23 décembre 2012

Arrêter le massacre

Les victimes de la tuerie de Sandy Hook à Newton n'étaient même pas encore enterrées que Barack Obama, opportunément la larme à l'oeil (en a-t-il jamais versé une pour les centaines de victimes collatérales d'attaques de drones en Afghanistan ou au Pakistan?) et épaulé par tout ce que l'Amérique compte de gauchistes, relançait le "débat" sur les armes.

usa,armes,manoeuvres politiquesLes guillemets sont de rigueur, car le président ne vise nullement à trouver des solutions. Les armes font partie du contrat social américain à travers le Deuxième Amendement et sont de ce fait hors de sa portée. En s'y attaquant à la marge, Barack Obama se livre simplement à une récupération aussi partisane que stérile d'un massacre d'enfants.

La vente ou le contrôle de la possession d'armes aurait-elle permis d'éviter la tuerie? Rien n'est moins sûr. Le meurtrier, Adam Lanza, vivait avec sa mère Nancy, tuée le matin même dans leur maison de Newton. Les armes retrouvées à l'école étaient toutes enregistrées au nom de cette dernière. Nancy Lanza avait parfaitement le droit et la stabilité d'esprit nécessaire à la possession d'armes à feu ; elle commis néanmoins l'erreur impardonnable de laisser armes et munitions à portée de son fils perturbé, sans les garder suffisamment sous clef, et paya vraisemblablement cette négligence de sa vie.

Les partisans du contrôle des armes (l'interdiction étant de toutes façons inatteignable, sauf à croire naïvement en la toute-puissance de l'Etat) clament que ce crime aurait pu être "évité" par des lois à la vente plus restrictives. Ils ne prennent même pas en compte les centaines de millions d'armes déjà en circulation sur le continent. Un individu assez fou pour massacrer des enfants par dizaines puis se donner la mort risque peu de renoncer face à une simple interdiction administrative. De plus, à partir du moment où les armes employées pour commettre un crime ont été dérobées à leur propriétaire légitime, les contraintes légales ne valent plus rien.

Les seules réponses techiquement appropriées sont celle suggérée par la NRA de mettre un policier armé dans chaque école, ou la variante rappelée de façon caustique par Ann Coulter: non pas interdire les armes, puisque c'est impossible, mais donner aux victimes potentielles le moyen de se défendre en généralisant le port d'armes cachées. L'avantage est double: dissuader les criminels potentiels de passer à l'acte, et mettre un terme aux agissements de ceux qui passent outre. La liste d'exemple amenée par la chroniqueuse pour valider l'efficacité de cette approche troublera les plus résolus, pour peu qu'ils aient l'esprit ouvert.

Bien sûr, l'idée de combattre les armes par les armes donnera des nausées à tous les bien-pensants de la Terre, incapables de voir la différence entre un revolver dans les mains d'un policier et un autre dans celles d'un assassin. Leur avis importe moins que celui des meurtriers de masse qui, eux, perçoivent franchement cette nuance. Quand Seung-Hui Cho tua 32 personnes et en blessa 17 autres à l'université de Virginia Tech, il savait qu'il serait tranquille pour quelques heures en s'attaquant à un campus fièrement proclamé "zone sans armes". Même chose pour Eric Harris et Dylan Klebold au lycée de Columbine ; même chose pour Adam Lanza et l'école de Sandy Hook ; même chose enfin pour le tristement célèbre Anders Breivik et son massacre perpétré sur l'île d'Utoya.

Mais rendre les tueries de masse plus difficiles n'est évidemment qu'une ébauche de solution. L'approche complémentaire consiste à se demander pourquoi elles surviennent. D'une part, d'autres populations ont largement autant d'armes de guerre en leur sein que les Etats-Unis, à commencer par la Suisse, sans que jamais pareille tragédie n'ait eu lieu. D'autre part, les meurtres de masse sont un phénomène récent alors que le Deuxième Amendement existe depuis plus de deux siècles. Il y a donc des facteurs restant à découvrir.

Pour Brendan O'Neill, la cause pourrait être l'absence de lien social et la recherche de célébrité instantanée et de revanche de l'ego, fut-ce à titre posthume:

Personne ne sait ce qui est passé dans la tête du tireur du Connecticut. Mais ce qui frappe dans son crime (...) est l'absence de tout code moral disant "qu'il n'est pas acceptable de violer une école" ou simplement "qu'il n'est pas acceptable de tirer dans la tête d'un enfant de six ans". Cette absence de restriction morale est quelque chose de nouveau et a plus à voir avec le culte actuel de la singularité, et le nihilisme individuel qu'il suscite, qu'un amendement vieux de 200 ans. (...)

Ces attaques ont en commun d'être, par beaucoup d'aspects, l'expression la plus extrême de narcissisme de notre époque, dans laquelle les obsessions personnelles sont constamment promues face à la norme sociale, et l'identité individuelle mise en avant face à la citoyenneté collective, donnant naissance à une atmosphère parfois volatile - à la fois en retirant des individus de tout lien social et en les imprégnant d'un puissant sentiment que tout leur est dû, où l'estime de soi écrase tout le reste, et dans laquelle la moindre entaille dans celle-ci devient un affront de la pire espèce.

Essayer d'expliquer les tueries de masse dans les écoles à travers l'existence des armes à feu est comme essayer d'expliquer le phénomène d'al-Qaeda à travers l'existence d'avions de ligne: le fétichisme sur les moyens techniques permet d'esquiver le débat sur les facteurs culturels. (...)

Depuis quelques années, une relation symbiotique déformée s'est développée entre les tueurs dans les écoles et les médias. [Les tireurs] ont commencé à faire leurs vidéos et à écrire des manifestes, les envoyant aux rédactions avant de commettre leurs actes sanglants. Ils semblent s'accorder sur l'idée que, grâce à des médias carburant à la peur, ils deviendront des vedettes, des légendes, symboles de la pourriture au coeur de l'Amérique, dès qu'ils presseront sur la gâchette. (...)

