous semblez ne pas connaître et comprendre ces qualités que sont l'acceptation des critiques et la remise en question continuelle afin de tendre toujours plus vers la perfection.

C'est certainement parce que vous n'êtes encore qu'un suisse de papier fraîchement naturaliser et que la subtilité de notre pays vous dépasse.

Vos valeurs et c'est tout à fait respectable et compréhensible, sont celles de votre pays d'origine, peu enclin à la recherche d'une amélioration perpétuelle, mais par contre toujours prêt à donner des leçons, à considérer avoir toujours raison et à ne jamais se remettre en question.

Je vous suggère un travail sur vous-même, une remise en question, et ainsi, peut-être, vous apprendrez que même la suisse et ses innombrables qualités qui font notre fierté, peu progresser en écoutant et en apprenant des critiques du Pakistan.

CQFD.

Écrit par : Un Suisse | 30 octobre 2012

@Un Suisse,attendons de voir le Temps qu'il fera à Pâques.Monsieur Burkalter nous rejoue la mélodie du bonheur avant de changer de département.La presse depuis belle lurette nous remixe avant chaque fin d'année les articles qui ont paru y'a donc rien de neuf sous le soleil excepté une rétrospective ,laquelle fait encore courir l'imagination des lecteurs

Écrit par : lovsmeralda | 30 octobre 2012

Mais savez-vous bien sur quels points portent les critiques, "Un Suisse" ? Principalement sur l'interdiction des minarets. Les plaintes à la Cour européenne des droits de l'homme n'ont pas abouti, parce qu'il n'y a aucune atteinte à la liberté religieuse, les minarets ne servant qu'à l'appel à la prière et non à prier.
Quant à vos remarques sur le manque de "suissitude" de M.Montabert, elles sont particulièrement peu pertinentes, cette initiative ayant été acceptée par le peuple suisse.

Votre CQFD ne démontre que votre incapacité à vous remettre vous en question...

Écrit par : Géo | 30 octobre 2012

CQFD, c'est ce que l'on écrit lorsque on apporte une preuve irréfutable, notamment mathématique, de la justesse d'un théorème, et non pas après avoir produit une logorrhée truffée de fautes d'orthographe, involontairement (?) xénophobe et parfaitement fallacieuse dans son argumentation. Nous n'avons rien, mais alors RIEN DU TOUT, à 'apprendre' du Pakistan, nothing, nada, niente, que dalle.

Je ne dis pas que nous sommes parfaits (oui, je dis 'nous' car moi aussi, je suis un pauvre étranger naturalisé...), mais jusqu'à preuve du contraire, des catholiques ne posent pas de bombes dans les paroisses protestantes lors des offices, la voiture piégée n'est pas un feu d'artifice comme un autre lors de la fête nationale et les femmes adultères (ou non...) ne sont pas aspergées d'acide pour laver l'honneur familial.

Alors certes, nous avons un taux de suicide (et non pas d'attentats) très, trop élevé, une criminalité qui ne cesse de croître (à qui la faute ?), des institutions politiques perfectibles, mais nous avons (jusqu'à quand ?) une arme démocratique qui fait de notre pays, un des plus, si ce n'est le plus, représentatif de la volonté populaire, vous aurez compris de quoi je parle. Alors cessons, une fois pour toutes, de se flageller sans cesse, de se haïr au point de détester ce que nous sommes, à savoir un petit peuple fier et prospère, qui compte bien le rester !

Écrit par : Courant alternatif | 30 octobre 2012

Merci pour les commentaires.

Suisse depuis le 15ème siècle, originaire de Lucerne, j'ai appris de mes parents et grands parents l'amour de travail bien fait, le courage de se remettre à l'ouvrage lorsque tout n'est pas parfait, et surtout de ne jamais faire preuve de mépris envers des personnes qui, à juste titre ou non peuvent, avec leurs critiques, nous blesser.
Il y a toujours matière à s'améliorer.

Vous dites que nous n'avons rien à apprendre du Pakistan, quand savez-vous? Connaissez-vous ce pays? Concernant votre démonstration "catholique-protestante et musulmane", je vous suggère d'apprendre l'histoire de mon pays, car visiblement celui-ci vous a offert la nationalité sans trop se préoccuper de vos connaissances historiques, ce qui, de mon point de vue, est une honte.

Vous me confortez donc dans un constant que je dois malheureusement faire de plus en plus souvent:
Il n'y a pas pire intolérant et inculte que l'étranger fraîchement naturalisé, car il se croit plus suisse que celui de souche et malheureusement il vient nous empester avec son populisme importé.

