09 janvier 2013

Des allocations pour un bel avenir

L'histoire du jour nous vient d'Afrique du Sud par le biais du quotidien 20 minutes: selon un reportage de la chaîne de télévision Sky News, des Sud-Africaines boiraient des substances toxiques pour augmenter leurs chances de mettre au monde un enfant handicapé... et toucher ainsi davantage d'allocations.

L’Afrique du Sud détient un triste record: celui du syndrome d’alcoolisation fœtale, qui entraîne de graves handicaps chez l’enfant (...) Un reportage de la chaîne britannique SkyNews dans la province du Cap-Oriental met en lumière les ravages de l’un des breuvages, le «kah-kah». Ses ingrédients: du lait, de la levure et... de l’acide sulfurique.

Des femmes en état de grossesse avancée en sont dépendantes. «Si je n’en bois pas, je suis malade», affirme Mary. Elle a déjà quatre enfants et vit dans une cabane avec huit autres membres de sa famille, tous au chômage.

Certains craignent que cette forme d’alcoolisme ne soit entretenue par le système social. Des mères boiraient délibérément afin de donner naissance à un bébé atteint d’un retard ou d’un handicap. A la clé, une allocation mensuelle de 1200 rands (128 francs suisses), près de cinq fois plus que celle versée pour un enfant valide. Mary admet que ces aides permettraient de «payer l’école» à ses autres enfants.

 

Payer l'école à ses autres enfants... Ou se livrer à son vice avec encore moins de retenue: l'allocation mensuelle couvrirait le prix d'environ 600 bouteilles de kah-kah.

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Les allocations entraînent-elles des femmes dans l'alcoolisme et la mise au monde d'enfants handicapés? L'idée a de quoi choquer, tant elle va à l'encontre des raisons pour lesquelles elles sont mises en place.

Les "shebeens", brasseries clandestines où sont distillés les substances alcooliques les plus infectes, sont probablement antérieurs aux programmes sociaux visant à soulager les familles d'enfants malformés. Il n'empêche: comme le témoignage de Mary le révèle, de tels mécanismes de redistribution sont de puissants incitatifs à ne pas remettre en question une conduite à risque.

Pour l'auteur du reportage Alex Crawford, le lien de cause à effet ne fait aucun doute: les femmes boivent précisément dans le but d'accoucher d'un enfant malade.

Le syndrome d'alcoolisation foetale, lié à la consommation de la mère, provoque des malformations ou des retards mentaux irréversibles:

Les enfants souffrant du syndrome de l’alcoolisation fœtale ont un système immunitaire beaucoup plus faible que la normale, ils seront donc souvent atteints par des maladies infectieuses diverses. Des retards du développement physique et des dysfonctionnements du système nerveux central sont souvent observés. L'enfant pâtira d'un retard mental plus sérieux, d'un comportement instable et d'un quotient intellectuel plus bas. Les enfants atteints du syndrome d'alcoolisation fœtale éprouvent beaucoup de difficulté à être autonomes. La plupart d'entre eux sont incapables de se nourrir seuls et d'apprendre à s'occuper d'eux-mêmes au même rythme que les autres enfants. Il leur est beaucoup plus difficile de se faire des amis et de s'intégrer à des groupes. En grandissant, ces personnes conserveront toujours certains problèmes d’autonomie.

 

Le taux de naissances de ce type monte à 7 ou 8% dans certaines provinces d'Afrique du Sud selon l'OMS, contre 1% ou moins dans les pays occidentaux. Ce n'est pas qu'une question de richesse ou de pauvreté. L'Afrique du Sud est clairement au-dessus de la moyenne mondiale - en fait, le pays détient depuis 2002 le triste record du nombre de cas d'alcoolisations foetales.

La police fait régulièrement des descentes pour fermer les brasseries clandestines et disperser l'alcool qu'elle y trouve. L'association des producteurs officiels, l'Eastern Cape Liquor Board envisage une campagne d'information sur les dangers d'une forte alcoolisation pour les femmes enceintes.

Apparemment, personne ne semble remettre en cause le mécanisme des allocations et ses effets pervers.

