30 décembre 2012

Cent fois sur le métier

L'UDC vient de déposer cette semaine sa deuxième initiative "pour le renvoi effectif des criminels étrangers", dite initiative de mise en oeuvre.

Ayant comme de nombreux autres militants participé à la récolte de signature pour cette initiative, je me remémore la façon dont les personnes nous accueillaient lorsque nous les approchions:

- Bonjour madame, nous récoltons des signatures pour l'initiative pour le renvoi effectif des criminels étrangers...
- Le renvoi des criminels étrangers? Mais dites-moi, n'a-t-on pas déjà voté là-dessus? Et c'est passé en plus! Pourquoi récoltez-vous encore des signatures?

Entame suivie d'une explication plus ou moins longue, et en général, d'une signature.

Ce dialogue entendu cent fois est caractéristique de la façon dont le grand public est maintenu à l'écart du débat autour du renvoi des criminels étrangers - et ne comptez pas sur les médias pour combler cette carence. Heureusement, ce billet y suppléera peut-être.

Revenons sur le parcours chaotique du renvoi des criminels étrangers peuplant les prisons suisses...

A l'issue d'une longue bataille médiatique et d'un contre-projet conçu exclusivement dans le but de la torpiller, l'Initiative pour le renvoi des criminels étrangers fut finalement approuvée par le peuple en novembre 2010.

renvoi des criminels étrangers,initiative,démocratieLa Conseillère Fédérale en charge de la justice, la socialiste Simonetta Sommaruga, annonça qu'elle respecterait la volonté du peuple et exécuterait le mandat qui lui avait été confié ; naturellement, elle fit très exactement le contraire.

Au lieu de travailler avec le comité d'initiative pour élaborer un projet de loi sincère envers la décision populaire, la politicienne opta tactiquement pour un noyautage du groupe de travail, plaçant les initiants en minorité, afin de modeler à sa guise les travaux qui en résulteraient.

La manoeuvre eut un succès mitigé. L'UDC, minorisée mais pas complètement née de la dernière pluie, dénonça la manipulation et refusa de diluer le texte de son initiative. Après des discussions houleuses, le groupe de travail accoucha donc de pas moins de quatre variantes pour le projet de loi d'application - c'est-à-dire, une loi d'application correspondant au renvoi voté par le peuple, et trois variantes ressuscitant dans les grandes lignes le contre-projet refusé par ce dernier...

renvoi des criminels étrangers,initiative,démocratieLe combat politique autour du renvoi des criminels étrangers tient en un seul mot: l'automatisme. L'UDC, et apparemment le peuple suisse, souhaitent que les criminels étrangers soient expulsés séance tenante. Le reste de la classe politique veut subordonner ce renvoi aux racines du criminel dans tel ou tel pays, à des considérations pseudo-humanitaires (préoccupations dont les victimes suisses desdits criminels sont curieusement exemptes), aux traités de libre-circulation dont on sait à quel point ils sont essentiels pour la lie de la société, et enfin à l'appréciation de critères socio-relativistes de la part de juges dont on a, chaque jour, la preuve de la légendaire sévérité. Ouf!

Les choses auraient pu en rester là, laissant le Parlement opter "dans sa grande sagesse" pour une variante intermédiaire parmi les quatre projets de loi, forcément pas celle de l'UDC, et clôturant l'affaire d'une façon satisfaisante pour les partis établis. Mais l'UDC court-circuita la manoeuvre dilatoire en introduisant une nouvelle initiative!

L'initiative de mise en oeuvre a pour but d'inscrire au niveau de la Constitution un texte de loi "clef en main" pour le renvoi des criminels étrangers, qui ne puisse être dénaturé par une interprétation partisane des Chambres dans l'écriture d'une loi d'application. C'est la raison pour laquelle le texte de l'initiative est inhabituellement long ; il se doit d'être exhaustif.

Pour reprendre les termes d'Yves Nidegger, l'approche choisie n'est pas très élégante pour un amoureux de la littérature légale, mais, mise au point par des juristes de l'UDC, elle est redoutablement efficace. Une fois votée, l'initiative de mise en oeuvre permettra d'appliquer immédiatement le renvoi de criminels étrangers, sans laisser la part belle à des recours durant des années ou des interprétations de juges politiquement engagés. Même le Tribunal Fédéral devra s'y plier, à moins de considérer que la Constitution helvétique n'est plus la base du droit en Suisse.

Il est temps de mettre un terme à la volonté des élus de tergiverser pour ne pas appliquer la volonté populaire. Le texte a été déposé avec 154'982 signatures récoltées en un temps record ; visiblement, les citoyens se sentent concernés par le sujet.

Au vu de la dégradation des conditions sécuritaires dans le pays, il y a urgence.

Commentaires

bonsoir,

Stéphane, je vous remercie pour vos articles et vous souhaite une excellente année 2013, ainsi que d'arriver à faire passer cette initiative pour de bon! Les élus sont censés représenter, non décider en lieu et place du peuple.

Écrit par : Crucol | 30 décembre 2012

Suffit-il de répéter un mensonge continuellement pour qu'il devienne une vérité?

Pour certains les juifs étaient la cause de tous leurs problèmes, pour vous les requérants d'asile.

