03 janvier 2013

Daillon, tuerie médiatique

Daillon, petit village valaisan des hauts de Conthey, est devenu une célébrité depuis qu'un de ses habitants a ouvert le feu sur des passants par la fenêtre de son logement, avant de continuer de plus belle dans la rue jusqu'à ce que la police mette un terme à ses errements d'une balle dans le thorax.

daillon.jpgLe bilan est lourd. Trois femmes sont décédées et deux hommes sont à l'hôpital, dont l'un pourrait être l'oncle du tireur, 63 ans, à "couteaux tirés" avec lui selon un quotidien.

J'ai songé un instant donner en titre "Enfin une tuerie en Suisse!" ou quelque chose du même genre - intitulé de fort mauvais goût j'admets, mais qui aurait eu le mérite de rendre l'impression exacte suscitée par les médias traitant l'affaire. Pendant les premières heures, il n'y a qu'à voir avec quel empressement ils se sont engouffrés dans l'hypothèse d'un carnage au fusil d'assaut militaire, tant cette perspective convenait à leurs vues.

Le sujet est visiblement destiné à être exploité à fond, sans aucune pudeur envers les victimes ni leurs familles, à l'inverse d'autres actes similaires commis par des déséquilibrés comme à Zoug en 2001.

Le meurtrier et certains de ceux qu'il a croisé sont encore à l'hôpital, une foule de détails restent à éclaircir, mais pour le quatrième pouvoir l'affaire est entendue: c'est la faute des armes, ce sont les armes qu'il faut interdire.

Sur le Matin et la RTS, on se livre à une rétrospective des fusillades en Suisse. Le premier se complaît aussi dans un exercice de nombrilisme à travers l'impact médiatique de l'événement auprès des confrères européens (savoureux quant on sait que ceux-là s'abreuvent auprès des premiers.) Mais la charge décisive est lancée à travers l'interview de Heiner Studer, membre du comité militant pour la protection des armes, martelée tant sur 24heures que le Matin ou la Tribune de Genève: les armes doivent appartenir à l'Etat!

Ce drame illustre bien selon lui à quel point l’initiative «Pour la protection face à la violence des armes» [visant à obliger les militaires à laisser leurs fusil à l'arsenal et à établir un registre fédéral des armes], rejetée par le peuple en février 2011, était importante. Les armes devraient être contrôlées par l’Etat dans une vraie démocratie (sic), et non laissées aux mains de privés. Hélas, la volonté fédérale d’établir des lois plus restrictives en la matière fait défaut, déplore Heiner Studer.

 

Peuple suisse imbécile, indigne d'une "vraie démocratie", coupable d'avoir refusé la voie de la sagesse! Personne pour expliquer à ce monsieur qu'au-delà de ses postulats discutables, les armes ne sont pas rendues à la population lorsque le régime n'est plus une "vraie démocratie"? Cette partie du raisonnement lui échappe...

Le rapport avec Daillon reste ténu, et de plus, pas forcément dans le sens que souhaiteraient les fervents partisans du contrôle des armes.

L'auteur présumé de la tuerie serait un Suisse de 33 ans, un certain Florian B., habitant depuis des années dans la maison laissée par ses parents lors de leur séparation. Il aurait bu de l'alcool en début de soirée. Il se serait servi d'au moins deux armes pour commettre son forfait, un mousqueton de l'armée suisse plus en dotation depuis un demi-siècle et un fusil à grenaille destiné au mieux à la chasse, vraisemblablement acquises hors du circuit officiel.

Non seulement cet aspect des choses défausse immédiatement tout argument en faveur d'un contrôle légal plus important des armes, puisque par définition les hors-la-loi et autres adeptes du marché noir y sont peu sensibles, mais toute la vie de Florian résonne comme une leçon sur l'incapacité crasse de l'Etat, de son administration et de ses innombrables services sociaux à assurer convenablement les tâches qu'ils se sont arrogées.

L'homme souffrait d'antécédents psychiatriques suffisamment lourds pour une hospitalisation en 2005, lors de laquelle les armes en sa possession furent retirées et détruites, sans qu'on s'inquiète plus que cela semble-t-il de la fascination d'un cas psychiatrique pour les armes à feu. Il était connu de la police pour consommation de marijuana, sans qu'on s'en inquiète davantage non plus - vice auquel il parvenait à se livrer malgré sa mise sous tutelle, laquelle était également assez souple pour lui permettre d'acquérir armes et munitions, et certainement pas la veille de son passage à l'acte.

Il est trop tôt pour pointer une cause unique ; on pourrait citer l'absence de recoupement, le laxisme des services sociaux, la trop grande souplesse d'un tuteur, le manque de suivi d'un cas inquiétant par les psychiatres, et bien d'autres symptômes d'une bureaucratie inefficace et irresponsable. Mais la plupart de ces pistes pointent en direction de l'Etat et de ses services.

