30 novembre 2012

Ségalat 1, Justice Vaudoise 0

La justice vaudoise a subit une lourde défaite aujourd'hui. Les minutes ont dû paraître bien longues aux juges, aux avocats et au public, tout ce beau monde réunit dans la salle du Palais de l’Hermitage, guettant la porte, alors qu'il était de plus en plus clair que Laurent Ségalat, accusé du meurtre de sa belle-mère à Vaux-sur-Morges, ne se rendrait pas au verdict de son procès en appel.

segalat.jpgQuel contraste avec la veille où M. Ségalat, presque décontracté, annonçait paisiblement que naturellement, il avait l'intention de revenir au tribunal le lendemain!

Bien en a pris au généticien français, puisque cet aléa de calendrier lui a évité d'entendre sa condamnation à 16 ans de prison. Sachant qu'il réside à Thonon, en France voisine - France tant pétrie de justice éternelle qu'elle n'extrade pas ses ressortissants, fussent-ils coupables de meurtre - il n'est pas certain qu'il finisse derrière les barreaux. Heureusement, on ne peut pas complètement exclure la possibilité d'une peine accomplie en France.

Sans doute l'assassin sentait-il que la chance insolente qui lui permis de sortir libre de son premier procès n'allait pas durer éternellement? En tous cas, son comportement d'aujourd'hui lèvera les derniers doutes quant à sa culpabilité.

Certes, "l'affaire Ségalat" - du nom de la belle-mère du meurtrier, Catherine Ségalat, sauvagement assassinée le 9 janvier 2010 - n'est pas exempte de zones d'ombres ; mais celles-ci ne doivent pas non plus occulter les éléments à charge contre Laurent Ségalat, proprement accablants.

Laurent Ségalat a été en contact avec la victime, puisqu'il a même selon ses dires "tenté de la ranimer". En fait, il a passé bien du temps avec elle: le soir du drame, il a tardé à appeler les secours et a nettoyé le sang avant leur arrivée, changeant de vêtements à deux reprises et déplaçant le corps. Il portait des taches de sang jusque dans le col de sa chemise. Au cours de sa longue "tentative de réanimation" de la malheureuse syndique de Vaux-sur-Morges, il a même nettoyé les lieux. Quel sauveteur consciencieux!

Les explications de l'intéressé, souffrant de trous de mémoire et pétri de contradictions, apparaissent bien peu crédibles, quand elles ne confinent pas au mensonge pur et simple, comme l'explication vaseuse des traces de griffures au cou qu'il ne portait pas le matin même du meurtre - alors que son ADN est retrouvé sous les ongles de sa belle-mère...

La bonne réputation de l'individu, l'absence d'arme du crime clairement établie (malgré un marteau maculé de sang retrouvé sur place!) et la complexité des griefs pour lesquels Laurent Ségalat aurait assassiné sa belle-mère n'entrent pas en ligne de compte. Qu'il s'agisse d'un coup de folie ou d'une dispute dégénérant en meurtre violent, nul ne le saura jamais. Il n'y a pas besoin d'un "bon motif" pour tuer quelqu'un, à moins de considérer qu'un assassinat est un acte mûrement réfléchi.

Peut-être que Laurent Ségalat a tué sa belle-mère puis, réalisant ce qu'il avait commis, tenta tardivement de maquiller le tout en accident? Peut-être a-t-il regretté son geste et réellement tenté de la sauver pendant un instant? Quoi qu'il en soit, la vie de Catherine Ségalat s'est abruptement terminée ce soir-là, de la main d'un proche.

Le Tribunal criminel de Nyon a fait preuve d'un amateurisme incroyable. En acceptant les explications changeantes de la défense (plaidant tantôt l'accident, tantôt l'agression par un tiers) puis en entérinant le scénario d'une mort violente de la victime - tout en excluant Laurent Ségalat de l'équation au nom du doute raisonnable! - il a livré un premier jugement tellement irrationnel qu'il en devenait intenable.

Le retournement d'un procès en appel de la relaxe à la culpabilité est rarissime. Ayant ignoré un faisceau de présomptions décisif, les juges de première instance ont été sèchement désavoués par leurs pairs.

Malgré ce rattrapage tardif, l'affaire Ségalat sonne comme un lourd échec pour la justice vaudoise.

Les juges de première instance ont montré une grande légèreté dans le traitement du dossier ; se croyant sans doute dans un épisode des Experts, ils ont accepté de se laisser embarquer dans le scénario improbable d'un tueur invisible venu et reparti sans laisser la moindre trace derrière lui, avec encore moins de mobiles que le gendre de la victime, tout en faisant fi des éléments à charge pesant sur l'accusé.

On me rétorquera sans doute que les choses ne sont "pas si simples", mais comment justifier alors que le doute raisonnable derrière lequel se sont retranchés les juges de première instance et leur président Jean-Pierre Lador ait été si vite défaussé par leurs collègues de cour d'appel? Quelle confiance peut-on avoir envers des magistrats qui se laissent séduire par des fables échevelées?

Et même si les défenseurs de la vérité peuvent se rassurer en pensant qu'avec ce verdict en appel la justice vaudoise est enfin revenue sur terre, il n'en demeure pas moins que ce soir, Laurent Ségalat, coupable de meurtre, dort en liberté.

L'affaire Ségalat ne peut raisonnablement pas être considérée comme un fonctionnement normal, ni acceptable, de la justice. Face à un échec pareil, chacun doit tirer ses conclusions.

