21 février 2013

Haro sur la famille!

Troisième objet fédéral soumis au vote le 3 mars, l'article constitutionnel sur la famille est sans doute le sujet le moins discuté au cours de cette campagne. Entre l'initiative Minder éperonnée par les dernières révélations sur le départ de Daniel Vasella de Novartis ou la lutte contre la Loi sur L'aménagement du Territoire où le Valais ne veut pas se faire reprendre à froid comme avec l'initiative Weber, l'article constitutionnel sur la famille semble largement épargné par toute polémique.

Seule l'Union Démocratique du Centre fait énergiquement campagne au milieu d'une apathie générale qui, disons-le, fait bien les affaires des partisans du texte.

L'UDC n'a pas lésiné sur les moyens, se fendant d'une "édition spéciale" - un tout-ménage A3 de seize pages couleurs, excusez du peu, presque entièrement consacré à la lutte contre l'article constitutionnel. L'effort semble avoir eu un certain effet, l'adhésion populaire au texte s'étant quelque peu érodée:


Un reportage de la RTS sur les derniers sondages

Dans l'éditorial du journal de l'UDC, Toni Brunner rappelle avec raison qu'entre tous les objets soumis à votation, le thème de la centralisation de la politique familiale à l'échelle fédérale est sans doute le moins discuté et pourtant celui qui aura les conséquences les plus graves.

A y regarder de plus près, le texte de l'article constitutionnel a l'air bien anodin:

Art. 115a Politique de la famille
1 Dans l’accomplissement de ses tâches, la Confédération prend en considération les besoins des familles. Elle peut soutenir les mesures destinées à les protéger.
2 La Confédération et les cantons encouragent les mesures permettant de concilier la vie de famille et l’exercice d’une activité lucrative ou une formation. Les cantons pourvoient en particulier à une offre appropriée de structures de jour extrafamiliales et parascolaires.
3 Si les efforts des cantons ou de tiers ne suffisent pas, la Confédération fixe les principes applicables à la promotion des mesures permettant de concilier la vie de famille et l’exercice d’une activité lucrative ou une formation.

 

Le premier alinéa correspond en fait à l'introduction de l'article 116 actuel portant sur la définition des allocations familiales et l'assurance-maternité. Le vrai changement est introduit à travers les alinéas 2 et 3.

L'alinéa 2 obligation la Confédération et les Cantons à mettre en place des mécanismes d'accueil hors des horaires habituels de l'école obligatoire. L'alinéa 3 - qui laisse augurer de bons procès devant le Tribunal Fédéral pour déterminer si les efforts ont été "suffisants" - forcera la Confédération à imposer un filet supplémentaire si les efforts des Cantons s'avéraient inadéquats.

Tout ceci pourrait sembler bel et bon à ceux qui voient les enfants comme des obstacles à leur épanouissement personnel et professionnel.

Les autres, qui comprennent que les enfants représentent un choix, s'effraieront de la facilité avec laquelle l'Etat s'immiscera dans l'organisation des familles.

A la lecture de cet article, on peut assez facilement imaginer que l'Etat mettre en place hors de quelques heures creuse la nuit (et encore, c'est discutable) une sorte d'accueil perpétuel des enfants, chargé de veiller sur eux pendant que les parents vaquent à diverses occupations.

A plein temps, cette structure existe déjà ; on l'appelle un orphelinat.

Je sais, j'exagère, j'entends vos protestations d'ici. Donnez-vous pourtant la peine d'y penser: un orphelinat est la définition même d'un lieu où les enfants s'épanouissent à 100% sous le contrôle de l'Etat. Lequel fait d'ailleurs tout pour rendre l'adoption la plus difficile possible, tant il est sûr de la qualité de ses services.

famille_etat_non.pngSi des enfants placés aux bons soins de la Confédération et des Cantons ne seront pas aussi malheureux que de véritables orphelins - ils reverront leurs parents certaines nuits de la semaine et peut-être les week-ends, si cela ne dérange pas trop "l'exercice d’une activité lucrative" ou la "formation" de leurs géniteurs - ils partageront beaucoup de leurs conditions d'existence en termes de qualité d'accueil, de locaux et de confort.

