13 décembre 2012

Plus cher et moins bien

Depuis le dimanche 9 décembre, les Romands ont le plaisir d'apprécier les nouvelles cadences des trains de la Confédération. Tous les retards ne sont pas dûs à la météo ou au matériel roulant, mais bien au nouvel horaire.

La ville de Renens dans l'Ouest Lausannois, quatrième ville du canton, est désormais classée comme "gare tertiaire" - il ne s'agit pas bien sûr de la terminologie officielle, mais simplement de l'examen critique de sa desserte ferroviaire. Les centres urbains cantonaux bénéficient de liaisons directes, parfaites pour l'upper class urbaine richement logée, allant du magnifique appartement ancien au centre-ville de Lausanne de Monsieur jusqu'à Genève, au siège de la banque où il officie avec vue sur le jet d'eau. Sur le trajet, les villes de Morges et Nyon ont droit à une attention bienveillante, bien que secondaire.

Les autres villes "normales" de l'arc lémanique - Renens, Allaman, Rolle, Gland, Coppet, plus les malheureux de Morges et Nyon coincés par leurs horaires - ont droit à la voiture-balai du Regio Express (qui n'a d'Express que le nom), bondé dès le premier jour, régulièrement en retard, déversant des tombereaux de voyageurs en Gare de Genève où des milliers de passagers débarqués simultanément par deux trains sur le même quai tentent d'échapper à la nasse.

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"les Romands plus proches de vous" - littéralement!

Pour l'instant, le trajet ne fait "que" 41 minutes, soit quelques-unes de plus qu'avant, sur le papier en tous cas. Le train ne s'arrête pas encore à Pont-Céar ou Chambésy, mais gageons que les Chemins de Fer Fédéraux y remédieront en 2014!

Alors que les horaires jusqu'à fin 2012 faisaient preuve d'une intelligence remarquable (certains trains s'arrêtaient dans certaines gares, d'autres dans d'autres gares le long du parcours, garantissant une répartition de la charge et un temps homogène pour tout le monde) la nouvelle cadence fait la part belle à la hiérarchie entre les centres.

Subissant pour la plupart une dégradation de leurs conditions de transport, les pendulaires vaudois des villes secondaires ont bien compris quelle est désormais leur place: la dernière.

Si les Renanais passent plus de temps dans les wagons, d'autres sont bien plus mal lotis. Grâce à la surprise de décembre des CFF, certaines personnes à l'est de Lausanne subissent des retards allant jusqu'à 40 minutes dans leur déplacement quotidien, ce qui remet en cause tout leur cadre de vie. Concerné, même le syndicaliste Jean Christophe Schwaab trouve "regrettable que cet horaire dégrade les régions semi-périphériques" et ajoute que le nouvel horaire "poussera les gens à préférer la voiture." Rien de mieux que de subir soi-même les conséquences d'une décision bureaucratique arbitraire venue d'en haut pour retrouver un peu de bon sens!

Ces désagréments pourraient encore être du domaine du supportable s'ils ne s'accompagnaient pas d'une hausse généralisée des tarifs des CFF, qui augmentent de 5,2%. Moins bien et plus cher, le rail suisse a trouvé son slogan pour 2013!

Bien que le prix du billet ne couvre que la moitié des coûts de la régie fédérale, que les prix montent sans cesse et que l'offre se détériore, il y aura toujours des gens pour soutenir le rail contre vents et marées. Mais défendent-ils le train, ou la gabegie dans laquelle les CFF ont réussi à le transformer?

Il y a quelque chose de fascinant à observer les quantités de personnes transportées chaque semaine, s'entassant dans des trains bondés plusieurs fois par jour, et se dire qu'avec un succès d'affluence colossal mesuré en milliards de voyageurs-kilomètres, les CFF parviennent à perdre de l'argent par centaines de millions. Un tel niveau d'incompétence économique tient quasiment du miracle. Où passe l'argent? Quitte à tenter une explication, rappelons celle de Monica Dusong, présidente de la Fédération romande des consommateurs (FRC) dans Le Matin Dimanche quelques années auparavant:

"Je constate que les anciennes régies fédérales - les CFF, Swisscom, La Poste - essaient de constituer des trésors de guerre avec des bénéfices remarquables, pour être aptes à résister à la concurrence. Dans le cas des CFF, les usagers des grandes lignes monopolistiques risquent de financer les domaines concurrentiels comme le trafic de marchandise. Cela fausse la concurrence."

