13 février 2013

La légende de la Pomme sur la Montagne (de Billets)

L'évocation du Trésor Géant d'Apple sur Contrepoints est une lecture conseillée. La plume talentueuse de Georges Kaplan décrit le magot sur lequel est assis la firme de Cupertino:

apple-dollar.jpg[Au] dernier pointage, au 29 décembre 2012, Apple détenait pas moins de 137,112 milliards de dollars sous forme de liquidités, de fonds d’investissement, d’actions, de bons du Trésor et autres actifs financiers ; soit pratiquement 70% du total de son bilan. Disons les choses clairement : c’est énorme ; au cours actuel, c’est largement assez pour racheter 48 fois Peugeot ou 60% des actions de Microsoft.

Si Apple a accumulé un tel trésor de guerre, c’est pour trois raisons : primo, depuis le lancement des iPhones et autres iPads, la firme californienne gagne énormément d’argent ; deuxio, elle ne verse pas de dividendes à ses actionnaires (tout au plus rachète-t-elle quelques actions de temps en temps) ; tertio, et c’est là que le bât blesse, elle n’a pas réinvestit cette petite montagne de dollars dans son appareil de production.

 

Et l'auteur de s'interroger sur les droits des actionnaires face à la mauvaise volonté manifeste d'Apple de partager les bénéfices avec eux. Mais il ne fait qu'entrouvrir la porte d'une situation aussi étrange que potentiellement explosive pour toute l'économie mondiale... Des perspectives qui requièrent quelques explications.

Une action représente une fraction du droit de propriété d'une entreprise. A ce titre, elle accorde à son propriétaire le droit de percevoir un dividende, une part du bénéfice, s'il y en a. La promesse du dividende explique à elle seule la valeur de l'action. Une action assortie d'un dividende toujours nul serait sans aucune valeur. Qui engagerait son épargne dans une aventure dénuée de toute promesse de gain?

Si le dividende peut être nul un certain temps, il n'a pas vocation à le rester éternellement.

Les société américaines ont une tradition historique de niveaux élevés de dividendes. La rémunération maximale des actionnaires a longtemps été la règle outre-atlantique. La pratique a vu ses limites en temps de crise, lorsque ces entreprises généreuses se retrouvèrent fort dépourvues. Comment moderniser sa gamme et se renouveler sans argent de côté? Comment se défendre contre la concurrence quand tout a été distribué aux actionnaires jusqu'au dernier sou?

Quelques déconvenues retentissantes dans les années 90 provoquèrent une remise en cause de la stratégie: rémunérer l'actionnaire certes, mais en gardant aussi de quoi assurer un changement de cap en cas de coup dur.

Parfaitement conscient de ces errements au moment de secourir Apple, Steve Jobs insista carrément pour que la société ne verse aucun dividende. Tout le monde comprit le message: qu'elle utilise plutôt l'argent pour sa propre croissance. Si l'absence totale de partage du bénéfice par une société profitable fut une nouveauté pour le monde financier, les investisseurs s'en accomodèrent bien vite. Après tout, ils ne renonçaient à un dividende immédiat que contre la promesse d'un dividende futur redoublé!

C'est ainsi que, quasiment sans jamais verser d'argent à ses actionnaires, l'action d'Apple atteignit des sommets, au point de devenir pendant une partie de l'année 2012 la première capitalisation boursière mondiale.

Mais qui dit sommets vertigineux dit sommets dangereux...

smaug.jpgPendant les années fastes, Apple alla beaucoup trop loin. Nous ne sommes plus dans l'investissement pour une quelconque croissance future. Le trésor de 137 milliards de dollars sur lequel s'assied la société n'est absolument pas réinvesti dans quoi que ce soit, mais simplement thésaurisé. Tout au plus est-il placé dans quelques outils financiers pour ne pas dormir sur un compte, mais peu s'en faut.