Les adeptes de l'Etat-maman oublient trop vite qu'il n'a d'autre moyens que ceux qu'il tire de vos poches. Si l'Etat "s'occupe" de vos enfants, vous pouvez être sûr que cela vous coûtera un saladier et que la qualité du service rendu sera... Discutable, pour rester poli. Faut-il vraiment faire une liste des innombrables gaspillages, doublons, procédures inutiles et scandales réguliers pour douter de la qualité de la gestion des deniers publics?

L'Etat, c'est ce machin qui décrète que vos adolescents doivent avoir un réhausseur de siège dès qu'ils montent dans votre voiture (alors qu'ils se promènent carrément debout dans le bus à côté de vous!), souhaite que tante Agathe ait un permis administratif spécial pour garder ses neveux et nièces mais se bat pour que des pédophiles puissent continuer à "travailler" avec eux.

Ah, l'Etat et sa compétence légendaire, comment ne pas déborder d'envie de lui confier ce que vous avez de plus précieux?

Faut-il être naïf pour croire que de parfaits inconnus s'occuperont de vos chères têtes blondes mieux que vous et moins cher que si vous vous en chargiez vous-même! Mais lorsque l'article constitutionnel passera (et il passera!) il sera trop tard: de toutes façons, vous n'aurez plus le choix. Et certainement plus les moyens d'avoir le choix.

Monopole, coercition et fiscalité, l'avenir de l'accueil de jour en Suisse s'annonce sous les meilleurs auspices.

Franchement, si l'Etat souhaitait vraiment aider les familles, il cesserait de les pressurer fiscalement comme de citrons et d'étrangler par un carcan législatif doublé d'un garrot fiscal toutes les professions privées qui gravitent dans le milieu de l'accueil, comme les mamans de jour. Et là, on aurait déjà fait un grand pas.

Nul besoin d'un article constitutionnel pour cela.

Commentaires

Attention danger car les familles se sentent de plus en plus mal dans leur peau.A trop vouloir bien faire en croyant les conseiller,les aider elles vont se retrouver dans la même situation que celle dénoncée par les après guerre
Et quand on voit les gadgets vendus en Italie pour obliger les familles à évaluer leurs dépenses en fonction de leur revenu et devoir rendre des comptes à l'Etat,encore une idée pour obliger les gens à dépenser alors qu'il suffit d'un crayon ,d'une gomme et d'un cahier de comptabilité
Il suffit aussi d'un aide mémoire inventé mais non breveté pour bi-polaire.Tout boeuf genre excel sur l'année sur une feuille quadrillée,les différents postes avec croix sitot payés à totaliser en fin de mois. Sans courant ,sans pile excepté celle de ses neurones,y'a pas mieux comme programme écologique,non?

Écrit par : lovsmeralda | 21 février 2013

sauver la planète consiste à instruire les plusieurs millions d'illetrés qui habitent le monde.Classe privilégiée pour l'endoctrinement c'est sans doute aussi ce qui est recherché par cette votation,prendre les familles en otage afin de les gaver de falacieuses théories qui encore un fois mettra leur destin entre les mains des nouveaux coloniaux écolos
Comme les Inuits obligés de se laisser mourir de faim pour sauver des phoques!
Fait pas bon être Européen chez les Eskimos,autant se dire Suisse ,car leur colère est digne d'un tsunami
Leurs femmes illetrées se sont fait posséder par des écologistes alors que tous les hommes étaient parti à la chasse pour se nourrir et non en faire commerce comme de nombreux écolos qui maintenant cherchent à manipuler le simple ouvrier en lui faisant miroiter un monde qui n'existe à nulle part excepté dans leurs cerveaux affamés de peurs complètement irrationnelles
C'est tout simplement abject et écoeurant!