Dès lors, on comprend mieux l'écran de fumée déployé par la classe politique et ses relais dans les médias. Mieux vaut en effet s'attaquer à l'armée ou au droit des honnêtes gens à porter des armes pour se défendre, même si cela n'a rien à voir avec notre affaire, que de rendre un verdict peu tendre sur l'administration.

Rappelons-nous également que si un contrôle des armes plus poussé devrait voir le jour, cette même administration serait alors en charge de l'appliquer, avec tout son talent et toute sa compétence.

Mise à jour (4 janvier): le tueur présumé s'appellerait en fait Florian B. Le texte a été ajusté en conséquence.

Commentaires

En effet l'Armée a bon dos.Cependant 33 ans est un âge crucial ou de nombreux humains qui doivent franchir le cap séparant l'enfance de l'âge adulte vivent et font vivre à d'autres des drames qui peuvent avoir une origine même liée à l'enfance .Ce qui n'excuse pas bien entendu cette tuerie.
Les lecteurs conjurent la presse de ne pas en faire un salon à bavettes pour nourrir page blanche en manque d'autres informations.L'histoire a DSK et la fin du monde auront suffi à dégouter des gens qui peut-être s'ils n'avaient pas eu de quoi nourrir leur imaginaire auraient peut-être eut envie de canarder leurs voisins .Il faut très peu de nos jours pour avoir envie de tuer on l'a vu dans notre immeuble
A force de réformes même l'Etat ne sy' retrouve plus et quand on sait l'origine du tri arrivée en ligne directe du Canada espérons que d'autre domaines échappent aux théatraux qui confondent politique et mise en scène.Je n'ai absolument rien contre les troupes de théatre mais chaque chose à sa place et le monde tournera beaucoup mieux

Écrit par : lovsmeralda | 04 janvier 2013

Très jolie réaction Stéphane! Qui fait plaisir à lire! Certains journalistes Orange devraient venir faire un stage chez toi, ça leur ferait le plus grand bien!

Écrit par : Bar | 04 janvier 2013

On ne saurait mieux dire. Encore une fois le billet que j'aurais aimé écrire. Il n'y a aucun doute à avoir, les journalistes suisses ont débouché le champagne à l'annonce du massacre de Daillon. Hier, dans l'émission "Vertigo", l'animatrice, Christine Gonzalez, cherchait absolument à faire dire à Michel Bühler que ce drame était dû à la détention d'armes trop laxiste en Suisse. Même Michel Bühler, qui nous fredonne son anti-militarisme depuis des générations, n'est pas tombé dans ce panneau si facile à exploiter.
PS. Il serait temps de se poser la question si les médias, le 4ème pouvoir, n'est pas un parti politique en soi, évidemment d'extrême-gauche ? Est-il normal que je paie 464.60 frs par an pour subsidier ce parti ?

Écrit par : Géo | 04 janvier 2013

J'avoue que ma première réaction à la nouvelle a été, au contraire, de me dire que les autorités suisses avaient montré leur compétence en la matière :

- Elles ont retiré ses armes au criminel quand ses troubles psychiatriques ont été constatés ;

- En conséquence, il a commis ses crimes non avec son fusil militaire, mais avec une arme antique (je pensais que les mousquetons n'existaient plus que dans les livres d'images pour enfants), et avec une arme de chasse ;

- La police ne s'est pas encombrée de considérations droit-de-l'hommistes, et a tiré sur le tueur ;

- Elle a réussi à le neutraliser sans le tuer.

Mais je suppose que tout est une question de point de repère. Le mien est la situation française.

Écrit par : Robert Marchenoir | 04 janvier 2013

@Robert Marchenoir: c'est vrai, dans le cas présent les "fonctions régaliennes" de l'Etat ont à peu près fonctionné. L'individu a été privé de ses armes légales et neutralisé sans blessés supplémentaires. Malgré tout, les 45 minutes mises par les forces de l'ordre pour intervenir ont dû sembler bien longues aux villageois pris sous le feu.

Ce sont surtout les services chargés du suivi psychologique, médical et pénal qui sont à pointer du doigt. Parce qu'il faut bien le dire, la vie de Florian B. était pratiquement entièrement entre les mains de l'administration.

Aussi, ne confondez pas non plus un "mousqueton" ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Mousqueton_1931 ) avec un antique mousquet du début des armes à poudre!

Écrit par : Stéphane Montabert | 04 janvier 2013

Le mousqueton est une très bonne arme et il est vrai que son accès est trop facile. Yvan Perrin l'a relevé avec raison. Ce qu'il n'a pas dit et qui va avec la démonstration, c'est que sa munition est trop accessible aussi. La GP 11, Gewehr Patrone 1911 de 7,67 mm, est aussi la munition des Fass 57. Donc très accessible dans les stands de tir, puisque beaucoup de citoyens-soldats tirent encore avec le 57.

