17 décembre 2012

Depardieu répond du berger à la bergère

belgique,gérard depardieu,fiscalitéMinable, vous avez dit "minable"? Comme c’est minable.

C'est en ces termes que Gérard Depardieu, guère connu pour garder sa langue dans sa poche, a choisi de répliquer à Jean-Marc Ayrault, Premier ministre de François Hollande, qui avait sur un plateau de télévision jugé "assez minable" le départ de l'acteur pour la Belgique, vraisemblablement pour des raisons fiscales. Triste affaire, car il est évident que Gérard Depardieu aime la France et qu'il la quitte à regrets.

Mais il n'est de loin pas le premier à agir ainsi.

Gérard Depardieu n'a strictement rien fait d'illégal. Il a prévu de s'installer dans le village de Néchin, à un kilomètre de la France. Difficile de se livrer à un "exil" plus modeste, même si le symbole n'en paraît que plus fort. Ce faisant, M. Depardieu n'a fait qu'appliquer les principes d'ouverture propres à l'Union Européenne - ouverture largement souhaitée par la France socialiste comme le rappelle Causeur:

[Gérard Depardieu] applique à la lettre l’Acte unique européen qui prévoit la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes.

Qui a négocié et mis en place cet Acte unique? Le gouvernement alors dirigé par Laurent Fabius. Qui a négocié le traité de Maastricht? Qui a entériné toutes les négociations du Gatt (la future Organisation Mondiale du Commerce) prévoyant l’ouverture intégrale des frontières? Qui a appelé à voter oui au traité constitutionnel européen? Qui a soutenu le traité de Lisbonne? Qui soutient et négocie le mécanisme européen de stabilité prévoyant de transférer à Bruxelles le contrôle du budget français, donc des impôts? De Delors à Lamy, de Mitterrand à Hollande, des socialistes, des socialistes, toujours des socialistes.

 

Sur quelles bases les socialistes peuvent-ils critiquer un homme utilisant des moyens qu'ils ont largement contribués à mettre à sa disposition? A en croire leur attitude, ces libertés ne seraient qu'une forme de décorum. Qu'un illustre Français ait l'audace de jouir de sa liberté, la levée de boucliers est immédiate!

Dans sa lettre courte et incisive, Gérard Depardieu rappelle quelques vérités crues:

J'ai commencé à travailler à l’âge de 14 ans comme imprimeur, comme manutentionnaire puis comme artiste dramatique. J’ai toujours payé mes taxes et impôts quel qu’en soit le taux sous tous les gouvernements en place. À aucun moment, je n’ai failli à mes devoirs. (...) Je pars, après avoir payé, en 2012, 85% d’impôt sur mes revenus. (...)

Je n’ai jamais tué personne, je ne pense pas avoir démérité, j’ai payé 145 millions d’euros d’impôts en quarante-cinq ans, je fais travailler 80 personnes dans des entreprises qui ont été créées pour eux et qui sont gérées par eux.

(...) Malgré mes excès, mon appétit et mon amour de la vie, je suis un être libre, Monsieur, et je vais rester poli.

 

Gérard Depardieu est-il réellement l'être libre qu'il affirme être? Selon plusieurs hommes politiques français de tous bords, on pourrait en douter. Bien que s'étant acquitté de ses impôts année après année, l'acteur français resterait une sorte de "débiteur éternel" du pays où il a accompli sa carrière.

S'être enrichi en France est un péché. Les sommes versées année après année ne suffisent jamais. Il faut expier, jusqu'à la mort.

Ensuite, on applique les droits de succession.

La Belgique, devenue attractive par défaut, clame qu'elle n'y est pour rien. Elle n'offre effectivement aucune incitation à venir s'installer, sauf à se distinguer d'une France ressemblant de plus en plus à un enfer de prélèvements obligatoires et de taxes. En matière fiscale, comme le dit un internaute plein de sagesse, on ne peut pas parler d'évasion sans accepter l'existence, en premier lieu, d'une prison.