Écrit par : lovsmeralda | 22 février 2013

Cet article serait totalement inutile si un seul revenu par ménage était suffisant en Suisse... mais ce n'est pas le cas.
Il serait aussi totalement inutile s'il était possible autant pour les hommes que pour les femmes de faire carrière en temps partiel... mais ce n'est pas le cas.
Il serait totalement inutile si la formation continue faisait partie de la vie professionnelle... mais ce n'est pas le cas.

Comparer une structure d'accueil à un orphelinat, c'est au mieux de l'ignorance, au pire de la bêtise ou de la démagogie. Les parents ne mettent pas leurs enfants en crèche "par plaisir", mais parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement:
- parce qu'un revenu n'est pas suffisant et parce que la mobilité professionnelle les a envoyé loin de leurs parents, ceux-là ne sont pas disponibles pour cette tache.
- parce qu'un des deux parents voudrait pouvoir améliorer sa situation et se forme pour le faire.

Et finalement: de bonnes structures d'accueil avec suffisamment de personnel formé, ce sont moins de soucis pour les parents. Moins de soucis c'est une productivité améliorée au travail et un épanouissement personnel. Cet épanouissement et un équilibre entre le travail à la famille profite bien plus à l'enfant que la mère au foyer qui passe son temps à nettoyer et faire à manger pour un père qui rentre, épuisé et n'a pas le temps de s'occuper de ses enfants.

Le modèle traditionnel n'existe plus, il est normal que la constitution s'y adapte et que l'état intervienne pour rétablir les déséquilibre que l'économie n'arrive pas à gérer.

Écrit par : christophe | 25 février 2013

@Christophe: Vous dénoncez ma comparaison d'une structure d'accueil à un orphelinat comme de l'ignorance, de la bêtise ou de la démagogie, mais vous vous gardez bien d'expliquer où se situeraient les différences d'avec un accueil des enfants à 100% - et pour cause.

"Les parents ne mettent pas leurs enfants en crèche "par plaisir", mais parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement"

Permettez-moi de réécrire légèrement la phrase précédente: "les parents ne s'abstiennent pas de mettre leurs enfants en crèche "par plaisir", mais parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement"

Voilà une formulation qui sonne beaucoup plus juste, bien plus proche de la réalité vécue par la plupart des familles de suisse. Parce qu'il faut bien comprendre que la classe moyenne n'a plus guère les moyens de placer ses enfants en crèche, la faute à des coûts en roue libre (eux-mêmes issues de l'inflation réglementaire sur l'accueil de jour) et une politique de répartition des coûts qui en fait des cochons de payeurs... Qui n'ont simplement plus les moyens d'assumer.

Il leur reste le système D familial ou le marché noir.

L'idée "qu'un des deux parents voudrait pouvoir améliorer sa situation et se forme pour le faire" est d'autant plus risible qu'au-delà d'un seul assez bas de revenus, une famille ou les deux parents travaillent tout en faisant garder leurs enfants subit une perte nette de pouvoir d'achat, la faute aux frais de garde.

En d'autres termes, on gagne mieux sa vie en restant à la maison garder ses enfants qu'en les faisant garder et en travaillant par une institution publique tant les prix pratiqués par l'Etat sont abordables...

Le système de garde étatique est une machine à renvoyer les épouses à la maison.

Remarquez, ce n'est pas perdu pour tout le monde: si vous faites partie des socio-proches (à l'aide sociale par exemple) vous pourrez faire garder vos enfants à plein temps sans pratiquement bourse délier, ce qui est commode pour libérer votre temps libre lorsque vous n'avez déjà pas d'emploi.

"Le modèle traditionnel n'existe plus, il est normal que la constitution s'y adapte et que l'état intervienne pour rétablir les déséquilibre que l'économie n'arrive pas à gérer."

Le modèle traditionnel est au plus mal grâce à l'action continue de nos collectivistes de tout poil, il est normal d'utiliser un dernier coup de collier démagogique pour mettre enfin en place un système qui finira de détruire les familles en les écrasant sous l'impôt pour financer des services dont elles seront exclues.

