21 mai 2013

L'élection du Conseil Fédéral par le peuple, un révélateur

Le 9 juin, le peuple sera amené à se prononcer sur l'initiative de l'UDC "Élection du Conseil Fédéral par le peuple".

Les citoyens suisses vont donc collectivement décider s'ils sont assez intelligents pour élire directement leurs Conseillers Fédéraux, ou trop stupides pour y avoir droit.

Le fait est que sur ce sujet, l'Assemblée Fédérale a largement fait preuve de son incompétence. La réélection d'Evelyne Widmer-Schlumpf sous les couleurs du Parti Bourgeois Démocratique (5% des suffrages à l'échelle nationale) en 2011 n'est que le sommet de l'iceberg. Le Conseil Fédéral représentatif des partis a vécu, remplacé par une décennie d'arnaques vaseuses la veille de chaque élection - au point que la presse lui donne le surnom de "nuit des longs couteaux". Sachant qu'on ne parle pas de la dernière émission de télé-réalité à la mode mais bien de la composition de l'exécutif d'un pays de huit millions d'habitants, ça fait un peu tache.

votation du 9 juin 2013,démocratie,conseil fédéral,manoeuvres politiquesL'élection du Conseil Fédéral par le peuple permettrait de remédier à bien des errements. Les magouilles de couloir entre 246 politiciens ne peuvent pas se reproduire à l'échelle du corps électoral entier. On reproche par exemple au texte de forcer les candidats à "faire campagne" en cas d'approbation. En quoi serait-ce un mal? Cela semble préférable à la pratique actuelle, qui voit parfois d'illustre inconnus portés aux nues par le sérail sans qu'on sache rien d'eux. L'élections directe du Conseil Fédéral étendrait simplement les modes de campagne que les partis mettent déjà en place pour les exécutifs cantonaux.

L'idée qu'un mouvement politique (au hasard, l'UDC, éternel méchant de la fable) puisse "marteler" la présence d'un candidat avec des affichages massifs ne tient pas la route. La publicité omniprésente n'a jamais suffit à convertir les électeurs en nombre, quel que soit l'enjeu. Dans la recherche d'un candidat apte au compromis et capable de travailler en collège, une telle stratégie de communication pourrait même être contre-productive.

Aujourd'hui les Conseillers Fédéraux ne sont propulsés au pouvoir qu'en échange de marchandages secrets et de promesses inavouables. Avec une élection directe du Conseil Fédéral, les Conseillers Fédéraux pourraient établir un programme et être jugés sur leurs résultats. Ils seraient bien plus légitimes, car affranchis de la tutelle qu'excercent actuellement sur eux les états-majors des partis.

Les tractations entre formations politiques resteraient possibles, avec des apparentements et des tickets communs, mais elles seraient publiques et les électeurs pourraient choisir d'y adhérer ou pas. Nous aurions une chance de voir accéder au Conseil Fédéral des personnalités compétentes, au lieu d'individus faibles choisis par de vieux renards de la politique pour barrer la route à d'autres candidats plus prometteurs.

Le peuple aurait tout à gagner d'une élection directe du Conseil Fédéral.

Les partis politiques, eux, font feu de tout bois contre ce mode d'élection. Ils auraient tout à y perdre, quoique pour des raisons différentes.

Le spectateur naïf s'étonnera ainsi de compter la gauche parmi les adversaires du texte, sachant que les socialistes eux-mêmes ont proposé de par le passé plusieurs initiatives similaires à celle de l'UDC. Mais il faut se rappeler que les socialistes sont moins amoureux de la démocratie que du pouvoir ; ils voient la démocratie comme un moyen, non un but. Compte tenu de leur position actuelle, l'élection du Conseil Fédéral par le peuple n'est plus d'actualité. Leurs deux sièges leurs conviennent parfaitement. Bien installée dans le fromage gouvernemental, la gauche n'a aucunement l'envie de remettre en jeu une situation favorable pour de vagues principes.

Mention spéciale aux communistes qui "apprécient" l'idée d'une élection directe mais refusent de la soutenir... Parce qu'elle est proposée par l'UDC! Une argumentation aussi profonde force le respect.

Côté centre, l'opposition est des plus virulentes. Bourgeois-démocrates, démocrates-chrétiens, chrétiens-sociaux, verts-libéraux et libéraux-radicaux emportés malgré eux dans cette charge des poids légers luttent pour préserver leur influence, c'est-à-dire leur capacité de nuisance. Dans les batailles de décembre pour l'élection du Conseil Fédéral par l'Assemblée Fédérale, chaque voix compte. Que serait le PDC sans son rôle d'arbitre dans la nuit des longs couteaux? Que serait un Christophe Darbellay sans les conciliabules avec ses amis socialistes, les calculs d'apothicaire sur un coin de table et les interviews à des journalistes avides de confidences? L'élection du Conseil Fédéral par le peuple donnerait un choix lisible et prévisible à l'électeur - un cauchemar pour les partis du centre, obligés d'afficher clairement leur position et de renoncer aux intrigues! La fin des marchandages, la fin du suspense, la fin de tout!

Et à droite? De façon surprenante, même les électeurs de l'UDC ne sont pas entièrement convaincus par le texte. Il faut y voir la marque d'un respect emprunt de conservatisme face aux institutions actuelles. Le scepticisme traverse tous les partis: dans le doute, préférer un système lamentable à l'éventualité d'un changement. Le calendrier n'aide pas. Nous sommes en 2013, au creux de la vague de frustration qui saisit les spectateurs des élections fédérales tous les quatre ans... Combien de déçus regretteront en 2015 leur vote du 9 juin!

