04 décembre 2012

Les vingt ans du Non

Le 6 décembre 1992, la Suisse rejetait à 50,3% l'adhésion à l'Espace Économique Européen.

référendum,ue,diplomatieCe front du refus, mené par un certain Christoph Blocher, révélait une brèche béante entre le peuple et ses représentants, tous unanimement engagés dans la célébration de la construction européenne. Le Conseiller Fédéral Jean-Pascal Delamuraz eut à l'époque des mots très durs envers le résultat du scrutin populaire, évoquant un "dimanche noir".

Il se trompait, naturellement.

Deux décennies se sont écoulés, mais si les partisans du Non célèbrent encore leur victoire historique, il n'y a guère de raisons de pavoiser.

Certes, le sentiment pro-européen recule - il n'a jamais été aussi bas. Ils ne sont que 24% à estimer, rétrospectivement, que le refus de l'adhésion à l'EEE de 1992 était une "mauvaise idée". L'Union Européenne, vers laquelle l'EEE n'était qu'un marchepied, ne fait plus recette ; vu d'ici, chacun comprend que l'UE est de plus en plus dirigiste, antidémocratique, embourbée dans la crise de la dette, la récession et le chômage. Une génération plus tard, les atours de la mariée ne sont plus guère séduisants.

Pourtant, comme l'explique dans le quotidien Le Temps le professeur de droit zurichois Daniel Thürer (qui a "personnellement toujours regretté" la non-adhésion helvétique à l'EEE et considère que la souveraineté est "un mot dépassé", histoire de situer le personnage) la Suisse est, dans les faits, entrée dans l'Espace Économique Européen:

Il faut bien constater que tout ce que l’on a fait depuis 1992 avec les accords bilatéraux a consisté à mettre en place secteur par secteur les mêmes règles que celles de l’EEE. A deux exceptions près: nous n’avons pas d’accord sur la libre circulation des services, qui était contenue dans l’EEE; et nous avons Schengen, qui ne faisait pas partie de l’EEE.

 

A tout prendre, je ne suis pas sûr que l'adhésion de la Suisse à l'espace Schengen vaille la liberté des services... Pauvres Suisses! Ils pensaient échapper à l'Europe et s'en méfient aujourd'hui encore, sans réaliser que leurs élites les y ont amené, petit à petit pendant vingt ans, sans en avoir l'air. Voire même au vu et au su de tout le monde, lorsque la BNS décide sans en référer à personne d'adopter l'euro.

Officiellement, l'adhésion de la Suisse à l'Union Européenne n'est pas à l'ordre du jour ; en réalité, elle n'a jamais cessé d'être discutée. Hormis l'UDC, les partis de l'échiquier politique helvétique ont été et sont toujours de chauds partisans d'une adhésion à l'Union Européenne. Ils ont renoncé à communiquer sur ce thème en public pour des raisons tactiques, le soutien populaire faisant défaut, mais n'ont certainement pas changé d'avis.

Si bien qu'en fin de compte, partout où porte le regard, c'est l'impasse.

Les Suisses n'aiment pas l'Europe mais acceptent d'y entrer petit à petit, à leur rythme, en plébiscitant la voie bilatérale? Pas de chance, l'Union Européenne n'en veut plus. Même si ici certains font tout pour maintenir l'illusion (je pense notamment à René Schwok, Professeur à l’Institut européen de l’Université de Genève, qui ne ménage pas ses efforts dans ses interviews) Bruxelles n'a certainement pas l'intention de se fatiguer à négocier chaque nouveau règlement avec Berne, et Dieu sait qu'elle en produit à la pelle. L'UE exige l'automatisme, c'est-à-dire le renoncement à la souveraineté.

Les Suisses ne veulent pas entrer dans l'Union Européenne? Pourtant, ils continuent élection après élection à plébisciter, avec plus des deux-tiers des suffrages, des partis qui prônent directement l'adhésion ou de louvoyer pour y parvenir. Soit les électeurs votent sans comprendre qui ils élisent (une hypothèse qu'on ne peut pas exclure au vu de la force de l'habitude dans les décisions de vote) soit ils estiment que cet aspect des positions politiques n'a guère d'importance, qu'il s'agit d'un point secondaire d'un programme électoral...