 

Le risque s'est probablement concrétisé, mais avec l'opacité des comptes de la régie fédérale, il est difficile d'en avoir la preuve.

Le plus triste est que la médiocrité des CFF n'a rien d'inéluctable. Le train public n'est ici en concurrence qu'avec la voiture individuelle (accusée de tous les maux et violemment malmenée par les autorités) mais pourrait l'être, devrait l'être, avec d'autres compagnies de transport ferroviaire ou de bus qui montreraient enfin que l'alliance entre cadence, qualité et prix est parfaitement envisageable selon le type de trajet. Le tout est d'associer une volonté politique à un programme de libéralisation.

Bien sûr, suggérer une telle hérésie provoquera l'ire de tristes sires montant au front pour dénoncer, par exemple, la sécurité "inévitablement sacrifiée" sur l'autel de la rentabilité dans le secteur privé (comme le prouvent les innombrables crashs de Ryanair et Easyjet dans le domaine du transport aérien). Je les invite à se remémorer une petite comparaison entre le taux d'accident ferroviaire entre France et Royaume-Uni. La Suisse s'en sort bien jusqu'ici, malgré une mauvaise pente cette semaine. Touchons du bois.

Malgré tout, je ne doute pas qu'une privatisation du rail soit une idée par trop révolutionnaire pour le grand public helvétique aujourd'hui encore. Dont acte. Il veut un monopole, qu'il le subisse!

Commentaires

Il faut dire une chose aussi, il n'y a que les romands qui deviennent de plus en plus agressif et qui se plaignent le plus.

Un moment les romands doivent arrêter de croire au père noel. Et arrêter aussi de se plaindre pour tout et pour rien.

De plus le problème de l'augmentation des couts ce n'est pas du au CFF... C'est la confédération qui loue les "tronçon de voie" (je ne me rappelle plus du terme correct) au CFF. Et c'est la confédération qui a augmenter la location de cette voie aux CFF. Donc une privaatisation n'aurait absolument rien changé.

Le romand ne cesse de se plaindre que les trains sont bondé. Mais ayant eu l'occasion de parler à plusieurs reprises avec différent controleurs et tout comme ils disent, les gens prennent tous le même train. Un ami controleur me disait encore l'autre jours que ce qui est dingue, sur certain trançon Sion - Genèce c'est qu'il y'a des trains bondés à devoir pousser les gens à l'0intérieur et que 5 minutes (montre en main) un deuxipème train arrivent droit derrière et est... vide...

Si tout le monde monte dans le même train c'est normal... Un privatisation ne va rien changer à cela...

Pour la comparaison stupide de Ryanair et Easyjet, il faut savoir ce que l'on veut aussi. Je ne sais pas si vous préféereiz que vous enfants travail pour une entreprise comme Swissair ou comme Easyjet. Mais les gens aime bien scier la branche sur laquel ils sont assis... Moi personnellement c'est absolument pas avec des compagnie comme easyjet et Ryanair que l'on va construire une économie stable et durable.
A quoi bon avoir des billet d'avion à 100.- si on se fait payer 1200€ !?! Ca restara quand même trop cher!

Alors quand vous parler de "subir" le monopole des CFF ca n'est qu'un regard capricieux des réelles conditions et d'être vraiment trop exigeant.

De plus les retards ne sont pas que du au changement d'horaire. Les problème météo sont bien réelle. Quand vous entendez tapper sous le train, c'est les plaque de glace qui se détache du wagon (qui est resté tout la nuit dehors - 15) et qui tappe dessous.
Et ceci arrive qu'il perfore les tuyaux des freins!