Commentaires

S'il y a un point où nous sommes d'accord, c'est sur la perte définitive de crédibilité de la justice vaudoise. Velléitaires, profondément incompétents, très probablement d'une grande stupidité, les juges vaudois n'ont de cesse de se ridiculiser à tous les coups. L'assassin de Von Kaenel a été mis en liberté parce qu'il était co-auteur au lieu de complice d'un crime (ou l'inverse). Du coup, il a pu réaliser ce crime...
Avez-vous vu un de ces juges être accusé de complicité ?
De nombreuses personnes aujourd'hui en Suisse sont agressées, volées, violées ou tuées par des individus que la justice refuse d'emprisonner ou relâche après une peine ridicule, véritable insulte aux gens qui veulent rester honnêtes. Parallèlement, cette soi-disant justice mais 3ème pouvoir non-élu mène une grande campagne pour que les soldats de l'armée suisse remettent leurs armes dans les arsenaux. Le but de cette campagne est de pouvoir désarmer définitivement les citoyens, comme cela s'est passé dans toute l'Europe, de manière à ce que personne ne puisse se défendre contre les criminels. Le seul recours devant être la police, parfaitement inatteignable par le 117 selon de très nombreux témoignages. On a même vu un policier de Montreux demander une caution à une vieille dame à deux heures du matin pour que la police intervienne, alors qu'elle signalait que des individus voulaient pénétrer dans sa demeure. Le commissaire de Bex, censé assurer la sécurité de ses concitoyens et qui reçoit un salaire à cet effet, s'est fait rosser par un gamin de 15 ans qu'il était venu chercher à la gare. Il a eu le culot de déclarer en Une de 24 heures que ce n'était pas important, qu'il ne fallait pas en vouloir à ce gamin, etc, etc...
Voilà quels sont les gens qui assurent notre sécurité, et qui nous dénient le droit de nous défendre.
Dans ce contexte de fumisterie intégrale, avec une police aussi incompétente qu'elle est sûre d'être la meilleure du monde, qui en des mois d'enquête n'a pas été capable de mettre à jour la moindre preuve ni contre Ségalat ni contre Légeret, avec des condamnations basées sur l'intime conviction d'un procureur absolument pas crédible, il n'y avait qu'une solution : l'acquittement pour Ségalat. In dubio pro reo est le principe le plus fondamental du droit pénal.

Écrit par : Géo | 01 décembre 2012

Je veux compléter ma dernière affirmation. Notre droit doit beaucoup au droit romain, en particulier cette notion "in dubio pro reo". Les Romains, mythiquement issus ou élevés par une louve, ont constitué une société extrêmement dure. Le père de famille avait droit de vie et de mort non seulement sur ses esclaves, ce qui va de soi, mais sur sa femme et ses enfants. Si cette société d'hommes durs et sans pitié, de sa naissance jusqu'à sa disparition sous les invasions barbares (qui historiquement ressemblaient très fortement à celles que l'Europe connaît aujourd'hui, c'est-à-dire une invasion par vagues successives d'immigrants plutôt que de hordes barbares déferlant l'épée à la main), a produit ce principe essentiel de sa civilisation, le doute doit profiter à l'accusé, c'est qu'ils avaient compris qu'il y a un crime plus grave que l'assassinat : la condamnation d'un innocent. Il n'appartient pas aux petits Vaudois, à l'esprit brouillé par l'étroitesse de leur provincialisme, de se jouer si facilement des principes fondateurs du droit.
Si Laurent Ségalat était l'auteur de ce crime, il aurait craqué en deux ans de détention. En expliquant ce qui s'est passé, un dérapage, une crise de rage ou je ne sais quoi. Il n'aurait pas nettoyé quoi que ce soit, parce que cela l'accuse et tout le monde le sait. Il n'a pas de motif sérieux pour agresser sa belle-mère. Il est un scientifique reconnu par ses pairs, aimé par ses enfants.
Il n'a jamais avoué, et la police n'a jamais trouvé de preuve de sa culpabilité. Et s'il existe quelqu'un ici dont l'intime conviction n'a strictement aucune valeur, c'est bien Eric Cottier. Son maître à penser, c'est André Kuhn, le pénaliste qui veut abolir toute punition pour les criminels. Je le redis une fois de plus, Eric Cottier, trois semaines après l'odieux meurtre de Von Kaenel à Epalinges, s'est fendu d'une grande déclaration dans 24 heures pour s'en prendre à des citoyens qui ont eu l'outrecuidance d'arrêter eux-mêmes un malfrat, à quelques centaines de mètres de la villa de Von Kaenel.
Zappelli à Genève s'est fait jeter, mais le peuple ne peut se prononcer sur le choix du procureur dans le canton de Vaud. C'est bien dommage...
Bon week-end.

Écrit par : Géo | 01 décembre 2012

@Géo: Votre sentiment pour le procureur Cottier n'implique pas qu'il ait tort à chaque fois qu'il traite un dossier...

"Si Laurent Ségalat était l'auteur de ce crime, il aurait craqué en deux ans de détention." Absolument pas, non. Pourquoi aurait-il craqué d'ailleurs? En échange de la certitude de subir le même régime pendant une dizaine d'années? De plus, une détention préventive n'est pas une garde à vue: les individus concernés sont des prisonniers comme les autres, les autorités ne passent pas leur temps à interroger le suspect encore et encore.

Si je tiens Laurent Ségalat pour coupable, c'est simplement au travers de l'examen des faits (toujours rapportés de façon parcellaire dans les articles) et du bon vieux rasoir d'Occam. Je me fiche complètement de savoir que c'est un chic type, un bon père de famille ou un auteur à succès. La culpabilité ne se décide pas à l'applaudimètre.

Mais je souscris à votre dernière remarque: la justice helvétique en général, et vaudoise en particulier, aurait sans doute une autre allure si le peuple avait davantage son mot à dire dans le choix des juges. D'un autre côté, évoquer ce système fait immédiatement penser aux Etats-Unis, le modèles honni par excellence comme on l'apprend très tôt à la population de ce côté-ci de l'Atlantique. Autant dire donc que la simple idée donnera un rejet par pur réflexe.

Écrit par : Stéphane Montabert | 01 décembre 2012

Vous n'avez pas du passer beaucoup de temps à gamberger sur "le doute profite à l'accusé"...

Écrit par : Géo | 02 décembre 2012

De plus, selon Wikipedia :
"Le rasoir d'Ockham n'est pas un outil très incisif, car il ne donne pas de principe opératoire clair pour distinguer entre les hypothèses en fonction de leur complexité[8] : ce n'est que dans le cas où deux hypothèses ont la même vraisemblance (ou poids d'évidence) qu'on favorisera l'hypothèse la plus simple (ou parcimonieuse)."