Les choses pourraient changer avec la plainte déposée par un certain David Einhorn, actionnaire minoritaire et détenteur du fonds Greenlight Capital.

Détenteur de plus d'un million d'actions, M. Einhorn a saisi la justice pour qu'Apple libère une partie de son trésor à destination des authentiques propriétaires de la firme, les actionnaires, sous forme du dividende tant attendu.

Il est trop tôt pour savoir comment se concluera la plainte de M. Einhorn, même si la justice américaine a toutes les chances de statuer que ce genre de décision revient en fin de compte à l'Assemblée Générale des actionnaires. Mais la brèche est ouverte. Dans le meilleur des cas, elle donnera des idées à d'autres. Qu'il s'agisse d'une OPA hostile ou d'une fronde des actionnaires, le magot d'Apple suscite la convoitise.

Le trésor est devenu un boulet.

Alors que les experts financiers d'Apple planchent sur les moyens de dégonfler le tas de dollar, les sommes en jeu donnent des maux de tête. Imaginez l'effet sur le cours de l'action de l'annonce d'une distribution prochaine d'une centaine de milliards de dollars de dividendes!

Que ce soit en un gros paquet ou par "petits bouts", la firme de Cupertino va être contrainte de libérer l'argent, tôt ou tard.

Le cours de l'action Apple s'envolera fiévreusement à l'approche de la nouvelle, et plus encore près du jour d'un versement. Et dans le meilleur des cas, les hausses colossales s'effaceront finalement avec des baisses de même ampleur lorsque le trésor pesant aura été restitué.

Autrement dit, l'action Apple s'apprête à jouer les montagnes russes dans un proche avenir. Des variations énormes sur une des plus grosses capitalisations boursières mondiales, de quoi faire tousser toutes les places financières de la planète! Et de susciter à l'occasion de jolis mouvements de panique.

L'économie mondiale n'avait certainement pas besoin de ça!

Beaucoup de malheurs à venir auraient pu être évités si M. Steve Jobs (paix à son âme) avait été un tout petit peu moins intransigeant dans ses positions économiques, et si la clique de hauts responsables qui lui succéda avait fait preuve d'un peu moins de suivisme. Mais le mal est fait.

Comme souvent dans l'histoire, la distribution du butin risque de dégénérer.

Commentaires

Pas mal de points m’inspirent dans cet article…

J’ai envie de vous faire remarquer facétieusement qu’il est difficile de blâmer Apple pour son envie de stocker des liquidités face au gros temps économique qui s’annonce. ^^

La position de Steve Jobs me paraît largement justifiée, ou en tout cas l’était en son temps : il savait pouvoir obtenir et a obtenu l’indépendance vis-à-vis d’actionnaires dont l’attrait pour le rendement entre souvent en conflit avec la logique de projet long terme. Je ne vois pas ce qui m’aurait retenu d’agir de la même manière dans sa position, considérant qu’il serait toujours temps d’ouvrir les vannes le jour où l’or coulerait à flots.

C’est ce qui arrive aujourd’hui à Apple, mais la firme me paraît largement victime de son propre hype qu’elle a mis tant d’efforts à créer. Le problème c’est que la créature privée de maître est incontrôlable et que personne n’imagine prendre la responsabilité d’allouer un gros paquet d’argent dans des innovations qui risqueraient de déplaire à la toute-puissante médiacratie. Le plus grand exploit d’Apple ces dernières années, c’est de s’être attiré les bonnes grâces du Moloch. Son plus grand challenge aujourd’hui, c’est de ne pas les perdre, et quel que soit le scénario, ça semble être un défi difficile.