De ce fait quand un train a du retard c'est pas justement pour vous faire plaisir. Si les gens ne se rendent absoluement pas compte de la réalité du terrain, c'est n'est pas la seul faute au CFF, mais bien encore à l'éducation pire en pire qui n'a comme objectif que de satisfaire des capricieux.

De plus quand des gens se plaignent des problème technique, ils devraient aussi penser aux équipes qui travaille jour et nuit pour chauffer les aiguillage afin qu'ils ne gèle pas.

Alors effectivement, mettre le problème de l'ignorance et les caprices des gens sur le dos du monopole des CFF est vraiment mal placé.

Écrit par : DdD | 13 décembre 2012

Ma connaissance de la loi helvétique est très lacunaire. mais n'est-il pas possible pour un entrepreneur de créer une ligne de bus en concurrence directe avec le train en question? En France, c'est impossible, car il faut l'aval de la SNCF ou équivalent, mais en Suisse, est-ce le cas?

Écrit par : Crucol | 13 décembre 2012

Plus cher et moins bien, ce n'est pas le slogan des CFF, c'est celui de la Suisse actuelle. Je vous ai déjà envoyé mon postulat...

Postulat de Géo : Si quelque chose fonctionne bien, dans n'importe quel domaine, il se trouvera toujours un quarteron de jeunes ingénieurs qui voudront justifier leurs salaires en faisant des améliorations bidon qui gâcheront ce qui fonctionnait à merveille...

"Le malheur des hommes nait de leur incapacité à savoir quand tout va bien et quand il leur faut s'asseoir tranquillement et s'en satisfaire."
Adam Smith

Prenez l'école. 40 ans de réformes imaginées par des cerveaux embrumés par les dernières théories à la mode à Paris et isolés dans leur tour d'ivoire. Les élèves qui sortent ont d'énormes difficultés cognitives. On est obligé de donner des cours élémentaires de français aux étudiants en Lettres (source : UNIL). Les bacheliers vaudois n'ont pas le niveau pour suivre les cours de l'EPFL (source : Direction de l'EPFL). Les patrons de PME ne veulent plus engager d'apprentis parce qu'ils ne veulent pas devoir leur apprendre à lire, écrire et calculer.

Prenez la Justice. Comme si cette dernière ne dysfonctionnait pas déjà suffisamment, on leur colle un avocat d'office dès les premiers interrogatoires.
Les dossiers s'empilent dans la confusion la plus totale.

Prenez les transports. Tous les partis se veulent rassurants sur le fait que notre canton va recevoir dix mille personnes de plus chaque année. Sauf qu'il n'y a pas assez de logements et que les travailleurs doivent parcourir de plus en plus de route pour rejoindre leur lieu de travail. Tombent quelques flocons, une petite glissade sur l'autoroute et des heures d'attente. Quelles conséquences pour l'économie ?
Les trains ne fonctionnent pas mieux dès qu'il fait froid. Comme s'il n'avait jamais fait froid en Suisse. Comment expliquer que le train 2012 ne puisse pas circuler en raison de la glace alors qu'ils ont circulé une centaine d'années sans problèmes dans ces conditions ? Postulat de Géo...

Écrit par : Géo | 13 décembre 2012

On devrait peut-être se demander si les trains sont vraiment une bonne idée. Leur déploiement a eu lieu à une époque où les voitures, bus et autres n'existaient pas. Poser des rails pour faire circuler des véhicules lourds qui ne vont que d'un point fixe à une autre point fixe a-t-il vraiment un sens surtout que cela coûte très cher et que partout les chemins de fer sont en déficit chronique (d'après S. Furfani, L'écologie au pays des merveilles, 2012) En Suisse les trains sont soit bondés ou quasiment vides. Evidemment cette remarque n'est pas du tout politiquement correcte.
(Samuele Furfani est dr en sciences appliquées et depuis trente ans fonctionnaire à la Direction générale de l'énergie à la Commission européenne)

Écrit par : Zendog | 13 décembre 2012

Les CFF devraient changer leurs horaires en juillet. Là, on verrait si les retards sont effectivement dus aux nouveaux horaires ou à d'autres "perturbations". De plus, avec les vacances, il y a moins de monde qui prend le train, cela gênerait donc moins de monde s'il y avait de gros soucis. Mais peut-être n'est-ce pas dans l'intérêt des CFF de faire ces changements en été.