Un vrai suisse est humaniste, il est respectueux de toutes et tous, c'est cela qui fait la grandeur de ma patrie, votre vision, n'a rien à voir avec nos traditions, nos racines.

CQFD derechef!

Écrit par : Un Suisse | 30 octobre 2012

@Un Suisse: la messe est dite, vous êtes un troll. Et un troll raciste par-dessus le marché.

Il est beau votre humanisme, il est beau votre respect!

Bien que jamais assez suisse à vos yeux, j'en ai rencontré des comme vous - en termes d'ascendance - et aucun ne m'a jamais tenu un discours aussi minable. Aussi, je vous soupçonne fort de jouer une sinistre comédie. Et si ce n'est pas le cas, eh bien, je vous plains.

Écrit par : Stéphane Montabert | 30 octobre 2012

"...vous apprendrez que même la suisse et ses innombrables qualités qui font notre fierté, peu progresser en écoutant et en apprenant des critiques du Pakistan."

C'est-à-dire "progresser" dans un sens qui convienne au Pakistan ! Alors ça, franchement, comme progrès... ! :o)

Et est-ce que je m'en occupe, moi-même, des affaires du Pakistan ? Ja!-mais ! Au point que je n'ai même pas versé un sou jaune, à la suite des tremblements de terre de 2005 ou 2011. C'est vous dire si je suis vraiment contre toutes les formes d'ingérence.

"Un vrai suisse est humaniste, il est respectueux de toutes et tous, c'est cela qui fait la grandeur de ma patrie, votre vision, n'a rien à voir avec nos traditions, nos racines."

C'est emphatiquement subjectif, comme façon de voir. Moi, voyez-vous, je préfère un Montabert qui nous remercie de notre accueil en défendant la Suisse envers et contre tout et tous, à un Melgar ou à une Marra qui n'ont rien de plus pressé que d'oeuvrer à notre submersion par les surplus de population des pays foireux du tiers monde.

Pour ce qui est de nos traditions, je vous rappelle quand même que la politique d'asile a été adoptée à une époque où n'étaient concernée qu'une poignée d'illuminés, plus ou moins maçonniques, plus ou moins intellectuels, persécutés en raison de leurs idéaux chimériques. Et il y a longtemps qu'il aurait fallu mettre tout cette "tradition" au niveau des réalités actuelles.

Écrit par : Scipion | 30 octobre 2012

Pour s'améliorer, encore faut-il avoir la sagesse de se choisir des bons maîtres.

Le Pakistan ne me semble pas un exemple pour la Suisse. L'inverse, en revanche, serait vrai.

Écrit par : Robert Marchenoir | 30 octobre 2012

Ce que vous relevez fait partie du combat pour l'islamisation de la planète. Tout obstacle à ce combat, même s'il ne consiste qu'à affirmer ses propres valeurs, en l'occurrence celles d'une liberté religieuse qui comprend la prééminence de la loi laïque et le droit de s'affranchir d'une religion, est dénoncé comme contraire aux Droits de l'homme, comme xénophobe, comme raciste.
Tout ce qui favorise ce combat est valorisé ou ignoré.
Le fait que des nations occidentales comme celles que vous citez se soumettent à cette forme de comédie ou de chantage montre que sous prétexte de vouloir défendre des valeurs supérieures, elles ne font que faciliter l'introduction de leur contraire.
Il semble malheureusement qu'avec le progrès (cela devrait en être un) de la sécularisation, beaucoup de nos concitoyens ont non seulement gagné en liberté de pensée, mais ont aussi perdu le souvenir de ce que peuvent être le poids et les méfaits du dogmatisme religieux. Affranchi de ceux que leur ont imposé autrefois leur propre religion, ils sont maintenant tout prêts à se soumettre à celles, bien pires, de la religion d'autrui.

Écrit par : Mère-Grand | 31 octobre 2012

Scipion@ Bonjour. Vous vous faites très rare, et c'est bien dommage. Ne devriez-vous pas ouvrir un blog ? Je serais très curieux entre autres de vous entendre sur la religion et le conservatisme. Le catholicisme à la Pascal Décaillet m'apparait vraiment trop suspect d'esprit mafieux, et j'ai horreur des mafias. vous avez une immense culture et plus vous la diffuserez, mieux cela vaudra.

Écrit par : Géo | 31 octobre 2012

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