Commentaires

La simple pensée que s'il n'y avait pas autant de chomeurs et de gens vivant dans une immense misère en Afrique du Sud, il y aurait certainement moins d'alcooliques et de personnes s'empoisonnant pour toucher des allocations? Probablement la seule manière pour eux de survivre et de trouver de quoi payer leur saloperie?
Il ne vous vient pas à l'esprit que si ces gens étaient éduqués et formés, ils ne se retrouveraient pas à faire 12 gamins dont ils ne peuvent s'occuper et se droguer?
Pour vous, le problème ce sont les allocations et non le système inégalitaire dans son ensemble, le manque d'éducation, la drogue et l'alcoolisme?
Personnellement, je vois dans ce genre de reportage un signe flagrant que l'afrique du sud ne fait pas encore partie des pays "occidentaux" et que même si elle fait partie des pays "riches", un énorme travail reste à faire pour aider une très grande partie de sa population, exclusivement noir, à ce sortir d'une misère qui n'a rien à envier aux autres pays africains. Mais bien sûr, pour vous, le problème ce sont uniquement les allocations et la fainéantise de ces assistés.

Écrit par : lefredo | 10 janvier 2013

@lefredo: "Mais bien sûr, pour vous, le problème ce sont uniquement les allocations et la fainéantise de ces assistés."

Non, pour moi ce sont les enfants malformés à dessein, dont l'avenir est sacrifié uniquement dans le but de toucher de l'argent.

Avez-vous au moins lu le billet? Vous ne semblez guère concerné. Le problème est sud-africain, il n'est pas ghanéen, yéménite, malien ou tout pays aux conditions de vie similaires ou pires à l'Afrique du Sud. Ce n'est pas un problème de pauvreté, mais une perversité liée à un mécanisme de redistribution.

Ce n'est pas la première fois que je remarque de tels phénomènes, même si là on touche à des sommets dans l'ignominie. Pensez-vous que les politiciens à l'origine du programme d'allocation sud-africain souhaitaient que les sommes versées aux familles d'enfants handicapés soient dépensées en kah-kah parfumé à l'acide sulfurique? Que ces sommes servent à enfanter encore plus d'enfants handicapés?

La première règle de la redistribution vaut autant pour l'Etat que quand on fait l'aumône: surtout, ne pas donner de l'argent. De la nourriture oui, des vêtements oui, des bons scolaires ou médicaux ou des avoirs dans un centre de formation, tout ce que vous voulez... Mais surtout pas du cash, jamais. Il se retrouvera dilapidé en bibine ou pire encore.

Sinon, vous, vous proposez quoi? Les "éduquer" et les "former" à grands frais, sachant qu'ils seront ivres la plupart du temps qu'ils passent éveillés? Leur donner plus d'argent?

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 janvier 2013

"Les "éduquer" et les "former" ". Depuis les indépendances des années 60, les Européens paient tout ce qui est infrastructures en Afrique. Ou alors, ils font semblant d'emprunter cet argent et quelques années plus tard, les camarades de lefredo militent pour la suppression de cette dette, et on la supprime. Toutes les écoles, tous les hôpitaux, toutes les routes du continent noir ont été construits avec l'argent des impôts européens, et depuis une 20 aine d'années, des Chinois.
Problème : le temps de construire une école, le contingent de cinq est né. Beaucoup d'enfants parce que enfant = cadeau de dieu, sécurité sociale et grosse mortalité infantile (après 50 ans de présence de coopérations diverses !).
Lisez "Négrologie" de Stephen Smith.

Écrit par : Géo | 10 janvier 2013

@géo
Retournez regarder votre nombril dans la glace et laissez les africains se démerder sans vous, ca ne sera pas pire et on aura moins de conneries ethnocentristes à lire.

@Montabert
J'ai lu votre billet, et je le trouve très mal tourné pour que je l'aie compris dans le sens de mes remarques.
Je n'ai pas de solutions à proposer, je ne suis pas qualifié, comme je ne suis pas qualifié pour juger de la justesse ou non du système d'allocations sud africain.
Il est certain que leur but ne doit pas être d'aider des familles à se détruire et que je pense que dans des cas où la pauvreté est extrême, comme c'est le cas dans certaines régions d'afrique du sud, il serait en effet préférable de leur donner de la nourriture ou des aides matériels.
Maintenant je ne suis pas là-bas et je ne connais pas les subtilités du système local (et vous non plus).
Vous faites une comparaison avec d'autres pays africain...mais est-elle valable? Font ils autre chose pour leur pauvres? Evidemment non. Dans les autres pays ils crèvent, ou vendent leur gamins pour bosser dans des mines...
L'afrique du sud paie parce qu'elle le peut. Mais on voit par ce genre de reportage qu'elle a encore énormément de boulot à faire pour que les générations issues de l'apartheid arrivent à un niveau d'éducation suffisant pour parvenir à être intégrer à la société. Mais bon, faudra probablement encore une ou deux générations.

