15 janvier 2014

Hollande, Schettino, même combat

François Hollande n'est pas un capitaine de pédalo, même si son seul antécédent dans un exécutif en Corrèze évoque l'image. François Hollande n'est pas non plus, Dieu nous en préserve, le capitaine du Titanic ; Edward Smith était un commandant agréable, imposant et à l'écoute, dont le destin tragique fut lié à des circonstances indépendantes de sa volonté. M. Smith était aimé et respecté de ses hommes comme de ses passagers ; même la légende selon laquelle il aurait demandé à pousser le navire pour lui faire remporter le Ruban Bleu est sans fondement, le Titanic ne pouvant pas rivaliser avec le détenteur du record à l'époque, le Mauretania.

Non, vraiment, si on doit comparer François Hollande à un capitaine, seul Francesco Schettino vient à l'esprit.

concordia.jpg
Ce n'est pas le France, mais il y a de l'idée.

Pensons aux dernières heures de la carrière du capitaine du Costia Concordia: alors que son navire devait passer dans un chenal de 15 km entre l'île de Giglio et la côte de Porto Santo Stefano, après avoir dîné et bu avec sa maîtresse moldave Domnica Cermortan, il décida de faire l'Inchino - la révérence - en forçant le paquebot à aller au plus près de la côte, juste pour l’esbroufe. Beaucoup trop près. Le naufrage fit 32 victimes et le comportement minable de l'individu pendant la catastrophe est entré dans la légende.

Bien sûr, il y a quelques différences entre le capitaine italien et le président français. Par exemple, le premier était à l'époque officiellement marié avec des enfants ; aujourd'hui, le second trompe sa maîtresse officielle avec une deuxième maîtresse. Ce n'est pas pareil, même si en termes d'irresponsabilité, on s'y retrouve.

france,françois hollande,humourA aucun moment Francesco Schettino n'a osé prétendre que ce qui s'était passé ce soir-là relevait de la vie privée, et pour cause. Il est piquant d'entendre le président français clamer de son côté que "les affaires privées se traitent en privé" lorsque le chef de l'Etat, détenteur des codes de la force de frappe nucléaire française, est amené à cause de ses pulsions sexuelles à s'exposer sans protection face à un paparazzi plusieurs jours de suite, alors qu'ils se rendait auprès de sa Julie (Gayet). Et, puisque nous en sommes à l'inventaire du quinquennat irréprochable, il est bien sûr question aussi de l'argent des contribuables. Combien de bureaux et d'appartements, combien de conseillers particuliers, combien de sièges de luxe en voyage sont réservés pour les différentes courtisanes du président?

Pauvre Valérie Trierweiler! Affaiblie et à l'hôpital, son titre de maîtresse officielle vaut encore moins qu'avant. Dure dégringolade pour celle qui a rompu ses vœux de mariage pour un politicien. L'apprentissage de la vie, dira-t-on.

On a beau jeu de se moquer des Américains et de leur sacro-sainte morale, mais quelque part, ils sont plus cohérents que nous autres européens lorsqu'ils prétendent exiger un président exemplaire jusque dans sa vie privée. Il y a de l'hypocrisie là-dedans, c'est évident, mais on ne peut s'empêcher de penser: que valent les promesses publiques d'un homme incapable d'assumer ses engagements même dans ses relations les plus intimes?

Après la gestion piteuse du mariage homosexuel, après l'affaire Léonarda, après l'affaire Dieudonné, François Hollande semble réduire la fonction présidentielle à sa propre posture: un zeste de ridicule, à côté des vrais enjeux, sans envergure aucune. Espérons que cela se terminera mieux pour la France en crise que pour le Costa Concordia, mais à voir le capitaine, rien n'est moins sûr.

Ce dernier épisode évoque plus que n'importe quel autre un vaudeville bien français: un homme à femmes, des révélations, des mœurs légères et quelques quiproquos amusants.

Et des cocus, beaucoup de cocus.

Commentaires

@ Stéphane Montabert, comme vous l'écrivez François Hollande n'est pas un capitaine de pédalo.

Ces derniers temps, ne le présente-t-on pas de préférence technicien de "boîte à outils"?

On ne peut pas tout faire...

Écrit par : Myriam Belakovsky | 15 janvier 2014

De la conférence de presse de hier, il ressort surtout que ces atermoiements entre gauche social-démocrate et gauche de la gauche comme on dénomme les cocos de nos jours dans l'Hexagone ont fait perdre 18 précieux mois à la France.
Tout cela aurait pu être dit d'entrée et tout serait aller un peu mieux. Les grandes gueules à la Montebourg ou à la Mélenchon (même s'il ne faisait pas partie du gouvernement, son ombre malfaisante planait dans les coupe-gorges de Paris...) ont fait fuir les derniers investisseurs. Aller se faire saigner à blanc en France n'attire personne, quelle surprise...
Hier ce n'étaient que des mots et la promesse de moults organismes de contrôle supplémentaires, on ne se refait pas. Maintenant, une question : donnant-donnant avec le patronat, très bien. Mais engager du personnel si les ventes ne se font pas, si le marché ne suit pas, comme par exemple dans l'automobile ? Qui paiera ce personnel et comment ?
Sans parler des délais que vont demander ces réformes...

Écrit par : Géo | 15 janvier 2014

Les délais ? Mais 2017 ............. si Flanby se fait réélire. Et s'il se fait réélire, en 2017, il commencera à entamer les réformes qui se concrétiseront, promis-juré, en 2022 ......... s'il est réélu. Ou 2027, ou ......

La France est foutue. Que ce soit Flanby, Sarko ou MLP le prochain président, rien ne changera. Ils continueront à engager des fonctionnaires pour "inverser la courbe du chômage", fonctionnaires qui seront payés par les taxes, de plus en plus lourdes, prélevées à ceux qui en ont encore les moyens.

Seule solution : une fuite des entrepreneurs, des grosses fortunes. Quand il n'y aura plus d'argent qui rentrera dans les caisses, ils seront bien obligés de baisser leur train de vie, d'engager moins de fonctionnaires. Ce sera alors la faillite. Et après la pluie, le beau temps ............ pour autant que les citoyens-râleurs français n'élisent pas à nouveau un énarque. Mais là, j'ai vraiment des doutes. Ce pays est foutu.

Écrit par : Pascal | 16 janvier 2014

Pascal@ Au moins il y a eu un pas de fait : au diable les atermoiements pour ménager le ridicule Montebourg ou le Méchant Con. Il y a là un début de plateforme sur lequel qqch peut s'ébaucher, ce qui n'était pas le cas avant.
D'autre part, je me rends souvent en Auvergne. Il manque énormément d'ingénieurs par là-bas. Les loyers sont abordables, on peut y construire une vie dans un cadre magnifique, y élever ses enfants dans d'excellentes conditions. Cela finira par se savoir. Et j'imagine que l'Auvergne n'est pas la seule dans ce cas...
Et penser aussi aux réussites industrielles françaises telles que Airbus (qui n'est pas que français, ok), Areva, etc, etc...
Le jour où les rose-verts cesseront de nuire, ces géants sont capables de beaucoup. Je crois que les Français ne mesurent pas assez le poids des mots. Hollande au Bourget qui se fait acclamer en disant que son ennemi, c'est la finance : comment peut-on voter pour un type qui dit de telles conneries ?

Écrit par : Géo | 16 janvier 2014

Les commentaires sont fermés.