C'est évidemment une erreur, et une erreur dangereuse. Alors que la situation économique se dégrade toujours davantage en Europe, que les diplomates européens cachent de plus en plus mal leur hargne contre notre petit pays, les tensions ne peuvent que s'aggraver. La Suisse, îlot de prospérité dans un continent à la dérive, irrite - précisément parce qu'elle existe.

référendum,ue,diplomatieNon seulement elle ne suit pas le modèle d'intégration européen mais elle en est devenue l'antithèse. La Confédération Helvétique montre que la voie de l'indépendance et de la souveraineté, la voie de la démocratie directe et de la subsidiarité, bref, toutes les valeurs aux antipodes de la construction européenne telle qu'elle s'observe depuis environ trente ans, mènent au succès.

Du point de vue du dogme européiste, la Suisse est une hérésie, au sens propre du terme.

Elle représente un danger vis-à-vis des institutions européennes non seulement parce qu'elle illustre de façon éclatante les fourvoiements de l'Europe de Bruxelles, mais aussi parce que son "mauvais exemple" pourrait se répandre, devenant une menace pour la construction européenne toute entière.

Les reproches, les menaces, les exigences de tribut et les sanctions vont pleuvoir dru dans quelques temps, encore plus que par le passé, aidés et encouragés par les élites politiques en faveur de l'adhésion à l'intérieur du pays. La question des relations entre la Suisse et l'UE promet de revenir centrale dans un avenir proche, et elle se posera en termes moins courtois.

Même si depuis vingt ans, la lutte pour la souveraineté helvétique est largement perdue - sacrifiée en tranches par des citoyens qui ne comprenaient pas vraiment ce qu'ils abandonnaient ici ou - il en reste encore quelques traces. C'est ce maigre héritage qu'il faut désormais défendre.

Commentaires

L'Europe ne peut exister sans la Suisse c'est du moins ce qui nous a été appris dès la primaire.Notre pays a toujours été un modèle pour les autres et non l'inverse!

Écrit par : lovsmeralda | 05 décembre 2012

Quand je fais l'effort de vous lire, j'ai toujours un mauvais sentiment!
Franchement, êtes-vous vraiment dans le bon parti?
Vous savez plus parler de la France, que de la Suisse!
Et quand vous parlez de la Suisse cela parait toujours très ambigu!
Au final, vous êtes quoi.....un loup dans la bergerie?

Écrit par : Corélande | 05 décembre 2012

@Corélande: merci de votre effort. Ceci dit, il n'y pas une seule mention de la France et des Français dans le texte... Vous pourriez préciser votre pensée? Parce que là, je ne vous suis pas.

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 décembre 2012

L'Europe est de plus en plus anti-démocratique, dites-vous. Elle ne l'a jamais été. Qu'est-ce que l'Europe en fait ? Un IVème Reich avec association de la tribu franque, qui n'est pas la meilleure pour la sauvegarde de la démocratie. Leur 5ème République est la république taillée pour un putschiste, si glorieux fût-il. Et quand elle est mise dans les mains de nabots tels que Sarkozy ou Hollande, bonjour les dégâts...
Ce que vous décrivez est un instantané de la situation. L'Europe tend vers la crise majeure. Rien ne va plus, et la dictature franco-allemande ne va pas pouvoir continuer ainsi bien longtemps.
Que peut faire la Suisse ? Rien, si ce n'est laisser passer l'orage. Que serait devenue la Suisse sans ce blocage du cours de l'euro à 1.20 CHF ? Vos réponses à vous ne sont guère convaincantes. Tous les industriels qui vivent de l'exportation s'en félicitent. Les commerciaux importateurs s'en plaignent. Les Français savent importer mais pas exporter. Quel est le résultat économique de la France ?