Je ne crois pas que l'on se révèle un meurtrier à 45 ans, après une carrière humaine plutôt réussie, que l'on est né d'un père connu dans toute la francophonie pour sa culture et son amour des livres, qu'on a la possibilité de suivre cette voie, etc, etc. Nous vivons dans une société européenne où le mainstream médiatique dénie même aux soldats (européens) le droit de tuer qui que ce soit. Le fait que Mohammed Merah ait été tué par des policiers est un drame épouvantable et un horrible scandale pour la moitié des électeurs français qui ont voté socialiste. Un soldat suisse qui n'aurait pas refusé de porter une arme est vu comme un malade mental dans la doxa médiatique.

Alors voilà, vous êtes un homme plutôt normal, à la vie plutôt mieux réussie que la grande majorité de la population suisse ou française, vous allez rendre visite à votre belle-mère, qui est une personne normale elle aussi, (qui donc sait gérer des conflits si conflit il y a) et non seulement vous vous disputez avec elle, mais vous la tuez.
Qui peut croire cela, à part Cottier ?
Et Barillon : "Ségalat est un grand manipulateur". Il ferait mieux de se reconvertir dans le comique, Barillon. Il est presque aussi nul que Meury ou Flütsch...

Cela dit, une amie à moi, très fatiguée et seule chez elle, s'est levée la nuit et est tombée dans les escaliers. Elle ne s'est cassé que les doigts mais elle aurait pu aussi bien y rester. Ce sont des choses qui arrivent, et selon le principe d'Ockham, c'est l'hypothèse la plus simple...

Écrit par : Géo | 02 décembre 2012

@Géo: bien entendu, le doute profite à l'accusé. De là à accorder l'absolution à toute personne qui n'a pas commis son crime devant un huissier assermenté, il y a un monde. Le doute raisonnable s'oppose à un faisceau de présomptions tout aussi raisonnable, et dans le cas qui nous occupe, sur la base des mêmes éléments factuels, une cour de niveau supérieur a clairement désavoué le tribunal criminel de Nyon.

Vous voir écrire que la possibilité d'une chute dans les escaliers est l'hypothèse la plus simple ne démontre que votre méconnaissance du dossier. Cette éventualité a été écartée même par les juges de première instance. Il faut dire que le décollement du cuir chevelu, retourné de l'arrière jusqu'au front avec des fractures en écailles, dépasse de loin les dégâts que peut infliger une chute dans un escalier. Que faites-vous en passant du marteau maculé de sang, des griffures, de l'ADN de Ségalat retrouvé sous les ongles de la victime inconsciente?..

Vous dites que vous ne croyez pas que l'on se révèle un meurtrier à 45 ans après une vie réussie. Intéressante conception de l'âme humaine... Expliquez-nous donc quels critères formels permettent de garantir l'impossibilité d'un passage à l'acte? 45 ans dites-vous? Et combien sur le compte en banque?

Pour ma part je crois que la violence est tapie dans bien plus d'âmes humaine que les rousseauistes ne le croient, et qu'il ne faut pas grand-chose, malheureusement, pour qu'elle rejaillisse auprès de la plupart d'entre nous.

Peut-être que les relations de M. Ségalat avec sa belle-mère étaient beaucoup moins calme qu'on le prétend - sans que la famille ne soit forcément au courant, si ces deux individus prenaient soin de ne pas faire étalage de leurs différends devant des proches - et que ce jour-là, Laurent Ségalat a vu rouge d'une façon ou d'une autre, et pensait s'en tirer avec une fable.

Il ne s'en est pas si mal sorti, au vu du nombre de spectateurs qui y croient encore.

Écrit par : Stéphane Montabert | 02 décembre 2012

@Montabert
C'est bien, vous êtes pour le plus nul des Procureurs. La justice vaudoise est aussi pourrie que celle du valais et se ridiculise, avec ce procureur, à chaque affaire.
Déjà rien que la durée pour invalider la décision du tribunal de Nyon et condamner ce type à 16 ans de prison alors qu'il avait été libéré me laisse bien songeur.
Le fait que l'on ne présente pas de preuves irréfutables est bien étonnant tant la description du crime semble barbare.
Mais je ne suis pas juge ou magistrat (vous non plus). Je ne fais que constater que dès que l'on associe Cottier à une affaire, on constate la gabegie. Ce monsieur ne semble pas être fait pour la charge qu'il a.
L'affaire Légeret en est une autre démonstration encore plus scandaleuse...

Écrit par : lefredo | 02 décembre 2012

@lefredo: c'est incroyable comme, dans vos commentaires, vous ramenez tout à une question de personnes, justice y compris. Ne pensez-vous donc pas que M. Ségalat, par ses agissements, est aussi un peu pour quelque chose dans son verdict??

Vous ne portez pas M. Cottier dans votre coeur, ce qui est votre droit le plus strict, mais sur ce dossier vous semblez avoir le plus grand mal à accepter sa réussite - car c'est bien de cela dont il s'agit. Vous citez l'affaire Légeret, mais où est la preuve d'une erreur judiciaire? Votre déplaisir devrait suffire? Quant à l'affaire Ségalat on ne peut que lui concéder une victoire spectaculaire, qui contredit largement la piètre opinion que ses détracteurs ont de lui.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 décembre 2012

Il existe un cas analogue, qui à donné lieu à un documentaire: "The staircase" que l'on trouve facilement en DVD! Il arrive à un homme deux fois le même genre de faits -chute dans l'escalier, entraînant la mort de l'épouse- que dans cette affaire. Une première fois en Allemagne, ou après enquête l'accident est admis, et une seconde aux Etats-unis ou lors de l'enquête le précédent allemand pèse en faveur de la thèse criminelle.
Là, il y a jugement. Après bien des expertises, et des combats judiciaires impitoyables, l'homme est acquitté, car il y a doute!
Dans l'affaire sur laquelle vous écrivez cette note, et qui vous voit prendre parti "à charge", il vous échappe quelques faits -mais vous n'êtes pas le seul à qui cela arrive-.
Je ne suis pas "expert" ni de la série télévisée, ni de par des études en médecine, ou en criminologie. Mais... Il reste plusieurs faits intéressants dans cette affaire, qui n'ont pas -au vu de ce qui nous a été donné à voir- été soulevé.
L'accusé, dit avoir trouvé Madame Séguéla [Ségalat...] encore vivante au pied de l'escalier.
Vu l'importance des blessures décrites dans le médias, on est peut penser, que des traumatismes cervicaux, entraînant des symptômes analogues à l’épilepsie, voire pire, et que ceci explique les griffures et autres traces sur l'accusé.
En cas d'accidents, d'état de choc, il n'est pas rare de voir les victimes prise de convulsions nerveuses.