Mais tout cela n'est rien. Je commence à sérieusement changer mon fusil d'épaule sur l'arme à la maison pour la troupe. Qu'on le veuille ou non, l'armée suisse est de moins en moins suisse et de plus en plus kosovare ou je ne sais trop quoi. Ces gens-là n'ont pas la culture qui va avec, le respect des armes, des lois et de la Patrie. De plus, l'habitat moderne ne sait que faire de l'armement du soldat. Il faudra bien y songer, maintenant que la racaille des villes domine en nombre les honnêtes citoyens de nos campagnes.

Écrit par : Géo | 04 janvier 2013

" Ce drame illustre bien selon lui à quel point l’initiative «Pour la protection face à la violence des armes» [visant à obliger les militaires à laisser leurs fusil à l'arsenal et à établir un registre fédéral des armes], rejetée par le peuple en février 2011, était importante. "

Il est évident que cette loi rejetée par le peuple ne concernait que les Fass 90 des citoyens qui sont astreint au service militaire et non au propriétaire de mousquetons ou de fass 57 ou autres armes de poing privés. Ce Studer est vrai naïf ou un frustré de mauvaise foi qui n'a pas supporté la défaite devant les urnes pour prétendre qu'il a raison.

Moi j'ai deux mousquetons chez moi et la munitions qui va avec. Loi ou pas loi rien ne m'empêche demain si j'ai envie d'aller tirer dehors avec à gauche à droite. Mais bon par précaution j'ai séparé les culasses du fusil. Surtout en cas de cambriolage. Un fusil sans culasse ne sert à rien.

D.J

Écrit par : D.J | 04 janvier 2013

Faudrait p'têtre planter un peu le décor...

Mis à part qu'elle est destinée aux tirs obligatoires, l'arme à la maison se justifiait à l'époque par le principe de mobilisation générale de soldats complètement équipés en cas de guerre. C'était l'avant et l'après guerre, puis la guerre froide. Il y a 30 ans on pouvait encore se balader à vélo avec un flingue en bandouillère sans que cela n'attire l'attention. On allait faire ses tirs flingue sous le bras et il n'y avait rien à redire, pas de risques de se faire emmerder. Essayez aujourd'hui...
Et puis, aujourd'hui quand une caravanne de tanks passe à travers un village, tout de suite des illuminés téléphonent au 117 pour demander s'il y a eu un coup d'Etat.

Bref, le rapport avec les armes a changé. Avant ça avait une connotation "devoirs civiques", maintenant ce sont les cinglés et les terroristes qui s'en sont emparés. Donc faut changer quelque chose.

Le problème ce n'est pas tant l'arme du soldat à la maison, mais les flingues des pères et grand-pères disparus qui finissent dans le pattes d'héritiers peu scrupuleux. Il faudrait donc qu'au décès des titulaires, les armes soient déposées à l'arsenal ou à la police.

Bon dieu avec toute cette informatique, si on n'est pas foutu de savoir où sont ces mousquetons et fass 57, c'est qu'on est vraiment nul. Chaque soldat qui rendu son merdier à 45 ou 50 ans, conserve arme et livret de service. C'est bien noté quelque part!

Écrit par : petard | 05 janvier 2013

Avez vouse unimage de Cedric, et at-il ete en Angleterre l'annee passee, au commencement d' aout?
Ou bien trop pauvre pour faire ca?!

Écrit par : Gar | 05 janvier 2013

"Bon dieu avec toute cette informatique,"
Il faudrait un peu arrêter de se cacher la réalité. Nos administrations sont en mains de minables incompétents qui n'ont aucune idée de l'informatique. Les spécialistes privés de l'informatique, c'est un ramassis d'escrocs profiteurs de l'incompétence générale.
Un jour, aux Impôts, je me suis étonné que mon adresse contenait une erreur grossière d'orthographe, erreur que j'avais signalée. Le type m'a regardé d'un air désabusé et m'a dit : "bienvenue dans le système informatique vaudois".

Mon mousqueton 31, je l'ai acheté parce qu'étant parti de nombreuses années en Afrique, mon Fass 57 ne m'a pas été restitué. Pour expliquer juste en passant ce qu'est la mentalité d'un citoyen-soldat suisse de 60 ans : je me souviens encore de son n° d'immatriculation, le 373298, arme reçue à 19 ans à Losone, et que j'ai rendue il y a 18 ans.
Ce mousqueton 31, je l'ai acheté pour me remettre au tir. L'occasion a fait le larron, il était à vendre dans une brocante au chef-lieu du district pour cent francs. Pas d'identité, pas de papier, rien. Des voisins qui passent me demandent en riant si je vais me mettre à la chasse aux chamois. Que voulez-vous, dans cette région...
Honnêtement, cela m'a étonné. Passe encore pour les soldats en exercice, bien que la composition ethnique de l'armée suisse remette en cause cette option, mais la vente aussi facile d'une arme de guerre aussi efficace que le mousqueton m'a choqué. D'autant que sa munition est la même que le Fass 57...