Écrit par : lefredo | 10 janvier 2013

@Géo: Je veux bien que vous citiez de bons livres, mais encore faut-il que ce soit à propos. Je ne vois pas en quoi les subventions pour enfants handicapés ont quoi que ce soit à voir avec le colonialisme - exemple encore plus mal choisi dans le cas de l'Afrique du Sud. Du reste, des roms handicapés de Roumanie aux mendiants indiens aveugles (voire l'exemple dans Slumdog Millionnaire) le monde est plein de gens prêts à mutiler et sacrifier des gamins contre un peu d'argent.

Ce qui rend l'exemple africain si parlant, c'est que non seulement des mères bousillent leur propre enfant à naître, mais en plus les subsides viennent directement de l'Etat.

@lefredo: Vous n'avez pas de solution à proposer, vous n'êtes pas qualifié... Cette soudaine modestie vous honore! Mais les principes qui sous-tendent l'action humaine transcendent les frontières et les cultures.

"Dans les autres pays ils crèvent, ou vendent leur gamins pour bosser dans des mines..." Personnellement je préfèrerais bosser dans une mine que d'être handicapé mental parce que ma mère alcoolique a voulu que je le sois pour toucher une allocation.
Ailleurs ils ne "crèvent" pas non plus, ou alors de guerre civile, ce qui est autre chose que la pauvreté.

La pauvreté n'est pas affaire d'allocations. On ne sort pas, on ne sort jamais de la pauvreté avec des allocations!!

"L'afrique du sud paie parce qu'elle le peut."

Exactement. L'Afrique du Sud est assez riche pour disposer d'une caste de politiciens à l'européenne, bien décidés à s'acheter les voix des plus pauvres avec des prébendes ponctionnées sur le reste du système économique.

S'il faut probablement encore une ou deux générations à l'Afrique du Sud, c'est pour être aussi ruinée et endettée que nos pays européens, avec une bonne portion d'alcooliques et de retardés mentaux par-dessus le marché. Mais on ne va pas remettre le principe en question, n'est-ce pas?

Écrit par : Stéphane Montabert | 10 janvier 2013

"je ne connais pas les subtilités du système local (et vous non plus)."
Mais moi oui, et cela vous dérange visiblement fortement. Et en plus je vous indique Stephen Smith.
Un peu d'honnêteté intellectuelle n'a jamais fait de mal à personne, lefredo.

Écrit par : Géo | 10 janvier 2013

@lefredo: Indépendamment de ce qu'on pense du social en général, le type d'aide choisi ici par l'Afrique du Sud est vraiment pervers, les aides en nature sont nettement meilleures.
Par exemple, plutôt que donner de l'argent pour "payer l'école", rendre l'école gratuite semble une évidence. On peut même y ajouter un repas gratuit, ce qui incitera d'autant plus les gens à y envoyer leurs enfants. C'est d'ailleurs, à ma connaissance, un des aspects du programme "faim zéro" au Brésil. Loin d'être parfait - il n'y a de toute façon pas de solution miracle, il semble quand même un peu mieux inspiré que l'exemple dont il est question ici !

Écrit par : zamm | 10 janvier 2013

"Personnellement, je vois dans ce genre de reportage un signe flagrant que l'Afrique du Sud ne fait pas encore partie des pays 'occidentaux'."

Deux deux choses l'une, Lefredo. Soit vous êtes bien jeune et vous n'avez pas étudié l'histoire, soit votre mémoire vous fait défaut. Je ne retiens naturellement que les hypothèses les plus indulgentes.

Précisément : il y a, mettons, trente ans, l'Afrique du Sud faisait partie des pays occidentaux. C'était le seul pays d'Afrique qui ne présentait aucune différence avec un pays européen, sinon la couleur de peau de certains de ses habitants. L'Afrique du Sud était un pays prospère, développé, à la pointe de la modernité : c'est en Afrique du Sud qu'on a réussi la première greffe du coeur.

Aujourd'hui, l'Afrique du Sud est un enfer du Tiers-Monde, l'électricité y est constamment en panne, le taux de meurtres y est l'un des pires de la planète. Un homme sur quatre y reconnaît avoir déjà commis un viol dans sa vie (et un sur sept reconnaît avoir déjà participé à un viol collectif).

Qu'est-ce qui a donc bien pu se passer en trente ans ? Vous ne voyez pas ? C'est pourtant simple.

Il y a trente ans, ce sont les Blancs qui avaient le pouvoir en Afrique du Sud.