Comme souvent, les positions des partis sont avant tout celles des responsables qui le composent et non celles de la base des électeurs. En la matière, c'est moins la gauche contre la droite que le haut contre le bas: que les citoyens envoient leurs délégués à Berne et les laisse jouer ensuite comme ils l'entendent, tel pourrait être le mot d'ordre de la plupart des formations politiques. Mais honnêtement, qui se satisfait du résultat actuel?

A en croire les sondages, l'initiative serait bien mal partie pour le 9 juin, où elle se verra probablement repoussée. C'est fâcheux - non pour telle ou telle raison partisane, mais pour une simple question de logique. Les élites au pouvoir cherchent constamment le moyen de brider et de corseter la démocratie directe, entrave à leurs rêves de grandeur et à leur liberté d'action. En refusant l'élection du Conseil Fédéral par le peuple, celui-ci avouera implicitement son incapacité, donnant un blanc-seing aux parlementaires pour continuer leurs magouilles actuelles. Non, diront les citoyens, nous ne sommes pas vraiment capable d'élire nous-mêmes nos Conseillers Fédéraux. Mais alors, pourquoi le peuple aurait-il le discernement d'approuver ou de rejeter des accords internationaux autrement plus complexes? Pourquoi aurait-il l'intelligence de signer des initiatives déplaisantes aux yeux du Parlement? Pourquoi sa compréhension limitée l'autoriserait s'opposer de quelque façon que ce soit à l'évanescent "droit international"?

En rejetant l'élection du Conseil Fédéral par le peuple, celui-ci renforce la tutelle des autorités sur lui et risque, à terme, de renoncer à bien davantage.

votation du 9 juin 2013,démocratie,conseil fédéral,manoeuvres politiques

Même le Parti du "Tavail" genevois est contre, c'est dire.

Commentaires

Plus d'un siècle de retard sur la Gauche et tout cela part vengeance...

Vous êtes si petits à l'UDC.

Écrit par : Un Suisse | 22 mai 2013

"La publicité omniprésente n'a jamais suffit à convertir les électeurs en nombre, quel que soit l'enjeu."

Vous passez comme chat sur braise sur point, c'est (pas vraiment) étonnant.

Oh mais non, mon bon monsieur, la publicité ne sert à rien, tout le monde le sait. Si les partis et forces politiques dépensent des millions à chaque votation, c'est juste qu'ils trouvent ça plus simple que d'ouvrir la fenêtre.

Écrit par : Fufus | 22 mai 2013

@Fufus: comme un chat sur braise... Vous trouviez que le texte n'était déjà pas assez long?

"Oh mais non, mon bon monsieur, la publicité ne sert à rien, tout le monde le sait".

Bel homme de paille, puisque je n'ai jamais affirmé pareille ineptie. La publicité est utile, indispensable même (tout le monde n'a pas des journalistes amis pour faire gracieusement la promotion de son mouvement politique, suivez mon regard) mais a des limites de volume rapidement atteintes. D'information elle devient tapisserie, puis matraquage, puis suscite le rejet.

Faut-il vraiment que je fasse la liste de toutes les causes où le plus petit budget publicitaire l'a emporté dans les urnes?

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 mai 2013

«Les partis politiques, eux, font feu de tout bois contre ce mode d'élection. Ils auraient tout à y perdre, quoique pour des raisons différentes.»


C'est sûr que le peuple n'est pas fiable… mais alors pas du tout!

Un peuple qui accepte l'initiative anti-minaret…
Un peuple qui accepte la Lex Weber…
Un peuple qui accepte l'initiative Minder…
Des peuples régionaux qui placent Freysinger et Perrin dans leur gouvernement…

C'est la confirmation que le peuple, quand il boit un(des) coup(s) de trop, il perd la raison… d'Etat.

Mais on peut être rassuré. Selon les sondages il se serait mis au thé… après quelques gueules de bois.

Mais sait-on jamais, avec les pochards on est jamais sûr de rien…

Elle a donc raison la «bonne classe politique» de pas faire confiance… il serait capable de vous envoyer Jean-Marc Richard et Alain Morisod au Conseil fédéral, le bon peuple.

Écrit par : petard | 22 mai 2013

Super, cette idée de l'UDC. Et nous, Suisses romands, on aura droit à un Conseiller fédéral ? Obligatoirement socialiste et débile, à voir les deux représentants de Vaud au Conseil des états. Cette idée est aussi anti-suisse que possible. On devrait y réfléchir, à l'UDC...

Écrit par : Géo | 22 mai 2013

Amusant, ce mépris pour le peuple. "Moi je choisirais intelligemment, mais les autres non, oh non, surtout pas! Qu'on me prive d'un droit si ça peut aussi en priver les autres débiles!"

Splendide.

Entre petard qui voit Alain Morisod au CF (endossé par quel parti?) et Géo qui n'y voit que des socialistes romands (parce qu'avec Micheline Calmy-Rey et Alain Berset, cela n'a rien à voir bien entendu... Oh wait...) on n'est pas sorti de l'auberge.

Finalement, à quoi servent les élections, les référendums et les initiatives puisque les citoyens sont des imbéciles? "Ces votes, finalement, ça ne sert pas à grand-chose et ça coûte un pont" ai-je parfois entendu à Renens lors d'un dépouillement. Je vous laisse deviner le bord politique de la personne qui étalait bruyamment sa perle de sagesse.

