15 mai 2013

Marie: la Suisse, effarée, contemple sa justice

Lundi, une jeune femme de 19 ans, Marie, a été enlevée à proximité du golf de Payerne. Son agresseur l'a forcée à monter dans sa Toyota avant de s'enfuir en direction de Moudon. Ce sera la dernière fois qu'un témoin apercevra la victime vivante.

marie.jpg

Victime d'un régime carcéral très très souple.

Après une course-poursuite rocambolesque, le ravisseur, Claude Dubois, fut finalement arrêté par la police le lendemain. Aucune trace de Marie Schluchter dans la carcasse du véhicule ; le corps sans vie de la jeune fille fut découvert à 3h du matin dans un petit village près de Payerne, sur les indications du suspect.

Dire que Claude Dubois était "connu des services de police", comme on dit dans ce genre d'affaire, serait un euphémisme ;  sa vie était gérée par l'administration pénitentiaire depuis une condamnation à vingt ans de prison en 2000, dans un procès où il avait échappé de justesse à la prison à vie. Déjà les médias avaient brossé un beau portrait de sa personnalité et de sa cruauté:

«Pervers narcissique», «méchant», «acharné»… A l’époque, la condamnation du ravisseur de Marie, enlevée lundi à 19 heures à Payerne, avait fait les grands titres. Vendeur informatique de 22 ans, l’homme avait enlevé, séquestré, violé, puis abattu [de cinq balles] son amie, qui venait de le quitter, lors de ce que l’on avait alors appelé «le crime de la Lécherette», en 1998. Le crime faisait suite à des mois de harcèlements et de menaces.


Selon une formule désormais célèbre, le président du tribunal avait estimé qu'il ne fallait pas refermer "la petite lucarne que l’on doit laisser à l’espoir à cet âge." Pas de petite lucarne pour Marie, hélas.

On peut évidemment s'étonner qu'un individu condamné à vingt ans de détention soit au volant d'une voiture treize ans après le verdict, libre d'enlever et de tuer des jeunes filles. Le grand public, régulièrement confronté à la sévérité des autorités pour de terribles affaires de stationnement ou d'excès de vitesse, pensait benoîtement que la justice helvétique appliquerait sans doute avec la même rigueur les sentences plus graves. Erreur.

dubois.jpgL'entier du cheminement de Claude Dubois est une ode à l'absurdité. Le 15 mai 2011, il a purgé les deux tiers de sa peine ; il aurait d'ores et déjà pu bénéficier d'une libération conditionnelle. C'est ainsi: grâce au décompte très particulier du temps en milieu carcéral, personne n'accomplit jamais l'entier de sa condamnation. "Vingt ans" se traduisent en douze ans d'enfermement réel, voire moins grâce à des régimes de semi-liberté. Quant à une peine de perpétuité, la prétendue prison à vie, le vocabulaire est dépassé. Elle revient à quinze ans. Un récidiviste particulièrement acharné pourrait donc ainsi subir deux ou trois peines de "perpétuité" dans son existence, réjouissant les pigistes en mal d'idées pour la rubrique insolite.

Claude Dubois n'avait rien d'un prisonnier modèle. Le collège des juges d'application des peines refusa sa libération conditionnelle le 3 juillet. Il faut dire, selon un témoignage de première main, que son passage en prison n'avait pas été de tout repos. Mais le refus d'une libération simple laissait tout de même la porte ouverte à un aménagement de peine pour ce qu'il lui restait à tirer.

Le 16 août, l'Office d'exécution des peines décida que Claude Dubois pourrait désormais être prisonnier à son domicile, en le munissant d'un bracelet électronique - sans GPS, bien entendu, car il faut respecter la sphère privée des prisonniers... Son nouveau régime de "détention" l'obligeait juste à être chez lui la nuit. Un condamné effectuant théoriquement le troisième tiers de ses vingt ans de réclusion pour viol et meurtre pouvait donc vaquer à ses occupations quotidiennement, en contact avec le reste de la société. Claude Dubois n'était même pas en faute vis-à-vis de son régime carcéral lorsqu'il enleva et tua Marie: il avait le droit d'être là à ce moment au volant de sa voiture, rentrant chez lui après une dure journée de labeur.