Écrit par : Stéphane Montabert | 25 février 2013

" où se situeraient les différences d'avec un accueil des enfants à 100%"
L'arguement n'a pas de sens dans la discussion sur cet article constitutionnel. Il n'est nulle part fait mention de garde à 100%, seulement de prendre les mesures qui s'imposent pour permettre d'avoir des enfants et exercer son activité professionnelle ou une formation. 40 heures par semaines sont encore loin de 168... Par ailleurs au-delà des crèches, il existe de nombreuses autres possibilités qui peuvent être développées.

"Parce qu'il faut bien comprendre que la classe moyenne n'a plus guère les moyens de placer ses enfants en crèche, la faute à des coûts en roue libre "
Magnifique argument en faveur de l'article constitutionnel: cela montre qu'il y a un besoin d'agir, que l'économie ne règle pas d'elle-même les déséquilibre et qu'une intervention étatique est nécessaire.

"parents voudrait pouvoir améliorer sa situation et se forme pour le faire" est d'autant plus risible qu'au-delà d'un seul assez bas de revenus, une famille ou les deux parents travaillent tout en faisant garder leurs enfants subit une perte nette de pouvoir d'achat"... vous êtes pauvre et restez-le! En réfléchissant au-delà de la situation financière momentanée, on se rend vite compte de l'intérêt de rester sur le marché du travail et de rester formé: il sera presque impossible à une mère (car c'est souvent elle qui sacrifie sa carrière) de reprendre un travail équivalent à celui qu'elle avait avant la maternité après 15 ans d'arrêt. L'insuffisance de possibilités de garde extra-familiales est la véritable machine à renvoyer les femmes au ménage.

" tant les prix pratiqués par l'Etat sont abordables". Les crèches étant majoritairement privées, elles doivent couvrir leurs coûts, après déduction d'une éventuelle subvention. Ce ne sont pas les prix pratiqués par l'Etat, mais les prix du marchés qui définissent ainsi la charge qui pèse sur les familles. Le poids de la garde extra-familiale dans le budget du ménage est un excellent argument en faveur de l'article.

"Le modèle traditionnel est au plus mal grâce à l'action continue de nos collectivistes de tout poil" Non, le modèle est au plus mal car il n'est pas viable actuellement pour la grande majorité de la classe moyenne inférieure.

Quant aux familles détruites et écrasées par l'impôt, n'oublions pas que deux personnes seules paient (beaucoup)moins d'impôts que les mêmes personnes mariées... mais ça c'est un autre débat.

Écrit par : christophe | 25 février 2013

@Christophe: ah pardon, vous faites partie des naïf qui croient que lorsque l'Etat s'occupe de quelque chose c'est moins cher? Les routes sont gratuites, l'école est gratuite, il suffit que l'Etat s'occupe de quelque chose pour que ça devienne gratuit, c'est formidable, c'est magique!

Je vous avais pris au sérieux, autant pour moi.

Le 3 mars, lorsque l'article constitutionnel passera, vous aurez tout lieu de vous réjouir ; un peu moins peut-être lorsque vous devrez vous acquitter de la facture sur votre feuille d'impôt. Le jour où ça coincera vraiment, c'est quand vous réaliserez que bien que ça ne corresponde de loin pas à l'idée que vous vous faites de vous, vous ferez fiscalement partie des sales riches (on est toujours le riche de quelqu'un d'autre...) chargé de payer plein pot la "solidarité" pour des services dont vous n'aurez plus les moyens de profiter vous-même.

Mais ce n'est pas grave, vous trouverez bien à vous débrouiller, n'est-ce pas?

Au plaisir.

Écrit par : Stéphane Montabert | 25 février 2013

Je ne suis pas naïf et suis plus proche de la catégorie des sales riches qui paient plein pot, de ceux qui n'ont droit à aucun réduction, aucune subvention que de ceux qui bénéficient des aides dont il est question... mais ce n'est pas pour autant que je vote avec mon portemonnaie. Je n'ai d'ailleurs nullement écrit que cela devient gratuit lorsque l'état s'en occupe, vous déformez mon propos. (Mais c'est un argument facile d'accuser de naïveté ceux qui croient à la solidarité, je vous le pardonne).