Écrit par : Géo | 05 décembre 2012

Certes, vous ne parlez pas ici de la fraaaaaance, mais de l'europe avec une ambiguité dérangeante. Je ne vais pas faire ici la rétrospective de votre blog, mais il est largement estampillé bleu-blanc-rouge.
Rien que votre dernier paragraphe "Même si depuis vingt ans, la lutte pour la souveraineté helvétique est largement perdue.........."ça n'effleure même pas un(e) UDC convaincu(e).
Tant qu'à faire, je vous le dit vertement. Je vous perçois comme un "infiltré", mais pas comme un UDC convaincu faisant partie d'une communauté ayant une vision pour son pays, ses traditions et valeurs incontournables, à défendre envers et contre tout, et que cela plaise aux voisins.....ou pas!
Notre histoire (suisse) nous a constitué, nous ne baisserons pas les bras, et savons que le temps travaille pour nous.
A l'appui de ce que je viens de vous dire votre avant dernier paragraphe:
"Les reproches, les menaces, les exigences de tribut et les sanctions vont pleuvoir dru dans quelques temps, encore plus que par le passé, aidés et encouragés par les élites politiques en faveur de l'adhésion à l'intérieur du pays. La question des relations entre la Suisse et l'UE promet de revenir centrale dans un avenir proche, et elle se posera en termes moins courtois."......les élites politiques....à l'intérieur du pays qui sont trop souvent de première origine UE et étrangères(récentes ou bi-nationaux).

Écrit par : Corélande | 05 décembre 2012

@Corélande: pensez-vous que je travaille pour la France? Si vous me connaissiez mieux, vous en ririez. Je ne comprends pas davantage le reste de vos explications, mais enfin, merci d'avoir essayé, même si j'ai vaguement l'impression que vous m'insultez.

@Géo: au milieu de votre commentaire, une phrase m'a fait tiquer: "Que serait devenue la Suisse sans ce blocage du cours de l'euro à 1.20 CHF?"

Pardon! Mais qu'est devenue la Suisse AVEC ce blocage du cours de l'euro à 1.20 CHF? Hop hop hop ne répondez rien! N'allez pas trop vite en besogne, la messe n'est pas dite! On ne pourra vraiment conclure, féliciter, distribuer des médailles, que lorsque ce blocage (sensé être "temporaire") s'achèvera car plus nécessaire, la crise étant derrière nous.

Autant dire que cette issue heureuse est bien improbable...

Pour l'instant, l'Europe est dans la crise, et loin de "laisser passer l'orage" la politique de la BNS nous a projeté en plein dedans, merci la BNS et tous les pingouins qui la soutiennent! Imprimant du CHF pour acheter massivement du Bund allemand et des emprunts français à court terme (personne ne se pose la question de savoir pourquoi ces catégories d'emprunt sont passées à des taux négatifs, hmmm?) ses "réserves de change" en euro de monopoly atteignent aujourd'hui des sommets vertigineux.

Ces euros, il va falloir les vendre un jour.

A perte.

Et là, lorsqu'il faudra que cantons et confédération, et in fine contribuables passent à la caisse pour renflouer la BNS et son bilan catastrophique, lorsque le peuple suisse verra la douloureuse et comprendra enfin qu'il paiera intégralement le coût du grand spectacle qu'il applaudit aujourd'hui, nous pourrons commencer à discuter des effets _réels et complets_ du blocage du cours de l'euro à 1.20 CHF.

Patientez un peu, le drame se déroule sous nos yeux.

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 décembre 2012

C'est très français ça de réagir comme un coq! Je vous dis les choses comme je les ressens, avec ma sensibilité de femme et UDC dans l'âme.
Mais une chose intéressante m'apparait avec ce petit échange c'est que cet air pompeux que vous avez de présenter les choses, vos analyses, ne sont pas
les nôtres. Ni en conformité avec ce que nous sommes.....les Suisses aux bras noueux.
c'est peut être pour cela que votre pamphlet n'est pas convainquant et devient ambigue. Votre manière, toujours très française; voire napoléonienne de schématiser pour faire des déductions voire conclusions
inconditionnelles, péremptoires est à mille lieues des fondamentaux et visions UDC.
L'europe est un foetus, nous sommes un vieillard multi-centenaires. Certes les données sont différentes et les cartes mal distribuées, mais se ne sont pas les chemins les plus droits qui mènent au but.
L'UE s'écroulera, le monde peut-être(attendons le fiscal cliff US), tous sur la pente savonneuse. La petite suisse, parce que petite et non reliée (indépendante)subira les secousses, mais résistera.
Si la BNS "joue bien" elle nous annoncera encore de beaux bénéfices en janvier prochain. Nous pourrons alors commencer à donner des leçons plutôt que d'en prendre plein la poire par ceux qui ont mis leurs pays à sac! Ou qui l'on quitter pour aller donner des leçons ailleurs.