 

Reste encore à comprendre pourquoi certains adolescents en arrivent à avoir un comportement aussi destructeur. La frustration de l'adolescence est vieille comme le monde, et si les difficultés sociales ou l'absence de popularité sur Internet renforcent peut-être aujourd'hui ce sentiment, ils n'expliquent pas le passage à l'acte. J. Sedra évoque quant à lui la piste des médicaments sur la base de travaux du docteur Gary Kohls, psychiatre et chercheur à la retraite, en établissant la liste des tueurs de masse et des traitements auxquels ils étaient soumis:

Eric Harris, 17 ans, Zoloft puis Luvox
Dylan Klebold, 18 ans, dossier médical scellé
Ecole de Colombine à Littleton, Colorado: 13 morts, 23 blessés

Jeff Weise, 16ans , Prozac (60mg/jour, soit trois fois la dose adulte)
Red Lake, Minnesota: 10 morts, 12 blessés

Luke Woodham, 16 ans, Prozac
3 morts: sa mère et 2 élèves + 6 blessés

Michael Carneal, 14 ans, Ritaline
Lycée de West Paducah, Kentucky: 3 morts, 5 blessés

(...)

 

L'énumération, tronquée ici, est proprement impressionnante. Certes, corrélation n'est pas causalité: mettre un enfant sous médicaments anxyolitiques, psychotropes ou au contraire psychostimulants n'est pas forcément déclencheur de folie meurtrière. Il n'y a non plus rien de surprenant à ce que des tireurs fous aient quelques antécédents comportementaux justifiant un traitement médicamenteux ; malgré tout, beaucoup de molécules délivrées à des enfants ont des effets mal connus sur leur développement intellectuel, et pourraient favoriser le développement de psychoses ou de dépression. Compte tenu de l'emploi généralisé de ces traitements sur les jeunes américains, la piste mériterait d'être étudiée.

Que ce soit à travers l'absence de plus en plus criante de lien social, la fascination trouble des médias pour ces crimes, l'effet d'exemple ou l'influence de molécules sur la psyché fragile des adolescents, il existe bien des façons de désarmer le danger des meurtres de masse. En choisissant d'ignorer toutes ces possibilités - y compris celles permettant aux victimes potentielles de se défendre - pour verser uniquement dans le simplisme naïf d'une impossible interdiction des armes, la gauche américaine montre qu'elle préfère l'inaction revendicative à la recherche de réelles solutions.

Cet aveuglement est regrettable, et n'augure rien de bon contre le phénomène croissant des meurtres de masse.

Commentaires

Et il faudrait mentionner dans ce cocktail de causes les jeux vidéo. A force de tirer sur des cibles virtuelles, on finit par vouloir tâter de la réalité, et on y est préparé...

Écrit par : Géo | 23 décembre 2012

@Géo: bonne remarque, certains citent effectivement les jeux de tir à la première personne comme facteur possible, voire la pratique de n'importe quel jeu vidéo. Le problème est que le moindre jeu vidéo vaguement "réaliste" est encore plus récent que les tueries de masse. Que pensez-vous du "réalisme" des jeux vidéos de l'époque du massacre de Columbine, en 1999? Il n'y a à l'heure actuelle absolument aucune étude fournissant un lien de causalité entre la pratique de ces jeux et les comportements criminels, et ce n'est pas faute de chercher.

Jusqu'à preuve du contraire, les jeux vidéos font donc partie des "coupables désignés" comme les armes elles-mêmes (et surtout pas les tarés qui tirent avec, comme c'est commode) sans le moindre élément de preuve à charge... Même si les gens désocialisés (comme les tireurs fous) ont tendance à s'isoler du réel de diverses manières. La pratique des jeux vidéos semble donc être plus un effet qu'une cause.

Là encore, des comparaisons empiriques permettent de se faire une idée. Outre que ces jeux sont pratiqués dans le monde entier, les plus grands adeptes se trouvent au Japon et en Corée du Sud. Aucune tuerie dans les écoles comparable à celles qui se produisent sporadiquement aux USA, autant que je sache.

Mais il est vrai que ces jeux dérangent certains, qui du coup aimeraient les interdire, non à leur progéniture, mais à tout le monde ; et qui veut tuer son chien l'accuse de la rage.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 décembre 2012

Tous les gens qui jouent à des jeux violents ne finissent pas comme Lanza, mais tous les tueurs fous dans les écoles étaient fanatiques de ces jeux. Cela ne veut pas dire qu'il faut les interdire, cela signifie que cela fait partie du symptôme.

Écrit par : Géo | 23 décembre 2012

@Géo: ce n'est pas vrai. Les tueurs fous ont existé bien avant les jeux vidéos, sauf à clamer que Pong transforme quelqu'un en tueur.

Les tueurs fous ont aussi en commun de manger de la pizza, de regarder la télé, et bien d'autres choses communes à toute une partie saine de l'humanité. Vous confondez corrélation et causalité.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 décembre 2012

Bon, on ne va pas passer le Nouvel-An là-dessus. Mais : quand on veut se lancer dans une activité où il y aura une première fois très importante et particulièrement dangereuse, on se prépare un scénario dans sa tête, on ne se lance pas dans le vide, comme ça, sans y penser. Les jeux vidéos sont parfaits pour cela et cela fait longtemps que les armées les utilisent à l'échelle 1:1 pour entraîner leurs soldats.