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 mai 2013

Je suis souvent d'accord avec vous M. Montabert, mais là, c'est non. Ce n'est pas tant de devoir élire mes représentants au CF qui me dérange, mais la représentativité de la Suisse.

Avec votre initiative, les latins (suisse romande et Tessin) auront droit à 2 sièges (pourquoi pas 3, alors que Fribourg et Vaud ont les plus grandes progessions démographiques, la part des latins augmente ?). D'autre part, avec votre système, les cantons les plus peuplés seront favorisés par rapport aux petits cantons : qui à Zurich (ou dans le canton de Vaud) votera pour un candidat qui n'est pas zurichois (ou vaudois) ? Personne. De même, qui dans les grandes villes votera pour un "campagnard" ? Les gens voteront pour les candidats qui leur seront le plus proches (géographiquement et sociologiquement).

Bref, bonne idée, mais mauvaise mise en pratique.

Écrit par : Pascal D | 22 mai 2013

@Pascal D: je préfère un UDC grison à un socialiste vaudois. Je préfère un radical soleurois à un communiste genevois. Je préfère un libéral haut-valaisan à un vert jurassien.

"Qui à Zurich (ou dans le canton de Vaud) votera pour un candidat qui n'est pas zurichois (ou vaudois)? Personne"

Vous lisez dans le marc de café?

Peut-être pensez-vous qu'un gouvernement efficace doit ab-so-lu-ment comporter un Zurichois, un Bernois, un Romanche, un gars des Waldstätten, un Vaudois, un Genevois et un Tessinois pour être au top de l'efficacité? Et le parti des uns et des autres on s'en moque?!!

Je suis hermétique à cette propension à mettre l'origine géographique des candidats avant leur orientation politique. Peu importe un Conseiller Fédéral aux positions politiques désastreuses tant qu'il est du village? C'est ça le principe? Ou comment ériger l'esprit de clocher en valeur cardinale devant tout le reste...

Dieu merci, je vote en fonction du programme politique et des projets des gens, pas de leur proximité physique avec mon lieu d'habitation. Allez comprendre. Et je suis sûr de ne pas être le seul.

L'initiative de l'UDC précise un minimum pour les minorités linguistiques, le poids de celle-ci s'étendra naturellement avec la démographie. Aujourd'hui la représentation linguistique est respectée au gouvernement, c'est vrai. Mais la représentation politique ne l'est pas du tout, et ça me paraît autrement plus grave. Pas à vous?

A mon avis, ceux qui refusent le projet pour ce genre de détail sont simplement tombé dans les chausse-trappes soigneusement érigées par les médias sur des points totalement secondaires. On pourrait aussi, dans le même genre, s'indigner que l'initiative UDC ne précise rien quant à la proportion de femmes au gouvernement. Quel malheur.

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 mai 2013

Non, détrompez-vous. Je préfère également un bon candidat valaisan à un mauvais vaudois. Je n'ai pas dit que moi, je voterai comme ça. Mais je ne suis pas dupe. Les gens vont voter d'abord pour les candidats qu'ils connaissent le mieux, donc ceux de leur canton (et surtout n'oubliez pas le patriotisme cantonal qui, même si la gauche est contre toute forme de patriotisme ou nationaliste, est encore bien implantée - pensez-vous qu'un vaudois aurait voté Berset si Maillard avait été candidat ?). Et si ce candidat de leur canton ne leur convient pas, ils ne voteront pas. L'esprit de clocher, vous connaissez ?

Bien sûr que la représentation politique devrait être mieux respectée. Mais pensez-vous vraiment que la droite (en particulier l'UDC) sortirait gagnante d'une élection par le peuple ? Perso, j'ai de gros doutes. Les grandes villes voteront à gauche (comme d'hab) et comme elles sont plus peuplées que la campagne, cela risque fort d'être très difficile d'être un candidat UDC en ville de Zurich ou de Lausanne.

Et en suisse romande, on risque bien de se retrouver avec un vert genevois et un socialiste vaudois (ou l'inverse) pour nous représenter au plus haut niveau. Bye bye les chances d'un neuchâtelois, d'un jurassien ou d'une fribourgeois, aussi bon soit-il, d'être élu.

Alors non, je préfère encore le système actuel, même s'il est loin d'être parfait.

Écrit par : Pascal D | 22 mai 2013

"sur des points totalement secondaires" Mais qu'avez-vous donc compris à la Suisse ? Vous voulez nous en faire un pays centralisé à la française ? Quelle est la légitimité d'un Vaudois de voter pour un Grison qu'il ne connaît ni en rêve ni dedans ? Cette idée est la négation même de la Suisse. Si cela passe, on peut fermer boutique. Ce pays devient de moins en moins fédéraliste et court au clash s'il n'y a pas un retour de manivelle. Bien heureusement, le peuple va refuser cette stupidité...
De plus, les conseillers fédéraux suisse romands seraient obligatoirement deux et socialistes. Est-ce bien là la volonté de l'UDC? Peut-être pour satisfaire le fantasme des gros bonnets zurichois, Blocher et consorts, qui considèrent que sont suisses uniquement les germanophones, les Romands étant par définition des Untermenschen...

Écrit par : Géo | 22 mai 2013

@Géo:
Le nombre de membres du Conseil Fédéral va-t-il changer? Non.
La durée de mandat du Conseil Fédéral va-t-elle changer? Non.
Les prérogatives du Conseil Fédéral vont-elles changer? Non.