Quant aux TP, personnellement, je m'en fous. Habitant une région quasiment pas desservie, je n'ai pas d'autre choix que la mobilité individuelle pour me rendre au travail.

Ce qui n'est pas le cas des écoliers du cercle scolaire du Flon, qui se rendaient au CO de Châtel-St-Denis (avant : bus de Porsel à Oron-la-Ville, changement de bus jusqu'à Palézieux-Gare puis train jusqu'à Chatel), qui se sont retrouvés abandonnés à la poste d'Oron car personne, de la direction du CO aux enseignants), n'était au courant qu'ils devraient dorénavant changer de TP à Oron-le-Chatel (train jusqu'à Palézieux-Gare puis Chatel) au lieu de la poste d'Oron-la-Ville. Et quid des abonnements conclus par les parents pour l'année ? Faudra-t-il qu'ils passent encore à la caisse à cause de ces changements de TP ?

Privatisez-moi tout ça qu'on aie enfin affaire à des gens compétents.

Écrit par : Pascal D | 13 décembre 2012

Ce jugement sur les CFF est un peu simple : ils assurent en même temps des lignes entre grandes villes (très bénéficiaires) et régionales (le contraire) - un mélange entre prestation "commerciale" et service public / social. Pas sûr que ces dernières lignes soient reprises par des privés !
Pour avoir pris plusieurs fois les trains "Thatcher" en Grande-Bretagne (infrastructure catastrophique, retards chroniques, prix plus élevés qu'en Suisse), je peux vous assurer qu'il ne faut surtout pas privatiser les CFF. D'ailleurs le gouvernement britannique est revenu partiellement en arrière, vu que l'infrastructure a été re-nationalisée. Le bilan "génial" de l'épisode "infrastructure privatisée" (état catastrophique du réseau que j'ai constaté moi-même, accidents) peut être consulté ici, et a d'ailleurs forcé ce retour dans le giron de l'Etat (l'article en anglais est plus détaillé) :
http://en.wikipedia.org/wiki/Railtrack
http://fr.wikipedia.org/wiki/Railtrack
Il en a naturellement résulté une nette amélioration de la sécurité… que S. Montabert attribue aux privés :-)
Aussi, il est difficile d'établir une concurrence en matière de rail, étant donné qu'on n'a typiquement pas 5 lignes en parallèle ; on est donc en présence, comme pour l'électricité et l'eau, d'un monopole naturel que le simple bon sens recommande de garder en mains publiques, tout comme ce même bon sens recommande de laisser la plupart de l'économie en mains privées.
Pour le reste, on peut toujours observer avec amusement le combat suranné entre idéologues marxistes acharnés et ultralibéraux…

Écrit par : zamm | 13 décembre 2012

prochain arrêt non pas Palézieux ,mais dans tous dans le mur

Écrit par : lovsmeralda | 13 décembre 2012

" je peux vous assurer qu'il ne faut surtout pas privatiser les CFF. D'ailleurs le gouvernement britannique est revenu partiellement en arrière, vu que l'infrastructure a été re-nationalisée. Le bilan "génial" de l'épisode "infrastructure privatisée" (état catastrophique du réseau que j'ai constaté moi-même, accidents) peut être consulté ici, et a d'ailleurs forcé ce retour dans le giron de l'Etat (l'article en anglais est plus détaillé) : "

C'est pas la privatisation qui a engendré des infrastructures catastrophiques. Ce sont les décennies de sous investissements publiques du rail britanniques avant sa privatisation.

" Aussi, il est difficile d'établir une concurrence en matière de rail, étant donné qu'on n'a typiquement pas 5 lignes en parallèle ; "

La concurrence peut se faire sur le même réseau ferré. C'est le choix de la compagnie pour tel ou tel transports. je crois que c'est déjà la cas avec le fret sur certains réseux ferré.

D.J

Écrit par : D.J | 13 décembre 2012

Je vois que le sujet suscite nombre de réactions!