Écrit par : Géo | 24 décembre 2012

Il faut arrêter de considérer les armes à feu comme coupables de ces massacres, il n'y a absolument aucune corrélation entre le nombre d'armes à feu par citoyen et le nombre de meurtre par habitants dans un pays: http://img15.hostingpics.net/pics/357292scatterplotgunshomicide.png

Les causes sont ailleurs

Écrit par : Seb | 24 décembre 2012

s'en prendre aux jeux vidéos et à la vente libre des armes sont surtout des postures pour se donner bonne conscience. Les jeux vidéos ne sont pas responsables des fusillades entre gangs rivaux qui génèrent la majorité de mort par les armes à feu. Quand à vouloir des contrôles plus stricts et une interdiction de la ventre des fusil d'assaut on se demande quel impact aurait une loi pareil sachant le nombre de ces armes en circulation notamment de façon illégale. Ce sont surtout les armes illégales qui tuent.

Quand aux réactions virulentes contre le fait de placer un policier armé dans les écoles; on se demande finalement si les anti-armes espèrent ainsi à d'autres massacres pour se donner une meilleure légitimité. C'est presque une posture indécente. Neutraliser directement une potentielle tuerie de masse me semble plus approprié que d'attendre des lois et encore des lois et des tueries tout cela parce que le temps d'arriver à des lois efficaces n'arrêtera pas les futurs tireurs fous.

D.J

Écrit par : D.J | 24 décembre 2012

Juste pour info,

Kennesaw petite ville de plus de 20'000 habitants dans l'aglomération d'Atlanta a une particularité unique aux Etats-Unis. Depuis 1982, un décret municipale oblige tout citoyen d'être en possession d'une arme avec un nombre défini de munitions pour garantir sa défense personnelle. Le bilan de cette loi selon les sources policières sont positifs. Kennessaw à une criminalité au plus bas et le nombre de cambriolages est le moins élevé de toute la région d'Atlanta. Je n'ai pas de source plus récente depuis 2004 sur cette loi à Kennesaw. Mais le bilan positif fut quand même mis à jour 20 ans après ce décret.

D.J

Écrit par : D.J | 24 décembre 2012

Voir les réflexions de Lawrence Auster à ce sujet, sur son blog View From the Right, l'une des meilleures sources de sagesse conservatrice d'Internet.

http://www.amnation.com/vfr/

Écrit par : Robert Marchenoir | 24 décembre 2012

Pas la peine d'aller si loin, de belles plumes existent aussi en français, pour preuve l'excellente argumentation de Jan Keprelka sur Contrepoints:

http://www.contrepoints.org/2012/12/21/108812-fusillades-faut-il-interdire-le-port-darmes

A lire absolument, limpide et droit au but.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 décembre 2012

Limpide et droit au but...
Les théories libertariennes sont bonnes pour "Painful Gulch, 265 âmes, 5434 bovins et une potence pour toi, étranger, si tes intentions sont mauvaises". Ces gens ont trop lu de Lucky Luke dans leur jeunesse. Dans le texte que vous citez, l'auteur oublie que l'état s'est constitué en unités plus vastes que Painful Gulch et que cela a nécessité une répartition des tâches. Painful Gulch ne s'occupe pas de politique étrangère et n'a donc pas d'armée. Le shériff avait le droit de créer une milice occasionnelle pour occire le criminel, mais son pouvoir s'arrête aux limites de son district, pour la plus grande satisfaction des voyous. A partir de là, on crée des corps constitués et ASSERMENTES, en principe formés et bien formés à l'usage des armes.

Je suis évidemment contre l'interdiction des armes privées mais à la suisse. On supprime la fonction "rafale" des fusils d'assaut, et ceux-ci ne sont laissé qu'à ceux qui ont fait leur armée jusqu'au bout, avec les tirs de campagne. Sinon, l'interdiction de vente de fusils d'assaut n'est pas choquante. Ou alors, personne ne sait où on s'arrête. J'ai entendu parler de paysans vaudois qui s'amusent avec des chars d'assaut dans leurs champs* et de médecins qui ont acheté un canon de 105 et qui vont tirer clandestinement dans les montagnes. Et il y au moins deux Hunter et un Mirage III civils qui volent dans nos cieux. Va-t-on leur donner le droit d'emporter du napalm pour rigoler ?

* à 1000 litres au cent, j'espère qu'ils utilisent le carburant détaxé ou du mazout de chauffage. Quant au Mirage, cela coûte 18'000 francs pour 3/4 d'heure, dont la moitié pour les 3000 l de Jet A-1 à 3 francs le litre.
C'est la crise...