Écrit par : Corélande | 05 décembre 2012

@Corélande: Je ne sais pas à quel volatile est apparenté le fait de réagir à des sous-entendus méprisants, mais ce n'est en tous cas pas très suisse d'insulter qui que ce soit...

Je n'ai pas croisé beaucoup de "Suisses aux bras noueux" ces dernières années, et croyez bien que je le regrette. A supposer qu'il en reste, je crains qu'ils ne finissent comme le Dodo des îles Maurice, exterminés jusqu'au dernier en pensant probablement que le temps leur donnera raison.

J'ai pour ma part une attitude plus volontariste vis-à-vis des menaces dont la Suisse fait l'objet, menaces venant autant de l'extérieur que de ses propres murs Si cela est dû à un côté "français", c'est certainement celui d'avoir vu une nation s'écrouler de l'intérieur (c'est en cours) et ne pas souhaiter le même destin à mon pays d'adoption.

Avec des Ada Marra, des Darbellay, des Sommaruga ou des Widmer-Schlumpf aux commandes de la Suisse, je ne donne pas cher de son avenir. Je ne suis pas sûr, pas du tout sûr, que le "vieillard multicentenaire" résistera aux secousses. Vous semblez avoir une très haute opinion de votre classe politique. J'aimerais que vous ayez raison. Je n'ai pas vos certitudes.

Quant à la BNS, vous avez le droit de croire qu'elle joue bien, et qu'on s'en sortira tous avec de beaux souvenirs de l'épopée et un petit bénéfice. C'est tout à votre honneur.

Pour ma part, je prévois plutôt un désastre financier aux proportions bibliques. Cela prendra quelques années, et nous aurons l'occasion d'en reparler ici même.

Au plaisir de vous rencontrer dans une réunion de l'UDC, qui sait?

Écrit par : Stéphane Montabert | 05 décembre 2012

@ Corélande:

Stéphane n'est pas Français, autrement, il demanderait la solution à ses problèmes à l'Etat (qui est en France l'Alpha et l'Oméga de toute action).

Pour savoir ce que va devenir la Suisse, regarder un peu ce qui est arrivé à l'Irlande qu'on a obligé à revoter le traité de Lisbonne, à la France qui a fait revoter le traité au Parlement.

Crucol

Écrit par : Crucol | 05 décembre 2012

Je suis bien d'accord avec vous que cela ne va pas être simple de sortir de l'impasse "blocage du cours de l'euro" mais que serait-il advenu de l'industrie suisse avec la parité ? La Suisse va payer sa part de la crise européenne parce que nous gagnons 1 franc sur 2 de l'Europe. Il n'y avait pas d'autre choix, et je n'ai croisé que des gens me confirmant cette appréciation (je ne connais pratiquement pas de fonctionnaires...).

Je profite de corriger une horreur :
"L'Europe est de plus en plus anti-démocratique, dites-vous. Elle ne l'a jamais été."
Je voulais dire qu'elle n'a jamais été démocratique, bien sûr.

Écrit par : Géo | 05 décembre 2012

Inutile d'en dire plus. Soyons ce soir devant le poste pour Infrarouge, là aussi je fais un effort, mais c'est important d'entendre ce que M.Blocher va dire.
Pour ma part je ne pense pas vous avoir insulter. Je dis juste ce que je pense clairement à la lecture de vos textes.
Pour la BNS là aussi, rendez-vous à fin janvier. 10,4 milliards à fin septembre, il y en aura donc -un peu plus- au 31.12.2012 avec la reprise de l'Euro actuellement.
Pour les parlementaires-magouilleurs je crois qu'aujourd'hui on a eu un avant-goût de leur -devoir-à-rester-dans-les-clous- pour les 2-3 années prochaines.