Suite à des problèmes de comportement décelés sur l'individu la Fondation vaudoise de probation demanda le retour en prison en novembre 2012, mais le "prisonnier" Dubois déposa un recours contre l'interruption de son régime de prison à domicile un mois plus tard. Le juge décida de le prendre en compte en lui donnant un effet suspensif. En mars, un psychiatre jugea "faible" le risque de récidive. Claude Dubois eut donc le loisir de continuer à vivre chez lui le temps que le fond soit tranché. En mai 2013, six mois plus tard, nous n'avons toujours pas de réponse finale sur cette querelle entre la justice et le service pénitentaire, mais on admettra que le ping-pong administratif est désormais dépassé par l'actualité.

Le pire dans cette histoire est de réaliser que tout est normal.

Il n'y a eu aucune erreur imputable à une personne en particulier, aucun "dysfonctionnement", pour reprendre les termes pétris de bienveillance que l'administration emploie lorsqu'elle doit jauger de la qualité de son travail. Il y eut de nombreuses erreurs d'appréciation, certes, mais aucune malhonnêteté, pas de dossier égaré, pas de terrible méprise ni de complicité. Tout le monde a fait son travail, consciencieusement.

Les juges ont jugé, les avocats ont plaidé, les psychiatres ont analysé, les aménagements de peine ont été discutés, les recours déposés, les rapports dûment examinés, le bracelet électronique installé... Et le meurtrier a tué.

Rien n'empêcherait une nouvelle affaire Marie demain, sauf peut-être un léger sentiment titillant la conscience de certains acteurs du drame. En fait, l'affaire Marie est elle-même une répétition du meurtre de Lucie, en 2009, par un récidiviste. Les Suisses, croyant naïvement à l'époque à un cas isolé, étaient rassurés par l'approbation de la toute nouvelle Initiative sur l'internement à vie des délinquants dangereux ; ils oubliaient qu'en coulisse, une bonne partie de l'Office d'exécution des peines travaille quotidiennement à remettre des criminels en contact avec la société. Libérer violeurs, tueurs et assassins avant la fin de leur peine, quelle bonne idée pour prévenir la surpopulation carcérale!

Le jour de l'enlèvement et de l'assassinat sordide de Marie par un "prisonnier", cinq détenus de la prison du Bois-Mermet à Lausanne se faisaient la belle en plein jour. Les évadés eurent l'idée redoutable d'utiliser une échelle pour franchir le mur d'enceinte, il fallait y penser... Triste collision de l'actualité finissant de brosser le tableau de l'univers carcéral suisse.

Sachant que toute la situation actuelle est l'exacte traduction de l'idéologie des élus de gauche et de centre-gauche actuellement au pouvoir, il est assez révoltant de contempler certains membres de l'exécutif écraser cyniquement une larme d'empathie face caméra alors qu'eux et leurs partis ont toujours débordé de tendresse et de compréhension à l'égard des criminels de droit commun, éternelles victimes de l'aliénation provoquée par la société bourgeoise capitaliste (je vous la fais courte).

Aucune amélioration à attendre de la part de ces gens, évidemment. Le mieux que l'on puisse espérer est que l'indignation légitime suscitée par la mort de Marie ne s'éteigne pas, et que la population suisse s'intéresse d'un peu plus près à la façon dont les responsables politiques gèrent la justice.

Claude Dubois n'est certainement pas seul dans son cas.

Commentaires

«Le pire dans cette histoire est de réaliser que tout est normal.»

et c'est ce qui rajoute quelques degrés à la consternation générale dans la population..

Hier, face à la caméra, des gouttes de sueur perlaient sur le visage du président du tribunal cantonal (volontairement je ne mettrais pas les majuscules). Il était pas bien le monsieur et j'ai même décelé quelques trémolos dans sa voix. Vraiment pas dans son assiette le bonhomme. Mais le minimum pour lui, c'est qu'il passe encore quelques mauvaises nuits... pour méditer sur «son» système judiciaire en échec.

Sans être juge et sans avoir fait la Sorbonne, je peux quand même dire que dans ce canton, on a atteint le fond de la tasse en matière de justice et de sécurité publique. Puisse cette tragédie réveiller les Vaudois engourdis et envoyer au Château quelques Oskar bienvenus.

Hélas, les Vaudois n'ont pas d'Oskar. On fait donc avec ce qu'on a... pas.

Écrit par : petard | 16 mai 2013

@petard: j'ai vu aussi les grosses gouttes de sueur sur les tempes du président dans le reportage de la RTS. Je ne le plains pas une seconde. Sale quart d'heure pour lui, mais sans rapport avec le calvaire qu'a dû endurer Marie lors de la dernière soirée de sa vie à cause de la pusillanimité de la justice.