Mais Petard rêve s'il croit que l'on pourra les identifier aussi facilement. C'est le même problème qu'en Amérique après Newtown et les autres, avec 300 millions d'armes en circulation : il faut identifier les cas, et visiblement ce Florian B aurait mérité quelque suivi. A quoi donc servent ces putains de travailleurs sociaux ? Uniquement à fumer des joints avec les jeunes voyous ?

Écrit par : Géo | 06 janvier 2013

«Mais Petard rêve s'il croit que l'on pourra les identifier aussi facilement»

C'est sûr que mettre la main sur les mousquetons et fass57 qui se sont évaporés dans la nature suite à la disparition de leurs titulaires, ça va pas être possible.

Mais pister ceux qui sont encore entre les mains de leurs détenteurs légitimes, devrait être possible. C'est pourquoi, je suggère qu'au décès de l'un d'entre-eux, l'arme devrait être remise aux autorités pour enregistrement avant de la remettre à un héritier légitime. Ou confisquée si nécessaire.

Pour le moment je n'ai pas encore eu vent que le cadastre ait perdu l'identité d'un propriétaire foncier, même après un siècle ou un demi siècle... Ya des impôts fonciers au bout. Idem pour le fisc qui ne vous met pas aux oubliettes même si vous êtes mort et que vous leur devez 50 balles.

C'est quand-même fou comme l'administratif est efficace quand il s'agit de vous soutirer du fric.

PS
Moi je rêve que Julian Assange et sa bande envoient un méchant virus dans le Cloud externalisé de l'administration des impôts et fasse disparaître ma "fiche" à jamais. Mais je peux toujours rêver...

Écrit par : petard | 06 janvier 2013

@M. Montabert
Nous ne savons pas, pour l'heure, comment il a obtenu ses armes. Mais rien, contrairement à ce que vous sous-entendez, ne permet de dire qu'il les a obtenue de manière illégale.
Il est facile, et légal, d'acheter une arme de particulier à particulier. Sans aucun permis, sans aucune formalité à remplir.
En cela, il faut bien reconnaitre que le droit suisse est laxiste. Des mousquetons, en parfait état de marche, ce trouve très facilement et pas très cher. Je n'ai pas fait le teste, mais je parie qu'on peut même en trouver sur des sites d'annonces gratuites sur internet.
La munition, ensuite, est également très accessible. A ce niveau, il ne s'agit même pas de confiance envers le citoyen, mais bien de laxisme.
Il est toujours plus facile de juger après le tuteur en prétendant qu'il n'était pas assez suivi mais, est ce que son "état" pouvait être jugé suffisamment préoccupant pour venir fouiller sa maison régulièrement? Je ne le pense pas. Comme on ne piste pas tous les déplacements et les dépenses d'un mec sous tutelle. Il n'y a donc aucun moyen, sinon l'enfermement stricte, d'empêcher un type comme celui de Daillon, d'obtenir armes et munitions autrement qu'en augmentant les contrôles ou les conditions d'obtentions. Un achat d'arme limité par une demande d'autorisation permettrait déjà d'éviter qu'un déséquilibré ne puisse s'en procurer facilement.
Heureusement, ces armes de service lui avaient été retirées. Je dirai que pour une fois, l'administration a plutôt bien travaillé.
On peut regretter le temps nécessaire à la police pour intervenir. Mais réunir la troupe d'intervention du canton, en moins d'une heure sur place, me semble être un délai rapide. Il est normal, désolé pour les victimes, que l'on n'envoie pas l'agent du coin, qui n'est de toute manière pas équipé pour faire face à une arme de guerre.
Quant au maniement du mousqueton, il n'est pas difficile de s'entrainer à recharger, même à vide. Et si, comme on l'a décrit, il était ancien officier, ce n'est pas viser et tirer qui allait poser problème.
Il a probablement pu aller tirer, comme cela ce fait pas mal en valais, dans une gravière ou un coin reculer lors de la période de la chasse par exemple. Cela n'émeut personne.

Bref, je dirai que dans ce cas, grâce à la relative efficacité de l'administration valaisanne (ca fait mal de dire cela), un tueur fou a été neutralisé sans être tué, après avoir abattu 3 personnes et blessé deux autres. Mais cela aurait pu être bien pire s'il avait eu ses armes de service. Car un ancien militaire, donc rompu au maniement de son fusil et de son pistolet, pétant un cable et tirant avec un fass90, aurait tué bien plus de monde...