Ce que je dis, c'est que l'état doit intervenir là où le marché échoue. Clairement dans le domaine de la garde extra-familiale le marché échoue puisque ceux qui en ont besoin (et j'insiste sur le besoin) ne peuvent pas se le payer et que l'offre du bien "garde extra-familiale" est inférieure à la demande, mais que le marché seul ne pas apte à couvrir ce manque.

Oui cela a un coût (pas les 12 milliards farfelus), mais cela apporte aussi des avantages à l'économie en évitant que des personnes bien formées ne soient éjectées du marché du travail (gaspillage de la formation, pas gratuite comme vous le soulignez justement) si elles doivent choisir entre travail et famille.

Cela permet aussi aux revenus plus modestes de répartir les fonctions d'apport financier et d'éducation, avec les avantages que peuvent apporter une situation familiale équilibrée.

Sur ce, bonne chance et au plaisir d'en rediscuter lorsque la droite égoïste (vous m'excuserez aussi cette petite pique en réponse à la gauche naïve) lancera un référendum contre les textes législatifs qui découleront de cet article constitutionnel.

Meilleures salutations
Christophe Beuret

Écrit par : christophe | 26 février 2013

@Christophe: "Ce que je dis, c'est que l'état doit intervenir là où le marché échoue".

Vous parlez de voter avec le portefeuille, je vous demande plutôt d'utiliser votre cerveau.

Le marché est un optimum de Pareto (http://fr.wikipedia.org/wiki/Optimum_de_Pareto) permettant la meilleure satisfaction de tous, et l'intervention de l'Etat affaiblit le marché en le distordant, toujours et partout.

Un interventionnisme étatique qui prétend maximiser l'utilité sociale n'obéit à aucune norme objective. L'argument des avantages économiques est en ce sens parfaitement fallacieux: si l'économie trouvait son compte à subventionner des crèches, elle le ferait sans obligation de l'Etat. C'est d'ailleurs ce qui se passe dans certaines entreprises, selon le cas particulier propre à chaque situation.

Vous oubliez également que les gens devant choisir entre travail et famille et les ménages à revenus modestes verront leur situation empirer à cause de la fiscalité supplémentaire et une économie généralement affaiblie. C'est probablement très chouette de pouvoir poser son fiston à la crèche n'importe ou et pour un coût apparemment modique (en fait payé indirectement) mais si cela vous fait perdre votre emploi sans espoir d'en retrouver, le gain est faible.

Nous avons de beaux exemples de telles politiques autour de nous en Europe.

Pensez-vous que renforcer l'Etat-providence soit le bon chemin?

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 février 2013

Encore une fois les socialos sont plus malins que l'UDC et les libéraux.
Tout le monde s'est focalisé sur l'initiative Minder qui au final n'affectera qu'un très petit nombre de personnes (1000 ?). Il n’y a pas 5 millions de Daniel Vassella.
Par contre les deux autres sujets soumis à votation le 3 mars passeront comme une lettre à la poste et comme vous le dites cher Stéphane, sont bien plus graves. Les deux sont des attaques frontales au fédéralisme qui a tant réussi par le passé. Penser que la LAT peut être bonne pour un canton urbain comme Genève ou alpin comme le Valais est un escroquerie intellectuelle. Les pauvres valaisans sont encore les dindons de la farce concoctée par les gauchistes étatistes de Berne. Quant à la loi sur la famille, vous avez tout dit.
Les socialos savent parler au peuple : Voulez-vous la santé gratuite, voulez-vous des crèches gratuites, voulez-vous de beaux chalets pas chers, etc etc.
Qui répondrait non ?

Écrit par : Libre | 26 février 2013

Bonjour,

Petite question, pour m'amuser, vous vous êtes arrêté de travailler pour vous occuper de vos enfants ou avez-vous chargé votre femme de le faire?