Quel est le moindre fichu début de rapport avec le centralisme à la française?! C'est l'idée d'une élection de personnes qui vous donne de l'urticaire? Identique à celles qu'on fait déjà pour tous les exécutifs cantonaux, y compris dans des cantons bilingues?

Vous nous chantez le manque de connaissance de untel par untel, mais quand Mme Maria Besnasconi, conseillère d'Etat genevoise, vote pour Mme Evelyne Widmer-Schlumpf en 2007, elle la connaît personnellement, peut-être? Parce que quand Mme Claudia Friedl, conseillère aux Etat de Saint-Gall, vote pour M. Burkhalter en 2011, ils sont comme des larrons en foire, allez-vous me dire?

Il faut arrêter le délire deux secondes. La plupart des Conseillers Nationaux sont encore plus dans le noir que ne le seront des électeurs dans une élection directe. Au moins là, il y aura une vraie campagne. Ce n'est pas pour rien qu'il y a quelques superficielles "réunions de présentation" avec les candidats présentés par les partis. Mais même ces présentations n'empêchent pas des coups tordus dans les travées du Parlement, où des mots d'ordre sont transmis et des accords passés, souvent au dernier moment et pour de parfaits inconnus. C'est à cette politique des "arrangements de couloir" qu'il faut mettre un terme.

@Pascal D: comme d'habitude, vous n'êtes pas susceptible de succomber à l'esprit de clocher, mais les autres, si... Et de toutes façons tous les partis politiques ne vont pas présenter 7 candidats différents par canton, ce serait suicidaire. Jamais on ne verra Berset contre Maillard, les socialistes suisses auront adoubé seulement l'un des deux en interne au préalable, exactement comme ils l'ont fait pour le CF.

"Mais pensez-vous vraiment que la droite (en particulier l'UDC) sortirait gagnante d'une élection par le peuple ?"

Pas forcément, non. C'est tout à l'honneur de l'UDC d'ailleurs. Elle aurait pu se contenter de sortir une "lex UDC" bien pratique, style, le premier parti prend 3 sièges et les autres se partagent le reste, mais elle a choisi la voie de la démocratie directe.

"Les grandes villes voteront à gauche (comme d'hab) et comme elles sont plus peuplées que la campagne, cela risque fort d'être très difficile d'être un candidat UDC en ville de Zurich ou de Lausanne."

Peu importe, le scrutin est national.

"Et en suisse romande, on risque bien de se retrouver avec un vert genevois et un socialiste vaudois (ou l'inverse) pour nous représenter au plus haut niveau. Bye bye les chances d'un neuchâtelois, d'un jurassien ou d'une fribourgeois, aussi bon soit-il, d'être élu."

Cela dépend des mécanismes de désignation interne des partis. Pour l'UDC romande, un Freysinger (valaisan) ou un Perrin (Neuchâtelois) auraient d'ailleurs eu leurs chances, ce qui contredit pas mal votre théorie.

"Alors non, je préfère encore le système actuel, même s'il est loin d'être parfait."

Vous devriez méditer plus longuement sur la composition et l'envergure politique du gouvernement actuel :-)

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 mai 2013

"Faut-il vraiment que je fasse la liste de toutes les causes où le plus petit budget publicitaire l'a emporté dans les urnes?"

Non, ça va comme ça, merci. Mais vous vous imaginez le ramdam tintouinesque tous les cinq ans à l'approche de l'élection du CF si le peuple devait voter ? Comme aux States ou en France.. Chaque candidat devrait être vu partout, serrer des milliers de paluches hypocritement, et surtout lever des fonds auprès de grosses entreprises qu'ils favoriseront s'ils sont élus. On sait comment ça fonctionne ce genre de chose.

Tout cela mènerait à avoir au CF les plus gros égos, les plus gros requins. Est-ce un gage qu'ils sauront s'entendre collégialement ? Sûrement pas.

Écrit par : Fufus | 22 mai 2013

"La plupart des Conseillers Nationaux sont encore plus dans le noir que ne le seront des électeurs dans une élection directe."
Il y a répartition entre grands électeurs. Le défaut du système, c'est la non-élection de Karin Keller-Suter, sabotée par les socialos et probablement l'UDC parce que trop bien. Elle leur aurait fait de l'ombre, et donc on a droit à ce sous-pâlichon Schneider-Amman et à la souris grise Burkhalter avec son vibrion [censuré] Rossier, qui accumule les provocations anti-suisses les unes après les autres. Personne n'a beaucoup d'estime pour les CF de votre parti. Ni Blocher ni Maurer ne sont ou n'ont été très convaincants, c'est le moins qu'on puisse dire. Avoir une grande gueule et dire des insanités, ce n'est pas vraiment cela qui donne envie. Et ils auraient été élus par le peuple, bien sûr. C'est bien la preuve qu'au niveau des personnes, il n'y aura aucun progrès si votre initiative passait. Il n'en reste pas moins qu'elle oblige à avoir des quotas bien trop définis pour une confédération aussi difficile à gérer, avec 4 langues, 26 cantons et une religion mais deux confessions. A propos, votre système nous obligera t-il à donner au moins un siège à nos ennemis religieux n°1 au CF ? Et la CF musulmane aura-t-elle le droit de porter le voile ? Quand on veut réglementer trop en détail, c'est le genre de résultats auxquels il faut s'attendre...
C'est très dur à admettre, surtout pour vous, mais les radicaux de 1874 étaient beaucoup, beaucoup plus intelligents que les hommes politiques ou les juristes actuels. Tous les changements vont forcément dans le mauvais sens. Les juges ne pensent qu'à remettre en liberté les pires criminels, et les mauvais politiciens, socialistes ou UDC, comme d'habitude toujours ensemble pour foutre le bigntz pensent à jouer les vedettes et se faire élire sur leurs programmes bidons. Maillart et Calmy-Rey sont avec vous, cela devrait vous faire réfléchir...