@DdD: obnubilé par l'idée (fausse) que des salaires élevés ne peuvent être obtenu qu'à travers des prix élevés, vous omettez dans l'équation des éléments comme l'efficacité, l'adéquation aux besoins, la pertinence des choix, pour n'en citer que quelques-uns. Ne vous êtes-vous jamais dit que dans certaines entreprises il y a trois personnes payées à faire le boulot d'une seule? Ne pensez-vous pas que si les CFF avaient simplement amélioré le matériel roulant tout en gardant les arrêts prévalant jusqu'au 9 décembre 2012, personne ne se serait plaint de quoi que ce soit?

Vous n'avez pas l'air d'aimer Ryanair ou Easyjet. C'est votre choix, mais je conseillerai à mes enfants de choisir une société dynamique, en expansion, où la promotion interne est possible, à n'importe quelle autre où le salaire d'embauche est plus élevé (ce qui reste à prouver) et promise à une lente apathie jusqu'au rachat par un concurrent.

Quant au prix du sillon (la location des "tronçons de voie") il a effectivement augmenté, mais comme tout ceci reste dans le giron de la Confédération cela ne change pas grand-chose, c'est surtout un artifice comptable destiné à faire payer davantage d'autres usagers du réseau ferroviaire, comme les concurrents des CFF sur le secteur Fret (où différentes compagnies arrivent à faire circuler des trains sur un réseau ferroviaire unique sans que cela ne pose le moindre problème semble-t-il... Etonnant!)

@Crucol: je ne la connais pas non plus, mais rien qu'au vu de la récente polémique sur les navettes d'aéroport "illégales" (http://www.24heures.ch/suisse/taxis-genevois-valaisans-francais-menacent-bloquer-aeroport/story/31452417?track) je doute que vous ou moi puissions ouvrir sans autre une ligne de bus privée régulière Nyon-Yverdon, par exemple.

@Géo: votre postulat, observable dans la réalité, part du principe que les autorités sont bien intentionnées mais incompétentes. Cette interprétation est sans doute vraie mais pour une bonne partie d'entre elles il y a autre chose de plus sombre. Je ne peux que vous conseiller de lire Ayn Rand pendant les fêtes.

@Zendog: la notion même de train est discutable, en effet, sur de nombreux trajets. Encore faut-il que la législation sur les transports soit assez souple pour laisser des alternatives s'installer. Quant à retirer tous les trains, je n'y crois pas: je suppose que sur certains trajets particuliers (la liaison passager de centre-ville à centre-ville sur certaines distances par exemple) ce mode de transport peut être compétitif. Il ne s'agit pas de tout arrêter non plus. L'idéal serait que le marché décide, et non pas des bureaucrates avec les impôts de tout un chacun.

@Pascal D: Faire le changement d'horaire en juillet, quand tout le monde est en vacances? Vous n'y pensez pas! Non, pour un vrai désastre il faut tester en grandeur réelle aux heures de pointe, si possible lors des pires conditions météo... :)

@Zamm: Et si les lignes régionales étaient avantageusement remplacées par des lignes de bus? Plutôt que de faire circuler des trains régionaux à vide, qui pèsent des tonnes, coûtent un bras et ne passent que quelques fois par jour? Toutes les liaisons ne font pas sens. S'il y avait (encore) une compagnie aérienne nationale, peut-être militeriez-vous pour exiger votre vol quotidien entre Yverdon et Genève?
Quant à vos trains britanniques si chers, je vous rappelle qu'en Suisse vous payez pour le train avec vos impôts même quand vous n'y mettez jamais les pieds, ce qui fausse la comparaison, et quoi qu'on en dise ils souffrent de moins d'accident qu'en France, qui reste le degré zéro de la libéralisation. Reste plein de possibilités inexplorées, comme l'exploitation de lignes par des compagnies différentes sur un réseau commun, de la délégation de service public à des entreprises privées, etc. Et comme le fait remarquer D.J, la concurrence ferroviaire existe déjà sur des secteurs comme le Fret - raison pour laquelle les CFF, qui sont mauvais, y perdent tant d'argent, et épongent ces pertes en pressurant les clients qu'ils exploitent avec leur monopole sur le transport passager.