Toujours est-il que la démarche d’Einhorn est parfaitement légitime, en soulevant à juste titre la question de la place de ces milliards dont à l’évidence Apple ne sait que faire. Le débat est vif parce qu’au-delà des montants en jeu la question de fond revient à la vieille dichotomie capital-travail et aux droits de propriété ; si David passe 10 dollars à Steve et que Steve produit 100 dollars avec, quels sont les droits des deux sur la richesse nouvellement créée ? Ce qui me paraît certain dans ce débat, c’est qu’il est quelque peu incongru qu’un investisseur ait à choisir entre intenter une action en justice ou se séparer de titres pour percevoir des bénéfices qui lui reviennent de droit.

Tout ceci va effectivement encourager une intense activité spéculative, avec la perspective de voir la capitalisation dégonflée une fois le magot redistribué. Mais à la fin de la journée, il me semble que les actionnaires désireux de percevoir des dividendes n’auront qu’à attendre bien sagement, et que finalement il n’y aura guère de pénalisés que ceux qui auront cherché à profiter des mouvements de yo-yo en vue ou ceux qui estiment normal de garder une action surcotée par les 30+% d’investissements sans rapport avec le cœur de métier de l’entreprise, comme le fait justement remarquer Kaplan. Rien que de très moral en somme, non ?

Écrit par : GM | 14 février 2013

La position de Steve Jobs était discutable au départ, et devint complètement injustifiable avec le temps au point d'être aujourd'hui un énorme problème pour Apple.

Clamer une quelconque "indépendance" vis-à-vis des actionnaires revient à refuser de rendre des comptes aux seuls propriétaires légitimes de l'entreprise: c'est un viol manifeste du droit de propriété. Sous d'autres latitudes, c'est exactement le genre de comportement qui a mené à l'initiative Minder!! Steve Jobs avait l'honnêteté de ne pas détourner les sommes à son profit, mais la défiance envers les propriétaires part du même principe.

Et contrairement aux litanies marxistes, les actionnaires ne visent pas le court terme. S'ils le faisaient, l'action Apple ne serait pas montée à ces sommets alors même que la société ne versait aucun dividende.

"Si David passe 10 dollars à Steve et que Steve produit 100 dollars avec, quels sont les droits des deux sur la richesse nouvellement créée?"

Et pourquoi ne pas se mettre d'accord sur les modalités de remboursement dès le moment du prêt? C'est ainsi que ça se passe dans la vraie vie, non? Votre énoncé n'a pas de sens.

Je ne doute pas que l'affaire Apple finisse par trouver une issue dans quelques temps (compter en mois ou en années). Je m'inquiète juste de ce que cette "sortie de crise" va avoir comme effet sur les bourses mondiales.

Vous parlez de yo-yo, mais au bout de la ficelle, en terme de masse, il y a un paquebot transatlantique. Ca risque de faire quelques vagues.

Écrit par : Stéphane Montabert | 14 février 2013

J'ai déjà dit et je re-re-re-re-dit que cette analyse tendant à faire croire que ce sont les actionnaires qui sont les propriétaires légitimes de l'entreprises est une aberration économique.
reprenons le cas Apple et répondons juste à la question suivante:
A quel moment, les actionnaires ont ils été bénéfiques à Apple (en tant que company) ?
Réponse: A aucun moment. Ca à juste permis aux cadres dynamiques d'être millionnaire rapidement.
Apple n'a jamais eu besoin de puiser dans l'actionnariat pour financer ses projets, et même à son retour aux commandes, Steve Jobs à relancer la machine avec le peu de cash, et seulement le peu de cash, dont il disposait encore.

De toutes manières l'action Apple était au plus bas, et n'aurais pas permis quoi que ce soit.
Donc encore une fois, les investisseurs sont arrivés après la bataille, pas pour investir et permettre à une entreprise de se construire, mais bel et bien au moment ou l'entreprise en question n'en avait pas vraiment besoin.

Le fait que l'action Apple valait 50$, puis 100$, puis 200$ et encore plus, à juste permis de garder les cadres dirigeants dans l'entreprise avec une tapis d'action représentant à terme une montagne de cash.