Écrit par : Géo | 22 mai 2013

"Amusant, ce mépris pour le peuple." C'est là que se situe le hiatus entre vous Français et nous Suisses. Il n'y a pas de peuple suisse, il y a un peuple vaudois, valaisan, bâlois, etc...
Pour fréquenter souvent l'Auvergne, je vous signale que le peuple auvergnat ne le sait peut-être pas, mais de facto, sur le terrain, l'Auvergne, ce n'est pas le conglomérat de 4 départements, la Haute-Loire, l'Allier, le Cantal et le Puy de Dôme. Ce serait comme diviser Vaud en arc lémanique, plateau, Jura et Pays d'Enhaut + Chablais...
Chassez le naturel*, il revient au galop. A vous de le comprendre et l'intégrer dans votre compréhension de ce pays. on n'a pas eu les sans-culottes ici.
* Et c'est le cas de le dire...

Écrit par : Géo | 22 mai 2013

@Fufus: vous parlez du ramdam tintouinesque qui a lieu pour les élections cantonales, sans doute? A part une piètre tentative de Michel Chevrolet à Genève, je n'ai pas vu grand-chose.

Et à votre avis, pour une grande entreprise ou Dieu sait quel méchant de l'histoire, est-il plus facile de corrompre 246 élus sous la coupole ou le corps électoral tout entier?? A bon entendeur...

Bizarrement, personne ne semble réaliser que ce n'est pas un président qui sera élu, mais sept Conseillers Fédéraux. Il y aura des listes, des alliances. Rien de nouveau sous le soleil. Chaque parti proposera sans doute un à trois noms et cherchera à les faire connaître. Ils présenteront leur programme - une sacrée nouveauté! - et devront rendre des comptes pour se faire réélire.

J'ai l'impression qu'en filigrane, cachée sous tout un tas de faux prétextes, l'idée d'élire directement les Conseillers Fédéraux terrorise beaucoup de gens. Comme s'ils détestaient la façon de procéder actuelle, mais qu'elle avait l'avantage - malgré son piètre résultat - de leur permettre de ne pas se salir les mains, de critiquer des êtres distants, au Parlement, ailleurs, abstraits.

@Géo: et bien sûr vous seul avez compris ce pays, comment il fonctionne et qui a le droit d'en faire partie... Vous réussissez même le tour de force de regretter la non-élection de Karin Keller-Suter tout en rejetant l'idée horrible d'une élection directe du Conseil Fédéral. Vous n'êtes que contradiction et amertume.

Un jour vous devriez essayer de proposer quelque chose de constructif, pour changer.

Écrit par : Stéphane Montabert | 22 mai 2013

Géo, pour une fois je suis d'accord avec vous sur toute la ligne...mais apparemment la conscience politique et historique du fragile équilibre du génie helvétique est désormais passée sous le rouleau-compresseur des simplifications de gauche comme de droite. Demander à un Vaudois de voter pour un Glaronnais ou un Soleurois, quelle hérésie...

Écrit par : Souflette | 23 mai 2013

Il est clair que pour les comploteurs du milieu de terrain, c'est pas une bonne idée que de confier cette décision au peuple. Surtout à un peuple peu obéissant...

Ceci dit, qu'ils sont dérisoires ces arguments sur les risques de sous-représentation des minorités linguistiques. Je préférerais mille fois une alémanique de plus, comme Keller-Suter (qui, par ailleurs s'exprime admirablement en français), qu'une Maria Roth-Bernasconi «romande»... ouf, pour la seconde, y'a quand-même pas trop de chances...

Et puis dans le futur, avec toutes ces communautés naturalisées issues des vingt-sept coins de l'UE et pas seulement... nos langues nationales disparaîtront probablement à l'avantage d'un sabir incertain issu du Net ou des tréfonds de Facebook. Qu'est-ce que ça pourra faire qu'un suisse-somalien ou qu'un suisse-polonais vienne de Zurich ou de Neuchâtel?

Quelque part, je peux comprendre ce peuple qui s'apprête à se refuser ce pouvoir de décision. Il préfère s'en laver les mains et se permettre de temps à autre une monstre remontée de bretelles par le biais d'initiatives ou de référendums. Ça a pas mal fonctionné ces derniers temps et ça remet vite les pendules à l'heure.

Enfin, je serais plutôt pour une correction de vocabulaire: que l'on biffe le terme «élection» par l'Assemblée fédérale et qu'on le remplace par «désignation» par... Ça serait quand-même plus honnête et moins culpabilisant lorsque on doit leur taper dessus.

Écrit par : petard | 23 mai 2013

@petard: "Quelque part, je peux comprendre ce peuple qui s'apprête à se refuser ce pouvoir de décision. Il préfère s'en laver les mains et se permettre de temps à autre une monstre remontée de bretelles par le biais d'initiatives ou de référendums. Ça a pas mal fonctionné ces derniers temps et ça remet vite les pendules à l'heure."