La France perd ses fortunes - et ses entrepreneurs - parce que le monde devient comparativement plus attractif. Avec la fine équipe aux commandes du pays, le mouvement n'est pas près de s'inverser. Pourtant, les socialistes français peuvent changer d'avis, on en a même une preuve: il suffit de voir leur revirement complet sur le nationalisme.

belgique,gérard depardieu,fiscalitéPour un socialiste, normalement, rien de plus désuet que le patriotisme, rien de plus haïssable que le nationalisme. Demandez-leur autour de vous: le drapeau, l'amour du pays, toutes ces reliques surannées teintées d'heures sombres leur donnent des nausées. Mais que la crise survienne et patatras!, les valeurs ignobles d'hier deviennent les vertus montantes de demain.

Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, appelle à acheter français, payant de sa personne jusque sur une couverture de magazine.

Jean-Marc Ayrault, premier ministre, en appelle à "l'esprit de patriotisme" et à la "solidarité citoyenne" en matière d'impôt.

François Hollande quant à lui "[salue] le mérite de ceux qui ont certes beaucoup mais qui acceptent de payer leurs impôts en France, de produire en France, de faire travailler en France et de servir leur pays."

Voilà des discours qu'on n'aurait pas manqué de pointer du doigt s'ils avaient été prononcés dans un autre parti. Mais qu'il s'agisse de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat et la patrie c'est cool, la préférence nationale c'est hype, et ce sont des socialistes qui nous le disent!

L'opération de séduction a tourné court. Selon un sondage en ligne du Figaro où plus de 100'000 votants se sont donnés la peine d'exprimer leur point de vue, les Français approuvent à 80% la colère de Gérard Depardieu. Ils soutiennent largement son ras-le-bol. Nombre d'entre eux, dans la même situation, choisiraient probablement l'exil. Rares pourtant sont les gens en France à pouvoir se permettre de déménager à l'étranger, même à Néchin, à un kilomètre de la frontière française.

Car l'affaire Depardieu nous rappelle que seuls ceux qui disposent de ressources conséquentes, les gens vraiment riches, sont réellement mobiles et ont les moyens de se défendre. La classe moyenne n'a pas ces atouts. On peut reprocher son départ à l'acteur français, mais à moins de transformer la France en camp d'internement à ciel ouvert (ce qui se discute peut-être dans certains cercles) sa liberté lui appartient. Quand M. Depardieu ne versera plus ses millions d'euros annuels au fisc français, pensez-vous que l'Etat du même nom réduira son train de vie d'autant, ou qu'il reportera la charge fiscale sur les suivants dans la liste?

Le départ d'un riche contribuable est toujours une catastrophe pour son pays d'origine. Pareil événement invite à l'introspection, pas à des critiques de bas étage.

La Suisse mériterait elle aussi de se regarder dans un miroir. Elle n'a apparemment jamais été sérieusement prise en compte par le bouillant acteur français lorsqu'il étudiait ses divers points de chute. Fière du sabotage continu de ses avantages, elle peut désormais se targuer de ne plus être aussi séduisante que la Belgique, le Luxembourg ou même... le Portugal. Bel autogoal de l'Helvétie, fruit d'un long travail de sape en interne. L'objectif de médiocrité est atteint.

Gérard Depardieu ne voulait probablement pas plus aller en Suisse qu'en Belgique, en Angleterre ou à Monaco. Il souhaitait surtout quitter la France. Quand quelqu'un en arrive à vouloir changer de pays pour des raisons fiscales, il devient pratiquement impossible de le retenir. Diminuer l'attractivité d'un pays ne fera pas renoncer les riches étrangers à s'exiler: ils choisiront juste d'autres destinations.

Il serait bon que les socialistes, suisses cette fois-ci, parviennent à le comprendre.

Commentaires

Excellent papier avec lequel je ne peux qu'être d'accord. A méditer aussi votre conclusion sur la Suisse dont on dirait qu'elle s'acharne à vouloir lâcher ce qu'elle tient encore.