Écrit par : Géo | 25 décembre 2012

Pour une fois, le sujet est intéressant. Je pense également que les réflexions aux US quant à ces questions sont typiques de l'affect et non de la réflexion.
Il est évident que de telles tragédies ne devraient pas avoir lieu. Prétendre que la meilleure manière de se protéger est d'être formé et armé n'est pas plus valable que de dire qu'il faut interdire les armes d'assauts ou avec de grands magasins.
D'une part, parce que beaucoup des gens allant tirés en stand ne sont tout simplement pas capables de se rendre compte de ce que tirer sur quelque chose de mouvant, qui peut riposter, implique. Il ne faut pas se leurrer, la majorité des gens n'en seront jamais capables, et ne seront certainement jamais capables de gérer le stress que cela implique également. On ne devient pas un tireur d'élite au sang froid en allant s'exercer les samedis. A mon sens, cela serait plus dangereux encore.
Le policier devant chaque école, chaque garderie, crèche, université, est ce simplement faisable? je n'en sais rien. Mais savoir que les gardiens de parking peuvent être armés ne me rassurerait pas, bien au contraire. Les causes sont à chercher ailleurs.
Comme dit, il est intéressant de regarder les traitements médicamenteux des dégénérés qui ont commis ces tueries. Je pense que l'on aurait ici une cause du problème, avec une désociabilisation évidente, un accès aux armes faciles et un désordre psychique. Ces facteurs mis ensembles peuvent être détonnant.
Le traitement médiatique, se confondant avec un besoin de reconnaissance difficile à obtenir autrement, surtout aux US ou l'égalité des chances n'est pas du tout garantie, nous présentent des tragédies régulièrement.
Les armes automatiques, facilememt accessibles, ne sont dans ce cas qu'un facteur parmi d'autres.
Les jeux videos par contre ne font pas partie des facteur déterminant. Bien évidemment, les tueurs y étaient acros. Mais quel adolescent n'est pas joueur? Donc si il est désociabilisé, il est évident que cela deviendra, s'il ne l'était pas déjà, un gros consommateur. Ce n'est pas un facteur, car c'est comme dire que la formule 1 est responsable des chauffard car ils regardent tous la formule 1 à la TV.
Il est également intéressant de mettre en parallèle le fait qu'au US, la plupart des morts par armes à feu sont des suicides. Là, une limitation des armes serait plus pertinente pour lutter contre. Mais contre les tueries et les fous furieux j'ai de gros doute.
L'arguement concernant la corée du sud et le japon est intéressant, mais dans ce cas, il est important de noter que l'accès aux armes y est beaucoup plus difficile qu'aux États Unis. On a assisté à des tueries de ce genre en chine. Et de manière récente. Pourquoi? Est ce que le développement effréné de ce pays, laissant de coté une partie très importante de la population et en écrasant une autre partie, créant donc une classe de défavorisés en grande détresse sociale est plus propice aux massacres? Est ce que finalement cela ne serait pas le cas également des US?
Si l'on y réfléchit un peu plus avant, nous assistons à des massacres en Chine et aux US, où finalement le seul réel point commun est la misère sociale d'une partie importante de la population, plus que l'accès aux armes en tout cas, car la Chine n'est pas libérale du tout la dessus (et la majorité des massacres ont lieu à l'arme blanche). Et la Suisse est épargnée alors que les armes sont faciles d'accès, mais la misère sociale nettement moins importante, où l'on essaie de ne pas laisser trop de gens sur le bas-côté, sans considération et sans moyen de s'en sortir.
La cause majeure de ces horreurs ne serait donc pas plutôt à chercher de ce côté là? En diminuant la misère sociale et en permettant à une frange particulièrement défavorisée d'espérer s'en sortir, ou, au moins, de lui donner la possibilité de vivre décemment, ne diminuons nous pas grandement les risques de voir des despérés devenir fous et massacrer des innocents?

Écrit par : lefredo | 25 décembre 2012

@lefredo: les tueries de masse, conséquence d'inégalités sociales? Je ne crois pas une seconde que les tueurs venaient des franges les plus pauvres de la société (le tueur de Virginia Tech était lui-même étudiant dans cette université privée, ce qui place tout de suite le cadre). L'inégalité comme explication tient d'autant moins la route que les cibles, comme dans le cas de l'école de Sandy Hook, n'avaient rien de privilégiées. Et pourquoi plus souvent aux USA? Il y a des endroits bien plus inégalitaires dans le monde. Je crois enfin que si un facteur comme la prospérité du foyer était déterminant pour détecter le comportement de tueurs fous, on s'en serait rendu compte depuis longtemps...

@Géo: à la magie du chapeau vous préférez substituer la magie de l'assermentation? Il est vrai que tout individu qui prête serment ne peut être qu'un parangon de vertu morale, de probité et de contrôle de soi, ça se voit tous les jours de M. Varone en Valais à M. Stauffer à Genève - et ça c'était pour la classe politique, beaucoup de policiers se promènent aussi avec des casseroles, je ne vais pas vous faire la liste.
L'argument de l'échelle est une vaste fumisterie, parfaite pour se dégager de toute responsabilité et en fin de compte de toute réaction. Quelle que soit la société et les organisations desquelles nous nous réclamons sommes tous des individus en fin de compte et, particulièrement dans le cas d'un crime dont nous sommes témoin, nous devons réagir avec nos possibilités du moment et nos instincts. On ne va pas téléphoner à M. Ban Ki-Moon pour savoir quoi faire.
Quant à citer un mirage III ou un tank, bonne chance pour essayer de les faire passer comme des armes à feu juste un peu évoluées. Vous nous érigez là un bel homme de paille.

Écrit par : Stéphane Montabert | 25 décembre 2012

"dans le cas d'un crime dont nous sommes témoin, nous devons réagir avec nos possibilités du moment"
Ce n'est pas cela qui est en cause, et en plus, j'ai peur que vous faites de la confusion entre permis de possession d'armes et permis de port d'armes. Sur les tanks ou les avions, c'était pour dire qu'il n'y a pas trop de limites. Je ne suis pas sûr qu'il soit normal que des citoyens possèdent des mitrailleuses avec la quantité de munitions qui va avec...

Lefredo@ Vous oubliez "l'âme des peuples". Il est vrai qu'après tous ces efforts pour faire venir divers autres peuples chez nous, avec des us et coutumes complétement différentes des nôtres, c'est compréhensible. Dans le "Portrait des Vaudois", Chessex fait allusion au sort qui attend ceux qui transgressent le tabou et utilisent leur mousqueton. Aujourd'hui, on voit un Chilien (naturalisé, adopté ?) tirer avec un Fass 90 sur une jeune fille au Horgen, un Kosovar tirer dans sa mosquée sur ses coreligionnaires à Renens, toujours au Fass 90. Il n'est pas normal que les naturalisés ou les secondos aient accès à l'armée, à mon avis. Ils n'ont pas la culture qui va avec la possession d'une arme à la maison. Ou alors, il faut changer cette tradition, si l'armée suisse n'est plus si suisse que ça. Et quand je pense à ce rigolo libertarien qui trouve notre loi raciste parce qu'on empêche certains ressortissants d'autres pays d'acquérir des armes...

Écrit par : Géo | 25 décembre 2012

Merci d'avoir signalé cet article de Contrepoints. M. Montabert. Cependant, au contraire de vous, je le trouve remarquablement confus et mal inspiré. Jan Krepelka fait marcher à fond la machine à amalgames. Il énonce bêtise sur bêtise. C'est du libéralisme dogmatique, borné et bovin.