Aujourd'hui, ce sont les Noirs qui ont le pouvoir en Afrique du Sud.

Écrit par : Robert Marchenoir | 10 janvier 2013

@R.Marchenoir

Ben au moins il n'aura pas fallu grand chose pour que vous montriez à tous le visage qui est le votre...Et après c'est moi qui me fait traiter en douce de crétin...

Écrit par : lefredo | 11 janvier 2013

Il n'est de pire sourd qui ne veut entendre. Tous les hommes sont égaux, toutes les cultures se valent, ouvrons grandes nos frontières à tous ces malheureux...
Le mal dont souffre lefredo est très répandu ici en Suisse. Peut-être avez-vous vu le Temps présent de hier soir, consacré aux victimes d'agressions violentes : tous ont une pensée émue pour leurs agresseurs, veulent croire que s'ils ont été agressés, c'est parce que ces braves agresseurs ont femme et enfants à nourrir.
On hésite au début entre admiration et effarement. On comprend que pour se remettre, ils doivent chercher à dédramatiser ce qu'ils ont vécu. Cette dame et son mari agressés nuitamment deux fois, avec le mari infirme battu dans son lit, qui nous dit tranquillement qu'elle croit à la bonté de l'humanité. On peut admirer, en effet, mais on se dit que l'idéologie chrétienne est définitivement déconnectée de la réalité de notre monde. Cela allait quand l'Occident chrétien dominait le monde, on massacrait au nom de la Croix et on soignait après au nom du même symbole. Aujourd'hui, nous sommes 7 milliards sur Terre dont un milliard de chrétiens pas très convaincus. Le centre de décision du monde s'est déplacé vers l'Asie, et les Africains continuent de se multiplier sans avoir une seule clé de leur sécurité alimentaire. 30 à 100 millions voudraient venir en Europe maintenant, s'ils le pouvaient. Le temps de l'idéalisme aveugle devra bien finir, sinon cela va très mal se passer pour nous.

Écrit par : Géo | 11 janvier 2013

@ Marchenoir,

Sur l'Afrique du sud vous avez raison sauf sur un point. Cataloguer ce pays " d'enfer du tiers-monde ". Je nuancerais sur le terme " tiers-monde " le fait que ce pays économiquement fait partie de la quinzaine de pays d'Afrique noire émergents à taux de croissance annuel moyenne de 5%.

Mais la croissance ne résout pas tout si la politique sociale ne suit pas. La Chine est l'exemple de réussite économique mais qui pourtant laisse encore dans la misère une majorité de sa population, sans parler de sa politique répressive. Et l'exemple du billet de Montabert sur L'AF du sud aussi.

@ Zamm,

Je suis d'accord avec votre commentaire. Mais dans le cas du billet il s'agit d'aides sociales ciblées pour enfants nés handicapés. Mais si la source du problème semble être connu, il faudra que ces aides ne soit plus versés à l'aveugle. Et que toute mère dont on aura prouvé qu'elle c'est intoxiqué volontairement de substances toxiques mettant en danger le futur bébé pendant le grossesse devra faire face à ses propres responsabilités. Tel a retirer l'enfant de sa mère à la naissance pour punir la mère et non l'enfant qui lui n'y peut rien et qui recevra des soins adéquats.

D.J

Écrit par : D.J | 11 janvier 2013

@Géo
"Il n'est de pire sourd qui ne veut entendre. Tous les hommes sont égaux, toutes les cultures se valent, ouvrons grandes nos frontières à tous ces malheureux..."
Ou est ce que vous lisez ca de ma part? Et vous arrivez à comprendre cela de mon intervention? C'est un bel exercice d'interprétation de texte que vous nous faites là.

Quant au reste, ma foi, on ne va pas tenter de vous démontrez que vous oscillez entre fantasme et paranoïa, ca serait une perte de temps et d'énergie bien inutile.

Écrit par : lefredo | 11 janvier 2013

lefredo@ Quand l'ANC est arrivée au pouvoir, avec tous les petits crétins qui chantaient ici "Asi bonanga", moi je disais à qui voulait l'entendre exactement ce qu'a écrit Marchenoir. Quand je suis parti en Angola, mon dentiste m'a dit : "vous partez pour le pays le plus pauvre du monde !". Certes, certes, sauf qu'avant le départ des Blancs, les portugais, c'était peut-être le pays le plus riche du monde. Idem le Mozambique, idem le Congo, idem l'Afrique. Quand les Blancs étaient sur ce continent, tout croulait sous les richesses. Depuis qu'ils sont partis, on ne parle que de misères et de famine. Cela devrait tout de même vous faire réfléchir.

