21 septembre 2013

Les enjeux cachés de la réinsertion des criminels

Aujourd'hui à Lausanne a lieu une marche noire contre les victimes à l'appel de plusieurs associations ; une marche de révolte contre la mort d’Adeline, de Marie et de Lucie.

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Adeline n'est ni la première, ni la dernière victime du laxisme des autorités en matière de réinsertion de criminels. Peut-être la jeune mère sera-t-elle la goutte d'eau qui fait déborder le vase ; la mobilisation nous en apprendra davantage, ainsi que la suite donnée à cette affaire tant par les autorités en place que par la société civile. A l'inverse d'autre pays, la démocratie directe suisse ne permettra pas d'enterrer l'affaire aussi promptement que ne le souhaiteraient les protagonistes.

Sur Adeline et Fabrice Anthamatten, beaucoup a été dit ; loin d'être un simple accident imprévisible, l'assassinat sordide de la sociothérapeute est le résultat d'une masse impressionnante d'absurdités. Le violeur récidiviste eut un régime de sortie sans expertise psychiatrique ; l'alarme de disparition fut lancée cinq heures après que la jeune femme et le détenu eurent manqué leur rendez-vous au centre où ils étaient attendus ; l'homme put s'acheter - de façon tout à fait officielle - le couteau qui servit d'arme du crime ; il avait partagé ses vues avec le sadique de Romont et planifié son évasion en surfant sur Internet depuis sa prison, allant jusqu'à imprimer des cartes pour son parcours ; et évidemment, sommet de l'invraisemblable, il avait accès à un cours d'équitation sans aucune garde avec une jeune femme seule et séduisante au titre de sa réinsertion.

Demandez à la justice ce qu'elle en pense, on vous répondra que "les fuites sont une calamité". Comprenez, pas les évasions de prisonniers, non ; les fuites dans la presse permettant au grand public de découvrir l'ampleur du problème.

D'ailleurs, aucun responsable politique n'envisage sérieusement de réformer le système. Pour le sympathique conseiller national vert Antonio Hodgers, le meurtre d'Adeline est le prix à payer pour l'idéal de réinsertions réussies ; pour le non moins sympathique conseiller d'Etat PLR genevois Pierre Maudet, il n'est pas question de fermer le centre de la Pâquerette - bien qu'on ait pas la moindre idée de son efficacité. Mieux, en avril prochain les autorités genevoises inaugureront Curabilis, un établissement concordataire accueillant 92 personnes souffrant de troubles mentaux! Les voisins se réjouissent déjà!

Le grand public a mille fois raison de manifester. S'il pensait toutefois éveiller les autorités à de quelconques errements qu'elles ignoraient jusque-là, il se trompe lourdement.

L'irresponsabilité et l'angélisme n'excusent pas tout. Des situations comme celles ayant amené à la mort d'Adeline sont le résultat d'une logique - pas la logique voulant mordicus réinsérer n'importe qui, ou pardonner aveuglément, ou redonner une seconde chance à tout prix, ou avoir un optimiste béat sur la nature humaine des violeurs et autres meurtriers. La logique en question est celle du clientélisme.

Pensez à un prisonnier en régime carcéral. Il faut des gardiens, des surveillants, des cuisiniers ou des balayeurs peut-être. Imaginez maintenant un détenu dans un centre de "réinsertion". Il faut des gardiens et des surveillants, toujours, mais il faut aussi des accompagnateurs, des psychologues évaluateurs, des animateurs, des psychiatres, des coordinateurs, des directeurs, et même comme dans le cas de Fabrice Anthamatten un budget pour des cours d'équitation.

Autrement dit, la réinsertion est une industrie.