Quel rapport entre l'interdiction des armes et celle de la drogue ? Aucun. Les armes ont, dans certaines circonstances, des usages positifs. Les drogues, jamais. Voilà une fausse équivalence comme la gauche les aime tant.

Quel rapport entre l'interdiction des armes et la présence d'innocents en prison ? Aucun. Personne ne revendique l'envoi d'innocents en prison. S'il y en a, c'est toujours marginal, c'est toujours le résultat d'une erreur. Au demeurant, le système carcéral américain fonctionne plutôt mieux que les systèmes européens : il est suffisamment répressif pour faire baisser la criminalité.

En quoi le fait d'interdire les armes aux Noirs serait-il regrettable ? Pour commencer, personne ne le propose. C'est donc une considération totalement malhonnête de la part de son auteur. Mieux : ce serait, justement, une excellente chose. La criminalité aux Etats-Unis est, de façon très disproportionnée, le fait des Noirs. Il est évident que, si l'on devait interdire à de nouvelles catégories de la population de porter des armes, les Noirs viendraient au tout premier rang.

Simplement, personne ne le propose, parce que c'est politiquement impensable, le "racisme" étant le tabou suprême aux Etats-Unis.

Cela dit, je pense que dans les faits, les armes sont déjà interdites aux Noirs, en ce sens que les détenteurs de permis de port d'arme sont, j'en mettrais ma main eu feu, blancs de façon tout à fait disproportionnée.

Les Noirs sont très, très nombreux à avoir fait de la prison. Et les Noirs sont très, très nombreux à posséder, porter et utiliser des armes à feu. Hélas, les deux sont incompatibles, car s'il est une restriction justifiée au permis de port d'armes dans la plupart des Etats, c'est bien celle qui exige un casier judiciaire vierge (en dehors des infractions les plus bénignes).

Il est donc très vraisemblable que, dans l'état actuel des choses, les Noirs armés le soient très souvent illégalement, au contraire des Blancs armés. Est-ce une mauvaise chose ? Faudrait-il libéraliser l'accès aux armes pour les Noirs américains, de la même façon que la justice américaine, désormais, condamne pour "racisme" des entreprises qui ont pour règle de ne pas embaucher de repris de justice -- ce qui veut dire, en pratique, rejeter les candidatures des Noirs de façon tout à fait disproportionnée ?

Certainement pas.

Écrit par : Robert Marchenoir | 26 décembre 2012

@Géo: évidemment, le permis de port d'armes est un degré supplémentaire de liberté par rapport au simple permis de possession d'armes, où un individu s'expose à des sanctions pénales simplement pour transporter avec lui un moyen de se livrer à de l'autodéfense. A moins de considérer comme acceptable de répliquer avec un spray au poivre ou un coup de tatane contre un tueur fou bardé d'armes et de munitions ?

@Robert Marchenoir: le racisme commence lorsqu'on juge les gens d'après leur appartenance et non comme des individus libres de leurs choix. Les Noirs américains fussent-ils criminels à 95% (ce qui n'est heureusement pas le cas), chaque membre de cette communauté mériterait encore d'être considéré comme innocent au début d'un procès et de jouir a priori des mêmes droits et devoirs que n'importe quel individu avec un casier vierge.

L'article que vous descendez en flammes évoque des notions qui dépassent de beaucoup la simple sécurité, dont la défense du citoyen contre l'Etat, le contrat social, les possibilités de génocide et la liberté individuelle. Mais chacun y prendra ce qui l'intéresse.

Et je rappelle à toutes fins utiles aux partisans d'un contrôle "modéré" des armes ou de leur puissance - cela vaut tant pour Géo que pour M. Marchenoir ou d'autres - qu'un bel et bon AK-47, une arme de guerre, se trouve au marché noir dans les banlieues françaises (pays au strict contrôle des armes s'il en est) pour environ 500 €. Toute théorie énoncée sur le contrôle des armes par la loi doit inclure ce petit détail pour garder le moindre semblant de pertinence.

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 décembre 2012

"Et je rappelle à toutes fins utiles aux partisans d'un contrôle "modéré" des armes ou de leur puissance qu'un bel et bon AK-47, une arme de guerre,"

Il s'agit d'un trafic illégal, très dangereux pour la société, contre lequel j'espère les forces de police agissent de toutes leurs forces. C'est EXTRÊMEMENT grave, et cela ne doit pas donner l'idée de s'acheter un Fass 90 un M-16 pour s'en protéger...

Une précision, encore une fois. Je ne connais pas votre passé militaire, mais : une arme capable de tirer en rafale ne sert que lors de circonstances précises. Cela donne une fausse sécurité à ses utilisateurs, qui, terrorisés dans le combat, essaie de terroriser l'adversaire en lâchant des rafales. Le principal effet est de gâcher des munitions. Et les munitions, cela pèse très lourd, et on ne peut en emporter qu'une quantité limitée. 8 de vos compatriotes sont morts dans une embuscade en Afghanistan selon ce schéma.
Et c'est pourquoi les Fass 90 ne peuvent lâcher que de courtes rafales de trois coups. Les autres sont inutiles parce que dans les choux...
Et c'est pourquoi, en Suisse, on privilégie le tir coup par coup, mais de précision. D'où le tir en stand, chaque année...
Mais pour cela, le mousqueton suffit. En vente pour une centaine de francs dans toutes les brocantes, sans aucune formalité...

Écrit par : Géo | 26 décembre 2012

@Géo: je n'encourage pas les gens à en acheter, je ne fais que souligner l'incapacité des autorités à faire respecter la moindre interdiction "de toute leur force". C'est d'ailleurs pour cela que vaut le parallèle avec la drogue, elle aussi illégale mais que l'on trouve pourtant jusque dans les murs des prisons!

Que valent les interdictions légales face à une telle impuissance sur le terrain?