Comme je l'ai dit plus haut, il n'y a rien à espérer des autorités actuelles. Mention spéciale à Béatrice Mettraux qui insistait bien sur le fait qu'elle se sentait "personnelle touchée" parce que la victime était une femme. Je suppose donc que si ça avait été un homme, alors, elle se sentirait drôlement mieux?

Même dans une pareille affaire les gauchistes en reviennent toujours à des notions de classe ou de genre, excusant ceci, pardonnant cela, justifiant l'injustifiable. Pour l'instant les autorités se carapatent toutes derrière l'excuse de "l'enquête en cours" pour ne rien dire et se serrer les coudes. Il y a tout de même eu de grosses carences: Claude Dubois aurait officié comme conducteur Nez Rouge ramenant des gens éméchés (dont probablement des jeunes filles) chez eux entre 1h et 4h du matin. Comment un tel poste bénévole était compatible avec son régime de détention à domicile et l'obligation de rester chez lui la nuit? Peut-être a-t-il fait passer ça pour de la réinsertion, allez savoir.

On verra quelles conclusions peuvent sortir de l'enquête ; j'imagine déjà les recommandations pétries de sagesse, genre "éviter de remettre en liberté des assassins connus pour leur cruauté, ayant été affreux en prison et n'ayant jamais exprimé le moindre remords" ou "munir les bracelets de suivi d'un GPS" (autant d'incroyables perles de sens commun à devoir rappeler à des juges qui sont très peu intelligents et ont fait très peu d'études...) et la bataille politique qui s'ensuivra.

Pas grand-chose à attendre sur le plan d'une responsabilisation des juges ou des psychiatres, en revanche. J'en fais le pari.

Écrit par : Stéphane Montabert | 16 mai 2013

le titre est révélateur d'un mal être profond et qui continuera à progresser si on laisse Amnesty's International et d'autres ONG se méler de tout.Il suffit de voir le système punitif remis au gout du jour par les Anglais et savoir que tout prisonnier relié gratuitement à Internet se voit privé de son ordinateur et privé de pause avec les autres.Les Anglais pour une fois n'ont pas tenu compte de cette ONG et pour le bien de la sécurité de tous.Une prison n'est pas un palace
Tous ces comportements irrationnels vécus actuellement et ils sont nombreux parmi même ceux exigés de la part de mouvements gauchiste envers les ainés sont le fruit du laxisme exigé de la part d'ONG.
Envers les ainés ,j'entends par là,les faire courir de ci de là comme pour une course aux échalottes tandis que ces commandeurs ,répétiteurs et superviseurs en bermuda dorment scotchés derrière leur smartphone, mais à ne pas déranger sous peine que papa et maman soient encore dénoncés à un organisme quelconque.
Notre pays traverse une vrai décadence de l'irrationnalité jamais autant absurde depuis la fin de la guerre,prémices en 70 dont on voit les effets négatifs aujourd'hui sur le moral des gens et sur ceux qui aimeraient commander et diriger alors qu'ils sont encore au biberon à 40 ans

Écrit par : lovsmeralda | 16 mai 2013

Non, votre titre sonne complétement faux. La Suisse, romande en particulier, est depuis longtemps habituée à l'inanité de ses juges. Les affaires se suivent et se ressemblent, toutes plus choquantes les unes que les autres. L'affaire Luzie est à peine terminée que voici Marie. Et il suffit d'écouter cette [censuré] pseudo-humaniste de Claude Rouiller, ancien président du tribunal fédéral, sur les ondes ce matin pour comprendre que les juges ont bien l'intention de se torcher avec l'initiative votée par le peuple pour la réclusion à vie des criminels dangereux.

Ma théorie à moi, c'est que les juges disposent d'un droit de vie et de mort sur les citoyens, les jeunes et jolies filles et les petits garçons en particulier, et que c'est une véritable jouissance pour cette caste arrogante dont le but premier est de ne pas respecter les lois qu'ils sont sensés appliquer aux autres. La plupart des juges sont des psychopathes, il serait temps de s'en rendre compte...

Écrit par : Glaudeéo | 16 mai 2013

Marrant, ce bug. Glaudéo à la place de Géo...
Dans le Matin d'aujourd'hui, on apprend que le président du TC refuse de donner le nom du juge d'application des peines, contrairement à l'arrêté du TF du 26/03/2012. On se demande bien pourquoi, hein ?

Écrit par : Géo | 16 mai 2013

@Glaudeéo,heureusement que le peuple n'est pas seul juge, sinon bien des innocents finiraient sur la chaise électrique.Quand on voit le nombres d'infos aussi brutes que les évènements , pas étonnant que beaucoup pètent les plombs

Écrit par : lovsmeralda | 16 mai 2013

Les conclusions du juge Rouiller au terme de son interview dans 24 Heures me laissent pantois...