Les milliards d'Apple n'appartienne pas à Einhorn ou plutôt son fond, mais bel et bien à Apple. Si monsieur Einhorn n'est pas satisfait, il vend ses actions et il dégage.
Personnellement, j'ai commencé à acheter des actions Apple en 1984, au moment même ou les investisseurs se foutaient carrément de se que pouvait représenter Apple et le Mac.

J'ai encore souvenir début 2000 d'une action Apple à moins de 8$ alors que la société avait explosé toutes ses prévisions grâce à l'iMac, et je me suis fait des [...] en or grâce au lancement de l'iPod et d'iTunes en 2002, mais surtout vers 2005/2006, en multipliant par 10 mon investissement.
J'ai toujours acheté des actions Apple lorsque les investisseurs en vendaient … Début 2009 à 90$ alors qu'elle devait en valoir dans les 200 un peu plus tôt, et un peu plus tard …

Les investisseurs n'ont jamais aidés Apple, mais Apple leur à rapportés gros !
Si ont regarde les derniers mois, l'action d'Apple à dévissée alors que la société à réalisée son meilleur exercice depuis sa création …

Écrit par : Wolf™ | 19 février 2013

@Wolf: "J'ai déjà dit et je re-re-re-re-dit que cette analyse tendant à faire croire que ce sont les actionnaires qui sont les propriétaires légitimes de l'entreprises est une aberration économique." C'est pourtant la stricte vérité. Je ne comprends pas ce qu'il y a de si difficile à comprendre, d'ailleurs.

Les actionnaires sont profitables à une société en souscrivant à des augmentations de capital ; ils apportent du cash en échange d'une promesse de gain. Ils influent également sur sa gestion lors des séances d'assemblée générale.

Les actionnaires peuvent vendre leurs actions en tous temps ; mais ils vendent à d'autres qui n'étaient pas actionnaires mais le deviennent dès lors! Les visages changent, le rôle reste.

"Les milliards d'Apple n'appartienne pas à Einhorn ou plutôt son fond, mais bel et bien à Apple"

Et Apple appartient à ses actionnaires. A qui d'autre sinon? Si vous voulez nous pondre un bel argument circulaire style "Apple appartient à Apple", outre que cela n'a aucun sens, il faudra aussi nous expliquer pourquoi l'action Apple est cotée en bourse et ce qu'elle signifie. Même vous ne pourrez nier qu'il y a une relation entre la valeur de l'action et la santé de l'entreprise...

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 février 2013

Apple verse des dividendes, contrairement à ce qu'écrit Georges Kaplan (que par ailleurs j'apprécie)

Écrit par : Pierre Chappaz | 19 février 2013

@ Stéphane Montabert: Il n'est absolument pas obligatoire qu'une entreprise distribue des dividendes. Vivnedi par exemple n'a jamais redistribué de dividendes entre 1995 et 2000, de même pour Saint-Gobain de 1988 à 1993, après un changement de board, les dividendes sont tombées …
Reprenons le cas d'Apple, par exemple et donnez moi une seule période entre 1984 et 2013 où l'actionnariat à été profitable à Apple et non le contraire ?
Encore une fois, j'ai gagné pas mal d'argent grâce à Apple, et il me reste suffisamment d'actions pour faire vivre tranquillement plusieurs générations de mes enfants etc …
et encore une fois, il apparait qu'il n'y à aucune corrélation entre le cours de l'action et la santé financière d'Apple.

Dernièrement le cours de l'action à dévissé, non pas parceque Apple vendait moins ou encore qu'Apple avait fais moins bien que prévue, mais simplement parceque les investisseurs doutaient de la capacité d'Apple à innover dans le futur …
D'ailleurs se sont les mêmes qui doutaient de la capacité d'Apple à innover en 1998, puis en 2006 …
Je ne dit pas que c'est pas bien de jouer en bourse, j'en vie moi même à mon humble niveau, mais qu'on ne vienne pas me dire que les investisseurs ont un QI supérieur au chiffre de la température [...]… Les investisseurs suivent exactement tous le même banc de poissons et ne prennent quasiment jamais aucun risque, mais veulent dicter leur lois !