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 décembre 2012

"Les Noirs américains fussent-ils criminels à 95% (ce qui n'est heureusement pas le cas), chaque membre de cette communauté mériterait encore d'être considéré comme innocent au début d'un procès et de jouir a priori des mêmes droits et devoirs que n'importe quel individu avec un casier vierge." (S. Montabert)

Mais bien entendu. Nous sommes tout à fait d'accord. Personne, je crois, ni en Suisse, ni en France, ni aux Etats-Unis, ni à Tombouctou, ne conteste ce point.

D'ailleurs, telle est bien la situation aux Etats-Unis : les Noirs sont bien considérés comme innocents au début d'un procès.

Tel n'est pas le cas des Blancs, ou supposés tels, comme le prouve le cas de George Zimmerman, Hispanique largement présenté comme blanc par la presse afin de salir les Blancs, qui a tué le Noir Trayvon Martin en légitime défense.

La légitimité de son acte était tellement évidente que la police, après l'avoir interrogé, l'a laissé libre. Ce n'est qu'en raison de l'énorme pression politique raciste exercée par les Noirs, les médias, et jusqu'au président "post-racial" des Etats-Unis, qu'un nouveau procureur, nommé spécialement pour exécuter les consignes du pouvoir, l'a mis en prison.

Par ailleurs, je ne vois pas ce qui vous pose un problème dans le fait que je serais pour un contrôle modéré des armes à feu, ce que je n'ai nullement dit -- mais il se trouve que c'est exact.

Tout le monde est pour un contrôle modéré des armes à feu. Les Suisses, les Américains, et même la National Rifle Association, sont pour un contrôle modéré des armes à feu.

Vous-même, M. Montabert, vous êtes, j'en suis sûr, pour un contrôle modéré des armes à feu. Cela m'étonnerait beaucoup que vous militiez pour que l'on autorise le port aux Suisses de mitrailleuses lourdes chargées à la Migros, la vente libre de chars Abrams aux anciens officiers, ou la détention d'armes nucléaires tactiques aux convoyeurs de fonds.

De la même façon, les défenseurs du port d'armes aux Etats-Unis sont, dans leur majorité, en faveur d'un contrôle modéré. Par exemple, ils s'opposent vivement aux projets d'interdiction de ce qu'on appelle, faussement, les fusils d'assaut ; mais, à l'inverse, je n'ai vu personne militer bruyamment contre l'interdiction en vigueur du mode automatique pour les fusils d'assaut -- c'est à dire du tir en rafale.

Sachant que c'est ce qui sépare, aux Etats-Unis, un fusil d'assaut civil de sa version militaire.

L'écrasante majorité des partisans du port d'armes aux Etats-Unis est constituée de gens responsables, qui insistent beaucoup sur le respect des règles de la légitime défense, sur la maîtrise des armes, sur l'entraînement, sur la formation. Toutes choses qui impliquent un important degré de contrôle sur la possession et l'emploi des armes, et qui les mettent très loin de la calomnie gauchiste qui les présente comme des fous sanguinaires, abrutis et dingues de la gâchette.

Écrit par : Robert Marchenoir | 26 décembre 2012

@Geo
Un Fass 90 peut bien évidemment tirer en rafale, contrairement à ce que vous dites.
C'est un mode qui n'est effectivement pas utilisé, car une fois les 2 premiers coups partis, plus ou moins précisément, il est impossible de contrôler le reste, qui arrose généreusement les nuages la plupart du temps.
La bonne utilisation est par laché court de 3 tirs, et mieux, de 2. Il faut savoir que la vitesse d'une balle d'un fusil d'assaut est telle qu'elle n'arrête pas une cible. Avec deux c'est déjà plus efficace.
Les imbéciles qui prétendent se défendre avec un fusil "d'assaut", d'autant plus une merde américaine en plastique à moins de 1000$ n'y connaissent rien. Un pistolet, d'utilisation plus facile, avec un calibre plus important, est bien évidemment bien mieux.
Mais c'est un peu comme les voitures, quand on a une petite b..e on s'achète un gros palliatif.

Écrit par : lefredo | 27 décembre 2012

" Un Fass 90 peut bien évidemment tirer en rafale, contrairement à ce que vous dites.
C'est un mode qui n'est effectivement pas utilisé, car une fois les 2 premiers coups partis, plus ou moins précisément, il est impossible de contrôler le reste, qui arrose généreusement les nuages la plupart du temps. "

Je confirme aussi que le tire en rafale est possible avec le fass 90. De plus le tire en rafale ne sert pas à grans chose; c'est à peut près 800 coups la minute. En à peine deux secondes la magazin est déjà vide. Il n'y a que dans les films que l'ont voit des tireurs tirer en rafale avec le même magazin pendant une éternité avec des fusils d'assaut.

" Il faut savoir que la vitesse d'une balle d'un fusil d'assaut est telle qu'elle n'arrête pas une cible. Avec deux c'est déjà plus efficace. "

Cela dépend aussi où la balle entre. Mais je crois savoir que les balles des fass actuelles sont surtout pour blesser. Un soldat blessé par un fass nécessite deux à trois autres soldats pour s'occuper de lui de suite et qui les rend pour un moment plus opérationnel. Pour la self effectivement un pistolet gros calibre suffit. On se défend rarement à 300 mètres de l'agresseur.

D.J

Écrit par : D.J | 27 décembre 2012

Je propose en plus d'un policier armé dans chaque école, à ce que les élèves portent un gilet par balles.

De plus et comme en Suisse, des tirs obligatoires doivent être mis sur pieds, afin que le Good Guy puisse abattre le Bad Guy.
Ces cours doivent commencer dès le plus jeune age; on n'est jamais trop prudent.

Bien entendu là ou ils n'ont pas encore été installés, des détecteurs de métaux à l'entrée de chaque école.