Écrit par : Géo | 11 janvier 2013

@Lefredo: "30 à 100 millions [d'Africains] voudraient venir en Europe maintenant, s'ils le pouvaient". Bien qu'agressif, désagréable et exagéré, ce Géo n'a pas tout tort. En effet depuis que la Suisse a aboli le statut de saisonniers pour ses voisins « proches», elle voit à l’heure actuelle déferler un nombre d’étrangers impressionnant, et notamment d’Africains. Lausanne en est l’exemple, il n’y a qu’à se balader dans ses rues pour constater combien cela a changé en 10, 15 ans. Regroupement familial le permettant, les familles avec de nombreux enfants à charge, entretenus par le social, le seront probablement à vie. Du moins pour deux, trois générations, le temps que ces nouveaux secundos et tertios soient intégrés.
Il n’en demeure pas moins qu’il est désagréable de se sentir en minorité dans un pays déjà petit.

Écrit par : Anouk | 11 janvier 2013

D.J.: on ne détruit pas en quelques années une civilisation que les Blancs ont mis plusieurs siècles à construire. Il y a encore des restes. Il y a encore des Blancs qui font tourner la société. Il faudra un certain temps pour que l'Afrique du Sud retourne à l'état sauvage qui est celui du reste du continent. Mais le mouvement est bien amorcé.

Lefredo : de quel visage voulez-vous parler ? De celui d'un homme honnête qui respecte la vérité ? Visiblement, ce n'est pas le vôtre, en effet. Osez dire que ce que j'écris n'est pas la vérité.

Écrit par : Robert Marchenoir | 11 janvier 2013

Anouk@ Allons-y pour les insultes, mais encore faut-il les démontrer. En quoi suis-je plus agressif, désagréable et exagéré que lefredo ?

Écrit par : Géo | 12 janvier 2013

@Géo
" c'était peut-être le pays le plus riche du monde. Idem le Mozambique, idem le Congo, idem l'Afrique. Quand les Blancs étaient sur ce continent, tout croulait sous les richesses."
Richesses qui étaient distribuées et qui profitaient à la majorité de la population, population qui bénéficiait de larges droits et pouvoir décisionnel, c'est bien connu...

@Marchenoir
"de quel visage voulez-vous parler ?"
Du colonialiste mélancolique qui érige l'apartheid en système exemplaire.

D'une manière générale, si les "blancs" avaient un tant soit peu mieux éduqués les locaux, les pays cités ne seraient pas devenus des réservoirs à miséreux. Mais on ne pille pas facilement des gens éduqués.

Cette période était ce qu'elle était, mais il ne faut pas nier que les richesses de là-bas ont bien plus contribué à rendre les pays européens riches que les pays africains...

Écrit par : lefredo | 12 janvier 2013

@lefredo: " il ne faut pas nier que les richesses de là-bas ont bien plus contribué à rendre les pays européens riches que les pays africains..."

Cette antienne est un peu la pierre angulaire des anti-colonialistes, mais elle est historiquement fausse. De nombreux pays occidentaux devinrent riches et développés sur la même période que la colonialisation sans jamais posséder d'empire colonial proprement dit, comme les pays nordiques, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Canada, les Etats-Unis, l'Autriche ou la Suisse. Et ce n'est pas la modeste Libye qui est à l'origine de l'industrialisation italienne...

Les pays européens colonialistes se saignèrent aux quatre veines pour leurs colonies. Ils engloutirent des fortunes sans nom pour bâtir à partir de rien des routes, des écoles, des dispensaires, des ponts, des ports, des villes, bien plus qu'ils n'en retirèrent jamais avec les maigres ressources retirées localement. Pire, les puissances coloniales achetaient la production de leurs propres colonies plus cher que les prix du marché, pour les soutenir!

Les colonies étaient une opération de prestige totalement ruineuse. Cela joua dans la décision de décoloniser. Ruinés par la guerre, les anciennes puissances coloniales n'avaient plus les moyens d'entretenir ces danseuses. Des historiens estiment par exemple que c'est la raison réelle pour laquelle le Général De Gaulle lâcha l'Algérie française - la France de l'époque ne pouvant tout simplement plus se la permettre.

Cet état de fait explique aussi pourquoi, une fois laissées à elles-mêmes, les anciennes colonies périclitèrent économiquement pour la plupart: non seulement il n'y avait plus les cadres européens pour faire tourner une main d'oeuvre totalement inefficace, mais il n'y avait plus non plus d'acheteurs prêts à subventionner la production locale à des prix surévalués.

