22 juin 2013

L'horrible Suisse de 2002

Cette semaine, le Conseil National a débattu de l'initiative UDC "contre l'immigration de masse". Suivant la fructueuse série entamée avec la Lex USA, le Matin s'est fait l'écho des débats du National ; il a permis à chacun de découvrir les arguments avancés par ceux qui représentent le peuple, mais sont si souvent en porte-à-faux avec lui.

Pour les radicaux, l'économie est reine ; petits et grands patrons apprécient la libre circulation qui leur permet d'importer à vil prix de la main d'oeuvre qualifiée ou non du reste du continent. Pour les petits travaux, il y aura toujours des travailleurs étrangers prêts à se plier en quatre face à toutes les exigences simplement pour avoir la chance de trouver un boulot ; cette concurrence met les salaires suisses sous pression, et des dizaines de milliers de frontaliers sur les routes des cantons limitrophes. Il est vrai que ceux-là n'ont pas à subir le coût de la vie helvétique, les rendant facilement compétitifs.

Quant aux spécialistes pointus, pourquoi s'embarrasser à financer de longues et coûteuses formations alors qu'il suffit de débaucher un cadre talentueux à Londres ou Francfort? Les services des chasseurs de têtes ne sont pas donnés, certes, mais ce n'est rien comparé à une université.

immigration,manoeuvres politiques,iniativeAu centre, le PDC et ses avatars se contentent de trembler devant l'Europe: mettre le holà à l'ouverture des frontières, c'est prendre le risque de déplaire à Bruxelles, se faire mal voir, irriter, bref, c'est impensable!

A gauche, l'immigration incontrôlée est elle aussi perçue avec la plus grande sympathie. Les socialistes, pas complètement aveugles aux effets délétères de ses effets sur le marché de l'emploi, dénoncent volontiers le cynisme des libéraux-radicaux ; mais en la matière, ils font encore pire. Aux saillies universalistes et tiers-mondistes habituelles de la gauche s'ajoute une instrumentalisation de la dégradation des conditions salariales pour obtenir plus de bureaucratie, qu'il s'agisse de postes d'inspecteurs pour vérifier le respect des normes sur un chantier ou de la horde de travailleurs sociaux chargés de veiller au bien-être des nouveaux arrivants, aux frais des anciens.

Tout ceci n'est évidemment qu'un prélude au Graal de la gauche, le salaire minimum, intervention décisive de la force politique dans l'activité économique. Elle est donc prête à laisser pourrir la situation aussi longtemps que nécessaire, dans l'espoir d'en tirer un profit politique à long terme.

La population suisse se rend bien compte que la trajectoire suivie est dangereuse ; elle perçoit au quotidien les problèmes de sécurité, la part d'étrangers dans les prisons, la crise du logement, la surcharge des infrastructures, la pression sur les salaires, la surconsommation d'énergie et la dégradation générale de son cadre de vie.

Évidemment, avec l'évolution de la conjoncture en Europe, cette situation tendue ne peut qu'empirer. Je ne sais pas si la Suisse restera un ilôt de prospérité dans une Europe en perdition, mais si elle ne dispose pas d'un contrôle sur les mouvements de personnes à ses frontières, je suis sûr que non.

Alain Ribaux, libéral-radical neuchâtelois, se sentit sans doute très inspiré en raillant l'initiative populaire de l'UDC contre l'immigration de masse: "On n'est plus en 1291!", lança-t-il, ajoutant ensuite que faire croire que la Suisse pourrait gérer l'immigration de manière autonome serait "vain, creux et passéiste".

Mais pourquoi faire référence à la date de la fondation du pays? Les accords de libre-circulation n'entrèrent en vigueur qu'au cours de l'année 2002. Il ne me semble pas qu'à cette époque pas si lointaine la Suisse était un pays vain, creux et passéiste ; au contraire, c'était un pays bienveillant dont la crédulité était la seule faiblesse, prêt à tenter l'ouverture que prônaient des élites toutes acquises à l'Union Européenne (et qui le sont encore.) Après plus de dix ans, l'expérience a montré ses limites. Comme le dit Hans Fehr, le solde migratoire annuel est de quelque 80'000 personnes, soit l'équivalent de la ville de St-Gall. Combien de millions d'habitants vise-t-on en Suisse avant de réaliser qu'il y a un problème?