La NRA et tous les républicains du Tea Party ne pourront que ce féliciter de ces décisions garantissant non seulement le 2ème Amandement, mais aussi la Liberté Individuelle ainsi que la Responsabilité Individuelle; leurs valeurs chéries et pour lesquelles ils sont prêts à laisser mourir leurs enfants.

Dans tous les pays, y compris la Suisse, ou la possession d'une arme est non strictement réglementée, d'horribles drames arrivent.

Dans les pays ou les armes sont strictement réglementées, comme le Japon ou le Danemark par exemple, les crimes sont minimes.

Ne laissons pas des enfants mourir pour satisfaire quelques crétins de la gachette qui croient encore que leurs armes et une preuve de virilité.

Il n'y a pas plus laĉhe et pleutre qu'un amoureux des armes, il faut leurs faire passer ce goût de mort et de destruction en leur interdisant la consommation de leur drogue.

On ne soigne pas un alcoolique avec du whisky, on ne soigne pas un malade des armes à feu avec un arme, on conséquence seul les personnes tels les policiers assermentés et les militaires professionels peuvent posséder une arme, et doivent ce plier régulièrement à des évaluations psychologiques.

Pour les autres c'est interdiction.

Écrit par : J. R. Ewing | 27 décembre 2012

Ce que vous dites correspond cependant pas mal à ce que j'ai écrit. Personnellement, je me suis trimbalé un Fass 57 dans les montagnes de ce beau pays, d'où une connaissance assez imparfaite du 90...
Néanmoins, le fusil sert dans le combat à 100 - 300 m, le pistolet jusqu'à 50 m. Donc pourquoi s'acheter des fusils si on pense défense ?

Écrit par : Géo | 27 décembre 2012

Le 14.12.2012, aux Etats-Unis, à Newton, un taré tue sa mère, des écoliers et du personnel scolaire. Le 22.7.2011 en Norvège aussi, l'absence de tout savoir, de tout entraînement à une quelconque technique de défense, même seulement à l'aide de cailloux, ont été la démonstration tragique des égarements de la pensée pacifiste: hommes et femmes en pleine jeunesse y ont laissé en masse leur peau, contre un taré tout seul ...
Ils ont négligé la mise en place d'un service d'ordre armé ... ils sont morts d'avoir ignoré la réalité d'un monde, où fondamentalement il est nécessaire de posséder un système immunitaire: c'est désolant, mais c'est un FAIT.
Il faut agir sur deux plans:
§ Se préoccuper plus du suivi des tarés, les mettre hors d'état de nuire (le plus sûr est l'internement à vie, difficile à décider et coûteux à exécuter).
§ Que chaque responsable de groupe, chaque chef de famille et chaque enseignant ait à portée de main un spray au poivre et un pistolet 9 mm (calibre minimum).

Écrit par : André Bovay-Rohr | 27 décembre 2012

[...Mais c'est un peu comme les voitures, quand on a une petite b..e on s'achète un gros palliatif...]

-> Rien de + juste

Écrit par : DEwqwr | 28 décembre 2012

Les Américains, qui ont, contrairement aux Suisses, une grande expérience en matière d'auto-défense avec arme à feu, aussi bien face à des criminels isolés que dans le cadre d'émeutes urbaines, disent en gros ceci.

Pour défendre un domicile contre les intrusions (tentatives de cambriolage, de viol, de meurtre), la meilleure arme est le fusil à pompe : tolérance à l'imprécision de visée, effet dissuasif visuel et sonore (le bruit de l'armement), puissance d'arrêt, faible risque d'atteindre des innocents (mauvaise pénétration dans les murs).

En second seulement, viennent les armes de poing, pistolet ou revolver, selon la religion de chacun.

Pour défendre un domicile ou un commerce contre les émeutes urbaines, le "fusil d'assaut" est préférable : longue portée, précision, capacité de tir.

Et, bien sûr, ce dernier a tout son intérêt quand il s'agit de se défendre contre... le gouvernement. Une hypothèse qui ne concerne pas les Suisses, mais qui est toujours présente chez les Américains, même si, en pratique, il s'agit plus de dissuasion que d'autre chose.

La sexualité n'a rien à voir là-dedans. D'autant que de nombreuses femmes sont armées aux Etats-Unis.

Enfin, l'industrie des armes américaine n'a certainement pas à rougir face aux produits suisses.

Écrit par : Robert Marchenoir | 29 décembre 2012

@ JR,

" Je propose en plus d'un policier armé dans chaque école, à ce que les élèves portent un gilet par balles. "


Il y a plus de 300 million d 'armes recens é aux Etats-Unis sans compter celles que ne le sont pas. On pourra faire tout les lois restrictives que l'on veut on ne réglera pas le problème en quelque années. D'ici là; la probabilité qu'un tel massacre se reproduise n'est pas négligeable. Ceux qui se sont outrés par la proposition du NRA d'armer des policiers dans les écoles, réfléchirons ( j'espère ) aux prochains massacres de savoir si ce n'est pas eux-même qui sont abject. Parce que ce jour-là personne n'était là pour protèger des gamins.

@ Marchenoir,

" Pour défendre un domicile contre les intrusions (tentatives de cambriolage, de viol, de meurtre), la meilleure arme est le fusil à pompe : tolérance à l'imprécision de visée, effet dissuasif visuel et sonore (le bruit de l'armement), puissance d'arrêt, faible risque d'atteindre des innocents (mauvaise pénétration dans les murs). "

Aux Etats-Unis la défense de son chez soit contre un cambrioleur n'est punis par la loi, même si vous le dégomé avec une arme. En Suisse recemment des personnes furent inculpé de séquestration pour avoir maîtrisé chez eux un cambrioleur le temps que la police arrive. On s'étonne après que la Suisse devient la paradis des cambrioleurs.