Écrit par : lefredo | 07 janvier 2013

@lefredo: l'individu n'aurait pas pu obtenir ses armes chez un armurier. Même les ventes d'armes entre particuliers sont soumises à autorisation (moyennant un formulaire qui coûte 70.- si mes souvenirs sont exact). La législation n'est donc pas en cause. Son application l'est, inévitablement, dans la mesure oì il y a des moyens de passer au travers, comme pour *toute* législation confrontée au monde réel. Ce qui rend d'autant plus grotesque les velléités de contrôler 100% des agissements de 100% d'une population - par exemple pour décider de son accès aux armes.

Habituellement, la "réponse" politico-médiatique consiste à augmenter la pression, avec des peines plus lourdes par exemple, plus de bureaucratie, de contrôles, d'autorisations... Outre que cette surenchère est aussi coûteuse qu'inefficace, elle finit par faire en sorte que tout le monde soit coupable d'infraction à une législation ou une autre. Je crois que même en Suisse aujourd'hui, c'est le cas depuis longtemps.

Pensez-y, lefredo, qui réclamez plus de loi et plus d'Etat! je suis sûr que si un flic ou un juge vous a dans le nez et s'intéresse à vous d'assez près il trouvera quelque chose à vous reprocher, que ce soit sur votre déclaration d'impôts, votre façon de conduire, le disque dur de votre ordinateur, ou les normes électriques de votre chauffe-eau. Etes-vous sûr d'être absolument en règle partout et pour tout? Comment l'affirmer, alors que, comme quiconque, vous ne connaissez même pas toutes les lois auxquelles vous êtes soumis?

Une meilleure réponse serait plutôt de s'interroger sur les raisons qui ont fait qu'un enfant du village marginalisé et dont la vie était intégralement entre les mains des "services sociaux" est devenu un tueur fou. Ce serait plus efficace que d'essayer (vainement) de les désarmer, ne croyez-vous pas? Absence de projet de vie, solitude, dépendance aux drogues... Les pistes ne manquent pas.

Mais il est tellement plus facile - et confortable - de hurler avec la meute "c'est les armes! C'est les armes!"

Écrit par : Stéphane Montabert | 07 janvier 2013

Il semble toutefois que nous sommes tous assez d'accord. Alors que certaines personnes, avec haute responsabilité et fonction en Suisse, disent d'énormes bêtises en pointant la possibilité pour les soldats de l'armée suisse de détenir leur arme de guerre à la maison, la question est la gestion de ce stock énorme de mousquetons 31 qui est répandu un peu partout, y compris chez moi. Je suis stupéfait de l'incompétence de Rebecca Ruiz, espagnole qui a acquis la fonction d'experte en armes chez nous sans avoir même le début du commencement de culture sociologique suisse, alors qu'elle dirige le Parti socialiste lausannois et qu'elle a fait ici des études de flic. C'est pourtant elle que ces sinistres nullards de la RTS interroge sur ce sujet...
Le fait que de plus en plus d'étrangers occupent des fonctions dirigeantes dans ce pays sans en avoir la culture va faire couler ce pays sans aucun doute. Moi je m'en fous, j'ai la chance énorme de ne pas avoir d'enfants. Les vôtres devront porter le voile dans quelques années si ce sont des filles et que vous continuez à voter pour ces gens-là...

Écrit par : Géo | 07 janvier 2013

@M. Montabert
Où voyez vous que je crie: "C'est les armes"?? Il me semble que je vais justement dans l'autre sens dans un autre poste parlant du sujet concernant les états unis.
Il y a certainement plein de pistes effectivement, pourquoi cet homme a été amené à devenir ce tireur fou? Je trouve amusant que vous mettiez les points de marginalisation ("Absence de projet de vie, solitude, dépendance aux drogues... Les pistes ne manquent pas.") en avant ici et pour le cas de cet homme, alors que vous réfutiez le même genre d'arguments que je mettais en avant sur la discussion à propos de la tuerie aux US.

[Stéphane Montabert: je ne les réfute pas ; ils ne suffisent pas, c'est tout. Il y a juste un moment où lorsqu'un forcené ouvre le feu sur une foule, il faut l'arrêter le plus vite possible, et le moyen le plus rapide est une arme entre les mais d'une "victime". Exemple:
http://www.contrepoints.org/2012/12/31/109712-une-tuerie-evitee-grace-au-droit-au-port-darmes
]

Il est clair que ces facteurs sont à mon sens plus important dans un cas comme celui ci que la possibilité d'obtenir une arme. Il n'empêche que si c'était un peu plus difficile, le risque diminuerait encore. Car tout le monde n'a pas les connaissance, l'envie et les capacités de s'acheter son arme au marché noir. C'est n'est pas si facile que cela.

[Sauf les plus obstinés. Comme les tueurs fous. Les tueurs à gage. Le grand banditisme.]

