03 février 2013

Vision de fourmi rouge

Renens a son lot de particularités attachantes ; l'une d'elle est la "fourmi rouge", feuillet mensuel de l'extrême gauche, aimablement distribué à tous les ménages de la commune.

J'adore la fourmi rouge. Chaque numéro combine un mélange de propagande surannée, de nombrilisme mielleux, de raisonnements bancals, d'attaques gratuites, le tout enrobé d'une bonne louche de mauvaise foi. C'est bien simple, jusqu'à la mise en page bloquée quelque part dans les années 80, le moindre exemplaire est collector! Il ne manquerait qu'un poil d'autodérision pour atteindre le nirvana, mais enfin, c'est sans doute trop demander à la section locale de l'avant-garde du prolétariat.

fourmi_rouge.jpgSi j'ai choisi d'évoquer cette feuille de chou avec vous aujourd'hui, c'est parce que l'UDC est au centre de son dernier numéro. Le nouveau venu de la politique communale obsède notre insecte, qui y consacre la moitié de ses pages.

L'éditorial évoque ainsi les modestes baisses proposées au budget 2013 par notre parti devant le Conseil Communal - 300'000 francs d'économie sur un budget de 100 millions, dérisoire! - comme une attaque signant rien de moins que la fin de toute vie culturelle:

Ces propositions trahissent une vision du monde bien triste: un monde où déambule un.e citoyen.ne (sic) qui, tout en continuant de faire marcher l'économie, ne demande rien, ne crée rien, se rencontre dans des lieux invisibles, n'écoute pas de musique et n'en demande pas, paie pour des loisirs individuels qu'il ne partage avec personne et laisse bafouer ses droits sans réagir. Est-ce là un projet de société?

 

Non, ce n'est pas un projet de société ; à vrai dire, pas même un texte compréhensible. Et comment peut-on tirer des extrapolations aussi apocalyptiques d'une simple baisse de subvention?

L'idée que les ressources que la Municipalité alloue à la vie associative proviennent des poches mêmes de la population qu'elle prétend aider n'effleure pas notre bonne fourmi. N'importe quel Renanais pourrait librement choisir de devenir membre d'associations comme les "Familles du Quart Monde", "Globlivres" ou l'humblement nommée "Renens Carrefour du Monde", et les soutenir financièrement. Ils ne le font pas.

Qu'à cela ne tienne, extorquons-leur la somme quand même à travers l'impôt!

L'administration communale substitue donc son jugement (forcément supérieur) à celui de ses administrés et dépense à leur place, en leur nom et avec leurs économies. Elle s'en attribue même le mérite par-dessus le marché. En outre, vu la couleur politique des associations soutenues, le copinage n'est pas loin.

Franchement, pas de quoi être fier.

Une deuxième critique est livrée en dernière page du fascicule dans une autre rubrique au ton plus corrosif, "acide formique" (à côté d'une annonce titrée "Des difficultés à remplir votre déclaration d'impôt?", ça ne s'invente pas!)

La fourmi en remet donc une couche:

Les amendements UDC montrent clairement quel type de ville ce parti veut. Une ville pingre sur la qualité des services publics et qui ne ferait aucun effort pour relever ceux qui sont tombés. Une ville sans culture et sans vie associative où l'on aurait rien de mieux à faire que de rester chez soi.

 

"Relever ceux qui sont tombés", noble formulation! On tombe souvent à Renens. Mais on se relève beaucoup moins, malgré le plaidoyer de l'extrême-gauche au pouvoir. Le taux de chômage de la commune est deux fois plus élevé que la moyenne nationale, allez comprendre! Se pourrait-il que deux ou trois notions économiques de base échappent à nos marxistes de service?

Quant à une ville "pingre sur la qualité des services publics" ou "sans culture et sans vie associative", excusez-moi de vous le dire, chère fourmi rouge, mais c'est exactement ce vers quoi nous nous dirigeons - grâce à vous.

Il ne fait aucun doute que Renens va droit dans le mur financièrement, l'excercice comptable de cette année étant un adieu aux chiffres positifs, pour longtemps.

Quand les impôts communaux seront au taquet, que les rares contribuables aisés auront fini de fuir la ville et que celle-ci, étranglée par la dette, quémandera sans la trouver une aide financière venue du ciel, que restera-t-il à faire? La même chose que partout ailleurs: des coupes drastiques et immédiates de toutes les budgets non liés à des obligations légales.

La potion de la rigueur sera amère et il faudra la boire jusqu'à la lie.