D.J

Écrit par : D.J | 29 décembre 2012

@Géo
Parce qu'ils ne pensent pas défendre. Ils se servent de cet argument que comme un alibi.
ils fantasment sur le héro armé sauvant seul la veuve et l'orphelin d'une part et sur le fait que tirer leur donne un sentiment de puissance que rien d'autre dans leur vie ne leur permet d'atteindre avec leurs moyens financiers limités.
Pour sa défense, un fusil d'assaut est un très mauvais choix car est difficile à manier, demande un long entrainement pour être capable d'être précis et rapide, en plus de limiter passablement les mouvements. Et les munitions ne sont effectivement pas faites pour cela. Toucher un type avec une balle de fusil d'assaut dans le ventre ne l'arrêtera certainement pas immédiatement, pire, il risque de ne même pas s'en apercevoir tout de suite.
Avoir donc acces à ces armes n'est en aucun cas un besoin de se défendre. Il faut en chercher la raison ailleurs.

@R. Marchenoir
Je ne vois pas l'intérêt d'un fusil d'assaut pour défendre un commerce. Là encore, on oublie trop facilement le degré de maitrise nécessaire pour être efficace.
Vous ne connaissez visiblement pas tellement les armes américaines. La plupart de celles considérées comme d'assaut, qui sont accessibles au public ne sont pas fiables, s'enraillent facilement et sont peu solides. leur faible prix en est également une preuve flagrante. Il n'en reste pas moins qu'elles sont dangereuses, très puissantes et avec des magains à grande capacités. LE fait qu'elles soient légères les rend manipulables et accessibles à un très grand nombres de gens, ce qui est voulu dans un cadre de recherche de profit dans l'esprit d'une denrée commercialisable normales, mais très préjudiciables pour la sécurité de chacun et la banalisation de leur utilisation.

Écrit par : lefredo | 29 décembre 2012

@ Lefredo,

Les passionné d'armes automatiques aux Etats-Unis font souvent partie de société de tirs où ils ont tout loisir a s'entrainer et à bien connaitre le maniement de leurs armes.

Quand aux armes qui ne sont pas fiables dans le commerce; je ne sais pas si vous dites cela sans vraiment connaitre. Un M16 ou ses versions courtes vendu dans le commerce reste un M16 me semble-t-il.

D.J

Écrit par : D.J | 29 décembre 2012

Lefredo : c'est vous qui ne connaissez ni les Etats-Unis, ni leurs armes.

Essayez d'expliquer aux Coréens de Los Angeles, propriétaires de supermarchés, qui ont défendu leurs commerces avec des fusils d'assaut contre des émeutiers noirs déchaînés, en 1992, que le fusil d'assaut n'est pas l'arme indiquée pour défendre un commerce contre des émeutiers. Allez-y. Ca m'intéresse.

A l'époque, d'ailleurs, les fusils automatiques étaient autorisés. Et c'est grâce à des tirs en rafale, depuis les toits, que les Coréens ont pu faire fuir leur assaillants.

C'est quand, la dernière fois que vous avez dû défendre un supermarché les armes à la main, contre des milliers d'émeutiers noirs qui pillent, mettent le feu et tuent sur leur passage ? Allez-y, faites-nous profiter de votre expérience.

http://www.humanevents.com/2012/12/23/when-assault-weapons-saved-koreatown/

Écrit par : Robert Marchenoir | 29 décembre 2012

Bonjour M. Montabert,

Je vous trouve comme à votre habitude, clair et limpide, avec une argumentation impeccable. Je vous souhaite de continuer.

je me permets une interjection sur les jeux vidéos violents, avant les jeux vidéos violents, les jeux violents tout court ont existé et ce n'est pas en jouant au petit soldat, à 40K ou Warhammer Battle qu'on devient un meurtrier de masse.

Le débat sur les armes à feu rejoint de nombreux débats, où aux arguments logiques des uns est opposé la conviction personnelle ("Des armes à feux! mais vous n'y pensez pas!!"). C'est la bataille de la foi face à la science empirique.

bon courage et bonne continuation! C'est un vrai plaisir de vous lire!

Crucol

Écrit par : Crucol | 30 décembre 2012

@DJ
LE M16 est probablement le moins bon fusil d'assaut construit et vendu à une armée. Son faible coût est probablement son seul point positif.
Vous trouverez facilement des avis de militaires qui disent qu'il s'enraille facilement, qu'il est peu précis et que sa mécanique est mauvaise.
Il en va de même pour passablement d'armes vendues dans le commerce américain comme armes d'assauts.

@Marchenoir
Je ne nie pas qu'ils aient servis dans ce cas particulier. Il n'empêche que ce n'est certainement pas ce qu'il y a de plus indiqué pour se défendre. Et je ne cautionnerait pas non plus le fait de tirer sur une foule parce qu'elle tente de piquer des boîtes de conserves. Le seul cas où je pourrais le cautionner, c'est dans le cas où des munitions et des armes étaient stockées dans le magasin.
Est ce le cas des coréens? Bref, c'est de la polémique pour de la polémique, une arme d'assaut n'a rien à faire dans les mains de particuliers, que ce soit en Suisse ou ailleurs.

Écrit par : lefredo | 31 décembre 2012

Lefredo, je crois que vous évaluez la situation à partir du cas suisse. Vous avez de la chance de vivre dans un pays encore pacifique, respectueux de la loi et de l'ordre, doté d'une forte cohésion sociale -- même si, hélas, cet état de choses se dégrade à vue d'oeil.

La situation américaine n'a rien à voir. Il ne s'agit en aucune manière de tirer sur une foule simplement parce qu'elle tente de piquer des boîtes de conserves. Vous n'avez visiblement aucune idée de ce qu'est une émeute ethnique -- et je forme des voeux pour que vous-même, et la Suisse en général, n'en sachiez jamais rien.

Les Américains, et de nombreuses nations européennes, malheureusement, ne le savent que trop bien.

Écrit par : Robert Marchenoir | 04 janvier 2013

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