Écrit par : Zendog | 18 décembre 2012

"la Suisse dont on dirait qu'elle s'acharne à vouloir lâcher ce qu'elle tient encore."
La Suisse est de plus en plus socialiste. Elle est de plus en plus socialiste parce que de nombreux étrangers de pays du sud obtiennent la nationalité suisse. Ces gens votent pour le parti qui leur offre le plus d'avantages. Ada Marra et Salerno se battent pour les Italiens en Suisse, Iris Jimenez à la télévision, Nuria Gurrite au CE vaudois pour les Espagnols. Béatrice Mettraux, syndicaliste française tendance dure est aussi au CE vaudois.
Un jeune député genevois, Diego Esteban, nous explique dans son blog TdG à quel point le peuple suisse le dégoûte depuis qu'il a refusé l'érection de minarets...
Antonio Hodgers, dont le père révolutionnaire d'extrême-gauche a été éliminé par la junte argentine avant que celui-ci et ses camarades ne transforment l'Argentine en nouveau Kampuchéa démocratique, vient nous faire la morale sur notre façon d'accueillir les étrangers alors qu'il se trouve précisément chez nous. Avons-nous eu raison de les accueillir, lui et sa mère ? Poser la question, c'est y répondre. Pour qu'il nous crache à la gueule 20 ans plus tard...
On pourrait allonger la liste pendant des heures. Et on devrait se gêner de recevoir les riches fuyant des pays tenus par des partis dont le seul programme est de les détrousser...

Écrit par : Géo | 18 décembre 2012

Il m'est arrivé la même chose, pas pour des raisons fiscales, mais pour des raisons professionnelles plus quelques autres. Je me suis dit, terminé, je ne veux plus travailler dans une entreprise en France et je suis parti.

Écrit par : pli | 18 décembre 2012

"les Français approuvent à 80% la colère de Gérard Depardieu". Franchement, cela m'étonnerait. Il y a une véritable vague de haine qui est développée par toutes les chaînes françaises contre Depardieu. Les Français ont toujours été hyper-nationalistes chauvins, toujours à la limite de l'hystérie patriotarde et cocardière, et là cela déborde. En fait, même la droite ou plutôt ce qui en tient lieu, l'Union des Malades Périclitants, est plutôt contre ce geste de Haute Trahison. Tout le monde applaudit la déclaration d'un histrion de bazar, Torreton, qui dégueule sur GD. Un député socialiste ou disons les choses ouvertement, national-socialiste, de Charente veut confisquer les biens de GD. Au nom de quelles lois, on ne voit pas très bien mais cela n'a plus l'air d'avoir de l'importance...

Écrit par : Géo | 18 décembre 2012

@Géo: ne commettez pas l'erreur de confondre la France et sa population, avec le microcosme parisien qui donne le ton dans les rédactions des journaux et de la télévision.

Entre l'hystérie anti-Gérard Depardieu et les pro-Depardieu pensant qu'il a bien fait, la balance penche nettement en faveur des seconds. On le voit tout de suite lorsque les gens peuvent réellement s'exprimer (sondages en lignes, facebook, ou simplement les commentaires dans les articles relatant l'affaire.) et tant pis pour les éditorialistes acoquinés avec les ministres, à moins que ce ne soit le contraire.

Sinon, pour la route, une énumération de gens trouvant l'herbe plus verte ailleurs qu'en France:
http://extremecentre.org/2012/12/18/les-enfoires-chantent-je-suis-venu-te-dire-que-je-men-vais/

Ca fait une bonne petite liste, quand même.

Écrit par : Stéphane Montabert | 18 décembre 2012

@ Géo,

" "les Français approuvent à 80% la colère de Gérard Depardieu". Franchement, cela m'étonnerait "

ça dépend cher Géo. C'est même probablement plus du 80% des français qui ont qui ont fait comme lui qui approuvent. Une chose est sûr. C'est vu les réactions négatives suite à son exile, Gégé à finalement raison des les envoyer tous bouler.

D.J

Écrit par : D.J | 18 décembre 2012

La possession de l'argent est-elle immorale ?

La fortune est-elle immorale ? Là est la question !

Dans la culture anglo-saxonne empreinte de libéralisme, il n'est pas immoral d'être riche. La condition est que les plus fortunés fassent œuvre charitable au travers de fondations ou de dons à de bonnes œuvres (la fondation Bill Gates, ou l'appel de divers milliardaires des USA à plus de justice fiscale).

Les pays nordiques comme la Norvège, la Suède, la Finlande, les Pays-Bas, le Danemark tout comme l’Allemagne ou la France font confiance à l’Etat pour une répartition plus égalitaires des richesses, celui-ci a pour devoir de ne laisser personnes sombrer pendant qu’une petite minorité profite de se goinfrer et ne rien partager.