Terrible erreur!

Si je comprends fort bien la perspective réjouissante et fréquente de retoquer par un vote un projet du gouvernement, vous n'avez pas idée de l'énergie qu'il faut déployer pour mettre en place un référendum ou amener une initiative. Une énergie rarement déployée en fin de compte.

Résultat? Vous pensez que "ça a pas mal fonctionné", comme vous dites, mais vous êtes intervenu sur une fraction dérisoire des stupidités produites à la chaîne par le Conseil Fédéral et le parlement.

L'idée qu'on peut mettre en place des gens incompétents aux postes de pouvoir et ensuite les "contrôler" avec initiatives et référendums est une dangereuse illusion.

Pour un projet désastreux arrêté, vingt passent la rampe.

Pour un sujet amené sur le tapis par une initiative, vingt lubies stupides sont traitées en priorité.

Vous aimeriez que le gouvernement s'attarde sur le laxisme de notre système pénal, mais non, dans les hautes sphères on préfère parler d'éoliennes et de siège auto pour enfants.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 mai 2013

@Monsieur Montabert,la Suisse n'est pas la France! et le peuple a déjà bien assez de soucis secondaires aux partis gauchistes écologistes et autres terroristes qui s'en mettent plein les poches grâce au recyclage du papier interdit pour l'alimentaire mais utilisé par les maisons étrangères qui exportent des produits trouvés dans certaines de nos grandes surfaces Suisses.La France et l'Angleterre pays de puritains socialistes et adeptes du fameux faites comme on vous dit mais surtout ne regardez pas ce que nous faisons par derrière
je regrette mais c'est aux partis et au sein des communes qu'il faut se montrer diligent en premier et ne pas faire porter toutes les responsabilités à la Berne Fédérale.On ne peut pas dire qu'au sein de nombreuses communes le droit civique soit respecté mais en premier par ceux qui aimeraient transformer le peuple en gentils robots
Laisser le peuple voter pour élire le gouvernement ,la gauche,les socialistes en feraient leur beurre accusant ensuite de tous les maux les citoyens , ce serait la porte ouvertes grande ouverte à toutes les sectes qu'elles soient d'ordre religieux,alimentaire voire même médicale

Écrit par : lovsmeralda | 23 mai 2013

"Et à votre avis, pour une grande entreprise ou Dieu sait quel méchant de l'histoire, ..."

Si vous en êtes encore à ignorer le poids des lobbies dans le jeu politique suisse, je ne peux pas faire grand-chose pour vous.

"est-il plus facile de corrompre 246 élus sous la coupole ou le corps électoral tout entier??"

Comme je vous le disait plus haut, pour faire campagne au niveau national, il faudrait beaucoup d'argent. Seuls les mieux vendus seraient connus et élus. Ils devraient alors renvoyer l’ascenseur à ceux qui les ont aidés. Actuellement, tout n'est pas rose, mais l'élection du CF par le peuple rajouterait une couche d'argent trouble et aussi de peoplisation débile.

Écrit par : Fufus | 23 mai 2013

"Pour un projet désastreux arrêté, vingt passent la rampe."

Oui d'ailleurs la Suisse est bien connue pour avoir le carcan législatif le plus contraignant du monde, d'ailleurs n'est-elle pas elle aussi une des causes de la crise européenne par sa gestion désastreuse des deniers publics...

Vous comprendrez peut-être un jour, mais sans doute faut-il être né ici, que nous ne voulons pas de ce pouvoir d'élection ! Quand j'étais jeune, on nous disait que le peuple suisse était le seul capable de voter pour des hausses d'impôts et contre des jours de vacances en plus, et que c'était formidable. Mais c'est aussi le peuple qui ne veut pas élire son exécutif suprême, pour des raisons similaires. Enfin, nous verrons au moment des résultats, mais vous risquez d'être surpris par cette nouvelle manifestation du "génie helvétique"

Écrit par : Souflette | 23 mai 2013

@Souflette: allez-y, moque-vous! Si vous suiviez l'actualité des chambres fédérales, vous auriez envie de lancer deux référendums par semaine. Et avec de bonnes chances de l'emporter par-dessus le marché.

Je ne me fais aucune illusion sur le résultat de cette initiative, pas plus que sur la trajectoire que prend ce pays. Il n'est qu'en retard sur le peloton européen, mais pédale avec une ardeur redoublée. Libre à vous d'y voir du génie.

Ce billet visait seulement à répertorier des conséquences pas forcément attendues dans les relations entre élus et citoyens dès lors que l'initiative de l'UDC aura été repoussée. Les premiers vont se sentir pousser des ailes...

A vous lire, on dirait que vous exprimez une sorte de "fierté de l'abstentionniste" à renoncer à la souveraineté que vous accorde votre statut de citoyenne. Cette patience bienveillante pouvait peut-être se justifier avec la classe politique dont disposait la Suisse il y a quelques décennies, je suppose ; je n'ai pas connu cette Suisse-là.

Mais je connais celle d'aujourd'hui, en revanche. Et selon moi cette attitude s'apparente à celle d'un conducteur qui fermerait malicieusement les yeux au volant, juste pour voir où le conduira sa voiture.