Il y a plein de bonnes raisons pour critiquer la colonisation, mais ne travestissons pas l'histoire: le prétendu enrichissement des puissances coloniales sur le dos des indigènes n'en fait pas partie.

Écrit par : Stéphane Montabert | 12 janvier 2013

Parfaite réponse, S.Montabert. On pourrait nuancer avec le cas des colonies portugaises. Salazar savait que le Portugal était trop pauvre, trop isolé en Europe et dans la péninsule ibérique (comme on peut le voir aujourd'hui) et projetait très sérieusement de transférer le Portugal en Angola. Huambo s'appelait Nova Lisboa et c'était au sens propre. La révolution des oeillets a créé un drame énorme autant en Angola qu'au Mozambique. En Angola, 350'000 Portugais obligés de partir en une fois. Lisez - avec propos...- "Another day of life" de Richard Kaprinsky.

Écrit par : Géo | 13 janvier 2013

lefredo@ "Richesses qui étaient distribuées et qui profitaient à la majorité de la population, population qui bénéficiait de larges droits et pouvoir décisionnel, c'est bien connu..."
Dans ces temps-là, la littérature anglaise, celle des gens qui ont créé le tourisme en Suisse, traitait les Suisses de singes. Cela vous empêche de dormir ?
Cela empêche les Valaisans de faire des montagnes de fric avec ces Anglais ?

Écrit par : Géo | 13 janvier 2013

[...De nombreux pays occidentaux devinrent riches et développés sur la même période que la colonialisation sans jamais posséder d'empire colonial proprement dit [...] les Pays-Bas...]

-> Quel culture! Les Pays-Bas... Mouarf...

Abe

Écrit par : Jocauss | 13 janvier 2013

@Jocauss: Les Pays-Bas eurent bien un "empire colonial" mais celui-ci eut lieu au XVIe et XVIIe siècle et se basait sur le commerce local, non la domination, et à l'époque pré-industrielle. Leurs colonies - de simples comptoirs commerciaux pour la plupart - tombèrent aux mains des Anglais avant la moitié du XVIIIe siècle, à la seule exception de l'Indonésie qui resta entre leurs mains jusqu'en 1945.

N'hésitez pas à nous démontrer la richesse actuelle des Pays-Bas à l'aide ce ce pays, ce sera distrayant, sans aucun doute. Quitte à citer des empires coloniaux sans rapport avec la période qui nous intéresse, vous pourriez remonter jusqu'à Rome, Alexandre le Grand et Gengis Khan.

Et puis vous êtes gentil, mais les autres exemples, vous en faites quoi? Expliquez-nous donc, Jocauss.

Écrit par : Stéphane Montabert | 14 janvier 2013

C'est vrai que les Hollandais ont été malin. Ils ont créé des colonies à travers le monde entier (la liste est très longue) pour ensuite refourgué les responsabilités aux Anglais, Portugais, etc...
Ainsi ils n'avaient pas à "diriger" ces colonies mais juste en tirer le meilleur du commerce grâce aux divers traités qu'ils ont signé avec les pays "repreneur" de leurs colonies!

[Stéphane Montabert: Ok, autant pour moi, vous racontez n'importe quoi.]

Mais pour être plus proche de ton post, qui se passe en Afrique du Sud non?, ai-je tord en disant que ce sont principalement des colons Hollandais qui ont créé l'Afrique du Sud ainsi que le régime de l’apartheid qui a régné pendant des décennies?

Abe

[1. "Créer" un pays ne veut strictement rien dire.
2. L'apartheid est fini depuis 1994, il y a 19 ans. Là nous parlons de choses qui se passent en 2013. Maintenant.
3. Quel rapport avec la choucroute?]

Écrit par : Jocauss | 14 janvier 2013

Jocauss@ les Afrikaners sont des descendants de Hollandais qui ont FUI la Hollande pour cause de persécution religieuse. Comme les Quakers du Mayflower. Avec les mêmes problèmes de barjots qui se prennent pour le peuple élu de dieu. Voir W...
D'où la trilogie Israël - Afrikaners - baptistes du sud américains.

Mais tout cela se passait il y a plusieurs centaines d'années. Pensez-vous qu'il existe qqch de plus profondément malhonnête que de juger les temps passés avec les yeux d'aujourd'hui ? Moi pas.

Écrit par : Géo | 14 janvier 2013

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