C'est toujours amusant de voir des hommes qui s'occupent de leurs enfants quelques minutes par jour, entre 19h30 et 19h45, attaquer les crèches et dénigrer ceux qui "donnent leurs enfants à garder" (alors qu'il s'agit de ce qu'ils font eux-mêmes).

Cordialement (comme toujours)

Écrit par : Raymond Gauthier | 27 février 2013

@Raymond Gauthier: Je ne vois pas ce que ma vie privée vient faire là-dedans et votre cordialité semble largement teintée de mépris, mais vous laissant le bénéfice du doute, je vais vous répondre.

Mon épouse et moi travaillions à 100% lorsque nous avons eu notre premier enfant. C'est comme jeunes parents que nous avons découvert, plein d'illusions, le tarif "progressif" proprement hallucinant des crèches lausannoises. A plein temps, la garde de notre fille nous serait revenue plus cher que notre loyer! Nous n'avions évidemment pas les moyens de suivre.

Quelques calculs nous montrèrent qu'il serait plus économique que ma femme diminue son taux d'activité. Les jours où elle garderait l'enfant, nous nous passerions de la crèche ; avec moins de revenus, nous baisserions nos impôts ; le tarif de la crèche serait moins punitif les jours où nous ne pourrions faire autrement. Nous dûmes également nous reposer sur des proches, toujours pour diminuer la facture.

Évidemment, aurai-je eu un salaire inférieur à celui de mon épouse, j'aurais réduit mon propre taux d'activité. Garder mes enfants ne m'a jamais posé problème, monsieur Gauthier, parce que je les aime, voyez-vous. Et croyez-moi, si je pouvais leur offrir le meilleur avenir possible sans devoir passer 60 heures par semaine loin de mon foyer, je le ferais volontiers.

Mais comme beaucoup de familles il se trouve que je gagne plus que mon épouse ; aussi, c'est elle qui sacrifia - toutes proportions gardées, parce qu'elle aussi aime ses enfants - sa carrière professionnelle.

Voilà pourquoi j'estime parler d'expérience lorsque j'écris que "le système de garde étatique est une machine à renvoyer les épouses à la maison."

Une puissante machine.

Seules sont épargnées les familles trop pauvres pour contribuer significativement aux frais de garde de ces établissements extraordinairement coûteux et hyper-réglementés, laissant l'ardoise aux contribuables. Ce sont donc aussi de véritables machines à détruire de l'argent.

Notez que l'accueil des enfants n'a pas vocation à être un gouffre financier ; l'accueil _privé_ peut être tout à fait satisfaisant et nettement plus abordable, lorsqu'il n'est pas purement et simplement saboté par les pouvoirs publics. Un de ces jours j'évoquerai le destin du Foyer Sainte-Famille de Renens pour illustrer mon propos.

Voilà, j'espère que vous vous êtes bien amusé.

Écrit par : Stéphane Montabert | 27 février 2013

Ici le choix est cornélien. Parce qu'autant certains arguments des "pour" et des "contre" sont pertinents sous certains aspect.
Le moins que je puisse dire, c'est que je n'envie pas les familles à revenus modestes qui ont des enfants en bas âge aujourd'hui.
Mais, le problème avec l'Etat, c'est que lorsqu'il met son pif dans vos affaires, c'est souvent pas dans votre intérêt. Prenez la LPP: c'est lui qui décide de votre capitalisation. La valeur locative: c'est lui qui décide de la valeur de votre logement. Le chômage: c'est lui qui décide de ce que vous savez faire ou ne pas faire...
Au pire, avec cet article, c'est qu'il va encourager des irresponsables à "pondre" autant de gamins que ça leur chante même s'ils ne savent pas comment ils les élèveront. Et ceci aux frais des autres.

Donc ça sera au mieux bulletin blanc au lieu de NON... juste par empathie vis-à vis de ceux qui sont dans la "M" et qui n'ont pour l'heure pas de solution.