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Sachant tout cela, après ce que vous venez de me dire, continuez-vous à penser que l’internement à vie ne sert à rien?
- Absolument. L’internement pour une durée indéterminée est suffisant pour sauvegarder la sécurité publique. L’internement à vie introduit récemment dans la Constitution à la faveur d’une émotion populaire en soi compréhensible ôte tout espoir à certains criminels que la détention finit par transformer en fauves ou en zombies. Tout individu a pourtant le droit d’évoluer dans le bon sens et la société le devoir de prendre en compte cette perspective, aussi ténue soit-elle.

Vous croyez donc irréductiblement à l’être humain?
- La seule chose en laquelle je crois, c’est l’humanité, malgré les leçons tragiques de l’actualité ou de l’Histoire. Mais je sais qu’il existe des traversées psychiques qui font que certains individus ne s’en sortiront jamais.
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Si je comprends bien, M. Rouiller est conscient que certains individus sont irrécupérables... mais que malgré tout, la société à le devoir de leur laisser une chance même ténue...

Dans la bouche d'un pape, d'un curé ou de tout autre individu «illuminé» par la foi, ces propos pourraient être compréhensibles. Mais pas de celle d'un magistrat devant appliquer la justice des hommes.
La justice des hommes, ne pardonne pas, elle punit les fautes et fait exécuter les peines.

Si l'on suit la logique de Rouiller, on pourrait même aller jusqu'à supprimer les tribunaux, les remplacer par des confessionnaux et généraliser l'absolution après repentance (même bidon) avec deux «Je vous salue Marie».

Si je comprend bien, M. Rouiller, comme d'autres, étaient contre l'internement à vie et lui préféraient l'option «durée indéterminée» soumise à l'appréciation d'une «commission d'experts».

Mais on voit bien qu'après l'affaire Lucie et maintenant la tragédie de Payerne, l'on ne peut pas faire 100% confiance aux «experts». Les exemples sont très nombreux même chez nos voisins.

Donc, M. Rouiller ainsi que les autres qui pensent comme lui, sont d'accord de rajouter encore une seconde chance de récidive à des justiciables, en les confiant à des experts potentiellement irresponsables.

C'est grotesque.

Écrit par : petard | 17 mai 2013

@Géo observez bien votre boite aux lettres très souvent suite à un simple clic ,vous recevrez un bulletin de versement pour une bonne oeuvre quelconque
Ayant cliqué ce Glaudeéo,je vais zieuter les BV
On ne répond plus aux harcèlements commerciaux, fallait bien trouver une autre combine .

Écrit par : lovsmeralda | 17 mai 2013

Connaissez-vous un parti ou une association qui demanderait un referendum pour une peine de prison à vie sans possibilité de remises de peine? Je suis prêt à faire campagne pour cela.

Écrit par : Jojakim Raya | 17 mai 2013

@ Jojakim,

En 2004( 4 ans après le premier procès contre Dubois ) le peuple a approuvé l'internement à vie des délinquants sexuellement dangereux. Une loi fortement combattue par toute la gauche qui à son habitude à chaque durcissement du code pénal contre assassins, criminels et pédophiles nous ressort le fameux " non à cette loi qui est contraire au droit international ". Depuis le meurtre de Marie on attend les gauchistes tel Marie-Roth Bernasconi tout aussi complaisante envers les délinquants et les criminels ( sauf les criminels en col blanc et le automobilistes ) que Taubira en France; d'aller dire à la famille de Marie que leur fille est morte parce qu'en faisant sortir Claude Dubois après 12 ans au lieu de l'enfermer à vie, la justice a fait respecter le droit international.

D.J

Écrit par : D.J | 17 mai 2013

" Tout individu a pourtant le droit d’évoluer dans le bon sens et la société le devoir de prendre en compte cette perspective, aussi ténue soit-elle. "

On peut concevoir cela pour un braqueur qui n 'a jamais tué personne ou même à un trafiquant de drogue qui finalement vend de la m... à des personnes qui ont fait le choix de consommer cette m...

Mais pour ce genre de meurtre qu'a subit Marie et que même que des enfants subissent ce qui est pire est un acte bien trop grave pour que l'on puissent essayer de prendre le risque de laisser ce genre de monstre sortir pour lui donner une deuxième chance.