L'argent que vous utilisez pour semer la haine et la discorde serait tellement mieux investi dans l'aide à son prochain.

Pour cela vous devriez avoir du courage, qualité qui a toujours fait défaut à votre camp politique.

Écrit par : J.R. Ewing | 30 décembre 2012

@J.R. Ewing: "Suffit-il de répéter un mensonge continuellement pour qu'il devienne une vérité?"

Je ne sais pas - vous vous y employez avec une belle opiniâtreté. Plutôt que de croire en vos slogans vides de sens, les autres pourront se référer à une liste de questions-réponses sur l'initiative de mise en oeuvre et ses limites pour se faire une idée:
http://www.initiative-de-mise-en-oeuvre.ch/texte/questions-et-reponses/index.html

D'ailleurs, par quel trouble de l'esprit parvenez-vous à lire "requérant d'asile" là où il est écrit "étrangers criminels" et à confondre les deux, cela m'échappe. Votre amalgame ne serait-il pas un peu raciste, quelque part?

Quant à mentionner un défaut de courage, de la part d'un individu écrivant derrière l'anonymat d'un pseudo, la remarque ne manque pas de sel.

Écrit par : Stéphane Montabert | 30 décembre 2012

@Crucol que saint éloi vous entende !et la même chose pour des privés qui grâce à un fort talent d'internaute arrive à faire plier les autorités du lieu
On vit une drole d'époque tout de même .Il suffit de savoir torcher la langue de Molière dans tous les sens ,de s'inventer un métier en arrivant même à diffuser des infos bidouillées grâce une vidéo truquée pour obliger des responsables à soit mettre à la porte des gens innocents ou simplement museler toute une population en la ridiculisant.En l'occurence les élus en question étaient socialistes avec des élus UDC jamais cela n'aurait pu exister.Cependant une fois le mal fait allez redonner confiance à l'électorat
Suite à ce genre d'inepties comment voulez vous ensuite que d'autres n'imitent pas celui ou celle en l'occurence qui sous le couvert de l'ordre propre en ordre et semant désordre et confusion ne profitent pas de l'aubaine pour exacerber davantage tout une commune.
On ne doit pas accepter des criminels chez nous cependant il y a des Suisses aussi qui se comportent comme des petits malfrats bien qu'âgés de 60 ans et qui par leurs actes vont en courager d'autres à les imiter.Et le pire c'est d'entendre ces anarchistes militants,on devrait faire un parti,non autant adhérer à l'UDC

Écrit par : lovsmeralda | 31 décembre 2012

@ Montabert

Un Grand Merci pour votre réponse; j'en déduit que pour vous les requérants d'asile ne posent pas de problème, et c'est tant mieux, car c'est la position que j'ai toujours défendue.

Puisque ceux-ci ne posent aucun problème, j'espère que vous aurez le courage de défendre leur cause; aidez son prochain, une belle et noble résolution pour l'année nouvelle.

Écrit par : J. R. Ewing | 31 décembre 2012

Celà a été la tactique des opposants tout au long du débat sur le vote de la première initiative, que de faire l'amalgame entre criminel et réfugié. À croire que dans leur esprit c'est un peu la même chose.
C''est vrai qu'il serait dommage de se priver de voleurs, de violeurs, d'escrocs et d'assassins qui font tous le charmes de nos villes et campagnes une fois la nuit tombée. Ce brassage Interculturel entre personne honnête (Suisse ou étrangère ) et criminels étrangers uniquement car malheureusement aucun pays ne veux reprendre en plus les notres
Ce brassage donc est tellement enrichissant et tellement gratifiant pour nos enfants qu'il serait quand même dommage de s'en priver.

Écrit par : Christian Pougnier | 31 décembre 2012

@S. Montabert
Dites, est ce que vous mettez autant de conviction dans le combat pour que l'initiative Minder puisse enfin être votée? 4 ans de retard volontaire dans la simple possibilité de faire voter le peuple ne vous choque pas?
Et j'aimerais également entendre un peu plus votre parti réagir au énième scandale lié à UBS, décidément dans tout les mauvais coups, et qui coutent réellement des milliards aux suisses et à l'image de la Suisse.
Est ce que l'on vous entendra un peu sur ces sujets là? Qui eux ont un réel impact sur les suisses et non juste vous faire vivre politiquement?

Sinon je vous souhaite un bon réveillon.

Écrit par : lefredo | 31 décembre 2012

J'ai toujours pensé que cette initiative pour le renvoi des criminels étrangers était une fausse bonne idée. Non pas dans le principe de renvoyer des étrangers qui commettent crimes et délit ( c'est une sanction normale, ils avaient cas réfléchir avant de faire des conneries ) mais qu'il aurait mieux vallut lancer une inititive pour sanctionner plus durement les délits et la criminalité et cela pour tout le monde autant étrangers que suisses.

Commencer déjà par virer ces jours-amendes qui sont assorti trop souvent par du sursis, qui sont un appel pour commettre un délit une première fois. Une première fois que les victimes de ses premières fois aurait bien voulu s'en passer.

Il faut surtout appliquer la tolérence zéro contre les agressions sur les forces de l'ordre. Y compris les insultes. Des sanctions qui doivent être assorti par des peines sévères et sans susrsis.

D.J

Écrit par : D.J | 31 décembre 2012

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