S'agissant de la LAT... Même problème, pas de sympathie pour les bétonneurs tout azimut, ni pour les partisans de la densification. Donc blanc également.

Et enfin pour Minder, ça sera un grand OUI parce que raz-le-bol de se faire empapaouter par des gens qui jouent avec votre argent.

Écrit par : petard | 28 février 2013

Bonjour,

Tout d'abord, je ne méprise personne.

Je fais juste l'observation que certains hommes agitent l'abandon d'enfants par les mères, alors qu'eux-mêmes ne s'en occupent que sporadiquement.

Je ne remets pas en cause votre mode de vie, qui ne me concerne pas le moins du monde par ailleurs.

Je fais juste l'observation que, contrairement à ce que beaucoup disent, les choix de garde se font, comme pour vous d'ailleurs, au cas par cas, en fonction des vies de chacun, des impératifs financiers, etc.
Et non simplement pour privilégier ses loisirs ou je ne sais quoi.

Par ailleurs, un grand nombre de garderies sont privées. Le coût facturé pour un enfant est de 100 à 120.- par jour. Alors de savoir si on gagne plus ou moins en gardant son enfant, en le faisant garder, si on paie plus ou moins d'impôts, etc. Ben ça dépend des vies de chacun, de combien d'enfants on souhaite avoir, du revenu qu'on a et de toute une série de critères.

Je veux dire par là que le problème actuellement est qu'il y a un déficit important entre l'offre et la demande de places de garderies. Ceci est du à toute une série de raisons (formation, fiscalité, règlementation, autres).

Dans tous les cas, on ne peut résumer ceci à un choix financier.

Le plus intéressant serait que, dans un pays riche comme la Suisse, chacun ait la liberté de s'occuper de ses enfants comme il le souhaite et ne soit pas contraint, comme c'est visiblement votre cas, d'aller travailler alors qu'il préfèrerait rester à la maison (ou vice-versa).

Cordialement et sans mépris aucun

Écrit par : Raymond Gauthier | 28 février 2013

@Raymond Gauthier: "Je veux dire par là que le problème actuellement est qu'il y a un déficit important entre l'offre et la demande de places de garderies."

A partir du moment où des garderies privées sont possibles, l'offre devrait augmenter pour s'ajuster à la demande, comme dans n'importe quel autre secteur d'activité.

Ce n'est pas le cas ici, parce qu'il y a un déficit important entre l'offre et la demande de places de garderies ABORDABLES.

A qui la faute? Pour moi c'est limpide: la surréglementation étatique dans tout ce qui concerne l'accueil et le travail avec des enfants. Impératifs de surface, de formation, du ratio adulte/enfant, normes des jouets et d'alimentation, etc. font exploser les coûts. Loin d'être toutes justifiées, ces normes ont surtout pour effet de jeter des parents hors du système.

Les seuls qui peuvent profiter des garderies publiques actuellement sont soit les gens vraiment fortunés (il y a un plafond au prix journalier) soit les gens pauvres qui ne payent quasiment rien - et, du coup, réclament évidemment toujours plus de places de garderie.

La classe moyenne est exclue du système (sauf lorsqu'il s'agit de payer les impôts).

L'article constitutionnel sur la famille ne fera que renforcer ces travers.

"Le plus intéressant serait que, dans un pays riche comme la Suisse, chacun ait la liberté de s'occuper de ses enfants comme il le souhaite..."

Si on ne prend pas en compte les coûts et leur financement dans l'équation, on peut promettre n'importe quoi.

Écrit par : Stéphane Montabert | 28 février 2013

"A partir du moment où des garderies privées sont possibles, l'offre devrait augmenter pour s'ajuster à la demande, comme dans n'importe quel autre secteur d'activité."

C'est ce qui se fait. En partie. Le déficit tend à se combler, mais la demande augmente également, les modes de vie changeant.
Mais c'est long: construire des locaux, former des gens...