C'est aussi singulier qu'effrayant.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 mai 2013

Le peuple doit élire son conseil fédéral. Peu importe que les 7 élus soient romands, tessinois, suisses-alémanique, hommes ou femmes car il faut simplement les meilleurs candidats. Cela supprimera les magouilles, la fameuse "nuit des longs-canifs" où les petits arrangements se cuisinent en douce, la politique des petits copains ou encore une "élection" sans choix comme Mme Dreifuss. Cela supprimera aussi le dicktat lors d'une élection qu'un parti refuse comme pour Matthey qui a eu l'interdiction d'accepter son élection par les "démocrates" du PS !

Écrit par : Yvan Descloux-Rouiller | 23 mai 2013

@ Fufus,

" Tout cela mènerait à avoir au CF les plus gros égos, les plus gros requins. Est-ce un gage qu'ils sauront s'entendre collégialement ? Sûrement pas. "

Pour votre remarque; pourquoi ça va pour les conseils d'état et pas pour le CF?

@ Montabert,

Je n'ai pas vraiment d'opinion sur le bien fondé d'une élection du CF par le peuple. Je dirais simplement " peut-être et pourquoi pas ". Mais en Suisse le CF a un pouvoir très limité. Surtout avec notre système de référendum et d'initiative. Pour être contre, je dirais: " A quoi bon élire des gens qui ne décident pas grand chose finalement et qui sont plus des gestionnaires que des décideurs "?

Par contre il y aurait un argument pour que je soit favorable à l'élection du CF par le peuple. C'est le jour ou j'ai lu une déclaration Liliane Maury-Pasquier qui se disait contre l'élection du CF par le peuple, car si c'était le cas Blocher serait toujours conseiller fédéral avec toute les conséquences négative pour la Suisse. C'est pourtant la même qui trouva aussi anti-démocratique que l'on ne fasse pas voter par le peuple l'achat de avions Grippen. Si pour les opposants le non se résume à espérer de ne pas voir certains politiciens accéder au CF; c'est un véritable déni de démocratie. Enfin seulement quand ça les arrange.

Mais on pourrait aussi et là je serais plus enthousiaste, ce serai d'élire également les juges. Si un juge tient à son job; il évitera de libérer des prédateurs sexuels récidivistes et pourrait se montrer aussi moins tolérant sur la criminalité en général.

D.J

Écrit par : D.J | 23 mai 2013

" Cela supprimera aussi le dicktat lors d'une élection qu'un parti refuse comme pour Matthey qui a eu l'interdiction d'accepter son élection par les "démocrates" du PS ! "

Bien vu!!! C'est un argument qui donne des sacrés points aux partisans de l'élection du CF par le peuple.

Écrit par : D.J | 23 mai 2013

@DJ: "Mais en Suisse le CF a un pouvoir très limité (...) à quoi bon élire des gens qui ne décident pas grand chose finalement et qui sont plus des gestionnaires que des décideurs?"

Oui, comme quand il décide de livrer les noms des clients des banques au fisc américain, en violation de la législation suisse. Ou lorsque M. Burkhalter décide de reprendre dans la loi les bonnes recommandations du Pakistan, entendues dans le cadre de l'ONU. Ou comme quand Mme Doris Leuthard annonce sur un coup de tête la fermeture des centrales nucléaires.

Très limité, en effet. Presque anecdotique.

Écrit par : Stéphane Montabert | 23 mai 2013

"Et selon moi cette attitude s'apparente à celle d'un conducteur qui fermerait malicieusement les yeux au volant"
L'élection par le peuple d'un monarque plénipotentiaire en France n'a pourtant pas l'air d'améliorer cet état de fait, au contraire. Un CF élu par le peuple se sentira encore plus de pouvoir relativement au parlement et envahira la Pologne d'un jour à l'autre sans consulter personne si l'envie lui en vient. Ou promulguera le mariage gay...

Écrit par : Géo | 24 mai 2013

@Géo: Votre mépris de l'exemple français vous fait jeter le bébé avec l'eau du bain.

Le système politique français est taillé pour qu'un monarque dispose des pleins pouvoirs pendant cinq ans, avec une assemblée non proportionnelle aux forces politiques réelles et qu'il a le loisir de dissoudre, un sénat inutile, pas de référendums ni d'initiative... Pas de quoi s'étonner que l'élection du président soit en France la cible de tous les enjeux, au point de commencer des années avant l'échéance!

En Suisse, l'élection du Conseil Fédéral par le peuple ne serait pas celle du président mais d'un gouvernement entier. Elle mettrait en place sept personnes et non une seule, sans rien enlever aux prérogatives législatives du Parlement, aux initiatives ni au référendums. Aucun rapport donc, même lointain, avec le système français que vous exécrez.

Un CF helvétique élu directement par le peuple et qui "donc" imposerait à tous - et de quelle façon? - le mariage gay? Ou envahirait la Pologne? Votre argumentation commence à flirter avec le n'importe quoi.

Écrit par : Stéphane Montabert | 24 mai 2013

@DJ

"" Tout cela mènerait à avoir au CF les plus gros égos, les plus gros requins. Est-ce un gage qu'ils sauront s'entendre collégialement ? Sûrement pas. ""

"Pour votre remarque; pourquoi ça va pour les conseils d'état et pas pour le CF?"