Écrit par : D.J | 17 mai 2013

Si le droit international appuie les assassins, les pervers, les pédophiles, les criminels en tout genre, alors, fi du droit international! Dans le Serment du Grütli les Suisses se sont engagés à ne pas accepter des juges étrangers. Et si d'autres nations veulent nous accuser de rétrogrades, qu'elles aillent mettre leurs nez dans les dictatures puantes, qu'elles ne condamnent pas parce qu'elles puent aussi le pétrole! La société a AUSSI le droit d'être protégée, au moins autant que les malfaiteurs. Ou alors que lesdits malfaiteurs paient le salaire de ceux qui tordent le droit et la justice en leur faveur. Suivez mon regard... ;-)

Écrit par : Jojakim Raya | 17 mai 2013

Honte à vous Stéphane Montabert de récupérer ce crime odieux pour votre propre cause !

"Sachant que toute la situation actuelle est l'exacte traduction de l'idéologie des élus de gauche et de centre-gauche actuellement au pouvoir".

C'est cela votre analyse? On attend d'un élu un peu de hauteur et de recul, en tout cas qu'il vole un peu plus haut que le reste de la masse. Or vos propos sont d'une bassesse et d'une mauvaise foi insupportable.

Un juge et un avocat ont permis de libérer ce criminel. Deux professions typiquement gauchiste, n'est-ce pas? Et cet avocat qui a plaidé n'a cherché qu'à satisfaire sa propre carrière professionnelle au mépris de l'éthique - et des multiples avis contraires et compétents de ceux opposés à la libération - et au mépris de l'intérêt de la société.
Si cet avocat a un peu de scrupules, il ne doit pas se sentir bien à l'heure qu'il est !

Honte à vous ! Soyez sûr que les électeurs s'en souviendront !

Écrit par : Arnaud | 17 mai 2013

@ Jojakim,

C'est le droit international selon les socialistes suisses.

D.J

Écrit par : D.J | 17 mai 2013

@Arnaud: "On attend d'un élu un peu de hauteur et de recul, en tout cas qu'il vole un peu plus haut que le reste de la masse. Or vos propos sont d'une bassesse et d'une mauvaise foi insupportable."

Oh, de l'élitisme, comme c'est mignon! Tenez, prenez un cachet, ça ira mieux. Mais dites-moi, ce "On" qui attend ceci ou cela, bien entendu, c'est vous! Vous qui, caché derrière ce "on", décernez les médailles de bonne conduite.

Je me moque comme d'une guigne de vous déplaire.

"Un juge et un avocat ont permis de libérer ce criminel. Deux professions typiquement gauchiste, n'est-ce pas?"

Le juge oui, l'avocat non. Vous ne semblez pas connaître grand-chose à ce milieu... Personne, surtout pas moi, ne reproche d'ailleurs à M. Dubois d'avoir été défendu par un avocat. Même la pire crapule a le droit d'employer un professionnel pour se défendre. L'avocat a fait son travail, même si on peut se poser la question métaphysique de "la meilleure défense des intérêts de son client" au bout du compte.

En revanche, c'est au juge qu'il appartient d'estimer l'intérêt de la société face a celui de l'accusé. Et ici, nous avons une caste de gens qui s'estiment en droit de décider du destin des hommes et du risque subit par la société entière. Nul doute que ce pouvoir soit grisant, et que la carrière attire ceux que le pouvoir grise. Et je suis désolé, en termes de perception de la criminalité je ne fais que reprendre les positions des partis. Même s'il y a d'heureuses exceptions comme M. Martin Killias vous devriez réexaminer les positions des divers mouvements de gauche sur la criminalité et les peines, c'est édifiant. Il suffit aussi souvent d'entendre ce que disent les juges eux-mêmes, comme d'autres commentateurs s'en sont chargés.

Pensez-vous donc que personne n'est responsable? C'est votre droit le plus strict, mais dans ce cas vous seriez dans la droite ligne de la "normalité" que ce billet dénonce.

Si ma cause est de pointer du doigt les dérives d'une administration travaillant en circuit fermé et incapable de protéger les innocents des criminels dangereux, alors oui, Marie contribue à cette cause, et c'est encore le meilleur sens à donner à son horrible fin.

"Honte à vous ! Soyez sûr que les électeurs s'en souviendront !"

Pas de honte du tout. Et que les électeurs s'en souviennent ; je n'en demande pas davantage.