C'est-à-dire qu'un monopole public sert à payer une entreprise privée. La collectivisation des pertes et la privatisation des bénéfices, cela vous dit quelque chose?

Écrit par : Stéphane Montabert | 14 décembre 2012

@Stephane

" obnubilé par l'idée (fausse) que des salaires élevés ne peuvent être obtenu qu'à travers des prix élevés, vous omettez dans l'équation des éléments comme l'efficacité, "

Cela peut-être faux dans certains cas, mais c'est pas avec des prix super bas en raclant sur tous les couts que l'on peut donner de bon salaire nonj plus... Dans ces compagnies seul certain cor de métier s'autoproclame sufisement important pour s'octracer de bon salaire... Ce sont des entreprise irrespectueuses des gens. En dans la culture de la Suisse qui est quand même le respect des gens, des patron et des employés, ce genre d'entreprise ne font que réduire la qualité de vie professionel des gens.
De plus, les salaires plus élevé se trouve dans les comagnie des prix élevé. Les mécano, les vendeurs, les secretaire sont mieux payé chez porsche que chez peugeot...

"Ne pensez-vous pas que si les CFF avaient simplement amélioré le matériel roulant tout en gardant les arrêts prévalant jusqu'au 9 décembre 2012, personne ne se serait plaint de quoi que ce soit?"

Mais un moment il faut savoir ce que l'on veut. On peut pas tout mettre sur des lignes à deux voie. Un moment il y'a des choix a prendre selon la stratégie que l'on adopte.

Les CFF doivent aussi s'adapter aux choix des villes qui ne sont absolument pas objectives en matière de transport.

"C'est votre choix, mais je conseillerai à mes enfants de choisir une société dynamique, en expansion, où la promotion interne est possible"

Oui en sommes pas cher Easyjet ou chez Ryanair non plus en sommes...
Vous oubliez quelque chose d'important. C'est l'investissement dans la formation. Des entreprise esyjet ou Rayan se limitent à la formation minimal afin de ne pas être emmerdé ni par la sécurité ni par les lois mais faut pas faire plus...



"C'est-à-dire qu'un monopole public sert à payer une entreprise privée. La collectivisation des pertes et la privatisation des bénéfices, cela vous dit quelque chose?"

Mais au moins les bénéfices restent en Suisse et l'impôts sur les bénéfices retourne en partie à l'Etat. Et vous m'excuserez mais de grosses entreprises privée font exactement la même chose. Certaine ont meme des forfait fiscaux! Ce que les CFF n'ont pas...

Alors c'est facile de pleurnicher quand il faut payer mais personne ne pleurniche quand on reçoit de l'argent.

Concernant les dates du 9 décembre c'est peut-.être pas le moment le plus judicieux au vu comme ca mais il y'a peut-être des raisons que vous ignorez (encore une fois, les CFF n'ont pas à faire les frais de l'ignorance des gens). Ils ont aussi des calendrier à tenir comme les entreprise privées.

Écrit par : DdD | 14 décembre 2012

D'ailleurs je tiens à rappeler une chose... La réputation du respect des horaire des trains suisses dans le monde, ne s'est pas fait sous l'ère de la privatisation....

Écrit par : DdD | 14 décembre 2012

c'est aussi en clin d'oeil à l'égard des transports Friderici dont certains coups de gueule du principal actionnaire sont encore dans les mémoires

Écrit par : lovsmeralda | 14 décembre 2012

@DdD: non sequitur. Vous rappelez simplement qu'à une époque (révolue) les trains suisses étaient ponctuels sous un régime public.
- on ne saurait dire si avant la nationalisation massive de 1902 les trains, alors en mains privées, étaient ponctuels ou pas;
- on ne saurait dire si des trains en mains privées pendant le XXe siècle auraient été ponctuels ou pas;
- on ne saurait attribuer la ponctualité des trains au caractère public de leur gestion, vu que 1) ce n'est largement plus vrai de nos jours, alors que nous sommes toujours en régime public et que 2) dans la plupart des pays du monde en régime public la ponctualité des trains est catastrophique et l'a toujours été.