Les Conseillers Nationaux se sont longuement exprimés à Berne, en rejetant le projet par 128 voix contre 49, soit les voix du seul groupe UDC. Avec ce score sans appel, chacun sait donc à quoi s'attendre de ses élus. Heureusement, en 2014, le dernier mot reviendra au peuple.

Commentaires

Une chose est certaine au sujet de l'UDC .Ce parti ne pleure pas misère comme celui des Socialistes dont les jeunes militants vont porter leur soutient aux peuple Turc en défendant des causes qui ne les regardent absolument pas.
Ensuite on s'étonne de la censure journalistique! voire même la critiquer.Ces jeunes bobos n'ont pas inventé la poudre à canon sont encore au biberon familial et le monde d'aujourd'hui semble faire courbette à ces jeunes? mais ou en est-on? d'autant que soutenus par eux ,certains Turcs désargentés n'hésiteront pas à venir en Suisse nommée Eldorado par des peuples voyant débarquer des jeunes riches venus les soutenir,Faut pas exagérer non plus .
Tous ces militants une sombre racaille et qui grâce à son besoin de paraitre bien facebookien a besoin de s'indigner pour faire croire à leurs malheurs de gens nantis et pourris par le système éducatif actuel qui ne pense qu'élite,bien du plaisir pour les jeunes de demain dirigés par ces Maitres en culotte courtes ,qui n'ont de cesse d'exiger même de gouvernements dans un pays dont ils ne sont pas résidents,obéissance et obédiance sans doute.
Ces jeunes sont une plaie dÊgypte à eux seuls on comprend qu'Israel les ait refoulés.ensuite ils seront les prmiers à pleurer on trouve pas de travail en Suisse,mais comment peut-on encore les autoriser à voyager et sans doute grâce nos impots ! quelle honte et quel exemple pour les plus jeunes
Certains diront peut-être oui mais on veut imiter les Résistant de la seconde guerre,on leur répondra qu'eux travaillaient crevaient de faim,avaient reçu des coups et giffles et qu'eux au moins réfléchissaient avant d'agir et par dessus tout détestaient les bains de foule ,moyen le plus traitre pour ne jamais réussir sa mission
Il est temps de revoir tout le système éducatif de notre pays non?

Écrit par : lovsmeralda | 22 juin 2013

"Alain Ribaux, libéral-radical neuchâtelois" Le PLR est de plus en plus coupé des réalités populaires. Sous la présidence de Philipp Müller, ce parti est en train de plonger de manière spectaculaire. Il n'y a pas lieu de s'en réjouir, vu le niveau des cadres de l'UDC. Tout cela profite à la gauche, qui s'apprête à transformer la Suisse en enfer économique à la française.

Écrit par : Géo | 23 juin 2013

Quand bien même cette initiative serait acceptée par le peuple en 2014, et elle le sera sans doute, souvenons-nous ce qu'il advint de celle sur le renvoi des criminels étrangers, acceptée par ce même peuple le 28 novembre 2010, soit voici plus de deux ans et demi, et dont on attend toujours la mise en application...

Écrit par : Belphégor | 23 juin 2013

quand ce pays de 8 millions d'habitants (2012) et quelques sommets inhabitables s'est déjà escrimé à l'intégration de +23% d'étrangers en fuite économique depuis 2002

à Genève ça nous donne, vu les conjonctures de décroissance et lourdes perspectives fiscales, un ensemble qui viendra finir de paramétrer une économie tournant à perte,

où le contribuable CH survivra sur les rotules à devoir payer les engagements d'hier aux coûts sans fond issus d'appétits de quelques présidents de conseil d'administration de ces Vinci + consorts & leurs potes pdts dans le millefeuille d'agglos frontalières

Écrit par : Pierre à feu | 23 juin 2013

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