Écrit par : Stéphane Montabert | 17 mai 2013

Tiens donc! comme c'est intéressant d'observer cette bien-pensance qui s'indigne contre ceux qui se révoltent du laxisme ambiant. Même pas besoin de lui rentrer dans le lard directement en fustigeant ses idées délétères pour qu'elle s'énerve. Suffit de dire qu'on est pas d'accord avec un système qui s'enfonce, pour qu'elle vous balance le truc de la récupération politique.

Dans les commentaires sous les articles de 24 H, qui traitent de ce drame, un certain M.H. s'est donné la peine de poster plusieurs dizaines de commentaires qui vont tous dans le sens de la défense du pré-carré de l'administration et de l'ordre judiciaire. Pourtant grands responsables ici de cette tragédie. Parce qu'ici, point besoin d'intime conviction, on a que des faits, rien que des faits. C'est aussi clair que 2+2 = 4. Si Dubois était resté derrière les barreaux, Marie serait toujours vivante.

Alors, question «récupération politique» elle n'est pas vraiment du «bord» où l'on voudrait nous emmener.

Écrit par : petard | 18 mai 2013

C'est ce que Hannah Arendt aurait appelé la banalité du crime: un assassin ´normal ´qui ne pouvait contrôler ses pulsions ,auquel il fallait bien laisser une chance (de récidiver pet être) et qui a profité d'une ´lucarne ´ .un avocat qui n'a fait que défendre son client, un juge d'application des peines qui n'a fait qu'appliquer une disposition légale, (et prescrire un bracelet electronique même s'il ne sert à rien) des psychiatres bac plus 10 qui ont bien analysé l'accusé présumé récupérable en accord avec leur déontologie et qui n'ont rien trouvé d'anormal au fond, des rouages, quoi, dans un dispositif bien ordonné, qui n'ont fait que leur part du boulot, Et au final quoi ? une innocente baillonnée avec de l'adhésif, étranglée avec une ceinture, abandonnée comme une chienne la nuit dans un bois. un brave pasteur et sa femme effondrés de douleur. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Jusqu'où donc pourrira encore de cette société que nous laisseront à nos enfants ?

Écrit par : PA | 18 mai 2013

si on a été embrigadé très jeune dans une secte et réussi à s'entourer d'une aura de barbelé électrifiés psychologiquement pour ne plus retomber dans l'angélisme destructeur des fetes comme celle présentement,on peut trouver matière à disséquer;sur le raisonnement des préchi précha préférant des privilèges pour protéger des assassins voire requérants qui trompés sur la marchandise par des passeurs en leur faisant croire à l'eldorado de notre pays redeviendront malgré eux surtout grâce au virtuel des petites fripouilles à la semaine
Et si l'on sait les amendes,taxes et surtaxes inventées par les lobby's ,associations diverses ,la pilule est amère pour le peuple qui se sent grugé de la plus vile des manières surtout celles liées à l'environnement
Qui est à protéger en premier par les policiens autres que socialistes il va de soi? le peuple en premier et qui doit pouvoir profiter de sa propre vie sans devoir tenir compte d'avis qui vont à contresens même de l'économie? le peuple qui travaille et qui ne baille pas à la sainte journée derrière un ordi ou ceux priant croyant que la prière résoudra tout.Depuis le temps qu'en Suisse on utilise le mot prier à toutes les sauces cela se saurait vraiment
*Par la présente je vous prie de recevoir mes voeux pour une ecellente pentecote et vous prie d'excuser un membre qui préfére fumer sa clope devant une tasse de café,l'apéro étant pour plus tard, par avance je vous en remercie et vous prie de saluer bien bas le prochain qui lira ce commentaire*
Certains jouent sur et avec les émotions du peuple ,et dire que notre pays était garant de sécurité pour tous tant que les anciens qui avaient pour habitude de draguer,fumer et boire des verres au bistrot assuraient par leur présence la sécurité des enfants et des autres
Résultat des courses dirait Grock,on interdit au peuple quitte à l'obliger à rester chez lui tandis que d'autres avec de nombreux privilèges peuvent faire pire que fumer dans un bistrot c'est pitoyable comme raisonnement

Écrit par : lovsmeralda | 18 mai 2013

@PA,n'ayez pas de peurs inutiles on est encore bien vivants pour témoigner. Avant le numérique si vous saviez combien de crimes odieux ont été perpétrés et cela n'a empéché aucun gosse de grandir.Bien au contraire trop contents de découvrir les vrais visages de la nature humaine tellement tronquée par des récits bibliques ou autres.
Comme la célèbre phrase aimez vous les uns les autres mais à laquelle aucun responsable ne donnait le conseil,n'allez tout de même pas jusqu'à acepter la sodomie à 11 ans! Mais par amour fraternel au sens large du terme,qu'il fait bon satrisfaire aux écrits doctrinaires comme ce fut pour beaucoup ,l'amour avec un grand A rend vraiment aveugle
Au sujet des articles numérique ceux-ci sont bientot tout aussi toxiques que l'enseignement de nombreuses églises à une époque ,c'est tellement fastoche le copié collé