Vente entre particuliers autorisées si l'acheteur présente une autorisation délivrée par la police cantonale et obligation de déclaration de vente avec photocopie de l'autorisation.
C'est peut être un peu bureaucratique, mais cela rendrait les choses un peu moins accessibles. Bien sûr, tout le monde ne respectera pas cette réglementation, mais la majorité des gens sont honnêtes et respectueux des lois. Ils n'auront donc aucune raison de ne pas s'y plier.

[sauf que ceux qui ne s'y plieront pas seront précisément ceux pour qui la mesure aurait un sens. Bref, un joli coup d'épée dans l'eau pour em... les honnêtes gens sans rien entraver pour les autres.]

Vous militez bien pour la pose de caméras de surveillance un peu partout, au prétexte que celui qui n'a rien à se reprocher ne risque rien.

[n'importe quoi. Vous devriez me lire mieux que ça au lieu d'ériger un bel homme de paille.]

Pourquoi cet argument ne serait pas acceptable pour les armes? Posséder une arme n'est pas une plus liberté que celle de ce déplacer dans la rue sans être pris pour un coupable potentiel non? En plus, cela entraine aussi plus d'état et plus de bureaucratie, sans utilité aucune.

[l'argument est irrecevable parce que c'est n'importe quoi. Avoir le droit de posséder une arme est le fondement d'un peuple libre. Aucun rapport avec le fait d'être filmé ou non dans la rue, soit dit en passant.]

Concernant votre argument sur mon irréprochabilité, il est bien évidemment absurde.

[non, il est parlant, mais vous vous efforcez de ne pas le voir pour éviter toute discussion sur l'Etat de droit.]

Si un magistrat vous a dans le nez, vous aurez bien de la peine à vous défendre. La preuve en est faite ces temps avec les affaires Ségalat et Légeret, ou en valais avec l'affaire Lucas.

[ce sont des gens qu'un magistrat a "dans le nez"? Rien d'autre? Décidément...]

Si les magistrats ont décidé d'une chose, ils ne changent pas d'avis même quand des arguments devraient les inciter à revoir leurs positions.

Je ne vois pas en quoi demander moins de laxisme dans la vente et la possession d'arme soit un réel problème. La méthode serait simple et à l'heure de l'informatique facilement mise en oeuvre.

[l'informatique, c'est toujours facile! Le problème est que 1) c'est bureaucratique et 2) c'est inutile. Mais si vous y croyez, et si la classe politique y croit, nous auront droit à nos petites fiches en quatre exemplaires avec le tampon. Vous pourrez dormir tranquille, en attendant le prochain événement. Et là vous pourrez faire part de votre contrition sur ce blog: "je ne comprends pas, il y avait pourtant des formulaires à fournir... Il faudrait peut-être plus de formulaires?"]

Je ne comprends pas trop la réticence que certains ont à ce genre de contrôle. Car on parle d'armes de guerre ici, pas de jouet. Et puis, quand on sait comment sont entreposées les armes chez les particuliers, on a de quoi avoir peur pour notre sécurité vu le nombre de cambriolages...

[voilà, du lefredo tout craché. Des armes - tout à fait légalement détenues par ailleurs - peuvent être subtilisées dans un cambriolage. Mais pour lefredo, le cambriolage lui-même n'est pas le problème ; l'individu détenant une arme en toute légalité, c'est lui le problème, parce qu'il peut être cambriolé. Alors, plutôt que de lutter contre les cambrioleurs - une tâche noble et logique que suggèrerait un esprit un peu cohérent - on va plutôt chercher à empêcher des gens parfaitement honnêtes d'avoir une arme à la cave-au-cas-où-elle-se-fasse-cambrioler et reviennent entre les mains de tueurs en série assez vicieux pour ne pas utiliser le formulaire officiel en quatre exemplaire pourtant instauré au nom du Bien.
Logique de bout en bout.]

Écrit par : lefredo | 07 janvier 2013

@ Pétard,

Bien des soldats ont eu l'autorisation de garder leur fass 57 et 90 ( sauf erreur ) à la maison après leur obligation militaire sous condition de faire partie d'une société de tir. L'arme est néanmoins pipé pour ne plus que tirer au coup par coup. Que des citoyens ont des fass 57 chez eux n'a rien à voir avec la nullité de nos autorités qui ne savent pas où sont les armes. Il est probable qui l'en est de même pour les mousquetons.