Je pense qu'il faut plutôt chercher l'explication par le côté culturel suisse de l'amour du travail bien fait, notion peu à peu tombée en désuétude. :(

Je ne me prononcerai pas sur la ponctualité des trains en mains privées, les exemples de telles compagnies étant fort rare de part le monde. Le fait est que face au mécontentement dû à un retard sur une compagnie privée, un client bénéficie soit d'alternatives auprès de la concurrence (puisqu'on est sur un marché ouvert) soit de compensations réelles, que n'accordera jamais un Etat aux victimes de son monopole chéri.

Ici, on a droit à une voix enregistrée nous priant d'accepter des excuses pour le retard. Pas sûr que cela console beaucoup ceux qui ont raté une correspondance ou un avion.

Écrit par : Stéphane Montabert | 14 décembre 2012

@Stephane

"rappelez simplement qu'à une époque (révolue) les trains suisses étaient ponctuels sous un régime public."

Effectivment je suis d'accord pour la suite mais ca n'emêpche pas que sous le control publique les train suisse étaient à l'heure. Et remettre en question les défit qui ont été relevé à cette période là par les CFF et pas très fair play.

"Je pense qu'il faut plutôt chercher l'explication par le côté culturel suisse de l'amour du travail bien fait, notion peu à peu tombée en désuétude. :("

Parfaitement d'accord avec vous de ce côté là et c'est normal, ce qui démontre que le fait que la qualité d'une ne dépends pas du fait qu'elle soit privée ou publique.

On peut donc dire, que prétendre que les CFF irait mieux mieux s'ils étaient privatisé est une idée qui n'a aucun sens. Puisque comme vous le dite "on ne saurait dire si en Suisse privatisé les chemins de fer serait une bonne solution"... Il ne suffit pas de croire pour que cela soit vrai.


Cependant c'est un peu normal que les chose change, puisque l'on est amenée à acceuillir plein de culture dont l'amour du travail n'était pas celle des suisses. Il ne suffit pas d'arriver en Suisse pour avoir tout à coup, l'amour du travail. C'est un concepete qui a été purement détruit par tout le monde, noteamment par des manager étrangers qui croyaient qu'il suffisait d'apppliquer les méthodes de leur pays (dont on connait le résultat pour certains) en croyant que les suisses allaient continuer à garder "leur méthode de l'amour du travail".


"Le fait est que face au mécontentement dû à un retard sur une compagnie privée, un client bénéficie soit d'alternatives auprès de la concurrence (puisqu'on est sur un marché ouvert) soit de compensations réelles, que n'accordera jamais un Etat aux victimes de son monopole chéri."

Ce problème peuvent être largement régler autrement qu'avec la privatisation. A quoi servira d'avoir des billet moins cher si les salire le seront moins? Car à l'inverse de ce que vous dites, avec les compagnie privée, seule les métiers "privilégier" se trouvent mieux payer. Les restes les "sots" métiers sont au contraire devenu miséreux.

Parce que certains qui ont fait quelques études se pensent plus indispensable que les autres. Il suffit de voir le nombre d'entreprise de services spécialisée qui font de la lèche aux entreprises pour avoir des contrats et qui appauvrissent les gens.

"Ici, on a droit à une voix enregistrée nous priant d'accepter des excuses pour le retard. Pas sûr que cela console beaucoup ceux qui ont raté une correspondance ou un avion."

C'est toujours mieux que Rien, EasyJet et RyanAir ne vous laissent aucun message et encore moins des excuses ou des explications.

"ue n'accordera jamais un Etat aux victimes de son monopole chéri."

Je préfère encore une entreprise publique qui malgré toute les problématiques politique auquel est confrontée (C'est ca aussi la démocratie), arrivent quand même à trouver des solutions. qu'à une entreprise privatisée qui profitent des acquis des autres pour faire du ménage, donnant l'illusion à moyen terme de résoudre des problèmes mais qui ne réglera aucun problème économique et causeras des domages à long terme.