La seconde partie de mes doutes, provient de la valeur de la librairie, ni des livres de grande valeurs -c'est notamment, sauf erreur, dans cette librairie qu'un médecin jugé pour arnaque s'était fournit, ce qui n'accuse en rien les libraires . Aucune nouvelle ne nous est donnée concernant "la succession"...
Écarter Monsieur Séguéla L'accusé, dit avoir trouvé Madame Séguéla [Ségalat, nom de bleu!] de la librairie - par ex. par une condamnation en appel l'obligeant ainsi à ne plus "mettre un pied" de ce côté-ci du Léman-, peut peut-être profiter à quelqu'un, ou a un groupe d'intérêt, n'ayant rien à voir avec la famille!
Naïf? Quand on voit ce qu'on peut voir... Tous les doutes et HYPOTHESES sont permis.

Écrit par : les 39 marches | 03 décembre 2012

@les 39 marches: je doute que dans l'affaire "analogue" que vous citez l'analogie ait aussi concerné la façon dont M. Ségalat a altéré la scène pendant 45 minutes, nettoyé les traces de sang au sol, mis ses vêtements maculés à la lessive, déplacé le corps, appelé les secours bien tardivement... Comme le dit le procureur:

«S'il n'y a pas de trace de sang sur l'armoire, sur le téléphone, sur le bottin, c'est que Laurent Ségalat s'était déjà lavé et changé avant d'appeler la police. La thèse selon laquelle il a appelé après un instant de prostration et de panique après avoir découvert Catherine Ségalat ne tient pas la route.»

Mais rien ne vous empêche d'émettre toute sorte d'hypothèses, faites-vous plaisir.

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 décembre 2012

@M. Montabert
Je ne suis ni juriste ni magistrat. Il ne me revient pas de décider si la personne est coupable ou non, et heureusement. Je me passe bien de ce genre de job. Il y a des professionnels pour cela. Je ne fais que constater que la crédibilité de la justice vaudoise est grandement remise en question ces derniers temps, en particulier à cause du procureur Cottier.
Je ne parle pas d'erreur judiciaire. Mais je constate, comme chacun le peut, qu'il n'est pas nécessaire de démontrer une culpabilité de manière irréfutable pour condamner quelqu'un chez nous. Car même si l'on peut douter de l'innocence d'un prévenu, le fait de douter de sa culpabilité devrait être suffisant et non la conviction intime d'un procureur.
Pour l'affaire Legeret c'est encore pire, car il a été prouvé qu'en plus d'avoir une intime conviction basée sur pas grand chose d'irréfutable, des pistes n'ont pas été traitées et que M. Cottier a menti en prétendant ne pas connaitre la famille avant le drame.
Il a peut être raison, ou pas, mais cette personne n'est pas associée à des résolutions d'affaire de manière irréprochable ces derniers temps.

Écrit par : lefredo | 03 décembre 2012

@Lefredo: Vous n'êtes ni juriste ni magistrat, fort bien, mais cela ne doit pas vous empêcher d'exercer votre intellect à la lumière des informations dont vous disposez, comme le fait tout un chacun à l'aune des articles de journaux et des comptes-rendus d'audience.

Vous ne pouvez pas affirmer que la justice est affaire de professionnels dont la compétence vous échappe pour annoncer de façon péremptoire, deux phrases plus loin, que le procureur Cottier remet grandement en cause la crédibilité de la justice vaudoise (rien que ça!)

M'est avis que si perte de crédibilité il y a, elle est largement du fait des juges. Toujours cette histoire d'arbre et de forêt...

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 décembre 2012

"je crois que la violence est tapie dans bien plus d'âmes humaine que les rousseauistes ne le croient"
Par rousseauiste, vous entendez naïf angélique ? Il ne s'agit pas de ça. Ségalat est un scientifique, pas un ancien du Vietnam à la tête brûlée par toutes les vies humaines qu'il aurait supprimées. En admettant qu'il ait voulu supprimer sa belle-mère, il aurait procédé très différemment. Si un conflit avait éclaté dans cette maison, il aurait fait diminuer la pression et aurait réfléchi au meilleur moyen de se débarrasser de cette femme plus tard. Un chercheur en biologie doit bien avoir quelques idées en avance sur son temps dans ce chapitre. Mais se battre comme un chiffonnier, pousser sa belle-mère dans les escaliers, l'achever à coups de marteau...
Et nettoyer le sang, chercher à échapper à la justice tout en finissant par l'appeler...
Est-ce rousseauiste que de penser que cela ne colle pas avec le profil de Ségalat ? Pourquoi y a t-il des "profilers" dans les polices ?
(Et à propos de profil, vous devriez décidément vous intéresser à celui du procureur...)