D.J

Écrit par : D.J | 07 janvier 2013

DJ@ Vous oubliez que ces citoyens-soldats qui ont gardé leur arme meurent un jour ou l'autre. L'arme tombe en mains des héritiers qui ne savent pas quoi en faire et c'est ainsi qu'on en trouve à vendre dans les brocantes pour cent francs, et que l'on peut acheter sans aucun papier.
Rappelons que le mousqueton 31 est une arme avec laquelle un tireur un peu entraîné peut placer une balle dans un rond de 10 cm à 300 m, ou dans un ballon de foot à 800 m avec une lunette de tir. A Morges, on pouvait acheter cette arme avec lunettes et cache-flammes spécialement conçue pour les snipers. On n'appelait pas cela comme ça dans l'armée suisse, mais c'était l'idée. Le mousqueton est une arme idéale pour les troupes de montagne, beaucoup moins lourde que le 57. La fonction "rafale" est inutile et contra-productive en montagne, la munition étant lourde, donc rare. Chaque coup doit porter.
C'est donc une arme redoutable, dont la munition s'achète encore facilement dans les stands de tir, parce qu'elle est la même que le 57.
Ajoutons pour faire bon point que cette munition, la GP 11, est totalement surpuissante. Cela traverse 50 cm de sapin, ou la base d'un rail de chemin de fer. En rafale, vous démontez un mur de pierres sèches en quelques secondes (avec donc le 57...)
De mes yeux vu dans les premiers jours de mon école de recrue en 1971...
Il y a donc là un trou dans la législation et ce trou devrait être comblé. Sans rien toucher aux autres domaines, l'arme des soldats à la maison ou la capacité pour des citoyens d'acheter des armes de poing telles que le Sig Sauer pour leur défense propre. Donc méfions-nous des Rebecca Ruiz, qui voudraient que seules les femmes espagnoles puissent disposer d'une arme en Suisse...

Écrit par : Géo | 08 janvier 2013

Il est beau ce blog. Un défouloir où un géologue s’en prend à une Espagnole pour avoir l’outrecuidance d’être née en Suisse et d’y avoir fait ses études et d’exprimer son opinion. Intolérable. En revanche pas un mot sur l'origine française de l'hôte du blog.

Pour finir de nous rassurer, il nous annonce qu’il possède allégrement des mousquetons 31 et que "nos filles finiront voilées". Devant tant de bon sens et de modération, l’administration vaudoise ferait mieux de les lui retirer, ses chères armes. A moins que ce ne soit déjà fait.

Écrit par : Charles | 08 janvier 2013

Nous y voilà. Pour Charles, il faut retirer les armes de tout ce qui n'est pas à gauche. C'est très exactement à cela que mène la campagne socialiste sur les armes. C'est pour cela que les citoyens de ce pays doivent réellement commencer à réaliser qu'il faut éviter à tout prix de voter pour ces gens-là. Il suffit de regarder ce dont ils sont capables en terme de nuisances en France, dans absolument tous les domaines...

Écrit par : Géo | 08 janvier 2013

@ Géo,

Je répondais simplement à Pétard que les personnes qui ont des fass 57 chez eux n'est pas due à un dysfonctionnement des autorités, mais un droit qu'à chaque militaire une fois ses obligations de servir terminé à condition de faire partie d'une société de tir et d'y participer régulièrement.

Après pour l'histoire des héritiers etc... c'est un autre problème. Que je conçois également.

D.J

D.J

Écrit par : D.J | 08 janvier 2013

@D.J. «Je répondais simplement à Pétard que les personnes qui ont des fass 57 chez eux n'est pas due à un dysfonctionnement des autorités»

Mais je n'ai pas dit ça.
Que l'on laisse l'arme de service à l'ayant droit ne me pose pas de problème. C'est après que ça se complique, quand l'ayant droit a cassé sa pipe. Ces objets s'évaporent dans la nature et c'est ça qui ne va pas.
Moi aussi j'en ai un de ces mousquetons, celui de mon père. J'aurais pu le vendre dix fois. Ben non, je vais le remettre à la police, avant que je casse ma pipe, si possible.
Quant à mon SIG de service, je l'ai revendu en bonne et due forme à un officier le jour-même où j'ai rendu mon fatras.

Écrit par : petard | 08 janvier 2013

Geo vous tombez mal, je suis de centre-droit, pas UDC. Un registre sur les armes n’est pas seulement souhaité par Charles, mais surtout par les syndicats de policiers qui devraient pouvoir connaître l’arsenal des forcenés qu’ils doivent interpeler, au péril de leurs vies. Voir le bon et brave ingénieur biennois bien de chez nous qui a « pété les plombs » durant 10 jours et blessé grièvement un policier. Par patriotisme et respect envers nos agents de police qui risquent leur intégrité physique tous les jours pour nous défendre, c’est le minimum que de prendre en compte leurs revendications.

Quant à la bassesse de vos commentaires racistes sur les origines espagnoles de Mme Ruiz, ils méritent juste de s'arrêter là.