En France Coluche avec ses Restos du Cœur nous donnait l’image de la personne riche et solidaire, respectueuse des plus démunis auquel il est grandement venu en aide ; cette approche est à mille lieues des idéologies libérales et d’extrême-droite, en France défendue par ce qui reste de l’UMP et par le Front National, en Suisse par le PLR et PDC et par le SVP/UDC. Dans le cas exemplaire de Coluche, qui s'aviserait de dire que sa fortune est immorale, d'autant plus qu'il n'a jamais émigré fiscalement.

Il faut souligner que bien d'autres personnes existent moins connues, mais bien réels ; celles-ci aident leurs prochains et ne se réfugient pas dans des réserves de riches afin de se goinfrer de leurs privilèges sans être déranger par la vue de ces pauvres qui ne souffrent même pas en silence.

C’est ici que la citation de l’archevêque Helder Pessoa Camâra, Dom Helder, prend toute sa signification : « Quand je nourris les pauvres, on dit que je suis un Saint ; quand je demande pourquoi les pauvres n’ont pas de quoi se nourrir on me traite de Communiste. »

C’est là que l’impôt prend toute son envergure, il permet le gommage de la misère et le progrès vers le haut en donnant plus à ce qui ont moins tout en empêchant la création de castes « supérieures » pour qui tout est dû sans le moindre effort.

L’exemple de la France des Lumières, de la France de la Révolution reste vivace, il continue d’exister au travers de la solidarité, aujourd’hui celle-ci s'exprime par l'acceptation de l'impôt car il est le ciment de la cohésion et de la solidarité nationale. Des exemples existent : Sardou, Ruquier, ils assument leur fortune et acceptent de payer l'impôt au nom de cette solidarité nationale ; d’autres plus discrets comme de grands d'industriels tels Michelin font de même.

Ces comportements empreints d'une culture altruiste, social, pour ne pas dire socialiste et citoyenne sont partagés par un nombre beaucoup plus importants que ce que l'on croit ; ces personnes dont la réussite n'a pas étouffée les valeurs morales et qui accepte de payer l’impôt selon leurs moyens pour le plus grand bien toutes admettent et comprennent que l’Etat est le garant et le régulateur social au service de la collectivité. Il agit pour le plus grand nombre dans le but de garantir la dignité de toutes et tous.

Cela rend d'autant plus détestable les attitudes « minables » des Depardieu, Halliday et autres stars du show bizz, du sport, de la finance ; ces lâches aux fortunes scandaleuses qui se réfugient dans des petits « paradis » égoïstes taillés sur mesure afin de satisfaire et de combler leurs avidité, leurs cupidités, leurs immoralités.

Écrit par : J.R. Ewing | 20 décembre 2012

"La fortune est-elle immorale ? Là est la question !"

Et la réponse est: ça dépend.

Si la fortune a été acquise par le commerce, c'est-à-dire un bénéfice acquis à travers la satisfaction des besoins d'autrui, à travers des transactions librement consenties, alors la fortune est hautement morale. C'est le cas de celle de M. Depardieu car, si je ne m'abuse, personne n'a forcé les spectateurs à contribuer à ses succès, non?

La fortune immorale est celle qui est acquise à travers le monopole, la coercition, la dîme étatique: c'est le cas de celle des hauts fonctionnaires, animateurs sociaux payés par des prélèvements obligatoires et autres importateurs exclusifs se gavant sur une logique protectionniste (la liste n'est pas exhaustive). Point n'est besoin que la fortune soit grande pour qu'elle soit immorale.

L'impôt ne permet ni gommage des inégalités ni de tirer la population vers le haut, bien au contraire. Personne ne s'est jamais enrichi à travers l'aumône. De même, pénaliser la création de richesse à travers une fiscalité punitive, et lobotomiser les couches populaires sous des programmes sociaux qui finissent par les démotiver à simplement chercher du travail, puisqu'ils gagnent pratiquement autant sans avoir rien à faire, n'est pas rendre service à la société dans son ensemble. L'Europe se meurt d'avoir poussé cette logique de redistribution trop loin. Il n'y a plus de richesse à hypothéquer, même dans le futur à travers des emprunts.

Il n'y a notion ni de « justice » ni de « récompense » dans l’impôt. Justice et récompense (donc moralité) n’ont rien à voir avec l’impôt. Celui-ci est prélevé pour participer aux dépenses indispensables de l’Etat. Introduire des notions de moralité dans l’impôt est du constructivisme pur et simple. Si quelqu’un est capable de définir la « justice sociale », je suis preneur.