Les crèches fermeront. Les loyers ne seront plus subventionnés. Il n'y aura plus de musiciens invités, de spectacles, de campagnes d'affichage et de livrets distribués pour l'autopromotion de la Municipalité. Les fontaines se tariront dans des parcs laissés en friches. Des projets immobiliers publics s'arrêteront subitement en plein chantier. Il n'y aura plus d'agapes, d'apéros et autres banquets aux frais du contribuable. Baisses de salaire et licenciements frapperont les employés de l'administration communale.

Pas très réjouissant, chère fourmi rouge, n'est-ce pas? Nous nous dirigeons pourtant vers cet avenir sombre chaque jour davantage, sous votre conduite résolue.

Contrairement à ce que vous pourriez croire, cette perspective ne m'enchante guère. Si j'ai choisi de me lancer au Conseil Communal c'est aussi parce que j'aime cette petite ville que vous oeuvrez sans relâche à défigurer. Je m'inquiète des conséquences de votre gestion désastreuse sur ses habitants et ses services. La vision budgétaire de l'UDC s'inscrit dans la durée, par la recherche d'un équilibre raisonné ; il faut savoir renoncer aux projets d'orgueil et privilégier une optique de long terme. Vous, de votre côté, vous préférez la dépense frénétique, sans limite, jusqu'à l'interdit bancaire. C'est dangereux, car il faut de la croissance et des finances saines pour financer correctement des programmes sociaux. A la place, nous n'avons droit qu'à une fuite en avant dans l'endettement. La commune a désormais recours à cet expédient même pour payer les dépenses courantes.

Nous savons tous comment cela va se terminer.

Fourmi rouge, vous vous parez de vertu et lancez des diatribes contre vos adversaires politiques, mais n'êtes en fin de compte que mensonge et faux-semblant, jusque dans votre nom.

Car, loin d'être une fourmi, vous n'êtes qu'une cigale irresponsable.

Commentaires

On ignorais la gauche posséder une culture certaine excepté celle du chanvre en chambre et ses cotés associatifs uniquement en fin de mois quand le porte-monnaie crie famine auprès de maman ,papa ou d' apprentis juste copains pour la bonne cause ,déjà dans le monde du travail et appelés en renfort en fin de mois !La gauche ? Mickey Maus en avait fait ses vedettes,les Rois de la crise perpétuelle bien connus comme pique assiettes,pique-meurons et pique -sous !

Écrit par : lovsmeralda | 03 février 2013

"La potion de la rigueur sera amère et il faudra la boire jusqu'à la lie."
Ouah bah. Y s'en foutent. Marianne H et ses sbires seront à la retraite, eux. S'occuperont de biodynamique dans les îles grecques, par exemple, et vous laisseront la potion en question...

Écrit par : Géo | 03 février 2013

La première fois que j'ai découvert la Fourmi rouge, je me suis demandé si ce n'était pas une parodie. Et pourtant, je peux vous dire qu'en matière de gauchisme débridé et décérébré, on est vaccinés, en France.

Écrit par : Robert Marchenoir | 03 février 2013

ah bon, vous avez vu le blog des jeunesses socialistes sur TdG ? Ils en sont au manifeste de 1854 en plus débile...

Écrit par : Géo | 03 février 2013

@ Montabert,

Après la parenthèse Minder on se retrouve sur la même longueur d'onde. On peut encore préciser l'existance de l'axe rouge-rose Renens-Lausanne. Qui des deux va tirer l'autre dans le gouffre? Les socialistes et communistes des deux communes ne comptent-ils pas un peu trop pour temporiser leurs dépensent folles sur la péréquation financière entre communes?

D.J

Écrit par : D.J | 04 février 2013

A part ça, le monde change :
Qui a écrit cela :
"L'autorité impose une nouvelle discipline, une nouvelle gabelle et une forme d'inquisition qui rappelle au mieux l'Allemagne de l'Est, aux citoyens qui, pour la plupart, se débarrassaient déjà consciencieusement de leurs déchets. Ce contrôle sur l'espace public, où la même autorité se révèle incapable d'assurer vraiment la sécurité, l'ordre et la tranquillité.
Elle va traquer avec arrogance la grand.mère qui n'aura pas très bien compris cette histoire de couleur de sacs, mais elle s'avère (sic !) incapable de la protéger contre les cambrioleurs, les pickpockets et les auteurs d'incivilités."

D.S Miéville, Le Matin-Dimanche

Si même les journalistes se rendent compte qu'il y a un problème de sécurité avec leurs idoles rose-vertes au pouvoir et qu'ils cessent d'encenser le grand philosophe pénaliste A.Kuhn qui veut ouvrir toutes les prisons et punir ces salauds de bourgeois possédant, on va vers le mieux...

Écrit par : Géo | 04 février 2013

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