Écrit par : lovsmeralda | 19 mai 2013

« Pensez-vous donc que personne n'est responsable? C'est votre droit le plus strict, mais dans ce cas vous seriez dans la droite ligne de la "normalité" que ce billet dénonce. »

Voilà précisément une bonne petite réponse de politicien qui déforme, manipule et retourne un propos à son avantage.

Je me permets d’insister : un élu devrait être au dessus de la masse. Vous trouvez que c’est de l’élitisme ? Serait-ce une manière de flatter votre électorat ? « Certes je suis élu mais je ne vaux pas mieux que vous. J’ai tout aussi peu de cartes que vous pour comprendre les tenants et aboutissants, rassurez-vous ». Cela ressemble fort à de la pure flagornerie.

Puisqu’il en est ainsi, au lieu de vous en prendre uniquement à la caste de juges (gauchistes), prenez en considération le point suivant : bien que la décision ultime revienne au juge, c’est l’habileté -ou l'acharnement- d’un avocat qui a permis la libération du meurtrier. Tout d’abord en déposant recours contre la décision du juge de remettre C.D. en prison puis en obtenant la prolongation des arrêts domiciliaires.

Vous affirmez que l’avocat «n’a fait que son travail» Toute autre question est d’ordre «métaphysique».

Or c’est cela qui ne joue pas.

Si cet avocat avait un peu d’éthique, au vu du passé du meurtrier et des probabilités élevées de récidives selon les rapports de la fondation vaudoise de probation et de l’Office de l’exécution des peines, il se serait incliné devant les arguments du procureur qui voulait renvoyer C.D. en prison.

Ce valeureux avocat ne voulant ternir ni entacher sa carrière professionnelle d’un échec a « si bien fait son travail», traduisez : si bien défendu ce dangereux meurtrier en exploitant toutes les failles et les possibilités du système que ce dernier s’est retrouvé libre comme l'air... Quels intérêts l’avocat a-t-il défendus si ce n’est ses intérêts propres ainsi que sa propre carrière? Certainement pas ceux de la société dans son ensemble.

De même, avant d’affirmer « que toute la situation actuelle est l'exacte traduction de l'idéologie des élus de gauche et de centre-gauche actuellement au pouvoir » il serait honnête de rappeler que c’est une majorité de droite qui a modifié le code pénal suisse ; c’est une majorité de droite qui a introduit le système des jours-amendes et autres bracelets électroniques (le Conseil Fédéral, un ramassis de gauchistes soixante-huitards c’est bien connu).

Vous pouvez ne pas publier ces lignes, je m’en moque. Sachez juste que votre tentative de récupération politique de ce meurtre tragique est particulièrement médiocre, indécente et ne passe pas inaperçue.

Et avant de s'en prendre à la gauche soit-disant responsable de tout, il convient de rappeler la notion d'éthique et de responsabilité de chacun, interprétée de manière très relative par un avocat se sentant légitimé à défendre l'indéfendable "parce que c'est son travail". Belle leçon d'individualisme ! Et belle société que nous préparent ces avocats...

Écrit par : Arnaud | 21 mai 2013

@Arnaud: vous avez le plus grand mal à argumenter sans insulter. Visiblement, vous êtes choqué que l'on puisse retourner vos arguments contre vous... Alors que cela ne souligne rien d'autre que votre manque de cohérence.

Un élu représente des électeurs, point barre. Jacqueline de Quattro, François Hollande ou moi ne valent pas mieux que leurs électeurs. Un homme, une voix, cela ne vous dit rien? L'égalité des droits, elle vous laisse froid? J'ai bien sûr des connaissances particulières, mais cela n'a rien à voir avec mon élection. Et l'exemple cynique de George Frêche, le socialiste qui avait tout compris en politique ( http://youtu.be/t55CC7U82nc ) me fait préférer l'intégrité aux victoires électorales.

Revenons-en au juge et à l'avocat.