Écrit par : Corélande | 05 décembre 2012

L'arrimage du franc avec l'euro est une aberration et une spoliation des avoirs des épargnants. N'en déplaise à ceux qui pensent le contraire. Et c'est sûr, il n'y a que les endettés pour se réjouir que le franc suisse devienne une monnaie de singe.

Autre chose... extrait de l'édito de hier de François Schaller dans l'Agefi:

«La Suisse absorbe 50.000 ressortissants européens par an environ (sans compter les frontaliers), soit un cent soixantième de sa démographie. Pour que la réciprocité atteigne ce niveau, il faudrait que plus de 3 millions de Suisses émigrent en Europe chaque année. La Suisse n’a donc qu’une chose sensée à demander: reprendre le contrôle de sa politique migratoire, intégrer les ressources humaines dont elle a besoin, obtenir jusqu’à l’équilibre la réciprocité à laquelle elle a droit.»

Il est donc urgent de cesser de se coucher devant les menaces de Bruxelles. On a plié devant des exigences insensées alors que nous avons des moyens concrets pour résister. Christophe Blocher a encore raison en 2012, la Suisse doit se préparer à un avenir sombre si les accords bilatéraux ne sont pas renégociés avec des points en notre faveur.

Écrit par : petard | 06 décembre 2012

@petard: Je suis on ne peut plus de votre avis. Mais lorsque vous écrivez "la Suisse doit se préparer à un avenir sombre si les accords bilatéraux ne sont pas renégociés avec des points en notre faveur", QUI va renégocier les accords bilatéraux devant Bruxelles avec les intérêts de la Suisse à coeur?

Prenez le conseil fédéral, lui-même émanation des chambres, et comptez: combien de membres du collège sont en faveur d'un rapprochement avec l'Union Européenne actuelle, quitte à pénaliser la Suisse? Combien sont en faveur d'un statu-quo ou d'un éloignement, quitte à fâcher l'Europe de l'union? Le calcul est vite fait: c'est du 6 contre 1. Merveilleuse représentation de l'avis de la population!

Je ne sais pas combien de ces six-là sont des "infiltrés de première origine UE et étrangères(récentes ou bi-nationaux)" ou des "Suisses aux bras noueux", pour reprendre les expressions de Corélande ;) mais je sais qu'avec une telle bande de bras cassés subjugués par les institutions supra-nationales, il n'y a aucune chance que les accords bilatéraux soient renégociés à l'avantage de la Suisse.

Les sondages sont une chose, les élections en sont une autre. Tant que les Suisses ne remettront pas en cause leur habitudes de vote les bras de l'Union Européenne continueront de se refermer progressivement sur nous.

Écrit par : Stéphane Montabert | 06 décembre 2012

Pétard % S.Montabert @ On veut bien vous comprendre, mais la question dans mon commentaire précédent est restée sans réponse. Que se serait-il passé si on avait laissé le franc devenir une monnaie refuge par rapport à l'euro ? En particulier pour l'industrie ?

Écrit par : Géo | 06 décembre 2012

Les socialistes ont détruit toute la confiance qu'on pouvait avoir encore en eux.Le débat de hier soir a été déterminant,une fois de plus pour se rapprocher de la Suisse-Allemande et de l'UDC.En France le gouvernement Socialiste vend le peuple aux Chinois et demain les handicapés lourds de notre pays devront faire le salut Hitlérien ,en étant les larbins des écologistes pro-adhésion.
Les victimes des sectes sont peut-être plus à même de sentir davantage le danger qui guette notre pays si on abonde dans le discours de certains jeunes loups qui n'ont aucune expérience de la vie excepté celle d'être nés avec une cuiller en argent entre les lèvres ce qui n'est pas forcément signe ni d'intelligence ni d'ouverture d'esprit autre que celle de leur porte-monnaie et de leur égo

Écrit par : lovsmeralda | 06 décembre 2012

@ Geo, «Que se serait-il passé si on avait laissé le franc devenir une monnaie refuge par rapport à l'euro ?»