La réinsertion fait vivre des milliers de personnes au croisement bienheureux entre la criminalité, la médecine et l'ingénierie sociale, le tout généreusement arrosé de l'argent des contribuables. Mieux encore, plus il y a de criminalité, plus il y a de réinsertion. Les thérapies alternatives trouvent un écho des plus favorables auprès des juges lorsque les prisons "traditionnelles" sont surpeuplées. Dès lors, le cas de Carlos et son train de vie à 29'000 francs mensuels n'ont plus rien d'étonnant: ils ne sont pas perdus pour tout le monde. Carlos n'est qu'un prétexte, un faire-valoir pour justifier l'emploi de dizaines de fonctionnaires. Ils aiment bien Carlos, en fin de compte, car sans Carlos, il devraient se trouver un poste dans le privé.

Pensez-vous que tous ces gens, leurs familles et leurs amis votent pour une justice "plus stricte" et "moins de réinsertion"? A votre avis? Et au bout du compte, nous avons là une vraie base électorale très motivée.

Bien sûr, certaines étapes restent dangereuses. Adeline elle-même ne se sentait plus en sécurité dans son travail et voulait en changer. Mais son assassinat reste un dysfonctionnement et qu'on se rassure, la plupart des employés du secteur ne courent aucun risque.

Le débat sur la réinsertion des criminels est biaisé. Les manifestants indignés ne luttent pas contre l'ignorance, mais bien contre un secteur d'activité très implanté avec son réseau politique et ses rouages dans l'administration. Les acteurs sociaux qui officient dans le milieu ont fermement l'intention de continuer à vivre de leur "humanisme". Aucun accompagnateur ou thérapeute ne souhaite y laisser sa peau, naturellement ; réformes il y aura donc, mais celles-ci seront limitées aux marges du système. Parions sur une meilleure circulation de l'information, encore plus de "concertation" et de va-et-vient bureaucratique (avec autant de nouveaux postes à la clef!) et on en restera là.

Le débat de fond sur la réinsertion des criminels, le sens de la justice et l'exécution des peines n'aura pas lieu.

Commentaires

"L'industrie des thérapeutes", selon les propres mots de Martin Killias...
Je suis totalement d'accord avec votre vision de l'"humanisme" de ces gens-là. Ce mot est porteur d'une des plus gigantesques escroqueries de notre monde. L'aide au développement, sous-entendu développement des parasites étatiques au lieu des acteurs économiques normaux et adéquats; l'aide humanitaire, sous-entendu l'aide aux victimes collatérales de conflits, pour permettre aux belligérants de tranquillement massacrer leurs peuples respectifs. Cette extrême perversion du mot et du concept "humanisme", c'est le coeur de ce qui est pourri chez les socialistes. Espérons que les gens commencent à le voir et le comprendre et cessent de voter pour ces gens-là, qui sont sérieusement en train de démolir complétement notre monde.
PS. A propos du sens des mots : vous devriez vous méfier de ce concept mensonger de société civile, couverture des syndicats et ONG altermondialistes à la noix...

Écrit par : Géo | 21 septembre 2013

Justifier les émoluments d'innombrables fonctionnaires et "intellectuels" est l'un des ressorts les mieux cachés de la "solidarité" socialiste. C'est valable dans d'innombrables compartiments de l'industrie humaniste, et notamment pour le prétendu anti-racisme.

L'idéologie de gauche, c'est : je crée un problème, puis je me propose pour le résoudre.

Écrit par : Robert Marchenoir | 22 septembre 2013

Et que dire autour de l-industrie des refugies en Suisse.

Écrit par : dupasquier | 23 septembre 2013

Mon esprit est taraudé de questions au sujet des meurtres de Marie et d'Adeline.Pour la première le père ne veut plus porter plainte et la seconde c'est la mère qui dit que sa fille n'a pas été violée? ou se situe la vérité exacte`? quand on sait que de nombreuses firmes ou sectes payent des casseurs pour obliger des communes ou privés à se doter de systèmes de caméras,y'a vraiment de quoi rester dubitatif devant tous ces faits divers !

Écrit par : lovsmeralda | 25 septembre 2013

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