L'avocat défend les intérêts de son client ; il faut se demander ici si ceux-ci ont été réellement défendus au mieux, dans la mesure où la liberté de Claude Dubois a permis une récidive qu'on devinait probable et l'enverra de nouveau pour de longues années en prison. Ce n'est pas tout de maîtriser les arcanes de la justice, encore faut-il s'en servir judicieusement... J'aimerais beaucoup avoir le point de vue d'un avocat sur la question. Mais le juge est seul responsable, car c'est à lui que revient la décision, pesant les arguments de l'avocat et du procureur. Le juge n'avait aucune obligation de donner un effet suspensif au recours contre le retour en prison de l'assassin de Marie.

"il serait honnête de rappeler que c’est une majorité de droite qui a modifié le code pénal suisse"

Vous êtes en train de nous vendre que le code pénal suisse a été agrémenté des jours-amendes et autres bracelets électroniques par une majorité des partis prétendument bourgeois et contre l'avis des socialistes et écologistes?

Sérieusement?

La majorité de "droite" toute relative issue des urnes ne reflète pas la réalité des votes, où les alliances entre socialiste et le centre arrachent des majorités plus souvent qu'à leur tour. Simplement en jouant sur les divisions et les "voix éparses" du centre et de la droite, la gauche, dont la discipline de vote est étonnante, gagne très facilement. A la louche, je dirais qu'une minorité de 35-40% à gauche suffit largement pour gouverner, en pratique, à gauche.

"Sachez juste que votre tentative de récupération politique de ce meurtre tragique est particulièrement médiocre, indécente et ne passe pas inaperçue."

Au vu de la façon dont ce billet a été repris un peu partout, votre verdict de médiocrité et d'indécence est tout relatif.

Quant à parler de récupération politique, de qui vous moquez-vous? Je n'ai pas d'initiative à vous vendre. Je ne brigue aucun poste. Je ne suis qu'un citoyen helvétique indigné, comme des millions d'autres, par la veulerie de sa justice. Et si je me sers de ce blog pour dénoncer pareils errements, c'est la moindre des choses. Mais de votre point de vue, ne pas verser dans l'Omertà revient à de la récupération, non? La mort de Marie, ce sont "des choses qui arrivent"...

Écrit par : Stéphane Montabert | 21 mai 2013

Les juristes et le législateur vaudois, et même suisses, ont déjà perdu la bataille contre les délinquants et les criminels: la drogue, trop tard: la prostitution, on a laissé tomber; la criminalité des cols blancs, toujours protégée; la jeunesse dévoyée, services sociaux complices ou dépassés; les juges ont peur, de plus en plus: si un juge enferme un criminel, il sait que dix des ses copains sont prêts à tout pour lui faire sa fête; alors il atténue les sanctions, il palabre avec le criminel, comme si un criminel pouvait un jour avoir de la reconnaissance à son juge; combien de juges ne font-ils plus le travail de protection des citoyens honnêtes, combien ont-ils démissionné sous les arguments laxistes de la gôche; de tels juges sont-ils encore dignes de leur magistrature? Au temps des premières discussions sur la suppression de la peine de mort en Francs Alexis Carrel avait répondu: "Que messieurs les assassins commencent". La Suisse a cédé sur tout, elle en est méconnaissable et va à vau-l'eau désormais.

Écrit par : tonio | 22 mai 2013

Les politiciens savent, ils voient, ils comprennent, ils commentent avec des soupirs d'impuissance; mais alors que ne font-ils des textes qui protègent les citoyens honnêtes, au lieu de seulement les pressurer de taxes, d'impôts et de règles de plus en plus contraignantes; et malgré cela, ils s'obstinent à alléger le sort des criminels, dorer les conditions de détention, transiger dans les sanctions, s'apitoyer sur ces gens qui ont volé, violé, assassiné; mais où donc faudra-t-il que les citoyens de bien se tournent pour trouver protection et justice ? Enclencher une révolution vertueuse qui chassera tous les élus compromis ou comprometteurs? Combien de Freysinger faut-il encore ?

Écrit par : tonio | 22 mai 2013

A signaler cet excellent article de Pierre Kunz sur les site "Les Observateurs" :
http://www.lesobservateurs.ch/2013/05/22/marie-victime-des-droits-de-lhomme/

Dont on peut tirer cette remarque à propos des assassins :
" Il s’agit aussi de lui ouvrir toutes les portes en matière de réintégration sociale, notamment en assouplissant le plus possible les détentions, quitte à sacrifier l’intérêt général et à mettre en péril la sécurité de la société. A ce sujet, le fameux « principe de précaution », prétexte par ailleurs à tous les conservatismes et les blocages, n’est paradoxalement jamais invoqué."

Écrit par : Géo | 29 mai 2013

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