24 novembre 2013

Un coup d'arrêt à la fiscalité

Ce dimanche 24 novembre était l'occasion d'une journée de votation typiquement suisse, avec un résultat en forme de triple-non lui aussi typiquement suisse!

votation du 24 novembre 2013,initiative,référendumInitiative 1:12 (évoquée ici) est sèchement rejetée par 63,5%, sans surprise puisque jamais elle ne parut en mesure de l'emporter. Pour la petite histoire, l'initiative serait rejetée jusque dans le bastion communiste de Renens, ce qui donne une idée de la façon dont le texte a manqué le coche.

L'utopie socialiste n'a pas le vent en poupe ; même s'ils considèrent probablement nombre de salaires comme abusifs, les Suisses n'ont clairement pas choisi de se lancer dans une aventure. Facile à contourner, imposant une proportion salariale sortie du chapeau, augmentant l’immixtion de l'Etat dans l'économie, l'initiative 1:12 n'apportait clairement pas les bonnes réponses. La perspective des pertes fiscales liées à la disparition ou la fuite des hauts salaires fut probablement le dernier clou du cercueil.

En tentant de surfer sur le succès de l'initiative Minder, les socialistes jubilaient par avance en s'imaginant détourner pour leurs propres objectifs politiques le mécontentement populaire contre les salaires abusifs. Malheureusement, ils ne faisaient que s'intoxiquer avec leur propre propagande. Le résultat de 1:12 vient fermement leur remettre les idées en place.

On peut dénoncer et rejeter les dérives salariales des multinationales sans pour autant adhérer à l'économie planifiée!

Initiative pour les familles (évoquée ici): c'est la mauvaise nouvelle du jour. L'initiative de l'UDC pour accorder une déduction fiscale aux familles quel que soit le mode de garde des enfants n'a pas passé la rampe, sauf dans une poignée de cantons.

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L'initiative pour les familles est rejetée par presque tous les cantons (infographie Le Matin / Newsnet)

votation du 24 novembre 2013,initiative,référendumLa déception est d'autant plus vive que les premiers sondages donnés il y a un mois laissaient penser que la partie pouvait être gagnée. L'initiative aurait avantagé fiscalement toutes les familles au premier franc de revenu imposable, simplifié la bureaucratie étatique, diminué la pression sur les crèches publiques et valorisé les tâches d'éducation des enfants. En un seul coup la Suisse se dotait d'une politique familiale simple, attrayante et valorisante, tout en faisant reculer l'implication de l'Etat... Il n'en fallait pas plus pour que l'ensemble des politiciens et médias étatistes monte au créneau, non sans livrer d'innombrables mensonges en passant.

Le seul bénéfice à tirer de cette défaite est d'avoir révélé les vraies couleurs du PDC et du PLR sur le sujet de la "famille" soit-disant importante pour eux ; on a vu comment ils réagissaient face à un projet réellement avantageux pour ces dernières. Au moins quelques sections cantonales du PLR sauvèrent l'honneur en soutenant le projet. Pour l'anecdote, les Observateurs ont aussi répertorié toutes les manipulations de la RTS dans un article qui ne manque pas de sel.

Augmentation à 100.- de la vignette autoroutière (évoquée ici): le troisième objet du jour était probablement le moins important en termes financiers mais le plus symbolique par l'irritation qu'il provoquait. A mon avis il ne faut pas chercher plus loin la mobilisation de l'électorat ce dimanche, et par ricochet sur les deux autres objets. Les conducteurs se sont simplement mobilisés pour voter non à 60,5%.

Ce référendum vient à point nommé pour freiner l'appétit apparemment inextinguible du Conseil Fédéral à l'encontre des automobilistes: quelques dizaines de centimes sur chaque litre d'essence par-ci, une hausse de la vignette par là... Mme Leuthard semblait considérer la mobilité individuelle comme une manne fiscale inépuisable et il fallait y mettre le holà.

Je devine sans forcer que la Conseillère Fédérale s'empressera de mal comprendre le résultat en clamant que les Suisses sont contre les routes et les aménagements routiers ; on ne saurait être plus loin de la vérité. Le fait est que les Suisses payent déjà énormément au titre de la voiture mais l'argent ainsi récolté est massivement détourné. Si la route a sérieusement besoin d'investissements, il ne faut pas augmenter les taxes - l'oreiller de paresse des politiciens par excellence - mais simplement arrêter de gaspiller ailleurs.

Nous aurons un aperçu du sens du refus d'aujourd'hui au travers de l'initiative vache-à-lait.


Voilà l'essentiel de mon analyse des votations du week-end. Aucune modification constitutionnelle ne surviendra par le biais d'une initiative fédérale ; en revanche, la population a adressé un message clair pour mettre un terme à la rage anti-voitures dont toute la classe politique à Berne semble imprégnée. Ce n'est pas grand-chose mais sachant que la liberté commence là où s'arrêtent les prélèvements fiscaux, c'est toujours un début.

Commentaires

Etonnant, lorsque le peuple, et c'est son choix, rejette l'initiative 1:12, c'est la voix du peuple qui a parlé et celle-ci a toujours raison; mais lorsque ce même peuple rejette avec intelligence l'initiative injuste et mensongère de l'UDC, celui-ci a été "manipulé" et "endoctriné".

Quand à la vignette à CHF 100.00, il faudra coût que coûte trouver cet argent, et c'est normal, l'égoïste automobiliste DOIT passer à la caisse!

Écrit par : Das Kapital | 26 novembre 2013

@Das Kapital: Le peuple décide. Le peuple n'a pas toujours raison. Ce sont deux choses différentes (et même la première est de moins en moins vraie, j'aurais l'occasion d'y revenir). 1:12 n'a jamais convaincu une majorité, à aucun moment. Vous tracez un parallèle médiatique entre les deux initiatives, dites-moi à quel moment vous avez vu passer le moindre éditorial favorable à l'initiative pour les familles, juste pour rire...

Quant à la vignette, vos sentiments vous aveuglent: d'une part, trouver "coûte que coûte" cet argent revient à admettre que la route a bien besoin d'investissements (je suis d'accord, mais je trouve curieux de lire cela de la part de quelqu'un qualifiant par ailleurs les automobilistes d'égoïstes) et d'autre part, s'il faut vraiment de l'argent il suffira de destiner à la route les revenus qui sont prélevés en son nom plutôt que de détourner l'argent ailleurs comme aujourd'hui.

Ce sont les transports publics qui sont déficitaires et ont besoin de trouver de l'argent, pas la mobilité individuelle. Vous allez voir, l'idée va faire son chemin dans la population.

Et au fait, pourquoi les automobilistes sont "égoïstes"?

Écrit par : Stéphane Montabert | 26 novembre 2013

Et au fait, pourquoi les automobilistes sont "égoïstes"?

Parce qu'on refuse de partager nos odeurs, nos maladies avec nos congénères ?

Écrit par : Pascal | 26 novembre 2013

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