Par contre, Ségalat débarque chez sa belle-mère, il la trouve étendue au pied des escaliers dans une mare de sang. Le spectacle est très effrayant et il perd les pédales. Il la déplace, mais le sang le gêne. Il cherche à l'aider mais sa confusion est extrême. Il se voir couvert de sang et veut se changer à tout prix, etc...
Bref, il n'a pas agi très rationnellement, c'est le moins que l'on puisse dire. cela ne fait pas de lui un meurtrier. Je ne connais pas votre vie, S.Montabert, mais si vous avez fait l'armée, il ne vous aura pas échappé que l'essentiel de la formation d'un combattant est basée sur l'acquisition d'automatismes. Il ne doit pas devoir réfléchir à la manière de fonctionner de son fusil d'assaut quand il entend siffler les balles autour de lui et que son niveau d'adrénaline est au maximum...
Dans les cours de sauvetage, on vous fait apprendre par coeur le déroulement des actions à exécuter en priorité. Ce qui ne veut pas dire que toute personne qui a suivi ces cours va être capable de garder son calme et accomplir ces gestes. La théorie et la pratique...

PS. Je ne suis pas du tout Lefredo sur l'affaire Légeret. Celui-ci avait un intérêt à se débarrasser de sa mère adoptive, Ségalat n'a aucun intérêt à se débarrasser de sa belle-mère, et surtout pas de cette manière...
Cela dit, l'affaire Légeret semble avoir donné la grosse tête à notre procureur, qui se voit comme un champion de l'attaque tête baissée

Écrit par : Géo | 03 décembre 2012

M. Montabert,

Autant je vous trouve à l'aise dans vos billets économiques (même si vous vous gardez bien d'analyser le pourquoi de la richesse de quelques uns et de la pauvreté de pas mal d'autres), autant certains autres de vos saillies me paraissent un peu légères. Il est piquant de constater que ce qui semble le plus vous énerver dans l'affaire Ségalat (puisque vous ne pouvez pas plus qu'un autre prouver sa culpabilité à 100 %), c'est que le prévenu ainsi que certains lecteurs refusent de plier devant ce que vous considérez comme l'autorité !

Vous allez bien sûr le nier mais c'est néanmoins ce qui ressort, le fait que le pouvoir judiciaire de même que le travail des policiers ne peut et ne doit jamais être mis en doute !

J'en veux pour preuve cette réflexion dont je ne vous pensais pas capable et qui est le signe d'une croyance aveugle en la "justice" :

A propos du fait que L. Ségalat ne se soit pas présenté vendredi face aux juges, vous écrivez :

"En tous cas, son comportement d'aujourd'hui lèvera les derniers doutes quant à sa culpabilité"

Rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul; Thierry Meyer dans son éditorial de 24 heures nous l'a aussi servi.

Pour utiliser un argument pareil, il faut être convaincu qu'un jugement est TOUJOURS juste, ce que n'importe quel être humain normalement constitué ne peut décemment pas affirmer. En effet pour que cet argument soit recevable (s'il se présente pas, il est coupable), il faut que si L. Segalat n'est pas coupable, il y ait 100 % de chance qu'il soit déclaré non coupable, ce qui est impossible. La suite des événements nous l'a confirmé puisqu'avec le même matériel à disposition, il a été jugé une fois coupable, une fois non coupable. J'espère que vous avez suivi et surtout compris le CQFD.

Donc, si L. Ségalat n'est pas coupable, il n'a aucune raison de faire confiance à un procureur qui visiblement l'a dans le nez, le traite de manière inqualifiable (l'ironie de ses propos le jour précédent). Il sait très bien que les juges se connaissent et ne peut donc en aucun cas compter ASSUREMENT sur un verdict le disculpant. Il aurait donc tort de jouer sa vie à pile ou face.

S'il est coupable, il a encore moins de raisons de se présenter.

Je rappelle également qu'il a effectivement affirmé le jeudi qu'il se présenterait le jour suivant. Mais c'était en ouverture de procès, soit avant les déclarations du procureur et de la partie adverse. On peut facilement imaginer qu'en voyant la tournure que prenait les choses (pas les faits, l'acharnement quasi maladif du procureur), il aie préféré éviter de jouer au héros.

Quoi qu'il en soit, sa présence ou non le vendredi ne permet EN AUCUN CAS d'en tirer quelle conclusion que ce soit.

Et ça, vous auriez dû y penser.

Écrit par : Lenoir André | 03 décembre 2012

@André Lenoir: tout d’abord, merci pour votre commentaire suscitant quelques réflexions.

Vous commencez par décrire une tautologie, car tout accusé, coupable ou pas, sera toujours "satisfait de la justice" s'il est innocenté. L'innocent, parce que cela correspond à la vérité des faits ; le coupable, parce qu'il esquive sa punition. Plus le pouvoir judiciaire relâchera des accusés, plus ceux-ci s'accorderont à dire en sortant du Palais de Justice que la justice "fonctionne bien", quoique pour des raisons très différentes.
Baser la qualité du pouvoir judiciaire sur la satisfaction des accusés libérés à la sortie de l'audience n'a donc, du point de vue logique, aucune pertinence.

Ensuite, vous donnez une représentation vraiment effrayante de la justice vaudoise: untel tutoie, X et Y se connaissent... C'est normal que ces gens soient familiers, ils travaillent ensemble depuis des années. Mais de là à expliquer le retournement complet d'un jugement de première instance - situation rarissime que l'avocat de la famille de la défunte a qualifié d'historique - à cause de cette seule familiarité! Heureusement, je crois les magistrats plus conscients de leur tâche que ce que vous sous-entendez. En comparant une cour de justice et un salon mondain vous prenez des raccourcis trop impraticables, et je ne vous suivrai pas sur ce terrain.

Venons-en à M. Ségalat. Il a été innocenté en première instance, et l'appel représentait un risque. S'il était innocent, il aurait estimé ce risque très modeste: il n'avait aucune raison de croire que le jugement serait retourné, non seulement parce que cela n'aurait pas collé à la réalité, mais en plus parce que cela aurait constitué un retournement quasiment sans précédent dans les annales de la justice.

S'il était coupable, en revanche, il aurait très bien pu comprendre qu'il devait sa liberté en première instance à un concours de circonstance heureux qui ne se reproduirait peut-être pas. En d'autres termes, il aurait abordé le procès en appel avec beaucoup plus de circonspection.