Écrit par : Wolf™ | 19 février 2013

@Pierre Chappaz: George Kaplan n'a pas dit qu'Apple ne versait *jamais* de dividendes, mais qu'Apple avait versé *très peu* de dividendes, avec réticences malgré des coffres pleins, et bien tard dans l'histoire de profits de la société.

@Wolf: derrière un pseudo chacun peut s'inventer la vie dont il rêve, et si votre histoire est vraie, toutes mes félicitations - à se demander ce que vous faites à traîner ici plutôt que de siffler des margaritas sur la plage, mais je digresse... Revenons à nos histoires. Nulle part je n'ai affirmé qu'une entreprise doive verser des dividendes années après année comme un métronome. Tout est question de circonstances. Et ici, pour résumer, Apple n'a aucune *raison* de ne pas verser de dividende, lorsqu'on voit comment l'entreprise laisse dormir son cash sans rien en faire.
Et oui, si l'action Apple a dévissé (toutes proportions gardées) c'est parce que les perspectives de croissance (donc de bénéfices futurs) sont plus faibles ; les investisseurs sont plus sensibles à la dynamique qui émane d'une entreprise qu'à la quantité de zéros sur son compte en banque.
Je ne sais pas si les investisseurs sont plus malins que les autres (c'est comme partout, il y a des bons et des moins bons, et aussi de la chance) mais ils n'ont absolument pas vocation à "dicter leur loi". On se demande de quelle loi il s'agirait, d'ailleurs: que les entreprises soient rentables parce qu'elles vendent en quantité à des clients satisfaits? Oh mon dieu quel enfer ce serait!!

Quant à clamer qu'investir est sans risque, hum, il y a eu suffisamment de malheureux en bourse pour prouver le contraire.

Écrit par : Stéphane Montabert | 19 février 2013

@Stéphane Montabert: J'ai des alertes Google sur certains sujet, et j'aime utiliser News Republic ou j'ai trouvé le 1er article sur Apple qui m'a forcément fais réagir.
En dehors de cela, je bosse, car le jour ou j'arrêterais de travailler, ce sera définitif, dans le sens 1er du terme.
J'aime travailler, c'est tout, mais je travaille comme je le veut.

Pour terminer, et c'est ce que je reproche à la plupart des investisseurs et autres spécialistes de la finance, c'est de ne pas connaitre les entreprises dans lesquels ils investissent ou desquels ils parlent.

Apple investit pas mal d'argent (une broutille par rapport à son stock de cash, je l'accorde volontiers) pour sécuriser ses approvisionnements en matière première tel que la mémoire flash etc, dont Apple asséche littéralement le marché en s'octroyant le maximum de la production possible pour ne pas laisser à la concurrence de quoi se placer.
Apple achete aussi ses propres machines qu'ils placent chez ses sous-traitant et investit pas mal d'argent dans la recherche sur les moyens de production qui ne sont pas laissés à la seule charge des sous-traitant.
Apple relocalize des unités de production aux USA, même si cela n'est que symbolique dans un premier temps, ca à et aura un impact évident dans les années à venir.

Je n'aime pas le monde de la finance, et pourtant j'en profite sans vergogne.
Je ne l'aime pas, parcequ'il ne participe à rien et ne tient compte que de ses propres intérêts, sans regarder plus loin.
Et à ceux qui ont perdus de l'argent en bourse, c'est parcequ'ils ont pris des risques inconsidérés pour gagner de l'argent tout de suite, en moins de 15 jours, si ce n'est 15 heures ou 15 minutes …

Maintenant, je pose la question: Ne serait il pas plus sage/opportun pour Apple de quitter la bourse, un peu comme est entrain de la faire Dell ?

Écrit par : Wolf™ | 19 février 2013

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