Écrit par : DdD | 14 décembre 2012

@DdD: ne mélangeons pas tout. Retards et changements d'horaire sont deux choses différentes.

Aujourd'hui les gens pestent moins contre les retards que contre les suppressions de trains et les changements de desserte. Incompréhensible et suscitant de vives critiques, l'horaire 2013 donne surtout l'impression d'avoir été pondu par une équipe de bureaucrates ne prenant jamais le train, ou alors uniquement entre les grands centres, qui sont les seuls à être mieux desservis par le nouvel horaire.

Vous avez l'air de considérer que les CFF sont ce qu'il y a de mieux pour la Suisse. Vous êtes donc dans la droite ligne de la conclusion de ce billet. Appréciez donc les épreuves que l'usage des trains inflige arbitrairement à votre quotidien, observez les gâchis du coin de l'oeil, subissez chaque année des augmentations de prix calquées sur celles de l'assurance-maladie, et dans quelques années, quand même vous en aurez marre, peut-être réviserez-vous votre point de vue sur le caractère "optimal" de ce service public.

Écrit par : Stéphane Montabert | 14 décembre 2012

"La réputation du respect des horaire des trains suisses"
Sans blague, DdD, quand avez-vous pris le train pour la dernière fois ? Ou plutôt, est-ce que vous avez jamais pris le train en Suisse ? Je peux affirmer qu'il n'y a aujourd'hui pas un seul train en Suisse qui arrive ou part à l'heure.
Et qu'il n'existe nulle part au monde un personnel aussi peu au service des usagers que le personnel des trains suisses. Vraiment un ramassis d'antipathiques. L'URSS sous Brejnev, c'étaient des GO à côté.

DdD, il me semble que depuis que je vous lis, vous défendez le droit des gens de rouler dans les plus gros 4x4 imaginables, de manière à brûler le plus de carburant possible. (D'où mes doutes sur vos connaissances des CFF). J'ai repéré à la désosse de Dorénaz un char Centurion. Cela vous conviendrait très bien, et au moins vous seriez sûr de bien faire chier les écolos : cela brûle 1000 litres au cent...

Écrit par : Géo | 14 décembre 2012

Encore une fois : Thatcher n'a PAS privatisé les trains britanniques. Elle a REFUSE de le faire. Cela s'est fait après elle, sous le gouvernement de John Major. Et ce ne fut pas une vraie privatisation, mais une usine à gaz public / privé.

Les anti-libéraux qui adorent taper sur Margaret Thatcher ne remarquent jamais qu'elle a refusé de privatiser la plus grande institution communiste britannique, le National Health Service, qui reste à ce jour entre les mains de l'Etat.

Avec les résultats déplorables qui en découlent : taux effrayant de maladies nosocomiales qui pourraient être évitées si les infirmières se lavaient correctement les mains, vieillards abandonnés qui meurent (littéralement) de faim et de soif.

Écrit par : Robert Marchenoir | 14 décembre 2012

S.Montabert@ Petite illustration d'un célèbre principe (!): "A l'époque, on pouvait y aller au pic, mais actuellement, un boggie est un concentré d'électronique et d'hydraulique". A lire dans Le matin dimanche, l'article "la glace détruit les trains". Maintenant, il faut TROIS heures au karcher PAR BOGGIE pour le nettoyer. (Bref, l'énergie dépensée pour le karcher suffirait à faire rouler cent voitures...)
Nous y voilà. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Sauf que les complications, cela a des conséquences. Quand le vol SR 111 a pris feu, il y a eu un mécanicien de maintenance qui a rapidement parlé de l'installation d'un jeu vidéo pour chaque passager de business class et première. Il s'est fait tout de suite tapé très fort sur les doigts, mais tout le monde sait qu'il avait raison.

Dans le cas des CFF, il s'agit bel et bien d'un quarteron d'ingénieurs qui veulent améliorer sans voir toutes les conséquences. C'est raté, mais on a échappé au pire. Personne n'a été tué par la caillasse des ballasts projetée à 25 m/s...

Écrit par : Géo | 16 décembre 2012

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