M. Ségalat - comme vous l'écrivez vous-même - avait moins de raisons de venir au procès s'il était coupable que s'il était innocent. Son absence est donc un élément supplémentaire faisant pencher la balance en faveur de la culpabilité (quoique la culpabilité ne puisse pas se décider en fonction de ce seul facteur, évidemment).

M. Ségalat est-il extra-lucide? Le fait est qu'il a deviné l'incroyable retournement de situation qui a eu lieu en appel, au point d'agir en conséquences avant même que le verdict ne soit rendu - jugement qui a été écrit en fonction des faits seulement, et sans inclure la présence ou l'absence de l'accusé à l'audience.

Divers observateurs ont conclu que cette absence était la marque d'un homme à la conscience troublée. C'est aussi mon avis.

Ces choses étant admises, je ne considère aucune abstraction collective (l'Etat, le système judiciaire, l'armée, les partis politiques, les associations de défense de la nature, les entreprises, les nations) comme infaillible, puisqu'elles sont composées d'hommes faillibles. Si vous voyez en moi un apôtre de l'infaillibilité de quelque système que ce soit, vous ne me lisez pas encore assez ;-)

Écrit par : Stéphane Montabert | 03 décembre 2012

Puisque vous aimez les hypothèses, S.Montabert : Ségalat se sait innocent, il a pu voir, lui et ses avocats, à quel point les dés étaient pipés en deuxième instance, où le jugement était déjà décidé par la bande à Cottier depuis longtemps, et il est donc sagement resté chez lui pour attendre le jugement en appel au tribunal fédéral qui très vraisemblablement l'acquittera.
Il a eu bien raison.

Écrit par : Géo | 04 décembre 2012

J'ai conscience d'abuser quelque peu, M.Montabert. Mais puisque vous aimez les raisonnements : avez-vous pensé au fait que non seulement il n'y a pas de mobile pour le crime, mais que si Ségalat en avait un, CELA L'INNOCENTERAIT ? Il s'y serait pris de toutes les manières possible pour se débarrasser de sa belle-mère, mais surtout pas celle-là...
Cela ne vous saute pas aux yeux ?
Vous êtes très intéressant à lire en économie, mais je vous déconseille l'écriture de romans policiers...

Écrit par : Géo | 04 décembre 2012

@Géo: "Si Ségalat avait un mobile pour le crime, cela l'innocenterait"

Là, mon cher Géo, je crois que nous avons touché le fond. :)

Cela le disculperait de la préméditation, tout au plus. Le Laurent Ségalat calme et mesuré des audiences n'était pas forcément le même que le sauvage furieux qui a pratiquement arraché le cuir chevelu de sa belle-mère. Appelez ça folie passagère si ça vous chante...

Laurent Ségalat pouvait détester sa mère sans avoir planifié de la tuer, et lorsque l'occasion s'est présentée, comme une chute dans un escalier la laissant à demi-inconsciente, laisser libre court à la sauvagerie destructrice... A moins qu'il ne l'ait un peu poussé lui-même suite à une dispute? Peut-être a-t-il essayé de la ranimer avant de se dire que c'était peut-être plus intéressant de l'achever? L'occasion fait le larron. Amateur dans le crime, il a dû être surpris que sa victime ne meure pas si instantanément qu'il l'aurait voulu, au point se se défendre en le griffant. Et une fois la sauvagerie accomplie, l'excitation et l'adrénaline retombée, réalisant ce qu'il avait fait, sa belle-mère morte, gisant dans une flaque de sang, il hésita lui-même entre la volonté de maquiller le crime en accident ou l'attribuer à un rôdeur. Il choisit de laisser la police décider à sa place, faisant disparaître les traces de sa violence autant qu'il le pouvait, puis appelant les secours en prétextant que son attitude étrange était due à une peur panique du sang et justifiant les trois quart d'heures d'absence dans son emploi du temps à prétendument réanimer la victime.
Il acheva de se rassurer en se disant que sa bonne réputation, ses nombreux amis et l'absence de mobile connu de tous joueraient en sa faveur.

C'est ainsi que j'imagine les choses, par exemple.

Géo, vous ne semblez pas concevoir que la réalité est plus souvent simple, et en matière pénale, sordide, que les scénarios échevelés de romans policiers. Quelqu'un - même très intelligent - qui agit sur un coup de tête, ça existe.

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 décembre 2012

@Géo
Pour l'affaire Légeret, comment expliquez vous que le frère, et fils naturel de la victime principale, qui avait un excellent mobile car en gros soucis d'argent, n'ait jamais été inquiété et que cette piste ait été délibérément laissée de côté?
Rien que cela est très douteux. Et qui retrouvons nous au commande? Le procureur Cottier. Qui affirme ne pas connaitre la famille, mais instruit une affaire d'héritage les concernant 9 ou 10 mois avant? Etonnant non? Rien que cela laisse songeur. Après, cela ne fait pas de Légeret un innocent, mais je pensais que c'était la culpabilité que l'on devait prouver.

@Montabert
concernant Ségalat, vous pouvez faire tout les scénarii que vous le souhaitez, vous n'avez certainement pas accès aux pièces du dossier, cela n'a donc aucune valeur. Par contre, vous m'excuserez de trouver que l'image transmise par la justice vaudoise au travers de ce procureur fait peur et est détestable. Tout comme ce monsieur l'est dans ses certitudes, qui, et ce n'est pas moi qui le dit mais les rapports et les faits décrits, reposent sur des éléments qui ne sont pour le moins pas irréfutables.
Quant à votre réflexion sur la non présence de l'accusé et donc à sa culpabilité, vous oubliez qu'il était présent le jour d'avant. A mon sens c'est bien suffisant pour se faire une idée de la sauce à laquelle on va être mangé et de prendre une décision qui n'a rien à voir avec culpabilité et innocence.
Ne vous est il jamais arrivé de douter de vos impressions lors d'un échange au travail ou d'une séance, de penser que vos positions est la bonne et de constater au fil des discussions que vous n'obtiendrez pas gain de cause?
Si vous prétendez que non, vous êtes soit un menteur soit un handicapé des relations humaines, ou un dangereux arrogant.
Je parie donc que cela vous est déjà arrivé. Imaginez maintenant qu'il s'agisse purement et simplement de votre vie que vous remettez entre les mains des autres...ben si vous avez le choix, je parie que vous ne prendriez pas le risque.
Personnellement, innocent ou non, je ne serais pas revenu non plus.