Écrit par : Charles | 08 janvier 2013

@ Pétard,

" Que l'on laisse l'arme de service à l'ayant droit ne me pose pas de problème. C'est après que ça se complique, quand l'ayant droit a cassé sa pipe. Ces objets s'évaporent dans la nature et c'est ça qui ne va pas. "

Ce serait effectivement un problème pour autant que rien ne soit prévu. Je savais pour le droit de garder son fass 57 après ses jours de services. maintenant je ne sais pas si il ont prévu une disposition pour ce genre d'arme automatique tel un fass lorsque par exemple le détenteur du fass décède.

Il est vrai que si rien n'est prévu c'est pas très net de laisser des armes courir dans la nature.

D.J

Écrit par : D.J | 08 janvier 2013

"Quant à la bassesse de vos commentaires racistes sur les origines espagnoles de Mme Ruiz, ils méritent juste de s'arrêter là."
Et voilà où nous mène la bouillie qui sert de pensée dominante. Évoquer les origines espagnoles d'une personne devient du racisme...
Les origines espagnoles de Rebecca Ruiz sont tout-à-fait honorables, mais il est peu probable qu'elle ait accompagné son père au stand de tir pour les tirs en campagne ou autre. Elle n'a donc pas la même culture que les petits Suisses sur les armes, elle a une culture espagnole où les armes sont strictement interdites aux citoyens, pour cause de guerre civile.
Et comme Mme Ruiz se trouve en Suisse, elle trouve normal que nous adoptions la culture espagnole. Parce que eux, voyez-vous, ils sont très fiers de leur culture, avec raison. Mais personnellement je suis Suisse et de culture suisse.

Revenons sur votre interprétation de l'affaire du retraité de Bienne. Ces flics casqués, en gilet pare-balles, le doigt sur la détente d'une arme désassurée, ils allaient y faire quoi, dans sa maison ? Si c'est cet usage des armes que vous défendez, c'est particulièrement malvenu. Et quand vous venez prétendre: "nos agents de police qui risquent leur intégrité physique tous les jours pour nous défendre", je me demande comment vous faites pour être aveugle sur le niveau de notre police à ce point, alors qu'elle ne s'intéresse qu'à coller les automobilistes durant les heures de bureau (la nuit, les moteurs hurlent impunément...)

Écrit par : Géo | 08 janvier 2013

Yvan Perrin vient de le dire dans le poste. Après le registre, la confiscation. C'est le but de la gauche, et la Suisse devient chaque jour plus à gauche ou internationaliste. Sauf erreur, il n'y a plus qu'un seul Vaudois au gouvernement de ce canton, au côté d'un Grec, d'une Française ex-CGT, d'une Espagnole fier de son nom qui signifie "rouge", etc...

Donc le registre correspond aux intérêts des flics, certes. Le jour où quelqu'un répondra au 117 quand vous en avez besoin - c-à-d quand les poules auront des dents - on avisera...

Écrit par : Géo | 08 janvier 2013

@Géo: "Après le registre, la confiscation." c'est une évidence. Les partisans du collectivisme n'ont de cesse de désarmer tout ce qui peut l'être - non seulement les civils, mais également la police et même l'armée parce qu'elles défendent un ordre social jugé bourgeois. Mais je vous rassure, à l'époque soviétique, aucun politicien à l'Est n'aurait une minute plaidé pour moins d'armes entre les mains des serviteurs de l'Etat. Tout est lié au régime à défendre.

@Charles: "les syndicats de policiers qui devraient pouvoir connaître l’arsenal des forcenés qu’ils doivent interpeler, au péril de leurs vies." Et il est sûr qu'un registre incomplet et constellé d'erreur va certainement les y aider... Le mieux est de se préparer au pire, c'est la simple prudence. Quant à l'appétit des policiers pour le contrôle des armes, il s'inscrit non seulement dans la volonté d'être doté de privilèges vis-à-vis du commun des mortels, mais aussi dans celui de renforcer leur monopole de la sécurité, deux tares dont sont affectées les polices d'aujourd'hui et qu'il ne s'agit certainement pas de renforcer.

Une petite lecture complémentaire si le sujet vous intéresse:
http://fr.liberpedia.org/Forces_du_désordre

Écrit par : Stéphane Montabert | 08 janvier 2013

«Revenons sur votre interprétation de l'affaire du retraité de Bienne»

Tiens donc, venir claironner aujourd'hui tout azimut qu'il souffre de troubles délirants... ça fait tout-de-même un peu «Vol au-dessus d'un nid de coucou». Il défendait son patrimoine le bonhomme, à tort peut-être, mais qu'on le laisse assumer son geste et qu'il déballe tout au tribunal. Tout de même étrange que le ministère public n'ait pas requis d'inculpation. Est-ce que la saisie par la force qui a foiré était proportionnée aux deniers dûs à l'«Oncle Paul»? On le saura jamais.

Écrit par : petard | 08 janvier 2013

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