10 décembre 2012

Kyoto II, impossible mission

Réunis à Doha, les délégués de 190 pays se sont mis d'accord samedi pour prolonger jusqu'en 2020 la durée de vie du protocole de Kyoto, et poursuivre à travers lui la lutte contre le réchauffement climatique.

protocole de kyoto,diplomatieC'est en tous cas la façon dont la conclusion de la XVIIIe session de la Convention cadres des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) a été rapportée par les médias. La réalité est un peu plus compliquée. Dire que les discussions ont été difficiles relève de l'euphémisme ; il n'y avait pas le moindre début de commencement de consensus sur un texte final vendredi, alors même que la durée prévue des négociations touchait à sa fin. La nuit de vendredi à samedi, puis la matinée, n'y suffirent pas.

L'accord "final" fut en fait un coup de force du Qatar, pays organisateur, et de son vice-premier ministre Abdallah al-Attiya, lequel se contenta d'annoncer un compromis au nom de l'ensemble des délégués - bien qu'il n'ait eu l'assentiment que d'une partie d'entre eux. La déclaration abusive de M. al-Attiya sauvant in extremis la convention est d'autant plus surprenante que le Qatar est un des pays avec le pire bilan carbone mondial, loin devant les Etats-Unis, mais peut-être était-ce là un moyen d'éviter l'opprobre internationale...

La "prolongation des accords de Kyoto jusqu'en 2020" est donc une entourloupe, car les accords ne concernent finalement pratiquement plus personne, et certainement pas une population significative à l'échelle du globe. Outre les Etats-Unis qui ne les ont jamais ratifiés, la Chine et l'Inde qui n'y étaient pas soumis au nom de leur économie en "développement", la Russie, le Japon et le Canada viennent de s'en retirer. De fait, les signataires concernés par cette fameuse prolongation ne représentent plus que 15% des émissions mondiales à effet de serre.

Parmi eux ne restent que l'Union européenne, l’Australie et une dizaine d’autres pays industrialisés, dont la Suisse, toujours aux premières loges lorsqu'il s'agit de pénaliser son économie pour des chimères!

Le Kyoto allégé issue de Doha n'est pas assorti de contraintes ni même de mesures chiffrées. Coquille vide de sens, son seul mérite est de promouvoir un sentiment de continuité avant un éventuel accord négocié en 2015 et entrant en vigueur en 2020. Il est vrai qu'il faut préparer soigneusement le terrain pour réussir à amener annuellement des milliers de délégués de la planète entière par avion dans les conventions de la CCNUCC et les loger dans des palaces, le tout pour évoquer le gaspillage des ressources... La machinerie bien huilée de ces cycles de rencontres diplomatiques n'aurait peut-être pas survécu à un échec.

La "prolongation" des accords de Kyoto sert donc avant tout à sauver la face et les intérêts du CCNUCC lui-même.

Alors que l'Europe s'enfonce dans la pauvreté et que le protocole de Kyoto se dissipe dans le folklore, la lutte contre un réchauffement climatique d'origine humaine très controversé semble plus que jamais un luxe inabordable.

Commentaires

Excellent résumé de cette farce des petits fours sensée nous éviter le grand four planétaire. Ce qui me choque dans cette histoire , c'est la manière dont cela est relaté dans nos médias . Jamais un mot sur les nombreux travaux scientifiques qui ne vont pas dans le sens d'un r échauffement d'origine anthropique . On tente de nous faire croire que c'est un débat entre les gentils européens conscients et responsables et les vilains américains et chinois obnubilés par leurs résultats économiques.

Écrit par : Christian Pougnier | 10 décembre 2012

Toute cette affaire de réchauffement climatique n'est qu'un nouveau moyen de faire tomber les pays développés et qui est devenu une religion qui n'accepte aucune contradiction. Progagande et désinformation nous ont amenés là. Alors tant mieux si Doha n'a rien pu apporter. L'Europe (qui vient de remporter le prix Nobel de la paix, après le GIEC et Al Gore!!) est en train de se suicider. Grâce à votre site, je suis tombée sur celui de James Delingpole et ai pu lire son livre "Watermelons: The Green Movement's true colors. Excellent livre qui fait une synthèse magistrale de tout ce que j'ai pu lire autre part.
Merci pour vos critiques toujours pertinentes.

Écrit par : Zendog | 11 décembre 2012

Ce qui prouve que la route reste nalgré tout la meilleure manière pour transporter les marchandises.Avec toutes ces pannes ! déjà que le métier de chauffeurs de poids lourd n'est pas rigolo tous les jours devoir sans cesse controler la température des congélateurs devrait inciter justement nos politiciens à penser autrement que vitesse pour une fois.Plus on va vite moins on va longtemps

Écrit par : lovsmeralda | 14 décembre 2012

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