Écrit par : lefredo | 04 décembre 2012

"et lorsque l'occasion s'est présentée, comme une chute dans un escalier la laissant à demi-inconsciente, laisser libre court à la sauvagerie destructrice.."
Et c'est moi qui toucherais le fond ? Non, M.Montabert, on ne s'improvise pas tueur même si on déteste quelqu'un. Surtout si on déteste quelqu'un, et c'est pour cela que d'avoir un mobile l'aurait plutôt innocenté.
Il n'y a rien qui colle, dans votre scénario. Je n'aime pas trop ma belle-mère, elle m'a reproché de piquer dans la caisse, du coup je lui mets des coups de marteau pour l'achever dans une mare de sang...
Vachement discret, comme crime. Ou alors tellement énorme que personne ne pourrait croire à sa culpabilité ? Ségalat aurait en quelque sorte inventé le crime surréaliste, selon vous ? Il s'embardoufle d'un maximum de culpabilité subjective mais en efface toutes les traces objectives...Si c'est ça, c'est un génie du crime, mais c'est infiniment peu probable, parce que n'importe qui a un peu de culture scientifique (il est chercheur en génétique) sait qu'il ne peut penser à tout et qu'un détail va le trahir. Par exemple, le sens des cheveux de la soeur disparue de F.Légeret dans la main de la victime, sa mère.
Alors venir prétendre qu'il n'y a pas de doute raisonnable quant à la culpabilité de Ségalat, il faut fumer toutes les moquettes (synthétiques) du tribunal pour en arriver là.

Donc, in dubio pro reo. Et on va en rester là pour ma part...

Écrit par : Géo | 04 décembre 2012

Lefredo@ "Pour l'affaire Légeret, comment expliquez vous que le frère,etc"
Non là, désolé. Ce frère avait déjà touché sa part et n'avait aucun intérêt au meurtre de sa mère. De plus, contrairement aux allégations de Vigousse, la justice a contrôlé ses alibis et ne l'a pas laissé de côté...

Écrit par : Géo | 04 décembre 2012

On s'amuse ici!

"on ne s'improvise pas tueur même si on déteste quelqu'un."

Hahaha le crime sans préméditation, jamais entendu parler!!!

"Je n'aime pas trop ma belle-mère, elle m'a reproché de piquer dans la caisse, du coup je lui mets des coups de marteau pour l'achever dans une mare de sang..."

Vous êtes Laurent Ségalat?

"...tellement énorme que personne ne pourrait croire à sa culpabilité?"

Oui, enfin, sauf les juges!!

"s'embardoufle d'un maximum de culpabilité subjective mais en efface toutes les traces objectives..."

En gros, il efface celles qu'il voit et oublie les autres, le sang dans son col de chemise, les griffures et la peau qu'il a laissé sous les ongles de la victime... Pardon, c'est en essayant de la ranimer... MDR

Vous êtes rigolo, Géo, vous devriez devenir avocat, si vous ne l'êtes déjà.

Neo

Écrit par : Neo | 04 décembre 2012

"Je n'aime pas trop ma belle-mère, elle m'a reproché de piquer dans la caisse, du coup je lui mets des coups de marteau pour l'achever dans une mare de sang..."

Vous êtes Laurent Ségalat?

Ce n'est pas ma thèse, c'est celle de Montabert. Apprenez à lire.

Écrit par : Géo | 04 décembre 2012

Je suppose que Neo a voulu dire que personne ne peut savoir ce qui s'est passé dans la tête de Laurent Ségalat hormis Laurent Ségalat lui-même. On doit se méfier de toutes les déclarations "certifiant" qu'il "n'aurait pas pu" faire ceci ou cela au nom de sa psychologie de scientifique, de bon père de famille et tutti quanti.

On peut être savant ET dérangé et garder toutes les apparences de la normalité, il y a quelques précédents dans le genre...

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 décembre 2012

"On peut être savant ET dérangé"
Oui, mais Ségalat aurait plaidé le coup de folie, la perte de conscience, amok, etc...plutôt que de vouloir nettoyer les traces de son crime, ce qui est totalement absurde. Comme il l'a dit, il ne supporte pas le sang et son comportement a été complétement perturbé.
Il y a environ 6 mois, à la sortie d'une forêt de ma région, deux bagnoles de police, un corps allongé sous une bâche blanche avec les pieds qui dépassent, un VTT à côté...Les flics attendent le médecin pour certifier le décès.
J'étais avec une amie, une personne très normale, enseignante expérimentée, mère de famille, bien intégrée socialement, équilibrée. Aucun problème.
Elle a eu beaucoup de peine à passer à côté du corps, alors que ce n'était qu'un simple cadavre, de surcroît recouvert par une bâche. Elle m'a expliqué ensuite qu'elle ne supportait absolument pas la vue du sang...
Ces gens-là existent, et quand ils tombent sur un blessé grave couvert de sang...
Bon là, promis, j'arrête.

Écrit par : Géo | 05 décembre 2012

Non, je complète avec ça : quand Ségalat a été acquitté, cela m'a énormément surpris. Et j'y ai beaucoup réfléchi et je vous ai livré ce que j'ai pensé. C'est tout.

Écrit par : Géo | 05 décembre 2012

Bonjour,

Sans refaire le monde, l'article est bien fondé, puisqu'il met en avant les incohérences dans les jugements rendus par la justice Vaudois. Le retournement de situation est total entre l'innocence et la culpabilité totale (difficile de dire autre chose avec 16 ans ferme), il y a tout un monde de nuance qui a été franchi. Il est parfaitement possible pour deux juges de juger différemment une même affaire, c'est même probable. Mais on est en droit de s'attendre à un écart-type sur l'échelle innocence - culpabilité qui soit relativement faible.