«Théoriquement» on aurait importé à 25-30% moins cher qu'aujourdui. Entre pétrole et gaz c'est déjà bonbon. Et les autres matières premières... alors reprenons Schaller:

«Ce qui mériterait aussi d’être parfois mentionné, c’est que les exportations de l'Europe vers la Suisse sont bien supérieures aux importations (solde de plus de 15 milliards d’euros). La Suisse transforme ou intègre une partie des approvisionnements, puis réexporte vers la Chine, le Japon, la Russie, le Moyen-Orient, l’Asie en général. Autant de destinations sur lesquelles elle enregistre des balances commerciales clairement positives»

Il me semble que c'est assez limpide et difficilement contestable.

Écrit par : petard | 06 décembre 2012

C'est assez limpide et difficilement contestable pour vous, tant mieux. Mais alors, pensez-vous que les seules importations de pétrole et gaz à un prix inférieur permettraient aux PME suisses, considérées comme la colonne vertébrale de l'économie suisse, d'avoir une balance commerciale positive ? Et si oui, quelles sont alors les motivations réelles de la BNS pour ne pas voir la même chose que M.Schaller ? Comprenez que tout le monde n'est pas une pointure en économie...

Écrit par : Géo | 06 décembre 2012

@Géo: "Que se serait-il passé si on avait laissé le franc devenir une monnaie refuge par rapport à l'euro ?"

C'est difficile à dire puisque l'expérience n'a été que brièvement tentée en Suisse avant que la BNS n'y mette le holà. De plus, la Suisse pétrie de protectionnisme (on l'a vu dans les rayons de Coop et Migros) n'est pas souple face à un taux de change libre.

Ceci dit, si je peux me permettre d'extrapoler, un CHF valeur-refuge et crevant le plafond aurait théoriquement permis à tous les Suisse de bénéficier d'un pouvoir d'achat qui s'envole. Energie, essence, électroménager, informatique, machines-outil, logiciels, voitures et j'en passe, tout serait devenu incroyablement abordable, stimulant l'innovation et le développement. La BNS aurait fait des bénéfices monstrueux simplement en vendant du CHF et, distribuant les dividendes aux cantons et à la confédération, aurait noyé ces derniers sous un torrent de milliards, qui leur aurait permis de résorber leur dette et de renoncer à la plus grande part, voire la totalité de leur fiscalité (contrebalançant par une croissance intérieure la perte des exportations.)

Les entreprises tournées vers l'exportation auraient souffert, certes, mais n'oublions pas qu'il existe des mécanismes financiers (contrats à option) qui permettent spécifiquement de se protéger des aléas de change ou de ressource: les compagnies aériennes, par exemple, utilisent de tels outils depuis des lustres pour s'assurer un approvisionnement stable en carburant. Il ne tenait qu'au secteur de l'exportation d'employer de tels outils sans demander à la BNS d'arrimer le CHF à l'euro. D'autres, comme le tourisme, seraient sinistrés, à moins de séduire une clientèle suisse ou haut de gamme plutôt que du tourisme de masse (pas sûr qu'on y perde au change, si je puis dire).

Si la BNS a accepté avec tant d'empressement d'arrimer le CHF à l'euro, ce n'est pas par pure bonté d'âme - on parle de banquiers, et pire encore, de banquiers centraux! - mais simplement parce que c'était l'opportunité stratégique de lier pour de bon la Suisse à l'Union Européenne, sous les vivas des crédules! Les politiciens vous le diront, les crises sont trop utiles pour ne pas être exploitées.

Bien sûr, je suis un imbécile qui ne connaît rien à rien, ce qui implique de prendre les arguments ci-dessus avec des pincettes. N'empêche que tous les gouvernements du passé se sont autant que je sache battus pour avoir une monnaie forte, synonyme de puissance financière, de respect et de prospérité. Même Mitterrand en France, socialiste iconique s'il en est, s'est battu pour une politique du Franc fort!

Pourquoi tous ces gens se seraient-ils donné tant de mal pour rendre leur monnaie forte, si c'était une mauvaise chose?

Et pourquoi les pays avec une monnaie misérable se débattent-ils dans la pauvreté et le sous-développement, si c'est une bonne chose?