La "solidarité obligatoire" d'Etat est un oxymore, comme l'eau sèche. Elle n'existe pas. La seule solidarité authentique est celle des individus.

Écrit par : Stéphane Montabert | 20 décembre 2012

Et la question est le taux de cet impôt. A 85 %, ce n'est plus de l'impôt, c'est du détroussage. A un taux normal, il serait resté. Trop d'impôt tue l'impôt, et on le répète depuis des générations...

Écrit par : Géo | 20 décembre 2012

@ JR,

Cela fait bien longtemps que la France impose toujours plus non pas pour garantir une répartition plus égalitaires des richesses, celui-ci a pour devoir de ne laisser personnes sombrer comme vous le dite; mais impose pour continuer à financer son gaspillage. Financer un surreffectif de fonctionnaires, financer pour garantir les régimes spéciaux ( ou plutôt privilèges des petits planqués ) des agents de la RATP et SNCF et leur grève à répétition, financer à coup de centaines de millions des hôpitaux qui tournent à vide, des milliards qui sont parti en fumée pour la politique des banlieues, financement des 35 heures, financement d'emplois jeune sans aucune valeur marchande etc...

Son plus gros budget sert à payer uniquement les intérêts de sa dette qui enfle de jour en jour pour financer toutes ces conneries de puits sans fond.

payer ses impôts en France par soucis de solidarité c'est comme quand on dit que " bon rime avec con "

D.J

Écrit par : D.J | 21 décembre 2012

( ou plutôt privilèges des petits planqués )
Quand Nestlé a racheté Perrier, ils sont tombés sur l'horreur économique syndicaliste française. Toute la ville, pas seulement les sources, étaient sous la coupe d'apparatchiks cégétistes staliniens (ou fascistes rouges, comme vous voulez). Des immeubles à eux, une armée de syndicalistes avec gros salaires avec strictement rien à foutre de la journée, c'est pour payer cela qu'il faut vider les poches des salauds de riches...

Écrit par : Géo | 21 décembre 2012

@ Géo

Si c'était tellement horrible de racheter Perrier, Nestlé aurait mieux fait de s'en abstenir...
En effet pourquoi aller dans ce bourbier…

Un peu facile et surtout grotesque cette façon de cracher sur des employés d'une société rayonnant dans le monde entier en l'affabulant de tout ce que vous haïssait...

La projection de vos fantasmes et de loin pas la réalité, sinon Nestlé aurait laissé tomber.

Écrit par : Un Suisse | 22 décembre 2012

Voilà qui ne remonte pas le moral en cette fin d'année. Oui, je sais, il n'était déjà pas très haut, le mien non plus. Merci quand même à tous ceux qui se sont donnés la peine de rappeler quelques réalités.

Écrit par : Mère-Grand | 22 décembre 2012

Un Suisse@ Si Perrier est toujours dans le giron de Nestlé, c'est que Nestlé a réussi à faire le ménage. Et cette manière de détourner les luttes ouvrières au profit des apparatchiks est aussi combattue à l'intérieur du mouvement ouvrier...
En fait, dans l'ingénierie sociale comme partout ailleurs, quand il y a action, il y a réaction. Et aucune de nos actions ne présentent pas un aspect positif et un aspect négatif. A partir de là, il suffit de soupeser...

Écrit par : Géo | 22 décembre 2012

Faisons les comptes:

Contre on a Sardou et Line Renaud... tiens tiens, ils ne sont pourtant pas de gauche ceux là... et pour le gros Gégé on a Deneuve et le pseudo-comique Gad Elmaleh.... Il manque encore les exilés fiscaux Delon et Aznavour qui se sont barrés depuis longtemps et ne sont jamais revenus; et ceci malgré les cadeaux fiscaux du petit agité de Neuilly.

Écrit par : J.R. Ewing | 22 décembre 2012

Vous avez oublié de visiter le lien de S.Montabert du 18...
Cela dit, la politique de Sarko était exactement identique. Et c'était lui qui voulait introduire les impôts liés à la nationalité et non à la résidence. Son homme de paille Eric Woerth est venu taper les Français de Genève pour financer la campagne de Sarko, et juste après ils se sont arrangé pour attaquer ces mêmes soutiens en Suisse...
Mais tout cela finira comme cela doit finir, et ce ne sera pas en chansons...