Ici, la justice vaudoise a mis un pied dans la tombe, comment en effet respecter une justice Janus, qui dit oui, puis non?

Stéphane, ne vous laissez pas troubler par des hommes de pailles, que Ségalat soit coupable ou non importe peu, c'est bien la justice au sens noble du terme qui a été mise à mal.

Continuez, car c'est encore et toujours un plaisir de vous lire!

Crucol

Écrit par : Crucol | 05 décembre 2012

Sur tout ce qui a été dit et écrit sur l'affaire Ségalat, je partage l'avis de Géo sur un point: «Le doute droit profiter à l'accusé».
Qu'une «justice» prononce un jour l'acquittement et un autre une condamnation sur la base d'un même dossier, ça démontre crassement ses errements. Ça prouve aussi qu'on ne peut pas lui faire confiance.
Dans les faits, personne ne sait rien sur ce qui s'est passé, sauf Ségalat. Le problème avec lui, c'est qu'il n'a pas présenté un comportement «normal» pour quelqu'un qui se dit innocent: quand on est innocent, et qu'on a été emprisonné et traîné dans la boue, on hurle à l'injustice. On ne perd pas une seconde ni au tribunal, ni devant les médias, ni ailleurs, de crier à haut et fort son innocence, d'injurier juges, procureurs, avocats de la partie civile. Bref on pète les plombs! Moi, j'aurais sauté au cou de Cottier quitte à me faire descendre par les flics. Parce que 16 ou 18 ans de tôle pour n'avoir rien fait, c'est l'horreur ultime.
Alors Ségalat qui reste prostré dans son coin, comme un gamin pris en flagrant délit de touche-pipi, c'est louche, c'est tout. Même si c'est un homme mesuré, cultivé, et tout et tout. Ça ne colle pas.
Mais vaut mieux un coupable en liberté, qu'un innocent en tôle. D'ailleurs des crapules en liberté, il y en a des wagons et la justice et la police s'en accommodent somme toute assez bien… ça coûte moins cher à entretenir, même si c'est la galère pour ceux qui les subissent au quotidien.
S'agissant de Ségalat, sur la base de ce que l'on sait de lui, je pencherais plutôt pour la thèse du type «dérangé» qui dans le fond n'est pas aussi brillant qu'on nous le présente et qui doit avoir de sérieux soucis avec son ego. Mais là, je m'emballe, c'est qu'une impression, mais une impression insuffisante pour me faire un avis sur sa culpabilité ou son innocence.

Écrit par : petard | 06 décembre 2012

"je partage l'avis de Géo sur un point: «Le doute droit profiter à l'accusé»."
Je n'ai pas d'autre avis, ou il n'y a pas d'autre point. Sauf à redire que ce jugement ridiculise la justice vaudoise, dont les jugements semblent être rendus en vertu des plus ou moins bons repas ou bonnes bouteilles qu'ils ont consommés...

Écrit par : Géo | 06 décembre 2012

Pétard & S.Montabert @ Peut-être qu'un peu de rappel historique de la justice vaudoise s'impose. Je n'ai pas retrouvé la date de ces événements, je suis assez mauvais comme recherchiste. Disons il y a une trentaine d'années. Un professeur canadien était en vacances avec sa femme à Crans-Montana, où ils disposaient d'un studio. La femme disparaît et quelques temps plus tard, son corps est retrouvé au bas d'un précipice entre Aigle et le Sépey, dans la vallée de la Grande Eau. Ce corps est emballé dans des sacs poubelle dont l'étiquette du prix n'a pas été retirée. La police peut donc facilement savoir que ces sacs ont été achetés dans un super-marché à quelques centaines de mètres du studio de Crans...
Le professeur est déjà parti au Canada où l'on apprend que la première chose qu'il y a fait a été de passer chez le dentiste de sa femme pour y réclamer son odontogramme...
On se demande bien pourquoi, n'est-ce pas ?
Malgré tout cela et le fait qu'on n'a trouvé aucune trace d'un autre agresseur, le professeur canadien a été acquitté. Il est reparti au Canada où peu après il épousait l'étudiante avec laquelle il avait une relation depuis longtemps.

Cette affaire a constitué un véritable traumatisme pour la justice vaudoise, ces ploucs tellement respectueux de la qualité de professeur universitaire qu'ils n'auraient jamais osé le condamner, quelles que soient les évidences de sa culpabilité. Du coup, la tendance actuelle est simplement inverse et Cottier a simplement décidé que le doute devait profiter au parquet. La négation de deux mille ans de droit en Occident...

Il serait temps que la justice vaudoise cherche plutôt à se servir de ses neurones plutôt que de réactions pavloviennes. Mais pour cela, il faudrait changer tout le personnel...

Écrit par : Géo | 06 décembre 2012

A toutes fins utiles, je rappelle que les verdicts sont rendus par les juges, pas par les procureurs. Arrêter donc d'accabler M. Cottier.

Écrit par : Stéphane Montabert | 06 décembre 2012

C'est Cottier qui a recouru contre le premier jugement. Et il n'y a eu aucun débat lors du procès en appel. De là à imaginer que ces braves gens en avaient déjà largement discuté avant entre eux et que leur jugement était fait depuis longtemps, il n'y a qu'un pas que je franchis sans aucune hésitation...

Écrit par : Géo | 06 décembre 2012

En tout les cas, il a de sacrées certitudes ce M. Cottier. Il doit bien dormir la nuit. Perso, je me méfie comme la peste de ceux qui savent tout et qui veulent toujours avoir raison. J'en ai connu pas mal dans ma carrière de ces MOI JE qui empoisonnent l'existence des autres. De vrais plaies!

Écrit par : petard | 06 décembre 2012

Juste lu sur Libé:
http://www.liberation.fr/monde/2012/12/10/au-japon-quinze-ans-de-prison-pour-rien_866493

Pas sûr que nous soyons dans le même cas, mais à méditer quand même…

Écrit par : zamm | 10 décembre 2012

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