Si vous comprenez ces questions, vous avez un aperçu de l'incroyable mystification dans laquelle la BNS a embarquée la Suisse, sans compter ce qu'il lui en coûtera à la fin.

Écrit par : Stéphane Montabert | 06 décembre 2012

1,20 (1,212 actuellement)pour 1 euro, c'est aussi pour éviter la spéculation sur notre monnaie et c'est une bonne chose, car cela nous permet la maitrise de notre monnaie, et évite de yoyo à l'exportation notamment. On vit beaucoup de ça!
Il y a eu une tentative l'automne dernier, et la BNS a vite réagit et les spéculateurs se sont tus!
Les achats pétrole et gaz (souvent les matières premières)sont en dollarUS, donc fluctuants et comme il s'affaiblit plus que se renforce contre le CHF c'est en notre faveur depuis plusieurs mois. (les US ont intérêts pour leur propre exportation que cela perdure, voire baisse encore)Faudrait pas oublier non plus que "grâce à la libre circulation" au moins 1/8 de nos achats pétrole sont payés par les pleins des UE travaillant chez nous. C'est pas bon pour notre engagement CO2 d'accord, mais....!
Par ailleurs, à la BNS se ne sont pas des manches, et ils savent pertinement faire ce qu'il faut pour faire des gains (réf 31.10 +10,4milliards) Pas besoin de donner des détails.
C'est succinct mais concret!
Faut voir l'ensemble pas que dans une lorgnette.

Écrit par : Corélande | 06 décembre 2012

J'observe aussi qu'un bon Bordeaux ou Bourgogne se négocie au-delà de Fr. 50.- le flacon... voire pour certains plus de 100 francs et encore je tape pas dans tout haut de gamme.
Et ils se vendent comme des petits pains à l'export... et nous, nos meilleurs vins atteignent même pas les 30 balles et on exporte rien!

Quant aux PME qui n'arrivent pas à exporter parce que le CHF est trop fort. Il faudrait qu'elles revisitent un peu leur gouvernance et leur charte qualité.

Je ne pense pas que Rolex ou Patek auraient eu des problèmes de ce côté-là.

Ceci dit on aurait aussi pu mettre en place momentanément un système de subventionnement pour les entreprises en situation critique. Notamment le secteur hôtelier moyen de gamme.
Et tout ça aurait coûté bien moins cher.

Écrit par : petard | 06 décembre 2012

Bon, vous allez me sauter dessus, mais bon, comme on est dans le virtuel, hein... Le cours libre est favorable aux retraités/rentiers et défavorable à ceux qui produisent. Le cours libre nous aurait valu soit l'invasion pacifique mais nuisible de millions d'Européens venus en profiter, soit l'invasion des Panzer division de l'Oberbannführer Von Monteburg, parce que trop c'est trop.

En fait, là où vous avez raison, c'est qu'on pourra vraiment en juger à la sortie.
On en reparlera sûrement...

Écrit par : Géo | 06 décembre 2012

D'un autre côté, le vin belge ne s'exporte pas beaucoup non plus...

Écrit par : Robert Marchenoir | 06 décembre 2012

Les montres belges non plus, remarquez.

Écrit par : Géo | 06 décembre 2012

"L'invasion des Panzer division de l'Oberbannführer Von Monteburg."

Ne le répétez pas, parce que je risquerais d'avoir des ennuis, mais Von Monteburg n'a pas de Panzer divisions.

Il est déjà infoutu de nationaliser deux hauts-fourneaux qui appartiennent à "un ferrailleur avec une gueule de marchand de roses" (Gaspard Proust).

Alors, envahir la Suisse...

Écrit par : Robert Marchenoir | 06 décembre 2012

"Alors, envahir la Suisse..." ce n'est pas l'envie qui doit manquer. On se réjouit de voir ce que va donner ce charmant petit entretien entre Eveline WS et Fromage Mou. La poire et le fromage ? les deux, mon capitaine...

Écrit par : Géo | 07 décembre 2012

Et pendant ce temps mon épargne ce déprécie... Pas grave si cela profite aux exportateurs!!!

Écrit par : Christian Pougnier | 10 décembre 2012

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