Écrit par : Géo | 23 décembre 2012

"L’exemple de la France des Lumières, de la France de la Révolution reste vivace, il continue d’exister au travers de la solidarité, aujourd’hui celle-ci s'exprime par l'acceptation de l'impôt car il est le ciment de la cohésion et de la solidarité nationale." (JR Ewing)

Vous travestissez la réalité. Vous réécrivez l'histoire à la sauce communiste. La Révolution française, comme, d'ailleurs, la Révolution américaine, fut une révolte contre l'impôt. La gauche vit et prospère sur le mensonge. Plus c'est gros, moins elle a honte.

L'un des acquis les plus importants de 1789 fut le consentement à l'impôt. Autrement dit, l'impôt n'est légitime que si les citoyens sont d'accord pour le payer. Dans une république digne de ce nom, les citoyens se portent volontaires pour contribuer au fonctionnement de l'Etat, car ils jugent que le désagrément occasionné par cette dépense est inférieur aux bienfaits dont ils jouissent en contrepartie.

La France est tellement engluée dans le socialisme, qu'elle a totalement perdu de vue ce que ce principe signifie : le consentement à l'impôt, cela ne consiste pas accepter passivement n'importe quelle taxe décidée par les politiciens. Le consentement à l'impôt se mesure par le niveau au-delà duquel celui-ci devient inacceptable.

Dès lors que l'impôt est trop élevé, les citoyens estiment que les bienfaits retirés de l'existence de l'Etat ne compensent plus le sacrifice d'une partie des gains dus à leur travail, et leur consentement disparaît. En France (et ailleurs), nous avons clairement dépassé ce seuil depuis longtemps.

A partir du moment où la lutte contre la fraude fiscale devient plus qu'une activité marginale, et commence à exiger des moyens fortement coercitifs et privatifs de liberté, cela même est le signe que le consentement à l'impôt n'existe plus.

Votre verbiage, et celui de la quasi-totalité de la classe politique française, est basé sur la négation de la Déclaration des droits de l'homme de 1789 : l'impôt fait mal, les citoyens sont réticents à le payer, mais c'est pour leur bien, ils doivent se plier aux injonctions des fonctionnaires, des politiciens et de la gauche, car c'est dans "l'intérêt général".

C'est exactement CONTRE cette arrogante assertion que s'est faite la Révolution française.

Vous devriez vous méfier. Les Français ont coupé des têtes pour moins que ça.

La fameuse "redistribution" qui serait la vocation de l'impôt, selon la quasi-totalité de la classe politique française qui montre, ainsi, qu'elle est uniformément socialiste même quand elle se prétend "de droite", c'est la redistribution des revenus des citoyens en faveur des fonctionnaires.

Il est là, le sale petit secret de la prétendue "générosité" des gauchistes, dont la "solidarité" consiste essentiellement à dire: TU dois ME donner TON pognon, sinon je t'envoie la police.

Écrit par : Robert Marchenoir | 24 décembre 2012

"Si quelqu’un est capable de définir la « justice sociale », je suis preneur." (S. Montabert)

Oui, c'est très simple. La justice sociale, c'est le socialisme.

La justice consiste à dire : si un pauvre tue quelqu'un, il sera condamné à la même peine que si un riche tue quelqu'un.

La justice sociale consiste à dire : tout le monde doit gagner le même salaire, conduire la même voiture, avoir le même métier et habiter la même maison (et si ce n'est pas possible, il faut tout faire pour s'approcher de cet idéal).

Dans les deux cas, on utilise le mot de justice. Mais on voit bien qu'en réalité, la signification de ces deux concepts est aussi éloignée que si l'on parlait de justice pour le premier, et de schprountz social pour le second.

Afin de clarifier le débat, je propose donc qu'à l'avenir, les politiciens fassent l'éloge du schprountz social, inscrivent l'objectif du schprountz social dans leurs programmes électoraux, et cessent de parler de justice sociale. On gagnera en compréhension.

Et s'ils veulent être vraiment honnêtes et clarifier jusqu'au bout, ils diront qu'ils se revendiquent du socialisme.

Écrit par : Robert Marchenoir | 24 décembre 2012

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