Un problème de base, vous en conviendrez probablement, est que, au delà de la question du revenu de chacun, il est dans la pratique, dans le monde du travail, beaucoup plus facile pour une femme d'obtenir un temps partiel que pour un homme. On ne comprend pas pourquoi un homme voudrait passer du temps avec ses enfants plutôt que de développer sa carrière.

"Si on ne prend pas en compte les coûts et leur financement dans l'équation, on peut promettre n'importe quoi."
C'est une lapalissade, évidemment qu'il faut prendre en compte le financement. C'est vrai pour absolument tous les sujets politiques. Tout est une question d'arbitrage pour savoir là où la société met son argent, que ce soit à travers la dépense publique ou privée d'ailleurs.

Même si cela va à l'encontre de votre foi immense dans le marché tout puissant, il se trouve qu'il y a en Suisse un déficit de places de crèche, y compris dans le privé. Les garderies privées ont également des longues listes d'attente.

Pour info et pour l'exemple, le prix à payer pour les parents dans les crèches de Renens se situe à un taux autour de 15% du revenu par enfant (et 80% de ce montant pour le second). Une personne de la classe moyenne n'est donc pas exclue du système.

Enfin, il s'agit également de ne pas être dogmatique ou manichéen: la majorité de la demande n'est pas pour garder les enfants à 100%, mais entre 2 et 3 jours par semaine, les parents travaillant à temps partiel, les grand-parents étant impliqués, etc.

Écrit par : Raymond Gauthier | 28 février 2013

@Raymond Gauthier: "Mais c'est long [de faire de nouvelles crèches]: construire des locaux, former des gens..."

Si c'est en partie vrai, c'est la faute du législateur. On n'a pas besoin de reconstruire sa maison lorsqu'un enfant arrive. Il faut être sérieusement éloigné de la réalité pour croire qu'il faille des locaux spéciaux pour accueillir des enfants quand on sait que le week-end et les autres jours où ils ne sont pas à la crèche, ils vivent tout simplement dans la maison de leurs parents, avec des aménagements mineurs (barrières aux escaliers, médicaments placés hors de portée.)

Des millions d'êtres humains s'occupent d'enfants sans aucune formation agréée, soit dit en passant.

A ma foi immense dans le marché vous placez une foi immense dans l'absence de marché, c'est-à-dire la pénurie assaisonnée de passe-droits. Vous m'excuserez de ne pas être séduit.

Votre exemple sur les tarifs de crèche enfin est mensonger, parce que les tarifs des crèches n'ont rien de linéaire - spécialement à Renens! - et vous le savez fort bien, ou en tous cas vous devriez.

Vous omettez aussi de mentionner qu'à salaire égal, les familles d'employés communaux bénéficient de tarifs préférentiels dans les crèches publiques. Scandaleux? Voyons, un petit passe-droit en passant, je suis sûr que ça ne vous empêche pas de dormir.

Écrit par : Stéphane Montabert | 28 février 2013

Les chiffres que je donne sont corrects. Le pourcentage varie faiblement autour de 15% du revenu (de tête ça doit être entre 14 et 18%).
Ce qui me gêne, c'est cette vision totalitaire de la famille qui veut dicter que madame doit rester à la maison pendant que monsieur travaille.
Je dis juste qu'il existe de nombreux modèles familiaux autre que 100% garderie ou 100% maman.
Enfin, mon premier message était pour m'amuser de tous ces politiques de droite qui disent qu'ils faut s'occuper de ses enfants, se responsabiliser, ne pas les abandonner et bla bla bla... alors que très souvent eux-mêmes deleguent aisément cette tâche à leur épouse. C'est quand même amusant.

Écrit par : Raymond Gauthier | 01 mars 2013

ah, en passant, les rehausseurs sont pour les enfants de moins de 12 ans ou de moins d'1m50. Alors parler d'adolescents...
après le but finalement est la sécurité des enfants, mais si quelqu'un ne s'en préoccupe pas, ça devrait pas le gêner de payer une amende non plus.

Écrit par : Raymond Gauthier | 01 mars 2013

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