Un canton est bien plus petit que la Suisse entière. Déjà il y a la barrière de la langue ou plutôt les barrières des langues: trouver des infos sur un politicien suisse-allemand ou tessinois n'est pas facile quand on ne comprend pas sa langue à lui. Et puis faire campagne dans toute la Suisse, même si c'est un petit pays, ça coûte beaucoup de pognon. Seuls les plus fortunés pourraient espérer être élus. Et seuls les plus beaux aussi, les plus glamours. Je n'ai rien contre le beau et le glamour mais quand ça masque les idées, c'est embêtant. Bref, je pense que la relative non-people-isation des politiciens suisses est bénéfique. On peut mieux se concentrer sur les dossiers quand on ne parle pas à tort et à travers des gens.

Écrit par : Fufus | 24 mai 2013

@ Montabert,

" Oui, comme quand il décide de livrer les noms des clients des banques au fisc américain, en violation de la législation suisse. Ou lorsque M. Burkhalter décide de reprendre dans la loi les bonnes recommandations du Pakistan, entendues dans le cadre de l'ONU. Ou comme quand Mme Doris Leuthard annonce sur un coup de tête la fermeture des centrales nucléaires. "

La question des fermetures des centrales nucléaires à brève échéance a été décidée par les chambres fédérales me semble-t-il. Leuthard dans le cas précis c'est certainement appuyé sur ce que le parlement à légiféré. Bref; Je voulais dire que le CF en général a quand même une marge de manœuvre bien limitée puisqu'il n'est pas le législateur. Cela est l'un des points que me dirais que l'élection du CF par le peuple n'est pas primordial.

" Le système politique français est taillé pour qu'un monarque dispose des pleins pouvoirs pendant cinq ans, avec une assemblée non proportionnelle aux forces politiques réelles et qu'il a le loisir de dissoudre, un sénat inutile, pas de référendums ni d'initiative..."

Cela revient à ce que j'évoquais plus haut sur le pouvoir très limité du CF. les français peuvent bien voter pour le choix d'un président absolutiste. Mais personnellement une élection du CF par le peuple n'aurais pas non plus à mon avis de contres indications dangereuses. Il faudrait néanmoins le faire tel qu'il se fait aux chambres tout les 4 ans en respectant la proportionnalité des partis élus aux chambres fédérales. 2 UDC, 2 PS un PDC et respecté au mieux les régions linguistiques etc...Bref cela resterais surtout consultatif. Et cela éviterais les coups de mauvais perdants comme l'a indiqué plus haut Descloux avec le cas Mattey.

@ Fufus,

Comme je l'ai dit à Montabert; Le CF a un pouvoir très limité. Pour moi les élections législatives sont bien plus légitimes, puisque l'on élit ceux qui créent et décident les lois.

Pour les coûts d'une élections au cas où ça ce ferait; on restera bien modeste comparé aux élections présidentielle US qui sont aussi un vrai business. Des campagnes pour drainer un maximum d'électeurs alors qu'au final ce sont les grands électeurs et non le peuple qui font élire le président.

Par contre c'est bien le peuple US qui élit le congrès qui est le vrai pouvoir législatif pour les USA.

Je ne suis pas hostile au fait que le peuple élise le CF. Mais le modèle actuel ne me dérange pas pour autant.

Mais c'est bien de faire une votation là-dessus. Le résultat sera légitime. On élira CF ou on élira pas CF. Le peuple, le vrai législateur en Suisse l'aura décidé.

D.J

Écrit par : D.J | 24 mai 2013

@Géo: le lien de votre regretté blog svp!

Écrit par : Pierre | 24 mai 2013

Pierre@ Y a pus. Supprimé par cet excellent M.Mabut..

Écrit par : Géo | 24 mai 2013

@Monsieur Montabert,vous dites le peuple s'en lave les mains.
Excusez du peu mais les Séniors sont bientot tous seuls à encore se déplacer pour aller voter.La plupart y vont le matin
Quand à l'informatique encore une fois c'est tout faux.Pour bien voter il faut connaitre son passé ,dialoguer avec ceux qui ont le vécu et les souvenirs si c'est la seule force qui mène les élus à continuer de promulguer le vote électronique,pourquoi se faire du souci pour le futur qui aujourd'hui est plus que jamais communiste.socialiste et qui demain sera Allemand ou Maoiste autre branche assez puissante parmi des jeunes de ce pays
On sait le fossé grandissant entre politiciens élus et justement le peuple de nombreux Seniors ne pouvant plus se déplacer en journée ou soirée pour assister aux *révélations concernant les innovations communales * car stressés de plus en plus par le bruit ou des conflits de voisinage et qui dès la nuit tombée vont se coucher éreintés et des élus qui refusent d'admettre que cette grande minorité si elle pouvait s'exprimer sans doute ferait pencher très souvent la balance,là aussi il y aurait grand chose à redire
Et ne me sortez pas le fameux slogan ,ils n'ont qu'à se mettre à l'informatique,je vous répondrais ,les y'a qu'à à eux seuls prouvent le grand malaise existant entre vous les Politiciens et ceux qui ont et font encore tourner l'économie.
Grâce aux catalogues,ils achètent et donnent aux pauvres ,ainsi d'une pierre deux coups,connaissant ceux dans la déche,ils participent et ce depuis des lustres à donner de main à main mais aux indigents connus de leur région
Quand on sait l'origine du mot don,il faut se souvenir qu'avant l'arrivée des célèbres Cosaques du Don,les nombreuses oeuvres d'entraide étaient quasi inexistantes ,mais grâce à ces groupes de chanteurs fabuleux ,le mot don fit son entrée dans le jargon helvétique ,on connait tous la suite
bon dimanche pour Vous Monsieur

Écrit par : lovsmeralda | 26 mai 2013

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